Scandinavie 2012, étape 104

Jour 104 - Dimanche 15 juillet 2012 - 210 km - 472 photos
(Total : 12861 km - 24879 photos)
De Kilpisjärvi (Finlande) à Setermoen (Norvège)

Météo plutôt bonne. Il ne pleut pas, et le ciel est chargé, mais sans plus. La visibilité est bonne et, surtout, je vois les sommets des montagnes ! Gros souci avec le WiFi du portable : conflit entre la carte interne et la carte externe ! Du coup, j'ai une connexion idéale, mais je ne peux pas m'en servir, Windows ne la voyant pas ! J'y perds une partie de la matinée sans résoudre le problème. Dépité, je pars ! J'ai pourtant travaillé jusqu'à plus de minuit hier soir pour vous préparer la journée suivante. Il va vous falloir patienter jusqu'à résolution du problème.

A l'heure où j'écris ces lignes, je ne pensais pas que vous alliez devoir attendre si longtemps ! Nous sommes en effet le 4 septembre 2012, et le voyage est désormais terminé.... Je reprends la narration de cette longue descente.


Les rennes sont toujours là, à croire qu'ils n'ont pas bougé de la nuit ! Je trouve ça triste de les voir ici au milieu des objets fabriqués par les hommes.


Il est donc presque midi lorsque je me décide à partir. Juste à côté, Saana, c'est le nom de cette montagne, une des rares montagnes finlandaises. Tout comme hier, à gauche de la route, il y a un lac, et c'est la Suède ! Cette montagne est une sorte d'enclave enfoncée entre la Suède et la Norvège.


13 km plus loin, je franchis la frontière sans devoir m'arrêter. Je quitte la 21 finlandaise et me retrouve sur la E8 norvégienne.
Me voici donc revenu en Norvège, et j'en suis enchanté, car je sais que je vais y retrouver les paysages que j'aime tant.


Et ça ne traîne pas....
Ah, sacrée Norvège, c'est bien toi la plus belle, il faut bien le reconnaître. Je ne le dis pas trop fort, car tu vas encore prendre la grosse tête !

Bien; nous suivons donc la Skibotndalen.


Le massif montagneux est splendide. Seule la pente est forte, et je dois utiliser les freins, et ça me fait mal : je suis sur la ferraille !


Zoom sur la rivière qui se jette dans le Lyngen. Tiens tiens, ce nom vous rappelle peut-être quelque chose ? Je ne parle pas ici à ceux qui ne regardent que les images, c'est évident. Si si, il y en a, je le sais. Certains l'avouent, plus ou moins gênés. Ce n'est pas grave, je ne vous en veux pas, rassurez-vous. Si vous ne lisez pas tout, c'est que je ne parviens pas à maintenir votre attention.


Et voilà.... Arrivée sur la E6 à Skibotn, dans cette petite baie servant de prétexte au changement de nom de l'immense fjord que je retrouve avec tant de joie : à droite vers Alta, c'est le Lyngen et, à gauche, c'est le Storfjorden. Je suis passé ici voici un peu plus de deux semaines, les 28 et 29 juin...


Le soleil manque quand même, et si je vois les sommets, ce n'est pas parfait non plus, loin s'en faut. J'adore cette montagne !


Je retrouve un peu plus loin le parking sur lequel j'avais passé la nuit, et où je m'installe à nouveau pour me restaurer, à droite presque au bout de cette ligne droite. A gauche, une tente typique du peuple Sami, ou Saami.


De l'autre côté du Storfjorden se trouvent les Alpes de Lyngen sud....


Le Hatten, formidable bloc terminal de la Hattefjellet.


A Storfjord, au fond du fjord, je poursuis quelques kilomètres sur la E6 avant de la quitter pour une alternative, la route 87, que je vous conseille vivement d'emprunter si vous le pouvez, car je ne serai pas déçu ! D'entrée de jeu, c'est grandiose ! Elle commence par suivre la vallée de la Nordkjoselva. La végétation est dense dans la vallée et sur les pentes, neige et glace sont encore bien présents en altitude.


Partout autour de moi, l'eau dégouline.


Et je vais vous dire ce que je ressens : je suis au coeur de la forêt vierge. Un seul mot me vient à l'esprit : luxuriance. S'enfoncer là à pied, avec sac à dos et boussole, c'est vivre l'aventure. La végétation est omniprésente, l'eau également, et... les insectes. Ce sont les seuls que vous ne verrez pas sur mes photos, mais je vous garantis qu'ils sont bien là, y compris les moustiques ! Lorsque vous regardez une photo globale, vous ne pouvez imaginer cette richesse, mais cette photo vous donne un aperçu du détail. C'est phénoménal.


La Nordkjoselva est sur ma droite; en face, le Lemetfjellet culmine à 1435 mètres.


Derrière, le Postdalsfjellet, 1363 m.


Petite rivière, la Allavahjohka dévale les pentes de la Postdalen dans mon dos pour se jeter dans la Tamokelva.
Imaginez-vous partant à l'assaut de cette montagne, la Stallofjellet, 1246 m.... ça semble facile, non ?


Un petit coup de zoom vous fera comprendre que ce n'est pas gagné !


Cette vallée est totalement enchanteresse, et je suis sous le charme, au milieu des bouleaux.


Je vous vous faire un aveu : il faudrait faire cette route à pied, ou en vélo, car j'ai envie de m'arrêter et de descendre tous les dix mètres.


Lieu-dit Sletta, juste après le Tamokvatnet. En face, le Hahttagaïsi, je pense, 1407 m.


Je vous faisais part de mon impression de rouler au milieu d'une forêt vierge, loin de toute civilisation. La preuve ! Voyez-vous, des dizaines de torrents identiques à celui-ci, ou même encore plus impétueux, dévalent toutes les pentes de toutes ces montagnes qui m'entourent. Reconnaissez avec moi que le seul franchissement d'un tel torrent est déjà en soi une aventure, non ?

Peu de moustiques, mais plein de petites mouches. Pénible aussi, mais je préfère malgré tout. D'ailleurs, je constate ici la présence d'une grande quantité d'espèces d'insectes. Je vous ai parlé de forêts vierges, sortes de jungles du nord, et je pense que dans ces immenses espaces peu traversés par l'homme, la nature peut vivre normalement, et donc s'éclater ! Du coup, je ne serais pas étonné d'apprendre qu'il existe ici des tas d'espèces d'insectes totalement endémiques, et une grande diversité. J'en veux pour preuve le nombre d'insectes inconnus découverts dans ma voiture, et entrés juste pendant le laps de temps très court où ma porte était ouverte.... Ô merveilleuse nature, ô cruelle nature !


Au pied du Hahttagaïsi. A 1400 mètres, dans les Alpes ou même dans les Pyrénées, ce n'est pas comparable !


Coup d'oeil arrière sur la route 87, depuis le même endroit.


La Tamokelva. Large, sombre, puissante.


Vue d'ensemble sur la Hahttagaïsi, depuis le pont de la Tamokelva.


Autre vue arrière de la 87.


Changement de décor, on sort de la Tamokdalen. La 87 se poursuit vers l'est, mais je vois un joli lac sur ma carte, au sud-ouest, au pied d'une belle montagne. Alors ça, ce serait bête de ne pas y aller, c'est juste à côté et ce doit être splendide. C'est parti....


C'est une piste, et plutôt en mauvais état. De plus, alors que je pensais voir la montagne et le lac, une épaisse végétation me cache tout le spectacle. Le Lille Rostavatn est sur ma gauche, et je n'en vois goutte....


Ah si, là, une trouée dans la végétation. Ouahhhh, je m'en doutais bien !


Je suis... sur le cul, comme on dit !


Un peu plus loin, je m'avance jusqu'à un petit chalet inoccupé, heureusement. Le niveau de l'eau me semble quand même curieusement élevé.
En face, cette magnifique muraille naturelle est le Rostafjellet, 1590 m, et point culminant du secteur.


Je serais quand même inquiet d'habiter au pied d'un tel monstre. Vous savez, quand de gros blocs se détachent....
Je ne poursuis pas jusqu'au bout de la piste tant elle est défoncée; de toute façon, j'ai vu ce que je voulais voir. Retour sur la 87.


La Tamokelva à Nordheim, peu avant Holt.


La rivière est boueuse. Plus ça va et plus je pense que des trombes d'eau se sont abattues dans la région ces derniers jours !


A Holt, je vais sur le grand pont pour mieux apprécier la rivière. Ce n'est plus la Tamokelva, mais la Mälselva, qui recueille les eaux de la Tamokelva, du Lille Rostavatn, et de la Divielva. Au fond, vous reconnaissez sans doute la Rostafjellet, le lac vu tout-à-l'heure étant caché par la forêt.

Forêt vierge ?


Le Rävatnet, entre Holt et Skjold. Juste à côté, un hélicoptère est posé, pilote et passagers discutent autour de l'appareil, je vois de grosses caméras.


Vieille ferme du 18ème ou du 19ème siècle à Overby, juste un peu plus loin.


Overbygd, toujours sur la 87 : l'église, en pleine nature, sur une butte au-dessus de la Mälselva.


La 87 longe la large rivière dont je ne vois malheureusement pas grand chose, à part de rares échappées, à travers la végétation. Dommage, car la rivière est large, pleine à raz-bord, et glisse silencieusement mais fermement entre ses deux rives qu'elle emplit totalement. Ici, Ostgärd.


Juste un peu plus loin, la route 87 s'éloigne de la rivière.


Pour mieux y revenir à Rundhaug, où un pont permet de la franchir. Et là, mes soupçons se confirment totalement. Le niveau de l'eau est presque au raz du pont. Regardez cette hytter.... L'eau est arrivée au toit, quand même !


La Mälselva, vers l'est, vue depuis le pont de Rundhaug.

C'est assez surréaliste : les eaux boueuses passent rapidement juste sous le tablier du pont, mais dans un silence très surprenant. Je sens ici une puissance énorme, dévastatrice, mais elle s'écoule silencieusement, et c'est ça qui est énorme ! Un peu comme le calme après la tempête, ou juste avant. Ici, c'est "après" ! Je le sais. En effet, un peu plus loin, une route s'enfonce sud-est vers un cul-de-sac que je comptais bien explorer : la Kirkesdalen. Mais la route est fermée, en tout cas, un sens interdit semble avoir été posé là tout récemment. J'hésite à passer outre, un 4x4 passe et je l'arrête pour questionner. Oui, la route est effectivement barrée. Des pluies diluviennes se sont abattues sur la région ces derniers jours, les rivières sont sorties de leur lit hier samedi, plusieurs ponts ont été emportés.... OK, tout est clair maintenant ! Du coup, vous ne verrez pas les Kirkesdalen. Moi non plus d'ailleurs, c'est bien ce qui m'ennuie le plus ! Désolé...


Du coup, je poursuis sur la 87 pour rejoindre la E6, vers l'ouest. C'est alors que je vois une pancarte annonçant "Mälselvfossen" sur ma droite. C'est tout près, je vais aller voir. Un parking sur lequel on peut bivouaquer (camping-cars, tentes....) pour 100 NOK (14 euros). C'est sympa, avec un musée et café-restaurant en face, puis le départ de sentiers conduisant vers la chute d'eau. Je réussis à poser Mygoo un peu plus loin, histoire de juste aller faire quelques photos. Dans mon dos, de magnifiques montagnes, Istindan, Hestryggen... entre 1250 et 1500 mètres. Beautés naturelles, merveilles !


Tout de suite, j'ai su que j'ai bien fait de venir voir ! La Mälselva est sortie de son lit, le flot est bouillonnant, la puissance est terrifiante.


Je suis loin du bord, la végétation est dense comme vous le savez, et de toute façon, je ne prendrai certainement pas le risque de m'approcher.


Amateurs de rafting, vous seriez servis !


Des centaines de troncs d'arbres ont été rassemblés par les eaux furieuses....


Vers le nord et le hameau de Elvskiftnes.


Je retourne sur la 87, mais je fais un nouveau crochet vers Fossmoen, où un pont franchit la Barduelva, qui se jette en contrebas dans la Mälselva qu'on ne voit pas, justement à Elvskiftnes.


C'est dantesque !


Deux jeunes danois viennent discuter avec moi. Ils me disent que les norvégiens n'ont pas vu de niveau aussi puissant et élevé depuis 50 ans ! La chance pour les touristes comme nous, arrivant après la pluie, et pouvant admirer le phénomène naturel et donc la nature dans tous ses attraits !


Et c'est ici à Elverum que je rejoins la E6, après avoir justement franchi la Barduelva, pleine à craquer.


Non non, ce n'est pas un lac, c'est bien la rivière. On reconnaît au loin le Istindan (1489 m).


La E6 et le Istindan.


Un peu plus loin toujours sur la E6 (forcément), le long de la Barduelva.


Quelques kilomètres plus loin, avec encore la Barduelva et le massif Istindan.


Sur l'autre rive, la Rydningstverrelva dévale les pentes.


Il est 19h40, j'arrive à Setermoen. Je suis fatigué, c'est ici que je vais installer le bivouac.


La petite ville est jolie, il y a de belles places, je me pose très vite.

Ce soir, j'entends quelques voitures trafiquées avec des bruits de pots d'échappement absolument énormes, faisant vibrer le goudron du parking et donc Mygoo ! Et que fait la police ? Ferait bien mieux de s'occuper de ce phénomène récurrent à chaque week-end, au lieu de faire souffler les touristes dans le ballon à 11 heures du matin... Oui, je suis rancunier, je sais.

Mais peu importe, finalement, car ce n'est pas ce qui va m'empêcher de dormir. Ce soir, je suis heureux de renouer avec ces formidables paysages norvégiens qui, il faut bien l'avouer, me subjuguent !



 


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