Scandinavie 2012, étape 101

Jour 101 - Jeudi 12 juillet 2012 - 265 km - 561 photos
(Total : 12028 km - 24008 photos)
De Gornitak/Varangerbotn à Hoyholmen (Norvège)

Météo un peu moins froide ce matin, mais c'est couvert. Alors que je reviens des toilettes, Guy ouvre la porte de son camping-car et m'invite au café, puis en fait au petit-déjeuner, carrément ! Tartines grillées, c'est la première fois depuis mon départ, du miel également, du beurre, quel délice ! Et il fait bon dans leur "home". Du coup, on discute, on discute, et je pars finalement à 11h30 !!! Les suisses sont venus entretemps remercier Guy et Mauricette pour le poisson qu'ils ont savouré. Guy reste pêcher ici aujourd'hui encore, et ils iront demain à Hamningberg. Je les quitte à regret. Bon voyage à vous deux, et merci encore pour votre gentillesse. Ce fut une très belle bulle.

Je vais d'abord à Tana Bru. Beaucoup de souvenirs pour moi, ce hameau. Tana Bru, ça signifie le pont de la Tana. Souvenez-vous, la Tana, c'est cette très belle rivière que j'ai déjà longée un peu, après Karasjok, et qui sert de frontière entre la Norvège et la Finlande sur une belle distance. Je vais à l'Office de Tourisme demander l'avis du gars du pays sur un dilemne que je me pose. J'ai en effet envie de retourner une dernière fois au nord avant de redescendre, mais je ne peux pas tout visiter, car je vous l'ai montré, les distances sont ici énormes. Et il faut systématiquement tout multiplier par deux, car ce ne sont que des cul-de-sacs. Donc, j'hésite entre aller à Mehamn au bout de Nordkinnhalvoya, ou aller à Berleväg, au bout de Varangerhalvoya, la même péninsule qu'à Hamningberg. C'est d'ailleurs la Tana qui sépare les deux péninsules, et le village se trouve d'ailleurs sur Nordkinnhalvoya. Le gars du Turistinfo est formel : il me conseille absolument de monter à Berleväg plutôt qu'à Mehamn, car il y a beaucoup de travaux sur la 98 (pour Mehamn), et en plus, il trouve le paysage bien plus joli, et c'est moins loin. Que des arguments qui me plaisent. Je vais donc suivre son avis. Je fais un appoint en gas-oil (juste appoint, car le prix est très élevé, et je ferai le plein en Finlande).

La météo s'améliore au fil de la journée pour finir avec un ciel bleu et une température douce au bord de l'estuaire de la Tana.

Donc, cette photo, je l'ai prise alors que je roulais sur le pont de la Tana pour retourner sur Varangerhalvoya.
Bien sûr, je prends à gauche la route 890, alors que je suis arrivé ce midi de la droite. Mais tout le monde avait compris !

La première partie de la route se passe en forêt. Malheureusement, il n'y a pas de parkings aménagés, et on ne voit pas la grande rivière, ce qui me frustre beaucoup. En effet, j'adore longer de tels fleuves, mais à condition de les voir en roulant ! Comme les rives sont en pente fort douce, la route est construite au plus simple et au plus court, et ce sont donc de grands tronçons de ligne droite au mileiu de la forêt. Des agriculteurs sont installés le long de la Tana, et il y a donc des chemins de traverse conduisant chez les habitants...

Heureusement, au bout d'une trentaine de kilomètres, la falaise se rapproche de la Tana.

Et je finis par la voir, ouf ! Je trouve un tout petit parking, et c'est là que je prends mon repas : il est 13h30 !

La Tana fait ici presque 2 km de largeur, mais son lit est encombré de grands bancs de sable.

J'arrive ici à l'estuaire de la Tana, qui se jette dans le Tanafjorden. Il y a là de grands bancs de sable, et une piste que je vois sur ma carte permet presque de traverser la totalité de son embouchure ! J'irai voir ça au retour.

Berleväg se trouve tout au bout de la branche ouest de Varangerhalvoya, mais la côte sud de cette branche, qui longe le Tanafjorden, est inhabitée. C'est pourquoi la 890, après le contournement de la crique (Store Leirpollen) ci-dessus....

s'enfonce dans la péninsule vers l'est. Pour ce faire, elle doit donc grimper sur le plateau, à travers la Juladalen et cette belle forêt.

La forêt disparaît très vite ! Eh oui, c'est le Grand Nord, ici. Et la zone d'alpage, au-dessus des forêts, est déjà atteinte aux environs de 250 mètres ! C'est absolument incroyable. Et je me retrouve soudain face à une étonnante et fantastique montagne, Hanglefjellet (619 m en son point culminant). On dirait une énorme saucisse de pierre d'environ 7 km de longueur, perpendiculaire à la route, et dont elle est séparée par une vallée de pierres cachée ici par la route.

Zoom sur Hanglefjellet. On dirait du marbre. La roche éclate par plaques entières qui se détachent et glissent vers le bas (attraction terrestre oblige). J'ai adoré cette montagne. Des chemins partent vers elle, on peut aller marcher dans les éboulis en bas des pentes, et j'y serais bien allé, mais comme toujours, il faut choisir. La route fait un 90 degrés, atteint un col, le Kongsfjordfjellet, à 326 m, et...

.... et l'on découvre l'immense plateau intérieur. Vous savez, je vous en ai parlé si souvent. Ici, au nord, c'est le monde minéral qui prédomine. Mais on retrouve bien les mousses et lichens, les zones imperméables et donc les marécages, et les mares, et les étangs, et les lacs.... De loin en loin, quelques buttes émergent, et il reste aussi quelques plaques de neige gelée.

De temps à autre, quelques habitations. Mais que font ici ces gens, de quoi vivent-ils ?

Le Geatnjajavri, lac situé à 220 mètres d'altitude, et que la route traverse sur un petit pont.

Je viens de traverser le lac. Vue arrière, sur les montagnes qui le bordent à l'est. C'est une montagne de cailloux qui l'entoure, il y a même une sorte de canyon au fond. Très sincèrement, ces montagnes sont faciles d'accès, et si je n'avais pas été seul, j'aurais aimé y aller en exploration.

La 890 reprend un peu de hauteur, pour parvenir à un embranchement peu après cette montagne. Tout droit vers le nord, la 890 poursuit sa course vers la mer et la branche ouest de la péninsule, alors que la 891 part vers le nord-est et Batsfjord; de là, une autre branche part encore plus à l'est vers Hamna et Nordfjord. Ceux qui ont de la mémoire (et qui ont lu ma prose) se souviendront de ces deux villages dont j'ai parlé alors que je me trouvais à Hamningberg.

Des mares jalonnent cet immense espace intérieur. Ce sont de petites dépressions; le terrain étant imperméable, la neige fond, l'eau stagne.

J'avoue aimer ces grands espaces.

Des rivières parcourent aussi le plateau. La 890 serpente en longeant celle-ci, la Kongsfjordelva. Et là, je traverse des hameaux de petits chalets, sans doute des chasseurs et plus certainement des pêcheurs. Et je ne voudrais pas passer plusieurs journées ici sans bouger. En effet, à chaque fois que je me suis arrêté pour prendre quelques photos, j'ai été assailli par des centaines de petits moucherons, et aussi par des moustiques. Horrible !

Puis la route atteint la mer, au fond du Kongsfjorden. Nous voici parvenus sur la rive est de la première branche de Varangerhalvoya.

La 890 va donc désormais suivre le rivage de la Mer de Barents, en longeant les fjords les uns après les autres, en direction de l'ouest.
Voici Kongsfjord, un très joli village.

Maisons sur Veidnes, petite presqu'île jouxtant Kongsfjord.

Pointe de Veidnes.

Et je retrouve avec un grand plaisir ce monde de pierres acérées, comme sur le rivage précédant Hamningberg.

Risfjorden.

En fond de fjord, on trouve de splendides plages de sable fin, sur lesquels seuls les oiseaux se font bronzer !

Le Risfjorden se termine en queue de poisson, et forme donc deux sous-fjords. Je viens de contourner le premier, le Oster-Risfjorden.

Et je reste à nouveau scotché par ces arêtes minérales descendant vers la mer, telles les dorsales de terribles monstres antédiluviens.

C'est d'une très grande beauté et, une fois de plus, je passe trop vite. Il faudrait prendre ici plusieurs heures, choisir le meilleur moment de la journée, arpenter ces terres et ces monts, et l'on pourrait saisir des images absolument extraordinaires de créations que seule la nature est capable de fabriquer.

Le fjord suivant est le Sandfjorden, et l'on comprend facilement pourquoi.
Curieusement, la falaise nord de ce fjord, appelée Sandfjordfjellet, est recouverte d'un nuage étonnant.

La voici, alors que je viens de contourner le fond du fjord et sa magnifique plage.

Et, une fois de plus, il serait merveilleux de prendre le temps de marcher sur ce sable que personne n'a sans doute foulé depuis bien longtemps.

J'adore ces rivages de la Mer de Barents.

Sandfjorden, naturellement !

Et encore un tapis d'aiguilles de roches. Fantastique !

Le phare de Kjolnes.

Et j'atteins finalement Berleväg, à 135 km de Tana Bru....

C'est un port de pêche. La ville n'est entourée que par d'immenses champs de pierres....

Dans la rue principale. Ce n'est pas le bout de la route, qui se poursuit sur la rive ouest, vers le sud-ouest, où se trouve un village, Store Molvik. Mais il est déjà 17 heures, et je crois que la route qui y conduit est une piste. Je fais demi-tour ici, j'ai vu l'essentiel de ce que je voulais voir.

La baie de Berleväg. Je viens de faire demi-tour.

Belle plage située peu avant d'arriver à Berleväg.

Et c'est reparti dans l'autre sens, pour contourner à nouveau les fjords.

A ce moment, je ne sais pas encore si je vais aller voir Bätsfjord. J'en ai envie, mais les distances sont grandes, et il faudra revenir !

Vous avez dit... minéral ?

Zoom sur Veidnes, au nord de Kongsfjord.

Belle maison bourgeoise à Kongsfjord.

Kongsfjord.

Kongsfjord toujours. J'ai beaucoup aimé ce village de pêcheurs.

Vesterbotn, tout au fond du Kongsfjorden.

Et je repars sur le plateau. Ci-dessus, quelques chalets perdus au coeur des moucherons et moustiques....

Je retrouve la Kongsfjordelva.

Rendez-vous compte ! C'est comme ça dans toutes les directions, sur des distances allant de 30 à 80 km !

Je suis arrivé au croisement avec la 891 qui file sur Bätsfjord, à 31 km d'ici, soit un détour de 62 bornes, et il est 18h40. JJe sais qu'il fait toujours jour, je sais que personne ne m'attend, mais c'est psychologique, et je n'irai donc pas.

Un troupeau de rennes traverse alors que je viens juste de passer le croisement.

Ils sont là-bas, dans le marécage, ce qui ne semble pas les déranger le moins du monde.

C'est fait, je viens de terminer la traversée de la péninsule, et je redescends vers l'embouchure de la Tana.

Je contourne à nouveau le Store Leirpollen, en face duquel se trouve cette étonnante montagne, Giemas, que les hommes sont en train de moudre...

Giemas toujours, superbe !

Vous vous souvenez, je vous avais dit que l'on pouvait s'enfoncer au bout de l'embouchure de la Tana.
L'endroit se nomme Hoyholmen.

Et c'est tout simplement magique. Le lieu m'a plu d'emblée. De plus, il y a là un petit parking et des toilettes, et rien n'indique que le bivouac y soit interdit. Il y a là un petit fourgon aménagé. C'est une jeune femme suisse, qui voyage avec son chien. Elle me dit qu'elle reste également ici.

Incroyable géologie de cette roche, qui se désagrège par plaques immenses. Les hommes s'installent en bas des pentes, inconscients !

Teltnes, en face.

Et l'on retrouve la belle Giemas, de l'autre côté !

Le vaste territoire ensablé, le no man's land recouvert à chaque marée, et qui forme l'estuaire de la Tana.

Au loin, à l'ouest, c'est Nordkinnhalvoya, la vaste péninsule entre celle-ci et celle du Cap Nord. La Tana nous en sépare.

Et vers le sud-ouest, la falaise longeant la Tana, le long de la 890, et au pied de laquelle j'ai mangé ce midi.

La boucle est bouclée, et elle était fort jolie.
Et je campe ce soir dans un endoit plein de charme que je vous conseille d'aller voir, si vous passez un jour près d'ici.

 


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