Scandinavie 2012, étape 107

Jour 107 - Mercredi 18 juillet 2012 - 310 km - 270 photos
(Total : 13417 km - 25419 photos)
De Kiruna (Suède) à Vietas (Suède)

Des Norvégiens en caravane sont arrivés à minuit sur le parking, et par conséquent... gros bruit jusqu'à 0h30...


D'ailleurs, je disais n'avoir pas pris de photos : faux ! Ce matin, j'en ai pris une avant de quitter la ville ! Vous pouvez encore voir quelques caravanes et camping-cars... Les suédois sont tolérants, je trouve.


Bien. Venons-en à l'objet principal de mon passage à Kiruna : la réparation de mes freins. A 7h50, je rentre dans la concession. Au garage, seul le vendeur, vu hier soir, fait montre d'une réelle sympathie et possède un vrai sens de l'accueil. C'est un commercial ! Il m'a même offert un café. Tous les autres, absolument tous, évitaient mon regard pour ne pas avoir à dire bonjour, pas un mot, silence total vis-à-vis de moi ! Sauf bien sûr celui qui m'a accueilli, mais juste relations travail. Le mécano en chef a été très correct, mais globalement une grande nonchalance. L'ambiance dans ce garage n'a pas l'air au top. A l'intérieur, c'est assez sale, mal rangé, mais c'est le "propre" de beaucoup de garages. Il s'agit ici d'une grosse concession, environ une dizaine de mécaniciens.. A ma question, "est-ce que les Renault sont des véhicules fiables ?", il me répond "autant que les autres"; tous les véhicules souffrent ici, à cause des pistes, la poussière qui rentre partout". En Renault, ils ont surtout des Kangoo (ma chance, puisque les plaquettes étaient en stock) et des utilitaires. Sinon, c'est Volvo le gros de leurs ventes.

Bref, ils contrôlent Mygoo, et le verdict tombe : on ne change que les plaquettes, et pas le disque. Ouf. Ils contrôlent tous les freins et tout va bien. Je suis extrêmement soulagé, alors que le norvégien voulait changer mon disque ! Le travail se fait dans la foulée. Le chef mécano vient juste m'avertir un peu plus tard, à l'accueil, que le travail est commencé, mais que c'est l'heure de la pause de 15 minutes, et que je devrai patienter...

Au final, la facture est de 1415 SEK, soit exactement 166,57 € débités par ma banque. Je quitte le garage peu avant dix heures, enchanté que ce souci permanent soit désormais réglé. Mygoo ne fait plus de bruit en freinant, je me sens à nouveau en sécurité, prêt pour les grands fjords du sud-ouest, là où les pentes sont fortes et les lacets nombreux ! C'est à ce moment-là que je suis allé photographier le parking.


La poste suédoise a adopté ce qui se fait de mieux sur le marché automobile de nos jours....


J'ai trouvé celle-ci très originale ! Les gros phares, c'est pour la longue nuit d'hiver.


C'est donc le coeur joyeux et l'âme en fête que je reprends la route ce matin. Alttajärvi, c'est le nom de ce petit lac à la sortie de Kiruna. Comme vous pouvez le constater, les montagnes sont bien douces, et l'ensemble est un peu terne. Sans doute suis-je devenu quelque peu difficile, après quelques semaines de paysages hors-norme tant ils étaient beaux.


Je descends donc la Suède d'abord sur la E10, puis ici sur la E10/E45, ensuite sur la E45, direction sud-ouest, grosso-modo. La E10 va de Narvik/Norvège jusqu'à la Baltique/Suède entre Lulea et Kalix. La E45, pour sa part, traverse la Suède du nord au sud, depuis Kaaresuando (où je suis passé samedi) jusqu'à Göteborg. Là où je prends cette photo, E10 et E45 partagent le même tronçon, d'où l'appellation commune. Les français rencontrés hier m'ont dit que la E45 était la plus jolie pour qui veut traverser la Suède du nord au sud, la côte étant très monotone. J'ai le regret de dire que je la trouve (la E45) particulièrement monotone, et elle me fait penser à la Finlande. Je dirais même (à chacun ses goûts) que je préfère les forêts finlandaises.


Je photographie en roulant. Le paysage est toujours le même. Forêts, lacs... Mais je suis heureux, les notes de musique du lecteur CD rebondissent dans l'habitacle de Mygoo, il fait plutôt beau et bon. Bref, mon esprit surfe aisément bien au-delà du paysage qui s'étire sous les roues de ma petite voiture.


Arrivée à Gällivare.


Petit tour en ville, surtout pour rechercher une connexion WiFi gratuite, que je ne trouverai pas !


Les maisons sont jolies. La circulation est très fluide, les avenues sont larges, les vitesses fort limitées (30 km/h dès que l'on quitte l'avenue principale). Tout est si calme, ce doit être plaisant à vivre. Difficile de juger, car j'ai visité si peu de villes norvégiennes, et encore moins de villes suédoises ! Cependant, j'ai quand même la très nette impression que la vie sociale, ici en Suède, est énormément plus intense qu'elle ne l'est en Norvège. Il y a ici beaucoup de places, des cafés, des lieux où les gens peuvent se rencontrer, ce que j'ai trop rarement vu en Norvège. Cette ville que je croyais très importante n'a en fait que 8500 habitants...


Je fais le plein. 1,73 € le litre de diesel, 10 à 20 centimes de moins qu'en Norvège, 10 à 20 centimes de plus qu'en Finlande.


Je casse la croûte à la sortie de Gällivare, près d'une... forêt. Comment faire autrement ? Mais je plaisante, cette forêt était très belle comme vous pouvez le constater, et située au pied d'une jolie montagne de 820 mètres d'altitude (oui oui, ça ne se voit pas vraiment, mais c'est la vérité) appelée Stora Toppen. Il faisait lourd et chaud dans les rues de Gällivare, et le ciel se charge fortement. Heuhhhh, le temps est en train de changer.


Bingo. La pluie fait son "come back". Le paysage est légèrement plus montagneux maintenant, ce qui n'est pas fait pour me déplaire, vous pensez bien !


Quelques kilomètres plus loin, je quitte la E45 pour m'enfoncer au coeur des montagnes suédoises. J'avais prévu cette incursion lors de la préparation de ce périple, et m'y voici donc arrivé. Il s'agit donc d'un cul-de-sac, et pas un petit : Ritsem, le bout de la route, se trouve à 162 km d'ici, et le grand Parc National, le Stora Sjöfallet, est à près de 100 km. Mais quand on aime...

Cette route est orientée SE-NO. 35 km au-delà de Ritsem, c'est la Norvège. La mer et les fjords ne sont plus très loin ensuite. Donc, cette route longe d'immenses lacs, très longs et très étroits. D'abord le Stora Lulevatten (le grand lac Lule), puis plus au nord, le Akkajaure, un des plus importants lacs de barrage de Suède. En fait, ces lacs ne sont que des élargissements d'un grand fleuve, le Luleälven, qui a fortement rempli la vallée suite à une série d'une quinzaine de barrages construits pour la production hydro-électrique.

A noter : je me trouve ici au coeur de la Laponie suédoise.


La forêt, du moins au début du parcours, est fort belle. Mais ce que j'aimerais, c'est voir le lac ! Sur ma carte qui défile au rythme de ma vitesse, la route longe l'eau. Dans les faits, la forêt ne s'arrête que sur les rives, et les eaux des lacs demeurent totalement invisibles au touriste motorisé. Une seule solution : s'arrêter lorsque c'est possible (peu de parkings), et s'enfoncer sous les arbres. Or, les rares sentiers conduisent invariablement vers une ou plusieurs habitations.


Heureusement, il y a les restes de cette chapelle du 17ème siècle, et par conséquent un sentier...


Pour ce qui est des restes du bâtiment....


Au bout de 200 mètres environ, j'atteins enfin ce que je voulais voir : le Stora Lulevatten.


Un grand classique ! Comme en Finlande. Rives couvertes par l'immense forêt, relief très faible.


Au loin, l'autre rive. Verte.... mes mon appareil photo n'a pas su capter les couleurs, contre-jour oblige !


Ici, comme en Finlande, le moustique est roi. Je gesticule comme un malade, et si quelqu'un me voyait, il ne pourrait s'empêcher de rire. mais comment voulez-vous qu'il en soit autrement. Regardez, je pénètre de quelques mètres dans la forêt, et je "tombe" très vite sur ces mares, de toute taille, où maître moustique peut se reproduire comme un malade. Bref, c'est horrible, et c'est presque en courant que je retourne me réfugier au sein de Mygoo.


Les averses se succèdent, parfois violentes, jamais longues. Mais c'est si monotone, et je ne vois pas l'eau. Du coup, je vous assure que je suis déçu. Mais je continue, car je sais que la récompense sera au bout, là où se trouve la montagne, la vraie ! Déjà, le relief s'élève.


Un des rares parkings situés au bord de l'eau. Comme très souvent dans les pays scandinaves, on voit des restes de feux de bois au bord de l'eau.


Tsoagesluokta. je descends au bord de l'eau. Quelques bateaux, et dans un coin, ces motos-neige, avec caravane, en attente de l'hiver !


Un peu plus loin, les choses sérieuses commencent.


Une superbe paroi rocheuse, avec une splendide zone de pierriers comme je les aime. Quelques zooms pour détailler un peu.








Vue d'ensemble du site. Majestueux ! ici, vue vers le sud-est.


Et vers le nord-ouest, où je me dirige.


Au loin, les montagnes du Stora Sjöfallet.






La forêt s'est installée parmi d'énormes blocs rocheux.


Inutile de vous dire que, pour "crapahuter" sur un tel terrain, il faut avoir une bonne condition physique ! Mais c'est d'une grande beauté.


Voilà. Mon plaisir de la route est revenu, avec le relief ! J'arrive à Vietas, premier village important (cet adjectif n'est utilisé qu'en tant que comparatif par rapport aux autres lieux-dits du secteur) depuis la E45 (environ 90 km....), ce qui vous donne une idée du nombre d'habitants au km2 !


Arrivée à Vietas. Il y a ici une zone d'atterrissage pour hélicoptères. Je pense : tiens, c'est très certainement pour secourir les randonneurs en montagne. Mais que nenni ! L'hélicoptère, ici, c'est pour transporter les pêcheurs sur leur lieu de prédilection ! Nous n'avons pas les mêmes valeurs.... Je suppose que ce doit être réservé aux plus fortunés, sans doute. Pas très écologiste, surtout dans un Parc National, là où la nature est reine et que seul le randonneur respectueux est autorisé à fouler...


Vietas.


Pancarte explicative sur le Parc National de Stora Sjöfallet. Il y a ici un hôtel-restaurant en activité, et je vais demander quelques renseignements. La route se poursuit maintenant sur une cinquantaine de kilomètres jusqu'à Ritsem; là-bas, une piste permet de s'enfoncer encore un peu dans les montagnes. Il fait assez froid maintenant, car le vent s'est levé avec l'altitude. La route est désormais étroite, voire très étroite, et au revêtement fort capricieux. C'est parti....


Je longe le fleuve aux multiples lacs; il demeure désormais bien visible, ce qui est plus agréable.


La forme arrondie des montagnes laisse deviner l'action d'anciens glaciers. Enfin, je suppose, mais je n'en sais rien.


Malheureusement, je suis assez dépité. En effet, une ligne électrique affreuse borde la route, avec ses poteaux fort disgracieux, tout ceci dans un Parc National. Je suis fort déçu, car ça gâche terriblement le paysage ! Sur ma gauche, il s'agit désormais du lac de barrage Akkajaure. D'ailleurs, pour tout vous dire, la zone autour du barrage est également mochen en raison du complexe industriel lié au barrage lui-même. Déception.


Sur l'autre rivbe du lac se trouvent certains des plus hauts sommets de Norvège.


Notamment ceux du massif de l'Akka, ou Ahkka, avec comme point culminant le Stortoppen (2016 m). Malheureusement pour moi (et par conséquent aussi pour vous), les nuages recouvrent les sommets !


Lignes électriques, route défoncée, nuages... Je décide de ne pas poursuivre. Demi-tour donc, vers Vietas.


Curieusement, le ciel se déchire presque d'un seul coup, alors que je me rapproche du hameau.


On aperçoit le barrage sur cette photo.


Et les jolis pylônes électriques que je déteste.


Une très belle lumière m'accompagne sur les derniers kilomètres.


Ce qui change complètement la vision des paysages qui m'entourent ! Curieusement, la ligne électrique est à peine visible !






Je suis un peu gonflé, ce soir, car j'installe mon bivouac sur le parking de l'hôtel. Il faut dire que Mygoo est tellement discrète; de plus, il n'y a rien d'autre à 150 km à la ronde ! Là, c'est le calme absolu, et je ne regrette pas mon choix. De toute façon, je vous recommande cet hôtel, car l'accueil y est fort sympathique. Il y a aussi un terrain de camping juste à côté, appartenant également, je crois, à l'hôtel.

Pour finir, je suis globalement un peu déçu, car je m'attendais à une montagne plus grandiose et, surtout, débutant près de la E45. Mais non, vous l'avez vu, il faut faire 100 bornes pour trouver la montagne. Enfin, je le répète mais c'est important, la zone du barrage, et ces lignes électriques, sabotent le paysage. Néanmoins, le parc est grand, et la partie la plus intéressante doit sans doute se trouver au bout du chemin, à partir de Ritsem. J'aurais sans doute du pousser jusqu'au terminus...


 

 


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