Scandinavie 2012, étape 073

Jour 073 - Jeudi 14 juin 2012 - 84 km - 343 photos
(Total : 8145 km - 15292 photos)
De Valberg à Ramberg (Norvège)

Où suis-je ? Ah oui, je me souviens, au bord d'une petite plage norvégienne dans l'archipel des Lofoten. Météo ? Légèrement tristounet, ce matin. Mais qu'importe, n'est-ce-pas ? J'ai déjà envie de repartir, insatiable, toujours plus loin, toujours plus, encore et encore. Pourquoi ? Allez savoir ! Mes voisins dorment. Je m'éclipse sans bruit, Mygoo sait être discrète.

Je me cherche un petit coin de nature, ce qui n'est jamais bien long à trouver dans ce pays. Alors que je commence à peine à m'enfoncer sous le couvert végétal, je tombe nez à nez avec ce renardeau, qui me regarde sans peur. Il est tout près de la route, je retourne à la voiture chercher l'appareil-photo. Pourvu qu'il soit encore là. Oui, car en fait, il est en train de manger. Je ne vois pas ce qu'il avale avec tellement de bonheur qu'il en ferme les yeux en avalant -vous savez, comme nous faisons nous aussi, quand c'est délicieux-, mais il me laisse filmer sans aucune crainte. Une chance incroyable. Puis... il s'avance vers moi ! Incroyable, non ? Du coup, je lui dis de partir, il me regarde tristement, fait demi-tour et disparaît de ma vue, s'enfonçant au creux des rochers tombés au bas de l'immense pierrier au pied duquel je me trouve. Quel merveilleux début de journée, après le réveil sur cette plage !

Souvenez-vous, la 815 longe désormais le Henningsvaerstraumen, ce grand golfe plein d'îlots situé entre cette côte sud-est de Vestvägoya et la côte sud-ouest d'Austvägoya, laquelle se termine par Henningsvaer, cette petite ville que je n'ai pas voulu visiter hier. Au-delà du Henningsvaerstraumen, vers le sud-est, c'est l'immense Vestfjorden, qui sépare l'archipel des Lofoten du continent norvégien, et notamment de cette côte que j'ai longée et visitée, et que je vous ai montrée ces dernières semaines (par exemple, l'archipel de Steigen avec Engeloya, depuis laquelle je vous montrais les Lofoten). Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça, moi ? C'est certain que les 3/4 de la classe vont décrocher, là.

Alors, comme toujours en Norvège, les côtes, les fjords eux-mêmes, sont déchiquetés, parsemés de nouvelles baies, de plus petites criques, de petits golfes, de petits fjords... et ainsi de suite. Plus vous grossissez, plus vous en découvrez d'autres, aux dimensions moins importantes. C'est hallucinant. Voici donc un nouveau "sous-fjord", le Rolvfjorden, au fond duquel trône une belle montagne, le Brattflogan (460 m), que longe la E10 au nord, de l'autre côté !

Je viens de contourner le Rolvsfjorden, et je regarde la côte que je viens de longer. Et je me dis que j'ai bien de la chance de pouvoir contempler tout ça sans aucun effort, grâce aux routes construites par les norvégiens, et grâce à ma vaillante petite voiture. Et aussi grâce à l'essence que les hommes ont fabriquée avec tant de pollution, à laquelle je participe aussi moi-même, il faut bien également l'admettre. Les cyclistes, les trekkeurs sont plus corrects avec la nature. Surtout les cyclistes, car les trekkeurs européens ne sont pas venus à pied depuis leur pays; en tout cas, bien peu d'entre eux !

Vue arrière pour vous donner une idée de ce paysage sauvage dont je vous avais déjà parlé hier soir, et que j'aime bien. La ligne électrique fait désordre, la route aussi peut-être, mais que voulez-vous ? La route ne me gêne pas sur les photos, simplement parce que j'aime la route, et inconsciemment parce que j'en ai terriblement besoin. De la même façon, j'aime voir le chemin sur les photos que je fais en randonnant. Bien sûr, le top du top, c'est la traversée des zones vierges de tout chemin; là, on peut suivre les pistes laissées par les animaux, qui eux-mêmes tracent leurs routes. Marche à la boussole, avec des cartes, le summum pouvant être atteint en marchant dans des zones vierges inconnues, sans carte aucune.

Mais je m'égare, là. Je rêve aussi.

Puis c'est le contournement du Skifjorden, pour finalement arriver dans un village typique des Lofoten : Stamsund. En fait, il s'agit d'un grand détour de la 815. Je la quitte au fond du Skifjorden pour contourner une grosse presqu'île, pour voir, quoi ! Pour une fois, il ne s'agit pas là d'un cul-de-sac, la route revient au nord sur la 815 juste un peu plus loin. Et ça valait le détour !

Stamsund avec ses maisons et ses rorbuer construits sur pilotis au-dessus de l'eau. Ici avec des murs en pierres taillées, ce qui est plus rare.

Canon allemand de la seconde guerre mondiale exposé au bord de la route, un peu plus loin. Il était très utilisé par les allemands, car je me souviens l'avoir vu dans de très nombreux documentaires, et dans toutes les parties du monde occupées par eux à cette époque.

La route a ici été taillée dans les immenses pierriers descendus des montagnes jusque dans la mer. Je suis toujours impressionné lorsqu'une route traverse de telles zones, je trouve que c'est angoissant. Il y a certaines routes en France que j'ai prises l'année dernière, que je n'oublierai jamais ! La montagne ici porte le doux nom de Steinetinden. Or, comme ce mot "Stein, Steine au pluriel" signifie "pierre" en allemand, je me demande s'il n'aurait pas la même signification en norvégien, vu l'environnement. A vous les spécialistes, pour confirmation.

D'autant plus que le village qui suit se nomme Steine !
Deux grands regrets ici : l'absence du soleil, l'absence du gros réflex....

Steine est au sud de la presqu'île, que je remonte maintenant le long d'un nouveau fjord, le Storfjorden.

Ensuite, même punition, même motif ! Je retrouve bien la 815 au fond du Storfjorden, mais il y a là une nouvelle presqu'île, encore plus longue, qu'une autre route contourne également, alors que la 815 poursuit tout droit sur Leknes. Forcément, je prends le détour. Bravo, tout le monde avait deviné, même ceux qui sont là-bas, au fond de la classe, une fois n'est pas coûtume ! Vue vers le sud sur le long sous-marin de la rive opposée du Storfjorden que je viens de remonter, au bout duquel se trouve Steine.

Et en zoomant, on comprend fort bien pourquoi les pierres descendent jusqu'en bas avec de telles pentes sans obstacles.

Vue sur la pointe de Steine. Les plus observateurs auront remarqué sur cette photo la chaîne de montagnes enneigées que l'on devine à l'horizon, loin au-delà de Steine, au sud-sud-est. C'est le littoral norvégien, de l'autre côté du Vestfjorden. Ce sont les montagnes situées juste au nord de Bodo, Kjerringoy et la péninsule de Steigen, situées à plus de 80 km d'ici ! Incroyable, non ? Mais absolument vrai.

Et un petit coup d'oeil arrière sur le fond du Storfjorden.

La route est étroite et sinueuse; des moutons s'y baladent, ainsi que dans les pentes à droite. Les pierriers ici semblent plus anciens, et sont moins énormes que sur l'autre rive, mais n'en sont pas moins présents.

Sennesvika, petite baie que la route est bien obligée de contourner.

Du même endroit, en regardant vers Steine, de l'autre côté du fjord qui s'évase ici en un vaste golfe parsemé d'îlots, le Gäsoyflaget. Et toujours en toile de fond, à l'horizon, les côtes de la région de Steigen !

A Sennesvik, le village situé au fond de Sennesvika, la route vire à 90 degrés pour traverser le bas de la presqu'île. Pour se faire, elle grimpe sur la montagne, m'offrant un beau panorama inattendu, des deux côtés de la presqu'île. Vers l'est d'abord, Sennesvik au premier plan, Steine au second, et très certainement Hammaroya au fond, à plus de 70 km...

Je me retourne vers l'ouest : c'est une vue complète sur le Buksnesfjorden, autour duquel se trouvent quelques unes des grosses villes du coeur des Lofoten, Ballstad, Gravdal, Haug, Leknes et Fygle. C'est la partie la plus plate de l'archipel, l'extrême sud de Vestvägoya. C'est aussi la région qui m'intéresse le moins, pour ne pas dire pas du tout ! L'agriculture s'est ici bien installée, les pentes sont très douces, les cultures y sont possibles, et les hommes s'y sont naturellement multipliés. Loin derrière, plein ouest, les montagnes de l'île suivante des Lofoten, Flakstadoya, retiennent toute mon attention, et m'attirent irrémédiablement.

Zoom sur le triste Buksnesfjorden, du moins à mon goût ! Je trouve néanmoins un spot Wifi auprès d'une ferme, et j'en profite pour traiter mon courrier. Puis je fais quelques courses à Leknes, avantage des villes (il y en a un peu....), où je retrouve la E10 revenant de la côte nord de Vestvägoya comme je vous l'avais précisé, et je me sauve très vite.

Franchissement de l'Offersoystraumen pour atteindre Offersoya, où je fais ma pause repas sur un beau parking aménagé muni de toilettes et de tout le confort pour le voyageur itinérant. Deux camping-cars français sont sur le parking et me saluent au passage. Vue sur le petit pont et Offersoya.

Vue vers Leknes.

Je reprends très vite la route. Aussitôt, un tunnel sous-marin permet de franchir le Nappstraumen que l'on voit ici à droite pour passer sur l'île suivante, qui est.... Personne ne se souvient ? Je viens pourtant d'en parler ! Flakstadoya. Je prends cette photo et les suivantes juste avant de rentrer dans le tunnel. En face, c'est le Offersoystraumen que je viens de franchir, à gauche, grâce au pont que je vous montrais sur les photos précédentes. C'est clair ? Donc, les montagnes que l'on voit sur la partie droite sont celles de Flakstadoya, tout naturellement.

Zoom de la précédente sur le bout de la façade ouest de la péninsule, ou de la presqu'île si vous voulez, qui forme la partie ouest du triste Buksnesfjorden dont je vous parlais. Vous noterez que si le Buksnesfjorden est plat de l'autre côté de cette péninsule, où se trouvent les villes de Gravdal et Ballstad, cette côte ouest est bien plus montagneuse et escarpée.

Du même endroit, zoom vers le sud-ouest sur les montagnes de Flakstadoya.

Et pour finir, une petite dernière vous montrant cette fois la côte nord-ouest de la pointe nord de Flakstadoya. Une route la longe que je décide de laisser tomber. Une fois de plus, il faut bien faire des choix ! Allez, Mygoo, plongeons sous la mer.....

En sortie de tunnel, je poursuis donc comme je l'ai dit sur la E10 qui traverse d'est en ouest cette pointe de Flakstadoya dont je vous parlais. Passage de la petite ville de Napp. La route monte dans la montagne, comme à chaque fois que l'on traverse une péninsule en Norvège, vous connaissez désormais la musique. Un panorama a été aménagé ici, et je dois dire qu'il vaut la petite marche (toute petite, je vous assure, allez-y). On y découvre au premier plan un lac, le Storvatnet, et à nouveau la mer avec le Vareidsundet à droite qui rejoint le grand Flakstad et la mer ouverte, vers le grand large, cette fois, à l'ouest, au-delà des Lofoten. On voit bien la E10 qui longe le Storvatnet, puis un autre petit lac très justement nommé le Litlvatnet (pourquoi chercher des noms compliqués!), pour partir ensuite plein sud, à gauche. Ainsi que les maisons du petit village de Vareid, au bord de l'eau.

A Vareid, une piste longe le Vareidsundet vers l'ouest et le large. La E10 poursuit vers le sud comme je vous le disais, car elle doit contourner un nouveau fjord en forme de testicule (désolé, c'est l'exemple flagrant qui m'est venu à l'esprit, et tant mieux si ça vous fait rire, c'est bon pour la santé!), le Flakstadpollen, du nom du village situé en face de Vareid, sur l'autre rive. Sur cette photo prise juste après Vareid, on voit l'entrée du Flakstadpollen et, en face, justement, Flakstad.

Zoom sur la rive opposée du Flakstadpollen, avec les maisons (!) de Midtsundstad, un peu avant Flakstad.

Et ça, juste à droite de la précédente, c'est le zoom sur Flakstad et ses petites plages de sable presque blanc.

Et ça, c'est Vareid que je viens de dépasser.

Je dois vous dire que ce Flakstadpollen est un de mes fjords préférés des Lofoten, qui m'avait déjà marqué lorsque j'étais passé avec le scooter. Ici, une petite plage de sable sur la rive est du Flakstadpollen. heureusement que j'ai Mygoo, un minuscule emplacement me permettant de faire une petite halte.

Pour avoir le plaisir de marcher dans ce sable légèrement mouvant, où j'enfonçais par endroits la chaussure entière. Magique !
Vue vers le nord.

Eaux transparentes du Flakstadpollen. En face, le hameau de Bo, qui est d'ailleurs très beau !
Et en arrière-plan, cette extraordinaire montagne qu'est le Stortinde, 866 mètres.

Avec un fantastique mur théâtral de roches tombant tratiquement à la verticale.

Que je n'oublierai jamais. Une fois de plus, la nature est capable de tout faire et ne se connait aucune limite dans l'imagination !

La E10 longeant le fond du Flakstadpollen.

Pour passer sur l'autre rive.

Voilà, je suis au fond du Flakstadpollen. On aperçoit donc désormais Vareid au nord.

Vue arrière sur le Kollfjellet, 512m, situé au fond du Flakstadpollen.

Et nous voici sur l'autre rive.

Avec un petit coup d'oeil sur la rive opposée que nous venons de longer.

La très belle plage de Flakstad et, au loin, le bout de la péninsule au-delà de Vareid, et que longe le Vareidsundet au nord.

Juste après, c'est Justnes et la Justnesvika et sa magnifique plage en croissant à l'autre bout de laquelle se trouve la petite ville de Ramberg.

Je ne peux pas résister à l'envie d'y marcher.

Je reprends Mygoo pour rejoindre Ramberg. Ici, les jetées de son port.

Port de Ramberg.

Zoom sur les maisons de Justnes au nord de Ramberg, à l'autre bout de la grande plage.
En toile de fond, les montagnes de la péninsule de Vareid !

Les bateaux à Ramberg, presque au coeur de la montagne ! Il est 15h30. Je capte un bon spot Wifi au pied de la bibliothèque, mais il est protégé. Qu'à celà ne tienne, je vais le demander, et la jeune femme qui me reçoit me le donne avec beaucoup d'amabilité, merci à elle. Je reste un bon moment à traiter mon courrier, depuis Mygoo. Puis je me dis qu'il serait fort judicieux de bivouaquer ici, le ciel étant toujours couvert. Ce que je fais donc aussitôt, sur un petit parking face à la route. Je passe au salon pour bosser un peu, puis me reposer.

Les Lofoten, c'est magnifique, mais le soleil me fait terriblement défaut. C'est vrai qu'il ne pleut pas, mais c'est presque dommage. En effet, s'il pleuvait, je me serais installé pour bosser toute la journée, et me reposer, mais je n'aurais pas roulé, et j'aurais attendu le beau temps. Alors que là, vu que ce n'est pas un temps vraiment pourri, j'ai poursuivi ma route dans une lumière faible et triste, perdant en partie les belles couleurs vives. Oui, je pense rétrospectivement que c'est quand même bien dommage !

 


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