Scandinavie 2012, étape 100

Jour 100 - Mercredi 11 juillet 2012 - 293 km - 235 photos
(Total : 11763 km - 23447 photos)
De Hamningberg à Gornitak/Varangerbotn (Norvège)

Plutôt beau temps, mais venteux et froid. En-dessous de dix degrés. Il est pratiquement dix heures lorsque je décolle ! Il faut dire que j'étais vraiment fatigué hier soir.

J'avais remarqué une piste qui longeait le parking; elle est encore là ce matin, exactement comme je l'avais prévu. Elle ne fait que quelques centaines de mètres et conduit sur une crique, la Skjavika, située à l'embouchure du Syltefjorden dans la Mer de Barents. Le Syltefjorden sépare donc cette péninsule, inhabitée dans cette partie nord, de la suivante (au nord-ouest), laquelle n'est habitée, pour sa part, qu'au fond du Syltefjorden, dans deux hameaux, Nordfjord et Hamna, et tous deux situés à une vingtaine de km à l'ouest d'ici par mer, mais que l'on peut atteindre par la route. Pour ça, il faut être prêt à parcourir la bagatelle de 304 km, et comme il s'agit d'un cul-de-sac..... Donc, si je voulais partir d'ici à Hamna et en revenir, ça me ferait 608 km, au lieu de 40 km par bateau ! C'est tout simplement incroyable, et c'est la raison pour laquelle je tenais à vous le signaler ! Un autre village, plus près, situé presque en face d'ici, Ytre Syltefjord, n'est joignable que par bateau !

Je suis allé me promener un peu sur la grève. Devant vous, la Skjavika et Gamvikneset, l'autre côté de la baie.

Toutes sortes de débris, fruits de la technologie humaine, jonchent le rivage. En face, la rive opposée du Syltefjorden.

Puis je m'aventure dans les terres.... Ah, les terres, ce sont plutôt des pierres, comme ceci, en partie recouvertes de mousses et lichens. Ces roches sont trsè souvent disposées en longs alignements, et sont très souvent éclatées comme ici, faisant penser à des ouvrages humains. Et entre ces pierres, et les innombrables monticules qu'il faut sans cesse escalader puis redescendre pour avancer, des flaques d'eau, des mares, des marais miniature, car comme partout en Norvège (du moins pour ce que j'en ai vu), le sol est imperméable et l'eau stagne !

Puis je vais visiter Hamningberg, qui le mérite bien. J'ai pensé à toi, Antoine, car tu voulais voir un peu plus d'architecture dans ce voyage.

Celles-ci sont évidemment bien plus vieilles.

Voilà, c'est terminé. J'ai beaucoup aimé ce petit village. Voici son aspect général, une vue arrière alors que je viens d'effectuer le demi-tour.

Et nous voici donc à nouveau sur cette route extraordinaire de 30 km, étroite, sinueuse, avec parfois de jolies lignes droites, permettant de rejoindre la E75 près de Vardo, et sur laquelle on a l'impression, par moments, de rouler sur Mars ou sur la Lune, sauf en ce qui concerne l'eau. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je regrette de ne pas avoir emporté d'appareil-photo lors de mes voyages sur ces deux planètes, je m'en mords encore les doigts (d'autant plus que l'accès en est désormais interdit), et c'est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas comparer, mais vous pouvez au moins me croire sur parole.

Le sol est jonché de cailloux, par endroits de gros galets, les montagnes au loin sont d'immenses pierriers, c'est inimaginable.

Cherchez l'erreur !

Je vous l'ai dit et je le répète, je dois mes voyages aux routes, et je leur dédie tous ces reportages. Sans elles, je ne serais jamais parvenu jusqu'ici, car je ne suis pas assez sportif. Sans les routes, seules nos jambes nous permettent d'avancer, et les cyclistes eux-mêmes seraient coincés ! Je ne vous cache pas que j'aimerais énormément marcher pendant des jours et des jours, un peu partout en Europe. Mais pour ce faire, j'ai besoin que l'on porte mes bagages, car je suis bien trop fainéant pour le faire. J'ai bien songé à voyager avec un animal de bât, mais ce n'est pas si simple : il faut en effet s'en occuper, le soigner et le nourrir. Aucune solution n'est parfaite, comme toujours, chacune offrant ses avantages, mais ayant ses inconvénients. Il me semble quand même qu'un groupe d'esclaves serait la méthode la plus intéressante, mais ce n'est malheureusement plus autorisé ! Les temps ont bien changé, et je ne suis pas certain que ça aille dans le bon sens. En effet, même écologiquement, la solution des esclaves était également fort intéressante.

N'y pensons plus, c'est interdit.

Arrivée à Sandfjord. C'est ici qu'un troupeau de rennes a traversé plusieurs fois devant moi, hier soir.

A Sandfjord -mais pas seulement-, les maisons sont au milieu des pierres. En ce qui concerne les pierres, je n'ai malheureusement pas pris la peine de m'arrêter pour vous montrer à quel point certaines sont pointues et acérées comme des rasoirs. Regardez ici les pointes qui surgissent de la mousse, dans le groupe de pierres situées devant la maison. Par endroits, elles sont alignées comme le sont les écailles sur le dos d'un crocodile, ou des sauriens préhistoriques. Mes freins m'ont empêché de réagir lorsqu'il le fallait, ainsi que, il faut bien l'avouer, l'étroitesse du ruban asphalté, inadéquate au stationnement intempestif !

Les embouchures des rivières et des fleuves figurent parmi les paysages que j'aime tout particulièrement. Ici la Sandfjordelva.

Et une petite vue arrière sur la jolie plage, déserte, de Sandfjord.

Ah, voilà un exemple de ce que j'essayais de vous expliquer : une dorsale minérale.

Elles sont alignées par dizaines, et sur plusieurs centaines de mètres, et plongent en mer.
C'est pour ma part le paysage minéral qui m'a ici le plus impressionné.

Près de Finnvika.

Vous savez, les montagnes de ces péninsules du Grand Nord sont de faible altitude, et donc accessibles à tout un chacun. Nul besoin ici d'être alpiniste pour les escalader, et si l'une ou l'autre d'entre elles est délicate, il est toujours aisé de la contourner, ou de l'attaquer par une autre pente. Ainsi, je garde en tête le regret de ne pas être allé dans ces terres, vers l'intérieur de ces régions si peu fréquentées par l'homme. Le faire seul manque d'attrait, -partage de l'aventure, sécurité, mise en commun des moyens, intendance- mais j'aimerais un jour tenter la traversée d'une de ces grandes péninsules nordiques. Si un ou des lecteurs (trices) étaient tentés par ce projet, je suis prêt à revenir ici sur ces terres froides et de peu de relief, mais néanmoins quelque part envoûtantes et belles, certainement à cause de leur sauvagerie et de leur immensité.

Petite rivière se jetant dans la Finnvika.

Un peu partout, du bois flotté et autres objets, déposés ici au hasard des courants marins.

Dans les pentes du Seglkollfjellet (291 m).

Ici, à une altitude d'environ 50 ou 60 mètres, au bord de la mer, il reste encore des pans de neige gelée au mois de juillet !

Un bon réflex, de bons objectifs, un trépied : il y a ici de quoi réaliser des photos extraordinaires !

Vue arrière le long de la rive ouest du Persfjorden.

Embouchure de la Vesterelva dans le Persfjorden.

Admirez au loin les magnifiques aiguilles rocheuses (zoom de la précédente).

Et la route, toujours la route. Qu'y a-t-il au-delà ce cette butte ?

Ceci....

Vue arrière sur Hamna (rien à voir avec celui dont je vous parlais au début de ce reportage), au fond du Persfjorden.

La plage de Persfjord.

Et les maisons de Persfjord.

Le royaume des oiseaux...
Ici, à l'embouchure de la Tverrelva et de la Austerselva, toujours à Persfjord, les deux rivières se réunissant juste un peu plus haut.

Plage de Persfjord, Hamna en face (vue arrière). Admirez les formations géologiques naturelles. Et fantastiques.

Hamna toujours.

Au loin, près de la pointe Seglodden, on aperçoit la route que je viens de vous décrire, là où il demeurait un peu de neige !

Cette rive du Persfjorden est plus douce.

Prestnaeringen.

Prestnaeringsbukta.

Dans cette dernière partie, la route s'éloigne du rivage.
Pierres, herbes, mousses, lichens, marécages, mares, lacs.... à perte de vue !

Un pêcheur, perdu ici au milieu de l'immensité.

Et ce qui se voit le plus ici, c'est l'absence des arbres. Il n'y en a pas un seul !

Traverser la péninsule, ce serait parcourir ce genre de terrain sur une centaine de kilomètres. Ou bien davantage encore, si on le veut !

On aperçoit maintenant Vardo.

Je vous rappelle que c'est une île !

Le Serguei Makarevich, bâtiment soviétique, est à quai.

Et je retrouve la E75, largement photographiée hier soir. Ici, une vue arrière sur Indre Kiberg.

La baie de Indre Kiberg.

A gauche la mer, à droite les terres inhabitées.... ce qui n'étonnera pas grand monde !

Kramvik.

En approche de Komagvaer.

Zoom sur l'autre rive du Varanger, depuis la pointe Kommagnes.

Le joli village de Skallelv, à l'embouchure de la Skallelva.

Lille Salttjern, le Varanger et sa rive sud.

Du même endroit (Lille Salttjern), vue arrière sur Ekkeroy et la Innersida.

Finalement, ça ne me plait plus ici, je vais changer de poste. Résidence secondaire itinérante.

J'arrive à Vadso à 14 heures. Je vais à la grande station repérée hier, désireux de faire examiner et peut-être réparer mon frein. Le gars m'envoie dans un garage à la sortie de la ville. En attendant, je vois ces belles saucisses chaudes et appétissantes et je décide de me faire un cadeau.... Hummm, c'était délicieux.

Bien, je vais au garage, mais le patron me dit qu'il n'a absolument pas le temps de s'en occuper, son garagiste spécialisé Renault étant en vacances. Il m'envoie chez Nissan, un peu plus loin. Cette fois, l'employé de l'accueil accepte de regarder -30 secondes, mais c'est mieux que rien- et le diagnostic est sévère : disque détérioré, plaquettes totalement usées. Il me dit que Nissan vend aussi des Kangoo, sous un nom que j'ai oublié, et qu'il peut donc avoir les pièces. Avec les numéros de ma carte grise, il téléphone pour avoir les prix et les délais. 3000 NOK de réparation, les pièces devraient normalement arriver lundi. Soit pratiquement une semaine d'attente. Ici ! Je dis "non, merci", et je repars, inquiet ! Il me donne toutefois deux conseils intéressants : faites réparer en Suède, (nous faisons venir les pièces de là-bas, me dit-il), et il y a une concession Renault à Kiruna. Or, Kiruna, je m'en souviens, est prévu dans mon trajet. En tout cas, merci à ce norvégien d'avoir bien voulu s'occuper de mon problème, c'était fort sympa.

En approche de Vestre Jakobselv.

Le Storfjellet, la seule butte importante de cette longue E75, vue cette fois depuis l'autre côté. Puis j'arrive à Nesseby. Je vais donc au même spot Wifi trouvé hier après-midi, mais cette fois, j'ai oublié -une fois de plus- d'éteindre les phares ! Mygoo refuse donc de repartir, batterie trop faible... Je sors de la voiture, un camping-car arrive au même moment. Des retraités allemands. Ils ont un câble, et sont tout heureux de me dépanner. Ils me disent pratiquer la France depuis de nombreuses années, et qu'ils ont toujours été bien accueillis chez nous. Ce qui est incroyable, c'est que dix minutes plus tard, je roulais de nouveau, dépanné !

Deux minutes plus tard, contrôle radar à la jumelle dans Nesseby !

Quoi, Jef est allé à la pêche ? Pas possible !

Non, vous avez raison. Peu après, je trouve un beau parking aménagé muni de belles toilettes, à Gornitak. Sur le parking, un camping-car Suisse, un français, un suédois. Je décide de passer la nuit ici. Les français, Guy et Mauricette, sont de charmants retraités et grands voyageurs des Deux-Sèvres, près de Niort. Ici, ils sont en camping-car, mais ils font aussi de la caravane, ainsi que de grands voyages organisés. Guy est pêcheur, et il en a pris huit entre hier et aujourd'hui. Et pas des petits ! 60 cm est leur taille moyenne. C'est donc sa pêche, enfin, ce qui va aux mouettes, que j'ai photographiée.

Guy et Mauricette, avec leur chien, devant leur camping-car.

Guy a 78 ans, et j'espère pouvoir me balader encore comme ils le font lorsque j'aurai son âge. Nous avons bien discuté plus d'une heure dans leur camping-car, devant un bon verre de ricard, mon premier apéritif depuis si longtemps. Ils m'offraient gentiment du poisson tout frais pêché, mais je leur ai expliqué que je ne faisais pas de cuisine. Les Suisses, fort sympathiques, ont également hérité d'un poisson -c'est comme ça, avec eux deux, ils sont extrêmement généreux. Un énorme merci à vous deux pour votre accueil si chaleureux, dans ce nord norvégien si froid.

Il fait d'ailleurs trop froid, sinon Guy serait retourné à la pêche vers 22 heures, une heure après le début de la marée montante : important, ça ! Il est 19h30 lorsque je rentre dans mon bureau : autant dire que je n'ai aucune envie de bosser, désolé les amis ! Sauvegardes des données de la journée, et duvet-lecture-cinéma !

 


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