Scandinavie 2012, étape 110

Jour 110 - Samedi 21 juillet 2012 - 110 km - 211 photos
(Total : 14088 km - 26099 photos)
De Storjord à Rossvoll (Norvège)

Réveillé peu avant 8 heures. Ciel chargé, température très fraîche. Je dégage pendant qu'il ne pleut pas, peu désireux de coucher ici une autre nuit.
Toilettes parfaites, normal, restaurant et station sont ouverts.


Les cols sont ouverts : encore heureux ! La 77, c'est celle par laquelle je suis arrivé hier soir. Je prends la E6, vers le sud.


Trondheim était ma première grande étape en "montant". Je n'en suis plus très éloigné.


La Lonsdalen est très belle; elle mériterait d'être parcourue sous un beau soleil. Pour les randonneurs, le parc Saltfjellet est une véritable mine d'or.


Un peu en retrait de la route, une superbe aire de pique-nique au bord du petit Innervatnet. Attention, camping-caristes, le parking est minuscule, le demi-tour pourrait être délicat. Ce que j'ai trouvé spectaculaire, ce sont ces immenses dalles de roches limées, frottées, arrondies par le travail des glaciers. le résultat est étonnnat, comme une immense table naturelle.


Le beau ruban de la E6. Pour information, cette route prend sa source (si j'ose dire) à Trelleborg, au sud de la Suède, près de la Mer Baltique, et se jette (hi hi hi...) dans la Mer de Barents à Kirkenes, près de la frontière russe, après avoir parcouru environ 3140 kilomètres. Son parcours norvégien fait environ 2550 kilomètres. Elle est la colonne vertébrale de la Norvège, mais ça ne veut pas dire pour ça qu'elle est rapide. C'est en effet en Norvège qu'elle est la moins large et la moins "roulante", et sa vitesse maximale normale est de 80 km/h sur la plus grande partie de son parcours. Elle traverse les villes et les villages, et il y a peu ou pas de contournements d'agglomérations. En hiver, les conditions météoroliques peuvent être telles qu'elles nécessitent parfois la fermeture de cette importante artère ! Mais c'est quand même par elle que l'on "monte" le plus facilement et rapidement vers le nord, bien qu'elle soit nettement en-dessous de la qualité usuelle des routes majeures d'Europe. Les norvégiens, qui se permettent de nous faire payer un grand nombre de routes et d'ouvrages routiers, pourraient au moins améliorer cette grande artère...

Quoi qu'il en soit, et de mon point de vue personnel (je roule doucement en vacances, et ne suis donc aucunement perturbé par les limitations), j'aime beaucoup la E6, car elle traverse souvent de fort jolies régions, et la parcourir d'un bout à l'autre (à l'aller ou au retour) est un vrai plaisir.


La route longe la magnifique Lonselva. Un vrai bonheur !


Il est bien dommage qu'il y ait si peu d'emplacements de parkings sur cette splendide portion.




Puis la E6 s'élève imperceptiblement, mais bien sûrement. En effet, la végétation s'éclircit, annonçant la montée vers le plateau. Je fais halte peu avant Sorelva, un lieu-dit, j'aperçois une passerelle que je reconnais immédiatement pour l'avoir photographiée, de loin, lors de mon passage en scooter en 2006. Cette fois, je ne vais pas la louper !


Le paysage a bien changé ! En effet, il y avait ici, voici six ans, une belle forêt de sapins, et ce sont maintenant de jeunes bouleaux. Tout compte fait, est-ce bien la même passerelle, je n'en suis plus très certain. Toujours est-il qu'elles se trouvent toutes les deux (si tant est qu'il y en ait deux !) dans le même secteur, sur cette même rivière. Il fait froid, voire très froid; à vue de nez (c'est un bon organe pour ressentir aussi le froid !), je dirais autour de 5 degrés. Il est 9 heures, et on est fin juillet. Comme je n'aimerais pas habiter ici.


Voici donc cette fameuse passerelle, comme j'en vois de temps à autre en Norvège.


Alors, je vous confirme, marcher sur une passerelle au-dessus d'un torrent bouillonnant est une chouette expérience, que je préfère d'ailleurs réaliser seul. Car ici, avec une bande de copains du genre joyeux lurons, ce serait pour le moins rigolo, pour le pire carrément dangereux ! Il ne faut pas commencer à balancer l'ensemble, ni se mettre à courrir, ni faire de gestes brusques et contraires. Bref, une expérience très intéressante, qui fait bien monter l'adrénaline !


Les bouleaux sont bien verts, et heureusement, vu la saison; cependant, je lmes trouve un peu malingres, et je ne serais pas étonné que ce secteur reste particulièrement froid à longueur d'année, et pourrait en être l'explication.


Ici, ça commence déjà à bien... balancer, alors que je suis fort prudent ! Sous mes pieds, la calme (à cette époque de l'année) Lonselva,. Au printemps, c'est une rivière en furie, bouillonnante et terrifiante, telle que je l'avais photographiée en mai 2006. En tout cas, même en plein été, une traversée de rivière sur une passerelle constituée de planches et de filins d'aciers, faisant un peu balançoire, au-dessus des rapides glacials d'une rivière arctique, ce sont des frissons (dans tous les sens du terme) garantis.


Je reprends la route. Pas longtemps. A Sorelva, je m'arrête au-dessus du petit pont enjambant la... Sorelva (ou Läpptajähkä en langue sami). Vous savez bien, j'adore les rivières, fleuves, torrents et autres cours d'eaux, sous toutes leurs formes, dans tous leurs états. Vue vers l'est et la Lonselva dans laquelle elle se jette.


Au loin, sur le massif montagneux, le ciel se déchire.


Je poursuis mon ascension facile (c'est Mygoo qui bosse, et je ne voudrais pas être cycliste). La vue de ces restes glacés augmente cette impression de froid. Fin juillet, la glace du dernier hiver n'est pas encore fondue... Les premières neiges arrivent dans deux mois !


Du bleu. Youpeeeee. Pourvu que ça dure !


Stodi. Altitude : 697 m. Mais de quoi vivent les gens habitant sur ces terres hostiles ? Le toit de la maison de droite est encore blanc de givre !
A cet endroit précis, vers l'est, donc dans mon dos, et à moins de 7 kilomètres, c'est la Suède !


Tiens tiens, ça me dit quelque chose !


Troisième passage du Cercle Polaire Arctique en trois jours ! Ce sera le dernier, car cette fois, je ne remonte plus !


Les norvégiens ont construit ici un restaurant pour "marquer" le passage, avec grand parking, statues et autres babioles pour occuper le touriste. Bien sûr, étant touriste, et bien que déjà passé ici en 2006 avec JJ, alias Jolly Jumper, mon x9 que certains d'entre vous ont connu, il n'est pas question de passer sans marquer l'arrêt ! Et c'est là que l'incroyable rencontre a eu lieu. En m'approchant pour poser Mygoo sur le parking, je vois deux magnifiques motos. Deux BMW GS, dont une "Adventure", comme je les aime. Immatriculées.... en Suisse ! Et là, mon cerveau m'envoie aussitôt une autre image. Non, serait-ce possible ? Mais oui, c'est sûr, c'est lui. La plaque est de Genève, il y a un autocollant de l'Ecosse, sur le côté d'une des valises, j'en suis désormais certain, ce ne peut être que lui !


Je regarde dans le paysage, et j'aperçois un grand motard en train d'escalader le terre-plein, au loin à droite, et je LE reconnais immédiatement. Je pars en courant dans sa direction et je crie "Jean.....". Il se retourne, fort surpris, se demandant si cet appel est bien pour lui. Il voit deux-trois personnes, mais ça ne lui dit rien. J'agite les bras, il me regarde sans comprendre, puis j'entends soudain : "P***** de merde ! Nom de Dieu ! C'est pas possible !".... Mon ami Jean Romain, le grand voyageur, celui qui connait les Alpes (entre autres) comme sa poche, est bien là, devant moi. Nous tombons dans les bras l'un de l'autre (rassurez-vous, ça n'ira pas plus loin), mais l'émotion de la rencontre est bien là, réelle. Je fais la connaissance de son épouse fort sympathique, et du couple de leurs amis voyageant en moto avec eux. Les femmes sont quelque peu frigorifiées, mais heureuses de partager cette aventure avec leurs conjoints.

C'est la troisième fois que je rencontre Jean lors de mes voyages, (en 2009, puis en 2010) mais c'est bien la première fois que cette rencontre est le fruit du hasard total, ce qui lui donne une saveur toute particulière, que je ne suis pas prêt d'oublier !

Voilà, amis lecteurs. Dans la série des rencontres impossibles, ça nous est bien arrivé ! Et ça fait beaucoup de bien, particulièrement pour moi, voyageur solitaire. Bonne route à toi et à tes amis, Jean, et bon vent vers le Cap Nord. Pour ma part, je reprends mon voyage solitaire, le coeur bien gai. Pour ceux qui sont intéressés, je vous invite à suivre le beau voyage réalisé par Gil et Jean, et joliment appelé "the long way up", ici. Ne manquez surtout pas la lecture du journal de Gil, savoureuse et pleine d'humour. D'ailleurs, je dois bien l'avouer ici, ils en ont un peu "bavé", car un tel voyage en deux-roues, c'est toujours une "sacrée" aventure, météo norvégienne oblige, et je vous garantis que, malgré mon amour de la moto et tout particulièrement celle de Jean, non seulement je ne regrette pas de voyager avec Mygoo, mais j'avais de la peine pour eux (ce qui est idiot) en les voyant partir dans le froid, alors que je retournais bien au chaud dans l'habitacle de ma petite voiture.


Traces laissées par les voyageurs franchissant ce cercle virtuel mais mythique de la route vers le Cap Nord.




Les amis de Jean devisent en l'attendant, avant de reprendre leur longue route. Au loin, vers l'ouest, quelques sommets du massif du Saltfjellet, toujours recouverts de neige (Fetterbakk, Bolna... entre 1350 et 1450 mètres).


Un touriste danois me photographie devant l'immeuble; il y sur allersretours.com la même photo prise en 2006.
Et encore six ans de moins à vivre, les boules !


Les prix pratiqués ici... Pour info, 100 NOK = 14 euros. Donc la pizza 34, appelée Pizza Arctique Ordinaire (jambon, champignons), coûte près de 31 euros... Gloups ! Si vous venez avec vos enfants, ça va vous coûter un bras, juste pour une pizza !


Le panneau est tellement recouvert de "stickers" qu'on ne sait plus rien de la raison de sa mise en place !

Sur le parking, belle rencontre avec des bretons, avec lesquels nous avons discuté un long moment. Ils sont sur le chemin du retour, après un superbe ciel bleu au Cap Nord et une météo plus capricieuse sur les Lofoten. Merci à eux pour cette très intéressante conversation.


Après cet agréable intermède, je reprends moi aussi mon baton de pèlerin heureux. La E6 est toujours agréable. Ici le long de la Randalen.


Je photographie en roulant, soyez indulgents pour la qualité douteuse des clichés. Mais je trouve que ça vous donne une idée du type de paysage rencontré sur cette portion, ce qui est le but principal de mon site : vous montrer la route.




Au pied de la Randalsfjellet, je prends une petite route secondaire remontant la Virvassdalen. Elle commence par traverser la Randalselva. On aperçoit justement ici l'endroit où la Virvassäga -presque à sec- se jette dans la Randalselva.


Belle image classique de la belle forêt norvégienne venant mourrir sur les rives d'une rivière. J'adore !


Virvassäga et Virvassdalen.


Andfjell, jolie ferme et hameau dominant le paysage au-dessus de la E6.Je ne vais pas plus loi, la route devenant piste, mais si je n'étais pas seul, et avec une météo plus sympa, j'aurais poursuivi à pied, car un chemin mène au sommet du Andfjellet (1202 m), et la piste se poursuit le long de la vallée, au bout de laquelle plusieurs chemins de randonnée partent dans le massif, y compris vers la Suède. Bref, de quoi occuper plusieurs journées !


Vue depuis Andfjell.


Et retour vers la E6.


A nouveau sur la E6, juste un peu plus loin, cette fois dans la Dunderlandsdalen, le long de la...


Ranelva, que voici.


Avec cette passerelle, énormément plus stable que la précédente.


Et la pluie s'invite sans avoir été sollicitée... Ici à la sortie de Storforshei.


La Ranelva vue depuis le pont de Rossvoll.


Il y a à Rosvoll quelques hytter à louer, au bord de la Ranelva devenue calme et large, et une belle aire de pique-nique, sur laquelle je capte un excellent signal WiFi libre. Comme il pleut, il n'en faut pas plus pour me décider : le bivouac se fera ici même. Il est 12h30, ce qui m'offre un cadeau supplémentaire : quartier libre cet après-midi !


A côté, une petite épicerie munie de toilettes parfaites, et une ancienne station occupée par de nombreux scooters des neiges....




C'est l'heure de déjeuner. Ensuite, je passe au bureau : PC, surf sur Internet, écriture de compte-rendus.... Bref, tout ce que j'aime. Sur le toit de Mygoo, la pluie tambourine à qui mieux mieux, me berçant gentiment. J'entends également les touristes s'arrêter, parler, courrir lorsqu'il pleut fort, faire des photos et repartir. Le bonheur simple.


 


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