Scandinavie 2012, étape 061

Jour 061 - Samedi 2 juin 2012 - 108 km - 351 photos
(Total : 6485 km - 11784 photos)
De Saltstraumen à Tverrvik (Norvège)

Très bonne nuit sur ce parking en face du camping. Je n'ai pas entendu le moindre bruit, et je me réveille à 8h30.
C'est bon, j'ai le temps de me préparer avant d'aller sur le pont voir ce fameux...

Saltstraumen, le courant de marée le plus puissant au monde. Et oui, c'est vraiment très puissant ! Vous voyez cette pointe, là, c'est ce qui rentre. C'est tellement violent que ça forme des remous énormes tout au long de la poussée, à droite comme à gauche, et ce qu'on appelle des maelstroms. Et ça bouillonne par en-dessous, et ça remonte presque en vagues et en tournoyant. Un très grand spectacle, ma foi, que je ne regrette pas du tout. J'ai filmé pas mal, je crois que ce sera très intéressant à regarder en famille cet hiver.

Il est plus de onze heures lorsque je prends la route, direction Bodo. Quelques km plus loin, je franchis le Godoystraumen. En face, sur cette photo, le Saltfjorden et, dans mon dos, le Svelfjorden. Goulet étroit entre les deux égale Straumen ! Bref, au loin, en face, c'est Bodo, ma destination initiale.

Mais que vois-je ici-même ? Des panneaux : attention, péage. Et suivent les instructions pour les étrangers afin de s'acquitter de la dette. Franchement, j'y avais un peu pensé, mais je m'étais dit : "non, ils ne vons pas faire comme à Namsos. Eh bien si. Messsieurs les norvégiens, ce sont des méthodes qui me gavent ! On ne taxe pas les gens qui viennent vous rendre visite, et qui payent des tas d'autres choses, et qui vous apportent plein de devises, et, surtout, ce ne sont pas eux qui abîment vos routes ! Bref, 21 NOK pour Mygoo. Soit 2,80 euros. OK, ce n'est pas grand chose, mais c'est une question de principe, et ça me contrarie beaucoup. Et hop, je déplie la carte routière : examinons la situation ! Ah, mais c'est génial. je vais aller visiter la partie sud et montagneuse, car j'avoue que ça me chagrinait un peu de laisser cette zone vierge ! Je pensais peut-être y venir sur la route du retour, mais comme ça, ce sera fait.

Demi-tour. La route que je prends est la 812, et démarre juste à côté de Saltstraumen. Elle conduit sur la E6. Retenez ce numéro 812, car elle est très belle, et mérite d'être faite. Je m'installe près de cette jolie baie pour manger, dehors, pieds nus, au soleil. Quel bonheur, ça fait un bien fou. Je ne suis pas encore en forme, mais je pense qua ça devrait aider. C'est le Svefjorden, que je quitte d'ailleurs à cet endroit. Les eaux sont transparentes, j'ai vu un gars sortir de l'eau avec sa combinaison de plonger, il m'a presque fait peur, je me demandais quel était ce gros poisson !

En fait, c'est très rare, mais ici, la 812 passe par l'intérieur des terres pour atteindre le nord de la péninsule sur laquelle elle se trouvait, sans doute parce qu'il était plus coûteux de suivre le Svefjorden. Et là, j'aperçois l'Elvefjorden, qui est la partie terminale de la grande baie contournée hier, la Fjellvika.

La 812 au milieu des forêts, avec les montagnes pour toile de fond.

Je quitte la route à Skattora pour une piste de très mauvaise qualité -belle au départ.

Pour aller voir ce lac de montagne, le Borvatnet. ici, le départ d'un sentier qui va au même endroit que celui suivi hier !
Que la montagne est belle !

Et je retrouve la 812. Ce beau renne blanc m'a fait sursauter, alors que je venais de voir une pancarte "élans". Il était à deux pas de la route, je me suis arrêté, il m'a à peine regardé, et s'est remis à brouter avidement, comme s'il était affamé. Etonnant !

Puis ça grimpe, passage d'un col, et hop....

on se retrouve dans le Sjerstadfjorden, qui fait suite au Svefjorden que l'on suivait auparavant. Ouf !

Les rives sont toutes plates, heureusement que les belles montagnes blanches apportent du relief au paysage !

Au bout de la péninsule, la 812 fait un 180 degrés : demi-tour pour redescendre le "doigt" vers le sud maintenant, sur les rives du Misvaerfjorden que voici. Un pont le franchit pour aller sur le "doigt" suivant : je néglige.

Le Misvaerfjorden est assez étroit, et tourne un peu comme un grand fleuve, sauf qu'il s'agit... d'eau de mer, bien entendu !

Il est splendide.

Rien que l'endroit de cette photo aurait mérité d'y rester quelques heures. C'était absolument paradisiaque. Regardez bien. Deux vieilles cabanes au toit semé d'herbes, dans laquelle couvent des mouettes ! Descendez la colline, vous arrivez sur les bords du fjord. Une île devant vous, un passage sur du sable d'un côté, du goémon de l'autre. A marée haute, l'île redevient certainement une île. Et sur l'île, du sable blanc, des rochers ronds et doux, un petit bois de jolis bouleaux, tout ceci invitant à la promenade, et à la méditation. Et ce n'est qu'un exemple. Je ne vous mets pas les photos de chaque endroit que j'ai trouvé beau, mais chacun d'entre eux méritait quelques heures à lui seul. Et c'est sans arrêt comme ça !

Les hameaux se suivent.

Coup d'oeil arrière pour vous montrer la 812 qui serpente en contrebas à gauche, peu avant d'arriver à Misvaer.

Au bout du Misvaerfjorden.

Et Misvaer, joli petit bourg dans les sapins, au pied des montagnes et en bout de fjord !

Je poursuis sur la 812 qui continue vers le sud. Je passe près d'une ferme remplie de mes vaches préférées : les écossaises. Dans un terrain boueux, sans herbe, elles avaient, dans ces grandes mangeoires, des dizaines de pains encore sous leur emballage de magasin ! J'ai vu les vaches arracher l'enveloppe en papier pour manger le pain ! Je n'avais jamais vu de telles choses jusqu'à présent. Il n'y avait pas que du pain, mais je n'ai pas pu voir ce dont il s'agissait. Je me suis avancé, et les vaches se sont enfuies en courant, ce qui dénote, je pense, une peur évidente de l'homme. De là à penser qu'elles sont maltraitées, il n'y a qu'un pas.... La bouse et l'urine s'écoulaient directement dans un ruisseau qui descendait vers le fjord. Oups, plutôt malsaine, la ferme. Aucune maison, juste un hangar, et un camion devant.

Quelques km plus au sud, la 812 se divise en deux sections : une qui poursuit vers le sud, et l'autre qui part à l'est rejoindre la E6. Je poursuis au sud pour aller voir les montagnes, car là, on s'enfonce dans les terres. Ou plutôt non, on s'élève ! Et ça grimpe dur. Vue arrière sur le Kykkelvatnet. Evidemment, si on s'élève en altitude, en Norvège, on retrouve très rapidement.... les bouleaux encore tout nus... et la neige.

Le grand blanc ! La s'élève à 638 mètres au point le plus haut, mais c'est largement suffisant dans ce pays pour retrouver l'hiver !

Il y a quelques parkings, quelques voitures sur les parkings, et quelques traces près des voitures ! Des norvégiens viennent encore profiter des derniers jours de scooter des neiges, ou de ski de rando.

Car ici aussi, l'hiver lâche prise; des tâches brunes font partout leur apparition, le rocher se découvre, ce sont des signes qui ne trompent pas.

Mais en plein hiver, tout est forcément blanc, les reliefs sont gommés, juste des pentes doivent encore se deviner.

Et dans cet immense Grand Blanc, lorsque le vent souffle, ce doit être équivalent au Groënland, j'en suis persuadé.

Et ce doit être terrifiant !

Les bouleaux sortent de leur manteau blanc.

Et la 812 redescend.... et la neige disparait, et la forêt apparaît. Arrivée à Storjord, au bord d'une jolie rivière. Deux nouvelles directions ! Je vais explorer la plus proche, celle qui remonte vers le nord-ouest en longeant la rivière. Remarquez, de l'autre côté, elle longe également la rivière....

Je m'arrête ici en paline nature, pas trop loin d'un groupe de maisons, et chope un superbe spot WiFi. J'en profite donc pour mettre le site à jour.

Moldjord.

Je poursuis.... et... je retrouve l'eau de mer ! Enfin, ici, à Arstad, c'est la rivière, la Beiarelva, qui se jette dans le Beiarfjorden -c'est marée basse-, lequel sort sous le Kjellingsundet que j'ai franchi hier.... Oui, ce labyrinthe du cheminement des eaux en Norvège, c'est quelque chose !

Après le passage à travers cette magnifique forêt, la route fonce droit sur cette énorme falaise.

Et mes yeux éblouis découvrent le Beiarfjorden. La falaise forme l'autre rive.

Après le petit port de Tverrik, une piste continue le long du fjord.

Puis se termine en un sentier qui n'est plus carrossable pour Mygoo. Il reste encore un ou deux kilomètres qu'il faudrait poursuivre à pied. Certes une jolie promenade, mais je n'en ai pas le courage ce soir, j'ai désormais envie de me poser. Près de la plage, des crottes d'élan, témoignant de leur présence en ces lieux.

Je retourne donc vers Moldjord.

Cette immense falaise me fascine.

La falaise forme même un cirque à cet endroit totalement magique. Certainement un des plus beaux depuis que je suis en Norvège. Je le trouve très sauvage. J'entends à deux reprises des pierres se détacher de l'immense paroi et dévaler les pentes en roulant de façon lugubre : les sons résonnent et se répercutent exactement comme le fait le tonnerre. Je ne trouve pas de mot pour exprimer ce que je ressens ici, mais j'ai un peu l'impression d'être le premier homme à arriver là. La forêt en face, au pied de la paroi, me fait l'effet d'une forêt primitive totalement vierge.

Oui, ce lieu est exceptionnel.

Ici se trouve cette aire de pique-nique. Il y a un camping-car allemand, je décide de passer la nuit ici. Il y a aussi des toilettes, c'est le luxe.

Je m'installe pour bosser, il fait bon, j'ouvre même la fenêtre. J'ai vu un écriteau "camping interdit", mais comme nous sommes deux.... Malheureusement, vers 21 heures, les allemands s'en vont. Du coup, je sais que je ne resterai pas. Je retourne un peu plus tard à Moljord m'installer près de l'église pour y passer la nuit !

Il est 22h30, je suis en train de terminer...

 


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