Scandinavie 2012, étape 091

Jour 091 - Lundi 2 juillet 2012 - 147 km - 161 photos
(Total : 10422 km - 21272 photos)
De Indre Kjerringdal à Aisamjunni/Repparfjorddalen (Norvège)

Ciel chargé ce matin, quelques gouttes de pluie passent de temps à autre. Rien de mien méchant. Il fait toujours douc, c'est agréable.

Pierrick est encore là, et me rejoint lorsqu'il a tout remonté. Nous discutons encore un bon moment, puis chacun reprend sa route, lui vers le sud et moi vers le nord. Il est 10h40, mais ce n'est pas grave, personne ne m'attend, c'est un des aspects positifs du voyage en solitaire : la liberté est totale. Sur cette photo à mon lever, le Langfjorden vu vers l'est (il est orienté ouest-est). je vais donc longer les montagnes se trouvant à droite sur cette photo, et par conséquent la rive sud. Tout le monde suit bien, comme d'habitude ?

Histoire de bien vous montrer où j'en suis, voici une pancarte pour les voyageurs qui redescendent vers le sud.
Il s'agit donc d'une photo vers l'arrière, bien entendu.

Hameau sur l'autre rive, juste éclairé par un bref passage lumineux.

A gauche, Kovneset, la pointe formant un cap du Kovtindan.

C'est lui, le Kovtindan, 614 m d'un seul jet, avec des pentes terrifiantes.
Cette partie est inhabitée. Qui oserait construire sa maison au pied d'un tel mur ?

Le Helligfjellet, grosse molaire ayant bien vécu, et qui ferme presque le bout de cette péninsule que je suis en train de longer. Comme elle se termine presque comme une pointe, la E6 va donc la contourner et repartir dans l'autre sens...

Le Langfjorden s'incurve vers le nord en approchant de son embouchure dans l'Altafjorden. Ah oui, au fait, je ne vous ai pas dit : je suis désormais dans la province du Finnmark, en fait depuis hier soir, lorsque je suis arrivé au fond de ce Langfjorden. Donc cette photo est prise vers l'arrière, et cet énorme sous-marin qui semble surgir des eaux n'est autre que le Kovneset.

Tel un monstre antédiluvien...

Et bien plus près de moi, la grosse molaire du Helligfjellet, 538 m.

Je suis à l'embouchure, et voici le grand Altafjorden devant les maisons de Isnestoften.

C'est très arrondi. Après les Alpes de Lyngen, le changement est considérable. Là, je sais que je suis arrivé dans le Finnmark, c'est exactement ça. Terres au relief écrasé par les millions de tonnes de glace qui l'ont façonné et martelé pendant des centaines de milliers d'années, à de nombreuses reprises. Terres glaciales, balayées par les vents. Terres inhostitalières. Si tu habites ici, c'est que tu y es né. Ou que tu as été puni. Je ne vois pas d'autre alternative. Ah si, tu peux aussi y être tombé amoureux en y passant. Mais je rattacherais cette situation à une punition.

Bizarrement, je role plein sud. Regardez la carte pour comprendre. Alta, la grande ville du nord, se trouve tout au fond du grand fjord. Il se met à pleuvoir, ajoutant une dose de tristesse à des lieux qui n'en ont pourtant pas besoin pour s'y sentir triste. Le paysage est devenu monotone, puisqu'uniforme. Ah, si, une petite note de couleur en arrivant à Talvik, au fond de la Talvikbukta.

Talvik.

Vue vers l'Altafjorden, depuis Melsvik.

Peu avant Alta, le Käfjorden forme une crique profonde débouchant sur l'Altafjorden. Ici, au fond du Käfjorden, il y a de nombreux camping-cars et caravanes de norvégiens. Mais que font-ils dans un endroit aussi sinistre ? Car il faut bien avouer que c'est moche comme tout, ici. Presque du noir et blanc. Ajoutez à cela les énormes travaux en cours sur la E6...

Bref : ce sont des pêcheurs. Je suis descendu voir : il n'y a pas que des poissons à prendre, mais aussi des tas de moustiques, ce qui ajoute encore une misère sur une terre qui n'en avait pourtant pas besoin ! Je ne vous cache pas que seuls les autochtones sont là... les touristes ne doivent s'y arrêter que quelques minutes, comme je le fais moi-même ! Ah, si, il y a quelques finlandais, mais eux, les moustiques, ils connaissent, et en plus, ils ont la joie de voir de la montagne, les pauvres !

L'église de Käfjord, nom du hameau perdu ici au fond du... Käfjorden. Mon dieu, comme je ne voudrais pas habiter là !

Peu après, je trouve un spot WiFi près d'un hôtel. Chouette, c'est si rare dans le nord, que j'y reste un bon moment.
Alta se trouve derrière cette grosse falaise.

Mais auparavant, voici la Kvenvik et la Kvenvika, justement fermée par cette falaise. Le point de vue est joli, et il est déjà 14h30.
Alors... pause repas.

Au fait, je ne vous l'ai pas dit, mais depuis deux jours, j'ai un gros bruit qui fait son apparition sur la roue avant droite lorsque je freine. Et ça empire. Je pense que son apparition coïncide avec l'énorme trou dans lequel je suis passé au fond de la Kitdalen, au sud du Storfjorden.

Je n'ai pas pris une seule photo à Alta. J'avais aimé cette ville en 2006. Elle a énormément changé. Immeubles, voies de contournement, constructions partout, c'est une ville qui se développe très vite. Mais qui me fait fuir encore plus rapidement. Rafsbotn, c'est le nom du fond de l'Altafjorden. Voici donc la plage de Transfarelv, face au Rafsbotn. Il y a une belle aire de pique-nique, j'ai failli y rester pour la nuit. Puis non...

A Rafsbotn, la E6 quitte le rivage pour une grande et longue traversée du plateau montagneux, avec tout ce que ça entraîne : lacs, marais, toundras, forêts, vent, froid.... Forcément, car on va monter à des altitudes terribles, entre 250 et 350 mètres. Ne riez pas, et ne croyez pas que je sois ironique. Je vous l'ai souvent dit, l'altitude ici ne fonctionne pas sur la même échelle que chez nous. Et 300 nmètres, là dans le Grand Nord, c'est bien 1800 à 2000 mètres chez nous, sans exagération aucune. Bref, me voici près d'un campement same (une petite boutique de souvenirs, misérable, avec une tente typique de ce peuple autrefois nomade -forme en chapeau pointu, comme les tipis des Indiens d'Amérique du Nord-, et des articles sans intérêt (enfin, pour moi) à des prix totalement prohibitifs (enfin, selon mes critères). De toute façon, je n'ai pas cette impression qu'ils vendent grand chose !

Je viens juste de quitter la boutique (après avoir discuté cinq minutes avec des français pensant la même chose que moi de la boutique) que je vois sur ma droite cette magnifique rivière dans un environnement d'une extraordinaire beauté, après la pauvreté de ce que je viens de voir depuis l'Altafjorden. Quelle sauvagerie, quel paysage splendide. Mais comme je m'en doutais, la douceur a totalement disparu, place au froid. Bienvenue dans le Grand Nord. Je ne voudrais pas avoir à traverser pieds nus la Sarvvesjohka, puisque tel est son nom.

Leirbotnvannet. Un environnement d'allure tropicale. Mais quand on y est, on sait que ce n'est pas tropical, mais glacial ! Malgré tout, je trouve que ce lieu est très beau. Et je ne suis pas le seul, puisque les norvégiens ont appelé cette montagne Venusfjellet (492 m). Et vous savez quoi ? Ce lieu appelé Sarvesjok est rempli de chalets, la forêt en est pleine ! En regardant bien, on aperçoit la E6 qui grimpe vers le plateau.

J'y arrive, sur le plateau. On va suivre la Stokkedalen.

Le grand plateau. Terrifiant.

Froid. Humide.

Totalement inhospitalier pour nous.

Avec ses zones marécageuses, habitées par des millions de moustiques malgré la température.

Dans cet environnement difficile, les cyclistes sont définitivement les plus forts ! Celui-ci est incroyable. Moi qui ai froid lorsque je quitte mon habitacle bien chaud, lui avance dans le vent... les bras nus ! Je n'en crois pas mes yeux. je lui fais un signe amical et un grand sourire, restés sans réponse. J'en conclus donc fort logiquement qu'il ne peut s'agir que d'un... autochtone !

Quelques maisons parsèment l'immensité. Pour rien au monde, je ne voudrais habiter là !

Début juillet, il reste encore de grandes plaques de neige gelée ! Lorsque j'étais passé en scooter fin mai 2006, c'était encore tout blanc.

Le Cap Nord est à moins de 200 km... le but ultime de tant de voyageurs, le lieu rêvé et imaginé depuis de longues années pour la majorité des touristes qui s'aventurent sur ces terres du bout de l'Europe. Il est maintenant tout près, à portée de mains, à quelques tours de roues.

Le long ruban de la E6 se déroule à perte de vue sur le grand plateau norvégien.

La petite église noire de Duottarsion, curieux bâtiment dans ces immensités ordinairement blanches.

Une tente same.

Et la belle rivière qui passe au pied de la petite église et traverse le village formé de quelques chalets bien misérables.
Fin mai, ici, la glace recouvre les deux-tiers de la rivière.

IIxi commence la Repparfjorddalen, que va désirmais suivre la E6. Cette belle rivière s'élargit, et a creusé son lit dans de belles falaises.

Ici, sur la berge, caché par les arbustes, un cycliste a planté sa tente. Je ne voudrais pas être à sa place, mais il se pourrait aussi bien qu'il ne veuille pas non plus de la mienne. Quand on est dans son propre voyage, quel qu'il soit, c'est toujours le meilleur, puisque tel est notre choix !

On commence doucement à redescendre, et le paysage devient légèrement plus humain.
Je trouve ici un parking aménagé, déjà occupé par quelques camping-caristes allemands. Mygoo se fait une place.

Il pleut et il fait froid. Un petit coup de chauffage, et tout va merveilleusement bien. Vive Mygoo.

 


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