Test avec EM-5 Mark II

15 mars 2017

Je suis donc retourné chez Jean-Marc pour lui rendre le G6 qu'il m'avait si généreusement prêté pour effectuer des tests (voir ici). En effet, Jean-Marc m'a suggéré un autre appareil-photo, le Olympus OM-D E-M5 Mark II, qui a deux avantages décisifs : il sait faire le "Focus stacking" tout seul, et se laisse piloter sur PC au moyen de l'excellent logiciel Olympus Capture.

J'ai bien entendu emporté l'ami Miko, puisque le but était de tester son EM-5 Mark II avec ma binoculaire.

Le premier test a consisté à installer le EM-5 sur la bino. Le EM-5 est muni d'un objectif macro Zuiko 30 mm, sur lequel Jean-Marc a fixé un Unilink, adaptateur lui-même lié à un oculaire WF 10x ! Cet ensemble est fixé au dessus du tube photo Olympus SZ-PT de la binoculaire. Il rentre "pile-poil" dans le tube, en remplacement du projectif NFK 2,5 XLD. En examinant le tube photo SZ-PT, Jean-Marc constate qu'il est lui-même équipé d'une optique ! Qu'est-ce que c'est ? Mystère.

Il pose un de ses minéraux sur la tablette, une linarite de Carnoët dans les Côtes-d'Armor : l'image, miracle, emplit l'écran de l'ordinateur relié à l'appareil-photo par cable USB, mais Jean-Marc préfère regarder sur l'écran de l'APN. De suite, il voit le vignettage important, ainsi que le chromatisme. Déception. De même, la mise au point est délicate, et il s'avère rapidement que l'image n'est pas "piquée" comme on aimerait qu'elle le soit. C'est sans comparaison avec la vision aux oculaires, et ça correspond, malheureusement, à ce que tous les spécialistes répètent sans arrêt : la photographie via un stéréomicroscope n'atteindra jamais celle du macroscope ! Grosse déception, voire désillusion, pour moi. Jean-Marc procédera à des ajustements, à savoir des déplacements de l'oculaire Unilink par rapport à l'objectif 30 mm, pour respecter les meilleures distances, mais sans changement visible.

Assez de "blabla", place aux résultats. Remarque : je n'ai apporté absolument AUCUN traitement à AUCUNE photo : c'est du brut de décoffrage, elles sont telles que sorties du EM-5 de Jean-Marc, puis passées en 1200 pixels de large.

Ci-dessus, photo globale de l'installation.

Et voici la photo complète de la linarite de Carnoët, après traitement du stack (environ une quinzaine d'images), ramenée en 1200 pixels de large.

Avec ici un crop à 100%. Là, on voit à quel point on est loin d'avoir du "piqué" : c'est terriblement flou.

Et c'est ce qui me désole, car du coup, je dois mettre un terme à mon désir initial, à savoir de photographier ce que je vois dans le stéréomicroscope. C'est dans cet objectif que j'avais changé de binoculaire... Mais je ne regrette rien car, pour ce qui est de l'observation, elle est absolument géniale.

On a alors essayé plusieurs autres méthodes. En effet, même en retirant le photo tube SZ-PT, on constate qu'une image se forme bien sur l'objectif. Mais l'image, grossie au maximum, n'est pas "piquée". Nous décidons de faire un test en passant directement par l'oculaire, le point d'observation avec les yeux ! Jean-Marc retire le Unilink et, au moyen d'une bague, "colle" l'oculaire sur l'objectif 30mm du EM-5, et insère l'ensemble dans le tube droit de la binoculaire. Il décide de changer de sujet, et pose sur la tablette un minéral rouge-orangé, plus exactement une perroudite des Minas de Las Cocotas près Tijola en Andalousie... Le champ couvert est d'environ 1 mm, en comparaison avec une photo qu'il avait faite par ailleurs. On fait un petit stack, le temps passe tellement vite... Le résultat me semble meilleur, d'autant plus que nous n'avons pas vraiment "fignolé". Voici le résultat.

D'accord, ce n'est pas terrible, mais je sais, au moins, que je pourrai tenter des photos ici, tout en bénéficiant du stacking automatique de l'APN.

Ici le crop à 100%. ATTENTION : photo prise au zoom maxi de la bino, avec en plus l'adjonction de l'objectif 100 AL 2x. Le grossissement est ici de 126 x !!!

Je regrette de ne pas avoir photographié un objet plus simple, tel qu'un grain de sable, pour être mieux à même de juger. Et de ne pas avoir fait deux ou trois tests à des grossissements intermédiaires. Néanmoins, je sais qu'il y a ici une possibilité non négligeable de faire d'assez bonnes photos, en tout cas à des grossissements inatteignables, dans un premier temps du moins, au moyen d'un macroscope ! Donc, au final, ça remonte quand même mon enthousiaisme, qui avait pris un sale coup dès le départ !

Au final, le verdict est plutôt limpide : retour à la case départ, il faut un macroscope ! La bino est l'instrument d'observation idéal, et là, pour le coup, je suis extrêmement satisfait. Le macroscope est l'instrument idéal pour faire de la macro : les spécialistes du forum "Le Naturaliste" me l'avaient dit dès le départ. Dont acte !

Je voulais en rester là, car l'heure avait passé, et si je suis retraité -et donc pas pressé-, il n'en va pas de même pour mon hôte, dont je ne veux pas abuser. C'était sans compter sur l'extrême gentillesse de Jean-Marc, qui me dit d'attendre. Son idée : me montrer la capacité du EM-5 en macroscope tout simple, en tant qu'instrument pour parvenir à mon objectif : photographier du sable ! Je range Miko, pendant que Jean-Marc installe rapidement un statif, et positionne un tas de sable en provenance de Croix-de-Vie sous l'objectif 30 mm accouplé à l'EM-5 Mark II. D'abord un champ plus large, une petite vue d'ensemble. Largeur réelle estimée du champ photographié : environ 20 mm.

Largeur réelle : 20 mm. Une seule photo, pas de stack, d'où les zones plus ou moins floues, car plus ou moins proches. C'est normal. Mais c'est d'la balle !

Crop à 100%. Alors là, c'est la "claque" absolue : quelle différence avec la bino, c'est juste "parfait" pour moi, un sans faute.

Attends, me dit Jean-Marc. On va faire maintenant un stack, en se rapprochant au maximum des possibilités du 30 mm. Le défaut : la distance de mise au point est très faible (14 mm, difficile pour l'éclairage). Grossissement : 1,25 x.

La photo entière, ramenée en 1200 pixels. Stack d'une pile de 13 images. Largeur réelle du champ : 12 mm. C'est nickel !

Avec ici un crop à 100%. Que de détails ! On peut déjà faire une belle analyse du sable. Le stacking interne du EM-5 est phénoménal en terme de simplification du travail.

Attends, me dit Jean-Marc... On va faire maintenant un essai avec le Zuiko 60 mm macro, qui sera bien plus facile à exploiter avec sa distance de mise au point de 19 cm au rapport 1:1. Et il me fait un nouveau stack..

D'abord l'image complète ramenée à 1.200 pixels. Largeur réelle du champ photographié : 17 mm. Stack d'une pile de 14 images.

Puis le crop à 100%. Une fois de plus, parfait.

En discutant, Jean-Marc me dit qu'en plus, avec le 60 mm, vu la distance de confort qu'il offre, on peut facilement lui ajouter des bagues, des bonnettes... Mais il est déjà près de 22 heures, on ne peut pas continuer, je libère donc l'ami Jean-Marc. C'est sûr que j'aurais aimé y passer des heures, et c'est sûr qu'il a lui aussi aimé faire ces tests, et nous avons passé une excellente soirée. Cerise sur le gâteau : je repars en plus avec une magnifique collection de sable, de quoi passer bien des heures d'observation, à défaut de pouvoir les photographier.

Mais ce n'est pas tout. Le lendemain soir, Jean-Marc m'a envoyé une photo qu'il a faite avec une bonnette Raynox DCR250 posée sur le 60 mm. Le résultat est excellent, d'autant plus qu'il a pris le temps de diffuser la lumière pour l'adoucir un peu. Regardez !

Ici la vue complète reçue, réduite comme les autres à 1200 pixels. Largeur réelle du champ photographié : 10,5 mm. Stack d'une pile de 20 images. Elle est parfaite..

Avec ici un crop à 100%. Fantastique !

Le EM-5 Mark II recèle encore un autre bijou dans son coeur : il permet de faire des photos de 40 Mo pixels. En capturant huit photos de manière séquentielle, puis en les fusionnant en une seule ! Malheureusement, on perd alors le Focus Bracketing, mais on peut le faire manuellement. Jean-Marc m'a montré une de ses photos réalisées de cette manière : époustouflant ! D'ailleurs, si un jour il a le temps de m'en faire une avec un grain de sable...

Dans un mois, je serai sur la route... et loin de Miko et du sable (quoi que, nous prévoyons de rouler dans le désert de Dasht-e Lut, quand même, donc j'y penserai sûrement un peu). Je reporte donc l'achat de ce petit bijou (le EM-5 Mark II) et des objectifs à la fin de l'automne. Merci à Jean-Marc pour avoir parfaitement résolu mon problème, et pour sa disponibilité.





Pour finir en beauté, je vous remets l'image complète, taille réelle photographiée, de la photo au 30 mm rapport 1:1,25, après un petit post-traitement.

La taille réelle du champ est de 12 mm en largeur, et de 9 mm en hauteur...




Vos remarques sur le livre d'or me feront très plaisir, si vous en avez le temps !


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