Scandinavie 2012, étape 145

Jour 145 - Samedi 25 août 2012 - 31 km - 20 photos
(Total : 18289 km - 35519 photos)
De Lyngdal Alleen à Lindesnes (Norvège)

Plutôt pas mauvais ce matin. Sauf.... sauf que je ressens cette sale douleur qui revient ! Toutefois, ce n'est pas trop méchant, alors je roule un peu jusqu'à trouver un beau coin pour me reposer, et stabiliser et/ou arrêter les élancements.


Je prends donc la route 410. La végétation est dense, les vallées sont extrêmement encaissées. C'est véritablement très surprenant compte tenu de la faible altitude, aux environs de 200 mètres ! Flatstad, et la petite baie Osevagen. Vous voyez la passe étroite, au fond, permettant de pénétrer dans la baie, particulièrement bien protégée. Là-bas, c'est le Gronsfjorden, qui donne dans le Lenefjorden à Jasund. Un vrai labyrinthe.


Justement, voici Jasund, vers l'est. Le village est posé sur le détroit permettant de passer du Gronsfjorden (derrière moi) vers le Lenefjorden en face.
Un petit pont suffit pour franchir le fjord. C'est merveilleux.


Ces gens-là ont leur bateau au pied de la maison, en bas du jardin. Il faut aussi savoir que cette région de la Norvège du sud bénéficie d'un climat merveilleux, beaucoup moins froid que le reste du pays. Ici, la neige arrive tard, et fond tôt.


Et vers l'ouest. je suis toujours sur le pont. Jasund.


Pas mal, non ? Avec les eaux transparentes, un petit coin idyllique digne des mers du sud, non ?


Le Gronsfjorden.

Il y a un emplacement pour poser Mygoo juste après le pont. C'est là que je m'installe pour me reposer. Et quand je dis que je me repose, ça signifie que je m'allonge dans Mygoo sur le matelas, je ferme les écoutilles, et j'essaye de dormir et d'oublier ces élancements lancinants. Il est dix heures, et je reste ici jusqu'à 13 heures.


Malheureusement, comme rien ne s'est amélioré (mais pas empiré non plus), je décide d'aller au bout voir le phare de Lindesnes, afin d'être à l'opposé absolu du Cap Nord, à savoir le point pratiquement le plus au sud de la Norvège. Mal m'en prit ! La douleur augmente au fur et à mesure de mon cheminement sur la route, au mauvais revêtement. La route est extrêmement viroleuse, faite de continuelles montées et descentes, bref, le pire pour secouer le bas-ventre.

Spangereid. Je fais une pause près de l'église, et je sors faire quelques photos avant la pluie qui menace.


J'hésite à rester ici, puis je décide de poursuivre....


La pluie et le vent s'invitent dans le paysage, mais pour tout dire, ce détail m'est complètement indifférent. Au bout de nombreux virages et secousses qui m'épuisent littéralement, j'arrive enfin à Lindesnes, sur un grand parking, sur lequel se trouvent quelques camping-cars. Je ne peux pas aller plus loin, de toute façon. Je veux dire que, physiquement, je suis incapable de continuer à conduire, même si, dans les faits, je suis également au bout de la route. C'est un cul-de-sac. J'ai l'impression que c'est gratuit. Pourtant, j'ai un gros doute, car quand on connait les norvégiens et leur âpreté au gain, ce point surprend. Il y a là derrière le phare de Lindesnes, qui se trouve sur la pointe la plus au sud de la terre de Norvège, ainsi qu'un musée.


Je suis au bout du rouleau, et les heures que je vais vivre sur ce parking figurent parmi les plus difficiles de ma vie, en terme de souffrance physique. Vous me direz, il est chanceux, s'il n'a jamais souffert plus que ça. Ce à quoi je répondrai que l'on oublie vite... Néanmoins, ce fut terrifiant. La lance qui me tenaillait le bas-ventre gauche n'a jamais cessé son action, ne m'a jamais laissé aucun répit, pendant des heures et des heures. Bien évidemment, j'étais trempé de sueur, et tour à tour glacé puis brûlant, sans qu'aucune position ne m'apporte de répit. Bref, je souhaite aux méchants de souffrir ça, pendant ce temps, ils ne pourraient pas faire de mal aux autres. Si j'étais "dieu" -je précise que je suis athée-, c'est ce à quoi je m'occuperais sur terre!

Heureusement, vraiment heureusement, il me restait encore trois cachets contre la douleur. J'ai été obligé de prendre deux cachets (pour la première fois) pour supporter la douleur, et là, enfin, un moment après la prise du deuxième, doucement, j'ai pu m'assoupir.

Lorsque je me suis réveillé, je savais, enfin, j'espérais, que le plus dur était passé, et que je pouvais enfin me reposer.

Du coup, vous pensez bien que je suis résté ici toute la nuit, et en fait, c'est un spot absolument extra pour les camping-caristes, car gratuit et absolument pas interdit. Dommage, il n'y a pas de toilettes, mais c'est déjà pas mal. Pour ma part, je n'aurais pas pu partir, et si on m'y avait poussé, j'aurais évidemment refusé pour cause d'incapacité totale. J'ai beaucoup déliré pendant ces heures, j'ai pensé à me faire rapatrier, j'ai pensé aller cogner à la porte d'un des camping-caristes pour appeler une ambulance, mais ces deux cachets m'ont sauvé !

Il ne m'en reste plus qu'un seul !


Depuis le 06/06/2005 Visites:892615 Aujourd'hui :265 Maintenant:11 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)