Scandinavie 2012, étape 108

Jour 108 - Jeudi 19 juillet 2012 - 307 km - 189 photos
(Total : 13724 km - 25608 photos)
De Vietas à Arvidsjaur (Suède)

Pipi à l'auberge devant laquelle j'ai dormi.... Il fallait demander la clef à la réceptionniste, avec laquelle j'ai parlé hier. Elle m'a reconnu, et elle a regardé un écran : j'y ai vu la Kangoo.... Caméra sur le parking. Sûr qu'elle sait que j'ai dormi ici... Pas grave ! Le ciel est couvert, et il ne fait pas très chaud. mais... c'est la montagne. Je pars à 9h30, retour sur la E45.


Dernier coup d'oeil sur Vietas. L'hôtel et le camping sont à gauche, je pars dans l'autre sens.


Vietas toujours, qui se trouve dans le bois au bord de l'eau. Vous voyez, ce matin, il y a 4 hélicoptères sur le petit héliport !


Une heure que je roule.... Je fais bien quelques photos en roulant, mais elles sont minables, comme il se doit !
Celle-ci s'avère regardable. La longue route, monotone, défile. La Laponie suédoise, à perte de vue.

Ah, enfin quelque chose à mettre sous la dent. Enfin, dans mes yeux. Son nom : la Sjaunjaälven, qui se jette un peu plus loin dans la Sjavnjaluokta, comme il se doit, dans le Stora Lulevatten que je longe depuis si longtemps sans le voir.


La même, côté amont, côté sauvage, côté vierge... Par là, vers le nord, sur une centaine de kilomètres, c'est le monde sauvage.


Il s'agit de rester bien éveillé, quand même, car le renne occupe tout l'espace !


Et me voici enfin sur la E45. Un peu le fouillis, au croisement, non ?


Juste à côté, sur un petit parking, quelques pancartes explicatives sur la Laponie. le support est un métal souple, mis sous cette forme originale.


Joli parking aménagé, avec toilettes et point de vue, à Barjas, peu après le croisement.


Et pour la première fois, je découvre un peu mieux le Stora Lulevatten qui se termine ici, bloqué par un nouveau barrage. On distingue quelques maisons sur la rive droite; il y en a un peu également sur l'autre rive, que je viens de longer. J'ai lu que certaines maisons, situées plus loin au nord-ouest rive droite, ne peuvent s'atteindre qu'en bateau... Il faut aimer la vie sauvage, enfin.... la vie "moustique". Personnellement, ce n'est vraiment pas pour moi. Autant j'aimerais tenter une expérience d'isolement total de quelques semaines -deux ou trois- au milieu de la nature -pas seul, hein !-, mais certainement pas dans un tel environnement. Je choisirais un site exceptionnellement beau, en montagne, à la belle saison, avec d'immenses panoramas, et une nature variée mais dénuée d'insectes (enfin, pas trop, hein !). Mais ici, non, jamais de la vie. D'ailleurs, en pensant à ces immensités, je dirais que le Canada français, si vanté dans le monde du tourisme, ne m'a pas particulièrement impressionné. Je dirais même plus, j'ai plutôt été déçu, au terme de mon unique voyage là-bas. Pourquoi ? C'est simple, et toujours la même chose avec moi : beaucoup trop plat, bien trop monotone ! Je ne sais pas s'ils ont des moustiques comme ici, je ne me souviens pas, mais je serais étonné qu'ils n'en aient point ! Par contre, les habitants et leur langue, c'est forcément plus intéressant pour nous !


La région est truffée de barages. Un peu plus au sud, entre deux barrages, la rivière forme un joli canyon, mais je n'ai pas eu le courage de m'y aventurer.


Lacs, forêts, lacs, forêts.... Le long parcours monotone se poursuit.


C'est devant ce lac de Vajgajavrre que je retrouve les français au fourgon aménagé 4x4, ici à gauche. Ils sont de Strasbourg. On a bien discuté une grosse demi-heure. Ils ont été dévorés par les moustiques hier après-midi, leur chien sur tout le ventre, obligés d'acheter un produit, et obligés de s'enfuir d'un coin pourtant super où il avait pêché un saumon. Ils me disent ne jamais avoir vu autant de moustiques et de taons depuis 10 ans qu'ils viennent en Scandinavie. Et les deux ou trois locaux avec lesquels j'ai parlé m'ont dit exactement le contraire... En fait, tout dépend de l'endroit où l'on se trouve, je pense.


Sur ce parking se trouve le même grand panneau explicatif sur la Laponie.


Jokkmokk. Petite ville sympa. J'aime bien les villes suédoises. Je cherche une connexion Internet, mais je ne trouve rien. Et à l'Office de Tourisme, c'est payant ! Pour ça, les norvégeins sont plus généreux.


Et c'est reparti....
J'aimerais atteindre Arvidsjaur ce soir, et ce ne devrait pas être bien difficile, car à part rouler, je ne vois pas bien ce que je pourrais faire d'autre !




Ah, si, il se passe enfin quelque chose sur la longue route ennuyeuse ! En effet, quelques kilomètres au sud de Jokkmokk, la E45 franchit le virtuel cercle polaire arctique. 66°33' de latitude nord. Vérification sur le GPS : c'est parfaitement exact. C'est la première fois que je franchis ce cercle en Suède. En 2006, ce fut sur la E6 en Norvège, et au retour juste au-dessus de Rovaniemi en Finlande (la ville du Père Noël....). Ma petite fille, qui sait que je suis allé là-bas, m'a déjà plusieurs fois demandé si j'y retourne cette année. La pauvre, si elle savait combien j'ai trouvé cet endroit... insipide (désolé, hein, chacun ses goûts), mais je le lui expliquerai lorsqu'elle n'y croira plus; laissons-la encore rêver pendant qu'elle le peut !




Il y a même un café; ils délivrent encore des certificats de passage ! Qui peut bien acheter ça ? Toujours est-il que je ne daigne même pas aller dans le bâtiment. Je m'installe sur le parking pour enfin me sustenter : il est 14 heures !


Et pour finir, il y a même un petit terrain de camping. Les suédois font bien les choses sur la E45. En attendant, que signifie tout ceci pour moi ? Tout simplement que je vais retrouver la nuit, que je ne connais plus depuis plusieurs semaines, et je dois vous avouer que ça m'ennuie terriblement, car j'adore la lumière nordique et, par-dessus tout, sa durée.


La pancarte sur la E45.


Le Darajavrre, très joli lac situé au bord de la route. Malheureusement, les moustiques semblent aussi l'apprécier !




Oh oh.... Ne pas s'endormir, Jef, il faut rester éveillé, car il y a toujours un renne qui traîne quelque part sur un bout de route.


Une heure plus tard.... C'est dur, de travailler (sur l'air de la fameuse chanson)...


Ouf, enfin quelque chose de vivant dans ces immensités. Larges, puissants, magnifiques, les rapides de Ljusselfosen passent sous la E45.


Les berges de la grande rivière.

Je rencontre ici une allemande fort sympathique, et nous faisons la causette pendant près d'une heure. Elle voyage comme moi, seule, dans une fourgonnette un peu plus grosse que la mienne. Elle voudrait un petit camping-car, car elle aimerait y mettre son vélo, et aussi avoir un peu plus de confort. Elle sait exactement lequel elle veut, mais elle ne peut pas encore se l'offrir. Bien que seule, elle préfère voyager plutôt que de rester chez elle pendant les vacances. Elle aussi, elle confirme le "style scandinave" : ils ne disent pas bonjour, elle ne comprend pas ça non plus, mais ça ne la dérange pas vraiment. Par contre, elle préfère elle aussi les paysages de Norvège et est déçue par le peu de relief suédois, mais là, elle est sur le chemin du retour, et n'a pas le temps de repasser par la Norvège. En tout cas, cette conversation m'a fait très plaisir et m'a tiré de la torpeur dans laquelle j'étais en train de sombrer -euh, j'y vais un peu fort avec les mots, là !


Et c'est reparti...




Tiens, une plage de sable au bord du lac, à Moskosel.



Les arbres, au même endroit, sont superbes.


Je vous le disais bien : il faut rester vigilant !



Près d'une heure plus tard.... peu avant d'arriver à Arvidsjaur.

Quelques averses, comme vous pouvez le voir, mais rien de méchant. Le temps est plutôt agréable. La température oscille entre 15 et 20 degrés. Il y a du vent, heureusement, ce qui fait fuir les moustiques. Il faut d'ailleurs toujours choisir l'endroit le plus venteux.


Et me voici finalement arrivé à Arvidsjaur.



La ville est fort jolie, aérée comme toutes les villes, calme aussi.


Bref, je confirme, j'aime bien les cités suédoises.



Il est 19 heures. Je finis par trouver un spot WiFi, à force de ténacité, me permettant de consulter mon courrier et envoyer quelques mails. Puis je me trouve un superbe bivouac près de la place centrale, absolument parfait.

Ce soir, ma décision est prise, je retourne en Norvège et je ne "tricoterai" pas davantage entre les deux pays comme j'en avais initialement l'intention; en effet, la belle Suède se trouve sur les 30 à 50 premiers km à l'est de la frontière norvégienne, à peine plus loin ! Je ferai donc éventuellement des allers-retours sur les routes frontalières, mais je ne m'enfoncerai plus aussi loin en Suède, car je m'y ennuie beaucoup trop. Ici, on fait beaucoup de kilomètres pour pas grand chose, exactement à l'inverse de la Norvège. Regardez, aujourd'hui, par exemple : plus de 300 km. Amoureux de la Suède, ne soyez pas vexés, c'est tout simplement une affaire de goût, et aussi de ce que l'on recherche. Vous savez bien qu'en ce qui me concerne, je recherche "LE" paysage.... Je ne regretterai que les jolies petites villes suédoises. Pour le reste, ça ressemble énormément à la Finlande. En un mot, pour résumer : je n'aime pas les paysages de la Laponie, qu'elle soit norvégienne, suédoise ou finlandaise. Mais si les paysages de ce type ne constituent qu'un faible pourcentage de la superficie norvégienne, ils représentent au contraire la plus grosse partie des territoires suédois et finlandais. Il leur manque tout simplement la troisième dimension, la hauteur, qui sublîme la vue !

Ainsi soit-il.

 


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