Scandinavie 2012, étape 109

Jour 109 - Vendredi 20 juillet 2012 - 254 km - 280 photos
(Total : 13978 km - 25888 photos)
De Arvidsjaur (Suède) à Storjord (Norvège)

Réveillé dès 6 heures, plus envie de dormir. Alors, c'est parti. Météo comme hier, il a plu une partie de la nuit. Un peu plus frais quand même, et plus humide. Le plein d'essence à la station qui ouvre à 6 heures, et roule ma poule....


Les belles lumières du matin illuminent les yeux du pèlerin.


Dès la sortie de la jolie ville Arvidsjaur, je retrouve les ingrédients du paysage suédois : les forêts....


Et les lacs.


Et comme chaque jour, les yeux ouverts tu garderas... On voit parfaitement ici qu'il ne s'agit pas d'animaux sauvages.



Längträsket, c'est le nom de ce lac tout en longueur et plutôt étroit; d'ailleurs, une piste a été construite en son milieu, permettant de le traverser. Non non, ce n'est pas un pont, c'est une digue. En face, on aperçoit les maisons d'un hameau : Längudden. Je ne suis venu ici que pour la photo, et je retourne sur la 95 (ah oui, j'avais oublié de vous donner le nom de cette route qui retourne en Norvège en suivant une ligne sud-est vers nord-ouest). A noter que le réseau secondaire suédois est très peu goudronné. La piste n'est jamais loin. C'est la raison pour laquelle le mécanicien me parlait de la forte usure des pièces automobiles.


La voici donc à nouveau, la route 95.


Le trafic y est fort dense au petit matin, et la prudence s'impose.


Le renne est très facétieux, il change d'avis comme de chemise, passe et repasse : lui faire confiance serait idiot.


Arjeplog.

Quelques données numériques pour vous situer dans le contexte. Cette ville (nous dirions, chez nous, ce village) gros de quelques 2000 âmes, est le chef-lieu du secteur. Alors, me direz-vous, quelle est la taille du secteur ? J'y venais, justement. La route 95, qui va d'Arvidsjaur jusqu'à la E6, en Norvège, s'étire sur environ 250 km. Eh oui, quand même ! Eh bien, c'est ça : Arjeplog est la plus grosse localité sise le long du chemin ! De plus, pour que tout soit très clair, sur une centaine de kilomètres de chaque côté de la route, la densité de l'habitat y est comparable... Je vous laisse méditer sur ces quelques chiffres.


Après être allé un peu dans les rues d'Arjeplog -pas jolies, je suis déçu- je reprends le long chemin monotone. C'est peu après Arjeplog que se trouve le Uddjaure, un très grand lac (le 10ème de Suède de par sa taille) de 249 km2, à l'altitude de 420 m. Je constate avec joie que le relief émerge doucement de l'espace. Normal, je fonce (heu... le terme est exagéré) vers les beautés naturelles norvégiennes, et leur empreinte s'étend jusqu'ici. Chouette !


Très curieuse formation géologique un peu au-dessus du hameau Östansjö, près du lac Ajsjavrre.


Au même endroit, mais de l'autre côté de la route. Je suis fatigué, j'ai envie de dormir : sans doute le contrecoup de mon lever si matinal. Le fait de voyager seul a des avantages; le plus notoire consiste en la liberté totale de faire ce que l'on désire. Ce matin, réveillé tôt, j'ai levé l'ancre. Et maintenant, alors qu'il n'est même pas dix heures, je passe dans la chambre à coucher, je ferme les volets, et je pique un gros roupillon aussi délicieux que réparateur. Sans avoir besoin de négocier quoi que ce soit avec qui que ce soit. Je dois dire que je savoure particulièrement cette faculté de toujours pouvoir choisir ce qui me convient le plus ! Bref, lorsque je repars, il est déjà... midi ! Mais je suis en pleine forme.


Après les boîtes aux lettres norvégiennes, puis finlandaises, voici les suédoises. Et le gagnant de ce jeu est la... Norvège !


La 95 est ici à 545 mètres au-dessus du sol. Lentement, mais sûrement, on grimpe. Au loin, la neige sur les sommets est bien visible.


Paysage près de Jäkkvik (environ 30 résidents permanents.....), où se trouve une station de ski relativement récente, et près du Parc National de Pieljekaise. Le nom du parc vient de la montagne Pieljekaise, dérivant du same Bieljijgájse signifiant montagne oreille. En effet, les deux sommets de la montagne ressemblent à une oreille vue de profil. Le parc se situe sur une zone de moyenne altitude des alpes scandinaves. Le Pieljekaise, qui culmine à 1138 m d'altitude, domine le paysage.

Enfin, la monotonie n'est plus de mise !


Sur les rives du Sädvvajavrre. Je ne vous l'ai pas dit, mais les suédois ont donné un nom à cette route 95 : la route d'argent, ou Silvervägen.




Une surprise fort logique m'attendait quelques kilomètres plus loin...


En effet, je traverse à nouveau le cercle polaire arctique ! En effet, je vous l'ai dit, la 95 monte vers le nord-ouest. Il est donc tout naturel qu'elle coupe ce trait virtuel franchi hier dans l'autre sens sur la E45 près de Jokkmokk !


Moins d'un kilomètre plus loin, les deux rives du lac se rapprochent. le paysage devient plus sauvage, la végétation plus rabougrie, la température de l'air baisse... En un mot, ça grimpe doucement, mais sûrement !


Et avec l'altitude, le décor se pare de merveilles naturelles. Je revis ! Ici, la Miergenisjahka.




Glacial, c'est le mot qui convient pour décrire ce que je ressens en quittant l'habitacle de Mygoo. Des blocs de glace sont encore présents sur les rives de ce petit lac, le Guolebsjavrre. Je suis maintenant à plus de 700 mètres. Un peu plus loin, la 95 passe la frontière, au col, à 808 mètres d'altitude.


Norvège. Retour dans le plus beau pays d'Europe. Ceci dit, les paysages suédois depuis une cinquantaine de kilomètres sont fort jolis.
C'est la montagne qui, à elle seule, transcende le paysage.


Là-haut passe un troupeau de rennes. Dieu que c'est beau !


La rivière Skaerrimjahka s'engouffre en grondant dans un étroit canyon.


Et le ruban d'asphalte plonge lui aussi vers une altitude plus basse.


Et, déjà, je retrouve ces formidables murailles des montagnes norvégiennes.


La route 77 (c'est son numéro en Norvège) surplombe magistralement la Junkerdalselva, qui a creusé la Junkerdalen (dalen=vallée).


Bien sûr, de tous les sommets, l'eau rugit en dévalant les pentes.


Au loin, en sortie de la Junkerdalen, et perpendulaire, se trouve la Lonsdalen, plus large : là-bas coule la belle Lonselva, dans laquelle se jette la sombre Junkerdalselva que l'on aperçoit en bas. Et au fond de la Lonsdalen, au bord de la Lonselva, la E6, colonne vertébrale routière de la Norvège, s'étire du sud vers le nord, ou inversement. Le nord est à droite.


En approche de la E6 que l'on devine en bas à gauche, au pied de la belle forêt.


Nous y sommes. Vous savez que je suis sur la route du retour, que j'ai nommée "la longue descente". Par conséquent, je devrais tourner à gauche, vers Trondheim. Eh bien non, je vais vous contredire. En fait, le village le plus proche susceptible d'accueillir Mygoo pour le bivouac se trouve au nord, et donc à droite, vers Bodo. Car la pluie revient, et je n'ai aucune envie de louper les beaux paysages qui m'entourent. Je pars donc à la recherche de mon campement du soir, alors qu'il n'est que 15 heures....


Tiens tiens tiens.... Rognan ! Je suppose que ça ne vous "parle" pas, à vous. Mais à moi, si. C'est plutôt un mauvais souvenir. J'ai passé une nuit au camping de Rognan, le 3 juin, 62ème jour de ce voyage. C'est à Rognan que je suis allé voir le médecin, c'est à Rognan que j'ai appris que j'avais des cailloux dans... les reins ! Rognan.... rognon : hasard, destin ? C'est tout de même rigolo, lorsque je regarde la définition de "rognon" dans notre belle langue : "Rognon : nom usuel pour désigner un rein d'être humain ou d'animal"...

Etonnant, non ?


Quoi qu'il en soit, je ne ferai même pas deux kilomètres sur la E6 avant de m'arrêter ici, au Centre des Parcs Nationaux du Nordland, et plus particulièrement du Parc National Saltfjellet-Svartisen (informations en français, et en allemand : pour vous montrer la différence du contenu entre les deux langues !). dans lequel je me trouve précisément. Un grand parking, un café-restaurant-hôtel-camping, des toilettes... Il n'en faut pas plus pour que je prenne aussitôt la décision qui s'impose : le bivouac sera ici, ou ne sera pas !


Sur l'immense parking, un très bel attelage norvégien.


Visite du centre gratuite, excellent accueil de la jeune femme brune de la réception, fort sympathique, et mignonne en plus. Elle était à Paris il y a 15 jours, et à visité Versailles, qu'elle a trouvé fabuleux (les jardins). Bref, je visite ce petit musée fort bien fait et très intéressant. Ci-dessus, les vêtements traditionnels du peuple sami, des lapons, que j'ai personnellement toujours trouvé splendide. J'ai vu deux -trois personnes se promener dans une tenue de ce type, à Karasjok. De plus, je me souviens que mon frère, alors que nous étions petits, avait gagné un livre sur la Laponie comme prix scolaire (nous avions des prix en fonction de notre travail, en fin d'année, et c'était fort intelligent). Et j'ai souvent rêvé en le feuilletant, et en voyant les photos des habitants de la Laponie !

On peut voir de beaux spécimens fort bien empaillés représentant la faune présente dans les parcs du Nordland.


Lynx.



Glouton.

Ce glouton a été tué en août 2001 dans le Saltdal après de nombreux témoignages de moutons tués.


Ours Brun.

Cet ours brun a été tué dans le Saltdal en août 1999 après avoir tué entre 75 et 100 moutons !


"Mon royaume n'est pas le mien, mais le vôtre.
Personne ne peut me posséder, mais chacun peut être une partie de moi.
Je suis la somme de tout ce qui est."


Bienvenue dans le monde de la nature.


Je rencontre un jeune danois de Copenhague, qui est allé au Cap Nord avec ce vélo, et se trouve donc sur le chemin du retour. Nous serons les deux seuls spectateurs du petit film que la jeune femme nous propose fort aimablement, et gratuitement.

La mauvaise nouvelle qu'elle nous donne : la météo annoncée pour la semaine qui vient est tout bonnement affreuse. Pluie, pluie et pluie.

On verra bien....


 


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