Scandinavie 2012, étape 051

Jour 051 - Mercredi 23 mai 2012 - 125 km - 178 photos
(Total : 5508 km - 8977 photos)
De Sorhorsfjord à Bronnoysund (Norvège)

J'espère que vous avez bien dormi et fait de beaux rêves de voyage.... De mon côté, la nuit fut délicieuse, et chaude, vraiment chaude. Je n'ai pas rêvé de voyage, mais comme je vis dedans, ce n'est pas bien grave. Il fait toujours aussi beau ce matin lorsque je m'éveille, et je quitte Horsfjordvika vers 8h45.

Petite photo le long du Valen, histoire de vous montrer la météo, et le cadre dans lequel je me trouve dès que je lance Mygoo.

Je passe au pied du Heilhornet, mais il est tellement éclairé que je suis incapable de le photographier. Seuls mes yeux profiteront donc de ce spectacle. En passant devant une station, je regarde les horaires du ferry : il y en a un à dix heures, je dois pouvoir l'atteindre sans me presser. C'était sans compter sur les rencontres. Je fais la connaissance d'un couple d'allemands d'environ 70 ans, mais encore très alertes, qui voyagent dans un fourgon aménagé. Ils en louent un chaque année, et depuis fort longtemps. Ils sont là pour six semaines. Ils parlent très bien le français, surtout elle. Du moins, il parle bien, mais peu, alors qu'elle est une vraie "piplette". Comme je suis également très bavard.... Ils habitent en région rhénane, et ont été tenus d'apprendre le français à l'école, lorsqu'ils étaient petits, juste après la guerre. La région était occupée par la France, qui exigeait le français en seconde langue ! Du coup, ils sont allés tous les ans en vacances en France pendant des années... Comme quoi !

Sous vos yeux, un joli lac et, en arrière-plan, le fond du Kjella, au bord duquel j'ai dormi cette nuit.

Je vais retrouver les allemands plusieurs fois au cours de la journée : normal, il n'y a pas 36 routes le long des fjords. Enfin, si, vous le savez bien puisque je ne cesse de vous le montrer, mais aujourd'hui est un jour spécial : je reste sur la 17, je ne fais pas de détours !

Un peu plus loin, un autre lac. Le Kjella est invisible, car caché par le rocher.

Kjella au fond, Lysfjorden en face, Bursvikbotn à droite, que la 17 va contourner entièrement pour revenir en face et longer ces montagnes au centre.
Cette vue est exceptionnellement belle. Je suis resté un moment ici, admiratif.

Début du contournement du Bursvikbotn. Je vais repasser en face.

Fin du contournement du Bursvikbotn. J'étais en face.... Je sais, vous allez me dire que c'est évident, étant donné ce que je viens d'écrire au-dessous de la photo précédente. A ceci près que vous ne voyez pas les quatre ou cinq du fond de la classe, en train de discuter, et qui ne suivent absolument pas. A noter que ce ne sont que des gars. Si je n'avais que des filles dans la classe, ce serait bien plus facile ! D'un autre côté, s'il n'y avait que des filles, l'espèce serait éteinte depuis bien longtemps. Mais serait-ce si grave ?

Le bras de mer s'élargit. Normal, je longe désormais la large Kjella. Cette photo est prise en arrière.

Arrivée à Holm, et sa petite église. C'est là que se trouve le ferry. Il coûte 81 NOK, soit 11 euros. La traversée dure 20 minutes. Il y avait un cirque avec une dizaine de gros camions. Le ferry n'en a pris que la moitié, et a fait rentrer tous les autres véhicules. Je retrouve les allemands...

Il y a un énorme camping-car sur un parking à côté, tous volets fermés. Ce sont des français. Depuis quelques jours, je commence à voir de plus en plus de touristes, quelques motards aussi. La saison démarre vraiment maintenant, chouette ! J'aime bien aussi, quand les touristes sont là.

Nous traversons donc la Kjella. Le débarcadère que voici, c'est Vennesund.

La route 17 va désormais suivre le Lyngvaerfjorden, mais c'est en fait la mer ouverte, avec ses nombreux îlots.

C'est assez plat, la pente est très douce. Vous l'avez compris : c'est donc une zone très cultivée, et très habitée -en comparaison de tant d'autres. Les fermes et les villages se suivent presque sans discontinuer.

Au loin, les montagnes sont plus élevées.

De temps à autre, la route s'écarte du rivage.... on retrouve donc un lac ! Le Sundshopen.

Vik, une petite ville avec de grands parkings, absolument idéale pour bivouaquer. J'y trouve un bon spot WiFi, mais je ne vais quand même pas déjà m'arrêter pour la nuit, quand même ! Ce n'est toutefois pas l'envie qui m'en manque. Je suis fainéant, aujourd'hui, et ça me démange de stopper et de passer le reste de la journée à bouquiner, somnoler... Finalement, je me file un bon coup de pied au derrière, et c'est reparti !

Pas pour longtemps. Il est treize heures, et je me trouve un superbe petit coin au bord d'une forêt, peu avant Berg. C'est splendide, je m'installe au soleil, avec chaise et table. Vraiment, un grand moment de paix. Les oiseaux chantent comme des malades, je leur réponds comme un malade, bref, on s'amuse comme des p'tits fous ! Puis je décide d'escalader le rocher que je vois au milieu des arbres : en fait, le bas de la petite montagne qui se nomme Somnesäsen. Facile comme tout, je suis essouflé quand même ! Et le spectacle est une fois de plus au rendez-vous, pour une grimpette de dix minutes. Des tas d'îlots, peu avant d'arriver dans le Torgfjorden.

La forêt dont je vous parlais, et ce que j'ai escaladé : les roches sont presque entièrement recouvertes de mousses et de bruyère.

Le bord de mer en arrivant à Berg. En fait, j'avais quitté la 17 pour faire ce petit détour, car ça me plaisait de quitter la "nationale" pour rechercher un petit coin plus tranquille. Et j'ai vraiment bien fait. Ce à quoi les puristes pourraient me rétorquer : "Comment peux-tu le savoir ? peut-être aurais-tu trouvé un joli coin aussi sur la 17 ?". Ce à quoi je répondrais : "Alors ça, c'est bien vrai.". Ha ha ha !

Vous voyez : rivage plat. Même certains îlots sont cultivés et habités.
La montagne que l'on voit en arrière-plan, et que je vois depuis 24 heures -hier déjà-, c'est la fameuse Torghatten (258 m).

Pourquoi fameuse ? Parce qu'un jour, il y a fort longtemps, le fils d'un puissant roi du coin cherchait à avoir une jolie fille de Leka. Mais la belle courrait très vite, et allait lui échapper. Alors, ce vilain prit son arc et lui envoya une flèche. Quel idiot. Enfin, ça, c'est moi qui le dit. En effet, faut vraiment être le roi des c... pour envoyer une flèche sur une fille qu'on convoite, ça va l'abîmer ! Mais un autre roi, plus intelligent, lança son chapeau pour détourner la flèche. Bingo ! Et au même moment, le soleil se levait : tout fut pétrifié.... Il reste le trou fait dans le chapeau.

Au bout de ce chemin, une petite chapelle. Elle est moche, mais le lieu est magique : calme et majestueux, au pied de ce cirque grandiose.
Cette montagne, c'est la Traelneshatten, 567 m.

La route 17 longe désormais le Torgfjorden. Elle est belle, propre, bien délimitée par deux bandes blanches. De jolies lignes droites coupées par quelques virages. A gauche, la mer, les prairies bien vertes, des moutons dans les prairies; à droite, la montagne. le tout égayé par les petites maisons rouges, ou ocre, ou blanches. Et, à l'horizon, les hautes montagnes encore bien blanches. C'est d'un beau !

Et, dans un abri-bus, très bien planqués, les flics avec les jumelles....

Pas de bol avec moi.

Et après ? Après, c'est tout plat, et c'est moins bien, puisque c'est l'arrivée en ville. Bronnoysund est étendu, et entièrement construit sur une série d'îlots. Je quitte la 17 pour un 180 degrés, direction le sud-ouest et...

Torghatten ! Ben oui, c'est l'attraction du coin. Je me suis arrêté à l'Office de Tourisme discuter avec la dame, fort charmante et très sympathique, qui m'a conseillé d'y aller, surtout par un beau temps comme ça. Une demi-heure de marche. Aller seulement. OK, j'y vais !

J'avais besoin de faire de l'exercice, je n'ai pas été déçu. Car en fait, ça grimpe dur ! Là, je me suis rendu compte que je suis complètement rouillé, et je ne suis pas certain que ce soit récupérable. J'ai été obligé de faire une grosse pause pour reprendre mon souffle, le palpitant cognait à je ne sais pas combien dans ma poitrine, mais pour sûr, si les flics avaient été là, ils m'auraient carrément retiré le permis !

Heureusement, j'ai rencontré des employés municipaux -enfin, je suppose- en train de poser des marques sur le sentier, et discuter dix minutes avec eux m'a fait retrouver un rythme à peu près normal !

C'est ici que la flèche est ressortie; elle a éclaté et un morceau s'est planté dans le trou à droite.

On distingue deux personnes en haut : ce sont mes deux allemands de ce matin ! Encore dix minutes de pause...

Je me retourne, et suis récompensé de mes efforts par la vue sur l'archipel de Bronnoysund.

Je pénètre dans le trou laissé par la flèche. Là-bas, le point d'entrée.... Au fond, ces rochers sont des petits îlots dans la mer !

Un escalier permet d'aller voir de plus près. C'est profond, il y a en fait 5 escaliers à suivre ! J'y vais, bien qu'il faudra les remonter.

Mais je suis courageux.

La vue de l'autre bord; difficile, à cause du contre-jour.

Voilà, c'était le rocher percé de Torghatten !

Vue en redescendant vers le parking.

Retour vers Bronnoysund. Très loin sur l'horizon, ce sont, je pense, ce que les norvégiens appellent les Sept Soeurs.

Nous irons voir ça de plus près, j'y tiens !

Petit crochet à Torget, ce qui me permet d'avoir une autre vue sur le Torghatten.

Bronnoysund vue depuis le pont.

Et son église.

Vous l'aurez compris : venir jusqu'ici juste pour le Torghatten... Un peu "moyen", à mon avis, comparativement au reste !

La ville est bruyante, forcément. Il faut que je trouve un coin tranquille. Et les parkings sont payants, sauf ceux des super-marchés, mais ça ne me dit pas grand chose ici. Puis soudain, je repasse près de l'Office de Tourisme et... mais oui, ce petit parking est plus calme, et gratuit. C'est ici que nous allons dormir, Mygoo et moi. Il est temps de me poser : 18h10...

21h45.... Je suis en train de terminer. Je vous confirme que c'est quand même bruyant.. Mais supportable. Et puis, ce n'est pas grave, je suis en vacances, je vais écouter de la musique. Par contre, pas de chance pour vous, mais pas de WiFi gratuite, ici. C'est comme ça : dans les villes, c'est paradoxalement plus difficile que dans la campagne !

Allez, ciao, je vous laisse, j'ai envie de me reposer pour de bon.

 


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