Scandinavie 2012, étape 068

Jour 068 - Samedi 9 juin 2012 - 243 km - 371 photos
(Total : 7646 km - 13839 photos)
De Kjopsvik à Forneset/Narvik (Norvège)

Réveil à 5h30, avec toujours cette douleur.. Quand cela va-t-il finir ?
Je dégage, on verra bien, de toute façon, je ne peux plus dormir, et je peux quand même conduire.

Quel calme immense à ces heures matinales, et encore bien davantage les jours de week-end. Ici, les eaux noires et plates du Inner-Tysfjorden, peu avant de pénétrer dans le premier tunnel du retour. Je me suis toujours posé -et je me la pose encore !- la question de l'origine de ces traces visibles en surface. Les sillons laissés par les bateaux ? Mais comment est-ce possible, sur de l'eau ? Elle n'a pas de mémoire ?! Ou bien, plus "terre-à-terre", pour ne pas dire eau-à-eau, des suintements de gas-oil lors du passage du bateau qui, pour le coup, expliqueraient ce comportement différent de H2O, qui se mélangerait avec sa voisine sans laisser aucune marque, alors qu'une substance autre ne se fond pas dans l'eau.

Je retrouve la tête de proue du Mulbukttinden à la sortie du tunnel, au profil toujours aussi photogénique.

Le même, de face, en sortie du tunnel suivant.

Puis c'est le splendide Lavfjellet, qui longe toute la rive nord du Efjorden....

Et son autre face, le long de la 827, légèrement incurvée, que je vous montrais aussi hier en descendant.

Sur ma gauche, le terrible Huglhornet, la tête, ou plutôt une de ses têtes dans les nuages.

Et je retrouve les Stortinden et Teppkitinden en bout du Efjorden, rive sud, là où mon réflex a rendu l'âme !

Quelle beauté !

Il est 7 heures, je suis fatigué, j'ai encore mal : je vais donc me recoucher ! Facile, quand on roule avec sa chambre. Je m'endors très vite, pour me réveiller à... 9h30. Et je peux vous dire que ça fait du bien. Pas encore la grosse forme, mais c'est mieux, alors je reprends le volant.

Je passe le pont qui franchit le Efjorden. Je rencontre des français en camping-car sur un parking, nous discutons un moment. Ce sont des pêcheurs, mais ils me disent que c'est de plus en plus difficile. Ils sont de ma région : la Charente Maritime. Ci-dessus, le Efjorden que je longe cette fois sur la rive nord. Je roule à nouveau sur la E6; on aperçoit en face la 827 que je viens de remonter.

Après le fjord, un lac en forme de U, le Forsavatnet.

La E6 file sur Ballangen en ligne presque droite. J'aperçois une "rallonge" sur ma carte, la 819, qui traverse une région montagneuse un peu plus dans les terres. Evidemment, c'est ce que je choisis. Un lac (petit) encore gelé, des marais, une zone aux bouleaux encore nus, des petites montagnes, quelques villages et de nombreuses fermes. Puis c'est la longue descente vers le Ofotfjorden, un immense fjord (plus de 60 km de longueur, plus de 10 dans sa plus grande largeur, en forme de double boomerang). La route que j'ai choisie (enfin... il n'y en a pas 36 non plus !) pour rejoindre les Lofoten contourne ce fjord dans sa totalité !

Kjeldebotn, une crique sur le Ofotfjorden.

Pundsvik.

Le ciel couvert cache les hautes montagnes de la rive opposée, et n'en laisse entrevoir que la partie basse. Par ailleurs, le manque de luminosité rend l'ensemble un peu triste, et gâche mon plaisir. C'est beau, mais c'est toujours la même chose : quand on sort du "sublime", on devient quelque peu "blazé", ce qui est bien dommage, mais c'est ainsi.

Bostrand. Beaucoup d'agriculture sur les pentes des montagnes, car elles sont douces.

Arrivée à Ballangen, où je retrouve la E6. Il y avait une déviation dans la ville, et j'ai vu de nombreux groupes folkloriques, avec des tenues et des instruments différents, hommes et femmes. Beaucoup d'animation, donc. Mais comme je n'ai pas la grosse forme, je ne m'arrête pas. Cette photo pour vous montrer comme les montagnes sont belles. Si seulement j'avais un grand ciel bleu ! Et un bon appareil-photo, car là, pour le coup, c'est vraiment minable. Quand je grossis une des photos prises avec ce compact, et seulement à sa taille normale, sans dépasser le 100%, c'est horrible ! Il n'y a pas de pixels, mais seulement des groupes de pixels, donc des grosses taches. Comme c'est laid. Aucun piqué, aucun détail. Définitivement et totalement inexploitable en diaporama, comme je vous le disais. Quand je pense que les nombreux essais lus disaient qu'il était excellent..... Je rigole... JAUNE. Le pire, c'est que j'avais un deuxième réflex, que j'ai vendu une bouchée de pain, et que j'aurais bien mieux fait de conserver !

La E6 prend le relai pour longer le grand fjord. Rien de particulier, avec ce temps gris et triste et ce fichu appareil-photo. Vous voyez, c'est ça qui fait la différence entre un bon et un mauvais appareil. Certain(e)(s) d'entre vous m'ont questionné sur ce sujet. Un bon appareil vous restituera des couleurs et des détails fidèles sous le mauvais temps, lorsque la lumière fait défaut. Il faudrait tester les appareils photo uniquement sous le mauvais temps pour voir réellement ce qu'ils ont dans le ventre. Celui-ci n'a rien, il est totalement vide, et ça me désole de visiter la Norvège juste avec ça. Heureusement, la vidéo est bonne et fidèle, et j'ai quand même mes yeux pour voir. Grâce aux photos qu'il me fait, je pourrai au moins me souvenir, et il me restera la possibilité de les transformer/améliorer/retoucher en tableaux de peinture, avec une tablette graphique, excellente occupation gratuite pour les longues soirées d'hiver.

Un moment plus tard, un pont franchit un fjord qui descend plein sud et se jette dans l'Ofotfjorden, c'est le Skjomen. J'hésite beaucoup avant de prendre une décision : dois-je aller au fond de ce fjord ou pas ? Le détour est long (cul-de-sac, forcément, comme si souvent en Norvège), et ne me semble pas judicieux : je fais l'impasse. J'ai aussi envie d'arriver rapidement à Narvik pour chercher un magasin de photos, histoire d'essayer de trouver un réparateur pour le réflex. je n'y crois pas trop, mais sait-on jamais, et demain c'est dimanche. Donc, je poursuis sur la E6.

Vue sur le Skjomen depuis le pont, où je suis allé. Ajoutez à ça la mauvaise météo, qui a joué dans cet abandon.
Regardez, on ne voit rien des sommets.

Par contre, quelques kilomètres plus loin, à Hakvika, je fais un crochet pour m'enfoncer dans les terres vers une série de lacs encastrés entre des montagnes, et que je devine jolis.Malheureusement, la pluie arrive alors que je rejoins le premier, bouchant définitivement l'horizon. J'abandonne.

Narvik, la grande ville où bien des soldats français ont trouvé la mort en 1940. Je vois que je suis plus près du Pôle Nord que de Paris.... Je fais des courses, j'achète du poulet -un peu de viande pour me remonter- et je vais me caser sur un parking où se trouvent quelques camping-cars. Je rencontre de plus en plus de français. Et je me restaure, car il est quand même déjà... 14h30 ! Ce parking a l'air gratuit et réservé aux touristes -c'est du moins ce que me disent les Suisses qui sont à côté-, et je crois bien que je vais passer la nuit ici. De toute façon, avec cette météo, autant dormir !

Un tour en ville pour l'appareil-photo. Pour les dames.

Pour les hommes.

Pour personne....

J'aime bien les sculptures norvégiennes. Je vais me renseigner dans l'hôtel le plus chic et cher de la ville. J'aime bien faire ça, car les personnes à l'accueil savent tout de leur ville, et sont aux petits soins des gens qui les questionnent. Je suis tombé sur un jeune fort aimable et très méticuleux. Il m'a indiqué le seul endroit où, peut-être, je pourrais être dépanné. J'en profite pour lui demander quels sont les fjords à ne pas louper dans le coin. Sa réponse est sans appel : "s'il y a UN fjord qu'il ne faut pas rater, en aucun cas, c'est le...". Je vous le donne en mille. Evidemment, c'est le Skjomen, celui que j'ai volontairement zappé ! Comme par hasard !

Bien. Du coup, je retourne au parking pour aller au magasin, car je sens bien que.... je ne vais pas résister. Pour le magasin, c'était.... Expert. Vous connaissez tous. Tu penses bien que les vendeurs sont totalement incapables de faire quoi que ce soit. Le jeune qui m'a reçu a été sympa, il a essayer sur un autre objectif, sait-on jamais. Même résultat, ce n'est donc pas l'objectif, comme je m'en doutais bien. Au moins, on est sûr !

Je me casse d'ici, raz-le-bol des magasins. Décidément, je déteste. Il ne pleut plus, je vais d'abord visiter le petit fjord qui se trouve juste à côté de Narvik, le Beisfjorden. Sous vos yeux, Beisfjorden, la petite ville située au fond du Beisfjorden. Qui a donné son nom à qui ? Hi hi hi....

Retour vers Narvik, obligatoirement (cul-de-sac, comme d'hab'). La rive opposée est très sauvage et magnifique.

Je repasse le pont de Narvik; en face, c'est Narvik, à droite, c'est Beisfjord... Alors, qu'est-ce que je fais ? Hein ? Eh bien, je vais voir le Skjomen, évidemment ! Il est pourtant 17h40.... C'est de la folie, jamais je ne me suis lancé si tard vers des visites. Mais vous savez quoi ? Je me sens mieux, les douleurs sont parties, et du coup, je revis ! Ajoutez à celà une pincée de soleil, et le gars, il repart comme en 40. Heuh, non, pas comme en 40 ! Mais au fait, pourquoi on dit ça, hein ? Car en 40, si c'est 1940, c'était une sacrée déculottée, non ?

Le début du Skjomen n'est pas terrible. Route très étroite, et paysage caché par les arbres bordant la route : je ne vois rien. De plus, les cîmes de la rive opposée sont sous les nuages... Puis les vues deviennent sympas à partir de Kongsbakk. Vue vers le sud.

J'approche du fond du fjord, qui se nomme... Skjomen, forcément. Mais ça a l'air assez plat, et je suis plutôt déçu. Regardez bien cette photo, sur la partie droite. On voit une avancée d'une montagne très arrondie, genre "tête de serpent" regardant par ici. C'est le Reinnesfjellet. En regardant ma carte, je vois qu'une petite route contourne la tête de serpent et s'enfonce profondément dans le Sor-Skjomen (le Sjomen sud), et là, ça semble très beau.

J'y vais. Il y a un golfe au fond de Skjomen, et j'y trouve un bon spot WiFi, génial. Je viens ici de contourner le village, et me voici le long de la fameuse tête de serpent. Vue en face, sur la rive que je viens de longer.

Je viens de contourner la "tête de serpent", et je m'arrête aussitôt. En effet, sur ma droite, il y a un petit sommet (altitude 95 m) de roche ronde et très facile à grimper, et j'ai envie de me "faire" ce sommet, qu'un gosse de deux ans ferait aussi !

C'est la récompense ! Je me retourne, et j'ai sous mes yeux émerveillés la totalité du Skjome que je viens de longer. A droite, ce long sous-marin que vous voyez, c'est ce que je viens de parcourir depuis le pont, vous savez, ce pont que j'ai photographié ce midi, avant d'aller sur Narvik.

Et d'ailleurs, si je zoome.... Bingo, on le voit très bien ! Il est pile à 14 kilomètres d'ici à vol d'oiseau ! Et la partie claire que l'on voit là-bas, c'est l'Ofotfjorden ! Et ces hautes montagnes à l'horizon, elles sont sur la rive opposée de l'Ofotfjorden....

Et je re-dézoome....

Sur ma droite : à mes pieds, Mygoo qui m'attend. Et le fond du Skjomen qui conduit à Skjomen.

Que voici, si je me retourne encore plus sur ma droite. Au fond, une belle rivière, et une longue vallée que je pourrais suivre en voiture, mais que je ne visiterai pas. Pourtant, au bout de cette longue vallée, un village, et de très nombreux départs de randonnées dans la montagne. Encore tout un coin merveilleux à visiter, je vous passe le tuyau.

Et de l'autre côté, ma foi, c'est l'autre partie du Skjomen, le fameux Sor-Skjomen....
Et c'est d'une immense beauté. La voilà, la récompense. Ce fjord est bien camouflé !

Admiration !

Je repars avec Mygoo. La route est étroite, mais très belle.
Au-dessus de ces montagnes se trouve un gros glacier, le Frostisen, entre 1200 et 1500 mètres !

Le paysage est insoutenable... de beauté !

Sur un petit parking, je rencontre un couple d'allemands. Lui est pêcheur. Ils sont amoureux de la Norvège, mais surtout de ce coin. Ils me disent qu'un sentier part un peu plus loin dans la montagne; au bout, on y trouve un lac d'une beauté indescriptible. Il est trop tard pour moi, et je ne m'en sens pas encore capable. On sympathise, ce qui fait que nous "papotons" pendant plus d'une heure ! Du coup, il est 20h15 lorsque je les quitte..... Il commence à faire froid, je mets le chauffage à fond, quel bonheur !

Retour à Skjomen.

Puis je me refais la longue route étroite -et en assez mauvais état- de la rive est du Skjomen. Contre-jour sur les énormes vaisseaux et sous-marin de la rive opposée, encore sous les neiges ! Comme ce doit être beau dans un ciel bleu et pur !

Derrière moi, la fameuse tête de serpent montant la garde du fabuleux Sor-Skjomen.

Non non, ce n'est pas un sous-marin.... juste un îlot au milieu du Skjomen.

En approche du fameux pont.

Derrière moi maintenant, le Skjomen , alors que j'arrive au pont.

Je reprends la route de Narvik, mais pas longtemps. J'avais aperçu tout-à-l'heure, en contre-bas, un monument commémoratif de la bataille de Narvik, et donc un grand parking, sur lequel se trouvaient plusieurs camping-cars. C'est là, parmi eux, que je vais bivouaquer. C'est absolument parfait. je me case entre des hollandais et des allemands, et je passe au salon, fatigué mais tellement heureux, puisque ce soir, je n'ai plus mal !

Tout d'un coup, je pense que je pourrais peut-être avoir le soleil de minuit, vu que le pont était en contre-jour total. J'ouvre le hublot et pose le compact sur le toit, dont on voit un bout. Il est 23h20.... et le soleil est encore haut au-dessus de l'horizon.

Minuit passé de deux minutes.... Et toujours depuis le toit de Mygoo. Mal centré, je ne regardais pas, mais ce n'est pas grave. Le soleil est caché par les montagnes, mais il est évidemment au-dessus de l'horizon. Et il fait grand jour, bien entendu ! Vous avez vu ? Vous êtes content(e)(s).

Alors, je retourne me coucher !

 


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