Scandinavie 2012, étape 111

Jour 111 - Dimanche 22 juillet 2012 - 128 km - 353 photos
(Total : 14216 km - 26452 photos)
De Rossvoll à Rossvoll (Norvège)

Pluie et ciel très bas. Je reste dans Mygoo et surfe sur Internet toute la matinée. Puis ça s'élaircit, je vérifie la météo : belles éclaircies cet après-midi, fortes pluies demain et les jours suivants. Du coup, je décide d'aller visiter le Mefjorden. Avant de partir, je rencontre des français du Maine-et-Loire sur le parking, qui s'installent pour pique-niquer. Longue discussion sympathique sur les coups de 13 heures... entrecoupée de quelques petites ondées.


Jolie pancarte sur le parking, avant de démarrer.


La Langvassaga. Derrière ce nom ne se cache tout compte fait que ce bras d'eau qui sort du Langvatnet pour se jeter dans la Ranelva à Rosvoll. Mais je le trouve joli comme ça, au moment où un premier bout de ciel bleu apparaît.


Juste un peu plus loin, presqu'au fond du Langvatnet, à Kvitberget : l'eau dévale les pentes pour se jeter dans le lac. C'est un spectacle permanent dans ce pays. Mais ici, ce qui restera gravé dansd ma mémoire, c'est l'instant de la découverte, et la sérénité du lieu. Les chutes sont cachées par quelques arbres et un talus en bord de route. Il suffit d'escalader deux-trois mètres pour changer de monde : derrière moi, la petite route, le lac, les montagnes à l'horizon. Et devant moi, la forêt assez dense, l'ombre, la forte pente, les roches glissantes, la végétation sur les roches, l'eau... Fantastique, inoubliable et, en même temps, sans doute, d'une banalité déconcertante pour les autochtones. Mais si je n'avais pas fait cet arrêt pour photographier le lac, je serais passé devant ce lieu sans le voir. Ceci pour dire qu'en Norvège, si l'on en prend le temps, on découvre un foisonnement de lieux tous plus beaux les uns que les autres sur une faible surface. Autrement dit, la densité des sites d'intérêt naturel y est inversement proportionnelle à la densité de la population.


Vue arrière sur la route 355 et le Langvatnet aux eaux bleu pâle, chargées des limons descendant du glacier Svartisen.


Zoom sur le petit cap Vikneset.


Et de l'autre côté du lac, le Femfjellet, je pense (1022 m), dont la tête arrondie est parcourue par les multiples sillons creusés par les eaux de fonte.


La 355 devient piste pendant quelque temps.






Mais il s'agit d'une très belle piste, comme je les aime.


Bucolique à souhait, tous les types de paysages se côtoient, plus jolis les uns que les autres. Ici, près de la Truskarddalen.


Je viens de contourner l'extrémité nord-ouest du Langvatnet, dans lequel plusieurs rivières se jettent.


Puis la 355, étroite et sinueuse, entame l'assension du massif.


On monte vers le plateau, alors forcément... torrents, lacs, marais, rochers surgissent de tous côtés au fur et à mesure de l'ascension.






Un peu plus haut, en me retrournant, je découvre un beau panorama sur le Langvatnet que je viens de longer, là-bas au fond.


Ce qui, de loin, n'est qu'une petite tache blanche se révèle plutôt large et fort bouillonnant en s'approchant.
La roche, sans doute assez tendre, a été creusée à force d'être frottée.


Là-haut, celle-ci a même creusé son mini-canyon.


Autre vue arrière vers le Langvatnet à droite.


Et voici donc venu le monde minéral, totalement arrondi par des milliers d'années de pression et de friction exercée par les glaciers.


Dans la Leirdalen, à l'altitude d'environ 400 m. Fin juillet, il reste encore de la neige à cette basse altitude !




Altitude 400 mètres....


Au pied du Sorvasstinden (798 m), au bout de la Storvassdalen, au creux de ce grand pli, se trouve le Storvatnet.


La roche se brise par plaques entières.


Non non, pas celui-ci, mais dans le trou en arrière-plan. Je ne le verrai pas, il m'aurait fallu aller marcher sur ce terrain, et je n'en ai pas pris le temps. Mais vous, allez-y, et vous m'enverrez des photos. Les possibilités de randonnées dans cette montagne sont innombrables.


La route 355 va passer un petit col au sommet de cette butte, au-delà de laquelle je vais découvrir ce que je suis venu voir ici.


Le Melfjorden, en forme de boomerang, qui se jette en mer à 25 km à l'ouest, entre Oresvik et Jektvik. J'y suis passé le 27 mai dernier, 55ème jour de mon voyage, sur un ferry effectuant la traversée entre ces deux villages (sur la fameuse RV17, Kystriksveien). Pendant cette traversée, j'avais franchi le cercle polaire arctique (eh oui !), et j'avais aussi rencontré Guillaume, le motard français qui m'avait reconnu ! La boucle est bouclée.... une fois de plus. D'ailleurs, vous voyez la cascade descendant de la montagne, presqu'au centre de la photo ? Elle est pratiquement à 66°33... là se trouve le point au-delà duquel le soleil ne se couche plus jusqu'à fin juillet, soit maintenant.On peut dire que je tourne autour de cette ligne depuis quelques jours, comme si je voulais retarder mon retour vers la nuit.


Vue d'ensemble du site, et du splendide panorama. On voit les méandres de la 355 qui descend vers le fjord.


Steintinden et Svartheitinden (autour de 1500 m), au nord; de l'autre côté se trouve le Svartisen.


La magnifique falaise du Skaviktindan, sur la rive nord du Melfjorden.


Dans les lacets, pendant la descente vers Melfjordbotn.


Une impression de forêt tropicale, si souvent ressentie en Norvège.




Et me voici revenu au niveau zéro, la mer, le goëmon, les crabes.


A l'approche de l'océan, les nuages se sont déchirés, laissant la place à de grands pans de ciel bleu. J'assiste à la promenade dominicale d'une famille norvégienne. Au premier plan, la mère et ses deux enfants; au second plan dans la barque, le père rame vers son petit bateau à moteur.




A droite, près des cabanes, une famille est en train de faire bune grillade de poissons sur le barbecue.


Tout ici respire le calme et la quiétude d'une belle journée d'été.


Oui, à ce point, c'est vous dire ! Les lapins eux-mêmes viennent prendre un bain de soleil sur la grève...




Les eaux sont transparentes, ou... tropicales, comme vous voulez.




Le papa arrive, tout le monde a mis son gilet de sauvetage.






Après avoir savouré les rayons du soleil au bout de la petite jetée, je reprends la route. Sur ma gauche, la falaise est très impressionnante !


Me voici de nouveau au sommet de la fameuse côte du point-de-vue, mais dans l'autre sens.


A nouveau sur le plateau, encore un peu ensoleillé. La neige gelée brille si fort que je ne peux y laisser les yeux sans les brûler ! Le contre-jour est très violent, et cette énorme masse de neige complètement gelée fait office de miroir insoutenable.


Je prends quelques photos en roulant, le compact est pratique pour ça; en effet, de telles photos me seraient impossibles avec le réflex, car il me faudrait mettre l'oeil au viseur en conduisant. Quoi qu'il en soit, comme il est cassé, le problème est réglé !


De retour sur le Langvatnet, à Ravnäga, je vois sur ma carte que je peux prendre une autre route pour le retour, parallèle à celle-ci.
Il s'agit en fait d'une piste qui rejoint ensuite la route 353.


Elle grimpe un peu et suit des cours d'eau et des zones humides entre des montagnes culminant aux alentours de 300 mètres. Quelques fermes isolées se trouvent dans ces lieux sauvages et déserts; ça sent un peu la misère dans ce coin, où je ne voudrais pas vivre. La piste est par endroits assez défoncée, il y a des barrières pour les troupeaux. Mares et petits lacs se succèdent; les moustiques vivent ici ! C'est la Bjornvassdalen.


Puis c'est la descente vers la Rovassdalen, avec une belle échappée.


Dans la Rovassdalen, je longe donc une large rivière rtassemblant une partie des eaux descendant du Svartisen, et formant ici un vaste delta certainement rempli lors de la fonte des neiges au printemps.


Et toujours cette belle forêt qui ne demande qu'à envahir aussi la route !


Les eaux du glacier chargées de limon.


On s'en rend mieux compte sur cette photo; cette couleur est fort caractéristique.


Me voici parvenu au bout de la route, au pied du Svartisvatnet, qui reçoit les eaux du glacier. Regardez le dessin à droite, très clair, et qui semble dire "8+8 = 16 km, c'est crevant, on vous le déconseille fortement; prenez plutôt notre bateau....". Moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.....


Il est 17h30, et ce n'est certes pas le moment de m'en gager dans une telle promenade. De toute façon, je n'ai pas envie de marcher seul.


Retour, donc, en longeant les eaux du glacier.




Et la boucle est bouclée. Une fois de plus, un aller-retour se termine. J'arrive ici à Langvatnet, dans lequel se jette une partie des eaux du Svartisen. le reste va dans la Langvassäga, que je vous ai photographiée à l'aller. Rossvoll est tout près. Je me réinstalle sur mon parking de Rossvoll, un peu comme si je retournais chez moi, heureux d'avoir pleinement mis à profit cette éclaircie providentielle. Et comme à la maison, je retrouve Internet, mon bureau, puis ma confortable chambre à coucher. Tout simplement royal !

 


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