Scandinavie 2012, étape 116

Jour 116 - Vendredi 27 juillet 2012 - 313 km - 392 photos
(Total : 14556 km - 26844 photos)
De Mo I Rana à Trones (Norvège)

Beau temps ce matin. température très agréable. Quelques nuages blancs, rien de méchant. Pleine forme, heureux de reprendre la route.
Je démarre à 8 heures, tout le monde dort dans les camping-cars qui m'entourent....


Le Ranfjorden est large et les montagnes qui le bordent sont douces, un peu comme les Vosges. Il est difficile de prendre des photos, peu de parkings : c'est le problème avec la E6, route à grande circulation. Puis la route s'incruve vers le sud et quitte le Randfjorden pour longer le petit Finneidfjorden, bien plus étroit. C'est lui ici, vu depuis Kattstranda, un parking avec un beau point-de-vue. En face, Svalenget.


Un peu plus tard, après la traversée d'un tunnel (je ne sais pas pourquoi je vous parle de ça, il y en a tellement en Norvège qu'on ne fait même plus attention) et Finneidfjord, on débouche au fond du Sorfjorden, où se trouve la petite ville de Bjerka.


C'est depuis ce parking aménagé situé exactement à Langkleivenget que je vous ai fait la photo précédente.


Fin du parcours le long des fjords. Retour dans les terres... montagneuses. A Korgen, je quitte la E6 pour la 806. Mais avant de poursuivre mon chemin vers le sud, j'ai envie d'aller visiter une vallée qui me semble prometteuse au vu de la carte : elle s'enfonde vers l'est par la route 322. C'est un cul-de-sac, ce ne sera donc qu'un aller-retour, comme si souvent en Norvège.


Cette 322 n'est pas en très bon état, et les paysages s'avèrent finalement nettement moins spectaculaires que ce à quoi je m'attendais. C'est une vallée cultivée, et où l'on trouve aussi quelques fermes d'élevage. Tverräga, fin de la route goudronnée et autorisée; ça continue, mais il s'agit d'un chemin privé. Dommage, car c'est là que les choses sérieuses commencent, en fait. Il y a le glacier Okstindbreen au-dessus, et la carte indique de nombreux sentiers de randonnée, certainement assez physiques. Vous pouvez donc, si vous aimez ça, aller faire un tour là-bas. Le problème : le stationnement sera difficile, il faudra sans doute demander l'autorisation aux autochtones.


Demi-tour, donc. Vaches, moutons, herbages, petit torrent, c'est finalement fort joli.


Près du petit pont de Melandshaugen, une bien curieuse pancarte découpée, et une gaufre ! Humour norvégien ?


Et je retrouve la 806 à Korgen, qui passe près de l'ancien pont juste au sud de la petite cité, à Sjoforsen.


Très joli lac, le Stormyrbassenget, appelé aussi Avan, à 250 mètres d'altitude.








Je reprends ma route vers le sud pour arriver à Bleikvasslia. Si vous regardez bien la carte, ma route est bien à l'est de la E6 que j'ai laissée à Korgen. Et la 806 s'arrête ici, à Bleikvasslia. C'est la 291 qui poursuit vers le sud-est. Mais j'aperçois une autre route, la 324, qui s'enfonce vers l'est jusqu'au fond du Nordvatnet, partie nord du grand Rossvatnet. Cette 291 est un cul-de-sac, mais j'ai envie d'aller y jeter un coup d'oeil.


Elle commence par traverser une vallée, la Kongsdalen (vallée du roi), située entre le Kongsfjellet et le Lifjellet. Ici, une ferme, à Svartvassmoen.


Des torrents dévalent les pentes du Kongshaugen, le roi du coin (1011 mètres), au milieu des forêts.


C'est lui, à gauche, le Kongshaugen.


Toujours lui, sous un autre angle, vous permettant d'apprécier sa forme à sa juste valeur : une tour minérale magistrale.


Puis la route débouche dans la Rossvassbukta, une profonde crique du Rossvatnet. Le Hjartfjelltinden (1458 m) du massif du Hjartfjellet domine l'autre rive de cette partie nord du Rossvatnet que les norvégiens ont appelé Nordvatnet.


La Rossvassbukta et le Rossvatnet vers le sud.


Gros plan sur le seigneur des lieux, le Hjartfjelltinden. Une pyramide dominant la vallée Hjartfjelldalen qui le sépare de la Akkfjellet (1107 m). D'ici, j'admire cette vallée, avec cette dense forêt remontant la pente au-dessus du lac, et la forêt fort clairsemée dans la partie haute. Le sommet de la vallée est à environ dix kilomètres d'ici, mais je devine aisément le paysage, là-bas. Et y aller à pied serait déjà une très belle aventure. Tout ceci pour insister, comme je le fais depuis le début de ce voyage, sur les treks innombrables et de très grande qualité qui parsèment la Norvège d'un bout à l'autre du pays.


Je fais demi-tour ici, parce que je vois parfaitement le paysage tel qu'il est pour atteindre le bout de la route à Nymoen.


Du même endroit, pour vous expliquer. Sous vos yeux, donc, le Nordvatnet, direction plein est. La Suède se trouve à 18 km, au fond de cette photo. Et au fond du lac se trouve Nymoen. Je ne vois donc aucun intérêt à poursuivre (à part celui de brûler du gasoil), car le paysage reste le même qu'ici.


A l'horizon, à 15 km environ, le massif du Tverrfjellet.


Et je repasse à Bleikvasslia pour prendre, cette fois, comme expliqué plus haut, la 291.


Elle longe la rive nord du Tustervatnet, qui n'est en fait qu'une crique appartenant au grand Rossvatnet. Le Kjerringtinden domine largement au sud, avec ses 1395 m. Encore une de ces montagnes en forme de vaisseau retourné, très certainement creusée par les glaciers.


Le paysage tel qu'il se présente dans son ensemble, vaste et sauvage, d'une très grande beauté.


Les bouleaux parsemés laissent supposer une zone fort froide. Le sol est recouvert de bruyère épaisse recouvrant le rocher rond, et parfois les mares d'eau stagnante issue de la neige, qui va reprendre possession des lieux d'ici quelques semaines ! Au moment où je vous écris ce texte, le 15 septembre 2012, je suis revenu dans ma belle Vendée. Il a fait aujourd'hui 25 degrés sur nos plages, on pouvait largement se baigner. Je regarde la météo norvégienne au bord du Rossvatnet : il fait là-bas entre 6 et 9 degrés, et il pleut encore....

Terrifiant, et magnifique. Splendides paysages, et météorologie féroce !


Une presqu'île avancée dans le Tustervatnet permet de le franchir sur un pont. Le voici donc, ce fameux Rossvatnet. Il y a là un grand parking, et il est 13 heures. Alors, que pensez-vous qu'il fit, le garçon ? Une sieste ? Perdu ! 13 heures, c'est l'heure du repas principal du jour.


Et c'est reparti. La Sorbukta, qui est le fond du Tustervatnet. Quelques pics enneigés à l'horizon.


Même endroit, paradis naturel, vastes forêts clairsemées de bouleaux, sol recouvert d'épaisses bruyères et de mousses, sorte de vaste trempolin.


Les norvégiens ont appelé Stornesdalen cet étroit goulet d'étranglement fermé par la presqu'île dont je vous parlais plus haut, la Storneshaugan, que la route contourne entièrement par l'ouest.



Et l'on aboutit au pied du Kjerringtinden, colossal.


Lequel domine le Rossvatnet, site occupé par les hommes occupent depuis l'Age de la Pierre. 219 km2 de surface, 240 mètres de profondeur, son volume est estimé à 15 km3 d'eau.... ! Le lien fait référence au Wikipedia anglais, car son homologue en français est totalement inexistant, comme bien souvent d'ailleurs. Pour ma part, je m'étais inscrit sur Wikipedia pour y participer. Or, un jour, j'ai mis un lien vers mon site pour étayer vers mes photos quelques lignes que j'y avais écrites. Je me suis fait vertement réprimander, alors que j'ai vu pas mal de références sur d'autres sites. Comme je ne suis plus un gamin, et que j'offrais ma contribution et mon temps gratuitement, je n'ai pas apprécié, et suis parti en claquant la porte. Dommage, dommage.

Donc, vue vers le nord du Rossvatnet, depuis la Stikkelvika. Au loin, à gauche, cette montagne en forme de pyramide.... C'est le Hjartfjelltinden, que je vous ai photographié ce matin depuis la route 291. Il est maintenant à 25 km à vol d'oiseau d'ici, quand même !


Au même endroit, la Stikkelvika toujours.


Äkervik. Le paysage change, car les hommes cultivent ici sur les rives du Rossvatnet, au niveau du Äkerviksundet, le détroit contournant l'île de Rossvassholmen.




Verterbukt, et le pont franchissant le détroit de la Vesterbukta. Les hommes se sont installés au milieu des bouleaux.


Toujours depuis le pont, je pense qu'il s'agit du Forsmofjellet, 1230 m.


Maintenant au sud du Rossvatnet, la route quitte les rives sud, fort marécageuses, pour le contourner largement par le sud. Ici, le Langneset, le plus grand de tous les petits lacs situés au sud du Rossvatnet, vu depuis Osberg. Attention, ne cherchez pas trop sur une carte, c'est un hameau de deux-trois maisons....


On pourrait tout aussi bien se trouver en France, non ? Les changements de paysage en Norvège sont assez bluffants. Pour cette raison, je ne suis pas bien certain d'avoir bien fait, ce matin, de ne pas aller au bout de la 291, car ce pays offre toujours de belles surprises.


Osberg toujours. Centre ville....


Donc... un peu plus loin, un carrefour : je tombe sur la route 73. A gauche, elle mène à Hattfjelldal, le centre urbain le plus important du secteur, puis elle se poursuit en Suède; un embranchement remonte la rive est du Rossvatnet jusqu'au pied de notre pyramide, la Hjartfjellet. Initialement, je voulais aller là-bas, mais c'est bien sûr à nouveau un cul-de-sac, et il me faudrait revenir ici, car je ne veux plus aller en Suède, vous savez bien pourquoi ! Le ciel étant ce qu'il est (couvert, triste, n'incitant pas à la flânerie), j'abandonne cette idée. Je prends donc à droite, et je poursuis ma descente vers le sud. Mon ruban d'asphalte s'étire encore et encore, à nouveau au milieu de forêts.


Ah ah, un peu plus loin, nouvel embranchement ! Je suis très impressionné, car peu habitué : en Norvège, généralement, tu as une route, point final, le reste ne conduisant qu'à des impasses. Mais pas dans ce secteur. Donc, si je poursuis sur la 73, je vais retrouver la E6 à l'ouest, à Trofors. Or, je suis passé le 24 mai à Trofors, le 52ème jour de mon voyage. J'y avais même bivouaqué. Deux mois déjà.... Du coup, je vais prendre l'autre petite route, la 273, qui continue vers le sud et rejoins la E6 plus bas. tant qu'à faire, autant en profiter pour voir ce que je n'ai pas vu, non ?

Donc, je traverse cette superbe rivière, belle à croquer, comme je les aime. La Stillelva.
D'ailleurs, tiens, je vous la croque sur ce croquis, je ne peux résister.


La 273 quitte rapidement la Stillelva pour longer la Litlfiplingdalselva dans la vallée Litlfiplingdalen (normal), puis s'élève dans une belle forêt pour déboucher au-dessus de la Storfiplingelva, qui coule au fond de la vallée... Storfiplingdalen (normal) que nous allons longer plein sud. Il y a là, vers l'est, le parc national du Borgefjell créé en 1963, de 1447 km2. Il est là-bas, dans ces montagnes et ce haut plateau que l'on devine, vu depuis Bjorkeslett. Une fois de plus, là tout près, encore un secteur qui pourrait nous/vous retenir pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines !




Juste un peu plus loin, à Leiren, nouvel embranchement. Soit je reste sur la 273, soit je traverse la rivière et je prends la 274. Les deux routes sont rigoureusement parallèles, l'une passant sur la rive est du Nedre Fiplingvatnet (la 274, que je prends), et l'autre sur la rive... ouest. Bravo, vous suivez bien, j'apprécie ! Donc... je traverse la bouillonnante Storfiplingelva, terrifiante et magnifique. La puissance de ces rivières, en plein milieu de l'été, est surprenante et, en même temps, fort plaisante.


Rive nord du Nedre Fiplingvatnet.


Strandli en face.


Au sud du lac, la 274 rejoint la 273 via une petite zone marécageuse séparant le Nedre Fiplingvatnet du Ovre Fiplingvatnet. Cette rivière, la Mellomvasselva, aux allures de fleuve tropical, se jette dans les deux lacs en même temps ! Les eaux sont profondes et transparentes, le courant est fort, les tourbillons sont légion. C'est encore et toujours sublime, et c'est permanent; je ne fais que passer, sinon, j'y resterais des jours et des jours !


Tenez, qu'est-ce que je viens de dire ? Quelques centaines de mètres plus loin seulement, au lieu-dit Omodden, se trouve un point de vue au milieu de cette végétation qui me fait craquer tant elle est belle et sauvage. Point de vue, parce que la route s'est élevée assez fortement au-dessus du lac, jusqu'à 470 mètres d'altitude.




C'est simple, ça me cloue le bec !


En face, le Setterfjellet, la rivière est la Sladderskardelva, et elle descend du Sladderskardet. Encore une sacrée zone d'exploration possible...




Et voici le bout de la route, tout près de la E6 que je vais cette fois reprendre.
Vue vers le nord; à droite, une zone de marais de toute beauté, la Bjortjonnmyran.


Et voilà que je quitte maintenant le Nordland, cette belle région de Norvège qui, à chaque fois, me surprend par les innombrables beautés qu'elle recèle sur son territoire. Bienvenue dans le Nordtrondelag.


Vue arrière... Tous les touristes qui viennent en Norvège par la E6 -et ce sont les plus nombreux- prennent cette photo. Je l'ai d'ailleurs moi-même déjà prise en 2006, le 23 mai 2006 exactement, au 26ème jour de voyage, lors de mon passage avec le scooter ! Ici commence -ou finit, selon notre direction- la Norvège du nord. je viens donc de franchir une nouvelle étape dans ma descente.


Au même endroit, sur le parking. J'ai pris cette photo juste pour me souvenir de ces cabanes au toit recouvert de végétation.


La E6 traverse la Namdalen, dans la vallée de la Namsen, ce grand fleuve norvégien déjà longé un peu à l'aller près de son embouchure, à... Namsos. C'était le 12 mai, 40ème jour de ce voyage... La voici donc ici, majestueuse, juste au sud de Namsskogan. Entre-temps, j'ai pris un peu d'essence car j'étais presque à sec. Un peu seulement, car elle coûte... plus de 14 NOK le litre, soit 1,96 euro le litre (de gasoil) !!!! Ce sera le prix le plus élevé payé pendant ce voyage.

Enfin, je trouve un parking absolument parfait pour bivouaquer, à Trones, sur la E6. Hôtel, restaurant, station service (bien moins chère), camping, parc d'attraction, pratiquement l'idéal pour moi. Il y a un peu d'animation, mais je peux me mettre un peu à l'écart. J'ai toutes les commodités, tout en dormant à l'oeil.

Il fait très très chaud. Et ce qui devait arriver est arrivé : un fort orage s'abat sur le secteur. Mais ça ne raffraîchit même pas l'atmosphère !

Mon petit appareil photo, le compact Sony, m'a fait un mauvais coup aujourd'hui. J'avais acheté une seconde batterie lors de cette acquisition, car je sais ce que c'est que de tomber en panne de "jus" avec un appareil-photo, à plusieurs kilomètres de toute prise de courant, et dans un lieu de rêve où on ne reviendra peut-être jamais ! Désormais, je prends mes précautions, et je ne me retrouve plus devant ce genre de situation (sauf si j'oublie d'emporter la deuxième batterie....). Bref, cette batterie n'est pas une Sony, mais elle a la même dénomination, et m'a été vendue "certifiée" pour cet appareil. Et de fait, elle fonctionne depuis plus d'un an. Or, ce soir, le compact me dit, alors que je l'introduis dans son coeur suite à l'arrêt de l'autre : "veuillez utiliser des batteries Sony", et se coupe ! Rien n'y fait, pas même la réinitialisation avec les valeurs par défaut. Je ne vous raconte pas ma colère... Heureusement, je n'ai pas jeté le compact sur le goudron pour le pulvériser sous mes brodequins, ni posé sous un pneu de Mygoo pour le détruire en démarrant ! Non, je me suis retenu de faire ça. Allez savoir pourquoi ! Mais je suis en rogne, car désormais, je dois recharger en continu la seule batterie qui me reste. Et donc charger la batterie en roulant, et à chaque fois que je veux faire une photo, enlever la batterie du chargeur, et la mettre dans le compact, avant de pouvoir dégaîner. Du coup, si je croise une soucoupe-volante, il est clair que je louperai le "scoop".

Ce soir, je hais Sony.



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