Scandinavie 2012, étape 099

Jour 099 - Mardi 10 juillet 2012 - 293 km - 505 photos
(Total : 11603 km - 23212 photos)
De Kirkenes à Hamningberg (Norvège)

Nuit froide. Beau temps doux ce matin, mais frais, presque froid en fin de journée. Réveil 8h50, parfaitement bien dormi.

Me voici donc sur le chemin du retour, et je ne vous cache pas que ça me fait tout drôle, depuis le temps que j'avance. C'est donc la E6, la colonne vertébrale routière de la Norvège, qui a le privilège de m'accueillir, de temps à autre, au fur et à mesure de la descente. D'abord parce qu'elle est parfois incontournable, ensuite parce qu'elle est belle (en terme de paysages traversés), et enfin parce que je suis plutôt monté par d'autres routes. Comme, de plus, lors de mon voyage en scooter, je ne l'avais prise que dans le sens sud-nord, je n'hésiterai pas à l'utiliser dans ce sens. Vous pourrez donc, en parcourant les deux voyages, avoir une idée précise de cette route dans les deux directions. Je commence par traverser à nouveau la zone militaire autour de Kirkenes, puis je longe le Neidenfjorden, pour ensuite pénétrer dans le Munkefjorden, ici. Le lieu s'appelle Sandneset, à l'embouchure de la Neidenelva (dont je vous ai déjà parlé; à ce propos, si vous cherchez quelque chose sur le site, tapez le mot dans la zone "recherche" en haut à droite, et vous verrez, c'est fort efficace !), et qui constitue une petite réserve naturelle, sans doute à cause des bancs de sable colonisés par les oiseaux.

Voici comment se présente la E6 le long du Munkefjorden. Notez que jusqu'à Neiden, c'est la même route qu'à l'aller.

Ah, ces fameux panneaux de signalisation de la E6, je les adore pour les distances indiquées.

Justement, la Neidenelva, la voici, en approchant de Neiden. C'est le royaume des pêcheurs.

Au même endroit, à Indre Neiden exactement.

J'entame donc une portion que j'avais passée en 2006, et dont je me souviens très précisément. La E6 longe de très vastes espaces, royaume des chasseurs. Ici, d'abord, une grande région marécageuse, la Ferdesmyra.

Puis sur une longue distance, cette zone entre la route et une chaîne montagneuse (entre 150 et 300 mètres seulement), traversée d'étangs et de marais, et d'une vaste forêt qui, semble-t-il, a brûlé en partie. C'est surtout cette région qui doit être parcourue par les chasseurs; j'avais photographié des cartouches vides lors de mon précédent périple.

Il faut être très vigilant, car les rennes sont nombreux dans la région, et les troupeaux traversent presque toujours en dehors des passages cloûtés. Et comme on n'a plus le droit, maintenant, d'écraser ni bêtes ni gens, il faut faire gaffe ! Pffff, dans quel monde vivons-nous ! C'est le seul reproche que Mygoo me fait de temps à autre, elle regrette de ne pas avoir vécu dans les années 50 à 70, époque où les voitures avaient tous les droits sur la route.

De nombreux parkings jalonnent la route, qu'on distingue au loin à travers le paysage.

Le parcours de la E6 la fait passer à Bugoyfjord, au fond du... Bugoyfjorden, qui rejoint vers le nord-est le grand Varangerfjorden, que nous allons également rejoindre par la route, mais vers le nord-ouest.

Nous sommes donc sur une sorte de plateau, et la E6 contourne les petites buttes montagneuses (autour de 200 m), en frôlant bien entendu lacs, marécages et forêts. Mais vous connaissez la chanson, vous êtes désormais des spécialistes des paysages norvégiens.

C'est très joli, et avec un ciel comme ça, j'éprouve un vrai bonheur à rouler, fenêtre entrouverte, cheveux au vent, musique aux oreilles, et les beaux paysages qui défilent devant mes yeux. Je ne donnerais pas ma place pour un empire. Enfin.... je ne crois pas.

Et j'arrive en vue du Varangerfjorden. Or, sur ma droite, la montagnette est à la portée de mes jambes, et je me dis que je peux bien l'escalader !

Yes ! Vue dominante sur la E6.

Et sur le Varangerfjorden. Le voici ici dans sa partie terminale; il se poursuit vers l'ouest -à gauche, on y va- sur une bonne vingtaine de km, et sur une largeur d'environ 9 km. Et je vous dévoile déjà que nous allons poursuivre cette journée en longeant la rive opposée que vous voyez en face. Comme vous pouvez le constater, le terrain est ici peu montagneux, et on retrouve ces roches arrondies et douces du Grand Nord, que je n'affectionne pas particulièrement. En effet, je préfère les zones au relief nettement plus accentiué.

Sur le Varangerfjorden, un bateau passe : il est en train de déplacer une ferme marine !

Marins et agriculteurs, je vous l'ai déjà dit.

La "hacienda" norvégienne.

Plus modeste. Cette petite maison se trouve à Attegieddnjarga (oups !), en face de Veidneset, petite presqu'île longeant la côté, et formant un mini-fjord appelé judicieusement Veidnesfjorden.

Quand je pense que je vous disais que les norvégiens n'étaient pas sociables ! Alors là, franchement, si ce n'est pas être sociable que de faire caca avec son voisin, je ne sais plus quoi dire ! Dis chérie, t'aurais pas envie d'aller faire caca, qu'on discute un peu ? Calme assuré, très odorant, joli cadre bucolique, quelques insectes pour le fond musical, difficile de trouver plus sympa ! J'avoue prendre une claque et devoir rabaisser un peu mon caquet car, pour le coup, c'est moi qui ne suis pas sociable : je refuse de faire caca avec quelqu'un d'autre, sauf obligation absolue.

C'est donc un peu plus loin, peu avant d'arriver à Karlebotn, qui est le fond du Varangerfjorden, sur un beau parking aménagé pour pique-nique et toilettes, que nous avons découvert cette mode peu connue. Je dis nous, car j'ai rencontré ici ce couple de jeunes retraités qui m'ont offert un grand bol de café, et nous avons photographié les toilettes ensemble. Ou plutôt, ce sont eux qui me les ont fait découvrir, car j'aurais pu passer à côté sans le savoir, et très franchement, c'était un excellent spot culturel qu'il eut été dommage de manquer. Nous sommes bien restés plus d'une heure à discuter sur une table de pique-nique, un peu mangés par quelques moustiques, mais le bon temps passé ensemble en valait bien la chandelle. Je suppose qu'ils sont désormais avec leur fille, qui devait les rejoindre plus tard. Bonne route à vous, amis voyageurs, donnez-moi de vos nouvelles. Et merci beaucoup pour votre accueil et votre excellent café.

Jolie maison à Varangerbotn. C'est ici que je quitte la E6 qui part vers l'ouest, pour la direction opposée, sur la E75. J'ai choisi de faire cette route sur la recommandation de Pierrick, le cycliste français ornythologue rencontré à l'aller. Et ce n'est pas rien, car il s'agit d'un gros aller-retour, le village du bout de la route, Hamningberg, étant un cul-de-sac situé à... 160 km d'ici. Soit un crochet d'une bagatelle de 320 bornes. Mais si un cycliste l'a fait, Mygoo doit pouvoir le faire, non ? C'est juste que mon frein devient un problème important, que je vais devoir solutionner d'une façon ou d'une autre. En effet, je me vois mal poursuivre comme ça jusqu'en France. C'est supportable ici car le terrain est assez plat, mais dans les fjords du sud, ce sera fort délicat.

Je vais donc longer cette grosse péninsule (la dernière de Norvège puisqu'ensuite, c'est la Russie à l'est) et le Varangerfjorden jusqu'à la Mer de Barents. Je vais donc me retrouver à un moment donné en face et au nord de Grense Jakobselv, de l'autre côté du Varanger.

Eglise de Nesseby.

Maisons éparses le long du Varangerfjorden, à Nesseby.

Je trouve ici à Nesseby un excellent spot WiFi, et je vais y rester un moment, le temps de traiter mon courrier et de mettre le site à jour, car les spots libres sont extrêmement rares dans le nord, comme je vous l'ai déjà signalé.

C'est plat, très plat. Une colline de temps à autre, comme ici le Storfjellet, peu avant Mortensnes.

Le Storfjellet, qui culmine à.... 159 mètres.

Svenskeviken.

Klubbnasen.

Vestre Jakobselv et sa plage.

Pour ceux qui auraient oublié que nous sommes en Norvège...

Le petit port de Vestre Jakobselv.

Vadso, la grande ville de cette péninsule. Même ici, dans ce bout du monde où l'espace est infini, le stationnement est fort réglementé. Comme vous le voyez, la ville est construite sur la roche. Plus j'avance, moins il y a d'arbres, et la végétation se fait de plus en plus rare. A plus de 70 degrés de latitude nord, c'est le caillou qui prédomine !

Petit relief juste avant Kiby, au niveau de l'aéroport de Vadso. Cette péninsule est arrondie à son extrémité, et la E75 va donc remonter lentement, mais sûrement, vers le nord, puisqu'elle épouse la côte, pour ensuite carrément retourner vers l'ouest, et ainsi presque décrire un arc-de-cercle.

Traversée de Kiby. J'évite de devoir freiner, et donc de m'arrêter. C'est pourquoi vous avez de nombreuses photos prises en roulant, et dont la qualité, déjà bien piètre, se rapproche de mauvaise. Mais je trouve que ça donne une idée générale du paysage, et des villages traversés.

Hoyvik. Les villages sont ici très rapprochés, car nous sommes dans la banlieue de Vadso..

Lille Salttjern, juste avant Golnes.

Ekkeroy, sur la presqu'île Ekkeroya.

Zoom sur les maisons de Ekkeroy, au bout de la plage et de l'anse Innersida.

Krampenes.

Ne vous méprenez surtout pas sur la densité de la population. Seule la bande côtière est habitée. Et quand je dis bande, le terme est exact : la route, et un peu derrière la route, et c'est tout. Juste derrière, ce sont des immensités pratiquement vierges, du genre "pas un chat" pendant 50 km.... C'est d'ailleurs le parc national de Varangerhalvoya (qui est le nom de cette péninsule).

Sandbukta, la baie juste après Krampenes.

Entre deux villages....

Les moutons tondent l'herbe. Ce sont les seuls être vivants parcourant les plages !

Skallelv, entouré de dunes de sable. C'est le village que j'ai trouvé le plus charmant, en passant.

De l'autre côté du Varangerfjorden, on s'approche de la fin des terres norvégiennes pour se retrouver presque en face de la Russie.
Ici, l'embouchure du fjord dans la Mer de Barents avoisine les 30 km.

Vue arrière sur les maisons de Skallelv, de l'autre côté de la Matoniemenmukka, le joli nom de la baie.

Et le long ruban de la E75 se poursuit, monotone. Je gage qu'en vélo, ce doit être terrible. Mais les amoureux des oiseaux sont heureux, car c'est ici leur royaume. On peut aussi y observer des baleines et autres cétacés. J'ai regardé en roulant, je n'ai pas aperçu la queue d'une seule, à mon grand regret.

Komagvaer.

Le même, avec sa baie, la Komagvaerbukta.

Et c'est reparti pour une zone moins peuplée !

Kramvik.
Non, le capot de Mygoo est toujours blanc, c'est juste que le beau ciel bleu s'y reflète, et j'avoue que ça ne rend pas mal du tout.

Indre Kiberg.

Kiberg.

C'est à Kiberg que la E75 vire vraiment au nord. Elle s'écarte d'ailleurs de la côte plus rocheuse pour "couper" tout droit. Le Varangerfjorden fait ici 55 km de largeur. Presque pile au sud de Kiberg, à 55 km donc, se trouve Grense Jakobselv. Et la Russie.

Voici la E75 sur les hauteurs, juste au-dessus de Kiberg. La Mer de Barents est à droite.

Puis elle redescend sur le rivage. Nous arrivons à Vardo.

Cette très curieuse ville est entièrement située sur une île située à deux kilomètres de la côte.

Pour l'atteindre, il faut passer par un tunnel sous-marin. Pour ma part, je n'ai rien à y faire, mon but étant Hamningberg.

Ma route vire donc au nord-ouest. Elle est beaucoup plus étroite, et commence par traverser une zone semi-désertique. Quelques lacs. Beaucoup de pierres. Avant de retrouver le littoral. Ici, peu avant Persfjord.

Pierrick m'avait parlé d'un monde minéral. Il n'a pas menti.

C'est absolument incroyable, je n'avais jamais vu ça. Les maisons sont construites dans les pierres. Je suis tellement désolé que mes photos soient aussi minables, il faut bien le dire. Je ne comprends absolument pas, mais elles sont sans aucune netteté, et pire, sans aucune consistance. J'entends par là que les pixels sont très grossiers, il n'y a aucune finesse. Celles réalisées en roulant sont à pleurer tant elles sont misérables. J'espère vous donner au moins un aperçu des lieux, qui sont d'une extraordaire beauté.

Les 160 km se justifient pleinement, à mon sens, pour ces 30 derniers kilomètres qui sortent du lot. Plage de Persfjord. Car il y a une quantité phénoménale de pierres de toutes sortes, de toutes les couleurs, de toutes les formes possibles et imaginables, mais on y trouve également de grandes et belles plages comme celle-ci !

Vue arrière sur Persfjord et sa baie. Le ciel se charge soudainement et rapidement.

Zoom sur les maisons de Persfjord. La falaise culmine aux alentours de 140 mètres... seulement, alors qu'elle paraît bien plus élevée.

Comme un jeu de dominos géants. Je vous assure que c'est phénoménal, et je pleure mon réflex !

Hamna.

Plage de Vesterelva.

Regardez comme le premier est fier et hautain ! Les petits sont adorables. Sauf les petits humains, qui sont nettement moins drôles. Enfin, c'est mon avis, je sais qu'ils font craquer les femmes. Pour ma part, j'ai beaucoup plus envie de prendre un petit mouton dans mes bras qu'un petit d'homme.

Revenons à nos moutons.... Horrible photo, je ne sais pas pourquoi je la laisse ! Pour le tracé de la route ?

La forme des pierres est inimaginable. Franchement, si vous le pouvez, allez là-bas. Pour quelqu'un qui aime faire de la photo, et qui a un bon appareil, et qui prend son temps, et qui réfléchit à la position du soleil, etc... eh bien, il y a de quoi passer deux ou trois jours à réaliser de véritables chef-d'oeuvres photographiques, avec une variété considérables de formes et de couleurs. Ceux qui aiment les pierres seront également généreusement servis, c'est un eldorado.

Il fait de plus en plus frais, voire même froid. Regardez, nous sommes presque au niveau de la mer, et il reste encore quelques blocs de neige, ce qui donne une idée du climat régnant en ces lieux désolés.

Sandfjord.

Derniers tours de roue avant Hamningberg. Les rennes sont partout.

Sandfjord.

Ce troupeau a traversé deux fois devant les pneus de Mygoo.

Deux solitaires affamés. Ils mangent comme s'ils n'avaient pas mangé depuis des semaines !

Je croise un cycliste, et j'avais mal pour lui. Il fait très froid, il fait curieusement sombre, et je n'aurais vraiment pas voulu être à sa place.
Pierrick, félicitations pour être venu jusqu'ici, il fallait le faire !

Le bout de la route.

Formidable. Il y a un parking, avec camping autorisé, ainsi que des toilettes. Là, pour le coup, je remercie ce petit village d'offrir ça. Non pas que ce soit cher (le parking est fait de cailloux), mais parce qu'il est agréable d'avoir le droit de camper ici. Je suis vraiment fatigué ce soir. Je viens de faire pratiquement 300 bornes sans aucun repos, il est 20 heures et grand temps que je me pose.

Mais je vous avoue que ce lieu est magique.

 


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