Scandinavie 2012, étape 078

Jour 078 - Mardi 19 juin 2012 - 64 km - 94 photos
(Total : 8722 km - 16911 photos)
De Nyksund à Ryggedalen/Langoya (Norvège)

8 heures viennent juste de sonner lorsque je dégage. Comme à chaque fois, le repos m'a fait beaucoup de bien. Ce n'est pas parfait, mais pas comparable avec mon état d'hier soir. Le ciel est chargé de nuages épais, mais semblant peu menaçants en terme de pluie.

Je reprends ma piste dans l'autre sens, puisqu'il n'y a aucune autre alternative. Les deux immenses sous-marins de Skogsoya sont toujours là, pour encore beaucoup de siècles et millénaires.... En effet, et contrairement à ce que je vous disais hier, ces immenses pointes appartiennent toutes deux à Skogsoya, et sont attachées ensemble au sud par un autre massif montagneux, formant en quelque sorte un "U" majuscule orienté nord-sud.

La piste est toujours aussi attrayante, avec un goût de "bout du monde" dont je ne me lasse pas.
Rien que pour elle, la visite à Nyksund vaut le détour !

Pointe nord de la flèche ouest de Skogsoya. Ah, pagayer le long de ce genre de rives, encore une expérience qui me manque, et me tente !

Au même endroit, une jolie sculpture au-dessus d'un petit mémorial en l'honneur d'une personnalité locale.

Après Myre, on a la possibilité de redescendre par l'autre rive d'une pince de crabe et de longer le Galvfjorden. Quand je peux éviter de reprendre la même route, je n'hésite pas une seconde. Entre Myre et Alsväg, des lacs enchassés entre les montagnes et la mer. Pour parvenir au bord de celui-ci, le Sorvägvatnet, j'ai marché une bonne cinquantaine de mètres sur un extraordinaire "trempoline" naturel, certainement épais de plusieurs dizaines de centimètres de mousses et lichens accumulés au fil des siècles : une expérience inoubliable, tant l'élasticité du sol était importante.

Alsvägvatnet, juste un peu plus loin. Une classe en train de s'entraîner au canoë, dans un cadre majestueux.

Alsväg. 9 heures. Quelques gouttes tombent : il n'en faut pas plus pour me stopper. En fait, j'avais encore envie de dormir, et je cherchais une occasion.... J'ai donc refait un plongeon au pays des rêves, puis je suis passé dans le bureau pour bosser, et je n'ai finalement repris la route qu'à.... 18 heures ! Il ne pleut plus, mais le ciel reste bien couvert.

Je vous rappelle que je suis sur la plus grande île des Vesterälen, Langoya. Cette île est un véritable labyrinthe de fjords et sous-fjords tant elle est ramifiée et découpée, et se trouve donc composée de multiples branches, pinces, doigts (appelez ça comme vous voulez). Je suppose que les norvégiens ont des noms communs pour exprimer ces formes physiques, mais je ne trouve pas, sur les cartes, de noms propres pour les définir les unes par rapport aux autres. C'est pour ça que j'utilise ces mots (pince d'écrevisse, doigt....), mais je suis frustré de ne pouvoir vous les désigner par un nom de façon à ce que vous puissiez les retrouver facilement sur une carte. Bref, je descends donc plein sud, et c'est une autre branche de Langoya qui se trouve en face.

Petit à petit, je me rapproche d'une nouvelle excroissance de ce morceau de Langoya, toujours en forme de sous-marin.

Et le fjord qui me sépare de l'autre pince est le Lifjorden.

Le Lifjorden est lui-même encombré d'îlots et d'excroissances permettant presque d'atteindre l'autre rive !

Maison rouge, drapeau hissé, bateau sur quai privé, bord de mer, montagnes, lacs juste à côté...
L'idéal norvégien.

Ah oui, j'oubliais : eaux transparentes....

Les montagnes de ce sous-marin oscillent entre 450 et 650 mètres. Sa longueur ? Entre 7 et 8 kilomètres. De combien de sous-marins de ce genre la Norvège est-elle composée ? Plusieurs milliers, assurément, ce qui peut vous donner un semblant d'idées de l'immensité de ce pays. En effet, bien qu'il soit, en superficie, inférieur à la France, les découpages de ses côtes sont tels qu'en terme de distances purement linéaires, je suis totalement persuadé que le tour des frontières (et donc, forcément, aussi, des côtes) de ce pays représente bien plus de kilomètres que le tour des frontières du nôtre ! Par ailleurs, si des routes suivent presque intégralement toutes nos côtes, c'est très loin d'être le cas chez eux. Ainsi, juste pour cette petite pince, cette rive ouest n'a pas de route, mais sa rive opposée en a une. Des centaines de pinces sont absolument vierges de toute route !

Quelques maisons près d'un sous-fjord du Lifjorden : le Kobbfjorden. Ces montagnes que je compare si souvent à des sous-marins, et qui sont en partie plus ou moins rectilignes, changent aussi de direction en arborant un arc de cercle du plus bel effet !

Tout au fond du Lifjorden.

Holmbakkan, au pied du Reinen (553m).

Je retrouve la 821 parcourue hier dans l'autre sens, puis arrive sur la 820, à Freskeland, tout au fond du Eidsfjorden coupant presque Langoya en deux.
Au loin, les montagnes de la branche ouest-nord-ouest de Langoya.

Au-delà des multiples excroissances de la côte, au faible relief, et donc forcément occupées par l'homme pour la culture....

Si vous regardez bien cette photo, vous verrez au premier plan un huîtrier-pie, aussi incontournable que les mouettes, sternes et autres goëlands, et qui, bien sûr, est en ce moment même en train de pousser son cri de guerre avertisseur de danger, terriblement strident, et que j'aime pourtant écouter !

A propos d'oiseaux, je voulais depuis longtemps vous raconter (j'espère seulement ne pas l'avoir déjà fait.....) ce spectacle auquel j'ai assisté deux fois au cours de ce voyage. Un goëland, ou une mouette, portant un gros coquillage dans son bec, et essayant de l'ouvrir. La solution ? S'élever dans le ciel, et le laisser tomber sur le rocher pour qu'il se casse. le manège se répète dix fois, vingt fois, fissurant à chaque fois davantage la dure coquille, jusqu'à ce qu'elle finisse par s'ouvrir, livrant enfin son fruit si inaccessible. Et jamais, jusqu'à présent, je n'ai eu la caméra en mains pour filmer. Un jour, peut-être.... Curieusement, je n'ai jamais vu ça en Vendée. Manque de chance ? Ou différences de comportement, expérience non acquise sur nos côtes ?

et pour la pêche, les deux ressources norvégiennes.

Je prends donc la 820 plein ouest, qui contourne ce massif orienté nord-sud, au centre duquel se trouve cette énorme dent : Le Reka Goivo, 605 m.

Contournant ce massif, la 820 contourne cette montagne.

Qui pourtant demeure visible bien au-dessus de ses voisines, alors qu'on s'enfonce le long du Bjorndalsfjorden.

Après.... la route, étroite, longe le très étroit (lui aussi...) Skjerfjorden, impossible à photographier à cause d'une absence totale de parking, pour se retrouver de l'autre côté au bord du Ännfjorden, orienté nord-sud. Encore un passage en zig-zag, regardez sur la carte ! On roule vers l'ouest, vers le sud, vers le nord : de quoi être totalement désorienté. Rien que pour visiter ce petit bout de Langoya en bateau, il faudrait des semaines...

La rive opposée est contituée de montagnes d'une très grande beauté.

 

Au fond du jord (Ännfjordbotn), la route repart vers l'ouest, mais ne peut franchir ce massif. La solution norvégienne est le tunnel. Sombre, sinueux, au revêtement abîmé, le genre de tunnel que je n'aime pas, même en voiture. En moto, ou pire encore, en vélo, ces tunnels sont de vrais dangers, et la prudence est de mise ! Juste à la sortie, un parking aménagé, avec toilettes. Je décide d'y passer la nuit. Il y a là des touristes allemands voyageant dans un petit fourgon aménagé, et nous discutons un bon moment ensemble. Ils me disent passer aussi la nuit là, mais ils partiront de boànne heure demain matin.

 


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