Yamaha YBR 250

Samedi 27 octobre 2012 - 585 km

Le grand jour est arrivé. Et c'est reparti pour un tour.

L'être humain est changeant. Ou tout du moins, je le suis. Un jour, il n'y a pas si longtemps, j'ai écrit quelque part que j'avais fait le tour de la moto... En voyageant cette année en Norvège, j'ai rencontré/croisé des motards, et je ne les ai pas enviés. J'étais à l'abri, au chaud, et sur quatre roues. Mais il m'est arrivé, les jours de mauvais temps, alors que j'avais une connexion Internet à ma disposition, où je me suis surpris à lire/relire des récits de voyages à moto, des copains et des inconnus. Une fois rentré, courant septembre, un copain de rando a mis une annonce : il vendait son Burgman 400 cm3. Son prix était parfait et connaissant le vendeur, j'avais confiance et j'ai immédiatement eu envie de l'acheter. Trop tard : déjà vendu !

Trop tard ? Pas vraiment.

Je dirais plutôt que ce fut le déclic, et le début d'une nouvelle aventure.




D'avoir raté l'achat du scooter m'a au moins permis d'analyser très sérieusement ce que je voulais. Et surtout ce que je ne voulais pas. Et il s'en est suivi l'élaboration d'un cahier des charges très précis, auquel j'ai décidé de me tenir. Le voici :


- Le poids.
C'est mon ennemi personnel. C'est toujours lui qui m'a fait le plus souffrir. C'est à cause de lui que certaines routes m'ont été impossibles. C'est encore à cause de lui que, le plus souvent, je suis tombé. De tous mes voyages, c'est toujours lui qui a gâché mon plaisir.
Par conséquent, et c'est absolument impératif, il doit être inférieur à 160 kgs tous pleins faits.

- La consommation.
Encore un critère primordial pour moi. Mes grands voyages sont souvent longs (rarement moins de 10.000 km, plutôt proche de 20.000). Du coup, pour un voyage de 20.000 km, un litre de consommation coûte (je pose le litre à 1,50 € pour faire simple) 300 euros. Dit autrement, ça signifie qu'à chaque fois que l'engin consomme un litre de plus, il faut accepter de perdre 1,50 euro pour chaque centaine de kilomètre ! C'est un minimum, puisque nous savons tous que ce coût va continuer à augmenter !
Or, nos chères bécanes et autres scooters brûlent allègrement, du moins pour le milieu de gamme, environ 5 litres à chaque centaine de bornes, soit 7,50 euros. Et plus l'on grimpe en cylindrée, plus ça grimpe en consommation, généralement.
Pour moi, c'est trop.
L'engin choisi ne devra pas dépasser 4 litres de consommation pour cent kilomètres, comme moyenne de tous les types de terrains confondus. Pas de dérogation possible.

- Autonomie.
Bien que liée au critère précédent, elle dépendra aussi du volume du réservoir. Je veux pouvoir effectuer au minimum 300 km avec le plein, si possible avec une marge importante. 400 km serait un idéal.

- Puissance.
Pouvoir passer tous les cols de toutes les montagnes d'Europe sans avoir besoin de pousser. Sinon, je prendrais un vélo, hi hi hi. Non mais ne riez pas, c'est pour moi primordial, car la montagne est et restera toujours mon terrain d'action favori. Or, avec mon x9 125, je dois bien avouer que c'était trop juste. Par ailleurs, je veux pouvoir rouler à 90/100 pendant des heures sans être au "taquet", et par conséquent sans fatiguer le moteur.

- Bagages.
Je veux pouvoir installer des sacoches et un top-case. Après, sachant que le poids est un ennemi, c'est à moi de savoir me contenter de peu. Mais l'engin choisi doit accepter ces deux éléments.

- Prise 12 V. et béquille centrale.
Même si ce n'est pas d'origine, je dois pouvoir les rajouter. Surtout la prise 12 V.

- La fiabilité.
Elle doit être reconnue par les utilisateurs de cette machine. A moi de lire les forums qui lui sont dédiés, les essais effectués, etc.

- La simplicité mécanique.
Je ne connais rien en mécanique. Donc, même si mon deux-roues est simple, je ne pourrai de toute façon rien réparer. Par conséquent, ce qui se cache derrière ce point, tel que je l'entends, c'est tout simplement le coût des réparations sur cet engin. Ce qui sous-entend : pas trop d'électronique, un carnet d'entretien n'obligeant pas à passer tous les 3.000 kms en concession, etc, etc.

- Europe
Je tiens à ce que ce deux-roues soit connu dans toute l'Europe, pour que ce ne soit pas la galère pour y faire effectuer l'entretien courant (concessions et pièces détachées).

- Le prix d'achat maximum.
Occasion : 3.000 euros
Neuf : 5.000 euros.
Pas d'occasion trop vieille. Je ne veux pas de machine antérieure à 2005. A moins d'une occasion exceptionnelle !

- Le type de routes.
Ceux qui me connaissent savent. Je n'aime pas les autoroutes, j'aime peu les nationales. En fait, je déteste la circulation, car j'aime rouler l'esprit tranquille, pouvoir consacrer une grande partie de mes yeux à ce qui m'entoure (paysages, architecture) plutôt que devoir surveiller sans cesse les autres usagers de la route. Et respirer un air peu ou pas pollué. Pour faire court : je suis un énorme utilisateur du réseau secondaire, voire même tertiaire (réseau vicinal). Enfin, je tiens à pouvoir rouler sur les pistes et chemins (je ne parle pas de sentiers VTT, ni de pistes de cross-country et/ou enduro non plus). Si je devais résumer, je dirais, grosso-modo :
- Moins de 5 % sur autoroute et autre 4 voies rapides. Je veux juste avoir le droit de les emprunter si le besoin s'en fait sentir, et pouvoir "cruiser" à 110/120 sans problème.
- 70 % de routes secondaires.
- 25 % de chemins et pistes. Cette portion dépendra des pays traversés. Je compte rester en Europe de l'Ouest, plus la Turquie. J'exclue catégoriquement la Russie et l'Ukraine. Je ne pense pas aller plus à l'est. Ce n'est pas lié à la moto, mais à la politique. Les dangers causés par la route, oui. Les dangers causés par les hommes, non.
Vous noterez que je ne parle pas des villes. Normal, j'y vais rarement.


J'ai une moto en tête depuis deux ans, la BMW G 650 X-Country. Un mono de 650 cm3. Elle n'est plus au catalogue. Il n'y a pas beaucoup d'occasions. Elle n'a qu'un défaut, mais il est important : son réservoir est minuscule, c'est ce qui ne me plait pas. Sinon, elle remplit tous mes critères. Je me lance dans la lecture de forums, de tests, etc. Et petit à petit, une conclusion s'impose. Il me faut une 250 cm3. Une moto, pas un scooter, car le scooter m'empêchera d'aller sur les chemins à cause de ses petites roues. Une 250 parce que les constructeurs ont laissé un énorme trou entre 250 et 650 cm3, tout simplement !

Et une moto a fini par s'imposer.


Yamaha YBR 250.


151 kgs avec un réservoir plein de 19 litres, une consommation moyenne de 3,5 litres aux 100 km. Soit une autonomie record de 550 km. Entretien tous les 10.000 km. Franchement, impossible de faire mieux. C'est elle qu'il me faut. Je me précipite sur les petites annonces, car elle n'est plus au catalogue en France. Par contre, c'est curieux, mais elle l'est encore en Suisse. Je cherche une occasion. Et j'en trouve une près de Bordeaux. Contact avec le propriétaire, l'affaire est vite faite, j'achète. 28.000 km, 2008, 2.300 euros.


Et voilà la belle, ce matin 28 octobre 2012, dans les dunes de Brétignolles-sur-mer, avec Saint-Gilles-Croix-de-Vie à l'horizon.
Toutes les photos qui suivent ont été faites ce matin, dans le froid matinal, certes, mais sous un magnifique soleil vendéen.


Donc.

Lever hier 27 octobre à 4 heures du matin.... Ben oui, il faut faire l'aller-retour dans la journée, et je ne voulais pas rouler de nuit au retour avec la moto. J'ai pour ça sollicité l'aide de mon petit frère Kiki, motard lui aussi, -nous avons fait les cols alpins ensemble en 2009- et qui est en plus mon mécano attitré. Nous partons avec Mygoo, dans laquelle nous pourrons boire des cafés et manger. J'avais vaguement envisagé de la mettre dans l'habitacle, mais réflexion faite, j'ai préféré revenir en roulant.

Arrivée à dix heures chez mon vendeur comme prévu. Chaleureusement accueillis par un bon café, nous découvrons rapidement la bête. Je ne suis pas déçu, elle est exactement comme son désormais ex-propriétaire me l'avait décrite, à savoir : en parfait état. Petit essai pour confirmer l'achat, paperasse bien au chaud, on papotte un peu -mon vendeur nous montre une merveille des années 1930 qu'il a entièrement restaurée-, et c'est parti pour le retour.


L'essai avant achat.

Ma toute première impression : elle est vraiment petite. Je me trouve trop bas, un comble, moi qui ne suis pas très grand, et qui ai toujours été trop petit pour mes bécanes (sauf les scooters). Bref, j'aime dominer la route, la voir de plus haut, pour admirer les paysages, et mieux voir l'asphalte ou la piste. Et les guidons sont bas eux aussi. Une position globalement un peu basse pour moi. Je m'en doutais bien un peu, ce n'est pas un trail !

Par contre, légère, légère. C'est la première fois que je monte sur une moto depuis bientôt deux ans.... Aucun problème. Elle est si facile. Les vitesses passent comme dans du beurre, un vrai régal. Les commandes sont classiques, je retrouve très très vite les automatismes. Un très bon point.

Ma deuxième impression, c'est.... une mobylette ! Je veux dire... elle n'avance pas. Je tourne la poignée, elle obéit instantanément, mais, comment dire, avec ses moyens. Qui sont faibles. Eh oui, mon gars, tu veux une bécane économe, qui ne boit pas, qui ne pèse pas. La voici. 21 chevaux. C'est sûr, c'est mieux qu'une 125, mais j'ai encore en mémoire la miss Vanadis et ses 85 bourrins, si mes souvenirs sont bons. Eh, ça change, pas qu'un peu.

A part ça, c'est parfait, et c'est bien ce que je voulais.


La météo. Pour vous dire : il fait plutôt beau (j'aurai droit à une averse, rien de bien méchant), mais froid, voire très froid. Aujourd'hui, un vent du nord s'est abattu sur toute la France, nous faisant perdre dix degrés en une nuit. Pas de chance. Le vent est plutôt violent, et je l'ai de face la plupart du temps. Du coup, je me les gèle. Heureusement que j'avais emporté la tenue de pluie, que je mettrai à Saintes, et qui me protégera finalement efficacement du froid.


En pleine action sur la route du retour, au guidon de la Yam' YBR 250, photographié par Kiki depuis le volant de Mygoo, hier après-midi 27/10/2012.


Bernard (le vendeur) a laissé pas mal d'essence dedans, de quoi faire au moins 150 kilomètres. Mais je suis très impatient de connaître sa consommation. Je vais donc, très vite, faire le plein, pour confirmer le bien-fondé de cet achat. Je viens, ce matin, de retourner remplir le gros réservoir. Non par besoin, mais pour savoir. 10,38 litres, pour 294 km parcourus. 280 km hier après-midi, et 14 ce matin. Ce qui confirme magistralement ce que Bernard m'avait dit. 3,53 litres aux 100 km, soit 5,30 euros aux 100 km.

Ces 300 premiers kilomètres confirment totalement mes deux premières impressions : elle est basse et peu puissante. Mais en même temps, paradoxalement, ils consolident aussi le bien-fondé de mon achat. En effet, le retour fut rapide. Une très bonne moyenne de 73 km/h sur l'ensemble du trajet (pauses exclues, évidemment), sachant que je respecte à la lettre les limitations de vitesse. Il y avait des portions à 110. Elle s'intègre sans aucune limite dans la circulation automobile, je peux doubler sans problème, j'ai de la marge, je ne roule pas au taquet, loin s'en faut. Et, bien que poussive (comparée à ses précédentes), elle est plus nerveuse que Mygoo, par exemple, en toute circonstance. Lorsque je serai en mode "voyage", je ne roulerai pas comme je l'ai fait pour la rapatrier. J'irai beaucoup moins vite, ce sera bien plus "cool". Les 21 chevaux suffisent, c'est évident. C'est juste la partie "fun", celle que tout motard adore, la puissance délivrée quand on ouvre pour doubler, que je n'ai pas. Eh bien tant pis, c'est comme ça.

Mais soyons clairs : comparée aux voitures, Serparti n'aura pas à rougir !


Serparti. C'est son nom. Pour marquer ce nouveau départ.

Quoi ? T'as pas compris ? Au lieu de "tatasser" avec ton voisin... C'est reparti... la moto. Ce qui donne "Serparti". C'est tout simple.

Je vous laisse l'admirer.




La fille que vous voyez s'est arrêtée à ma hauteur et m'a demandé "vous la vendez ?" en me voyant faire les photos....


Non. Je ne la vends pas.






















Le long de la corniche de La Sauzaie.










Plage de La Normandelière, à Brétignolles-sur-mer.








Certains se baladent en moto pendant que d'autres....


...reprennent goût à rouler en moto.

Le virus n'était pas éradiqué. Juste endormi.

Rebonjour à tous mes amis motards !



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