Scandinavie 2012, étape 067

Jour 067 - Vendredi 8 juin 2012 - 227 km - 405 photos
(Total : 7403 km - 13468 photos)
De Leinesfjorden à Kjopsvik (Norvège)

Réveillé une nouvelle fois par des douleurs vers 6h30, ma décision est vite prise : un cachet, et retour vers la France. Je revois mon itinéraire, via Trondheim et Kristiansand, et je démarre à 7 heures. Je fais un détour par Leirvikbogen où je sais trouver un spot pour traiter mon courrier et donner des nouvelles, et je repars.

Le paysage est magnifique, l'air est très sec car les contours des montagnes sont d'une netteté rarement vue jusqu'à présent.
Coup d'oeil arrière vers le splendide Holmäkfjorden.

Et sur ma gauche, vers l'ouest, toutes les belles îles semblent me faire des clins d'oeil, du genre "pourquoi tu te casses, hein ?"....

Je viens de repasser le Steigentunnelen -souvenez-vous, la porte d'entrée-sortie de Steigen-, et me revoici à Tommerneset, au niveau du goulet formé par la Sagelva, bordée par ces longues dalles lisses sur lesquelles les ancêtres des Vikings ont gravé des rennes. C'est ici que la décision se prend. A droite, le sud, la France.

J'ai moins mal -comme par hasard- et il fait beau -comme par hasard. Je tourne.... à gauche !
Vue arrière sur les montagnes sous lesquels est creusé le long tunnel d'accès vers Steigen.

C'est le fond du Sagfjorden qui va vers Steigen.

La E6. Toujours un plaisir de rouler ici.

Quelques kilomètres plus loin, je quitte justement la E6 pour aller jeter un coup d'oeil sur le Tysfjorden, que voici à Ajluokta.

Puis cette route longe le Tysfjorden sur quelques kilomètres pour se terminer en cul-de-sac à Hellandsberg.

Retour sur la E6, en longeant quelques jolis lacs. Vous savez, si vous quittez la côte, vous retrouvez lacs et marais !

La E6 repart grosso_modo vers le nord, prenant un peu de hauteur et longeant quelques lacs dans un paysage de moyenne montagne.

Puis c'est une belle descente en lacets vers Ulvsväg, avec un saisissant spectacle : les Lofoten prennent tout l'horizon de gauche à droite en une longue ligne ininterrompue de pics acérés et blancs distants de 40 km au plus près !

Vers le nord.

La route longe la jolie Tannoya. Mais est-ce bien utile de le préciser, puisque les îles sont toutes plus belles les unes que les autres !

Vous pouvez voir les Lofoten à l'horizon, j'ai peu zoomé sur cette photo.

Puis on traverse la péninsule pour se retrouver de l'autre côté : le petit golfe de Pollen, qui débouche à la sortie du Tysfjorden.

Le Pollen au premier plan, les montagnes au-delà du Tysfjorden à l'horizon.

Et j'arrive à Bognes, terminus. En fait, il y a un ferry à prendre. Deux solutions : Lodingen, pour la E10 et les Lofoten, ou Skarberget, pour la E6 et le Cap Nord. C'est ce que je choisis, pour mes raisons habituelles : plus court donc moins cher, et il me permet de voir du paysage, bien que je me rallonge beaucoup puisque je vais aux Lofoten... en passant par Narvik. Mais c'est mon choix.

Le voici justement qui arrive, le mien. J'ai de la chance, c'est aujourd'hui le premier jour des horaires d'été, et il y en a donc davantage !

Cette côte-ci est tout bonnement fantastique, car elle est bordée de roches extraordinaires, du genre que j'adore !

Immenses, colossales même, devrais-je dire !

Je discute avec un couple de français roulant dans un gros camping-car (8 mètres, permis poids-lourd). Le monsieur me dit que la E6 est difficile pour lui, car très montagneuse. Mais il me dit qu'il passe partout avec son engin. S'il le dit.... je suis passé sur de nombreuses routes avec Mygoo, je doute fort qu'il m'y aurait suivi, mais je n'ai pas voulu le contredire.

Me voici revenu sur la terre ferme, ce que Mygoo préfère de loin, et moi aussi, ce qui tombe bien pour nous deux. Coup d'oeil arrière vers les Lofoten dont je vais maintenant m'éloigner. Mais c'est pour mieux revenir !

Eidet, au pied du Stortinden (847 m, cirque éventré au sommet).

Lofoten au zoom maxi. J'arrête....

La E6 traverse donc ce bout de péninsule entre le Stortinden et Huglhornet (981 m). Je peux vous garantir que ces énormes rochers sont d'une beauté et de formes totalement surréalistes, et j'ai marqué plusieurs arrêts sur une très courte distance, totalement muet d'admiration !

Admirez, sur mes pauvres clichés, mille fois moins jolis.

Si lisse que même les lichens ne peuvent s'y accrocher !

Paysage digne de BD extra-terrestres. Grandiose !

Et c'est là que se produit le deuxième accident de ce voyage. Il est écrit qu'il sera marqué par les cailloux ! Cette fois, c'est mon caillou -terme donné par les photographes pour leur objectif- photo qui lâche. Non, en fait, ce n'est pas l'objectif, mais carrément l'appareil photo, mon "Canon 5 D" -puisque plusieurs lecteurs me demandaient ce que j'avais- qui me lâche. Le rideau s'ouvre, mais ne se referme plus. Terminé ! Est-ce un signe ? D'abord le bonhomme, puis son instrument de travail.... Dois-je vraiment rentrer ?

Il me reste encore une corde à mon arc : le petit Sony, qui est en fait mon caméscope, car il fait de très belles vidéos. Mais il sait aussi faire des photos. Vous allez devoir vous en contenter, et moi aussi, car il est évident que je ne peux pas faire réparer le Canon ici en Norvège, et encore moins m'en acheter un autre, avec les prix de malades pratiqués dans ce pays !

Voilà. Photo faite avec le Sony, comme toutes celles qui suivront maintenant. C'est un petit compact, les pixels sont bien gros et bien gras, les couleurs souvent sursaturées (Sony), et je ne pourrai sans doute pas me risquer à faire de beaux diaporamas avec ça, mais c'est mieux que rien. Je suis tellement dégoûté que je préfère ne pas m'attarder sur le sujet, car sans mon gros réflex, je suis quelque peu déboussolé ! Il me restera toujours la possibilité de transformer mes meilleurs photos en dessins, ou en peintures, histoire de supporter/effacer les gros pixels !

Bref. C'est donc en photographiant le Efjorden sur lequel débouche la E6 que l'accident s'est produit. En face, un pont. A droite, la 827, qui descend plein sud vers un cul-de-sac lointain. J'étudie la carte, et j'en conclus qu'il faut y alle, malgré la grosse rallonge, car ce doit être très joli. Plusieurs tunnels, avec des paysages sans doute superbes entre chaque tunnel. Malgré la perte du Canon, il faut y aller. J'y vais. Et de suite, le ton est donné sur cette photo (enfin, si je puis dire, essayez d'être tolérants désormais sur ce sujet, vous serez gentils). A gauche de la route, le Efjorden est bordé sur sa rive "est" par un extraordinaire vaisseau minéral, courbé en forme de long croissant, montagne-fjord de type islandais. J'en prends plein les mirettes !

Et à droite, l'autre face du Huglhornet, dont les formes dépassent l'entendement !

Zoom sur l'immense vaisseau.

Et en face, des montagnes, encore des montagnes, encore enneigées.

La tête du vaisseau, splendide. Ce qui est incroyable, c'est que cette montagne forme un autre vaisseau sur son autre côté, mais dans un angle de 120 degrés ! Pourquoi pas ? Dame Nature n'a aucune limite en Norvège, et s'offre tous les essais possibles et imaginables. C'est son terrain de loisirs !

Vue arrière sur cette masse imposante.

Et voici ce que ça donne, pour vous faire une idée de ce que je vous expliquais. Derrière cette montagne se trouve un lac enchassé entre d'autres monts. J'imagine sans peine la beauté sauvage des lieux, et j'envie les marcheurs/trekkeurs/montagnards qui ont la chance de voir ça ! Mais je m'estime également chanceux de pouvoir admirer ce que je vois sans aucun effort, juste la peine de conduire Mygoo, et ça, c'est vraiment donné à tout le monde ! Ne lui dites pas que j'ai écrit ça, elle serait vexée et pourrait se venger : il ne manquerait plus que ça ! Remarquez, on dit bien "jamais deux sans...". STOP.

Traversée du premier tunnel.

Ouf ! Les norvégiens ont bien fait les choses, et créé des parkings de panorama en sortie de chacun des tunnels.
On débouche dans le Stefjorden, au pied du Stetinden (1391 m). Mais on rentre aussitôt dans un nouveau tunnel.

A la sortie duquel.... Fantastique ! Dans mon dos (à droite sur la photo), le Stetinden. C'est un sommet mythique pour les Norvégiens, et un grand classique pour les grimpeurs. Car ils y montent, à mains nues s'il-vous-plait ! En effet, sur toutes ces montagnes, des pancartes le rappellent aux alpinistes : interdiction absolue de planter des crochets dans la roche... Sur le parking, il y en avait, justement, des alpinistes. Fort déçus. C'étaient des écossais, venus exprès de leur beau pays pour cette escalade -entre autres. Ils viennent d'abandonner, pour cause de neige et de glace trop dangereuse, et sont dépités. Ils me disent qu'ils ont honte, vous vous rendez compte ? Je les ai fait rire en leur disant que je ne ferais même pas le petit minuscule qui se trouvait derrière nous près du parking !

Ce deuxième tunnel longeait en fait le fjord, sous le Stetinden. Du coup, je longe maintenant le Stefjorden.

Coup d'oeil arrière sur le Stetinden. Bien pâle reflet de la beauté de cette montagne.

Et ça, c'est l'autre face du Stortinden. La E6 passe derrière, nous étions à la sortie du ferry.... Ah, les dédales fjordiens norvégiens....

Nouveau tunnel..

Et c'est une nouvelle claque avec le Mulbukttinden, 758 m, tête de proue fabuleuse d'un nouveau vaisseau renversé !

Avec sa forêt vierge recouvrant la masse de ses pertes millénaires....

Nouveau tunnel, mais qui longe lui aussi le fjord (Tommerasfjorden), au fond duquel on emprunte encore un tunnel pour traverser cette montagne blanche que vous voyez ici.

Vue de profil du Mulbukttinden.

En sortie de tunnel, on tombe dans le Inner-Tysfjorden, coiffé de montagnes pointant jusqu'à 1300 mètres !

Au bout de la péninsule, Kjopsvik. Je traverse et je poursuis jusqu'au bout de la route. En effet, elle continue et contourne la montagne terminale pour remonter au nord sur une quinzaine de kilomètres supplémentaires.... le long du Tysfjorden, que l'on retrouve ici dans sa partie terminale.

Comme ça grimpe, on retrouve forêts, petits lacs et marais....

Hundholmen.

Des oies... Magnifique !

Une piste continue sur le Haukoyfjorden, que j'ai traversé ce midi en ferry plus au nord.

Alors ? Qu'est-ce que vous en dites ? Je ne vous entends plus du tout.

Est-ce que cette région vous convient ?

La piste se termine dans la Kjelkvika.

On aperçoit les maisons qui forment le hameau de Kjelkvika (qui a donné son nom à la baie, ou l'inverse.... bref, comme d'hab').

Retour à Hundholmen, où je retrouve mesdames les oies en train de brouter, indifférentes au spectacle devant lequel elles se trouvent.

Je retrouve le Tysfjorden, calme comme un lac.

Le Kjopsviksundet qui permet de rejoindre l'Inner-Tysfjorden....

Et me revoici à Kjopsvik.

Je suis moitié malade ce soir, mais cette fois, c'est à cause du médicament pris ce matin, et qui me détraque l'estomac. Mais du côté du rein, ça va mieux; il faut dire que je bois, et que j'ai peut-être réussi à me débarasser de ces petits cailloux, du moins je l'espère ! Je vais faire quelques courses. En même temps, je chope un signal WiFi et en profite pour échanger un peu avec mes proches. Or, heureusement que je n'y passe qu'environ un quart-d'heure car, une fois de plus, je laisse les codes allumés ! Arrrgh.... Puis je vais bivouaquer, en me rallongeant un peu histoire de recharger la batterie, auprès du terminal du ferry, où se trouvent déjà deux camping-cars, un allemand et un autrichien. Quelle journée fantastique, encore. Et avec 227 bornes au compteur ce soir, ce qui est énorme et pas dans mes habitudes. La peur sans doute de devoir arrêter, alors j'accélère le mouvement inconsciemment. Et il faut bien dire que ça valait le déplacement. Cette Norvège dépasse l'entendement en terme de nombre de sites naturels de très haute qualité. Je ne connais pas d'autres pays atteignant une telle proportion ! Prenez cette seule journée. Pour explorer à fond ce que je viens de voir, je pense qu'il faudrait plusieurs mois.... Et ce n'est qu'une minuscule portion du pays !

Il est 22h35, grand temps que je me repose, moi ! Tu m'étonnes, si je suis crevé....

 


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