Scandinavie 2012, étape 070

Jour 070 - Lundi 11 juin 2012 - 130 km - 211 photos
(Total : 7838 km - 14082 photos)
De Bjerkvik à Lodingen (Norvège)

Une bien belle nuit, ma foi, sur ce grand parking très tranquille. 8h30. Depuis que les allemands m'ont dit qu'ils prenaient toujours l'eau depuis de nombreuses années dans les cimetières des petites villes, je vais voir celui-ci, qui est juste au-dessus, à côté de l'église.

D'ailleurs, on voit bien Narvik depuis l'église, qui est bâtie sur une butte, comme très souvent. Evidemment, avec cet appareil-photo, l'image est un peu "brute de décoffrage", mais on va s'en contenter.

Et le front de mer de Bjervik à mpes pieds ! Au premier plan, une des stations d'essence. Elle est particulière, en ce sens que c'est la première fois que je trouve dans les toilettes, en dehors des traditionnelles tables à langer pour les bébés, une douche, et qui plus est, de grand standing ! Je n'ai pas demandé le prix, mais j'aurais dû, pour savoir.

Alors, devant le cimetière, un homme est en train de bricoler; du coup, j'en profite pour lui demander si l'eau est potable. Il me dit que oui, mais qu'il préfère quand même me donner l'eau de sa cuisine, encore plus sûre ! En fait, je suis tombé sur le curé de la paroisse.... Très sympa, il en profite pour discuter un peu, et me fait voir le drapeau français qu'il détient pour les cérémonies en souvenir des soldats français morts pour la Norvège à Bjervik ! Il me dit que les tombes sont dans le cimetière; j'ai cherché, je ne les ai pas trouvées, et je suis parti, sans retourner voir le curé. Désolé !

C'est bizarre, d'ailleurs, car moi qui aime bien ordinairement photographier et fouiner dans les églises, les cimetières, les lieux d'architecture, j'en ai de moins en moins envie en Norvège. Tout est pareil, il n'y a pas d'originalités locales, ou si peu. Culturellement, c'est un peu le désert, ce que me confirment sans aucune exception absolument tous les touristes, quelle que soit leur nationalité, avec lesquels je discute quelque temps ! Un jour, j'avais fait un crochet pour voir une tombe viking. Quelle déception : on voyait une petite butte de terre recouverte d'herbe, à peine visible dans le paysage ambiant. Et, pire, une pancarte expliquait -ce qui n'est même pas toujours le cas- que le site n'avait jamais été fouillé ! Incompréhensible pour moi.

Je reprends la route des Lofoten. Comme vous voyez, la pointe sud (c'est le village qui s'appelle "Ä") n'est plus qu'à 339 km. On avance, on avance !

Une photo pas très ragoutante; et encore, vous n'avez pas les odeurs. Non, mais vous comprenez pourquoi je ne pouvais pas louper ça ! Heureusement, il n'y avait personne sur le parking pour me voir rentrer avec l'appareil-photo que je suis retourné chercher.

Les français sont quelque peu... sévères, je trouve, car nos toilettes, dans certains villages, ne sont pas toujours si bien ! Au moins, l'endroit est propre là ou il doit l'être, et c'est bien le principal, non ? Enfin, pour une fois qu'on a une inscription en français...

Puis la E10 quitte les rives du Herjangsfjorden pour traverser la péninsule vers l'ouest. Je vous rappelle que les Lofoten sont totalement à l'ouest-sud-ouest de ma position, et qu'en fait, dans les jours qui vont suivre, ma progression vers le nord est totalement interrompue, elle va même régresser ! Donc, qui dit "traversée de péninsule", aussi petite soit-elle, dit aussi grimpette sur un plateau, marais, lacs.... Comme d'habitude, je ne suis donc pas surpris. De toute façon, j'aime bien ces paysages assez désertiques, d'autant plus que je les découvre désormais sous un aspect fort différent. Il y a de moins en moins de neige, les bouleaux commencent à avoir du feuillage, la couleur fait son apparition.

Sauf aujourd'hui, car j'ai une météo de type "giboulées de mars". Des averses souvent violentes, parfois longues, alternent avec de courts moments de soleil, puis reviennent à nouveau nettoyer les vitres et la carrosserie de ma petite voiture préférée. Les camions soulevant des trombes d'eau sur leur passage, le bruit des pneus dans les flaques d'eau, les petits coups de vent, j'aime bien tout ça. C'est pour moi bien plus intéressant qu'une journée d'un gris-blanc unique, sans un souffle de vent : dans ce cas, c'est la déprime assurée (enfin, pas tout-à-fait quand même !).

Les lacs... avec toujours quelques barques qui traînent, sans compter les immanquables petits chalets camouflés sous les frondaisons, près des berges.

Et ensuite, on redescend vers... la mer, forcément; la E10 contourne le fond d'une baie située sur... l'Ofotfjorden, qu'on retrouve sur sa rive nord maintenant ! Cette baie se nomme Bogen, et je fais un arrêt dans le petit village sympathique, lui aussi appelé Bogen, forcément ! Il y a là un petit lac enchassé au pied d'une belle montagne, le Niingen (1073 m quand même), et je fais un petit crochet sur une mauvaise piste pour le voir, juste au moment où la pluie revient ! Et tout compte fait, je trouve que ça donne un cachet à l'image.

La baie Bogen. Au premier plan, c'est l'embouchure de la rivière en provenance du lac que je viens de vous montrer, le Strandvatnet.

Et on quitte à nouveau le fjord pour traverser un autre bout de péninsule vers l'ouest puis le nord. Pas de photo, il pleut. Pour finalement déboucher sur les rives d'un long bras de mer, le Tjeldsundet, entourant une île que la E10 contourne complètement par le continent en suivant justement le Tjeldsundet. Vous devinez aisément les trombes d'eau qui s'abattent là-bas, où d'ailleurs nous allons !

Je fais un petit crochet par la petite ville d'Evenskjer, au bord du détroit.

Qu'un pont franchit quelques kilomètres plus loin. Je le traverse sous une pluie battante, et comme il est déjà 13 heures, je fais ma pause déjeuner sur un parking situé juste au-dessus du pont. Après m'être rassasié, la pluie est toujours aussi violente. La conclusion s'impose d'elle-même : sieste ! Il est 15 heures lorsque je me réveille, et comme vous pouvez le voir sur cette photo, le ciel est un peu plus dégagé.

Du même endroit, vue vers le nord-est et le large golfe formé par le Vägsfjorden.

Je longe maintenant la rive ouest du Tjeldsundet.

Et tout ce détour pour me retrouver en face d'Evenskjer, traversée en fin de matinée !

Le détroit se rétrécit, et devient de plus en plus joli.

Ou peut-être est-ce parce qu'il ne pleut plus ?

En face se détache le blanc clocher de la petite église de Tjeldsund.

C'est là, à Kongsvika, que je rencontre ces deux méchants trolls... (voir la lettre à ma petite-fille).

Les maisons de Kongsvika.

Puis la route suit les berges d'un petit et très étroit fjord en forme de boomerang d'une très grande beauté, le Fiskefjorden, que je n'ai pas pu photographier comme je l'ai vu, n'ayant aucune possibilté de poser Mygoo sans gêner une circulation importante de gros camions, E10 oblige ! C'est dommage, car c'était splendide.

Le Fiskefjorden à son embouchure dans le Tjeldsundet, sur lequel on revient. La pointe du Fiskefjorden est formée par cette magnifique montagne, encore un sacré sous-marin, le Taraldsviktinden (774 m).

Le Tjeldsundet donc, à nouveau.

Quelques jolis bancs de sable découverts par la mérée basse.
Une route longe la rive opposée. Je n'y suis pas allé, je vous laisse ce soin pour me raconter, je ne peux pas tout faire non plus !

Le Tjeldsundet s'élargit de plus en plus en approchant de Lodingen, ville située à son embouchure dans l'Ofotsfjorden, que l'on retrouve encore ! La E10 ne passe pas par Lodingen, mais le crochet n'est pas bien gros, et je veux y faire ma pause pour ce soir.

Lodingen. Pas moyen de trouver un endroit convenable pour Mygoo. Il y a bien un parking pour camping-cars, mais payant, forcément. Remarquez, je ne critique pas ce fait, c'est juste que je ne veux pas payer, car il me semble que le prix était, pour la Norvège, plutôt correct (140 NOK, je crois, avec douche comprise, sur un quai en bord de mer).

A l'entrée de Lodingen, par contre, se trouve l'arrivée du ferry en provenance de Bognes où je me trouvais vendredi midi. Il y avait là-bas deux destinations différentes : l'une arrivant ici, et l'autre traversant juste le Tysfjord, et que j'avais privilégiée pour... voir du pays !

Or, un grand parking se trouve ici, avec en prime des toilettes propres et chauffées pour les voyageurs prenant le ferry, et accessoirement les passants comme bibi. Ce sera le bivouac pour ce soir, et ce fut parfait ! J'ai rencontré ici des français qui voyagent en convoi : quatre camping-cars ! Pas facile de trouver des parkings pour quatre engins de cette taille; ils sont équipés de postes de CB avec lesquels ils communiquent lors des recherches d'emplacement, chacun partant dans une direction pour en trouver un, et appelant les autres ensuite ! Qui a dit que les français n'étaient pas organisés? Ils voyagent ensemble depuis plusieurs années, et m'ont dit être allés en Jordanie, entre bien d'autres pays. Ici, ils arrivent du Cap Nord, où ils sont montés par la Finlande. Ils m'ont dit que pour l'arrêt du péage du tunnel du Cap Nord, chacun a sa version, certains disent 1er juillet, d'autres 1er septembre, d'autres que ce n'est pas d'actualité. Radio-touristes.... on verra bien, si j'y vais !

 


Depuis le 06/06/2005 Visites:891937 Aujourd'hui :334 Maintenant:10 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)