Scandinavie 2012, étape 090

Jour 090 - Dimanche 1er juillet 2012 - 93 km - 298 photos
(Total : 10275 km - 21111 photos)
De Djupvik à Indre Kjerringdal (Norvège)

Je me réveille à 3 heures du matin, allez savoir pourquoi ? Un bruit insolite, une voiture ? Peu importe, je regarde dehors : il fait beau. Et l'idée me prend de faire une photo. Pas question de sortir, hein ! Directement à travers la vitre. Juste pour vous donner une idée de la clarté à cette heure bien matinale. Inutile de rajouter que j'ai, aussitôt après, replongé dans le duvet ! Pour finalement me réveiller vers 8 heures. Ce qui est matinal, mais vu le ciel, je suis frais et dispos en quelques minutes.

Juste avant de démarrer. Je ne vous cache pas être aux anges !

Zoom sur les glaciers de l'autre côté du fjord.

C'est grandiose. J'adore absolument cet endroit, qui m'avait déjà ému la première fois.

J'aime bien celle-là.

Je quitte la E6 juste pour traverser Djupvik et ainsi suivre le fjord au plus près.

Et voilà, je viens de longer le fjord de très près, et je retourne sur la E6. En me retournant, je vois les montagnes de Lyngen, paysage montagnard classique, me direz-vous. Mais ce qui est incroyable ici en Norvège, c'est qu'entre les montagnes et moi, il y a 6 km de mer... invisible ici !

C'est la fin de la péninsule de Lyngen. Ensuite, au nord, vers le large, il y a plusieurs îles, dont deux grosses, Vannoya et Arnoya, toutes montagneuses. Chacune d'entre elles est une beauté en soi, une oeuvre d'art, les deux grandes étant habitées et ayant des routes. Mais il faut prendre des bateaux (ce qui est assez logique, finalement, pour aller sur une île).

Sur cette vue arrière, on voit bien la mer. Cette fois, j'en ai terminé avec ce massif montagneux de Lyngen.

La E6 arrive en bout de continent et va donc virer à 90 degrés pour suivre plus ou moins les côtes maritimes. Comme c'est toujours très découpé, ça reste un labyrinthe vu depuis la route, et assez incompréhensif. Seule une carte permet d'apprécier le déplacement dans sa globalité. Donc, normalement, je longe la mer et le large, mais comme les bords du continent norvégien sont constellés d'îles et îlots, nous longeons ici un détroit, le Rotsundet, qui sépare le continent de Uloya, cette belle île sous-marin que voici.

Nouvel arrêt et regard arrière. Le Rotsundet et Uloya à droite, le Lyngen au bout, perpendiculaire, et les Alpes de Lyngen nord à l'horizon.

Avec un zoom sur Rotsund, en passant, et une belle vue d'ensemble des glaciers Strupbreen et Koppangsbreen du massif que vous voyez en arrière-plan, et qui se trouve à 25 kilomètres. Pour votre information, de l'autre côté de ce massif se trouve le Jaegervatnet, ce très beau lac vu avant-hier matin, et le Ullsfjorden... Ceux qui ont de la mémoire comprendront, les autres devront aller relire le reportage, ou continuer comme ça. Chacun fait ce qu'il lui plait, chez allersretours.com !

Le Rotsundet vers l'ouest et le Lyngen.

Puis la route longe des côtes, traverse des bouts de péninsules. Mais ce n'est plus la grande beauté du Lyngen, c'est bien plus arrondi. Sur un parking aménagé, je fais le plein d'eau potable, et je discute avec un couple de retraités français d'Indre-et-Loire qui sont venus par la Suède. Ils ne sont pas allés au Cap Nord qu'ils ne voulaient pas payer (ils suivent à la "lettre" le guide du routard). Nous avons échangé nos "tuyaux", je les ai plutôt branchés sur Senja que sur les Vesterälen qu'ils voulaient faire, et j'espère qu'ils auront du beau temps. Puis chacun reprend sa route, joyeux, car la météo est souriante !

Voici le Straumfjorden. En fait, c'est une péninsule avec une route qui la contourne sur les 3/4 de son tour, mais comme c'est un cul-de-sac, il faut revenir ici. Comme c'est bien plat après ce que je viens de vous montrer, je poursuis tranquilement mon chemin.

Le long du Straumfjorden; vous noterez que j'ai pris pas mal de photos en roulant aujourd'hui. En effet, la E6 a quand même pas mal de trafic, et le petit compact permet de le faire sans danger. Et finalement, ça se laisse regarder. Le Straumfjorden fait un angle important, et la E6 va donc suivre cette montagne.que vous voyez, le Svartfjellet.

Et justement, en arrivant presque au bout de cette montagne, à Straumfjordnes exactement, le Straumfjorden devient très étroit car la péninsule située à l'ouest et dont je ne voulais pas faire le tour s'en approche à quelques encâblures. Les maisons que vous voyez en font partie : c'est Tangen. Et en arrière-plan, on voit les belles montagnes de l'île de Kägen.

Comme le passage est étroit entre le Straumfjorden que je quitte et le Reisafjorden au bord duquel j'arrive, il y a un très fort courant de marée, et bien entendu des pêcheur en train de faire tourner leurs moulinets, dont plusieurs jeunes filles. Loin derrière se trouve aussi Arnoya.

A peine parvenu sur les rives du Reisafjorden, je le quitte pour contourner un nouveau fjord, le Oksfjorden.
Ici à la volée, en passant, une belle grange ancienne face aux eaux du fjord qu'on ne voit pas.

Oksfjordhamn se trouve au fond du Oksfjorden. Depuis le fond du fjord, vue sur une montagne située sur une des nombreuses îles entourant le Reisafjorden. Je ne parviens pas à déterminer de laquelle il s'agit, mais sa forme étonnante a attiré mon regard. Je pense, sous toutes réserves, qu'il s'agit de la face sud de Kägen.

Et là, au loin, je pense qu'il s'agit encore de Kägen, et de son point culminant. Mais je n'en suis pas certain !

En sortie de Oksfjordhamn, quelques indications de distances.... toujours impressionnantes sur la E6.

Montagnes entourant le Oksfjordvatnet, lac situé juste derrière le fjord, dont une superbe montagne tabulaire comme on en voit si souvent en Islande.

Dans mon dos, Oksfjorden et Reisafjorden, et les grandes îles montagneuses autour.

La E6 grimpe pour traverser ce bout de péninsule en passant un col au sommet de la vallée Nuovasmuotki.
La forêt be bouleaux est d'une beauté inimaginable.

Face à moi, le Storbukttinden (1054 m), que la route va contourner.

Je surprends quelques rennes qui s'approchaient de la route, et que je n'avais pas vus. En les suivant du regard à travers la forêt, j'aperçois au loin un très grand troupeau se déplaçant assez vite entre la forêt et les pierriers situés au-dessus. Instants magiques, moments inoubliables que l'on aimerait partager.

Derrière moi, les montagnes au-dessus du Oksfjordvatnet, situé dans le creux.

Le troupeau de rennes se trouve de l'autre côté des arbres, marchant vite et broutant sans cesse. J'ai pu regarder passer les membres du troupeau par une trouée, avec les jumelles. C'était extraordinaire. Ce que je trouve absolument génial, c'est de pouvoir approcher cette nature par la route, avec une simple voiture. Partir en expédition dans ces grands espaces doit être inoubliable, mais ce que je viens de voir le restera aussi pour moi.

Le col que je viens de passer.

Regard arrière pendant la descente -heuh... je me suis arrêté, là, je préfère le dire.
Quelques rennes paissent sur les hauteurs, certains s'aventurant sur la route, comme ces deux-là que je viens de dépasser.

Et je débouche sur le grand Kvaenangen, qui part au nord-ouest (à gauche) vers la mer ouverte.

Un quart d'heure plus tard, après une longue descente au-dessus du Kvaenangen, j'arrive à Sekkemo, dans la partie terminale du fjord appelée Badderfjorden. Dans mon dos, le petit camping dans lequel j'avais couché au soir du 28 mai 2006 lors de mon précédent voyage, en scooter. Il faisait le même temps, mais bien plus froid évidemment. Je me souviens avoir discuté avec des allemands qui avaient pêché des poissons de plus de un mètre de long ce jour-là dans le golfe. Au nord-est, les beaux massifs montagneux du Kvaenangstindan et du Trolldalstinden, à plus de 1100 m d'altitude, et à une vingtaine de km d'ici.

Je contourne maintenant le Badderfjorden.

Puis la E6 quitte la côte pour grimper dans les terres et couper par un col pour rejoindre le rivage plus au nord.

Ici à Burfjord, sur le... Burfjorden.

Au loin, à exactement 25 km, les monts du Kvaenangstindan resplendissent au-delà du Burfjorden au premier plan, et du Kvaenangen invisible derrière le petit épaulement rocheux séparant les eaux du Burfjorden de celles du Kvaenangen. Ouf !

Sortie du Burfjorden.

C'est ici que je me mets à table, dans un cadre idyllique. Juste à côté, un très beau camping-car de français du Calvados, qui ont eu l'extrême gentillesse de m'offrir le café après le repas. Nous sommes bien restés une heure à discuter. Il faisait si bon, au soleil, c'était merveilleux. Et j'ai toujours beaucoup de plaisir, en tant que voyageur solitaire, à discuter ainsi avec les autres touristes. Ils m'ont confirmé de façon absolument formelle, puisqu'ils y étaient, que le passage sur l'île du Cap Nord est désormais gratuit, depuis ce week-end. Ils ont payé à l'aller, et pas au retour ! Excellente nouvelle. Bonne route à vous, amis voyageurs, et merci encore pour le café et la conversation fort agréable.

C'est un peu plus loin que je fais un crochet pour aller voir ce que j'avais loupé il y a six ans, le Oksfjordjokelen, un glacier se jetant dans la mer. C'était mal expliqué sur le routard, et j'ai encore failli me tromper. C'est également assez trompeur, puisque ce glacier qui porte le nom d'Oksfjord ne se trouve pas sur l'Oksfjorden. Et j'étais donc allé tout naturellement sur l'Oksfjorden, dont la route se situe un peu plus loin, et qui est également un cul-de-sac, mais fort long. Je n'y retourne donc pas cette année, mais je vous conseille très vivement de faire les deux, et de pousser jusqu'au terminus, qui est la ville de Oksfjord, car ce fjord est d'une immense beauté. Vous pouvez aller voir sur mon site à cette page.

Donc, ici, je suis sur la route menant au glacier, qui est tout près. Elle traverse la Jokelfjordeidet, superbe vallée entourée de belles montagnes, le tout au milieu d'une splendide forêt.

En face, les montagne dominant le Jokelfjorden, situé dans le creux.

Voici donc le Jokelfjorden. Une petit route le longe vers le fond du fjord, sur une petite partie. Elle se termine par un parking. Ensuite, deux solutions : un bateau vous conduit au pied du glacier en vous allégeant au passage de quelques couronnes, ou bien, pour les plus courageux (ou les moins fortunés), un sentier longeant les fjords (car après le Jokelfjorden se trouve le Isfjorden, qui est une des branches de la queue de poisson terminale du Jokelfjorden) vous conduit au même endroit après une marche d'environ 8 kilomètres.

Mais le Oksfjordjokelen, qui est donc situé au fond du Isfjorden, a l'extrême gentillesse de se dévoiler entièrement depuis le parking. Il existe donc une troisième solution, pour les fainéants (ou les handicapés, fatigués, non sportifs....), c'est de regarder et de photographier le beau glacier d'ici !

Vous me connaissez, je me situe entre les deux : fainéant, mais aimant aussi marcher dans les beaux paysages. Je pars à la découverte du sentier, et c'est un vrai plaisir. Bon, ce n'est pas plat du tout, ça grimpe et ça descend sans cesse, dans la forêt, et on ne voit pas trop le paysage. cependant, de temps à autre, une trouée permet de faire quelques jolies photos. Entretemps, le ciel s'est bien couvert, et j'essuie quelques ondées passagères et peu violentes.

Cependant, au bout d'environ deux kilomètres, je décide d'arrêter. Je descends sur le rivage, que l'on pourrait suivre aussi. mais la marche y est bien finalement bien plus pénible avec tous ces rochers de toute taille qu'il faut enjamber sans cesse, sans oublier les torrents qui descendent de la montagne et se déversent dans le fjord. je vous conseille donc judicieusement de suivre sagement le sentier. C'est ici que le Jokelfjorden se sépare en deux partyies, le Isfjorden étant à droite. C'est absolument magnifique.

J'aperçois parfaitement bien le glacier. Il descendait jusqu'à la mer, mais il a bien reculé lui aussi !

Et je fais demi-tour. Je suis en admiration devant cette nature pratiquement vierge et néanmoins accessible.

Je croise une famille de norvégiens qui se dirigent sur le fjord avec des cannes à pêche. Visiblement, ils ne sont pas ici pour le glacier. Il y a parents et enfants, deux couples. Plutôt jeunes, dans les 30 ou 35 ans. Je salue avec mon plus beau sourire. Aucun ne me répond, aucun ne me sourit, et juste un ou deux accrochent mon regard sans sourciller. Je les hais. Je les aurais gifflés avec le plus grand bonheur. Bref, c'est décidé, quand je verrai des autochtones, je ferai comme eux, je détournerai volontairement le regard, raz-le-bol de me faire humilier comme ça. Je ne les regarderai que lorsque j'aurai besoin d'eux, au moins, ils serviront à quelque chose. Les explications lues sur Internet et traitant d ece sujet ne me conviennent pas. J'en reste au fait : ce sont des sauvages, je serai donc aussi un sauvage, sauf en cas de besoin. Dommage pour tous ceux qui sont gentils, mais je suis fatigué de sourire pour rien, ça va cinq minutes, je ne suis pas un ange, et pas du genre "si on te frappe sur la joue gauche, tends la droite".

Retour au parking. Un voilier glisse sur les eaux du fjord : ce doit être magique de faire de la voile dans un cadre aussi enchanteur

Le Kvaenangstindan se voit toujours, au large, avec sa si belle panoplie de cîmes acérées.

Nouvelle traversée du Jokelfjordeidet, avec ses si jolies montagnes.

Et ses marécages, dans lesquels j'ai la surprise de voir ces trois cygnes sauvages. Comme c'est beau, tout ça !

Retour à Alteidet, avec une jolie vue sur le Litle Altafjorden.
Le Burfjorden au bord duquel j'ai mangé ce midi ce trouve juste derrière cette péninsule, à gauche.

Je retrouve donc la E6, qui rejoint le Langfjorden ici, à Langfjordbotn. Elle longe cette montagne à droite, en suivant la rive sud.

C'est le long de l'autre rive que part la route permettant de rejoindre Oksfjord.

Vue sur la rive nord du Langfjorden.

Comment étais-je placé au volant pour faire cette photo ?

Bref, j'arrive un peu plus loin sur un parking aménagé avec toilettes, et sur lequel je décide de bivouaquer. Il est pesque 18 heures, et je suis fatigué.

C'est ici que je fais la rencontre de Pierrick, cycliste français de Tulle, avec lequel je sympathise de suite. Il faut dire que Pierrick est vraiment quelqu'un de fort sympathique, et ne pas s'entendre avec lui me parait impossible. On discute une bonne heure, puis il descend calmement sur la grève pour monter sa tente et manger. Je vais aussi manger dans Mygoo. Nous nous retrouvons ensuite et discutons jusque bien tard dans la soirée, seulement dérangés par les moustiques. Pierrick retrouve régulièrement son copain qui voyage en auto-stop. Ils sont tous les deux ornithologues, et Pierrick a une sacoche entière dédiée à son matériel photographique, sans compter ses jumelles ! Quel courage. une fois de plus, je salue humblement les cyclistes, qui sont véritablement les rois de la route, et de très loin les plus méritants.

Ils sont allés tous deux en fourgon en Mongolie. A ce propos, Pierrick, je suis allé pour voir ton site, mais il est fermé. Du coup, je ne peux pas te contacter comme prévu, la balle est dans ton camp, en espérant que tu lises ces lignes.

Et voilà, amis lecteurs. je vous laisse là-dessus.. A bientôt.

 


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