Scandinavie 2012, étape 147

Jour 147 - Lundi 27 août 2012 - 45 km - 59 photos
(Total : 18334 km - 35578 photos)
De Mandal (Norvège) à Bronderslev (Danemark)


Ciel toujours au beau fixe ce matin. Je me réveille de bonne heure, toujours craintif. Eh oui, la douleur va-t-elle revenir ? Est-ce elle que je ressens là, où est-ce juste parce que je dois aller aux toilettes, ou parce que j'ai faim ? Oui, c'est à ce point. J'essaye de me rendormir, mais je n'y parviens pas. OK, debout doucement, je vais me trouver des toilettes, et un coin pour prendre mon petit déjeuner, et me reposer. Je m'en tiens à ma décision : doucement, tout doucement, ne rien brusquer.

Je démarre Mygoo peu après 7 heures.


La bibliothèque de Mandal.


Dans le port de Mandal, avec les premiers rayons de soleil. Superbe.


Mandal toujours.

Peu après la sortie de Mandal, je trouve un parking aménagé avec toilettes. Normal, je suis sur un grand axe maintenant, c'est la E39. Il est 7h30. Je suis tellement bien sur ce parking, au chaud -au coeur de Mygoo, hein, pas dehors sur le parking !-, et l'esprit au repos, que je dors jusqu'à 10h30... Trois heures de repos. C'est bien, c'est très bien.


Holmen. Point de vue sur le Trysfjorden. Sans doute une des dernières photos d'un fjord norvégien, profitez-en !


Ospedalen, sur l'autre rive du Trysfjorden.

Ospedalen, sur l'autre rive du Trysfjorden.


Vue vers le sud du Trysfjorden, pour vous montrer les labyrinthes de ces fjords qui s'insèrent entre les innombrables presqu'îles de toute taille qui longent la côte sud norvégienne, un peu comme de larges rivières.


Kristiansand

Et me voici finalement à Kristiansand, il est un peu plus de 11 heures. Je me dirige aussitôt vers le port. Facile à trouver, en venant à Kristiansand. Suffit de suivre les panneaux "Danemark". Qui vous conduisent directement à la file d'attente d'enregistrement. Arrrrgggghhhhh. Ces gredins de norvégiens vous conduisent ici, mais ne vous laissent aucune possibilité de faire demi-tour ! Il faut rouler en sens interdit si on s'est trompé ! Ah, je vois les bâtiments. Bien sûr, tout est fait pour empêcher les gens de stationner. Enfin, juste trente minutes gratuites pour prendre les billets, c'est tout ! Heureusement, il y a un petit renfoncement, trois-quatre camping-cars sont déjà là, je me glisse au milieu d'eux. Génial. Je vais tenter de réaliser une idée qui m'est venue hier soir, à savoir de modifier ma réservation, de traverser le détroit aujourd'hui au lieu d'attendre ici 24 heures à ne rien faire, et surtout à me morfondre, avec la crainte de voir une nouvelle crise apparaître !

Si je n'ai plus mal au côté, je ne suis pas bien du tout. Vertiges, bouffées de chaleur, je ne suis pas en forme. Je me force à manger davantage, mais rien n'y change, quelque chose ne tourne pas rond. Peu importe, je me dirige donc dans les bureaux de la Color Line. Deux guichets sont ouverts, c'est pratiquement désert, parfait. Je suis aussitôt pris en charge, et ma demande est très rapidement.... ACCEPTEE ! Yeeeessss. Moyennant le versement de 30 NOK de commission.... ça de moins en courses, tant pis, je suis si heureux de partir dès aujourd'hui ! En plus, ils annoncent de la pluie pour demain, et la mer quand il pleut, c'est peut-être houleux. Mais là n'est pas la vraie question, je veux passer, pour être à nouveau libre de mes mouvements. De ne plus avoir que le problème "santé" à gérer, et avoir éliminé le problème "passage maritime". Je rentre dans mon Europe continentale, là où je n'aurai plus besoin que de Mygoo, et ça, ça me sied parfaitement.

Quoi qu'il en soit, vous ne pouvez sans doute pas imaginer l'immense joie qui me submerge à ce moment-là. Dans quelques heures, je serai de l'autre côté du Skagerrak, au Danemark. Le Skagerrak, c'est le détroit entre la Norvège et le Danemark, qui unit la mer du Nord au Kattegat qui mène à la mer Baltique (via les détroits de l'Øresund, du Grand Belt et du Petit Belt).


Kristiansand

Du coup, j'ai tout mon temps, car mon bateau ne part qu'à 16 heures.


Kristiansand

Quelques heures à "tirer"... Je vais en ville, à pied, mais c'est juste à côté. Je retrouve la vie d'une ville. Là aussi, des miséreux tendent la main pour recevoir quelques subsides; ce ne sont clairement pas des norvégiens. Il me reste exactement 39 couronnes, que je transformerai en deux paquets de bananes et un gros carambar pour terminer les 4 couronnes qui me restaient. Voilà, je ne remporte rien de Norvège avec moi, à part mes souvenirs et mes photos. Et mes rencontres. Mais rien de physique. Si, 4 pièces de une demi-couronne, qui m'ont été refusées, alors qu'on me les as données ! Les norvégiens ont quand même un rapport particulier à l'argent, et le français rencontré en Suède avait bien raison : c'est ce qui les intéresse le plus, quand même.... on dirait.


Kristiansand

Kristiansand

Kristiansand

Kristiansand

Excellent groupe statuaire au naturel remarquable.


Kristiansand

Puis je me dirige ensuite sur le port d'embarquement. Il est 13 heures. C'est absolument parfait, avec Mygoo, puisque je peux bouquiner, boire, manger, dormir, bref, vous le savez bien, je suis à la maison. Donc, attendre dans de telles conditions ne présente aucun inconvénient.


Kristiansand

Kristiansand

Kristiansand

Kristiansand

Mygoo attend patiemment son tour dans sa file d'attente.

Vous savez, -peut-être pas, alors je vous le dis- que pour rentrer dans Kristiansand, il y a un octroi à payer. J'ai vu les panneaux, péage automatique. Qu'ils m'envoient la facture, ça leur fera les pieds. J'espère que ça leur coûtera plus cher que ça ne leur rapportera avec moi. D'ailleurs, sur ce point, je tiens à intervenir, pour éclairer la lanterne de ceux qui ne savent pas, et pour clouer le bec à beaucoup de ceux qui savent.

Vous avez sans doute lu, puisque vous vous intéressez à la Norvège, que ce pays fait payer le passage sur certaines de ses routes, ainsi que l'entrée dans certaines de ses villes... On appelait ça autrefois l'octroi. C'était très courant au Moyen-Âge, ainsi que pendant les temps féodaux. Vous savez, les seigneurs qui possédaient tout, faisaient payer des droits pour ceci ou pour celà. Les différentes révolutions, l'évolution de la pensée humaine, une certaine justice et égalité, ont fait évoluer les mentalités. Mais les norvégiens retournent pour leur part en arrière, au temps de leurs illustres -enfin, illustres, pas toujours- ancêtres, . Qu'ils fassent payer leur propre peuple, et que ces derniers, tels des moutons, acceptent, c'est leur problème. Mais qu'ils tentent de nous tondre par la même occasion, nous les touristes, nous qui à priori les aimons, nous qui faisons tant de sacrifices pour les atteindre (c'est vrai, ils sont loin, le voyage est long, ça prend du temps et ça coûte cher, nous sacrifions des vacances au soleil pour leur rendre visite), nous qui avons envie de les connaître et sommes prêts à faire tant de concessions pour eux, c'est tout simplement dégueulasse. Oui oui, le mot est volontairement vilain, en correspondance avec l'action entreprise à notre encontre. Merci pour le cadeau de bienvenue. Et, en plus, ces messieurs, pour se simplifier le travail et surtout en diminuer les coûts (vous savez, pas de personnel...., ils font comme nous, les norvégiens !), ils automatisent. Et pour que ce soit encore plus facile "pour nous", disent-ils hypocritement, ces bandits, ils ont inventé l'auto-pass. Là, pour le coup, ils savent parler notre langue, comme par hasard. Et nous demandent de souscrire à ce fameux "pass" qui nous ouvrira les portes.

Ce qu'il faut faire ? C'est là que votre serviteur, Jef le jamais-content, est sidéré et, pour finir, éclate de rire. Ces bandits nous demandent, en plus, d'avancer de l'argent; si nous ne dépensons pas tout, ils nous le rendront plus tard, etc, etc. J'en passe, il n'y a pas que ça, et je n'ai aucune envie de défoncer point par point leur système, mais je vous garantis que c'est enfantin. Il y a bien plus simple. Ne souscrivez pas à ça, par pitié. Ils veulent nous faire payer ? OK. Mais alors, ce sera à leurs propres frais. Tout est automatisé, ils prennent des photos des plaques d'immatriculation, et travaillent avec une société anglaise basée à Londres qui nous envoie ensuite la facture à payer. SANS supplément, contrairement à ce que certains vous disent. Il ne manquerait plus que ça ! Donc, ils gèrent, pourquoi s'en faire ? Vous passez, ne vous occupez de rien, et laissez-les faire leur salade. Je dirais, obligez-les à payer ces malins d'anglais (qui ne doivent certainement pas travailler gratuitement, tel que je connais les anglo-saxons, mais tout travail mérite salaire, n'est-il point ?) pour recouvrer leurs taxes, c'est bien fait pour eux. N'allez pas les aider, malheureux, à vous ponctionner. Ne soyez pas des moutons de panurge. Bien au contraire, mettez-leur des bâtons dans les roues, rendez-leur le travail plus compliqué, de grâce, faîtes-les aussi souffrir un peu, en contrepartie ! Enfin, quoi, français, ne soyez pas des chiques molles, défendez-vous, que diable ! Nous les avons déjà refoulés une fois, il me semble. Bon, là, je m'emporte un peu.

Donc, voilà ce que je voulais vous dire. C'était le "coup de gueule" du jour. Il y a aussi d'autres moyens de défense. Les octrois à payer pour visiter les villes, par exemple. Eh bien, c'est très simple, n'allez pas dans les villes où il faut payer. Même si ce ne sont que de petites sommes, c'est une question de principe. C'est parfois difficile, tant ils ont bien étudié leur terrain et, par le jeu des fjords, bloqué toute une région située en arrière de la ville. Ce n'est pas grave, faites l'impasse. La Norvège est un pays magnifique, splendide, extraordinairement beau. Pas important si vous ne voyez pas un morceau, il y a encore beaucoup de places libres d'accès, choisissez donc plutôt celles-ci. Et puis les villes norvégiennes, quand vous en avez vu une.... Oui, je sais, c'est un peu raccourci et méchant, mais je déteste que l'on m'agresse, et particulièrement lorsque je viens en ami ! Vous savez, un norvégien rencontré très récemment m'a dit d'écrire des articles dans les journaux sur ce sujet, il était à 100% d'accord avec moi. Mais je n'ai pas besoin de ça pour penser ce que je pense, et agir comme je le fais. J'espère vous avoir convaincu.

Pour les autres, les amoureux inconditionnels, hein... que dire ? C'est ça, l'amour, le vrai. On donne tout, et le reste ! Chacun fera comme il l'entend.

Et pour la petite histoire, pour bien enfoncer le clou, sachez que je n'ai jamais reçu la moindre facture (je vous écris ça le 31 octobre 2012). Je suis passé pendant ces cinq mois sous plusieurs barrières d'octroi, notamment à Trondheim. C'est sûr, il n'y en avait pas pour beaucoup d'argent, mais il s'est finalement passé ce que j'escomptais. Devant le faible montant dû, ils ont laissé tomber ma facture. C'est largement compensé par tous les moutons qui acceptent leur système, avancent l'argent, etc, etc. Bien sûr, si j'avais reçu la facture, j'aurais payé (après vérification) au bout du délai de paiment octroyé (qui est, je crois, de deux mois). J'espère que vous suivrez mon conseil.


15 heures. C'est parti pour l'embarquement. Vous remarquerez que la météo se dégrade. Peu importe, je pars !


Entrée dans l'antre de l'immense bateau.


Dernier coup d'oeil sur le grand parking désormais bien vide et triste. Dernière vue peu réjouissante sur la Norvège, dommage !

Vous me trouvez sans doute amer. Pas le moins du monde. Comme disait César, veni, vidi, vici. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. Je dirais la même chose. J'ai vaincu l'amour inconsidéré que j'avais en ce pays, il est bien plus nuancé désormais, et finalement bien plus juste. J'aime toujours autant leur nature exceptionnelle. Je n'aime pas leur météo. Je n'aime pas le froid qui sévit sur leurs terres. Ni la longue nuit. J'adore la longue journée. Il y a plein de norvegiens fort sympathiques, mais je n'aime pas, dans sa globalité, leur caractère. Je dis bien "globalement", j'espère que vous comprendrez ma pensée, et ne la déformerez pas. Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette sempiternelle démonstration de nationalisme. Jusqu'à hier, sur ce parking de Lindesnes, perdu au sud de la Norvège, ce camping-cariste norvégien qui avait sorti un drapeau pour le déployer à la fenêtre de son véhicule. Misérabilis.... Je suis heureux que nous ne soyons pas ainsi en France, mais nous avons sûrement beaucoup de défauts qu'ils n'ont sans doute pas. Je n'en sais rien. Et je n'aurais pas voulu vivre à une époque où chacun devait arborer sa cocarde tricolore. Faut pas pousser, soyons libres ! Et ça ne nous empêche nullement d'aimer notre pays. Bref, cette histoire des drapeaux, dans toute la Scandinavie d'ailleurs, m'agace beaucoup.

Je suis heureux de quitter la Terre des Trolls, les Routes du Nord, là où la nuit va bientôt tomber et tout ensevelir sous son noir manteau. Je suis heureux, ce soir, de me retrouver sur le Continent Européen. La Norvège est un pays splendide, je l'ai souvent dit et je le répète, mais j'en ai fait le tour, et ça me convient ainsi. Je ne pense pas y revenir, ou alors, pas tout seul. C'est tout moi, ça. Comme avec la moto. Je me suis éclaté, j'ai roulé, puis j'ai arrêté, estimant en avoir fait le tour. Eh bien, ce soir, j'écris que j'ai fait le tour de l'Europe du Nord, Scandinavie plus Etats Baltes, pays que j'ai bien visités, mais que je ne désire pas revoir. En tout cas, pas tout-de-suite ! Cependant, les paysages qui m'ont fait le plus frissonner (au sens propre comme au sens figuré) sont les paysages norvégiens, et le plus beau pays de Scandinavie est incontestablement la Norvège dans son intégralité. Suède et Finlande ne m'ont pas ému, enfin, si peu, comparativement à la Norvège. Et je concluerai en écrivant qu'à mon sens, et par rapport à tous les pays européens visités, la Norvège est le plus beau, et je lui octroie la palme d'or.

Pour sa nature.


Je me trouve une bonne place au-dessus de la mer, avec prise de courant. Parfait pour bosser.

La traversée a été fort agréable, mer plate, soleil. Idéale.


Au loin apparaissent les "pauvres" falaises du Danemark.

Bienvenue dans le plat pays.




La sortie du bateau s'est effectuée sans problème, avec le soleil couchant sur les champs dorés; c'est beau, et j'ai le coeur en fête. Si je ne me retenais pas, je roulerais.... roulerais.... Mais je me dois d'être prudent, et je me pose finalement dans la petite ville tranquille de Bronderslev, histoire de me dégager de Hirtshals, et d'être déjà sur la route de l'Allemagne.

Il est 20h30.


 


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