Scandinavie 2012, étape 083

Jour 083 - Dimanche 24 juin 2012 - 176 km - 547 photos
(Total : 9348 km - 18032 photos)
De Sorreisa à Hamn/Senja (Norvège)

Bien dormi, sur ce petit parking, malgré les cris des jeunes faisant du sport jusque tard dans la nuit, accompagnés de musiques fortes, mais ça berce. Je discute pendant presque une heure avec les deux couples de Français du Mans. Nous échangeons nos points de vue sur les Norvégiens. Et finalement, je démarre à... 10h45 !

Je viens juste de démarrer : vue arrière sur mon petit parking, là-bas sous les arbres.

Le "Roi Harald" à quai à Finnsnes, la grande ville du secteur, et point de passage l'île de Senja (prononcez "sénia"), juste en face.
Un pont permet de franchir le détroit, le Gisundet.

Je prends la 86 qui s'enfonce dans le centre de l'île pour aller vers les fjords de l'ouest.
Les hautes montagnes de Senja bouchent majestueusement l'horizon.

Trollbuvatnet. La route traverse une zone de lacs et marécages, comme presque toujours en Norvège dès que l'on quitte le littoral.

Peu après Svanelvmoen, je quitte la 86 qui remonte vers le nord pour la 232 qui poursuit vers l'ouest en longeant la Kaperdalen, puis oblique à 90 degrés vers le nord elle aussi, contournant la Forstefjellet (807m). Cette vallée est extraordinairement belle, du moins selon mes critères personnels. Sauvage, immense, semi-désertique, au coeur de superbes montagnes rocheuses oscillant entre 700 et 900 mètres.

La Kaperelva se jette dans plusieurs lacs qui se suivent; celui-ci est encore partiellement gelé.

De tous les côtés, le spectacle est grandiose. Déjà, en moins d'une heure, je considère que Senja vaut le déplacement.

La Kaperelva, dont les eaux glaciales descendent tout droit du "Grand Blanc"....

Vers lequel nous conduit la 232.

La voici qui se fraye un chemin parmi les neiges, parfois sous les ponts de glace.

Pour nous emmener au sommet du col. Et là, ne riez pas, s'il-vous-plait, car le chiffre est ridiculement bas. Amis des Alpes et des Pyrénées, sans oublier Vosges, Jura ni Massif Central, vous avez bien lu : 367 mètres.

Et à cette altitude, fin juin, le lac sommital Bumannsvatnet est encore sous la glace !

Un tunnel permet de franchir la passe : étroit et non éclairé, il est très dangereux, surtout en sortant de cet environnement blanc, car on y pénètre en aveugle total. Je ne voyais presque rien, même avec les pleins phares. D'ailleurs, j'attire votre attention sur le seul point négatif de Senja la magnifique : ses tunnels sont dangereux, et il convient de les prendre très au sérieux ! Plus bas, le Store Botnvatnet.

Il est près de 13 heures. C'est donc sur sa rive sud que je m'installe pour manger. Comme c'est beau, une fois de plus.

Puis je reprends la descente, qui devient fort pentue, avec même une épingle à cheveux, rare en Norvège, dans un pays pourtant terriblement montagneux. Je ne sais pas comment ils se débrouillent, mais ce ne sont en général que des virages plutôt faciles.

En bas, on retrouve la mer, côte ouest de Senja, avec le Sifjorden, qui se termine sur la mer ouverte.

Ici, la route se sépare en deux tronçons, chacun d'eux étant un cul-de-sac, forcément, comme d'habitude avec les fjords. Je décide d'aller explorer les deux côtés, en commençant par le sud su Sifjorden. Traversée du hameau de Finnes, avec une vue arrière sur Sifjord, le village du fond du fjord situé sur l'autre rive.

La partie nord du Sifjorden est une patte à trois doigts; vous voyez ici le doigt inférieur constitué de cette seule montagne, le Veldmannsfjellet, 503 m au-dessus de la mer qu'elle surplombe d'un seul élan et si majestueusement.

Détail sur ses pentes inhabitées.

Vue arrière en zoom sur la montagne centrale de cette péinisule ouest de Senja, Hogstakktinden, 630m, et dominant le hameau de Sifjord.

En face de moi, le bout de la patte sud de ce massif, que nous allons d'ailleurs traverser par un tunnel tout-à-l'heure sur la partie gauche de cette photo, la partie droite étant inhabitée elle-aussi !

Sortie du Sifjorden, vue arrière sur la Veldmannsfjellet.

Et vue sur les montagnes situées au nord-est du Veldmannsfjellet. Entre les deux, le passage de la 232 pour la suite du programme !

Vers l'avant, le Kvaenan (964 m) et sa cohorte de pointes acérées.

A l'ouest du Kvaenan, le massif terminal de ce gros doigt vers lequel nous nous dirigeons très doucement.

Car voyez-vous, c'est si beau que Mygoo est plus souvent à l'arrêt qu'en mouvement. Ici, une forte cascade descend au mielieu de superbes forêts vierges. Voyez-vous, une fois de plus, je ne peux m'empêcher de faire ici l'analogie avec les forêts tropicales en ce qui concerne la pure beauté des lieux.

Soudain, sous mes yeux médusés, je vois une... méduse se déplaçant par saccades dans les eaux transparentes. Que voulez-vous de plus ? C'est un émerveillement total, absolu, continu, de tous les instants, dans toutes les directions, à tous les niveaux. Ce sont des spectacles inouïs car se situant tous au même point géographique : des montagnes, des cascades, des neiges éternelles, des glaces, des torrents, des mers, des plages, des roches, des forêts, des fleurs, du goëmon, des crabes, des oiseaux, des poissons, des.... Tout est là, rien ne manque. Du moins aujourd'hui, car le soleil en plus réchauffe l'ensemble.

En face, là-haut, des "oreilles de chat", encore. Je pense qu'il s'agit du Henrikshovudet, 854 et 690 m. Invisible mais bien présent, un lac se trouve enchassé au-dessus de la forêt; l'impétueux torrent en descend. Imaginez une promenade, certainement éreintante et pas facile, pour aller voir ce lac et approcher la montagne qui l'entoure : une journée serait nécessaire pour ça, car ce sont des terres vierges et inconnues, ce qui fait la terrible puissance de ce pays en terme de sauvagerie, et par conséquent de treks avec cartes et boussole, en plus du GPS. Je vous l'ai déjà dit maintes fois : "partir à la découverte" est à prendre ici au sens littéral du terme, et le nombre de lieux à visiter dépasse de beaucoup le nombre de jours que vous avez à vivre.

La 232 contourne ici une baie profonde, la Gjeska. Ici, je m'apporche du fond de la baie, et je regarde vers la rive opposée.

Je viens de contourner; vie vers la rive que nous venons de longer, et le long de laquelle se trouvait la méduse.

Le Gjeskeneset, pointe nord de la Gjeska, que nous venons de passer.

Du même endroit, en dé-zoomant, pour vous donner une idée.

Cette photo pour vous faire entrevoir les eaux transparentes que je longe.

Et une petite plage; ben voyons, au point où nous en sommes, pourquoi pas ?
Senja la belle, Senja la magnifique, Senja la sublime.

Les pentes du Kvaenan, au pied desquelles passe la 232.

La route s'élève pour atteindre le tunnel. Ce qui me permet de voir la patte entière. Souvenez-vous, je vous parlais d'une patte à trois doigts. Les voici tous les trois. Le village qu'on aperçoit là-bas est Kaldfames, à la sortie du Veidmannsfjorden, sur le deuxième doigt !

A la sortie du tunnel, la forêt est terriblement belle et verte. Des moutons longent la route jusqu'en bas.

Une très belle descente vers Flakstadväg, sur les bords du Selfjorden. A droite, les montagnes de la péninsule sud-ouest de Senja, entourées jusqu'au quart de leur hauteur d'un halo de brume rectiligne sur toute leur longueur jusqu'au large. Un curieux phénomène de par son côté absolument droit.

Au nord-ouest, presque dans mon dos maintenant, le joli cirque montagneux du Lendepolltindan, 737 m. Un lac se trouve dans la dépression.
Une autre idée d'aventure à pied !

Je suis ébloui par le vert des bouleaux; avouez que c'est incomparable avec l'ambiance glaciaire, que l'on peut retrouver tout près !

Derrière moi, la face sud du Kvaenan au nord-est.

Et la face sud du massif situé au nord-ouest.

Flakstadväg. Admirez la forme des montagnes !

Vers le sud. Vous noterez que ces paysages n'ont rien à envier à ceux des Lofoten, soit dit en passant....

Flakstadväg. Fin de la 232 de ce côté.

Les habitants sont attablés sur les pelouses, et profitent des rayons de soleil qu'ils ont si rarement. Je les comprends. Mais là où ça ne "colle" pas, c'est quand je les salue, accompagnant le traditionnel "Hi" d'un sourire, c'est de les voir me regarder bêtement, sans sourire, et bien sûr sans me répondre. C'est dommage, si dommage, que ça me démoralise. Je sais que je ne dois pas me formaliser, mais ces norvégiens sont quand même "durs" à avaler. Lorsque vous vivez ça une fois sur cent, ce n'est vraiment pas un problème, mais lorsque c'est 70 fois sur cent (je ne mens pas), c'est tout bonnement déprimant. Ma politesse native a du mal à se défaire de ces habitudes innées, dues à mon éducation, sans doute, mais aussi à la culture ouest-européenne. Il faut que je m'évertue à ne pas les saluer, ne pas leur sourire, voire sans doute à les ignorer royalement.

J'ai du mal !

Les montagnes de l'autre côté du Selfjorden sont tout aussi belles.
C'est la seule partie de Senja que je ne visiterai pas.

Retour le long de Gjeska.

Puis le long du Sifjorden : Sifjord et le Hogstakktinden.

Au fond du Sifjorden, je retrouve la route descendant du col par laquelle je suis arrivé. Je passe sur l'autre rive.

Après Sifjord, un nouveau tunnel, tout aussi dangereux, pour aboutir au début du premier doigt.
La route s'élève alors pour passer par-dessus et atteindre aindi directement le fjord du deuxième.

Pour arriver à Medby, au fond du Veidmannsfjorden si justement appelé Veidmannsbotn.

La route principale ne longe que le Veidmannsbotn; une piste poursuit sur la rive sud du Veidmannsfjorden vers Kaldfames, dont je vous ai parlé plus haut. Je n'y vais pas, et poursuis sur la 232 qui s'attaque à l'escalade du deuxième doigt.

Qu'elle passera au moyen d'un nouveau tunnel; juste avant de m'y enfoncer, je regarde derrière moi le magnifique spectacle formé par le Veidmannsfjorden. Au fond à droite, c'est le doigt traversé tout-à-l'heure derrière lequel se trouve Flakstadväg.

A mes pieds, Elvejorda. En face, Veidmannen, atteignable aussi au moyen d'une piste, sur les pentes du Veidmannsfjellet, dont l'autre face est vierge de toute habitation. Souvenez-vous, je vous avais fait une photo détaillée pour vous en montrer les pentes.

Justement, la pointe ouest du Veidmannsfjellet, séparant le Veidmannsfjorden du Sifjorden.

Forêts et montagnes à l'est de l'entrée du tunnel : le Breitinden.

De l'autre côté du méchant tunnel -une fois de plus- voici le troisème doigt et son village terminal : Grunnfarnes.
Curieusement, ce fjord n'a pas de nom !

Descente vers le fond du fjord.

Le Klemmingan, 580 m.

Et vue des montagnes terminales de ce troisième doigt, vers Yttergärden, et le large.
Fin de la 232 de ce côté aussi. Demi-tour.

Descente vers Elvejorda. Le Veidmannsfjorden et la pointe du Veidmannsfjellet au premier plan à gauche.
En deuxième plan, c'est la péninsule traversée en début d'après-midi derrière laquelle se trouve Flakstadväg.

Pas trop perdu(e)s ?

Medby.

Le Sifjorden en regardant vers le large. Les plus malins auront reconnu la face nord du Kvaenan avec ses aiguilles, à gauche.

En face, Finnes, hameau depuis lequel je vous ai fait des photos précédemment.

Finnes à nouveau : détail.

Maisons faisant aussi partie de Finnes. Toutes ces photos juste avant de prendre le tunnel conduisant à Sifjord.

Arrivée au fond du Sifjorden. A gauche, la 232 repart vers le col et la neige....

Un tout petit lac en grimpant au col, avec une maison miniature comme les norvégiens aiment en faire.

La Botnelva descendant du Botnvatnet, près duquel j'ai mangé ce midi.

Juste avant le tunnel, coup d'oeil arrière sur, justement, le Botnvatnet. On distingue mieux d'ici cette zone de marécages si commune en Norvège, résultant de la fonte des neiges et du terrain si imperméable. Ici, les mousses et lichens n'ont pas encore pris la couleur verte : la neige est à peine partie...

Et arrivée au col, de l'autre côté du tunnel. L'émerveillement recommence, je suis désolé !

On attaque la descente. Au loin, le lac déjà vu à l'aller (forcément, et encore heureux qu'il soit encore là !).

Au zoom. On aperçoit la 232 qui le contourne parmi la forêt de bouleaux en pleine renaissance. Il est temps !

Traversée de la forêt dans la Kaperdalen.

Ce qui est incroyable, ici, ce sont tous ces différents paysages qui se côtoient.

Loin vers l'est, le Sorlivatnet, au-delà de Svanelvmoen. Nous tournerons vers le nord avant de l'atteindre !

Je retrouve donc la 86 abandonnée ce matin. Elle longe plein nord la Svanelva, et longe donc la Svanelvdalen (vallée).
Une immense ligne droite du plus bel effet, parmi la forêt de bouleaux.

Vers l'ouest, le massif montagneux derrière lequel se trouve le col que nous avons franchi ce matin.

Toujours à l'est de la route.

Lacs, forêts, hautes montagnes.

Derniers mètres avant de retrouver la mer.

Un fjord presque fermé : le Straumsbotn.

Et mes amis les rennes juste à côté. On voit que leur pelage commence juste à se détacher.

Montagnes de la rive ouest du Straumsbotn.

Vue arrière sur la 86. Ici, une route démarre à droite, c'est la 862. Ce sera ma route de retour vers le sud de Senja, dont elle fait toute la côte "est". Dans un premier temps, je vais poursuivre la 86 jusqu'à son terme, vers le sud-ouest : ce sera un cul-de-sac, et je devrai revenir ici.

Un pont franchit le détroit. Les maisons de Straumsnes, sur une pointe avancée. En arrière-plan, le Husfjellet, une des montagnes de la prochaine grosse pointe au nord-ouest, rive sud du Bergfjorden.

Juste un peu plus loin, un musée des trolls.

Quelques uns sont visibles à l'extérieur.

Le couple infernal.

Depuis le musée, nouvelle vue sur les montagnes de la rive sud du Bergfjorden.

Le Bergfjorden et ses montagnes formant le premier doigt de la prochaine patte.... On verra ça demain, normalement !

Zoom maxi sur la pointe de cette formation : des brumes commencent à entourer les sommets.

Un peu plus loin, je suis face à la mer ouverte, dans un hameau protégé par une sorte de port naturel : Hamn.. J'y trouve un spot Wifi. Et un excellent emplacement, un parking face à l'océan à droite. Devant moi, Hellandsneset, une petite avancée rocheuse. Loin en arrière-plan, les montagnes de la pince suivante, au sommet desquelles se forment des nuages. Pourvu que ce ne soit pas important ! On verra demain.

En attendant, je vous garantis que je n'oublierai pas cette sensationnelle journée de paysages !
Senja vaut sa réputation.

 


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