Scandinavie 2012, étape 077

Jour 077 - Lundi 18 juin 2012 - 195 km - 473 photos
(Total : 8658 km - 16817 photos)
De Kongselva à Nyksund (Norvège)

7h30. Je vais mieux, mais ce n'est toujours pas ça, loin s'en faut. Néanmoins, j'ai envie de partir; le ciel est très chargé, et, au moins, il ne pleut plus.

On se demande bien qui observe qui.... Je suis en infériorité numérique évidente, le salut est dans la fuite.

Non, il ne s'agit pas d'une cabane en maquette, à droite. Ceci dit, ça me fait penser à un truc que je voulais vous dire depuis longtemps. Pas mal de norvégiens font une maquette de leur maison et la mettent en mangeoire pour oiseaux. A part ça, sous vos yeux émerveillés - non ? - le long Raftsundet 25 km, mine de rien).

Des maisons éparses et quelques hameaux tout au long de cette rive, l'autre côté étant pratiquement inhabité, juste quelques maisons.
Ici, à Raften, une petite baie, Raftvägen. En face, Fallet, deux ou trois maisons seulement !

Coup d'oeil arrière. Sur la rive opposée, de hautes montagnes, de terribles rochers, d'immenses cascades.
Une nature plutôt vierge, sauvage, exhubérante.

Un peu plus au sud, le Raftsundet est séparé en deux bras, car deux îles importantes en occupent le centre. Ici, Ulvoya.

Zoom de la précédente.
Quelques maisons à la pointe, c'est Svartsundet, qui reçoit au même moment le premier rayon de soleil de la journée. Dieu, comme ça fait plaisir !

Tennstrand, avec en face Tennstrandneset (la pointe), et juste derrière, un mini-fjord, le Tennfjorden.

Raftsundet, Ulvoya.

Vue arrière sur Osen, depuis Gjerdet.

Gjerdet et, au loin, arrivée à Digermulen, le gros village du Raftsundet. Un ferry permet de passer sur Stormolla. Alors, Stormolla, ça ne vous dit rien ? C'est cette magnifique île que l'on voit peu avant d'arriver (quand on descend vers le sud) à Svolvaer. Je vous en ai fait plusieurs photos. En fait, cette île est habitée, et une route longe toute sa rive septentrionale, en plus du nord de l'île. Mais le seul ferry y conduisant est ici, sinon, il faut avoir son propre bateau et partir depuis Svolvaer, par exemple.

Après Digermulen, la route se poursuit jusqu'à un petit golfe, Pundslettvägen, que voici. Et là, deux routes partent vers deux cul-de-sacs, l'une au bout de ce golfe à l'est, et l'autre tout au sud du Raftsundet.

L'altitude étant ici bien moindre, je fais demi-tour à ce niveau. Je pense qu'avec du soleil, je serais allé au bout.

Belle grange typiquement norvégienne au sud de Digermulen.

La route à Osen. Les nuages encerclent les pentes du Svartsundtindan, 1050 m.

Coup d'oeil arrière sur la route de l'autre côté du petit Tennfjorden que je viens de contourner.
Quand on voit les nuages sur les hauteurs, on comprend aisément que je perds du paysage.... Snif !

Petite plage peu avant Raften. On revoit Fallet en face. Un de mes rêves serait -pas seul, en petit groupe- d'aller explorer un bout de péninsule comme celle que l'on voit sur l'autre rive. Avec des kayaks, longer les rives, descendre et s'aventurer jusqu'à la partie montagneuse réservée aux seuls alpinistes, puis reprendre les bateaux, et ainsi de suite. Un peu comme des découvreurs, à la boussole. C'est extraordinairement beau. On se croirait dans une zone inexplorée, sans avoir besoin d'imagination (oui, je sais, on voit une ou deux maisons... vous êtes bien difficiles!).

Et je repasse devant mon parking nocturne (le camping-car autrichien est encore là; j'aurais certainement discuté avec le gars hier si je n'avais pas été malade, car il a mis en route une assez grosse éolienne, et j'aurais aimé en savoir plus sur cet appareil; j'avais entendu le bruit des pales, mais sans parvenir à en déterminer l'origine à ce moment-là, puisque je ne savais pas; je ne l'ai vue que ce matin en partant). Puis je retrouve la nouvelle E10, et je vous fais grâce des nouvelles photos. Juste ici, le Storvatnet, beau lac sauvage juste avant d'arriver...

sur le splendide Innerfjorden.

Ensuite, le grand tunnel puis la descente de la belle vallée que je vous ai montrée à l'aller, pour finalement parvenir au croisement avec la route 85 (anciennement E10) qui remonte le Gullesfjord pour me conduire sur l'archipel des Vesterälen. Ici, petit coup d'oeil arrière sur les belles montagnes entourant le fond du Gullesfjorden.

Vue sur la rive opposée du Gullesfjorden.

Zoom sur la pointe de la montagne opposée, le nez du Nakketinden, 757 mètres, en face de Langvassbukta, village se trouvant dans une courbe du Gullesfjorden. C'est là-bas que je quitte le Gullesfjorden, la route 83 en poursuivant sa rive, mais se terminant en cul-de-sac plus au nord. Pour ma part, je reste sur la 85 qui vire à 90 degrés et part plein "est".

Quittant le fjord et s'enfonçant dans les terres, on se trouve très vite devant un lac, le splendide et sauvage Langvatnet, tout en longueur. Une fois de plus, sur la rive opposée de ce lac, une forêt magnifique, une montagne magnifique, un paysage magnifique, bref.... Encore une tuerie ! Je répète, avis à la population : c'est mille fois plus beau que les photos, je vous garantis à 100% la véracité de cette affirmation. Encore un endroit qui mériterait, à lui seul, une journée d'exploration. En fait, chaque journée de ce voyage pourrait occuper des amoureux de la nature pendant plusieurs semaines sans aucun problème !

Le Langvatnet occupe à lui seul la presque totalité du passage entre le Gullesfjorden et le Sigerfjorden au fond duquel j'arrive. Là, deux options. Rive sud, à gauche, la route 822 qui descend vers le sud d'Hinnoya et rejoint la E10 via un ferry entre Kaljord et Hanoyvika (je vous ai photographié Hanoyvika en descendant vers les Lofoten, et je ne suis pas certain que ce ferry fonctionne encore, suite à l'ouverture de cette nouvelle E10). Et tout droit, la 85 qui poursuit sur la rive nord du Sigerfjorden. Je prends naturellement la 822, vous me connaissez, pour en explorer un bout. Le Sigerfjorden se termine en forme de boomerang. En face, rive nord du Sigerfjorden, où passe la 85, et que je prendrai tout-à-l'heure.

La 822 est en très mauvais état, c'est infernal. De plus, très vite, on se retrouve à longer le Sortlandsundet, vaste fjord, dont la rive opposée est plutôt évasée. Bref, ce n'est pas transcendant. je poursuis donc jusqu'au Djupfjorden, que vous voyez ici. C'est un petit fjord fort sauvage : aucune route ne le longe, et on ne peut l'explorer qu'en bateau. Encore une journée fantastique à passer ici.... Pour ma part, je fais demi-tour, mais si vous avez envie d'aller voir, n'hésitez pas, car sur ma carte topo, il y a plus loin des tas de lacs qui se suivent en chapelets à l'intérieur de plusieurs chaînes montagneuses, dignes d'occuper un groupe de kayakistes pendant une semaine non stop !

La 822. J'adore ce genre de route (excepté le mauvais revêtement) sinueuse, au coeur de forêts de bouleaux, avec cîmes enneigées et fjords alternativement en fonds d'écran, au gré des côtes et descentes...

Sous mes pieds, le joli petit village de Spjutvik, à peine visible, situé en contrebas de la route 822 et joignable par une piste.
Là-bas, au fond, la rive nord du Sigerfjorden. J'y vais.

Toujours sur la 822.
Ah, ces grandes forêts de bouleaux, comme je les aime, maintenant que la végétation a poussé et qu'ils ont récupéré leur beau feuillage.

Retour sur la 85. Je viens donc de contourner le fond du Sigerfjorden. On distingue en face la trouée laissée par la 822 dans la forêt.
Je reste un petit moment ici, car j'y ai chopé un bon spot WiFi.

J'arrive ensuite à Sigerfjord, le village en sortie du Sigerfjorden (...).

C'est un joli village; je le souligne, car c'est assez rare en Norvège (désolé de dire ça, mais c'est mon ressenti général, et vous savez que j'en ai traversé un paquet...). Il y a une très belle aire de pique-nique, et c'est ici que je vais donc remplir la panse, car j'ai l'estomac dans les talons (il est 13 heures).

Depuis mon aire de repos, vue au loin sur la rive opposée du large Sortlandsundet : Langoya, la plus grande des îles composant les Vesterälen.

Et la 85 me conduit tout naturellement au pont permettant de franchir le Sortlandsundet pour arriver à... Sortland, la capitale des Vesterälen.
Cette photo est prise depuis Sortland, du parking du magasin dans lequel je prends -plutôt, j'achète- quelque ravitaillement.

La 85 s'arrête ici. Vers le sud, la 82 conduit à Melbu et au ferry retournant sur les Lofoten à Fiskebol (je vous ai fait des photos hier) : sans intérêt pour moi. Je prends donc vers le nord la route 820 qui s'enfonce à l'intérieur de Langoya en longeant d'abord le Sortlandsundet jusqu'à Breivik.

Et curieusement, j'adore tout d'un coup le Sortlansundet.

Vous savez pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a du soleil !

En face, les montagnes du nord d'Hinnoya. Je trouve qu'Hinnoya est une île d'une immense beauté, et je pense qu'il faudrait de nombreux mois pour l'explorer, car elle vaut son pesant d'or à elle toute seule ! Extrêmement montagneuse, aux côtes déchiquetées comme de la dentelle, aux multiples sommets, aux dizaines de lacs et de fjords, aux ramifications sans fin, c'est une Norvège à elle toute seule.

Puis la 820 se lance dans la traversée de Langoya. Donc... lacs, forêts et marais, comme toujours !

Ce n'est pas bien long. On arrive sur le Eidsfjorden. Mais je quitte aussitôt la 820, et le Eidsfjorden, pour la 821, qui part plein nord. Le paysage devient à nouveau montagneux, on longe lacs et forêts, c'est magnifique. Malheureusement, il est difficile de stationner, et la circulation y est importante, à ma grande surprise. Après avoir donc traversé un nouveau bout de péninsule, la route arrive à nouveau au bord d'un fjord qu'elle longe sur sa rive est, l'autre rive étant presque déserte et, surtout, sans route, ce qui est, pour Mygoo, un motif de refus...

Ce fjord est superbe. Oui, encore ! C'est le Steinlandsfjorden.

La rive opposée est... oui, aussi ! Quelques rares maisons.
Incroyables, ces norvégiens ! Je pense que c'est une ferme. Seul accès : l'eau. Son nom : Mikkelsnes.

Sur ma rive : Langneset, au même endroit. En arrière-plan, la suite de la péninsule.

Du même endroit, loin, plus au large : Skosoya..

Et le traditionnel coup d'oeil arrière un peu plus haut, à Steinland.

Depuis Steinland, vue sur la rive opposée du Steinlandsfjorden.

Et puis, plus au nord, à la sortie de ce fjord, on s'approche de Myre, la grande ville du secteur.

Skogsoya en arrière-plan.

Je fais un tout petit crochet vers Skogly pour photographier cette extraordinaire montagne, encore un défi norvégien à la pesanteur !
L'autre face est également un mur incurvé dans le même sens sur la partie haute....

La route contourne Myre et revient sur la façade océanique : le Prestfjorden, entre la pointe nord de Langoya et Skogsoya.

Et, au-delà, on longe la mer ouverte.

On passe Hoydal, un joli hameau que vous voyez ici en vue arrière. Myre se trouve derrière cette grosse butte, le Myrtinden, 350 m.

Un beau et récent séchoir à morue se trouve ici, juste à la sortie de Hoydal.

Vers l'arrière. A gauche, la rive ouest du Steinlandsfjorden; à droite, Skogsoya.

Ici, la route devient piste jusqu'à son terminus, Nyksund. On distingue sa trace dans la forêt de bouleaux.

Sur ma droite, un sommet fort attaqué par une vigoureuse érosion.

Quelques vues arrière de cette magnifique piste qui, pour elle seule, valait ce détour.

J'ai vraiment adoré; juste un peu flippé, car il y a ici de nombreuses chutes de pierres, et pas de protection.

Skogsoya.

Et Nyksund fait son apparition sur cet îlot rocher, et logiquement appelé Nyksundoya !

Le village avant Nyksund : Vottestad.

Le bout de la piste. Une digue de pierres permet de passer sur Nyksundoya et d'atteindre les maisons de Nyksund.
La digue est interdite aux camping-cars et caravanes. C'est là-bas, sur ce parking, que je vais bivouaquer ce soir.

Entrée dans Nyksund. A gauche, on aperçoit la piste que je viens de longer.

Très recommandé par le routard, je ne vous cache pas une certaine déception. C'est un peu décrit comme le sont nos "plus beaux villages de...", mais franchement, on en est très loin ! Je vous montre le plus beau. Beaucoup de maisons en délabrement. Ceci dit, c'est normal, car ce village était abandonné, et ce sont des jeunes qui le restaurent depuis quelques années.

Par contre, je reconnais que c'est intéressant à voir, ces deux rangées de maisons bâties sur pilotis.

Un village de pêcheurs, donc.

J'ai discuté ici avec une famille de suisses, un couple de jeunes avec parents et enfants.
Ils visitent la Norvège en avion, de ville en ville. Ils logent ici dans un des hôtels du village.

Pour ma part, j'apprécie peu la visite, car je souffre beaucoup depuis cet après-midi, et j'ai du mal à marcher. Je ne m'attarde pas, sitôt le tour du village effectué. C'est la raison pour laquelle je pose Mygoo sur ce parking, près d'une caravane. Je me couche immédiatement. J'entends klaxonner un bon moment plus tard, il me semble que ça cogne à la porte. Je me lève péniblement pour regarder dans mon rétro : un camping-cariste français (33, la Gironde) a réussi à s'infiltrer entre la caravane et Mygoo... Il fallait le faire, ce devait être très juste, limite gonflé, d'autant plus qu'il y avait de la place sur le parking ! Bref, je ne sors pas discuter comme je l'aurais fait en temps normal, mais retroune me coucher. Je jette un coup d'oeil sur mon logiciel d'itinéraire pour regarder la route du retour, auquel je songe à nouveau ! Décidément, raz-le-bol de ces cailloux, si c'est ça. J'espère d'ailleurs que c'est ça car, si c'est douloureux, ce n'est pas dangereux ! En fait, la voiture n'est pas recommandée pour les calculs rénaux, et... je ne fais que ça. De plus, les routes étaient aujourd'hui très mauvaises, et j'ai été très secoué, ce qui doit faire bouger les cailloux.... je pense.

Une petite dernière pour la route.... Au bout du parking, des chemins de randonnées permettent de rejoindre le village situé de l'autre côté de la péninsule. Balades que j'aurais bien aimé faire en d'autres circonstances.

 


Depuis le 06/06/2005 Visites:919756 Aujourd'hui :431 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)