Scandinavie 2012, étape 135

Jour 135 - Mercredi 15 août 2012 - 149 km - 543 photos
(Total : 16932 km - 32340 photos)
De Gaupne à Luster (Norvège)

Grand beau temps au réveil, comme prévu. Du coup, je vais consacrer cette journées aux glaciers, aux langues terminales de la face nord-est du Jostedalsbreen. Je dégage vers 8h45, mais voisins suédois sont déjà partis.


Route nord, la 604. C'est un cul-de-sac, une fois de plus, et il me faudra revenir ici à Gaupne. 100 bornes aller-retour, au minimum. Mais quand on aime, on ne compte pas. La 604 longe la rivière glaciaire Jostedola. Je vais donc remonter la Jostedalen. Ici, peu après Leirmo et la route conduisant au barrage de Leirdal sur le Tunsbergdalsvatnet, que je délaisse, préférant réserver le ciel bleu pour les glaciers. Une brume épaisse recouvre le cours de la Jostedola, offrant par moments un spectacle d'une rare beauté, sombre et mystérieux, avec quelques rayons de soleil filtrant de temps à autre. Je m'installe sur un parking offrant une jolie vue pour prendre mon petit-déjeuner.


Ici, entre Alsmo et Bruhaug, d'énormes blocs se sont détachés des falaises de la rive gauche (le Kollen, 1152 m). La rivière est large, le courant est puissant, et la couleur est celle caractéristique des eaux glaciaires chargées de minéraux.


Très belle ferme dans le hameau regroupant Nygard, Teigen et Tunvoll, au pied de la Kvernadalen.


Regard arrière sur la Jostedola à Sperloy.


A Haugen, la route 335 s'enfonce à l'ouest le long d'une vallée jusqu'au pied du Jostedalen. Encore un aller-retour, mais il n'est pas question que je laisse ça de côté. Mes fermes se succèdent tout au long de cette vallée, la Krundalen. Soudain, à Hellegärd, l'horizon entier se ferme d'un immense mur blanc. A plus de 12 km, à près de deux kilomètres de hauteur, le grand Bergsetbreen bascule du Jostedalsbreen. Monumental !


En face, à six kilomètres, au bout de la vallée, le Kräfjellet.


Depuis Leitehaugen. Le haut du Bergsetbreen est encore à près de 8 km à vol d'oiseau.


Colossal.


Bergset, le dernier hameau de la Krundalen, qui a donné son nom au glacier principal fermant la vallée Krundalen.


Un petit parking, et un sentier qui part le long de la Krondola, nom du torrent recueillant les eaux des glaciers environnants : Vetledalsbreen à gauche, le grand Bergsetbreen en face, et à droite, Baklibreen et Tuftebreen, invisibles.


Le voici justement, le Tuftebreen, au-dessus de Tufteskaret, et Kräfjellet à gauche.


Bergsetbreen.

Bergsetbreen.


Le sentier est magnifique, partiellement en sous-bois. Le sol est très marécageux, comme presque partout en Norvège, et de nombreuses planches ont été posées pour permettre le passage; parfois même de petits ponts pour franchir quelques torrents, car l'eau coule ici partout, en provenance des glaciers qui entourent le haut de la vallée.


Le Sauelvi, qui dévale les pentes du Tufteskaret. Au-dessus, et encore invisible ici, le Tuftebreen.


On marche presque au-dessus de l'eau qui coule partout sur le sol spongieux.


A droite, le Kräfjellet, la belle table du fond de la Krundalen.


Vetledalsbreen.

A gauche, le Vetledalsbreen.


Bergsetbreen.

Bergsetbreen.


Je ne vais pas plus loin. En effet, il me reste encore bien des choses à voir aujourd'hui, et j'ai trop peur de retrouver la pluie dès demain. Par conséquent, je voudrais profiter de ce ciel bleu pour voir les plus belles langues glaciaires terminales du Jostedalsbreen tombant dans la Jostedalen. C'est un peu dommage, mais en même temps, je pense avoir vu l'essentiel, et je tiens à vous en laisser un peu, quand même ! J'apprends en faisant ce compte-rendu qu'en 1986, trois touristes hollandais ont trouvé ici la mort, pris sous une avalanche de glace descendue du Baklibreen, un peu plus loin sur ce sentier.... Aurais-je eu une bonne intuition en faisant demi-tour ? J'ai croisé deux couples de randonneurs.


Vetledalsbreen.

Vetledalsbreen à droite maintenant (sud)..


A gauche maintenant, voici à nouveau le Sauelvi, qui dégringole des pentes du Tufteskaret. Au-dessus, et encore invisible ici, le Tuftebreen.




Ah, le voici, le Tuftebreen, au-dessus du Tufteskaret.


Bergsetbreen.

Bergsetbreen derrière moi : je ne peux m'empêcher de le photographier encore.


Vetledalsbreen à gauche, et Bergsetbreen.

Et me voici de nouveau à Bergset. Je me retourne pour une petite dernière. Vetledalsbreen à gauche, et Bergsetbreen.
Le lieu est magnifique, je vous conseille fortement d'y venir, et d'aller au bout.


Retour sur la route principale, qui est maintenant la 334. Va comprendre... Entre Haugen et Berggjerdet.


A berget, une route part sur la gauche, vers le nord-ouest et aussi vers les villages de Nigard et Bjorkhaug. Elle est payante un peu plus loin. 30 NOK (comme si en France, par exemple, on faisait payer la route qui mène au Pré de Madame Carle, à Ailefroide, c'est exactement pareil !). Pénible, la Norvège, pour ça ! Mais pour le coup, j'ai bien fait de payer, car ç'eut été une grave erreur que de n'y point aller !


Vue depuis le Breheimseteret, la route payante conduisant au fantastique Nigardsbreen, glacier en double "S" que l'on aperçoit à l'horizon, et dont le point culminant visible d'ici se trouve à environ 9 km à vol d'oiseau.


Du même en droit, au zoom. On voit nettement la coloration bleue de la langue terminale.


Les violentes eaux glaciaires de la Breelvi en provenance directe du Nigardsbreen.


Vue sur le glacier, à peu près à mi-chemin de la petite route à péage.


Du même endroit.


Dans les pentes de la Lioksla (1460 m).


Arrivée sur la rive terminale du lac glaciaire du Nigardsbreen, le Nigardsbrevatnet (285 m).


Zoom sur la langue terminale du Nigardsbreen, à deux kilomètres à vol d'oiseau. C'est absolument incroyable de voir ça, car si vous regardez attentivement, vous constaterez que nous avons là sous nos yeux un arrêt sur image d'une rivière qui dévale un couloir, comme si un photographe avait figé l'eau en une fraction de seconde. La forme, à tous les niveaux, au bout comme sur les côtés, est bien celle d'un liquide stoppé en plein mouvement !


Du même endroit.

Un article se trouve actuellement sur le site météorologique de la Norvège. Il traite du recul de ce glacier qui est, disent-ils, de 534 mètres ces 16 dernières années. Mais qu'il avait augmenté dans les années 1990, froides et pluvieuses. Il semblerait qu'il faille remonter environ 1500 ans en arrière pour le retrouver tel qu'il est aujourd'hui. Du coup, vous voyez, ça va ça vient....


Je n'ai pas bougé, mais je passe en zoom maximum. cette fois, on distingue les touristes se trouvant au pied de la langue glaciaire. Si vous regardez soigneusement un peu plus haut sur le glacier, côté gauche (rive droite), vous verrez même un groupe en train de progresser. Ce sont les gens qui payent pour faire une promenade sur le glacier.

Un peu plus loin se trouve un très grand parking. Il est presque plein. J'ai la chance de trouver une place pour Mygoo tout au bout, au niveau du départ du sentier. La première chose que je fais est de manger, avant de partir sur le sentier pour aller jusqu'au bord du glacier. Il fait très chaud, c'est une vraie belle journée d'été, et ça fait plaisir. Le lieu est international, les immatriculations des véhicules sont de tous les pays d'Europe.


Au début du sentier, un petit embarcadère pour ceux qui préfèrent prendre le bateau. Payant, bien entendu, mais c'est normal.


Je pense qu'il s'agit de la Styggefonn qui descend les pentes du Kräfjellet (tiens, le même nom que dans l'autre vallée).
Le plateau sommital se trouve aux environs de 1.500 mètres.


Le chemin, que je pensais extrêmement facile, s'avère au contraire difficile. Par moments sous les arbustes, par moments sur les grandes dalles complètement lissées par quelques millénaires d'érosion glaciaire, il s'avère fatiguant et certains passages sont même délicats, voire dangereux. Heureusement, des cordes sont fixées sur les roches et permettent de s'y cramponner, et certains endroits sont même équipés d'escaliers.








Ah, ça devient bon, on va y arriver !


Ah mince, c'était avec le zoom. Il reste encore un petit bout....




On voit plusieurs cordées de touristes sur le Nigardsbreen.




Coup d'oeil arrière sur le Nigardsbrevatnet, et pour mesurer le chemin parcouru. On voit bien les voitures sur le parking, à gauche.






Les plus gros cailloux laissés par le glacier se retrouvent seuls sur les immenses dalles glissantes.


Fantastique, n'est-ce-pas ? Complètement surréaliste. Dame Nature s'essaye à la sculpture. Pas mal, hein ?






On fait un peu la queue pour aller marcher sur la glace.












Le terrain est quelque peu accidenté, et la pente est forte.


Dans l'autre sens. Il n'y a pas si longtemps, le glacier arrivait jusqu'à l'eau.




C'est un très violent torrent qui s'échappe des entrailles du monstre vivant.


J'échange des photos avec un touriste allemand qui hésite à aller faire un tour sur la glace. Puis je discute avec des japonaises désireuses que je les prenne en photo; nouvel échange de bons procédés. La photo faite par la japonaise est bien meilleure : normal, ce sont des spécialistes !






Et voilà, les amis, c'est tout ce que j'ai à vous offrir. Je n'ai pas eu envie d'aller grimper là-haut, à vous d'y aller.


Retour vers le parking.




Je suis revenu à Nigard, au péage. La violence de la Breelvi est ici bien visible. On comprend pourquoi le glacier fond quand on voit toute cette eau !


Je reprends donc la route principale qui se poursuit toujours le long de la Jostedola, laquelle reçoit toutes les eaux descendantes de toutes les langues glaciaires terminales du Jostedalen descendant dans cette vallée. Au loin, la vallée de Vetlestoldalen, avec le chapeau culminant du Biskehyrna à droite (1464 m), à 4 km à vol d'oiseau.


Zoom sur la Vetlestoldalen, Torstad et Fäberg au premier plan. Tout en haut, une autre vallée, suspendue, la Fagredalen. Une piste grimpe part là-haut en épingles, encore une grosse balade à faire, que je laisse de côté. Au-delà, des sentiers partent dans la montagne sur des kilomètres et des kilomètres et permettent de visiter tout le massif. La quantité de randonnées à faire dans le secteur est phénoménale, et les paysages à y trouver sans doute au-delà des mots. J'aimerais découvrir ce monde de la haute montagne (du moins, pas très haute, car nous sommes en Norvège, aux alentours de 1200-1300 mètres), mais certainement pas seul, et avec des réserves en nourriture, car je pense que certains passages doivent être assez délicats.


Fäberg, une grange en piteux état.


C'est la fin de la route, car le village est un peu en retrait, et en corniche. Au loin, à droite, c'est la Stordalen qui commence.


Comme je vous disais donc, je laisse la piste qui remonte la Vetlestoldalen, et je redescends sur la 334. Là, une route indiquée comme "auxiliaire et de pauvre condition" conduit au Styggevatn. J'hésite, compte tenu de cette pancarte. Puis je me dis que je peux au moins essayer, car sur ma carte, elle semble correcte. Et j'ai vraiment bien fait, car elle est très correcte. Je suppose que les norvégiens essayent de diminuer le trafic en mettant cette pancarte. En effet, cette route a été spécialement construite pour construire le barrage sommital, et sert pour la surveillance.


C'est toujours la Jostedola. En face, la Bjornstegfjellet. Au fond, la Stordalen.


Au-dessus de Fäbergstolen, dans la Stordalen.


Loin derrière moi, plein ouest, à 6 km à vol d'oiseau, le haut du glacier Fäbergstolsbreen. Un sentier permet de grimper même au-dessus !




Je grimpe sur un rocher au bord de la route pour avoir une vue plus intéressante. A droite, le Oyanosi, 1684 m. Plus loin, une grosse échancrure entre le Oyanosi et la Raudskarvfjellet (entre 1600 et 1850 m) : c'est la Trongedalen, creusée par un glacier que l'on aperçoit.


Zoom sur le glacier de la Tronedalen. C'est le Stigaholtbreen.


Devant moi, le Oyanosi, toujours.


Et en bas, une immense zone recuillant tous les torrents glaciaires, la Fäbergstolsgrandane. C'est la Stordalen, qui part vers le nord-ouest. Aucune route ni piste ne part dans cette large vallée. Seuls des sentiers permettent d'atteindre d'autres glaciers et langues glaciaires du Jostedalsbren, dans sa partie la plus au nord, au pied de la Lodalskäpa, le point culminant (2083 m) se situant sur sa frontière nord. En face, la Raudskarvfjellet, et l'entrée de la Grondalen à droite.


Pour ma part, ma route quitte la Sordalen et passe au pied de la Oyanosi et de la Vardesteinsnosi (ici à gauche) dans une nouvelle vallée, la Sprongdalen.




Après une série d'épingles à cheveux dans lesquelles je n'ai pris aucune photo (je ne me reconnais plus du tout, là), la route se termine au pied du mur.
C'est le barrage, le Styggevassdammen, un immense mur de pierres.


Je dois poser Mygoo, car l'accès au barrage se fait à pied. Il y fait -4 °C au moment où j'écris ces lignes (17/10/2012).... Alors qu'il y faisait bien aux environs de 20 degrés le jour de mon passage, heureusement.


1156 mètres : le Styggevatnet, lac glaciaire au pied , aussi appelé Ausdalsvatnet, du nom du glacier Austdalsbreen qui se jette dans ses eaux, au nord-ouest du barrage, et que l'on voit d'ici.


Austdalsbreen

Zoom sur le Austdalsbreen. Franchement, heureusement que je suis venu ici, c'est saisissant.


Grande discussion avec cette famille norvégienne de Voss (magnifique village). En fait, ils me reconnaissent, car ils m'ont vu hier au bout de la route difficile, à Veitastrond, ils revenaient de faire la promenade au bout de la piste payante. Super sympathiques, je leur ai dit qu'ils remontaient nettement la note que j'attribuais à leur peuple, pour la sympathie avec laquelle ils discutaient en ma compagnie. Ils sont en vacances et préfèrent les passer dans leur région l'été. Par contre, ils s'intéressent aux autres pays, et sont allés dans les Alpes. En tout cas, ça m'a fait très plaisir de discuter avec eux.


A droite le lac glaciaire, à gauche les lacets de la route par laquelle je suis venu, et le barrage de blocs de pierres. C'est de ce lac que sort la Jostedola.


Vue vers la route que je viens de remonter. Au premier plan, le mur de pierres du barrage proprement dit. Au loin, la Sprongdalen.


Austdalsvatnet Styggevatnet.


On peut louer des kayaks pour aller jusqu'au pied du glacier.
Le norvégien vient de me dire que c'est très dangereux, car des blocs s'effondrent régulièrement dans l'eau, formant de très grosses vagues !




Austdalsbreen. Immense. Majestueux.


Et me voici redescendu au pied du grand barrage.

Le retour se fait sans photos ou presque, car je roule en contre-jour. De plus, comme je suis déjà passé ce matin...


Arrêt à Gjerde, près de Haugen. Il y a un café-restaurant près duquel je récupère un spot WiFi. J'en profite pour lire et envoyer mon courrier. A gauche, le Nosakollen (897 m). Plus loin, encore une superbe vallée qui part à gauche (nord) : la Velte Geisdalen, qui se termine au pied d'un magnifique cirque en fer-à-cheval comme je le vois sur la carte, car je n'y suis pas allé. Encore du boulot pour vous !


Le soir tombe vite dans ces vallées, les montagnes formant une ombre profonde très tôt. Il est 18h30, je viens de quitter Gjerde.


Eglise de Jostedal.


Ryfossen, belle cascade descendant de la Rydalen, au pied de la Fivlenosi (1466 m).


Puis traversée de Gaupne où j'ai couché hier soir, et d'où je suis parti ce matin. Je prends la route 55 qui longe le Gaupnefjorden sur sa rive nord. Ici à Oksnaviki, vue vers le sud sur l'embouchure du Gaupnefjorden dans le Lustrafjorden, que je vais remonter vers le nord.


La même au zoom


Je contourne le Ongulsneset et j'arrive à Nes. En face, la Feigefossen, au-dessus du village de Feigom. Vers le sud, Kroken.


Plein sud, Kroken à gauche, à droite la sortie du Gaupnefjorden, en face le Molden (1118 m). Tout au fond, au-delà du virage, se trouvent d'un côté Solvorn (où je suis passé hier dans la soirée) et Ornes et l'église en bois de Urnes de l'autre côté. Vous me suivez toujours ?


Feigom et sa cascade.


Zoom sur la Feigefossen, au-dessus du village de Feigom.


Les falaises sur la rive opposée du Lustrafjorden, au pied de la Rivenosi (1339 m).




La côte est superbe, mais il est plus de 20 heures (oups !), et j'ai envie de me poser. C'est finalement à Luster, magnifique village, que je vais trouver chaussure à mon pied, ou du moins parking à celui de Mygoo, sur les bords du Lustrafjorden. L'heure à laquelle j'arrive prouve comme j'avais raison de ne pas trop m'éterniser ce matin dans les vallées si je voulais la visiter dans la journée. Compte btenu de ce que je vous ai dit, des nombreuses vallées se condaires et tertiaires et des randonnées possibles, vous pouvez tabler sur une semaine de balades non stop pour espérer tirer la substantifique moëlle de la Jostadalen. Ah, Norvège, une fois de plus, que de beautés innombrables recèles-tu en ton sein !


 

 


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