Scandinavie 2012, étape 093

Jour 093 - Mercredi 4 juillet 2012 - 87 km - 390 photos
(Total : 10621 km - 221833 photos)
De Repväg à Nordkapp (Norvège)

J'ai dormi comme un bébé. Comme presque toujours, d'ailleurs.

Il est 9 heures lorsque je repasse l'anse allongée. Tout est calme, ce matin. Le calme après la tempête, comme on dit !
Les photos sont bien plus faciles à prendre; je ne bouge plus.

Je retrouve la E69 près de la longue Innerbukta. On peut dire qu'ici, les plages ne sont pas envahies par les touristes !

En fait, je me trompais bien ! Repväg est fort protégé par sa configuration naturelle, à l'abri des roches de sa presqu'île. Le vent est moins fort qu'hier, oui. Mais le vent est toujours là, et il est bien froid. je m'en aperçois dans la crique suivante, la Strandbotn, où se trouve un petit village sans nom sur la carte ! Sans doute fait-il partie de Repväg.

J'allais retourner dans ma voiture lorsque mon regard a été capté par un mouvement dans ma direction.

Incroyable. Un magnifique petit renard arctique -du moins je le suppose, car je ne crois pas que ce soit un renard du désert !

Ma présence ne le gêne absolument pas. Il traverse la route presque sous mon nez, puis s'arrête de l'autre côté, et me regarde !

Il entend un bruit et tourne la tête.

Puis il s'en va. C'est à ce moment que je m'aperçois de la taille énorme de sa queue, par rapport au reste de son corps.

Je lance aussitôt une vidéo, et je siffle le renard en lui criant "reviens". Et vous savez quoi ? Il fait demi-tour et fonce dans ma direction. Non, mais je rêve, là, ce n'est pas vrai. Il me fout les boules, je crie "stop" tout en continuant à filmer. Il stoppe instantanément. Puis se retourne et s'en va définitivement. J'essaierai de mettre ce film sur le site cet hiver, car c'est un vrai scoop !

Pendant ce temps, quelques rennes qui broutaient dans le village viennent eux aussi de traverser la route près de moi.

Décidément, il y a de l'animation, ce matin !

Le village....

Juste un peu plus loin, des cyclistes se sont posés vraiment au bord de la route. Je pense que c'était hier après-midi pendant la tempête, et ils n'ont certainement pas perdu de temps à chercher un emplacement. Monter la tente et se mettre à l'abri était le plus urgent. Ah, au fait, les grosses taches que vous pouvez voir sur certaines photos sont des gouttes d'eau tombées sur l'objectif, désolé. Je l'essuie sans cesse, mais malgré tout...

Les rochers effrités, disséminés dans la pente, tombés au cours des derniers millénaires....

Sandvika, un peu plus au nord.

La route s'éloigne un peu de la côté pour contourner une pointe montagneuse par l'intérieur.
Aussitôt, lacs et marécages. Mais pas de forêt ! Seule l'herbe et les mousses et les lichens parviennent à s'accrocher ici.

Quand on a bien mangé, on digère.

Villa.... insolite. L'entourage est certainement pour empêcher les rennes d'entrer dans le jardin.
C'est une des maisons de Hjellnes, dans la Porsangvika.

Coup d'oeil arrière sur la E69 depuis la Porsangvika.

Hjellnes, au-delà de sa très belle plage déserte sise au fond de la Porsangvika.

Au nord apparait Mageroya, l'île du Cap Nord, dont je suis séparé par le détroit logiquement appelé Mageroysundet.

La E69 contourne une nouvelle fois un petit relief.

Puis un petit fjord, le Käfjorden, à mare basse.

Mageroya à gauche, et l'embouchure du Käfjorden dans le Porsangerfjorden au premier plan.

Et là, au fond du Vesterpollen, je vois l'entrée du tunnel qui passe sous cette montagne, puis s'enfonce sous la mer (en l'occurence sous le Mageroysundet) pour déboucher sur Mageroya. Le Nordkapptunnelen, 7 km de long, une profonde descente, une dure remontée, un cauchemar pour les cyclistes !

Et à sa sortie, le poste de péage, qui vient juste de s'arrêter de fonctionner depuis ce week-end, après avoir été en service pendant 15 ans. Les norvégiens arrêtent le péage parce que le tunnel a été amorti. Je suis veinardn sur ce coup-là, et les informations entendues étaient vraies, pour une fois.

Une crique juste à la sortie du tunnel.

Juste après, les montagnes ont des formes tout simplement extraordinaires, et les pêcheurs n'ont pas hésité à s'y installer.

Sarnes, petit village de pêcheurs, au bord de la mer, à droite; juste devant, un petit lac !

Sarnes.

A la sortie de Sarnes se trouve un nouveau tunnel de plus de 4 km de long. Mais juste avant le tunnel, un policier me fait signe d'arrêter. J'étais en train de manger une tartine de pain, et j'avais la bouche pleine. Il me fait baisser la vitre et s'adresse à moi dans un excellent anglais. Contrôle alcohotest. Evidemment, l'eau norvégienne n'étant pas encore alcoholisée, le contrôle est négatif. Le type ne sourit pas du tout. Il regarde mon écran d'ordinateur; je l'ai mis sous une boîte en carton que j'ai bricolée afin de protéger l'écran des rayons du soleil, pour que je puisse toujours bien voir la carte. Vous savez ce qu'il me dit de faire ? De retirer la boîte, car ça gêne pour la visibilité, et c'est interdit en Norvège ! Je suis sidéré. Mais je m'exécute sans rechigner, ne cherchant pas d'histoire avec cet andouille, car j'ai bien l'impression d'être tombé sur une peau de vache. Il n'est pas encore satisfait. Derrière le pare-brise, il y a une toile blanche qui me sert de protection contre les regards indiscrets, ou contre le soleil. Cette toile est gênante, dans votre rétroviseur droit, me dit-il en se penchant à l'intérieur de Mygoo. J'ai envie de le giffler. J'aplatis la toile, il vérifie que ça ne se voit plus dans le rétroviseur. Il cherche quelque chose d'autre, c'est un véritable emmerdeur. Ne trouvant plus rien, il me demande les papiers du véhicule, qu'il inspecte lentement. Puis il me dit : "c'est bon, circulez". Pendant tout ce temps, des voitures sont passées, ils n'ont arrêté personne (il y avait d'autres policiers sur le parking). C'est un véritable scandale. Franchement, avec un sale type comme ça, heureusement que j'avais ma ceinture, mes phares, et que je roulais tout doucement, comme d'habitude. Il est 11 heures du matin. Très sincèrement, quel est l'indice de probabilité de prendre un touriste d'âge proche de la retraite en état d'ébriété à 11 du matin à quelques kilomètres du Cap Nord ? Un par an ? Un tous les dix ans ? C'est plus que lamentable, c'est tout simplement honteux. Ce n'est pas une façon d'accueillir les touristes. Est-ce que la Norvège a quelque chose contre la France en ce moment ? De plus, me faire retirer le carton, déplacer le rideau, c'est de l'abus de pouvoir caractérisé ! Eh bien, mon amour du norvégien est en train de fondre comme un cachet d'aspirine dans l'eau. Quel fumier, ce type, je n'en reviens pas. Il faut que je me calme, car il serait capable de me gâcher une si belle journée.

A la sortie du tunnel, Honningsväg apparaît, bâtie sur un cap. C'est moche. Ou c'est laid, au choix, comme vous voulez, choisissez votre adjectif. Et sans aucune animosité de ma part, c'est comme je le pense. Je m'attendais à un petit bijou, au vu de la pub' qu'ils en font. En plus de ça, les abords de la ville sont extrêmement sales. Il faut dire que vivre ici... sans doute que le flic habite là, ce qui pourrait expliquer sa haine du touriste, qui vient, mais qui, surtout, repart. Il est jaloux !

Je visiterai au retour. Pour l'instant, je n'ai absolument aucune envie d'y mettre mes roues ! La E69 contourne maintenant un petit fjord, le Skipsfjorden. Toujours pas d'arbre. Des pierres, rien que des pierres. Et les maisons des autochtones. Les pauvres ! Il y a de quoi devenir fou que de vivre ici.

Depuis Skipsfjord, vue arrière sur le Skipsfjorden, entièrement entouré de montagnes complètement nues.

La route grimpe en un lacet; une cycliste est descendue de son vélo qu'elle pousse dans la côte. C'est dur, ici, pour tout le monde. Même pour les Kangoo, à la merci des flics locaux. Vue arrière. Je suis surpris par le relief. Cette île du cap Nord, au-delà du lieu en soi, vaut le détour pour ses différents aspects. Elle est bien particulière.

Puis la E6 traverse un bout de plateau. Au nord-ouest apparaît le Tufjorden.

La route passe ici entre 150 e 200 mètres d'altitude. Un petit lac. Pas un arbre.
Franchement, qui, à part un norvégien, viendrait bâtir un chalet ici, dans un tel cadre ? Terrifiant !

Au loin, après les deux petits lacs, on distingue un embranchement. A gauche, c'est la E69. A droite, une petite route conduit au village de Skarsväg.

Je viens de passer l'embranchement; je suis sur la E69 qui pénètre sur la dernière partie : la Nordkapphalvoya.
Il y a des rennes un peu partout dans les pentes.

Le Kjeftavatnet, à 73 mètres d'altitude. La E69 grimpe à nouveau.

La route passe au-dessus du Tufjorden. La pente est forte, c'est très surprenant. Le petit renfoncement, c'est le Risfjorden.

Coup d'oeil arrière.

Il pleut toujours quelques gouttes. Le compact n'a pas fait la bonne mise au point.... On voit parfaitement bien les gouttes sur le pare-brise, entre deux passages des balais d'essuie-glace ! On distingue un peu moins bien la E69. C'est comme ça qu'on voit la route, quand on picole. Pas bien.

Ceci dit, quand on la regarde sans loucher, c'est pas très gai non plus, hein !
Quel pays, mes enfants, quel pays terrifiant !

Soudain... Mais oui, mais c'est bien sûr, ce sont....

Les camping-cars des touristes, c'est le grand parking du Nordkapp.

Nous y voici.

Devant moi, moins de 15 véhicules. Je dirais 12 ou 13, grand maximum. Et nouvelle déconvenue norvégienne.... Il est 12h18. Et il est 12h55 quand arrive mon tour. Pratiquement 40 minutes d'attente. Comme dans les passages frontaliers des ex-pays de l'est, et encore ! C'est incroyable. Alors, voyez-vous, je pense que les employés font une grève... du zèle. Car en fait, le garçon qui m'accueille est fort sympathique, souriant, plein de bonne volonté, prend tout son temps pour répondre, en rajoute, bref, tout sauf.... norvégien ! Peut-être ont-ils des soucis depuis la fermeture du péage du tunnel.

Restons zen. Cette fois, ça y est, nous y sommes.

Il y a deux tarifs. J'opte pour le moins cher, celui qui ne donne droit ni au film, ni au musée. C'est la seule différence. Et le prix, aussi, qui diffère. 80 NOK de plus, si mes souvenirs sont exacts. Mais, me dit l'employé, vous pouvez aller dans le bâtiment, vous avez accès aux commodités, toilettes, Internet, parking, etc.

Le film est sympa, mais il ne dure que dix minutes. Quant au musée, pour être objectif, si tu ne le vois pas, tu ne perds absolument rien. Ceci dit sans passion ni haine. Par ailleurs, il doit y avoir 99,99 % des touristes qui prennent "avec". En effet, quand tu as parcouru tout ce chemin, tu prends "la totale". Sauf moi. Après le coup du flic, c'était impossible. Et j'ai bien fait. car les norvégiens savent que 99,99% des touristes prennent le prix fort; du coup, ils ne vont pas payer quelqu'un pour effectuer des contrôles ! Donc.... à bon entendeur !

Je pose Mygoo. Bien entendu, le parking, à ce prix, n'est pas goudronné !

Je sors aussitôt inspecter les lieux.

Il fait froid, il y a du vent, mais les fleurs poussent quand même !

Alors la voici enfin, cette fameuse falaise. Et le globe qui va avec.

Là, tout le monde se photographie, et tout le monde photographie tout le monde.
Vous avez vu, il y en a un qui fait des pompes !

Et voici le bâtiment, avec le restaurant panoramique à côté.

Facile de trouver un photographe. Tout le monde sourit, tout le monde est heureux.
Il règne ici une Atmosphère spéciale.

Je décide d'aller sur l'autre facile, à l'est, un peu plus loin, histoire de photographier celle du Cap Nord.

On aperçoit bien le restaurant, presque plus le globe. Mais on le devine.

Je discute avec des hollandais fort sympathiques. Je les reverrai ici demain, enchantés.

Nous nous photographions mutuellement. C'est génial.

Le petit vient de me voir, et le dit à sa mère. "Regarde, maman, c'est le français qui a été contrôlé à l'alcotest avant de venir"....

Le troll du bâtiment.

Génial, je suis enchanté.
J'entends parler toutes les langues, il y a des touristes de toutes les antionalités, et ça me plait beaucoup.
J'ai visité le site, je retourne à Mygoo me reposer. Une longue sieste....

Après manger, vers 20h30, je retourne sur le site.

Là-bas, loin, très loin, le Pôle Nord, le nord de la Terre.
Mais ici, c'est le Cap Nord, le nord de l'Europe.

Fin de la route.

On me reprend en photo. Pourquoi pas, soyons fous !

Et je retourne dans Mygoo.

Au loin, le poste de péage; et la route du retour.


Je reviendrai voir à minuit.... Le vent est tombé, il semble faire moins froid aussi.

Minuit. Le soleil est derrière les nuages. Juste une lueur à l'horizon.

Minuit. Plusieurs bus sont venus emporter leurs cargaisons humaines.
Tout le monde est au spectacle. L'ambiance est extraordinaire, et j'adore ça.

Vers l'est.

C'est un vrai régal pour moi d'entendre toutes ces langues.

Retour vers Mygoo.
Sur cette 'terre' -mauvais mot, pour le lieu- ingrate, les campeurs dorment à même le sol. Aucun arbre, aucune protection.

Brrrr, je suis heureux de retrouver ma petite chambre.

 


Depuis le 06/06/2005 Visites:872574 Aujourd'hui :60 Maintenant:7 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)