Scandinavie 2012, étape 102

Jour 102 - Vendredi 13 juillet 2012 - 235 km - 229 photos
(Total : 12263 km - 24237 photos)
De Hoyholmen à Karasjok (Norvège)

Nuit claire, encore ciel bleu ce matin. Il fait bon. Mais ça se couvre très vite. Il fera doux et très lourd en fin de journée à Karasjok.

Cela fait trois mois jour pour jour que je suis en Norvège. J'ai discuté un bon moment avec la touriste suisse ce matin, qui m'a fait réaliser qu'il y avait des toilettes sur le parking, alors que j'étais prêt à partir. Elle a voyagé 5 semaines en Corse, et elle est depuis 6 semaines en Norvège. Elle trouve les gens du nord horribles, en ce sens qu'ils n'ont aucune politesse. Encore une touriste outrée; elle me dit qu'elle ne reviendra pas dans ce pays à cause de ça. Ouf, je ne suis pas encore complètement taré, je ne suis pas seul à avoir observé ça ! De toute façon, peu importe leurs raisons d'être comme ils sont, ça les rend quand même pas mal "imbuvables" !

Puis ma voisine s'en va; elle part vers le nord et la côte, là où j'étais hier. Elle aime beaucoup observer les oiseaux. De mon côté, je m'installe au petit déjeuner ici. Je suis amoureux de ce lieu particulier, mais je pense que le ciel bleu y est aussi pour quelque chose. Du coup, il est déjà 10 h quand je plie bagages ! J'en ai même oublié d'aller voir les rennes en train de marcher sur le sable sur la grève, comme me l'avait signalé ma colocataire d'une nuit avant de s'en aller. Je le regrette, car ce devait être un moment magique, et je l'ai bêtement loupé.


En longeant le delta, j'aperçois un grand oiseau décoller, dérangé sans doute par le passage de Mygoo. Je stoppe aussi vite que possible, dans la mesure où je ne veux pas trop appuyer sur mes freins défectueux, mais c'est trop tard. Je me demande s'il ne s'agit pas d'un aigle royal, car je me souviens qu'elle m'avait parlé de ça hier soir avec émerveillement, mais n'étant pas trop "oiseau", je ne pensais pas en voir un.


Un moment plus tard, je le vois sur la grève; j'arrête à nouveau, mais il m'aperçoit et décolle, et je n'ai réussi qu'à obtenir ce malheureux cliché !
Alors, qu'était-ce ? Les spécialistes peuvent-ils se prononcer à la vue de ces deux mauvaises images ?


La piste est construite sur les dépôts accumulés au fil des siècles par la Tana, ou apportés par les marées, ce qui a généré une immense plage de sable.


Vue arrière sur la piste conduisant à Hoyholmen.


Alors que j'approche de la 890, et que la piste touche à sa fin, j'aperçois un beau renne solitaire au milieu de la route. Je stoppe Mygoo et descends de la voiture. Et c'est la surprise : il se met à foncer vers moi au triple galop. Je n'ai même pas eu le temps de réagir, car il a démarré alors que je faisais la photo. Puis en approchant de moi, il a heureusement bifurqué dans l'immense delta. Sans doute a-t-il pensé que je ne bougerais pas ? Etait-ce juste de l'intimidation ? Rétrospectivement, je suis un peu ébahi ! Il faut toujours se méfier avec les animaux, même avec des rennes habituellement très craintifs. Le bruit des freins de Mygoo lui a peut-être fait peur ? Allez savoir !


Il poursuit sa course bride abbatue dans ce grand espace, se dirigeant vers ses collègues, au loin sur la plage.
Sans doute est-ce le troupeau vu par la touriste suisse ce matin.


Je retrouve la 890 et ses belles lignes droites dans la forêt longeant la Tana. Les petits groupes de fermes se suivent tout du long. Ici, juste avant Bjerkenes, une petite chapelle, à droite.




Tana Bru. Comme vous pouvez le constater, le ciel s'est obscurci, il fait presque sombre ! Je retourne voir le gars de l'Office de Tourisme pour le remercier de sa bonne suggestion d'hier, et lui demander quel pays dois-je choisir pour mieux voir la rivière en descendant vers Karasjok : Finlande ou Norvège ? En effet, il y a une route qui suit la Tana sur chaque rive, et comme le fleuve sert de frontière... Il me répond sans hésiter : le côté finlandais est nettement plus intéressant, tout du long. Ne traversez pas à Utsjoki, restez sur la route 970. La E6, côté norvégien, est moins intéressante. OK, merci, je suivrai donc son conseil. Au passage, je voulais également être certain qu'elle était goudronnée de bout en bout, et il me le confirme.


La Tana, vue vers l'est, le pont se trouvant dans mon dos. Il y a des pêcheurs un peu plus loin, dans l'eau, avec des cuissardes..


Ici, c'est la pêche au saumon. Et comme vous pouvez le voir, seules les personnes habitant de façon permanente en Norvège sont autorisées à pêcher ! Les touristes sont seulement autorisés à dépenser leur argent...


D'ailleurs, cette pancarte le dit très explicitement, au même endroit. Sympa, comme accueil !


Très vieille habitation à Polmak, quelques centaines de mètres avant la frontière.


Entrée en Finlande.


La Tana sera la seule attraction de cette route.
Un peu plus loin, à la faveur d'une boucle, le courant s'accélère. Il y a ici beaucoup de pêcheurs, de chaque côté.


Qui vont même jusqu'à camper en plein milieu du fleuve, sur les îlots !


Les finlandais de ce bord, et les norvégiens de l'autre, je suppose.


Vue générale du site en question. On aperçoit au loin à gauche ma route 970.


Je suppose qu'il doit y avoir quelques frictions entre les deux communautés, quand je vois à quel point la pêche du saumon semble passionnante.




Quelques kilomètres plus loin, au lieu dit Pajukoste. En face, c'est une île, et elle est norvégienne.




Zoom sur l'île en question, qui porte le doux nom de Jeagilveaisuolu.


Vue générale du site, vers l'ouest. Comme vous pouvez le constater, le fleuve s'écoule majestueusement au milieu d'immenses forêts, et ce de chaque côté. La frontière s'étire ainsi sur 147 km jusqu'à Karigasniemi, et il n'y a qu'un seul pont sur ces 147 km, situé à Utsjoki, au kilomètre 47 après Polmak.


Je prends ma pause repas ici, à Vetsikko. Pas au bord de l'eau, que l'on atteint par un escalier fort pentu, mais sur le parking au bord de la route, en haut de la falaise. En effet, il y a énormément de moustiques tout au long du fleuve et dans la forêt, sans doute à cause de ce temps lourd et orageux.


Même endroit, vers le sud-ouest.


Voici justement le joli pont, à Utsjoki. La petite ville est finlandaise, bien entendu. Côté norvégien, ça s'appelle Roavvegieddi.


Campement same à Utsjoki. En fait, quand on voit les tentes, il y a généralement un petit commerce de souvenirs et d'artisanat.


Utsjoki : vers la Norvège. Comme prévu, je reste côté finlandais, et poursuis ma route le long de la Tana. En face, c'est la E6.


La Tana un peu plus loin.


J'adore ce fleuve.


Comme toujours dans cette région, il ne faut jamais dormir en roulant, car des rennes peuvent surgir à tout instant.


La photo, faite en roulant, est floue. Je la laisse juste pour vous faire une idée des paysages traversés. Cette partie est plus accidentée, et réserve donc quelques points de vue. Malheureusement, les parkings aménagés dans ce but sont presque inexistants. S'il y a un emplacement pour metre une ou quelques voitures, c'est simplement pour avoir un accès sur un lieu de pêche ! le reste ne semble pas les intéresser.




La forêt recouvre tout, partout, jusqu'aux berges.


Levajok, côté norvégien. Au loin, les sommets encore un peu enneigés sont à environ mille mètres.


S'il n'y avait pas le fleuve, ce serait bien monotone !


Nuit claire


Vue arrière.


Vue arrière sur le côté norvégien. De temps à autre, le cours du fleuve est encombré de bancs de sable, comme ici.


Celui-ci m'a supris en surgissait brusquement du bas-côté ! Désolé pour la photo floue, juste mise comme témoignage de la soudaineté de la rencontre.




En approche de Karigasniemi.


Je suis passé ici dimanche midi, le 8 juillet 2012, jour 97 du voyage. Je fais le plein d'essence avant de passer en Norvège, et m'offre un beau morceau de cochon grillé, bien chaud. Paiement en euros, Finlande oblige, et ça fait tout drôle.

Puis je file sur Karasjok, situé à une vingtaine de kilomètres, et où je vais bivouaquer, sur un parking, tout près du musée.

 

Ce soir à Karasjok, au supermarché, je suis très mal reçu par le gars tenant la caisse, extrêmement désagréable. Idem à l'Office de Tourisme de Karasjok, situé dans un grand magasin de souvenirs. Serveuse impolie, aucun sourire, franchement désagréable, limite hostile. Mais qu'ai-je donc fait ? Je ne risque pas de leur acheter quoi que ce soit de superflu ! Et pour couronner le tout, à l'Office du Tourisme, les cartes postales sont encore plus chères qu'à la boutique du Cap Nord, lieu pourtant réputé pour ses prix élevés. 10 NOK la carte, c'était 9 couronnes là-haut !

C'est curieux, quand même, de constater cet état d'esprit anti-commercial et cette mauvaise humeur latente. Je pense que vivre ici doit être encore pire que tout, car s'ils ont des froids extrêmes en hiver, en plus de la nuit noire, ils doivent supporter en été les innombrables moustiques, et de fortes chaleurs. Le tout dans un paysage d'une immense morosité, plat et marécageux, et recouvert de forêts, et généralement d'arbustes pas très jolis. Seules les belles rivières ont un certain attrait, à mes yeux. Du coup, contrairement aux autres régions de Norvège où, au moins, les paysages sublimes peuvent permettre de supporter les inconvénients météorologiques, il n'y a rien ici qui soit vraiment intéressant. Cette constatation ne vaut que pour moi, je comprends que certains puissent aimer cette région.

Ce n'est absolument pas mon cas. Je ne pense pas revenir ici dans ma vie.
Et le mauvais accueil, bien que n'arrangeant pas mon sentiment, n'y est pour rien.

Vous noterez également que je fais de longues étapes depuis quelque temps.
La raison est sans doute due aux paysages relativement monotones du Grand Nord.

 


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