Scandinavie 2012, étape 037

Jour 037 - Mercredi 9 mai 2012 - 111 km - 218 photos
(Total : 4455 km - 7126 photos)
De Osen à Lauvsnes (Norvège)

Il fait encore bon. J'ai chaud dans mes deux duvets. Mais je les garde, j'apprécie, je savoure. de toute façon, je suis en Norvège, alors je ne suis pas fou, et je sais bien que je vais encore en avoir bien besoin ! 8h30, direction le cimetière.... Tiens, il y a un camion au milieu du cimetière, poste de pilotage fermé par des rideaux : le chauffeur doit être en train d'y dormir encore ! Bingo ! Quand je ressors des toilettes, il est en train d'ouvrir ses rideaux, en baillant, avec la tête typique du gars qui se réveille. Sur le camion, de la publicité pour les tombes.... Je comprends pourquoi il a dormi ici !

Petite photo de la montagne surplombant la petite ville d'Osen.

Je suis sur la 715 jusqu'à sa rencontre avec la 17, et je traverse donc un grand plateau d'ouest en est, en suivant la Steinsdalselva que voici, une belle rivière à saumons. C'est donc tout naturellement que la route suit la Steindalen.... Petit arrêt ici à Raudkollenget, avec une petite marche jusqu'à une belle chute d'eau où l'on pratique la pêche au saumon.

Un passage leur est aménagé sur la gauche pour leur permettre de remonter la chute.

Une fois de plus, c'est magnifique; je sais que je le dis sans cesse, mais que voulez-vous que j'y fasse, c'est de sa faute à elle, à la Norvège !

Le paysage change tout le temps, on ne s'ennuie jamais dans ce pays, il y en a pour tous les goûts.

Soudain....

Oups ! Un élan ! Mâle ou femelle, je n'en sais rien, je pense qu'il s'agit d'une femelle....

Vu le temps qu'elle met à prendre une décision !

 

Hou là là, les filles, je rigooooole.....

Le tête à tête a duré un moment, je dirais au moins 20 secondes. Un immense moment de bonheur. Une rencontre fabuleuse, avec la vie naturelle et libre, la vie sauvage, la vie qui lentement disparaît de la Terre ! Evidemment, je photographie depuis l'intérieur, car je n'ose pas ouvrir la portière, ce qui le ferait fuir à coup sûr. Chaque seconde est un cadeau que je ne voudrais pas perdre !

Cet animal est imposant. Et alors, je peux vous dire que j'adore sa démarche. Quand il commence à courrir, on dirait une sorte de danse, c'est d'une très très grande beauté, et je suis littéralement scotché ! Ouahhh, quelle rencontre, ce matin. Vous savez quoi ? J'aurais aimé vivre comme nos lointains ancêtres, j'aurais aimé vivre à l'époque des hommes préhistoriques, à chercher la nourriture, et basta ! Eux, ils avaient une terre extraordinairement belle. Chose que nos descendants n'auront pas, les pauvres, je ne voudrais pas être à leur place, ils ne vont pas être déçus de la manoeuvre !

Droit dans le mur ! Et ça va saigner énormément, au-delà de l'imaginable. Parce que si nos ancêtres avaient la nature pour se nourrir, ils ne l'auront même pas, ce sera la puanteur, la pourriture, les déchets, la m.... oui, ce sera vraiment minable.

Je m'emporte, là, revenons à nos moutons. Heuh, à nos élans.

Je reprends mon élan !

Le paysage est splendide. Ici, Haugen. Quelques fermes espacées.

La Steinsdalselva est ici fort calme, et s'étire bien paresseusement dans la large vallée.

Mais la route prend de l'altitude; il n'en fallait pas plus pour énerver la Steinsdalselva. Je suis descendu avec beaucoup de précaution depuis un petit parking pour faire cette photo, mais ça en valait vraiment la peine ! Et toujours la grande forêt, partout !

J'aperçois un chemin non enneigé, et j'y engage Mygoo. Pas longtemps... Il y a un pont infranchissable pour elle. Je décide d'aller faire une promenade à pied. Une rivière provenant du Kangsvatnet se jette dans la Steinsdalselva.

Mais je suis rapidement rattrapé par la neige, de plus en plus épaisse, m'obligeant finalement à faire demi-tour au bout d'à peine un kilomètre.
De très nombreuses crottes d'élan jalonnent le sentier.

Un panneau indique un lac de pêche dans cette direction. J'essaye, mais ce n'est pas possible. Il faudrait de grandes bottes !

Je reprends la route.

C'est d'ici que naît la Steinsdalselva, s'échappant du Olvatnet.

J'arrive sur le plateau. Et comme d'habitude, des marécages, des lacs partout, des forêts bien sûr....
Ici, c'est l'Olvatnet, toujours.

Un bout du Levatnet, encore en partie gelé, comme je m'y attendais. Du moins, comme je l'espérais !

Un autre un peu plus loin.

Et de l'autre côté de la route. Je ne peux pas tous les photographier, ou alors il me faudrait marcher.

Mais rouler au beau milieu de ces espaces sauvages est un très grand bonheur !

Le Litloyungen, partie sud de l'Oyungen, avec en toile de fond le Oyensskavlen, 687 mètres.

La route, défoncée dans cette partie, longe le lac, mais il reste invisible, caché par la grande forêt.

Ah, si, je l'aperçois un peu.... le Oyungen, long et étroit.

Le voici.

Au bout, une grosse chute d'eau, la Buktafossen (fossen=rapides, cascade, etc...). Impossible de m'en approcher davantage.

L'art de fabriquer un abri avec des troncs d'arbre.

Rapides sur la Oyensaa.

Puis j'arrive sur la 17. Avant de la remonter vers le nord, je vais vers le sud, pas loin, juste pour aller à Namdalseid.

Histoire d'y trouver quelques renseignements sur le bout de côte que j'aimerais maintenant visiter. Cependant, j'ai envie de savoir si c'est vraiment joli avant d'y aller, car ça va m'engager dans un lointain cul-de-sac, avec force dédales et kilomètres pour en venir à bout, et pour finalement revenir près d'ici sur la 17. Car la côte norvégienne n'est pas partout d'accès si facile, et c'est bien pourquoi nombre de touristes n'y vont pas, pressés d'atteindre le but final, le Graal, j'ai nommé le fameux Cap Nord !

Eglise de Namdalseid.

Le paysage autour de la petite ville; vous voyez, l'habitat fort dispersé, les fermes disséminées dans la pente le long de la vallée.

Finalement, il n'y a pas d'Office de Tourisme, mais je vais demander à deux commerçantes différentes. Bien évidemment, les deux me disent que c'est magnifique, que ce n'est pas si loin, et que ce serait grand dommage que de n'y point aller ! Forcément, c'est leur pays, elles ne peuvent pas me dire autre chose, et je m'y attendais un peu. D'un autre côté, leur enthousiasme m'a convaincu. Allons-y donc !

La 17, en direction du nord. Cette route 17 est très réputée, et les norvégeins la recommandent sur leur site VisitNorway. C'est la route qui, justement, va vers le nord tout en longeant la côte au plus près, et passe par de très nombreux ferries. Il est vraisemblable que je la prenne, en partie, pour atteindre les Lofoten, mais pour ce faire, je devrai faire une pause et bien étudier le sujet. Car c'est fort complexe, il faut que je trouve tous les ferries, leurs prix, que je calcule les kilomètres de route si je veux les éviter, lesquels il faut privilégier, déterminer les meilleurs paysages en étudiant la carte de très près et les altitudes des montagnes entourant le chemin. Bref, deux ou trois jours de pause, que je compte bien m'offrir prochainement. Si si, vous attendrez bien, ça vous fera un peu de vacances aussi !

En attendant, je savoure le fabuleux paysage, toujours changeant, et toujours beau.

Et j'arrive rapidement au point de bifurcation, Sjoäsen, au fond du grand Lognin que vous voyez là, et qui débouche au nord dans le très grand Namsenfjorden. Ici, sur sa rive ouest, c'est la 766 qui me conduira dans cette région appelée Flatanger, et située entre le Jossundforden au sud et le grand Namsenfjorden au nord.

Rive est, c'est la route 17 qui monte à Namsos, la grande ville du secteur.

Je trouve un super spot WiFi sur le grand parking de Sjoasen. J'en profite un peu pour envoyer et recevoir des news. Et je prends donc la 766, direction le Flatanger, et on verra bien si c'est joli. En tout cas, ça sent déjà la mer, puisqu'elle arrive jusqu'ici. Je m'arrête donc manger là -il est déjà 14h40, je ne vois pas les heures passer...., près de la belle Amanda : c'est le nom de ce joli bateau ! On aperçoit au fond le pont en construction de Sjoasen (doublement de largeur).

Et c'est parti mon Kiki... Grandiose. La 766 longe le Lognin -malheureusement caché par la forêt à droite- jusqu'au milieu de sa longueur.

Puis bifurque à 90 degrés vers l'ouest et la côte. En passant, voici l'Altvatnet.

Superbe, comme ils le sont tous, entouré de majestueuses forêts, parsemé de quelques chalets sur l'autre rive. Comment y vont-ils, aucun chemin n'y conduit. C'est très sauvage, et les norvégiens quiviennent ici aiment forcément la solitude. Autour d'eaux, les sapins; derrière eux, une nature vierge, sans chemins ni sentiers, et la montagne. Devant eux, le lac et ses mystères...

La route longe ensuite une rivière, mais de loin, et de haut; je l'aperçois de temps à autre, au hasard des clairières. Une promenade sur ses berges serait certes intéressante, mais je n'en prends pas le temps !

Je quitte juste la route pour un petit crochet vers le fond d'un golfe, à Buvika. En fait, c'est le bout d'un bras du Namsenfjorden, qui est fermé par une grande île, Hoddoya.

Et ça, c'est un goulet qui rejoint ce golfe.

Je vous l'ai dit et répété cent fois, ce n'est pas facile d'expliquer la topographie, dans les dédales de la mer sont nombreux !
Au fond, à gauche, le Hemnafjellet, 615 mètres.

Tottdalen, au fond de ce petit golfe dont je vous parlais.

Tottdalen à nouveau, vu des hauteurs environnantes.

Ici se situe mon premier embranchement. A droite, je vais longer le Namsenfjorden sur sa rive sud. Et à gauche, je file vers le Flatanger proprement dit, et plus précisément vers le village le plus important, Lauvsnes, où je compte bien bivouaquer. Ah, encore des élans... Dans 200 mètres -les norvégeins sont très précis-, et pendant 2,5 km, nous pouvons rencontrer des élans. Pas dans 100 mètres, non non, dans 200 mètres !

Eh bien, ne riez pas. Vous voyez le virage, là-bas, à droite, au bout de la ligne droite. Une fois engagé, j'y aperçois une zone déboisée, au milieu de laquelle il me semble voir un animal. Mais... on dirait bien....

Eh oui, dans la prairie, monsieur se prélasse !

J'arrête aussitôt, il se retourne et me voit -enfin, il voit Mygoo et entend son moteur-, me regarde un moment... Je n'ose sortir, je prends les photos comme ça, n'importe comment...

Et finalement, tranquillement, il daigne avancer... J'avance aussi, toujours en voiture, moi en bas sur la route, lui en haut sur la colline.

Puis il accélère, et moi aussi. Mais... mais il descend, il va... il va traverser la route !

Là, je sors précipitamment le compact caméra, et je lance la vidéo. C'est fantastique, je filme à travers la vitre, tant pis. Il s'arrête, ça va être génial quand soudain, une voiture arrive et me dépasse et.... pile en le voyant, forcément -et heureusement !

Mais ils m'ont gâché le face à face. Pire, dans mon énervement, je me trompe et arrête l'enregistrement au lieu de zommer comme je le voulais...

Trop tard, fini ! Les deux photos sont extraites de la mini-vidéo.

Mais c'était quand même magique. Et la voiture est restée un moment, sans doute le voyaient-ils encore sur leur gauche.

Ah, sacrée Norvège, tu nous surprendras toujours ! Deux fois dans la journée, vous savez ce qu'on dit, n'est-ce-pas ? Jamais deux... sans trois !

Et me revoici dans un environnement bien montagneux. Dans lequel je trouve bien entendu un lac, le Gärdsetervatnet.
A droite, un couple de cygnes sauvages avec un petit.

Comme c'est beau, bon sang d'bon sang, comme c'est beau. Vous en connaissez beaucoup, vous, des routes qui vous apportent autant de choses ?

Le même.

Très sauvage, celui-ci, encore plus que les autres, il me semble.

Puis la route redescend, longe un autre lac non photographié, et arrive juste après....

au bord de celui-ci, le Dalavatnet, aux belles eaux bleues. Quand même, avec le soleil, c'est un sacré "plus" !

Le Dalavatnet, toujours.

Et juste derrière.... le Floan.

Mais là, c'est la mer !

Et je débouche ici, à Lauvsnes.

Que voici.

Le village est complètement défoncé. Enfin, non, mais les routes du village. Que des pistes détruites, des tas de camions de béton... Bref, il semblerait que la petite ville soit en train de se refaire une beauté ! Aucun spot WiFi libre, que du crypté. Pas grave !

Je vais au fond de la baie, auprès du port de plaisance.

E je trouve que c'est parfait. C'est ici que je pose Mygoo. C'est ici que je vais roupiller.

J'ai connu des coins moins agréables. C'est calme. J'entends les pêcheurs discuter, de temps à autre un bateau rentre ou part, mais très très peu. Puis le chant des mouettes et goëlands va me bercer. C'est absolument génial !

Et voilà. Le proverbe a menti. Il n'y a pas eu de troisième élan. Mais je me contente des deux que j'ai vus, c'était si merveilleux ! Et les paysages de la journée ont, une fois de plus, dépassé la réalité !

 


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