Scandinavie 2012, étape 103

Jour 103 - Samedi 14 juillet 2012 - 388 km - 170 photos
(Total : 12651 km - 24407 photos)
De Karasjok à Kilpisjärvi (Finlande)

J'ai été réveillé à 2h30 par des moustiques : chasse pendant 10 minutes, il y en avait 5 ! J'ai beaucoup de mal à supporter ces insectes, et je ne pense pas être le seul. Il a plu quelques gouttes cette nuit. Ce matin, il fait doux, et le ciel est très couvert. Encore une belle journée qui se prépare pour les moustiques.

Je suis tout seul sur mon petit parking, et j'assiste à la préparation du terrain pour les touristes. Une jeune fille en tenue traditionnelle (les beaux costumes colorés du peuple same) allume un feu sous le tipi faisant partie du musée du peuple same, et qui se trouve juste derrière Mygoo. L'ouverture au public est à 9 heures, et j'aperçois les premiers touristes entrant dans le parc. Je retourne aux toilettes dans la même station de Karasjok que la dernière fois et, bien qu'il faille en demander la clef, on la reçoit avec le sourire, ce qui est fort agréable ici.


Il est pratiquement 10 heures lorsque je prends finalement la route, la 92, qui s'enfonce vers l'ouest-sud-ouest en direction de Kautokeino. Elle commence par longer une jolie rivière, la Vajamohkki, pas si large que la Tana, mais de même style, avec un lit souvent encombré d'îlots et de bancs de sable. Ici, juste avant Kentan, il y a au bord de la route une grande dune de sable grossier, et des sentiers sont aménagés. Je décide de l'escalader.


Comme vous le voyez, les bords de la rivière sont occupés par les pêcheurs. Il s'agit certainement ici du loisir le plus prisé des autochtones.


En redescendant.


Il n'y a pas de parkings aménagés, ou très peu, et comme les endroits où l'on peut photographier la rivière sont assez rares -la végétation cache très souvent la vue de l'eau-, je dois à chaque fois stationner sur la route, warnings allumés. Heureusement, la circulation est très faible.


Zoom pour vous montrer le type de forêt qui recouvre tout, jusqu'aux berges.Ce ne sont pas de grands arbres, plutôt des arbustes, et leur densité est assez souvent clairsemée. Par contre, le terrain est difficile, car imperméable comme toujours, et l'eau est partout sous forme de flaques, marécages, étangs, lacs...


De temps à autre, un ou deux chalets, ou une maison comme on peut en apercevoir une là-bas (vue arrière).



Très vite, la route devient monotone, exactement comme je le pensais en examinant la carte. Vous voyez là une image bien réaliste du plateau que je traverse. Les montagnes arrondies et recouvertes de forêt sont entre 400 et 500 mètres d'altitude, et s'étirent dans toutes les directions sur des dizaines et des dizaines de kilomètres. Le plateau est semi-désertique, en ce sens que l'habitat, rare, est généralement en périphérie proche de la route.


De temps à autre, des sacs poubelles ont été déchirés et accrochés sur des fils de fer; je n'ai vu ça que dans les territoires sames, jusqu'au Cap Nord. Si quelqu'un a une explication, je serais intéressé, car je n'en comprends pas la signification. A moins qu'il ne s'agisse de marquer une propriété privée ?


Rivière près de Coavddatmohkki (oups!). Des pistes partent d'ici dans plusieurs directions, certaines jusqu'à une vingtaine de km de distance, dans ce que j'appelle sans doute à tord le "bush". Au bout de ces pistes, quelques maisons... De quoi vivent ces familles dans un tel isolement ? Chasse et pêche, je suppose, à moins que ce ne soient des éleveurs de rennes ? En hiver, tout doit être recouvert par plusieurs mètres de neige gelée; les températures descendent ici jusqu'à 40 degrés sous zéro. Et la nuit règne ! Ce n'est certes pas une terre pour le commun des mortels.

Très sincèrement, je comprends qu'on puisse aimer ces territoires. Pour ma part, je préfère les déserts minéraux situés plus au nord, plus près de la mer, ceux que je vous ai montrés ces derniers jours. Cette préférence est d'ailleurs curieuse et m'étonne, car j'aime beaucoup les arbres, et il n'y en a pas là-haut, mais c'est ainsi.


Suossjavri. Avec une petite chapelle.

De nombreuses photos sont entachées de taches; ce sont les gouttes d'eau, ou les moustiques écrasés, présents sur le pare-brise de Mygoo. Elles ont été prises en roulant, et je vous les montre afin que vous puissiez avoir une idée de l'ambiance ressentie par votre serviteur tout au long de cette longue, longue route. Car les plus attentifs auront remarqué le kilométrage effectué aujourd'hui : 388 km. Je vous l'avais bien dit : les distances sont colossales, et ces territoires presque vides sont immenses.


Le Vuottasjavri. Ce lac est à 335 mètres d'altitude. A chaque fois que je sors prendre quelques photos, je ne m'attarde jamais. Les moustiques pullulent, et je ne m'y habitue pas. En retournant dans Mygoo, il y en a toujours un ou deux qui en profitent pour pénétrer dans mon habitacle. Ils ne lisent pas les pancartes : interdit aux moustiques, et me narguent avec leurs "zzzzzzz;;;;;" autour de ma tête ! Avant de repartir, je procède au meurtre systématique, moi qui ne suis pourtant pas un tueur. Mais en fait, il faut bien l'admettre : si !


C'est là que la pluie a véritablement commencé : lourde, intense, continue. Un peu plus loin, la 92 se termine en rencontrant la route 93, en provenance d'Alta. Je poursuis donc sur la 93 qui file sud-ouest vers Kautokeino.


Je traverse Kautokeino -ou Guovdageaidnu....- sous des trombes d'eau, sauf, curieusement, pour traverser la rivière.


Je viens donc de tarverser 130 km de terres presque vierges depuis Karasjok...

Kautokeino (Guovdageainnu suohkan en Same, Koutokeino en finnois) est une localité et une commune de la Norvège, située dans le comté de Finnmark. Le nom Guovdageaidnu est d'origine saami et provient de Guovda, qui signifie milieu ou moitié, et Geaidnu, qui veut dire route. Ensemble, ils signifient mi-chemin, car se trouvent au centre de la région et à mi-parcours de deux routes migratoires traditionnelles et à ce titre l'un des centres historiques et traditionnels du peuple saami. La principale activité économique de la localité est l'élevage des rennes. C'est également un centre d'enseignement et de culture (cinéma, théâtre).

Kautokeino est la localité la plus méridionale du Finnmark, et voisine Alta au nord, Karasjok à l'est, Nordreisa et Kvænangen du comté de Troms à l'ouest, et Enontekiö en Finlande au sud. Avec 9 704 km2, c'est la commune la plus étendue de Norvège. Quelque 10 000 lacs et étangs couvrent 640 km2 de sa superficie. On compte environ 86 femmes pour 100 hommes. Plus de 50% de sa population a moins de 30 ans. La rivière Kautokeino coule d'un lac proche de la frontière finnoise, puis passe par Kautokeino et Máze avant de rejoindre Alta, pour prendre le nom de rivière Altar. La rivière est généralement désignée en son ensemble Kautokeino/Alta-vassdraget.Kautokeino est la localité la plus méridionale du Finnmark, et voisine Alta au nord, Karasjok à l'est, Nordreisa et Kvænangen du comté de Troms à l'ouest, et Enontekiö en Finlande au sud. Avec 9 704 km2, c'est la commune la plus étendue de Norvège. Quelque 10 000 lacs et étangs couvrent 640 km2 de sa superficie. On compte environ 86 femmes pour 100 hommes. Plus de 50% de sa population a moins de 30 ans. La rivière Kautokeino coule d'un lac proche de la frontière finnoise, puis passe par Kautokeino et Máze avant de rejoindre Alta, pour prendre le nom de rivière Altar. La rivière est généralement désignée en son ensemble Kautokeino/Alta-vassdraget.


L'accalmie a été de très courte durée. La 93 file ensuite plein sud en direction de la Finlande.




De loin en loin, un parking avec toilettes, presque toujours près d'un lac, ici Aidejavri. Mais en fait, c'est difficile de faire autrement !


Kivilompolo : je rentre en Finlande, comme vous pouvez le constater ! La route conserve le numéro 93.


Je préfère ce genre de forêt, mais ce ne sera qu'éphémère.

Je m'arrête manger à la sortie de Leppäjarvi (un hameau). Et j'en profite pour piquer un petit roupillon, vu le temps !
Du coup, il est déjà 16 heures lorsque je repars.


Arrêt pipi juste avant Muotkajärvi. Ici, au bord du lac, le vent est violent, et les moustiques se barrent. Mais à cinq mètres, sous les arbres, ils sont là, et bien là. En une minute, les deux jambes de mon pantalon sont noires de gros moustiques, des chaussures jusqu'aux genoux ! Je n'avais jamais vu ça, je m'enfuis vers la voiture, et y rentre après avoir bien secoué le bas de mes jambes !


Juste à côté, quelques chalets, et les incontournables barques de pêche. Mais comment font-ils pour vivre là ?


La 93 se termine à Palojoensuu. Là se trouve la route 21, ou E8, orientée nord-ouest/sud-ouest. Elle longe une série de rivières, et en même temps la frontière avec la Suède, dans sa direction nord-ouest, que je vais prendre. Car je retourne en Norvège, bien entendu, retrouver ses belles montagnes, et abandonner ces horribles moustiques ! Du coup, je vais longer la Suède, mais côté finlandais, pendant 150 km, jusqu'à Kilpisjärvi !


Kuttanen. La Suède est de l'autre côté de la rivière.


Les deux moyens de locomotion que je préfère : les motos de type trail, et Mygoo.


Un grand troupeau de rennes se déplace parallèllement à la route, dans les immenses étendues marécageuses. Ils sont assez loin, la photo est prise ici au zoom. Je ne les avais pas remarqués, ce sont des camping-cars stationnés en warnings qui m'ont alerté; les gens les regardaient à la jumelle.


Kaaresuanto. C'est la seule petite ville, et le seul endroit, où l'on peut traverser la rivière et passer en Suède le long de la E8.
Je vais juste jeter un coup d'oeil.


Une route, la E45, descend vers le sud puis remonte ensuite en Norvège via Kiruna par la E10.
Je pourrais y aller, mais je préfère prendre la E10 dans l'autre sens.


Belle maison suédoise. Au premier plan, le mat : le drapeau est monté, comme chez leurs voisins norvégiens !


Boîtes aux lettres suédoises.


La petite église de Kaaresuanto, ou Karesuando pour les suédois. La Finlande est à gauche.




Et je reprends la longue route finlandaise, monotone et pluvieuse.


Imperceptiblement au début, le relief s'accentue sérieusement.
Naimakka.


Pour mon plus grand plaisir. La Suède, toujours de l'autre côté de la rivière.


Saarikoski.




Keinovuopio.


Kummavuopio.
Et en plus, le ciel s'éclaircit au nord-ouest. Youpeeeehhhh.


Vue arrière une fois parvenu au col, aux alentours de 600 mètres d'altitude.


Et la descente vers Kilpisjärvi.


Les montagnes suédoises sur les rives du Gilbbesja.


Salmivaara, grand parking, station d'essence, restaurants, hôtels.... à toucher Kilpisjärvi. Ce ne sont pas des villes. Il s'agit seulement d'un très grand centre touristique, complètement tourné vers la randonnée et la montagne, car ce sont là les plus hautes montagnes finlandaises ! Il y a même un terrain pour les nombreux hélicoptères, le survol des montagnes semblant être une attraction très recherchée ici. Le grand parking me plait bien, il est plus de 20 heures, le ciel s'éclaircit. Il faut bivouaquer, et je pourrai sans doute admirer demain les montagnes norvégiennes.

Je pose donc Mygoo ici, près de la station essence. Les rennes ne sont pas farouches, et s'en approchent sans sourciller ! Par contre, la voiture est recouverte de moustiques, pourvu qu'ils ne puissent pas rentrer !

 

Je suis particulièrement heureux d'être arrivé là. Une nouvelle étape du voyage vient d'être franchie, et je ne suis pas mécontent d'en sortir pour retrouver mes chères montagnes, qui constituent assurément mon terrain de jeux préféré, je le confirme bien ce soir !

 

 


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