Scandinavie 2012, étape 085

Jour 085 - Mardi 26 juin 2012 - 96 km - 506 photos
(Total : 9523 km - 18778 photos)
De Skaland à Botnhamn (Norvège)

Froid et couvert, et quand je dis "froid", c'est froid : moins de dix degrés, c'est certain, avec du vent. Je lève l'ancre à 8h30.

Ah, ces fjords extraordinaires, malgré le manque de soleil.

C'est par un nouveau tunnel que l'on passe de l'autre côté de la "pince". Juste avant de l'emprunter, un dernier regard sur le Bergsfjorden. A mes pieds, les maisons de Moan sont presqu'entièrement cachées par la végétation. A mon avis, elles doivent être bien visibles en hiver.

Comme je suis en hauteur, je bénéficie aussi du spectacle au-delà du Bergsfjorden, avec vue princière sur les îlots (parmi lesquels se trouve Hamn où je couchais avant-hier soir; tout au fond, les montagnes de la pince suivante (Ballesvika, vue hier matin). Je me doute que tous ces détails ne vous intéressent en aucune manière, mais je le fais pour moi, afin de me repérer ultérieurement: c'est une manière de récupérer mes souvenirs.

A la sortie du tunnel, vue sur Steinfjord et le... Steinfjorden.

Un peu plus tard, coup d'oeil arrière : maisons de Steinfjord au premier plan, et la sortie du tunnel à droite.

Vers la sortie du fjord en mer. Sur la rive gauche, une piste conduit jusqu'à la pointe : je laisse tomber.

En me retournant, je vois encore la sortie du tunnel en fond de fjord.

Et ici aussi, en plus, pile dans l'axe de la route, au hasard de mes arrêts. Ici, on comprend pourquoi les norvégiens préfèrent passer en-dessous ! En plus, comme ça, ils peuvent passer aussi l'hiver.

Presqu'en bout de pointe, à la sortie du Storfjorden, se trouve un aménagement sympa pour faire une balade sur les rochers arrondis. Il y a de plus des toilettes en parfait état, mais il faut le savoir, car elles sont presque cachées, et non indiquées ! Je rencontre ici un allemand d'environ 70 ans, voyageant seul, et nous discutons un petit quart d'heure dans le vent glacial. Pour vous dire, j'ai presque l'onglet aux doigts ! L'allemand me confirme la température extérieure : 6 degrés, je ne suis pas étonné. C'est un admirateur de la Norvège, il y vient tous les ans, et me parle d'une montagne dont j'ai oublié le nom, me demandant si j'y suis allé. Ayant une piètre mémoire, je lui dis que je ne pense pas; il me répond que c'est normal, car elle se trouve bien en dehors des circuits traditionnels. Il sort alors un document PDF qu'il a fait lui-même, et me montre la photo de sa montagne norvégienne préférée. Et là, je l'ai aussitôt reconnue, cette splendide tour que des écossais avaient renoncé à gravir à cause de la neige. Ses photos sont meilleures que les miennes : je n'avais pas beau temps et, souvenez-vous, c'était le jour où mon reflex avait cessé de vivre !

Bref, je "tatasse", comme d'habitude. Poursuivons. Entrée dans le bel Ersfjorden, et on aperçoit au bout les maisons de... Ersfjord.
La "pince" suivante est entièrement recouverte d'un chapeau de nuages. Nous ne savons donc pas ce que nous perdons !

Vue arrière, sur la pointe que nous venons de contourner.

Une belle plage forme le fond du fjord; Ersfjord se situe sur l'autre rive. Au premier plan, la tente d'un cycliste, presque qu'invisible.

Le "sous-marin" opposé, vu vers le large.

Regard vers la mer ouverte, depuis la plage du fond de l"Ersfjorden.

Derrière moi, les impressionnantes montagnes bordant la route. Une autre tente de cyclistes, que je n'avais pas vue au premier regard.

Au-dessus d'Ersfjord, la route passe sous la montagne, une fois de plus. On débouche à Senjahopen, dans une petite baie, Hopsvatnet, qui débouche sur un grand fjord, le Mefjorden, que l'on aperçoit un peu.

Une route conduit au bout de la pince, mais c'est un cul-de-sac, il faudra revenir. J'y vais.

Vue arrière sur le Mefjorden que je longe. Les montagnes sont terribles.

Zoom sur l'une d'entre elles. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que cette rive n'est pas habitée !

Une petite maison à Senjahopen. Tous pêcheurs, ces norvégiens !

Au bout du Mefjorden, dans une petite baie, le village de Mefjordvaer.

Au loin, nouvelle photo de cette belle montagne qui me fascine.

Dans la rue principale de Mefjordvaer.

Arrivée en bout de fjord.

Je rencontre ici un couple de charmants retraités français voyageant dans un beau combi Volkswagen récent; lui est d'Agen et elle de Nice. Ils arrivent de Tromsö, où ils se sont pris une amende de 760 NOK pour un parking. Lamentable ! Ils étaient partis faire des courses sans même remarquer qu'il fallait payer. Chacun jugera; pour ma part, je trouve quelque peu scandaleux de taxer aussi lourdement des touristes qui font l'effort de venir ici affronter ce froid et apportent des devises ! Pour de grosses effractions, je comprendrais, mais une demi-heure de parking... Bref, méfiez-vous de Tromsö, tout y est payant, me disent-ils. Je n'irai donc pas ! Ils m'offrent un café, et c'est un vrai plaisir de partager ces moments comme ça au bord de la route, parmi ces norvégiens qui nous ignorent totalement ! Si j'aime discuter avec les touristes lors de mes voyages, j'avoue que c'est en Norvège que c'est le plus valorisant ! Un peu d'échange dans ce pays aussi glacial humainement que météorologiquement, ça ne se refuse pas ! Nous devisons pendant une heure.

Puis chacun reprend son chemin. Demi-tour.

Toujours le long du Mefjorden, peu avant de retraverser Senjahopen.

Le port de Senjahopen.

Je poursuis mon petit bonhomme de chemin en redescendant le Mefjorden vers le sud maintenant; coup d'oeil arrière sur le Hopsvatnet, Senjahopen et la pointe que je viens de parcourir.

Du même endroit. A gauche Mykjeneset et à droite Gilbergneset.
A noter que Mefjordvaer que je viens de visiter se trouve caché derrière la pointe de Mykjeneset.

Fantastique rive opposée, avec zoom sur Gilbergneset.

Joli zoom en vue arrière sur les montagnes de la rive opposée du Mefjorden.

On contourne ensuite une petite baie, la Kvalvika. Vue arrière vers le large : Indre Bringneset à gauche, au pied du Bringtinden, 639 m.

Zoom sur les montagnes de la rive opposée du Mefjorden.

De mon côté, la route passe au pied du Burstinden, 753 mètres, d'une beauté inimaginable. Si vous faites cette route par beau temps, faites-moi voir ces montagnes. A vrai dire, c'est si beau que j'aimerais faire cette balade à pied !

La pluie arrive, et des gouttes de pluie mouillent mon petit appareil : c sont les taches que vous voyez sur la montagne à gauche.

Un tunnel a été creusé au fond du Mefjord.

Je me retourne avant de rentrer dans le tunnel.

La fantastique rive opposée du Mefjorden, que vous devez commencer à connaître.

Au-dessus de ma tête, des cascades, comme partout en Norvège.

L'idéal serait évidemment de longer ces pentes en kayak. Mais pour ce faire, il faudrait presque une journée par fjord. Or, depuis le temps que je vous montre des fjords, vous imaginez aisément le temps qu'il faudrait : des années.

Au fond du Mefjorden se trouve le hameau Mefjordbotn. La route s'élève au-dessus des maisons pour franchir un petit col. Là, deux options. Sur ma gauche, un nouveau tunnel passe sous la montagne pour aller sur le fjord suivant, le Ornfjorden.. C'est un cul-de-sac, il faudra revenir. Et tout droit, la route traverse la péninsule. Que pensez-vous que je fis ?

Mais oui, bien sûr. Malgré ce mauvais temps, j'ai envie de voir ce fjord et la pince suivante....

Entrons dans ce nouveau tunnel sombre et inquiétant !

J'aurais sans doute dû m'abstenir ! Je roulais pourtant doucement, mais une voiture arrivant à vive allure en face m'a surpris, et j'ai donné un coup de volant un peu trop appuyé à droite. A ce moment, j'ai entendu un grand bruit suivi d'un râclement sur tout le côté droit de Mygoo. J'ai aussitôt compris; une pancarte fluorescente signalant un virage à gauche dépassait un peu trop en comparaison du bord du bitume, et Mygoo se l'est prise de plein fouet.. Heureusement qu'elle n'a pas touché le pare-brise, qui aurait sans doute éclaté sous le choc. Je m'en tire avec une belle peur, et Mygoo avec une magnifique cicatrice qu'elle pourra montrer à ses copines qui ne voyagent pas ! Christine, si tu me lis encore et que tu vois cette photo, montre-la à Jean-Pierre, peut-être pourra-t-il y faire quelque chose ?

Si vous allez sur Senja avec un camping-car, alors faites très attention dans les tunnels !

Me voici donc, en sortie du tunnel, face au Ornfjorden. Au-delà de la grosse pointe que vous apercevez à gauche se trouve un renfoncement en pente douce que les norvégiens ont évidemment mis à profit en créant un village : Fjordgärd. Pour y aller, un nouveau tunnel de plus de deux kilomètres, l'ancienne route que l'on aperçoit ayant été abandonnée depuis bien longtemps.

Fjordgärd est un cul-de-sac, et voyez-vous, je m'abstiendrai pour cette fois, peu désireux de m'engager dans ce long et sombre tunnel.

Sur l'autre rive du Ornfjorden, il n'y a que ce mini port. Je retourne de l'autre côté du mauvais tunnel !

Et c'est parti pour une traversée de péninsule comme je les aime.

Aussitôt, lacs, forêts, marais....

De l'autre côté, c'est le changement total. On se retrouve sur des côtes bien moins élevées, aux formes arrondies, sur les rives du Stonnesbotnen.

Cependant, je n'en ai pas fini avec les fjords étroits et montagneux. Cette large péninsule est bien curieuse. En effet, en remontant le Stonnesbotnen, deux routes traversent de nouveau la péninsule pour rejoindre deux autres fjords. Et j'ai envie d'aller voir. Cependant, je n'en ai pas fini avec les fjords étroits et montagneux. Cette large péninsule est bien curieuse. En effet, en remontant le Stonnesbotnen, deux routes traversent de nouveau la péninsule pour rejoindre deux autres fjords. Et j'ai envie d'aller voir.

Voici la première.

J'ai failli faire demi-tour, une petite pluie fine et dense s'est mise à tomber, me rendant toute photo pratiquement impossible !

Une fois de plus, je trouve deux autres tunnels. Décidément, Senja est difficile d'accès. A la sortie du premier, on trouve un petit lac, le Traelvikvatnan, encore en partie gelé, alors qu'il n'est qu'à 214 mètres d'altitude ! Quelques tentes "sames" se trouvent sur ses rives. Il pleut à verse, l'objectif est trempé en bien moins de temps qu'il n'en faut pour prendre une photo. Quel dommage, alors que je surplombe juste après la magnifique baie de Traevilka !

Mais une très agréable surprise m'attend à la sortie du deuxième tunnel ! Le ciel est clair de ce côté-ci de l'île, un rayon de soleil fait même son apparition, et un paysage merveilleux s'étale sous mes yeux ébahis : Husoy (la petite île entièrement construite) et le bel Oyfjorden.

Zoom sur Husoy.

Je vous laisse admirer cette petite ville, qui, ma foi, n'a rien à envier aux Lofoten.

Sur Husoy.

La pointe "est" du Oyfjorden.

On aperçoit au loin la route par laquelle je suis arrivé à Husoy.

En face de Husoy, les montagnes de la rive opposée du Oyfjorden.

Je fais ma pause déjeuner ici : il est 14 heures !

Je reprends la route du retour, car Husoy est bien évidemment un cul-de-sac, vous l'avez déjà compris. Les montagnes situées au-dessus de la route sont fantastiques. Celle-ci est une immense dalle rocheuse sur laquelle une forêt s'aggripe de façon insensée !

Détail de la précédente.

Un peu plus loin, une autre dalle rocheuse extraordinaire.

Détail. Et je vous garantis que mon réflex me fait terriblement défaut devant de telles beautés naturelles.

La forêt de bouleaux au pied de la roche est bien verte. Quel splendide spectacle. Vous savez, j'ai toujours l'impression de me trouver face à des forêts vierges jamais foulées par l'homme. En tout cas, elles doivent l'être bien rarement !

Ah, la chance est avec moi sur la route du retour. je peux photographier Traelvika. Avouez que ça valait le coup.
Et regardez bien au fond à gauche. Il y a un village dont on aperçoit une partie.

C'est... Fjordgärd, où je serais parvenu si j'avais accepté de traverser le long tunnel tout-à-l'heure !

Du coup, je peux vous montrer les tentes "sames' du Traelvikvatnan. Enfin, pas la première....

Celle-ci est très typique, et plutôt rare maintenant. C'est bien la tente d'un peuple nomade.

La glace du Traelvikvatnan.

AAu-delà du tunnel, je retrouve la grande forêt typique de l'intérieur d'une péninsule.

Et les lacs qui vont avec !

La grande descente vers le Stonnesbotnen qu'on voit à gauche, le long de la Huselvdalen.

La preuve !
Quelle perte de temps, néanmoins nécessaire et indispensable pour tous ceux qui ne me croient jamais.

Je me retourne au cours de la descente pour vous la montrer telle qu'elle m'est apparue lors de la montée sous la bruine.
C'est le genre de route que j'adore inconditionnellement !

Le long du Stonnesbotnen.... madame et ses enfants !

Botnhamn.

Au sommet du mât, une mouette a élu domicile.

Donc, un peu plus loin sur le Stonnesbotnen se trouve la deuxième route traversant cette péninsule. C'est une piste.. J'y vais quand même.

Et j'ai bien fait. Alors, de nouveau, les immenses forêts de bouleaux de plus en plus clairsemées au fur et à mesure de l'altitude.

Et les marécages, et les petits lacs....

Les cascades dévalent les pentes un peu partout.

Dans la descente le long de la vallée Astridalen, arrivée en vue du Baltsfjorden.

La route se termine en chemin privé fermé d'une barrière; je suis un peu déçu, car je ne peux accéder aux rives du fjord !

Puis j'aperçois un chemin rocailleux descendant vers une maison. J'y engage Mygoo, car aucune pancarte n'indique "privé".

Comme j'ai bien fait ! Le chemin se termine au-dessus d'une petite plage. C'est féérique, on se croirait au bout du monde.

Sur l'île de Robinson Crusoe. Croyez-moi, je n'ai pas besoin de beaucoup d'imagination.

Il suffit d'ouvrir les yeux.

Non, ce n'est pas moi qui ai écrit ça; quelqu'un est déjà passé ici.
Ce ne serait donc pas une île inhabitée ?

Regardez comme les norvégiens aiment à s'installer dans les endroits les plus inaccessibles possibles.
Mais dans des paysages de rêve, il faut bien l'admettre.

Au retour, dans la traversée du "bush", ce chalet au-dessus d'un grand lac, en pleine montagne. Je vous l'ai dit : le plus loin possible des autres.

Et on retrouve le Stonnesbotnen, une nouvelle fois.

Botnhamn. Le coin me plait immédiatement : c'est ici que je vais bivouaquer. Il y a au même endroit le départ du ferry vers Kvaloya, pour Tromso.

Des motards en attente du ferry pour aller sur Tromso.

Le soleil est revenu. C'est magique.

Malgré le mauvais temps de la journée, je confime que Senja la magnifique est une île incontournable tant elle est belle.

 


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