Scandinavie 2012, étape 048

Jour 048 - Dimanche 20 mai 2012 - 76 km - 180 photos
(Total : 5143 km - 8322 photos)
De Foldereid à Terräk (Norvège)

Je me réveille en sursaut à... 10h15 ! Je sais que c'est aujourd'hui dimanche, mais quand même ! En fait, je suis entouré de véhicules, à ma grande surprise, et c'est l'un d'entre eux, avec un pot d'échappement à moitié manquant, qui m'a fait sortir de mes rêves. Ce sont les gens qui vont à la messe, les cloches se mettent à sonner, et j'en vois qui sont en retard. Si j'ai toujours vu une assistance très -pour ne pas dire extrêmement- clairsemée jusqu'à ce jour, c'est ici différent, il y a du monde. Région peut-être plus traditionaliste. J'ai vu plusieurs femmes en costume régional, c'est joli, avec une grande cape sur les épaules. J'aime bien ça.

Ce n'est pas le grand ciel bleu annoncé, loin s'en faut. J'ai même eu quelques gouttes d'eau. Négligeable, d'accord, mais j'en conclus quand même que la météo norvégienne est comme la nôtre. Car sur leur site, tu peux suivre heure par heure ce qui va se passer dans ta ville, avec force gadgets t'indiquant presque le nombre de gouttes d'eau, la direction et la force du vent, un peu comme un diaporama. C'est très surréaliste... Ce qui me permet de constater qu'ici comme chez nous, c'est le "toujours plus" de notre société moderne qui dicte ses lois, plus ou moins débiles !

Quoi qu'il en soit, je reprends ma progression nordique, en tout cas pour aujourd'hui, car je pourrais bien faire un grand détour demain; on verra, selon mes envies du moment. Je ne tarde pas à retrouver le fond d'un golfe maritime, fort étroit : le Kollbotnet, une queue du Sorsfjorden.

Long et étroit, orienté nord-sud, la route 17 le longe sur sa rive ouest.
Une magnifique cascade éclabousse son flanc "est" (pas le verbe être...) en une sorte de voile de mariée.

Une pancarte m'indiquait que je quittais la région du Nord-Trondelag pour pénétrer dans calle du Norland, la Terre du Nord. Et le Norland, c'est une des régions de Norvège que je préfère, bien qu'il soit difficile de choisir dans ce pays !

Deux kayakistes le longent, et une femme vient en voiture leur parler, avec deux enfants. Sans doute la maman qui suit son homme.
Le pauvre, lui qui voulait être peinard avec son pote !

La Terre du Nord !

Et ça, c'est le Heilhornet, 1058 mètres, le maître du coin. Un sentier de randonnée existe pour accéder à son sommet, et j'avais noté le lieu de départ, avec un peu l'idée de le tenter. C'était sans compter sur la saison ! J'étais trop optimiste, on ne peut sans doute la faire qu'en été.

Fornesbukta. Un rêve, je roule éveillé au milieu d'un paysage de rêve !

Raz-le-bol de ce pays. Tu ne peux pas aligner 300 mètres qu'il faut déjà à nouveau s'arrêter ! C'est trop beau, ça suffit comme ça, j'aimerais bien avancer un peu ! Je ne vous fais pas tout voir, et je ne m'arrête pas partout. Sinon, j'en ai pour des années. Quelle que soit votre passion sportive, si tant est que vous en ayez une, vous pouvez l'assouvir en Norvège, j'en suis certain. Les organisateurs de voyage ont de quoi s'occuper, s'ils le veulent, et faire des tas de propositions à leurs clients. Que ce soit pour des treks -possibilités infinies, de tout niveau, de la balade pèpère à l'alpinisme le plus difficile, sans même parler des traversées hivernales dignes du Groënland, ou même de l'aventure totale hors pistes avec cartes et boussole-, du ski, du ski de fond, de la luge, du scooter des neiges, du traineau avec chiens, du kayak -des siècles de pagayage....-, du voilier, du bateau à moteur, du vol à voile, de la moto avec des dizaines de milliers de virolos, du... ce que vous voulez, tout est possible, car montagnes, lacs, mer sont ici à volonté, jusqu"à plus soif !

Le pont d'Arsandoya, au bout du Kollbotnet. le passage est étroit, générant un courant de marée fort puissant, puisque les eaux du Sorfjorden s'y engouffrent -ou en ressortent- au gré des marées. Vous avez reconnu le Heilhornet au fond.

Je fais un crochet à Ärsandoya, île minuscule située au confluent des bouts du Sorfjorden. Il y a quelques maisons, et la route se termine dans l'eau ! Et au moment où j'arrive, je vois un animal débouler à fond de train de ma droite et traverser le parking final sous mes yeux ébahis, si vite qu'il m'est impossible de sortir le moindre appareil photo. J'en ai néanmoins pris plein les yeux. De la taille d'un gros caniche, c'était... un très gros lièvre blanc, qui était plus gris que blanc, mais néanmoins sans aucune erreur possible. Un grand moment, une fois de plus.

Le mini-port d'Ärsandoya.

Je quitte la 17 pour aller jeter un oeil vers Terrak et le bout des routes, en prenant la 801, qui part vers l'est-nord-est en longeant le Sorfjorden.

Le Sorfjorden. Vers l'avant.

Et vers l'arrière. Il y a quelques fermes sur la rive opposée, mais aucune route. On ne peut donc les joindre que... par bateau !

La 801 le long du Sorfjorden : un enchantement.

Breivikbukta. Ici, le Sorfjorden double en largeur, et va rejoindre le Terräkfjorden en s'élargissant.

La Norvège ne serait pas la Norvège si l'on n'avait pas un lac à droite, alors qu'on longe la mer à gauche !

C'est le Fallbekkvatnet. Il y a une aire aménagée, des toilettes et... comble du comble, un feu de bois en train de brûler, et même plutôt bien car un petit coup de vent se lève, sans que je n'aie pu voir personne ! Il n'y avait pas de danger d'enflammer la forêt proche, je suis allé voir, et je me suis installé ici pour manger, tout en surveillant. Une demi-heure plus tard, une femme est arrivée avec un chien et, sans me dire un mot, est allée jeter les gros morceaux de bois en feu dans le lac !

Terräk.

Spot WiFi. C'est décidé, je vais bivouaquer ici ce soir !

Au bout de Terräk, un pont permet de franchir ce qui se nomme Osan, et qui est une profonde baie en forme de boomerang elle aussi, dont l'ouverture est sous ce pont. Elle se trouve à la confluence de 3 fjords : le Sorfjorden, l'Oyfjorden et le Terrakfjorden. De quoi en perdre son latin !

Oyfjoden, Terrakfjorden, Sorfjorden.

Eglise de Vassas.

Voici donc l'Osan, dont je vais faire le tour.

Mais avant, je tiens à aller jusqu'à Bangstad, ce qui me permet de voir la Bangstadvika -ci-dessus- et le bras de mer qui se poursuit au-delà de l'Oyfjorden, et qui se nomme Tosen : plus de 30 km de long sur environ 2 km de large. Et presque totalement inhabité sur cette rive, d'où la fin de la route... Elle se poursuit en piste, j'y vais.

Mais on dirait, là-bas, dans la vallée....

Mais oui, un troupeau de rennes. Pas trop farouches. Ils paissent tranquillement, près des fermes.

La piste se poursuit en un chemin privé, et payant. Je fais demi-tour.
Les fermes de Bangstad.

Vers le Tosen.

Vue d'ensemble : Tosen et Bangstadbukta à gauche, Bangstad à droite.

Encore une petite perle sur cet immense échiquier norvégien.

Retour vers l'Osan pour en faire le tour. Comme c'est encore un cul-de-sac, je serai une fois de plus obligé de repasser ici !

La Gjosvika, sur l'Osan.

Après un passage sous un tunnel bien sombre, la route s'enfonce dans les terres en longeant une rivière, la Äelva. Cette rivière est forcément complètement tributaire des flux et reflux quotidiens, et alimente un sous-fjord, le Floet, qui se trouve sur ma gauche. Les fermes jalonnent cette petite route, avec un fond de montagnes encore bien enneigées, et du plus bel effet.

Plusieurs belles fermes autour de ce petit lac, le Aunvatnet.

Dont celle-ci, une des plus belles depuis le début du voyage. Les vaches paissaient dans un magnifique champ bien vert, en pente douce vers le lac.

Un pont très étroit permet de franchir ici la Äelva.

Fin de la route : Fuglstad.

Et retour.... Le Aunvatnet à nouveau.

Non, ce n'est pas une route. Une énorme cascade descendait de la montagne, derrière ce grand bois.

Vous rendez-vous compte de tout ce qu'il y a à découvrir dans ce pays ? Je pense que vous commencez à comprendre que ce que les guides de voyage en disent, ce n'est qu'un maigre aperçu. Ils nous signalent le "must", selon leurs critères. Et se copient tous. Mais je vous l'ai dit, jetez un caillou sur la carte déployée, et allez là où il tombera : ce ne peut être que beau. Relancez si ça tombe au centre d'une ville....

En face du Floet..

Vers le Floet.... Encore un petit fjord entouré de nature sauvage !

Retour sur les rives de l'Osan.

Le tour se termine, je reviens vers Terräk.

En arrivant au pont, je vois un camping-car allemand stationné sur le petit parking. Je descends faire un broin de causette, le gars est dehors avec des cannes à pêche. Retraité. Sa femme est partie marcher le long de la route. Ils viennent depuis 25 ans en Norvège, leur pays préféré. Ils sont du sud de Münich, des bavarois. Il a pêché un beau poisson qu'il me montre, mais me dit en avoir perdu un énorme, après 20 minutes de combat. Il le ramenait, mais le poisson a réussi à rompre la ligne ! Il pêche au lancer, avec plusieurs leurres. Il rejoint des copains en juin sur l'île de Leka pour une semaine de pêche : ils louent un bateau. C'est tout près d'ici. On a le droit de pêcher gratuitement dans toutes les eaux salées en Norvège. Vous imaginez le nombre de centaines de km que ça représente ? Il revient régulièrement avec 40/45 kgs de poisson qu'ils pêchent en juin; ils congèlent aussitôt, ça tient les 3 jours de voyage... Il a vu l'an dernier des norvégiens pêcher un poisson de 2,20 d'envergure (le grand poisson plat, en forme de triangle, qui ressemble à la plie) et de 185 kgs ! 5 heures de combat au bout du lancer avant de le ramener, tiré derrière le bateau, hissé sur le quai à l'aide d'une grue !

Ah, la Norvège...

Je pense à mes 3 frangins grands pêcheurs. On pourrait se faire ça, les gars, non ? Qu'en pensez-vous ?

Que voici.

Du coup, il est déjà 17h30 lorsque je plante mes piquets. Et il fait bien froid.

Et je suis bien inquiet. Car je me suis aperçu que ma batterie auxiliaire ne se charge plus. Et c'est un petit drame, car je ne pourrai plus faire de feu, si tel est le cas, sans parler du fait que je vais y perdre mon énorme autonomie dont j'étais tellement satisfait, puisqu'elle me permet de rester plusieurs jours sans bouger et sans manquer de "jus". J'ai bien l'impression d'avoir cassé un des plots recevant le courant. En effet, ma bassine -qui ne me sert même pas- appuyait dessus. Je le savais, mais comme tout fonctionnait, je ne m'inquiétais pas. Mais au-dessus de la bassine, j'avais du poids et je pense que les soubresauts de la route -il y a beaucoup de trous, je ne les évite pas tous- ont fini par... Du moins, je pense que c'est ça, je me suis aperçu que le "plot" bouge de peur seulement ce soir. Je vais donc faire des essais demain, en le maintenant dans diverses positions, pour voir si la charge reprend. Peut-être une soudure est-elle possible, on verra bien ! Il y a toujours quelques soucis, faute de quoi ce ne serait plus de l'aventure, mais j'avoue que ça m'a gâché un peu l'après-midi, et ça va me bloquer pas mal pour Internet. Et pour mon bulot du soir ! Et pour les films ! Et pour...

C'est bon pour ce soir, il est 21h30. Au lit. En plus, ça caille !

La nuit porte conseil !

 


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