Scandinavie 2012, étape 049

Jour 049 - Lundi 21 mai 2012 - 134 km - 312 photos
(Total : 5277 km - 8634 photos)
De Terräk à Mäneset (Norvège)

Il a fait très froid cette nuit. Mais ce matin, je suis récompensé : grand ciel bleu ! Et il fait bon, quel bonheur. Je me réveille vers 8h15, ça va. Je vais d'abord voir dans le magasin devant lequel j'étais stationné -un peu intentionnellement- si je ne pourrais pas me faire aider. Malheureusement, ce n'est pas ce que je croyais : il s'agit d'une quicaillerie ! Par contre, les magasins sont reliés entre eux à l'intérieur, il s'agit d'un petit centre commercial, dans lequel je trouve des toilettes parfaites. Je ne serai donc pas venu pour rien.

Premier arrêt pour une photo de paysage. Je sors de la voiture et, devant moi, à une trentaine de mètres, je vois ce gros monsieur qui se lève nonchalamment, et me regarde. Il part au moment où je déclenche : pas beau ! Je la mets quand même....

Je me déplace de dix mètres et, hop-là, un joli petit écureuil traverse la route sous mes yeux, et bondit dans le premier bloulot. Adorable. Il grimpe de branche en branche à une vitesse foudroyante, puis suit une branche très fine et très souple et.... hop... le grand saut dans l'espace pour retomber sur la branche d'un arbre voisin. Je n'avais jamais vu de ma vie un tel saut, sauf dans les reportages spécialisés, bien sûr.

Je pense qu'en Norvège, si tu t'enfonces dans la nature et que tu te tapis dans un coin, invisible, tu dois pouvoir observer une grosse vie animale, vu que les 2/3 du pays sont presque vides d'hommes.

Un peu plus loin, je trouve un emplacement pas mal pour le p'tit déj'... au bord du Sorfjorden. Néanmoins, comme le fond de l'air est tout-de-même encore frais, je préfère manger dans l'habitacle, à l'avant, le soleil chauffant bien à travers le pare-brise. Quel bonheur !

Soudain, je vois une petite bestiole sortir d'un des Rorbuer, en tirant un truc.... A peine le temps de prendre l'appareil-photo et de dégainer à travers la vitre de l'intérieur, d'où cette affreuse photo, vu la vitesse à laquelle elle traverse le terre-plein. Mais je vous parlais de vie animale.... Une fouine ? Une belette ? En tout cas, la petite voleuse se barre avec une belle anguille, elle n'est pas venue pour rien ! Et si elle a trouvé un passage, il se pourrait bien qu'elle y vienne régulièrement.

Revenons à nos moutons. Avouez que nombre d'entre vous ne feraient pas la tête si on leur offrait cette maison !
Un emplacement de rêve, au bout de la Breivikbukta, toujours sur le Sorfjorden.

Celle-ci n'est pas mal non plus ! Ärsand, tout près d'Ärsandoya, où j'ai vu hier le grand lièvre blanc.

J'ai retrouvé la route 17, que je poursuis vers le nord, mais juste sur quelques kilomètres, histoire de voir le Djupvikvägen, ci-dessus.

Puis demi-tour, je retourne sur Folderei, où j'ai dormi avant-hier soir, car je me suis décidé à aller voir la côte, même si le relief n'est pas très élevé. En effet, j'ai le temps, je suis payé pour faire ça, et à vrai dire, je n'aime pas laisser trop de coins inexplorés. J'aime jeter au moins un oeil, et plus si affinités !

Je vous fais grâce des photos prises, car vous les avez déjà vues hier ! Je retrouve donc le fameux Innerfolda laissé samedi, dans la branche ouest du boomerang. Comme je vous le disais, c'est moins élevé que dans le Norland : je suis revenu dans le Nord-Trondelag. Mais je ne ferai pas la fine bouche, ça reste splendide ! La route est la 770, notez-là si vous la trouvez belle (pas la route, les paysages !).

L'autre rive de l'Innerfolda est un peu plus escarpée, et est presque inhabitée.

Par contre, cette rive-ci descend en pente très douce, et les hommes s'y sont installés, profitant du peu de terrain plat pour l'exploiter. Les fermes et les hameaux se succèdent donc à foison, comparé à d'autres zones.

En face, il doit y avoir un paquet de gibier !

Litlvika.

L'Innerfolda se termine en queue de poisson : l'une est le Kolvereivägen, au fond duquel se trouve la petite ville de Kolvereid. L'autre bout de queue est en fait un étroit passage appelé Korsnesströmen, qui débouche, comme déjà dit, dans le grand Folda. Vous avez sous les yeux, vu depuis Kolvereid, le Kolvereivägen et plus loin l'Innerfolda que nous venons de suivre avec plaisir.

Kolvereivägen et Kolvereid. J'ai fait tout le port à la recherche d'une entreprise spécialisée en électricité marine, après être passé voir un garagiste. J'ai trouvé une boite sympa, un gars est venu regarder, n'a rien trouvé, mais a téléphoné pour avoir un électricien. Il s'est ensuite excusé, le gars en question est parti en mer dépanner un bateau... Je remercie et repars, car après une heure comme ça, je suis déjà énervé. Je sais, c'est pour moi, mais je déteste faire ça, et j'ai envie de reprendre la route. Car quand je vois ce beau soleil.... Enfin, par moments, une longue brume le recouvre, c'est moins chouette !

Eglise de Kolvereid.

C'est ici que je m'installe pour manger : le Nordsjoen, un fond de crique sur le Sorsalten, qui fait partie de Kolvereid. Là, je vais vous dire un truc : c'est un labyrinthe de fjords, de criques, de baies, de rades, de goulets, d'îles, d'îlots, de presqu'îles, c'est inextricable. Une carte est nécessaire pour comprendre. Du coup, je vous donnerai le nom de la route, le nom des masses d'eau, et à vous d'aller ausculter des cartes plus précises pour vous y retrouver. En même temps, c'est bon pour les neurones et la culture. Et puis, vous faites ce que vous voulez !

Il y a une brise très fraiche, et je reste manger à l'intérieur. Du coup, je regarde à nouveau cette sacrée batterie auxiliaire; il y a un fusible, je l'ai déjà inspecté, il est bon. Le gars qui est venu voir l'a lui aussi vérifié ! J'ai placé la batterie dans un caisson plastique, et je me mets à le tirer, pour voir. Et je vois : un gros fusible était caché derrière, que j'avais complètement oublié. Et toi, Kiki, tu t'en rappelais ? Bref, je le retire pour le regarder, je ne le trouve pas trop nickel, mais il ne me semble pas grillé. Cependant, quand je le remets, j'entends un petit déclic. Kiki, ce même déclic qu'elle fait de temps à autre, et dont je t'ai parlé. Et vous savez quoi ? Eh bien, ça remarche, elle se charge à nouveau. Je ne vous raconte pas l'immense sourire du chef technicien-spécialiste en électricité que je suis !

Je repars donc complètement libéré de ce souci. Le Sorsaten. C'est un grand et large fjord, presque rectiligne, orienté est-ouest, d'une vingtaine de km de long. Regard vers le large, mais je suis ici presque arrivé à sa fin, côté continent. En fait, je le contourne pour aller voir le systéme "fjordien", le labyrinthe, situé au nord du Sorsaten.

Pour ce faire, on passe la montagne, et on retrouve aussitôt.... des lacs ! Ici, le Blavatnet.

Pour déboucher au fond du Rodsfjorden et retrouver l'eau salée ! Je vais vous répéter ce que j'ai déjà dit. Avec le soleil qui revient, je vais voir cet après-midi une région d'une très très grande beauté, et dont les photos ne sont, une fois de plus, que le très très pâle reflet. Un seul conseil, si je puis me permettre : allez voir par vous-mêmes. J'espère au moins que les photos vous en donneront l'envie.

Le labyrinthe est complexe. Tu t'engages sur une route, sachant qu'il faudra revenir à ce point de départ. Mais, au fur et à mesure que tu progresses, tu trouves d'autres bifurcations, chacune d'elle étant un nouveau point d'aller-retour ! Je vous l'avais dit : l'altitude est faible, et je n'avais comme intention qu'un "survol" rapide du coin. Mais compte-tenu du beau temps, et de ma belle humeur -réparation réussie-, je me suis laissé emporter par mon élan -j'en ai d'ailleurs vu plusieurs- et, il faut bien le dire, par mon désir continuel de "tout" voir !

Rodsbotnet, Fjalbotnet, Ramfjordbotnet... Je m'engage dans ce dédale. Il ne s'agit que d'eau salée, tout vient de la mer.

Partout ici, vous auriez le droit de pêcher -si tant est que le rivage n'est pas privé, ce que je ne saurais dire !

Il y a des fermes, mais il y a aussi énormément de nature. La route est une belle piste.

Ramfjordbotnet.

Mygoo râle, parce que je m'arrête sans cesse. Que voulez-vous, je ne peux pas résister !

Storbukta, sur le Nordsalten.

Les eaux sont transparentes, c'est merveilleux.

Je frotte mes yeux : mais... je suis dans les Caraïbes !

La piste se rétrécit sérieusement. Mais vous savez, il n'y a personne, à part les fermiers et les retraités vivant ici. Et heureusement, car je laisse bien souvent Mygoo en plein milieu de la piste, la porte grande ouverte, pendant que je m'approche de l'eau ou que je cherche le bon angle... Ou que je reste, bouche grande ouverte, là, tout seul, béat d'admiration.

Et dire que ce coin est en dehors des zones touristiques, ça vous donne une idée du reste !

J'ai discuté avec le gars. Il le rentre la nuit. S'il pleut, il le recouvre. le poisson est salé, et est sec en 2 semaines. Conservation ensuite ? Des années !

Et comme un idiot, je n'ai pas pensé à lui demander s'il pouvait m'en vendre un pour essayer !

Bjorkneset, Oksvika. Premier cul-de-sac. Sur le Sorfjorden, tout près de l'endroit où j'ai mangé ce midi ! Autrefois, un ferry traversait ici pour rejoindre Kolvereid, justement. Arrêté dans les années 60. La route s'arrête sur la maison qui se trouve au bout. C'est désagréable, obligé de faire demi-tour chez lui. Et il est là, en train de téléphoner. Je stoppe et descends, et lui demande par signes si je peux photographier. Il raccroche et vient vers moi, sans rire, et me demande, en anglais, de quel pays je viens ! Je le lui dis, et il me répond : alors, ok. Allez-y. Oups, il aime bien les français, la chance. Il m'autorise à photographier sa maison, mais ne veut pas que je la mette sur Internet : je respecte l'accord. Nous discutons un bon moment. L'hiver, le Sorfjorden gèle à cet endroit, sur 15 à 20 cm, bien que ce soit de l'eau salée. Et il a souvent plus d'un mètre de neige, et des congères énormes, plus hautes que la maison, lorsque le vent vient de Russie ! Mais à part ce froid, il me dit que l'endroit est un paradis, qu'il y a tout pour vivre, et qu'on est tellement bien, car personne ne vient jusque là.... A part un français....

Il y a un petit sentier de randonnée. Un peu plus d'un kilomètre, mais avec deux grosses grimpettes.

On arrive sur cette baie, totalement isolée, perdue en pleine nature, entourée par les forêts de tous les côtés, et par la montagne.
Magique. Et crevant !

Au retour, je glisse sur un rocher et me casse la margoulette, sans bobo. Mais l'appareil-photo se prend un gros choc. Oups, c'est du solide, la chance !

Storbukta, dans toute sa magnificence. Au fond, Liaaunet.

Dans cette descente, je surprends et dérange deux élans en train de brouter en bas à droite. Pas eu le temps de les photographier !

Départ vers un autre cul-de-sac.
Cette piste longe la rive ouest du Ramfjordboten (ci-dessus), puis tourne à 180 degrés pour longer un bout du Nordsalten !

Sans voix !

Nordsalten.

Bout de piste encore dans une ferme, mais je n'ai vu personne.

En face, à gauche, Nubdalsenget.

Tout le monde ici a sa petite plage, son débarcadère, son ou ses bateaux....

Bunesodden.

Je retrouve la route, et poursuis vers la mer en longeant maintenant l'autre rive du Rodsbotnet.

Vue arrière sur le Nordsalten, et les golfes que je viens de vous faire visiter.

Je surprends deux autres élans ! J'ai le temps de dégainer, mais ce n'est pas terrible, je vous le concède ! Ils m'ont fait rire, parce qu'ils se sont engouffrés dans cette forêt, plus à gauche, et sont ressortis à très grande vitesse : je me demande bien ce qui les a fait fuir comme ça !

Le Nordsalten arrive sur la mer ouverte.

Fin de la route.

Mäneset.

Je bivouaque ici, près de la mer. Il est 17 heures passées, grand temps de me reposer !

Toujours aussi émerveillé par la Norvège.

Il faisait bon et chaud, à tel point que j'ai ouvert le toit et me suis fait un garnd bol de café. Il est maintenant 23h10 -oups! eh oui, le temps passe vite aussi quand je bosse !-, et je commence à avoir froid. Il fait encore bien jour dehors, et je saisis toujours à la lumière du jour. J'ai un bon spot WiFi, en plus, ici, et je crois bien que je vais tout vous envoyer ce soir, histoire de vous faire plaisir.

Bien que je ne lise plus grand chose, de mon côté, sur le livre d'or....

 


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