Scandinavie 2012, étape 134

Jour 134 - Mardi 14 août 2012 - 207 km - 534 photos
(Total : 16783 km - 31797 photos)
De Amot/Klakegg/Stardalen à Gaupne (Norvège)

Le fermier est déjà sur son tracteur alors que je m'éveille doucement ! Normal, c'est la saison où il faut engranger un maximum pour l'hiver. Je le salue de loin en sortant de la voiture, il descend de son tracteur et vient me parler ! Très bon anglais, c'est sa femme qui m'avait parlé hier. Il me dit que ça lui plait lorsque les gens demandent, et qu'il n'aime pas lorsqu'ils s'installent comme s'ils étaient chez eux. Nous discutons plus d'une demi-heure; il me demande s'ils n'ont pas fait trop de bruit hier soir, ils ont bossé jusqu'à minuit ! Exactement comme les nôtres en Vendée. Il me dit que si je reviens dans le coin, je n'ai qu'à aller sonner à leur porte ! Vraiment plus que sympa.


Par contre, côté météo, c'est nettement moins sympa.... Je fais le chemin inverse pour sortir de la Stardalen. Ici Veiteberg.


La Bolsetnipa, déjà photographiée hier. Un sacré caillou, vous en conviendrez ! 1214 m. Comme je suis à environ 270 mètres sur la route, ça nous fait, une fois de plus, pas loin d'un kilomètre de dalles d'un seul trait, ce qui est énorme.


Grepstad. Entre la Bolsetnipa et la Langefjellet, le plateau Grepstadbotnet (956 m) d'où dévale la Grepstadgrova.
J'aimerais beaucoup aller au sommet de la dalle.


Et la Stardalselva dans mon dos.


Les arbustes sont en train de phagociter le toit de cette petite cabane. Je retrouve la E39 à Klakkeg en sortie de la Stardalen, et je prends à gauche (sud) vers Skei et le Jolstravatnet.


Voici Skei, sur les rives du Jolstravatnet. Du moins, c'est le nom qu'il porte vers l'ouest, et sur les rives duquel roule la E39. Par contre, vers l'est, c'est le Kjosnesfjorden. Et c'est la route numéro 5 qui en longe les berges. C'est celle que je vais suivre.


Je suis passé ici le 17 mai 2006 avec Jolly Jumper, et j'avais longé des rives juste pour un aller-retour, pour aller voir le glacier que vous verrez plus loin. La route 5 longe donc la Skafonnfjellet, rive nord du Kjosnesfjorden, aux pentes si raides que les norvégiens ont jugé nécessaire la construction de plusieurs tunnels. En face de moi, la Grovanipa, 1143 m.


Petit coup d'oeil arrière vers Sunde, Vollen et Sandvika à gauche, Kjosnes à droite, au-delà du tunnel dont on aperçoit l'entrée.


Du même endroit, vers l'avant, rive sud, le Nonsnipa (1342 m) et la pointe de la Sygnesandsnipa (1548 m).


Ici, je me trouve juste entre deux tunnels, le Bjornabakktunnelen que je viens de traverser, et le Forenestunnelen devant moi. Presqu'en face, le pic de la Langeheia (1240 m) et la Grovanipa à l'autre bout.


Pile en face, la Elvaneselva, torrent glaciaire descendant du Grovabreen.


La Nonsnipa.


La Sygnesandsnipa. En bas, les maisons de Sygnesand.
Un sentier part vers les sommets depuis ce hameau, empruntant la vallée située à droite, la Sygnesandsdalen.


Détail des roches. On peut se rendre compte que cette roche ne s'effrite pas, mais se détache par blocs entiers, par dalles entières. Du coup, il est évident qu'il vaut mieux ne pas se trouver sur le parcours d'un de ces morceaux pendant son irrémédiable descente.


Lunde, au bout du Kjosnesfjorden.


Nonsnipa, Langeheia et Grovanipa, vues depuis Lunde.


Soudain, mon regard est attiré tout là-haut vers l'est, devant moi, par les échos d'un énorme fracas. Un pan de glace vient de se détacher du Lundabreen, langue terminale du grand Jostedalsbreen que vous connaissez maintenant, et une cascade jaillit pendant quelques secondes. Je n'ai pas le temps de prendre ni photo ni vidéo, tant l'action fut violente et rapide, mais le spectacle, aussi fugitif fut-il, fut grandiose et inoubliable.


La route s'élève maintenant fortement. Peu avant l'entrée d'un nouveau tunnel, le Fjaerlandstunnelen, je me retourne et... Ouahhh ! Il y a une photo pratiquement identique prise comme ici depuis Lunde lors de mon passage en 2006. Je disais alors que je ne pouvais pas détacher mes yeux de ce tableau extraordinaire, avec les blocs des Sygnesandsnippa, Nonsnipa, Langeheia et Grovanipa à gauche, et la vue globale sur le Kjosnesfjorden. Un grand glacier, le Grovabreen, se trouve sur le plateau sommital de cette masse minérale, mais il est totalement invisible d'ici. Tout au fond à gauche, c'est le début du Jolstravatnet.


Il ne faut pas louper la piste, à la sortie du tunnel, qui conduit au pied du Bøyabreen, nouvelle langue terminale du Jostedalsbreen.


Dans les pentes du Bøyabreen.




Le glacier Bøyabreen, au sommet, là où il se brise

Le glacier Bøyabreen, au sommet de la cassure, là où il se détache du Jostedalsbreen.


Le glacier Bøyabreen, dans sa chute

Langue terminale du glacier Bøyabreen.


La piste conduisant au parking eduquel part un sentier vers le glacier et le petit lac situé à son pied, le Brevatnet.


Le Brevatnet, au pied du  Boyabreen.

Le Brevatnet.


les pentes de la montagne sur la rive est du Brevatnet.


Le Brevatnet est à 145 mètres d'altitude seulement.

Le Brevatnet est à 145 mètres d'altitude seulement.


A l'ouest du Boyabreen, le Vetlebreen, encore une langue du Jostedalsbreen.

A l'ouest du Boyabreen, le Vetlebreen, encore une langue du Jostedalsbreen.


Le Boyabreen : détails.

Le Boyabreen : détails.


Le Boyabreen : détails.

Une minuscule grenouille. J'ai failli l'écraser tellement elle était petite. Il y en avait plusieurs qui traversaient le sentier en sautillant, et c'est sans doute le mouvement qui a attiré mon regard. Pour vous donner une idée, elle est de la largeur d'un doigt, pas plus !


Je retourne sur la route 5 qui poursuit plein sud dans la Boyadalen. ici, juste après Boyafjellstolen, le long de la rivière directement issue du Brevatnet (caché par la forêt), et donc du Boyabreen que l'on voit parfaitement. Cette rivière devrait logiquement s'appeler la Boyaelva.


La belle couleur de la rivière Boyaelva (?) aux eaux chargées de minéraux arrachés aux roches par le glacier.


Au pied du Skeisnipa (1440 m) à gauche, toujours depuis la Boyadalen.

Au pied du Skeisnipa (1440 m) à gauche, toujours depuis la Boyadalen.


Entre Boyum et Skarestad, arrivée dans la zone de confluent entre la Boyadalen et la Supphelledalen. Au nord-ouest maintenant, dans la Boyadalen, la fanstastique face est du Blanipa (1469 m), une dalle de près d'un kilomètre et demi, se déploie dans toute sa splendeur.


Une petite route s'enfonce le long de la Supphelledalen, vers Fjellstolen.


Oygardsneset.


Supphella, qui a donné son nom à la vallée.


La route se termine par un parking, à Fjellstolen. De là part un sentier vers le pied du Flatbreen, encore une autre langue du Jostedalsbreen. Un autre sentier de randonnée, beaucoup plus long, remonte la vallée et permet de rejoindre Veitastrond.


Zoom sur le Flatbreen.


Au pied du Flatbree, la dernière langue glaciaire sous laquelle s'échappent les eaux sous-glaciaires glaciales du Flatbreen. Si vous regardez attentivement, vous verrez, minuscules, les silhouettes humaines colorées des touristes dont je fais partie, donnant une idée de l'immensité du site.


On les voit mieux maintenant que je me suis approché. En face, le Myrhaugsnipa (1443 m).


Les eaux glaciares surgissent en grondant sous cette arche de glace.


Je rigole, parce que je viens de poser ma main sur la glace, et je la retire... marron foncé.
La glace est saturée de cailloux et de boue chargée de minéraux.


Une vidéo serait bien plus appropriée.


Vers le nord-est.


Zoom sur la glace, sale et noire.


Retour vers le parking. Le Daumalseggi.
Je discute un moment avec des français roulant en Renault Espace aménagé pour dormir.


Skarestad, en retournant sur la route 5.


La fantastique dalle du Blänipa.


Skarestad, au pied du Gygri, rocher de 730 m.


Au loin, un coin de forêt complètement dévasté. Travail humain, ou violence de la nature ?


Au bord du Fjaerlandsfjorden se trouve le Norsk Bremuseum, le musée des glaciers norvégiens, avec une terrasse de panorama sur la plaine au pied des glaciers. Les français m'ont dit qu'il était vraiment bien. Je subis deux-trois averses violentes, et je décide de prendre ici mon repas, sur le parking du musée. En face, le Skeisnipa et à gauche la Blanipa, Boyadalen entre les deux.


Le Fjaerlandsfjorden, en contre-jour. On distingue les maisons de la petite ville Fjaerdal à droite. Allons-y voir....


En allant sur Fjaerdal, une échappée en face, plein est, sur la Horpedalen, belle vallée suspendue. Encore des randonnées à faire....


Ce ferry part de Fjaerlands et descend tout le Fjaerlandsfjorden, sauvage et presqu'inhabité, et qui n'est desservi par aucune route


Me voici à Fjaerland. Vue arrière. Le musée se trouve au fond du Fjaerlandsfjorden. Au fond derrière, vous allez être surpris d'apprendre qu'il s'agit du Boyabreen, Skeisnipa en premier plan, et Kvannholtnipa à droite du Boyabreen. Tout en haut, le grand blanc, c'est le Jostedalsbreen, la grande mer de glace.


Zoom sur Boyabreen et Jostedalsbreen.


Les mêmes.... En bas, le Norsk Bremuseum, en blanc.


Fjaerland. Notez la présence d'une très belle 2 CV Citroën.


L'église de Fjaerland.


Un superbe hôtel à Fjaerland.


La route se poursuit après Fjaerland jusqu'à Jordal et Raudboti, sur une dizaine de kilomètres. Comme c'est en contre-jour, je fais demi-tour ici et je retourne vers la route 5 et le fond du Fjaerlandsfjorden.


Avant de quitter Fjaerland, vue vers le sud. On distingue le ferry qui vient de partir.


Joli banc face au Middashaugen (1030 m), à gauche, et à la Skredfjellet à droite.


Vous connaissez maintenant... Côté droit, c'est la vallée Supphelledalen, visitée avant de manger.


Le hameau Horpedalen, sur la route de la Horpedalsdalen.


Je reprends maintenant la 5, qui s'élève d'abord sur la rive est du Fjaerlandsfjorden, avant de s'engager dans un tunnel sous la Skredfjellet dont les pentes sont trop pentues. Elle ressort à Berge, au-dessus de Bjästad, pour ensuite s'engouffrer sous un long tunnel, le Frudalstunnelen, qui passe sous le Frudalsbreen et ressort au pied de la Frudalsfjellet (1422 m). Il y a un parking aménagé ici à Berge offrant un magnifique panorama au-dessus du Fjaerlandsfjorden. Je fais halte avant de prendre le tunnel suivant. Vue ici vers le nord. C'est Fjaerland qui se détache sur l'autre rive, au pied de la Mundalsdalen, autre vallée dont j'avais omis de vous parler tout-à-l'heure : encore de belles randonnées possibles !


Et vers le sud, vers l'embouchure du Fjaerlandsfjorden, en plein contre-jour.


Arrivée sur les rives du Dalavatnet, 395 m, ici à Steinane.


Dalavatnet

Dalavatnet.


fermes de Torstad. Le lac est bordé de terres cultivées et donc de hameaux sur toute sa longueur, et sur ses deux rives.


Torstad, Kvam.


Arrivée à Sogndal. Il fait ici très chaud, un peu comme dans une cuvette. Le temps est extrêmement orageux. Sogndal est située au fond du Sogndalsfjorden. Bruit, circulation, je me sauve.


Direction : le nord. Route 32, le long du Barsnesfjorden, vu ici depuis Nes, à la sortie de Sogndal.


Zoom sur Kvam (pas le même), depuis le même endroit.




Barsnesfjorden toujours, avec vue sur Barsnes, village situé sur l'autre rive.


Au nord, arrivée sur le Hafslovatnet. En face, tous les hameaux autour de Hafslo. C'est la route 55.


Juste un peu plus loin, une route étroite et sinueuse traverse le massif pour descendre sur le Lustrafjorden, à Solvorn (ci-dessus), en face de Ornes, où se trouve une des églises en bois les plus réputées de Norvège, celle de Urnes. Malheureusement, Solvorn est un village très encaissé, avec un minuscule parking payant sur lequel il est interdit de rester la nuit (autrement, je me serais installé là, c'était un peu mon but). Dommage, car je serais bien allé me promener dans les ruelles, les maisons sont mignonnes comme tout. De plus, un contre-jour affreux ne me permet aucune photo. D'ici, un ferry part en face pour que les touristes puissent visiter l'église. Les tarifs sont élevés, heu... norvégiens. C'est un cul-de-sac, je repars aussitôt, déçu.


Donc, réfléchissons. Il est 17h30. Sur ma carte, je vois qu'une route longe un long lac orienté nord-sud, le Veltastrondavatnet, et s'arrête au sud du Jostedalsbreen. Il y a une petite ville, Veltastrond, je vais pouvoir y bivouaquer. C'est un cul-de-sac, je reviendrai demain. Route 337, c'est parti. Traversée de Hasflo, je longe cette fois la rive nord du Halslovatnet, et me voici ici entre les deux lacs. La route est très étroite, sans aucune visibilité, dangereuse.


Impossible de rouler vite. Sans doute une des seules lignes à peu près droites trouvées sur cette route.




Sur la rive est du Veltastrondavatnet. Il n'y a d'ailleurs pas de route sur l'autre rive.


Zoom sur Oksebäsen, vu depuis le cap Langaneset.



Quelques tunnels affreux, noirs car non éclairés, dans un état lamentable, très étroits, et avec virages. J'ai dû faire marche arrière dans le noir total dans l'un d'entre eux pour laisser passer un véhicule, je ne voyais rien avec Mygoo, dur dur !


Vue sur Kvam (encore un !), depuis Stolsneset.


Zoom sur la grande barrière blanche du Jostedalsbreen, tout au fond.


Kvam.


Nedregardstolen, juste avant Kvam. Tiens, il y avait une autre ligne droite, en fait !
Je garde un tel mauvais souvenir de cette route vraiment dangereuse que j'en avais oublié les bons morceaux.


Enfin, arrivée à Nes et Veitadtrond, au fond du Veitastrondavatnet.


Eglise de Veitadtrond. J'ai failli m'installer ici pour le bivouac, seul emplacement qui me plaisait.


Hogebru et Stolen, au bout de Veitadtrond. Là, fin de la route, début d'une piste... payante ! Je n'ai pas envie de payer maintenant pour m'enfoncer dans la vallée, il est vraiment trop tard, il se met en plus à pleuvoir. Quel dommage. De plus, impossible de bivouaquer ici, car il n'y a aucun emplacement pour Mygoo. De là partent de nombreux sentiers de randonnée permettant d'atteindre plusieurs glaciers... Une voiture arrive. Un couple de jeunes norvégiens fort sympathiques. C'est ma journée des norvégiens sympas ! Je discute un bon moment avec eux sur la balade vers le glacier. 4 km sur piste payante (30 NOK), puis 6 km aller, pas très dur, mais quand même astreignant. Une violente averse interrompt notre conversation.


Demi-tour. Maisons à Veitastrond. J'hésite, puis je décide finalement de partir et refaire cette route immédiatement, peu désireux de la garder pour demain matin. Je pense qu'à cette heure, je vais être tranquille. Je suis stressé, et c'est surtout, surtout, parce qu'il n'y a aucune visibilité, obligeant à une attention absolument constante, et empêchant toute vitesse normale ! Sans compter les trois mauvais tunnels. Une corvée. Très franchement, si vous êtes en camping-car, je vous le déconseille. J'en ai croisé un, et je sais qu'un bus fait aussi quotidiennement le trajet. Pour ma part, j'étais enchanté de retrouver les rives du Hafslovatnet.


Je retrouve la route 55 qui me conduit à Marifjora, sur les rives du Gaupnefjorden, crique du Lustrafjorden au fond de laquelle se trouve Gaupne.


Vue sur Marifjora depuis Gaupne, où je me déniche un bon spot pour passer la nuit. Je ne suis pas seul, un camping-car suédois a aussi trouvé refuge ici, dans les quartiers calmes de la petite ville industrielle et plutôt moche... Ce sera une nuit d'un calme absolu.


 

 


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