Tour moto 2017 : Vers la Perse antique

Voyage moto 2017 : IRAN, la Perse antique.

Du 15 avril au 31 juillet 2017.

Environ 24.000 km.





































Du 19 au 24 juin 2017 : 1.595 km vers le nord, de Kazerun (Iran) à Orumieh, près de la frontière turque.

L'itinéraire





19 juin 2017 : Superbe remontée plein nord, jusqu'à Semirom, via Yasuj.

Des montagnes sous toutes les formes, de la verdure qui revient, une température qui baisse (nous roulons maintenant dans la dizaine des 30 degrés, fini celle des 40), que du bonheur !

On voit même de la neige ! Après les épisodes à 50 °C, c'est un peu surréaliste. Malheureusement, sur un parking depuis lequel on savourait paysage et pause en paix, une voiture arrive, deux types en sortent. "How are you ?", "Welcome in Iran", phrases entendues des centaines de fois, avec de grands sourires. Puis, juste après, "passeport, SVP"... Ils sont allés jusqu'à regarder dans nos top-cases. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Bonnie et moi prenons immédiatement la décision : retour rapide, via autoroutes, abandon définitif de toute possibilité de rejoindre l'itinéraire officiel, envie de quitter le pays. Comment ne pas voir des flics dans toutes les voitures qui nous suivent, attendent sur le bord de la route...? On devient doucement parano, mais il y a de quoi !

A l'approche de Semirom, les paysages deviennent carrément sublimes. La route grimpe sur les hauts plateaux, l'espace s'aggrandit, l'air devient presque frais, c'est pour moi le bonheur. Je pense à l'Arménie, un peu.

C'est en arrivant à Semirom qu'à lieu le clash final entre Didier et moi, qui couvait depuis un bon moment déjà. Je lui dis de partir, je ne veux plus continuer avec lui. Le voyage se poursuit en compagnie de Bonnie. J'ai lu de tels récits de séparations lors de grands voyages, ce sont des choses qui arrivent, les caractères se dévoilent, je n'y reviendrai pas.



Récit écrit et publié le dimanche 25 juin au petit matin depuis Orumieh/Iran.






Du 14 au 18 juin 2017 : 1.320 km, de Shiraz (Iran) à Kazerun (Iran) via Bandar Charak, sur le Golfe Persique.

L'itinéraire





14 juin 2017 : De Shiraz à Jahrom, 282 km en route vers le sud-est.

Vieux pont sur une rivière presque à sec, ce qui est rare, car elles sont généralement complètement à sec ! Les paysages sont époustouflants, voyez plutôt !

Marchandes -assez rare- de cette petite boutique en bordure de route, qui acceptent gentiment de se laisser photographier.

Extraordinaire montagne plongeant dans un lac de barrage. C'est magnifique !

Plus aucune goutte d'eau dans le torrent !

La chaleur est absolument énorme et, à notre grande surprise, grimpe pratiquement aux niveaux vécus dans le désert du Lut : nous roulons cet après-midi entre 44 et 47 °C, inimaginable !

Dans ces décors somptueux, nous sommes de nouveau arrêtés à un contrôle de police, heureusement rapidement réglé. Quand même, ça nous pèse de plus en plus, la chaleur à supporter nous rendant peut-être plus irascibles. En effet, devoir attendre avec nos tenues sous ce cagnard pour de telles futilités est dur à encaisser !

Nous pensions vraiment trouver un hôtel dans la ville de Ghir. Malheureusement, il n'y en avait pas. Un pompier nous invite à nous reposer, nous offre à boire, nous propose une douche, et dit qu'ils vont nous trouver une solution. Un gars arrive, semblant gentil, puis deux gars nous disent d'attendre 5 minutes, la police va venir nous aider. Nous comprenons immédiatement que l'un entre eux a appelé les flics. Nous décidons de ne pas attendre et de partir, malgré leurs pressions de plus en plus fortes nous enjoignant d'attendre. Rapidement, un véhicule avec girophare nous dépasse et nous bloque. Passeports, photos, palabres, je me mets en colère : les gars nous demandent nos papiers alors qu'ils sont en civil, et ils circulent dans des voitures banalisées. Finalement, ils nous laissent partir après avoir clairement demandé à Didier où nous allons. Nous choisissons de nous détourner de notre itinéraire initial pour rejoindre Jahrom où nous savons que nous trouverons un hôtel. La route fut longue, bien que splendide, à cause de la chaleur extrême, de notre fatigue, et de notre colère vis-à-vis du comportement des policiers. Nous trouvons bien un hôtel, et tout eut été parfait, sans une nouvelle visite inopinée des flics, cette fois à l'hôtel : ils sont venus interroger Didier dans sa chambre. Lentement, l'Iran commence à nous agacer...



Récit écrit et publié le vendredi 23 juin depuis Mianeh/Iran.





15 juin 2017 : De Jahrom à Bastak, plongeon de 295 km presque plein sud.

Chaleur terrible, paysages fantastiques.

Nous décidons de nous réfugier sous un de ces dômes que nous voyons fleurir partout, pour nous protéger du soleil ardent en mangeant. Malheureusement, ce sont des réserves d'eau potable, et celui que nous avons choisi est vide d'eau, mais profond ! Nous restons dans l'ombre étroite d'une des entrées.

Notre plaisir de voyager a une fois de plus été gâché par la police. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'Iran est truffé de postes de police de contrôle, toujours bien signalés, avec des ralentisseurs qu'il vaut mieux respecter si on ne désire pas péter ses amortisseurs. Tous les véhicules passent donc au pas devant un policier//militaire (nous ne savons pas vraiment) toujours armé, et plusieurs hommes et véhicules prêts à démarrer. A l'un d'entre eux, j'étais le dernier de la meute, j'entends bien le gars m'appeler de loin, mais je fais le sourd et poursuis, très doucement bien entendu. Il ne s'est pas passé 30 secondes qu'une voiture nous rattrape avec sirène et nous bloque façon cow-boys. Des malades. Demi-tour, au poste. Là, devant nos tronches de colère et nos protestations, ils consentent à nous faire pénétrer dans leur cahute, ma foi bien isolée, avec clim. Ils nous apportent des chaises, nous offrent à boire. Mais prennent les passeports, téléphonent, palabrent, et finalement nous font comprendre de les suivre ! Vous savez quoi ? 50 bornes, jusqu'à Bastak, derrière leur caisse. Donc, stress, pas de photo, pas de paysages réellement admirés. Le tout sous 48 degrés. A Bastak, direction un poste de police en dehors de la ville, comme à Damghan, mais plus sympathique. Interrogation légère, puis escorte jusqu'à l'hôtel, aux prix très élevés, que nous avons refusés. Nous avons écrit le prix maxi que nous consentions à payer, le commissaire principal était avec nous, l'hôtel a accepté. Un excellent hôtel soit dit en passant, mais journée encore gâchée ! Et vous savez quoi : demain matin, ils doivent nous conduire hors de la ville. Fait .... Ben oui, quoi ! Pour l'anecdote : Les valises en alu sont intouchables sans les gants. Il n'est pas possible non plus de piloter la moto sans gants, on se brûle les mains sur les poignées !!! L'hôtelier voulait qu'on range bien les motos sur le trottoir, j'ai voulu la déplacer comme ça (je n'avais plus la tenue de moto) : j'ai été obligé de mettre mes gants, c'est fou, non ? Tu sors de l'hôtel climatisé, et tu te retrouves littéralement à l'intérieur d'un four, absolument incroyable ! J'apprends que nous sommes dans une zone sismique, il y a eu un tremblement de terre ici à Bastak en janvier 2014.



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.





16 juin 2017 : 275 km entre 45 et 50 °C, arrivée sur le Golfe Persique.

Chaleur terrible, paysages lunaires, martiens, surréalistes, comme vous voulez, regardez. C'est absolument inouï, mais pour nous pauvres motards, il fait vraiment trop chaud ! La journée a bien commencé par l'arrivée d'une voiture de police qui nous a accompagnés jusqu'à une route bien précise à la sortie de la ville. A mon sens, ils ont des choses à cacher dans le secteur, c'est du moins mon interprétation. Je conclus aussi la même chose pour les autres lieux où ils nous ont harcelés. Là, sur un ralentisseur énorme, Bonnie, roulant trop près de Didier, a une nouvelle fois mordu le goudron, et s'est fait mal aux côtes, elle aussi. Mais bon, à part de nouveau la valise, la moto n'a rien. Des flics passant là nous aident à redresser le montant. Vous savez quoi ? En fait, ces flics nous précèdent, et nous attendent, et nous accompagnent dans la station-service, tout ça pendant une cinquantaine de bornes. Comme c'est pénible ! Ils voulaient absolument s'assurer que nous passions là où ils avaient prévu ! Bref...

Nous approchons du rivage, ça sent la mer à plein nez.

Nous voici arrivés au point le plus au sud de notre voyage. C'est ici que nous entamons le voyage de retour. Nous allons remonter le long du Golfe Persique. Nous faisons une belle pause ici au bord de la mer, sous une de ces cahutes. Nous sommes à Bandar Charak, et Dubaï se trouve juste à une centaine de km de là, de l'autre côté ! L'air est "frais" : la température est descendue à 35 °C, c'est le grand bonheur. Malheureusement, la route que j'avais repérée, qui longe le rivage, n'est pas bitumée tout du long, et je refuse de faire de la piste par cette chaleur. Nous retournons donc sur une voie parallèle et suivrons la côte jsute de l'autre côté de l'étroit massif montagneux.

La punition est immédiate, nous prenons 10 degrés en 10 km... Puis, lentement mais sûrement, ça va continuer à monter. Le feu tombe du ciel, et nous voyons nos thermomètres monter à 49,5, pour ne pas dire 50 °C. Didier, devant, ne faiblit pas, et nous roulons imperturbablement. Plus personne ne fait de photos...

Mais au bout de plus d'une heure de ce régime infernal, Bonnie s'arrête, épuisée. Obligée d'aller s'allonger sous un arbre à 20 mètres en contrebas de la route, elle a du mal à respirer, nous n'avons plus beaucoup d'eau, je retourne dans le village que nous venons de dépasser. Pour comble de malchance, c'est aujourd'hui vendredi, donc dimanche, et les petites boutiques sont toutes fermées ! Un homme en voiture, me voyant chercher, s'arrête à ma hauteur. Je lui fais comprendre mon besoin d'acheter de l'eau fraîche, il me fait signe de le suivre dans les rues non goudronnées du village. J'arrive épuisé à sa maison, il me fait entrer dans la cour, asseoir, et va me chercher de l'eau fraîche, puis deux cannettes de jus de fruit, puis remplit ma grande gourde d'un liquide de type jus de cerise absolument délicieux, dont il m'oblige à boire deux verres avant de repartir. J'ai voulu le payer, il m'a répondu "Allah"... Merci à lui. Ci-dessus ma belle en train de m'attendre, à cet endroit précis, en plein cagnard, imperturbable ! Bonnie a doucement récupéré, l'homme m'a dit qu'il y a une grande station-service à 9 km : nous y allons. 9 kilomètres de moto, couverts, par 50 degrés, croyez-moi, c'est dur. Effectivement, il y a là tout ce qu'il faut. Nous achetons à boire, à manger, je prends des brochettes de poulet cuites sous mes yeux au barbecue, délicieux. Après une longue phase de repos, nous décidons de reprendre la route pour la ville de Parsyan, distante d'environ 50 km. Bonnie prend la tête, nous trouvons très vite l'hôtel, mais là, elle s'arrête et ne peut plus bouger. Nous rentrons sa moto, elle est obligée d'aller s'allonger, et il lui faudra plus d'une heure pour reprendre vie ! Dur dur la vie de biker dans le Golfe Persique ! Nous rions : le désert du Lut, à côté, c'était de la rigolade....



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.





17 juin 2017 : 275 km entre 45 et 50 °C, en remontant le Golfe Persique.

Pas question de se faire avoir encore une fois. Pour combattre la chaleur, il existe une solution : rouler très tôt le matin. Nous partons à 6 heures, car il a bien fallu attendre le jour ! Et ça commence plutôt bien, 27 degrés à 6 heures, ça va. On se dit que ça va le faire. Mais pas de bol. 40 km plus tard, arrivée en zone pétrolifère, des turbines qui crachent le feu partout, une forte odeur de gaz, et d'un seul coup d'un seul, la température est passé de 28/29 à 44 °C, pour ne plus baisser, et il n'est même pas encore 7 heures du mat' !!!!! Le soleil passe juste la montagne, mais la chaleur déboule des vallées, et semble aussi sortir du sol. Il faut le vivre pour y croire, hallucinant. Ceux qui roulent avec leurs petites motos ont la tête complètement recouverte, seuls les yeux sont visibles, mais ils sont en vêtements souples et aérés, alors que nous, avec nos tenues de cosmonautes pour la protection.... Nous roulons dans un four, nous cuisons à petit feu.

Mais nous avançons. Une belle pause au bout de 50 bornes, encore une autre, on se dit que ça va le faire, c'est gagné, il ne nous reste plus que 80 km. Nous venons de dépasser d'environ 10 km la ville de Khormooj, quand Bonnie réclame une nouvelle pause, seulement 35 km après la précédente. Elle est épuisée. Conseil de guerre. Il y a des hôtels à Bouchehr, au bord de la mer, nous le savons : 65 km d'ici. Peut-elle le faire ? Elle ne sait pas. Décision : demi-tour sur Khormooj, il doit y avoir un hôtel. Bingo !

Il y avait un seul hôtel, mais... plus une seule chambre disponible. Là, un garagiste Peugeot, juste à côté, après avoir compris la situation, a téléphoné à son père, qui est venu et nous a fait rentrer nos trois motos dans son garage, mis nos bagages dans le coffre de sa voiture, et nous a emmenés dans sa résidence secondaire, à deux kilomètres d'ici environ. Il nous a laissés dans une grande pièce dont le sol était couvert de tapis, une énorme climatisation, une TV, des WC et une douche dans la cour, et a dit qu'il reviendrait nous chercher demain matin à 7 heures pour qu'on reparte. Tout ça gratuitement. C'est une sacrée hospitalité, il n'y en a pas beaucoup en France qui feraient ça pour des inconnus qui passent. Sans son aide, on était mal.... Inutile de vous dire qu'on s'est tous allongés sur les tapis, et on s'est endormis instantanément, tellement on était épuisés. Ce n'est que près de trois heures plus tard qu'on a recommencé à avoir envie ne serait-ce que de bouger. Dehors, c'était du feu. Ceci pour dire que nous étions tous les trois, sans le savoir, très affaiblis. Et pourtant, nous buvions ! Sans doute pas assez, car un gars m'a dit hier soir qu'il buvait 6 bouteilles de 1,5 litre par jour ! Un autochtone ! L'après-midi, la soirée, la nuit s'écouleront paisiblement. Heureusement que nous avions quelques victuailles avec nous !



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.





18 juin 2017 : 195 km de Khormooj à Kazerun. Vers le nord-est, nous nous éloignons du Golfe Persique et de la fournaise.

Notre garagiste, pas peu fier devant la devanture de son garage, peu après avoir sorti nos motos. Comme convenu, il est bien venu nous chercher à l'heure convenue, 7 heures pile ! Quel homme sympathique, nous lui devons beaucoup. Nous ne ferons pratiquement aucune photo, malgré la traversée d'une zone montagneuse d'une beauté époustouflante, aux canyons profonds et étroits -et sans eau. Tout simplement parce que cette zone est surmilitarisée, nous apercevons au loin des tuyères révélant une nouvelle zone de pétrole, il y a des tas de contrôles. Heureusement, ils sont intéressés par les camionnettes, qu'ils arrêtent, et ne s'occupent pas de nous. Ouf, pour une fois, nous ne sommes pas concernés. Les températures, bien qu'atteignant les 42 ou 43 °C, sont quand même supportables. La recherche de l'hôtel sera pénible sous le feu, mais nous y serons de bonne heure. L'après-midi se passera en chambre, à la fraîcheur des climatiseurs, à se reposer et à préparer la route pour le lendemain. En effet, il faut se décider à abandonner le trajet initial, nous voulons fuir les fortes températures, et les options ne sont pas nombreuses : retour vers Shiraz, et les autoroutes... Ou bien prendre le risque de poursuivre sur le trajet initail, et de succomber à la chaleur ?



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.






Du 3 au 13 juin 2017 : 2.790 km, de Damghan (Iran) à Shiraz (Iran).

L'itinéraire





3 juin 2017 : Journée de 300 km, Désert Dasht-e Kavir, marche arrière vers le sud-ouest.

Nous avions 450 km de désert à franchir. Ce désert qui me fait rêver depuis des mois, la journée qui, à mon sens, sera la plus extraordinaire de ce voyage ! On part à 7 heures, on fait le plein, et on roule. Partir à 7 heures, ça signifie un lever à 5 heures, dans la nuit finissante. Mais nous sommes excités comme des puces, et nous ne voudrions céder notre place à personne d'autre ! A peine partis, on s'arrête, photos de vieilles forteresses, on s'approche de l'une d'elles en quittant la route pour faire des photos des remparts de terre séchée et, juste après avoir rejoint la voie principale, on est arrêtés par la police, avec kalachnikoff en bandoulière. Vous avez pris des photos, faites voir, etc. En fait, il y avait une enceinte militaire juste à côté, ce fut notre "pas de chance". Cette petite affaire nous a coûté 5 heures de pourparlers, dont 3 heures sous le soleil cuisant à essayer de palabrer en vain, avec discussions au téléphone, flics en civil venant prendre nos passeports, revenant en nous interrogeant de nouveau, pour finalement être obligés de les suivre, direction retour dans la ville de Damghan (30 bornes) derrière la voiture des flics du renseignement, passeports et appareils-photos dans leur voiture, interrogatoire, effacement des photos, interdiction de traverser ce désert, obligés de prendre une autre route !!! Ils en sont encore au feuilles de carbone et aux épingles servant de trombones.... Bref, grosse expérience curieuse, intéressante maintenant, mais sur le coup, on ne rigolait pas. Du coup, amis lecteurs, je n'ai absolument aucune photo à vous proposer sur cette première partie de la journée !

Aussitôt sortis des griffes de la police, une fois l'enceinte militaire entourée de barbelés franchie, nous respirons de soulagement ! Dehors, les iraniens nous font des bonjours, veulent faire des photos, etc. Mais le coeur n'y est pas, nous répondons à peine, nous quittons cette ville au plus vite, direction le sud-ouest, obligés que nous sommes de nous conformer aux ordres : allez où vous voulez, mais contournez le désert, passez par Qom, cette ville ultra-religieuse que je ne voulais pas voir... Nous nous arrêtons manger sous des arbres, ça nous fait du bien, ça nous permet de "digérer" cette matinée perdue et ces espaces que nous ne verrons jamais ! Il nous a fallu un petit moment avant de recommencer à rigoler avec les Iraniens ! Heureusement, les paysages ressemblent à ce que nous imaginions, la route est belle et longe les montagnes de l'Elbourz traversées hier sur leur versant sud. A droite les montagnes, à gauche le grand désert. C'est beau, et nous reprenons vite goût à la route, au voyage, à l'Iran !

Nous roulons en bordure de cet immense plateau central désertique, aux espaces infinis. La température dépasse les 30 degrés, nous sommes pourtant à plus de 1.200 mètres d'altitude ! C'est beau, je suis heureux, je savoure à pleines dents.

Halte obligatoire près d'un caravansérail ouvert à tous les vents, ce qui nous permet d'y pénétrer. Que d'émotions en pensant aux milliers de caravanes de chameaux chargées de marchandises précieuses qui ont fait halte en ce lieu, protégées des pilleurs grâce aux hautes murailles !

Depuis le haut du mur d'enceinte, j'aperçois les restes encore bien conservées d'une ancienne mosquée que nous allons également visiter, curieux que nous sommes !

Comme je savoure cette route et ces espaces sans fin, où la vue s'étire aisément au-delà de 30 km...!!! C'est fantastique, je suis heureux, Anoukis ronronne comme une chatte comblée, elle aussi. Finalement, tout va bien dans le meilleur des mondes. Au loin, dans l'immensité, des mini-tornades se font et se défont au gré des violentes bourrasques parcourant ces espaces illimités que ma monture traverse sans sourciller, comme une promenade de santé. Et tout compte fait, en fin de journée, des policiers nous escorteront, avec girophare, pour nous conduire dans un hôtel, nous faisant oublier leurs méchants collègues du matin ! Pour finir sur une bonne note, le boulanger faisant son pain près de l'hôtel nous en offre trois, délicieux, qu'il n'était pas question que l'on paye ! Comment peut-on rester fâchés ?

Récit de cette mémorable journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





4 juin 2017 : 290 km en bordure des grands déserts de l'est, virage vers le sud-est. Kashan.

Départ de Garmsar au petit matin : on retrouve le désert au bout de quelques minutes, et ça me plait énormément !

A main gauche, encore et toujours, le massif montagneux de l'Elbourz, et la longue ligne de la voie ferrée. A un moment, je vois un train passer, minuscule dans l'espace quasiment infini qui nous entoure, vision presque surréaliste d'une machine humaine pourtant bien réelle.

Soudain, énorme surprise : des chameaux sauvages paissant sereinement à une centaine de mètres en bordure de l'autoroute. Choc émotionnel, bonheur total. Je suis aux anges ! Une pensée m'envahit, terriblement évidente : comme la terre est belle !

Plus loin, un immense lac asséché ne laisse apparaître que le résidu solidifié de ce qu'il contenait, un temps dissous dans ses eaux : le sel, couleur neige - seulement la couleur, la température extérieure enlève tout doute sur ce point-, recouvre le désert !

De nouveau, quelques chameaux : je m'arrête, de nouveau aussi, forcément ! Mes compagnons sont loin, et je me fais encore une fois arrêter par la police. Pas d'inquiétude, c'était juste pour discuter, et me prendre en photo. Mais toujours un petit stress, quand même... Ah oui, j'oubliais : l'autoroute est interdite aux motards... iraniens, ou plutôt, soyons corrects, aux motos iraniennes, jugées pas assez puissantes pour rouler aux allures minimum obligatoires sur le grand ruban noir! Par contre, non seulement elles nous sont autorisées, mais nous passons tous les péages gratuitement : le motard étranger est "welcome", et l'accès à la grande artère rapide lui est offert gracieusement.

De temps à autre, des vestiges humains fantômes semblent surgir de terre. Mais ne vous y trompez surtout pas, car c'est bien de l'opération inverse dont il s'agit : ils y retournent, lentement mais sûrement, à la terre natale dont ils sont issus.

Arrêt à Qom uniquement pour y faire boire nos montures. Les très rares points d'ombre sont pris d'assaut ! Nous nous empressons de rejoindre le long ruban d'asphalte.

Ici, une plus longue halte, pour faire quelques emplettes, boire un jus de fruit bien frais, manger une glace. Nous faisons des rencontres incroyables avec les iraniens. Tout le monde veut nous photographier dès qu'on s'arrête quelque part, les jeunes avec des petites motos nous suivent en ville pour faire des selfies (à Qom), des familles viennent nous saluer, certains nous offrent des présents. Ici, une famille dont le père parle français vient respectueusement nous demander l'autorisation de faire des photos. Ils nous avaient accompagnés tout un moment en voiture sur l'autoroute, nous faisant de grands signes en nous dépassant, puis en se laissant dépasser, afin de nous filmer. Peu après, alors que je retournais vers ma moto, le monsieur m'appelle : il vient d'acheter une très belle boîte de confiseries pour nous l'offrir (ci-dessous)! Franchement, les mots nous manquent devant tant de gentillesse !

Montagnes aux allures de dorsales de sauriens antédiluviens...

Kashan, vue depuis la chambre de l'hôtel, aux portes du désert et au pied des montagnes. 34 °C en ville, inutile de vous dire que la recherche de l'hôtel, épique, a été source de perte de pas mal de liquide sous forme de sueur ! En effet, nous avons refusé cet hôtel à cause de son prix, et sommes allés au centre ville chercher chaussure à notre pied. Malheureusement, rien ne nous a convenu. Et ce ne fut pas faute d'avoir été aidés ! Une fois par un gentil père de famille qui nous a conduits à une guesthouse jugée pas assez confortable. Puis de là, par l'adorable chauffeur d'un mini-bus complètement déglingué, qui nous a laissés près d'une autre guesthouse, dont l'accès en moto, par des ruelles minuscules, fut un calvaire inutile, en raison d'une trop grosse difficulté pour parquer nos bécanes, sans compter un confort tout spartiate pour un prix plutôt fort. Pour, finalement, retourner à l'hôtel que nous avions précédemment refusé ! Pas de chance, perte de temps inutile, mais si on savait tout à l'avance, où serait le plaisir ?

Récit de cette mémorable journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





5 juin 2017 : 263 km plus loin vers le sud-sud-est. Abyaneh. Ispahan.

Et ça continue... Sur l'autoroute, ceux qui nous doublent klaxonnent, restent à notre hauteur, nous filment, nous offrent de la nourriture à travers leurs vitres ! Il y en a un qui m'a tendu une pomme, à 110 km/h....!!! Un autre, une petite pastèque !!!!!! Le comble a été détenu par un qui m'a tendu une tasse de thé, le tout à environ 100 km/h !!! Ils sont incroyables, rien ne les arrête ! Et quand on leur dit qu'on adore l'Iran, alors là, ils craquent, c'est un immense bonheur pour eux ! En fait, ils ont soif de reconnaissance, c'est extrêmement clair ! Quand on est arrêtés, on créée l'attroupement, c'est à qui fera une photo ! Mais certains n'osent pas nous demander, ils sont d'une correction inimaginable, et plutôt timides et discrets. Mais si jamais on lève la main avec un sourire, alors là, ils se lâchent ! Ce matin, on s'arrête faire le plein à une station sur l'autoroute, et on se pose à l'ombre, histoire de boire un coup. Un gars installé sur un tapis, sur le trottoir, devant sa voiture, avec sa femme et ses deux enfants, comme ils ont l'habitude de le faire, vient aussitôt vers nous, et nous offre le thé. Didier met ses gosses sur sa moto pour qu'ils fassent une photo. Du coup, tellement reconnaissant et ému, il voulait qu'on prenne un repas, puis il nous a forcés à manger du gâteau, reprendre du thé, puis finalement a tenu à ce qu'on garde les verres !!!

Nous quittons ensuite l'autoroute pour faire un crochet vers un joli village préservé, en montagne, qui a pour nom "Abyaneh".

Famille iranienne rencontrée sur la route, que nous reverrons à Abyaneh un peu plus tard.

Dans le village, un peu comme nos "plus beaux villages de France". Notre visite sera très rapide, car le temps nous est compté, malheureusement, car ce village aurait mérité une demi-journée. Très vite, nous reprenons la route d'Ispahan, car nous désirons aller marcher dans le centre-ville cet après-midi.

C'est en taxi que nous irons visiter la grande ville. D'abord la grande place centrale, aussi belle que ce que j'en avais lu. Malheureusement, nous "tombons" juste le jour de l'anniversaire de la mort de Khomeyni, deux jours fériés pour cause de deuil national. Tous les commerces, ou presque, sont fermés. Alors, ça plus le Ramadan, pas de chance ! Nous visitons quand même la magnifique Mosquée Bleue, que j'ai trouvée incroyablement belle, beaucoup plus jolie que celle de Tabriz. Je n'ai malheureusement pas pu tout voir, ils ont fermé plus tôt en raison du jour férié ! Puis nous allons en taxi voir un des fameux ponts : splendide aussi ! Ce sera tout pour aujourd'hui.

Récit de cette mémorable journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





6 juin 2017 : Une longue journée de "ride" de 425 km, toujours plus loin vers le sud-est et les hauts-plateaux désertiques. Yazd. Sar Yazd. Zein-O-Din caravansérail.

De grandes étendues désertiques à perte de vue, une très forte chaleur malgré l'altitude élevée (plus de 35 °C à plus de 2.000 mètres !). J'aurais aimé faire plus de photos, mais il faut bien avancer, non ?

Le village de Sar Yazd, après la grande ville de Yazd, aurait mérité une demi-journée de visite, tant le nombre de vestiges y est énorme ! Une fois de plus, la chaleur sera la principale responsable de notre manque de courage. Le port de nos lourdes tenues étouffantes y est pour beaucoup, c'est évident, mais mieux vaut souffrir de la chaleur que d'être écorché vif en cas de chute, non ? C'est du moins notre conviction intime, et nous supportons nos fardeaux en silence...

Heureusement, nous arrivons au terme de cette longue journée de route une quinzaine de kilomètres plus loin : il s'agit d'un caravansérail entièrement rénové, et transformé en hôtel. Perdu au milieu de nulle part, c'est un lieu magique qui, malheureusement à mon goût, se trouve trop près de la grande voie. L'hébergement y est très onéreux mais, une fois n'est pas coutume, nous accepterons le prix trop élevé. La vue depuis le chemin de ronde est époustouflante, le repas est délicieux.

Très dommage : pour des raisons de sécurité, nous sommes enfermés la nuit et, malgré une promesse d'ouverture à 7 heures, il aura fallu attendre presqu'une heure l'ouverture des portes, m'empêchant d'aller me promener sur la piste avec une Anoukis libérée de ses bagages. Ce sera mon grand regret !

Récit de cette journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





7 juin 2017 : encore plus loin vers l'est, 303 km dans la province et jusqu'à la ville de Kerman.

Ah oui, pendant que j'y pense, parlons-en aussi... de l'argent. 1 euro = 41.000 rials. Jusqu'à 42.000. On compte avec 40.000, ce qui rend les calculs bien plus simples. Donc, avec des montants pareils, ça fait peur ! Alors, quand on se doit de l'argent entre nous, ça peut donner ceci : au fait, tu me dois 5.000 rials. Alors l'autre cherche un billet de 5.000, puis on se rend compte que, en fait, on se prend la tête pour... un peu plus de dix centimes !!! Donc les porte-monnaies sont pleins à craquer de billets de 50.000, 100.000, etc.... Le plus gros que j'ai vu est un billet de 1.000.000 de rials, soit 25 euros. C'est rigolo ! Et tout se paye en liquide pour nous, car il n'y a aucune carte bancaire étrangère reconnue!!! Donc le Rial, nom officiel de la monnaie. Mais les iraniens parlent et commercent en Tomans (prononcez "tomane"). Un toman égale dix rials, ceci pour faire des nombres plus faciles à maîtriser. Facile... pour eux, mais pas pour nous, il nous faut sans cesse réfléchir. Puis, pour simplifier le tout, ils ont inventé ce que j'appelle le "kilo-toman". Un kilo-toman, c'est mille tomans, soit 10.000 rials : vous me suivez toujours. Donc, par exemple, tu achètes une grande bouteilles d'eau dans une des innombrables petites boutiques fleurissant au bord des routes, le gars lève l'index, ce qui veut dire "un". On sait alors qu'il parle en kilo-toman, avec un si petit chiffre, ce qui fait donc 1.000 tomans, ou 10.000 rials, soit... 0,25 centime d'euro ! Ah oui, au fait, autre sujet agréable, le plein d'essence, quel bonheur ! Lorsque l'essence coule dans ton réservoir, tu vois sur le compteur de la pompe les chiffres du montant à payer défiler au même rythme que ceux des litres. 1 litre, 10.000 rials, 2 litres, 20.000 rials, etc... Au final, t'as mis 12 litres, tu dois 120.000 rials, ou 12.000 tomans. Donc, le gars te dit 12 (en kilo-tomans). Donc, tu dois donner, par exemple, un billet de 100.000 et 1 billet de 20.000 rials... Ah oui, mais ça fait combien, tout ça ? Quoi ? 3 euros ? Ben oui, parce que 1 litre = 10.000 rials = 1.000 toman = 1 kilo-toman =....... 0,25 centime d'euro !! Oui oui, vous avez bien lu, 0,25 € le litron !!!! Hé hé hé....

Les photos qui suivent reflètent plutôt bien l'environnement d'une journée normale de route dans ces régions des grands déserts de l'est. Je ne me lasse pas des paysages qui, pourtant, pourraient sembler monotones à certains. C'est tellement hors-norme, tellement différent de ce que nous connaissons en Europe, que je savoure chaque kilomètre. Ce qui est beaucoup plus difficile, c'est de supporter la chaleur. Non pas à cause de son niveau élevé, mais à cause de notre statut de motard européen, roulant casqué et protégé par des tenues aussi lourdes qu'épaisses et inconfortables sous de telles latitudes ! J'envie parfois les autochtones avec leurs petites motos Honda -ou autre- de 125 à 200 cm3, au son "pof pof pof" si caractéristique : ils roulent en T-shirt et amples pantalons bouffants, les pieds nus dans des sandales. Seul inconvénient : il ne faut pas tomber ! Je n'en ai jamais vu un seul à terre.

Il y a en Iran des dizaines de milliers de boutiques telles que celle-ci. L'inconvénient, c'est qu'on y retrouve partout pratiquement excatement les mêmes choses. Notre erreur a été de ne pas prendre garde au ramadan : il ne fallait pas venir à cette période, c'est trop triste, ni cafés ni restaurants ouverts. Mauvais choix, pensez-y lorsque vous préparerez votre voyage. Le pire, c'est que nous sommes pile-poil dans les mauvaises dates, puisque le ramadan a commencé le jour de notre arrivée, et se terminera le jour de notre sortie, et nous ne pourrons donc pas même vivre une seule journée de vie "normale".

J'aurais aimé prendre le temps de visiter un de ces villages construits en terre, si différents des nôtres, où les gens vivent presque "terrés", pour se protéger des rayons acérés envoyés par notre étoile préférée.

L'architecture étonamment futuriste de cette station a attiré mon appareil-photo mieux qu'un aimant l'aurait fait ! Avouez qu'elle a de la gueule !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





8 juin 2017 : 262 km. Incursion dans le Dasht-e Lut, le désert le plus chaud du monde.

Les choses sérieuses ont commencé peu après avoir quitté Kerman. Nous abandonnons en effet la route principale filant sud-est pour traverser un petit massif montagneux et accéder au grand désert, dans lequel nous nous enfoncerons en remontant au nord-est. En attendant, les montagnes nous offrent un spectacle inouï. Une fois de plus, je suis submergé par l'émotion comme à chaque fois que la nature explose dans toute sa splendeur. J'ai pris beaucoup de photos au cours de cette extraordinaire journée, et malgré tout bien moins que je ne l'aurais voulu. Je ne vous en offre ici qu'un timide aperçu, vous en aurez bien d'autres plus tard.

Cette très longue descente restera longtemps gravée dans ma mémoire. En bas, nous entrons sur les terres du grand Dasht-e Lut. En bas, les températures vont monter de dix degrés en quelques kilomètres. En bas, c'est un autre monde ! Nous ferons le plein dans la petite cité de Shahdad, porte d'entrée du désert, où la température est déjà de 43 °C !!! J'ai l'impression d'avoir changé de planète, d'avoir été téléporté, tant le changement a été rapide et brutal. L'air brûle, je dois fermer le casque, c'est la première fois que je ressens à ce point son efficacité thermique, c'est absolument flagrant. Je me laisse prendre à l'envie de l'ouvrir, mais à chaque fois, l'air brûlant me fait refermer le heaume en vitesse !

L'eau a manifestement coulé ici voici peu... Le sol est gorgé de sel. S'arrêter, descendre de moto, faire une photo, remonter et repartir sont des efforts coûteux en sueur : notre eau interne s'évapore à grande vitesse, boire devient vital. Je suis de type "chameau", je bois généralement peu, voire même très peu. Je me croyais bien protégé sur ce plan-là, je me suis trompé. Nous sommes ici à deux pas de Desert Camp, une sorte de terrain de camping aménagé et installé là en bordure du désert, pour les touristes.

C'est ici que nous passerons la nuit. Des huttes spartiates, mais protégeant fort bien des rayons mortels, sont disséminées sur un vaste espace. Toilettes et douches. Il y a même quelques bungalows avec climatisation : Didier négociera la location de l'un d'entre eux, merci à lui, ce fut tellement plus confortable. Il est midi, nous mettons les motos à l'abri, mangeons, buvons. Pas question de s'enfoncer maintenant dans le désert, nous attendrons 16 heures, que le soleil décline un peu. Malgré tout, la température sera encore de 44 °C lorsque nous déciderons de partir afin de rentrer avant que la nuit ne tombe.

Nous venons de partir. Bonnie, qui a du mal à respirer, décide de rester là se reposer. Le thermomètre d'Anoukis affiche 46,5 °C, regardez au-dessus du "N" à droite. Didier me dira qu'il a vu 48 °C, c'est possible, je n'avais pas les yeux rivés dessus. Il est 13h50 à Paris, ajoutez 2h30 pour avoir l'heure locale.

Une vieille forteresse en terre se trouve dans le petit village dont dépend Desert Camp, à une quinzaine de km du camp, juste avant la route principale que nous rejoignons et suivons en direction du nord-nord-est. Nous nous enfoncerons d'environ 60 km dans le désert. Quelques photos ci-dessous. A un moment, j'entends Didier m'appeler : je l'avais dépassé alors qu'il prenait quelques photos, et m'étais arrêté un peu plus loin. Sans son appel, je serais sans doute reparti sans me retourner. A son tour, il a mordu la poussière, et ne parvient pas à relever sa lourde monture. La remettre debout nous a pompé une grosse partie de notre énergie. Didier s'est fait mal aux côtes, mais la moto n'a rien. Nous décidons de ne pas poursuivre trop loin maintenant.

Ne croyez pas que les paysages soient monotones, loin s'en faut. Ils sont au contraire d'une très grande diversité, et j'espère revenir ici un jour pour aller plus loin dans cette immensité, pour l'explorer et la photographier bien davantage. Mais si je reviens, ce sera en voiture ! La traversée complète représente une virée d'environ 450 km, aller seulement, c'est vous dire la démesure de ce désert.

Je vois des pancartes annonçant ce que je pense être une aire de repos. Malheureusement, tout est abandonné, et dans un piteux état de délabrement. Heureusement, nous apercevons quelqu'un près d'un vieux bâtiment sans attrait : il s'agit en fait d'un poste du croissant rouge, la croix rouge iranienne. Nous y sommes reçus avec une immense gentillesse, le patron nous sert à boire, nous restons nous reposer et désaltérer environ une demi-heure, et ils nous donneront une grande bouteille d'eau fraîche en partant, qu'il ne nous a pas été permis de payer. Merci à ces hommes qui vivent terrés ici dans des conditions bien spartiates. Ils nous apprennent que les plus fortes températures sévissent en juillet, et oscillent entre 60 et 70 °C !!!

Nous venons juste de quitter nos secouristes, dont le poste est situé sur un point élevé. Voici la vue de la route plongeant vers Shahdad. Je ne ferai pas d'autre photo au cours du retour. Je roule devant, et vais progressivement accélérer le rythme : 100, 120, 130, 150, pour finir à 180 km/h sur ces immenses et longues lignes droites. Jamais je n'avais roulé aussi vite avec Anoukis, qui gardera une attitude absolument royale. J'adore ma moto, elle est impériale en toute circonstance, et ce fut une grande expérience de rouler à une telle vitesse dans cet environnement aussi hostile que beau, aussi inoubliable que je l'avais imaginé. Regardez bien cette photo. Vous apercevez nettement, sur l'horizon, une chaîne montagneuse, n'est-ce-pas ? Il s'agit de ces montagnes que nous avons traversées ce matin. Savez-vous à quelle distance nous en sommes ? Tenez-vous bien, car c'est absolument incroyable, mais elles se situent exactement à une centaine de kilomètres du point où la photo a été faite. Oui, je dis bien, CENT kilomètres. Hallucinant, non ?

C'est bon, je viens de quitter la grande route et m'enfonce sur la voie secondaire conduisant à Desert Camp. Route défoncée sur environ 15 km. Mais je décide de faire quelques photos sous le soleil couchant. Comme c'est beau !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





9 juin 2017 : 315 km. Vers le sud-ouest. Traversée de l'imposant massif du Hazaran.

Départ de Desert Camp au petit matin. Le soleil chauffe déjà bien fort.

Traversée de Shahdad. Nous attendrons Didier un moment à la station-service (ci-dessous), car il retourne à Desert Camp où il pense avoir oublié sa carte, qu'il ne retrouvera malheureusement pas. Et, comble de malchance, je perdrai ma propre carte, la seule qu'il nous restait, le lendemain !

Nous roulons entre différents massifs montagneux du plateau central iranien en suivant les vallées. Les montagnes sont belles, les espaces sont démesurés. La région entière est un livre de géologie absolument incroyable, et les étudiants en cette matière feraient bien d'aller visiter ce secteur ! Je vous laisse admirer quelques paysages.

Petit arrêt dans une boulangerie. Une voiture de police nous croise, et nous l'observons distinctement dans nos rétroviseurs faire demi-tour pour nous rattraper et nous arrêter pour voir qui nous sommes de plus près. Enervant !

Nabid, entre les deux chaînes montagneuses tarversées ce jour, est un hameau au croisement de plusieurs routes doté d'une jolie mosquée. Au loin s'élèvent les hauts sommets enneigés du Hazaran, culminant aux environs de 4.500 mètres d'altitude. C'est magnifique. Nous trouvons de l'ombre sous un chapiteau en construction afin de nous alimenter.

Descente vers Rayen et sa très fameuse forteresse (ci-dessous). Courte balade au pied des remparts sous le déluge du feu tombant du ciel. Quelle chaleur !

Je suis heureux de rouler de nouveau ! Une fois de plus, les paysages sont grandioses, et l'altitude nous permet de trouver un peu de fraîcheur (toute relative, car les températures demeurent supérieures à 30 °C). Les photos parlent d'elles-mêmes et se passent de commentaires ! Arrêt final dans la ville de Baft, où nous logeons dans le seul hôtel existant. Les motos seront parquées à l'arrière de l'hôtel, loin des regards des passants : en effet, un attroupement se forme en quelques minutes devant l'hôtel, ce que le patron ne supportait pas, et j'avoue qu'il avait bien raison !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





10 juin 2017 : 256 km vers le nord-ouest.

Toujours sur le haut-plateau central, nous nous éloignons toutefois des montagnes et les paysages se font plus désertiques et monotones.

A l'approche de Shahr-e Babak, nous faisons un crochet vers la montagne pour visiter un très ancien village troglodyte. De nouveau, je suis émerveillé par ces paysages peu courants, et les beaux arbres solitaires qui parsèment la steppe donnent au site un étonnant cachet. Je suis sous le charme, malgré l'étouffante chaleur !

Meymand est supposé être la première occupation humaine du plateau central iranien, datant de plus de 12.000 ans ! Le village est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous mangeons à l'ombre des arbres sur le parking. Un artisan iranien est lui-même en train de grignoter des graines. Il nous en offre, ainsi que du thé, et nous montre plusieurs plantes. Rencontre fort sympathique. Après manger, nous déambulons un peu dans le village, mais pas longtemps, en raison de la très forte chaleur ambiante : nos tenues motardes sont incompatibles avec une visite !

Nous sommes heureux de rapidement trouver gîte et couvert à Shahr-e Babak. Nos motos sont rentrés dans la cour de la cuisine, bien à l'abri des convoitises qu'elles suscitent systématiquement. Ci-dessus, un calendrier de Mickey sur le mur de la chambre !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





11 juin 2017 : 253 km vers l'ouest. L'empire perse. Pasargades.

Nous les voyons très souvent dans la steppe, mais souvent loin, difficiles à photographier. Ce sont majoritairement des troupeaux de chèvres. Les bergers sont souvent à pied, de temps à autre sur un âne, comme ici. Les chiens ne sont jamais loin.

Un nouveau désert ? Non, il s'agit d'un grand lac asséché.

Des nuées de jeunes comme ceux-ci, sur leurs petites motos, affluent dès que nous nous arrêtons faire quelques emplettes dans une boutique en bord de route, dans les villes ou villages.

La région que nous traversons ensuite est absolument magnifique. De hautes barrières montagneuses au pied desquelles poussent de multiples cultures. Nombreux travailleurs dans les champs sous un soleil de plomb ! Une fois de plus, je me fais arrêter par une voiture de police qui a fait demi-tour pour me rattraper. Soi-disant un excès de vitesse, j'ai toutes les peines du monde à m'en débarrasser. Contrôle du passeport, etc. Heureusement, un type vient et m'invite à manger. Je dénigre son invitation en parlant de la visite de Pasargades que nous devons faire cet après-midi, ce qui plait aux flics. Oups, je suis libre. Mes deux compagnons attendaient devant, à distance respectable...

Pasargades, première capitale historique de l'empire perse. Vous voyez ici la tombe-mausolée de Cyrus II le Grand, 550 avant JC. J'ai toutefois été déçu par le site, qui ne contient pas grand chose de plus. Nous n'avons pas le courage de visiter les autres immeubles situés sur une distance importante, et marcher dans nos tenues sous cette chaleur écrasante s'avère toujours être une corvée !

Grâce à la base de données incluse dans la cartographie OMS de l'Iran installée dans nos GPS, nous trouvons asile dans une très belle gueshouse iranienne, dans la petite cité sise quelques kilomètres après Pasargades. Accueil parfait, motos parquées dans la cour de la maison des grands-parents (notre hôte nous ramènera dans sa voiture avec nos bagages), repas en compagnie de la famille, maison entière à notre disposition, WiFi, c'était vraiment un très bel hâvre de paix.



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





12 juin 2017 : 123 km. L'empire perse. Visite de Persépolis. Arrivée à Shiraz.

Vers Persépolis. Les paysages sont grandioses, les montagnes particulièrement belles, mais Didier ne semble pas les voir : il fonce ! Heureusement, j'en réussis quelques unes en roulant, ce qui est loin d'être facile !

Nous arrivons rapidement sur le site de Persépolis, grandiose. Il n'y a presque personne. Cette ville a été construite en 518 avant JC par Darius 1er. Je confirme que ce lieu est un incontournable culturel, et j'y passerais volontiers une journée entière. C'est difficile avec nos tenues, mais nous avons pu laisser nos vestes sur les motos, le parking étant gardé. Je vous laisse regarder les quelques photos sélectionnées parmi les centaines présentes sur ma carte mémoire. Inutile de commenter, ce lieu est suffisamment décrit sur Internet pour satisfaire votre curiosité. Les sculptures sont remarquables de précision, c'est monumental, et si d'aventure je revenais en Iran, je reviendrais sans doute ici en tenue plus légère pour y passer plus de temps. Bref, vous l'avez compris, j'ai adoré !

Après cette visite, nous filons vers Shiraz. La recherche d'un hôtel sous la chaleur accablante est pénible, mais nous en trouvons finalement un fort bien situé dans la ville, et nous y réservons deux nuits.



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





13 juin 2017 : Visite de Shiraz.

Une des nombreuses cours à l'intérieur de l'hôtel. J'avoue avoir beaucoup aimé cette hotellerie, et je pense que j'y reviendrais avec plaisir si l'occasion s'y prête !

Je vous laisse découvrir Shiraz telle que je l'ai photographiée, à travers quelques clichés sélectionnés au hasar parmi des centaines. J'ai bien aimé cette ville.

Première visite pour la citadelle de Karim Khan. J'y ai particulièrement apprécié les bains. Pas de taxi, j'ai tout fait à pied, l'hôtel était très bien placé.

Les vendeuses à qui j'ai acheté des cartes postales, à l'intérieur de la citadelle. Nous avons discuté un moment, elles parlaient bien anglais.

Les bains dans la citadelle, somptueux. Belle conversation avec une dame raffinée.

Aperçu de la façade extérieure de la mosquée du Vakil, juste avant d'entrer dans le bazar du Vakil, comprenant quatre grands bazars couverts sous des voûtes de briques, et considéré comme l'un des plus grands du pays (comme les autres !). Déambulez avec mon appareil-photo...

Mosquée Nasir Al-Molk. Discussions intéressantes et non religieuses avec deux immams parlant particulièrement bien l'anglais. Elle est superbe.

Mosquée du Vakil. J'ai beaucoup aimé les cloîtres aux multiples colonnes ornées.

Dans les rues de Shiraz.

J'ai profité de cette visite pour faire du change au taux de 41.000 Rials pour un euro. Puis retour et repos à l'hôtel vers 14 heures. Une bien belle journée.



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.






Du 28 mai au 2 juin 2017 : 1156 km, De Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne, à Damghan (Iran).

L'itinéraire





28 mai 2017 : Entrée en Iran. Tabriz.

Levés de bonne heure ce matin, car nous voulons être à la frontière avant dix heures. L'Arménie nous fait quelques siennes et n'est pas très sympathique, mais qu'à celà ne tienne ! Le premier contact avec les iraniens est très correct, les contrôles se succèdent, puis notre correspondant -nous utilisons les services d'un iranien pour le Certificat de Passage en Douane, je vous en dirai davantage lorsque j'écrirai le récit complet de ce voyage- vient chercher nos passeports. Quatre heures d'attente au total, c'est fatiguant, d'autant plus qu'il fait chaud. Il est finalement 14 heures (heure iranienne, + 2h30 avec la France) lorque nous franchissons la dernière barrière. Quelle émotion !

Nous évoluons sur une petite route surchauffée par les puissants rayons du soleil iranien et, comme vous pouvez le voir, le paysage est grandiose ! Je vous laisse un aperçu de quelques scènes choisies.

Nous arrivons en fin d'après-midi dans la grande ville de Tabriz. C'est toujours une corvée de pénétrer en moto avec nos lourdes tenues de protection dans une grande ville sous un soleil de plomb. Impossible de circuler plus vite que le flot des voitures, nos valises nous empêchant de nous faufiler ! La recherche d'un hôtel est fastidieuse et nous nous dirigeons finalement vers "le" camping de Tabriz, une zone où il est permis de planter la tente, il y a des toilettes et des douches. C'est dans un parc, que nous atteignons avec difficulté. Heureusement, nous tombons sur un professeur de français qui nous apporte son aide efficace. Nous réservons pour deux nuits, car nous avons besoin d'une journée pour visiter un peu la ville et, surtout, nous mettre dans l'ambiance iranienne. Elle commencera avec ce petit repas. Nous apprenons que nous arrivons pile poil au début du fameux ramadan et que, par conséquent, nous aurons du mal à trouver bistrots et restaurants ouverts ! La guigne !





29 mai 2017 : Visite de Tabriz.

Nous prenons le taxi (indispensable, car le parc est loin du centre-ville) et lui demandons de nous déposer près du Grand Bazar, connu pour être le plus grand d'Iran. Quelques chiffres : il couvre 75 ha, et un réseau de 36 km de ruelles ! Avant toute chose, nous faisons du change dans une boutique au taux de 41.000 rials pour 1 euro, alors que les banques changent à 37.000... Cherchez l'erreur ! Ensuite, nous déambulons dans les ruelles, un peu -beaucoup- au hasard. J'y passerais ma journée, j'adore photographier les gens et les étals, mais mes compagnons ne goûtent pas ça autant que moi, dommage ! Quelques photos...

Comme le temps passe vite ! Nous rencontrons deux frères à l'Office du Tourisme, dont l'un, qui parle parfaitement le français, est noté dans le "petit futé". Comme je lui montre le mien -version "mini" offerte par mes enfants, il le regarde très vite et me le redonne en faisant la moue : on ne parle pas de lui... Il est déjà midi lorsque nous nous accroupissons à l'ombre de ce qui reste de l'imposante citadelle de Tabriz datant du 14ème siècle. Un iranien parlant parfaitement l'allemand nous fait connaître les spécialités du Ramadan en patisseries, que nous dégustons là, en faisant connaissance et en rangeant nos "millions" à l'abri des regards...

Puis nous marchons jusqu'à la fameuse mosquée Bleue de Tabriz, qui ne m'a pas emballé plus que ça !

Il fait vraiment très chaud, et nous nous entêtons malheureusement à marcher jusqu'à la Grande Poste pour y acheter des timbres pour nos cartes postales. Que d'efforts pour rien. Nous assisterons là à une scène absolument ubuesque dans cette immense poste. Plein de guichets, de nombreuses demoiselles derrière les comptoirs. Quoi ? Des timbres ? Mais pour quoi faire ? Ah non, pas possible. Demain matin. Puis nous sommes trimballés de guichet en guichet, espérant à chaque fois que quelqu'un va enfin comprendre notre demande. On se croirait dans Astérix et la Maison du Fou ! Au final, personne n'a voulu nous vendre des timbres; une des employées se propose de nous les poster et nous demande d'écrire les adresses. Nous essayons de faire comprendre qu'on ne peut pas les envoyer sans écrire un peu de texte, mais... c'est l'Asie, et malgré l'anglais parlé par quelques jeunes femmes, on ressent une nette différence culturelle entre nous. Des cartes postales, en Iran... c'est complètement dépassé, désuet, c'est ce que j'apprendrai plus tard ! Bref, c'est finalement "épuisés" que nous regagnons notre camping, affalés dans les sièges déglingués d'un vieux taxi menaçant de s'effondrer sur lui-même à chaque virage... Quelle journée ! Nous la finirons en préparant notre itinéraire du lendemain.

Récit de cette journée écrit à Khormooj le 17 juin 2017, et mis en ligne à Kazerun le lendemain 18 juin.





30 mai 2017 : 270 km vers l'est et la Mer Caspienne.

Une magnifique journée de "ride", comme je les aime. Sauf que, malheureusement, j'ai perdu toutes les photos faites ce matin, sur la route et, aussi, au bord d'une petite rivière. Il y avait des grenouilles, j'en avais pris une juste avant qu'elle ne plonge. Et des petits poissons dans l'eau. C'est ici, où nous avons mangé, au bord de cette rizière, que s'est produit l'incident. L'appareil-photo ne voulait pas enregistrer et, machinalement, j'ai retiré et remis la carte mémoire. Et... hop, les photos du matin envolées... C'estbien dommage, car les souvenirs me reviennent en mémoire lorsque je regarde les photos. Donc pas de photos, pas de souvenirs... Enfin, si, je me souviens de la rivière, mais ça vous fait de belles jambes, n'est-ce-pas ?

Le soleil darde ses puissants rayons, les températures passent gaiement au-dessus de 30°C. Nous sommes pourtant en montagne, mais la chaleur devient suffocante dès que nous descendons dans les cuvettes. Les rizières bordent la route, dans des paysages magnifiques propices à l'imagination : nous venons de reculer de plusieurs siècles dans le temps.

Voici pourquoi. Je vois des hommes semant le riz à la volée, comme j'ai pu le lire dans des récits historiques, ou voir dans certains films. Mais l'action se passe sous mes yeux, le geste est beau, et je n'ai pas réussi à le saisir comme je l'aurais désiré. J'ai fait un geste fraternel depuis la moto, donc d'assez loin, mais le semeur l'a bien vu, m'a répondu amicalement et, dans la foulée, m'a fait comprendre qu'il m'offrait une tasse de thé ! C'est dommage de toujours courir comme nous le faisons, nous autres occidentaux. J'aurais aimé prendre le temps de descendre sur la berge, et de passer un moment à échanger avec ces hommes, mais je ne l'ai pas fait, mes camarades avançaient au loin, sur la route...

Dans ce hameau écrasé de soleil, cet homme nous a ouvert sa minuscule boutique. Quel bonheur de pouvoir se rafraîchir d'un jus de fruit bien frais ! S'en suit la traditionnelle séance de photos-souvenirs. Tous ceux qui passent veulent aussi leur cliché et, bien souvent, j'en oublie de les photographier, eux, alors que l'occasion est pourtant rêvée, puisque j'accepte moi-même de l'être.

La route plonge littéralement dans la grande ville de Khalkhal, où nous ne trouverons pas le type d'hôtel que nous recherchons, à savoir relativement bon marché. CC'est dans une petite ville un peu plus loin que nous trouverons par hasard notre bonheur.

Ecrit et mis en ligne ce 18 juin à Kazerun, Iran.





31 mai 2017 : petite étape de 122 km, dont une bonne trentaine sur de la piste.

Au départ, la route est goudronnée, mais nous ne savons pas jusqu'où.

Les montagnes plissées par l'érosion semblent avoir été froissées comme du papier par une main colossale.

Puis arrive la piste, attendue aussi bien que redoutée. Vous savez bien que deux roues ne sont pas suffisantes pour empêcher une chute ! Les photos parlent d'elles-mêmes : les paysages sont grandioses, la piste confirme ce qu'on attendait d'elle. Seul bémol : des travaux en cours nous ont rendu certains passages très délicats, et la sueur a rapidement trempé nos tenues de motards, mais c'est le jeu ! Bonnie goûtera à son tour le dur sol rocailleux, avec pour seule conséquence un support de valise déformé, qu'il faudra redresser le soir à l'étape. Pas de bobo, c'est le principal.

La piste se termine à l'arrivée dans le joli village montagnard et réputé appelé Massuleh. La chaleur y est intense, je n'aurai pas le courage de le visiter. Un aperçu...

Repas en ville, et en cachette -ramadan oblige. Le restaurateur, qui nous a repérés dans la rue, était fort sympathique. Nous avons commandé sans sourciller, la note fut salée... On doit toujours demander les prix AVANT, c'est la règle, sauf quand on est riche, bien entendu ! Bref, peu importe, ce fut une journée magnifique, et c'est bien la seule chose qui compte !

Ecrit et mis en ligne ce mercredi 21 juin depuis la ville iranienne de Abhar.





1er juin 2017 : la Mer Caspienne, belle étape de 328 km.

Trafic intense, circulation difficile : il faut être attentif à tout, ça roule littéralement dans tous les sens, les dos d'âne pour obliger les véhicules à ralentir sont de rigueur absolument partout -souvent vicieux, rarement signalés. Ajoutez à cela la chaleur, les odeurs pestilentielles des gaz d'échappement, multipliez le tout par 25, et vous aurez une vague idée de l'ensemble... Mais qu'à cela ne tienne, c'est le voyage, la découverte de l'inconnu, le suspense continu. Ici, une jolie mosquée sise au milieu des voies, qu'une pause bien méritée m'a permis d'immortaliser. Heu, enfin, plutôt, de capturer !

Enfin, nous pouvons voir le rivage de cette Mer Caspienne. Car, ici, le bord de mer n'est pas du tout mis en valeur, et ne semble pas intéresser les iraniens le moins du monde. Déjà, l'accès à la plage est difficile. Les routes en Iran sont très souvent des deux fois deux voies, sans rond-point (ou si peu...). Ils ont prévu ce qu'ils appellent des "U-Turn", permettant de passer sur la voie opposée. Comme nous roulons vers l'est, la mer est sur notre gauche, et donc inaccessible. Il nous faut un U-Turn, plus une route allant sur le rivage. Deux conditions rares, pour ne pas dire rarrissimes. Généralement, ce sont des chemins, peu engageants, et n'offrant aucune certitude d'accès à la plage ! Ici, c'était inespéré : un rond-point, une large avenue goudronnée, un parking : le rêve, quoi ! Première constatation : c'est sale, très sale, les sacs plastique, les détritus, se mêlent aux eaux grisâtres : peu incitatif au bain, peu engageant pour le baigneur ! Quelques rares touristes. Mais enfin, quoi, c'est beau : j'aime la mer, malgré tout !

Le femme peut aller à l'eau, mais doit rester couverte. Cette dame est une touriste très gentille, venue spontanément nous parler, pleine de joie de vivre et de bonne humeur.

J'ai omis de m'arrêter -et je le regrette amèrement- photographier les gens travaillant dans les rizières bordant la route, leurs larges chapeaux sur la tête, avec les montagnes en toile de fond : visions éphémères d'Asie du sud-est entraperçues à travers les arbres, les murs, rapidement, au rythme de notre déplacement dans l'espace. Dommage ! Ci-dessus, longtemps, bien longtemps plus tard, en fin d'après-midi, à Mahmoud Abad exactement, -ville pour le coup semblant bien tournée vers le tourisme côtier- nous avons cru pouvoir dormir à l'hôtel, magnifique. Mais les tarifs étaient d'un niveau très élevé, hors de notre budget, et réservés à la haute bourgeoisie iranienne ! Nous trouverons notre bonheur plus loin, après avoir quitté cette mer que je voulais voir. Nos motos dormiront dans un couloir, près des cuisines de l'hôtel, hors de portée -et de vue- de quiconque. L'extérieur, la nuit, ne semble pas être très sûr, loin s'en faut !

Ecrit jeudi 22 juin au petit matin, depuis la ville iranienne de Abhar.





2 juin 2017 : vers l'est et les déserts, 260 km à travers les monts Elbourz.

Ouf, nous longeons de nouveau une zone de rizières, malheureusement sans le décor montagneux à l'horizon. Le travail sous ce puissant soleil doit être harassant !

C'est ce boulanger qui a fait le pain le plus exquis que j'ai mangé en Iran, appréciation partagée par mes deux camarades.

Nouvelle zone de rizières dans un décor montagneux somptueux ! Lors de l'une de nos pauses, deux jeunes en voiture ont fait demi-tour pour venir nous voir, discuter et, surtout, faire des photos de nos motos. Sans omettre de nous faire cadeau de quelque nourriture avant de repartir !

L'espace s'étire et prend de l'ampleur, les yeux se perdent dans les immensités grandissantes. Au bout de cette longue ligne droite que vous apercevez en haut à gauche (et d'où nous venons), je me suis fait arrêter par la police ! Contrôle radar, excès de vitesse, je le reconnais, j'étais en train d'accélérer pour rattraper mes deux compagnons. Le flic me salue, demande mon passeport, me montre la vitesse à laquelle je roulais et me dit qu'il faut faire attention. Puis il sort son téléphone, me demande la permission de faire un selfie avec moi, des gens s'arrêtent, courbettes, photos, etc. Bref, incroyable. Juste après, on se pose dans la nature -au sommet de ce col, devant ce paysage grandiose- pour manger à l'abri des regards -ramadan oblige-, mais nos motos restaient bien visibles. Et comme vendredi -aujourd'hui- c'est pour eux dimanche, ils venaient nous voir derrière les rochers, nous apportant des sacs -oui oui- de fraises, de cerises, d'amandes, des gâteaux, etc, etc, c'est difficile à imaginer ! Plus loin, une des familles donatrices.

Lentement mais sûrement, la végétation se fait plus rare, la chaleur monte, la circulation diminue : nous approchons des déserts de l'est, et je dois vous dire que je suis émerveillé !

Sans le GPS, il est parfois bien difficile de comprendre les pancartes.... Rassurez-vous, elles sont presque toujours précédées -ou suivies- de pancartes écrites dans notre alphabet !

Damghan, le but de cette journée. Ces 60 km ont été extraordinaires, et resteront longtemps -du moins je l'espère- gravés dans ma mémoire ! Je vous laisse admirer ces photos qui ne sont qu'un très pâle reflet des merveilles naturelles offertes par la route. N'ayez crainte, je vous donnerai les plus belles en plus grande taille lorsque je serai rentré.

Nous trouvons heureusement facilement et, surtout, rapidement, un hôtel dans lequel nous nous réfugions avec délice. Dehors, c'est du feu, accompagné d'un vent très violent dont la force grandit de façon inquiétante dans la soirée. La tenancière nous rassure : demain, ce sera de nouveau le calme ! Je m'endors difficilement, essayant d'imaginer notre journée du lendemain, qui prévoit 450 km au coeur du désert Dacht-e Kavir.

Ecrit et mis en ligne ce jeudi 22 juin en soirée, depuis la ville iranienne de Mianeh.






Du 19 au 27 mai 2017 : 1.153 km, de Batumi en Géorgie à Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne.

L'itinéraire






Du 19 au 27 mai 2017 : 1.153 km, de Batumi en Géorgie à Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne.

L'itinéraire





19 mai 2017 : De Batumi à Gori, 300 km plein est à travers la Géorgie...

Dernière photo de la Mer Noire, que nous quittons dès le début de la journée. La pluie commence ici même, et on peut dire que la journée sera bien humide !

Tout est délabré, partout. Les maisons, les anciens "kolkhozes", les villages, les routes. Tout, presque tout est dans un état pitoyable, le pays semble être en dépôt de bilan ! Ci-dessus, dans un magasin, les femmes vérifient le résultat de la calculatrice sur un boulier ! Un retour en arrière d'un siècle, c'est juste incroyable. Je trouve que c'est pire que lorsque j'étais allé la première fois dans les Pays Baltes, il y a une dizaine d'années. Bien entendu, les gens sont sympas, nous questionnent, sont curieux, viennent voir les motos quand on s'arrête.

La nature, les paysages sont très étonnants. Je n'avais pas encore vu ça en Europe. J'ai parfois l'impression de me retrouver au-dessus d'une immense savane africaine (que je ne connais pas). La route domine en effet des zones immenses dans lesquelles paissent des centaines de vaches ressemblant à des zébus (de très loin). Quelques arbres, des fleuves et rivières partout, des zones de marécages à perte de vue et, au loin, des montagnes. Pluie, pluie, pluie, mais pas froide, c'est même plutôt une atmosphère d'orage, mais ce sont quand même des trombes d'eau qui nous tombent sur la tronche ! Ci-dessus, une accalmie. Paysages superbes, je vous le disais. Ah oui, la conduite des Georgiens : klakson systématique, partout, au moindre retard. Etat des voitures : de vieilles Lada complètement déglinguées... Bien sûr, quelques grosses berlines noires....

Ce soir, arrêt à Gori dans une chambre d'hôtes. Accueil parfait. Les vêtements vont directement sur une plateforme couverte mais ouverte au grand air. Nous décidons de rester la journée complète de demain. Gori est la ville natale d'un certain... Staline ! Allez voir sur Internet, il a même son musée. Ce soir, arrivée d'un groupe de motards polonais : discussion sympa, ils me donnent le mail du loueur de leurs motos, un hollandais installé à Tbilissi, je passerai le voir pour mes soucis de freins : en effet, j'ai constaté un bruit anormal dans ma roue avant, me semble-t-il, mais pas continu. On verra bien ! Journée écrite le 01/06 depuis la Mer Caspienne, en Iran ! A suivre...





20 mai 2017 : Journée de repos à Gori.

Toujours cette extrême humidité. Il a plu à verse une partie de la nuit, il pleut encore au lever. Notre hôtesse nous a préparé un copieux petit-déjeuner. Chance, le ciel s'éclaircit : notre hôte, qui fait aussi office de taxi, nous propose de nous conduire à Ouplistsikhé, l'un des plus anciens établissements humains du Caucase, située à une dizaine de kilomètres de Gori. Nous acceptons, le prix est ridiculeusement bas (moins de 5 euros pour nous trois !), et il nous attend pendant que nous faisons la visite ! Et ça valait vraiment le déplacement.

La chance nous a souri : il n'est pas tombé une seule goutte durant notre visite, qui a bien duré une heure trente, alors que l'orage menaçait d'éclater à tout moment !

La ville a été creusée dans la roche, c'est très impressionnant. Dommage, ces piliers de béton pour soutenir les voutes...

En bas, près du fleuve contournant le site, on aperçoit nettement les superstructures de la ville basse.

Dans une des grottes; dommage, la photo est mal choisie. Je vous mettrai les meilleures plus tard, au cours de l'hiver...

Sur le site, les époques se mélangent. Ici, les restes d'une église orthodoxe, sur un des points culminants de la vieille cité.

Nous devions ensuite aller visiter le monastère perché sur un pic au-dessus de Gori. Malheureusement, des trombes d'eau se sont alors abattues sur la ville, et il ne nous a pas été possible de quitter le taxi : il pleuvait des hallebardes !!! Pendant qu'il faisait son demi-tour, j'ai assisté à une scène biblique. Au pied du monastère, un homme égorgeait des moutons, et je voyais plusieurs hommes en train d'en tirer vers le sommet : les pauvres bêtes devaient sentir ce qui les attendaient, car elles freinaient de leurs quatre pattes. Notre hôte nous a expliqué qu'aujourd'hui était une grande fête religieuse... Il nous a ensuite conduits devant le musée de Staline, mais nous n'avons pas voulu y aller.

Nous sommes alors allés faire des courses, et je dois dire que c'est bien la première fois de ma vie que je vais faire mes courses en taxi, le chauffeur nous attendant patiemment près de la porte ! Les pièces de monnaie géorgienne sont plus légères que les répliques de monnaie des jeux de société qui sont en plastique...

Le reste de la journée a été passé dans notre guesthouse à préparer la suite du trajet, et à nous reposer. Ben oui, quoi, on a bien le droit de faire une pause, non ?

Récit de cette journée écrit à Kashan en Iran le 4 juin 2017.





21 mai 2017 : Vers Tbilissi, capitale de la Géorgie.

Première trace bien visible de notre destination, ce panneau m'a fait vibrer !

Au loin, une fois de plus, un des nombreux monastères georgiens, perché sur le point le plus élevé. La chance est avec nous, car la pluie, cette fois, nous épargnera. Finalement, nous arrivons à l'hôtel vers 11 heures, et allons repérer la situation de l'ambassade d'Iran, afin de ne perdre aucune minute demain, dès l'ouverture. NNous allons ensuite nous balader dans notre quartier avant d'aller nous taper la cloche dans une brasserie sise à deux pas de l'hôtel.





Du 22 au 24 mai 2017 : A Tbilissi, capitale de la Géorgie. Demande du visa iranien.

Partis en taxi à l'ambassade d'Iran pour y être à l'ouverture (8 heures), nous découvrons qu'en fait, ça ouvre à... 10 heures ! Heureusement, le soleil brille ! Le dépôt de notre demande n'a pas manqué d'être folklorique. Le gars qui nous a reçus m'a demandé d'aller faire un virement de 50 € dans une banque dont il ne nous donnait pas même l'adresse (!!!), et nous dit de revenir à 13 heures avec la preuve du virement, plus deux billets de 50 € en liquide pour mes deux camarades !!! Ce que nous avons fait. Réponse : revenez mercredi matin. Un hollandais faisant sa demande en même temps nous a dit que la partie en espèces correspondait au backchich....

N'ayant rien d'autre à faire, nous partons visiter la ville, vraiment très belle, pendant deux jours. Entre temps, je suis allé voir un mécano pour mes problèmes de frein : pas de souci, tout fonctionne parfaitement bien ! OK. J'emmène aussi mes deux camarades chez le mécano pour effectuer leur vidange.

Vous pensez bien que c'est le coeur battant que nous nous sommes présentés de nouveau à l'ambassade le mercredi matin vers 10h15. Et c'est avec une joie énorme que nous récupérons nos passeports, dont une page est remplie par le fameux sésame qui nous fait chaud au coeur ! Reste de la journée à savourer cette belle capitale et... notre joie ! Demain, nous reprendrons la route, yeeeeeeessssssssssssss !!!!!!!!!!!!!!!

Cette page a été écrite en Iran et mise en ligne le 11 juin 2017, depuis Pasargades, première capitale de l'empire perse, tout près du tombeau de Cyrus le Grand...





25 mai 2017 : Arménie, quelle merveilleuse surprise.

Après le passage de la frontière, et la constitution du dossier d'assurance nous permettant d'être couverts dans ce nouveau pays, nous découvrons une Arménie pauvre, très pauvre, encore plus délabrée que la Géorgie ! Les routes sont complètement défoncées, la plupart des maisons dans un état déplorable, les bâtiments industriels ou agricoles sont en délabrement inimaginable... Mais par contre, comme c'est beau ! Et chaud, très chaud.

Il y a des canyons immenses tant en largeur qu'en longueur, lesquels obligent à faire plus de 100 km rien que pour les contourner ! Je suis complètement subjugué par cette nature incroyable, et je reviendrai visiter ce pays plus en profondeur si l'occasion m'en est donnée.

L'altitude monte et, soudain, je vois des paysages de type Mongolie. OK, je ne suis jamais allé en Mongolie, mais cest flagrant. Un haut-plateau à 2.000 mètres, du vent violent, le regard se perd au-delà de l'horizon, et... nous arrivons sur un de ces grands lacs. Ici, en hiver, j'en suis certain, c'est comme en Sibérie du côté du Baïkal. Mon dieu, comme j'adore ces lieux, c'est juste merveilleux.

Cette page a été écrite en Iran et mise en ligne le 11 juin 2017, depuis Pasargades, première capitale de l'empire perse, tout près du tombeau de Cyrus le Grand...





26 mai 2017 : Arménie, toujours aussi belle.

Je vous le disais bien hier, des steppes à perte de vue, de puissantes montagnes encore enneigées sur l'horizon, des villages non pas de yourtes, mais qui y ressemblent fort. Etonnant, déroutant, mais succulent !

De jeunes gardiens de vaches et/ou de moutons et/ou de chèvres, portant de grands chapeaux à la manière des paysans boliviens... Mais, dans quel pays sommes-nous donc ?

Je vous laisse découvrir ces immensités sans vous distraires par des commentaires qui ne sauraient rendre leur juste valeur à ces paysages.

Ma dernière remarque sera d'ordre technique : Anoukis a mordu la poussière arménienne. C'est en m'arrêtant sur des gravillons -pour vous faire une photo !- qu'un petit coup de frein mal coordonné m'a fait perdre l'équilibre, côté droit. Pas de bobo, mes camarades sont venus m'aider à relever la bête. Tout va bien, plus de peur que de mal, mais bon sang, que la kangoo est plus sécurisante avec ses 4 roues, et que fais-je encore à poursuivre mes voyages en deux-roues ??? !!!





27 mai 2017 : Arménie, dernier jour.

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais le beau temps nous accompagne désormais depuis Tbilissi.. Grand ciel bleu et températures atteignant les 30 degrés sont désormais notre lot quotidien. Une recherche sur la météo en Iran pour les prochains jours nous apprend qu'il en sera de même là-bas, aussi ai-je définitivement remisé toutes mes sur et sous-couches dans le grand sac avec les affaires de camping... ça, c'est fait ! Bien entendu, ça ne change rien à la qualité des paysages, toujours sublimes, mais de type bien différent. Nous avons quitté les hauts-plateaux et les steppes pour revenir dans un paysage montagneux plus classique.

La prudence reste toujours de mise, bien évidemment. Là, j'étais bien seul, mes camarades étaient passés, et cette dame ne voulait pas m'ouvrir un passage ! Un automobiliste moins sourcilleux que moi m'aura ouvert la voie !

Notre route longe pendant longtemps la frontière avec l'Azerbaïdjan, là tout près, à portée de fusil... Ha ha, lorsque je croise de tels engins, moi qui ai pourtant l'habitude de rouler casque ouvert, je referme les écoutilles et retiens ma respiration, vous pouvez me croire, car ce que ces camions crachent n'est pas très recommandé pour mes poumons !

Une fois de plus, je vous laisse admirer, ça se passe de commentaires !

Petit à petit, pourtant, le paysage change, devient plus aride, la chaleur se fait plus lourde, les montagnes respirent moins. Nous avons réservé une guesthouse à deux pas de la frontière iranienne. Pour pénétrer dans le jardin de notre hôtesse, il faut tourner à angle droit sur une route dont la pente est d'au moins 30 %. Au moment où je m'exécute, j'aperçois une voiture dans mon rétroviseur qui s'apprête à me couper la route. La peur me fait redresser le guidon trop vite, et je m'affale très lourdement devant le portail. Je ne la sentais pas, cette entrée, mais le chauffeur de taxi responsable s'est pris une volée de mots que je taierai volontairement. Il s'en est fallu de très très peu que je n'aille passer ma colère avec mes grosses chaussures sur sa carrosserie ! Car ce n'est pas la poussière que je mords cette fois, mais bien le goudron, très ferme et imperturbable ! Une fois de plus, mes camarades m'aident à relever la pauvre Anoukis, dont le derrière s'est légèrement déformé. Heureusement, Didier, avec ses outils, m'aidera à redresser tout ça, plus de peur que de mal, donc. Seule ma fierté en a pris un coup : deux gamelles en deux jours, l'Arménie ne m'aime pas, mais je l'aime quand même ! Demain, nous rentrons en... Iran, but de ce voyage, et nous sommes excités comme des gamins de dix ans à la veille de Noël !

Journée décrite et mise en ligne le 12 juin 2017, depuis un hôtel sis à Shiraz, Iran.






Du 10 au 18 mai 2017 : 2.200 km, d'Istanbul en Turquie à Batumi en Géorgie.

L'itinéraire





10 mai 2017 : Au-delà du Bosphore, premiers tours de roue en Asie...

C'était prévu, mais ce n'est pas rigolo : il pleut ce matin. Nous partons de bonne heure afin de prendre nos billets pour le ferry. En effet, nous quittons Istanbul par la mer de Marmara, histoire d'éviter l'énorme ciculation de la grande ville. Après 75 minutes de bateau, nous débarquons à Yalova et roulerons la matinée entière sous les averses. Heureusement, la proverbiale gentillesse des turcs est bien là et atténue considérablement les désagréments dûs à la pluie. Repas dans un petit parc sur les tables d'un bistrot. Bien entendu, nous pouvons étaler notre boustifalle sur les tables et y manger. En Asie, on ne se prend pas la tête comme en Europe, et l'expression "à la bonne franquette" y prend tout son sens : c'est même un art de vivre, et j'aime ça. Nous prenons aussi l'habitude de boire les traditionnelles tasses de "tchaï" (prononciation du mot "thé" en turc) que nous apprécions bien. OOn nous en offre partout, à toute occasion, même dans les stations-service. Tout simplement génial.

La route turque, par temps sec, n'est pas forcément facile, mais quand elle est trempée, ça glisse. Il faut être très vigilant, mais la récompense est bien là !

Finalement, les nuages se dissipent, nous permettant d'apprécier à leur juste valeur ce qui m'a toujours subjugué : les immensités des paysages, la route qui part au bout de l'horizon, à perte de vue. Je suis ici dans mon élément préféré : la route, celle qui fait que je voyage, celle qui toujours m'attire, celle qui me donne envie de rouler encore et encore, sans que jamais ça ne s'arrête. Pour ça aussi, j'adore la Turquie, comme je l'avais écrit lors de ma première visite en 2010.

Les paysages de cette région sont saisissants de beauté, les villages toujours surprenants. C'est une région très agricole, nous suivons une vallée tortueuse pendant quelques dizaines de kilomètres. Chaleur et humidité sont de rigueur, on comprend que tout pousse ici aisément. C'est merveilleux !

Plus tard dans la soirée, dans un minuscule village perdu au milieu de nulle part, mais annoncé par un portique improbable et complètement disproportionné, une merveilleuse rencontre comme seule la route peut procurer : un groupe de petits vieux sur la place du hameau. L'un d'entre eux, qui a travaillé en France, parle français, un autre allemand. Nous sommes reçus comme des princes, on nous apporte le tchaï et les galettes, on nous en remplit un sac qui nous servira de repas le lendemain. Bref, le voyage entre dans une nouvelle dimension, l'Asie y est bien pour quelque chose, assurément ! Ils nous assurent que nous trouverons un hôtel à Nallihan, petite ville sise une cinquantaine de kilomètres remplis de virages plus loin, sur laquelle je prendrai mon pied, quel régal ! L'hôtel est merveilleux, un gendarme, puis une jeune femme, ont successivement pris leurs véhicules pour nous aider à le trouver : c'est beau, l'humanité, comme ça ! Bref, vous l'avez compris, ce fut une journée fabuleuse, de celles qu'on n'oublie pas !





11 mai 2017 : Autour d'Ankara la capitale...

Je vous parlais hier des grands espaces, de ces rubans d'asphalte s'étirant à l'infini, au bout du bout de l'horizon. Les voici vraiment aujourd'hui, tels que je les adore, disparaissant derrière les premières collines, revenant au-delà des suivantes pour finalement s'évanouir au sommet des monts plus lointains derrière lesquels ils disparaissent ! La suite se passe dans la tête : on imagine, on subodore, on devine.... Que c'est beau !

Quelques essais en roulant, pas très facile, il faut lâcher le guidon pour ouvrir l'appareil-photo, puis le mettre en route avec les gros gants sur un bouton minuscule, puis le diriger vers le paysage, puis attendre la mise au point, puis déclencher.... Pendant ce temps, les rafales de vent, les trous et bosses de la route entraînant du guidonage très dangereux, la circulation.... et Anoukis qui perd de la vitesse inexorablement, parce que je n'ai pas de régulateur de vitesse... Mais ça va, j'y arrive quand même !

Je me suis arrêté en 2010 à cet endroit précis, sur ma route du retour, et je me souviens exactement de ce lieu magique. Des groupes de canards passent sans cesse sous nos yeux émerveillés. C'est magique !

Je vous laisse regarder la route comme je l'ai vue en roulant....

J'avais mal positionné une étape sur le GPS; et nous nous retrouvons en train de traverser Ankara, la capitale ! Nous nous décidons à y manger, dans la banlieue, sous un kiosque posé en face d'immeubles très propres. Insolite, mais ça restera un grand souvenir !

Et nous renouons ce soir avec le camping, pour notre plus grand bonheur. Pourtant, je n'y ccroyais vraiment pas... NNous y rencontrons un couple de médecins d'Ankara, habitués du lieu, et avec lesquels nous avons mangé. Une grande soirée, un repas excellent (ah, la cuisine turque qui mijote, mijote.... ça fond dans la bouche !).





12 mai 2017 : Montée vers la Mer Noire

Un joli lac de barrage. Si nous avions eu le temps, nous serions descendus sur ses rives, mais le devoir nous appelle !

La route, encore la route, toujours la route : elle nous pousse sans cesse, car elle ne finit jamais, et c'est bien ce qui nous plait !

Pause pique-nique au bord de la route. Il fait beau et chaud, la nature est belle, la route aussi : nous sommes heureux.

Amasra, sur la Mer Noire : la voici donc, et elle est toute bleue !

C'est une très jolie petite ville, dans laquelle nous aurions aimé rester. Mais nous nous contenterons d'un traditionnel "tchaï" sur le port, et reprenons très vite la route. Un gars venu discuter nous a avertis : faites très attention, la route est très dangereuse, virages délicats et travaux. Nous n'allons en effet pas être déçus, et nous loupons des photos et paysages extraordinaires, car il a fallu s'accrocher au guidon ! Route vertigineuse, défoncée, aux virages incessants : ce fut très difficile, je vous livre ce que j'ai pu faire. Sans commentaires !

Et nous voici enfin arrivés à Cide (prononcez "Djidé"), 12.100 habitants comme nous l'indique la pancarte. Nous y trouverons un hôtel, après quelques demandes aux prix trop élevés. Encore une magnifique journée de "ride" !





13 mai 2017 : Toujours vers l'est; dans les montagnes de l'arrière pays.

Echaudés par l'état de la route côtière, nous décidons de prendre par l'arrière-pays. Bien nous en a pris. Très beaux paysages, et bon état de la route, nous sommes comblés.

Du coup, je fais de plus en plus d'arrêts photo. Finalement, nous nous séparons, chacun roulant à son rythme, histoire de se laisser un peu de liberté.

Le paysage change. Nous sommes désormais sur un haut-plateau et, malgré des altitudes comprises entre 1.200 et 1.400 mètres, la température est au-dessus des 20 °C. C'est délicieusement agréable !

Le GPS nous entraîne sur une petite route secondaire merveilleuse.

C'est finalement sous les sapins d'une jolie forêt, au-dessus de ce lac, que nous faisons la pause du midi. Encore un sacré souvenir !

Nous redescendons finalement du plateau pour reprendre la route du nord et remonter vers la côte.

Nous retrouvons alors les montagnes et roulons dans un décor de rêve. Nous ferons un arrêt dans une des nombreuses échoppes bordant la route, dans lesquelles les turcs vendent essentiellement du miel. Pour nous, ce sera du "tchaï" pour nous désaltérer !

Et nous finissons par atteindre comme prévu la Mer Noire.

Il fait très lourd, nous sommes en nage. Pourtant, nous ne sommes pas encore arrivés à l'étape. En effet, la route D010 sur laquelle nous arrivons ici à Catalzeytin longe le rivage sur une dizaine de km avant de faire un gros détour par la montagne pour finalement atteindre Ayancik, notre but.

Nous pensions qu'il ne s'agissait que d'une formalité, mais il ne faut jamais compter l'oeuf dans le cul de la poule, la route détenant toujours le dernier mot et, ce soir, elle nous réservait une bien... mauvaise surprise. La dizaine de bornes longeant le littoral est en travaux, et quand je dis travaux.... Trous, camions, engins de toute sorte, poussière énorme, nous avons souffert, debout sur les cale-pieds de nos bécanes pour mieux apprécier les passages, et tout ça sous nos lourdes vestes et un soleil cuisant. Bref, une punition qui, soit dit en passant, n'était pas méritée puisque, vous le savez bien, nous sommes sages comme des images !!! Je dois dire que Didier prend ça très philosophiquement et nous déclare que c'est un très bon exercice pour l'Iran... C'est vrai qu'il a sans doute raison. Au fait, cette photo vous montre la fin, rien à voir avec ce qui précédait !

Enfin, Ayancik. Un turc professeur d'anglais, puis un jeune turc baragouinant l'allemand mais me passant sa mère au téléphone qui, elle, parle un allemand parfait, nous aident à trouver place dans un hôtel posé au bord de l'eau.

Coucher de soleil en allant chercher un petit restaurant, dans lequel nous savourerons une fois de plus la bonne cuisine turque et bon marché. Ci-dessous, une des centaines de Renault 12 circulant encore en Turquie !









14 mai 2017 : Vers Samsun par les montagnes de l'arrière pays.

Deux éléments vont nous faire modifier l'itinéraire initial : pas question de poursuivre le long de la côte avec ces mauvaises routes dangereuses et ces travaux, et il va pleuvoir toute la journée sur le littoral alors qu'il fera beau dans les montagnes ! La décision est vite prise, et nous nous en féliciterons, car ce fut superbe. Je vous laisse admirer !

Travaux dans les champs... Image d'un autre temps ! Nous avons vu de nombreux tableaux comme celui-ci, ou du même genre, mais il est très délicat de sortir l'appareil-photo pour les immortaliser. Ces gens ne sont pas des animaux, et nous ne sommes pas dans un zoo. Du coup, j'en ai fait très peu, par respect pour eux, mais c'est dommage, car je pense que tout ceci est en train de disparaître.

Arrêt à Boyabat, magnifique cité dans laquelle il faudrait prendre le temps de flâner, mais comme d'habitude, nous ne faisons que passer. Nous y faisons quand même nos courses, en y achetant un poulet que nous nous partagerons.

Les turcs, toujours souriants et accueillants !

Après Boyabat, la vallée que nous suivons ressemble terriblement à des terres de rizières, actuellement en préparation, car nous voyons des gens travailler autour des plans d'eau.

Cigognes....

Nous longeons ensuite une très large et longue vallée, que je pense fermée par un barrage. En même temps, l'orage gronde, les éclairs fusent, et mes deux acamarades accélèrent pour passer avant la pluie qui menace sérieusement. Il se trouve que je traînasse comme souvent, j'ai bien du mal à les rattraper, pour constater qu'ils sont déjà bien mouillés (pas moi !!!) et se sont équipés pour la pluie. Remarquant donc qu'ils sont plus mouillés que moi, et que le ciel reste serein là où je suis, je me dis qu'il est idiot de courir, et qu'il vaut mieux profiter de cet arrêt en cassant la croûte, ce que je fais. Bref, je reste prudemment en arrière des gros nuages noirs. En attendant, admirez les paysages !

Enfin je réussis à en admirer une de près. J'en ai déjà vu deux sur le bord de la route, mais nous ne nous étions pas arrêtés. Je l'ai prise dans mes mains (un beau spécimen) et l'ai relâchée dans l'herbe loin de la route. Une belle rencontre.

J'assiste à de merveilleux jeux de lumière sur la surface de l'eau au gré des rayons lumineux. Puis je retrouve enfin mes deux compagnons trempés comme des soupes (je suis entièrement sec !) et m'attendant à la terrasse d'un bistrot, essayant de se réchauffer avec un bon "tchaï". Les pauvres, ils ont douillé, et la température a chuté de dix degrés !

Nous mangeons notre poulet dans une station-service. Le chien du patron n'est pas très accueillant, et, pour ma part, je ne lui donnerais pas le bon dieu sans confession ! Le collier entourant son cou est courant en Turquie pour les chiens de bergers, les gros Kangals, pour les protéger des attaques des loups, qui ne peuvent plus les prendre à la gorge !

La température remonte doucement. Nous retrouvons alors les grands espaces et les routes infinies. C'est de nouveau sur la Mer Noire, dans la grande ville de Samsun, que nous poserons finalement nos valises, dans le camping municipal de la grande ville. Nous n'en garderons pas un souvenir inoubliable, car situé entre la voie ferrée, la quatre-voie, les minarets, le bruit y est épouvantable ! Nous y ferons cependant de belles rencontres, notemment celle d'un jeune qui écrira en turc ce que nous voulons faire faire au mécanicien qui s'occupera denos motos, ce qui s'avèrera très utile par la suite ! La pluie revient dans la soirée, et doit se poursuivre sur la côte pour les prochains jours...









15 mai 2017 : Le long de la Mer Noire.

Nous avons encore le sourire, car il ne pleut toujours pas. Pliage de la tente juste avant deux-trois gouttes, c'est déjà bien. Ici, un bon "tchaï" dans une station-service.

Finalement, elle arrive comme prévu, gâchant tout : les paysages, le plaisir... Quelques photos arrachées entre deux averses.

La mer est forte et houleuse.

A Tirebolu, sous la pluie battante, j'ai envie d'arrêter, malgré l'heure : il est 13h30. Mes deux compagnons, questionnés, sont d'accord. Je discute le prix de l'hôtel assez luxueux et ça marche, on peut entrer. Ci-dessus, paysage depuis l'hôtel : végétation luxuriante, on distingue à peine les montagnes sous la bruine ininterrompue... Après-midi relaxe à l'hôtel, restaurant du soir délicieux aussi à l'hôtel. Nous y préparons le trajet du lendemain : direction l'arrière-pays et la montagne, on décide de quitter le littoral qui doit rester sous la pluie.







16 mai 2017 : Toujours plus vers l'est, en retrait du littoral, dans les montagnes, via Bayburt.

D'abord bien nuageux, le ciel, comme prévu, se dégage progressivement, pour nous découvrir des pans de plus en plus larges de couleur bleu. C'est le grand bonheur, avec des paysages de toute beauté, toute la journée.

Nous devions initialement rejoindre la Mer Noire en fin de journée. Mais nous avons pris notre temps, et nous décidons finalement de passer la nuit dans un hôtel très modeste au pied de la montagne. La douche n'est pas très chaude, c'est un peu spartiate, mais ce n'est pas cher, et la cuisine y fut, une fois de plus, extraordinaire ! De plus, au conseil du soir, nous décidons de ne pas retourner sur la Mer Noire mais, au contraire, de poursuivre dans les montagnes, car la météo est toujours aussi mauvaise sur la côte ! Bien nous en a pris, comme vous allez voir !







17 mai 2017 : Toujours plus vers l'est, fin de la boucle montagneuse, retour sur la côte.

Peu après le départ, j'aperçois des motos devant une échoppe, dans un village. Le gars nous conduit dans un autre garage, où un mécano -et sacré pilote, qui a manipulé Anoukis comme s'il s'agissait d'un vélo....- s'occupe de ma vidange et de la tension de la chaîne. Après 12.000 km, il était temps, quoi que, vu la vitesse à laquelle on roule, nos GS sont loin de se fatiguer...

Ensuite, que vous dire ? Les photos sont suffisamment éloquentes, je vous laisse admirer. Lacs de barrages de taille gigantesques, travaux pharaoniques, paysages incroyables : il était difficile de se forcer à rouler, tellement c'était beau ! Et avec ça, une météo parfaite !

Nous arrivons sur la Mer Noire à Hopa, sous une chaleur torride et lourde. Hôtel en bord de mer, très bruyant, mais nous étions heureux. Petit restau sympa. Demain, on change de pays !







18 mai 2017 : Entrée en Géorgie, arrêt à Batumi.

Passage de frontière : on quitte la Turquie.

Arrivée rapide à Batumi, située juste à côté.

Lourd et orageux, nous visitons à pied le centre-ville, un peu par obligation. La souscription de trois contrats d'assurance nous aura coûté une bonne partie de la journée.

Nous sommes également allés à l'ambassade d'Iran, qui nous a définitivement aiguillés vers TTbilissi, la capitale georgienne. Dont acte !

Finalement, nous prenons une grosse douche à cause de cette bureaucratie incroyable, et posons nos valises dans un petit hôtel indiqué par un iranien rencontré à l'ambassade : parfait pour nous, car nous ne sommes pas bien difficiles !

Fait et écrit en grande partie à Tbilissi, et cette dernière étape a été écrite à Goris, en Arménie. Bonne lecture !






Du 3 au 9 mai 2017 : De Zadar en Croatie à Istanbul en Turquie

L'itinéraire





3 mai 2017 : Toujours le long des côtes de Croatie

Pause repas du midi inoubliable, sur les rochers bordant cette magnifique petite plage.

Les kilomètres s'égrènent dans la joie le long de ce merveilleux rivage, la route s'étirant entre mer et montagne. Que du bonheur pour le motard.

Je me risque à prendre quelques photos en roulant pour vous le prouver, malgré un vent parfois violent.

Avouez que ça vaut le déplacement, non ?

320 km de côtes plus tard, nous faisons halte dans un camping de rêve face à une baie magnifique, peu après la traversée de l'enclave de Bosnie-Herzégovine (pour lui concéder un accès à la mer). Des camping-caristes allemands nous offriront une bonne bière avant d'aller casser la croute.





4 mai 2017 : Visite éclair de Dubrovnik - Entrée au Monténégro.

Encore une petite photo de cette jolie baie avant de reprendre la route...

... qui s'élève et nous dévoile une autre vue d'ensemble qui me donne envie de partir en kayak sur ces eaux transparentes. Je garderai en mémoire un autre panorama plus beau qu'un tableau de maître : dommage, impossible de s'arrêter pour l'immortaliser, il faudra encore une fois revenir !!!

Et voici le pont franchissant le grand fjord précédant la belle ville de Dubrovnik, et les grands bateaux de croisière toujours ancrés au port, lesquels déversent par centaines leurs passagers dans la belle cité-forteresse !

Le plan prévoyait une descente au coeur de la vieille cité, également dénommée Kingslanding dans la fameuse série culte Game of Thrones, ou GOT pour les initiés...

Nous y voici donc. Il fait une chaleur torride, et je crève de chaud sous mon armure...

Nous ne nous attardons pas, car contrairement à ce que certains pensent, nous bossons !

Dernier coup d'oeil sur la belle avant de rouler vers de nouveaux horizons.

Eh oui, nouvelle frontière : bienvenue dans le Monténégro, petit pays couvert de paysages extraordinaires. Nous ne longerons que sa façade maritime, mais je vous garantis que l'intérieur vaut son pesant d'or ! Cherchez sur mon site, vous devriez trouver quelques belles photos accompagnés de commentaires très enthousiastes. En tout cas, c'est devant ce paysage que nous dégusterons notre repas de midi.

La chance nous sourit : le petit ferry traversant la très fameuse baie de Kotor part sitôt notre embarquement. Cette baie est un de mes lieux préférés d'Europe, et j'envisage d'aller m'y installer quelques jours pour le plaisir d'écrire et/ou juste de savourer cette merveille naturelle.

Les routes en corniche se succèdent, et les paysages demeurent somptueux.

Nous nous posons en fin de journée dans un merveilleux petit camping situé au bord de cette plage. La pelouse est entourée par des oliviers sûrement centenaires, en tout cas fort majestueux. Le lieu est si magique que mon ami Richard le note dans ses favoris absolus, et dieu sait s'il a visité des campings dans sa vie de baroudeur !!!





5 mai 2017 : Albanie, le pays des forts contrastes !

Dernière photo prise au Montenegro, peu avant de rentrer en Albanie.

Le choc de civilisation est brutal : les années 1900 et 2000 se mélangent curieusement. Des femmes bèchent leurs misérables carrés de terre, les hommes coupent le foin à la faux, les grosses berlines noires allemandes aux vitres teintées et les téléphones portables sont là aussi... Ce pays, depuis ma première visite, me fascine. Malheureusement, la route est longue, la traversée de Tirana, la capitale, est un enfer, et nous ne faisons que très peu de photos, car l'étape est longue. Les paysages de montagne sont magnifiques.

Soudain, le grand lac Ohrid s'étale sous nos yeux émerveillés. Nous ne sommes plus très loin du bivouac.

Et quel bivouac fantastique, avec une pelouse plus anglaise qu'une vraie, sur les rives du lac. Une bien belle récompense !





6 mai 2017 : Albanie, puis entrée en Grèce.

J'avais depuis longtemps envie d'entrer en Grèce par ces montagnes du sud de l'Albanie et servant de frontière avec la Macédoine, la Grèce et la Bulgarie ! Je n'ai pas été déçu, elle sont merveilleuses. Dans les villages albanais, c'est un déplacement, avec la machine à remonter le temps, d'environ une centaine d'années en arrière. J'aimerais m'y attarder, mais il faut bien avancer ! Mon camarade Didier me le rappelle sans cesse en disant : "Jef, je te rappelle que le but, c'est l'Iran..." !!!

La frontière grecque est vite atteinte, et cette région aux environs de Kastoria est un régal. Nous voyons des panneaux signalétiques "attention : ours !". Ces montagnes sont très sauvages, et vaudraient quelques jours de route et photos. Une autre fois....

Quelques photos prises en roulant, avec une mise au point parfois ratée. Je vous laisse quand même voir pour vous faire une idée.

Ce n'est qu'en fin de journée que nous atteignons de nouveau le rivage méditerranéen, en l'occurence avec la Mer Egée, ici près de l'île de Thasos, au sud de Kavala.

Les montagnes de l'île de Thasos sont vaguement visibles au large. Le camping que nous découvrons est à l'abandon, dans un bien pauvre état, mais nous pourrons quand même nous y installer pour la modique somme de 5 €. Ceci dit, ça ne valait pas davantage, et il n'y en a pas un seul à 100 km à la ronde ! Je suis triste de voir à quel point les infrastructures grecques se détériorent, quelle misère, pour un pays si magnifique !






7 mai 2017 : Longue journée de ride, arrivée à Bizance la magnifique, alias Constantinople, alias Istanbul.

Kavala est une ville interminable. Heureusement que nous sommes partis de bonne heure, ce doit être infernal en pleine circulation. Par contre, regardez comme c'est beau !

UUne des dernières photos de Grèce.

Nous franchissons ensuite facilement la frontière turque. Et je retrouve avec joie les immenses paysages de ce beau pays, le ruban d'asphalte s'étirant à l'infini. J'adore ça, et ça me fait toujours le même effet : je trouve que le début de l'Asie se fait sentir ici, au pied de ces grandes steppes.

Istanbul. Je prends cette photo alors que nous faisons une halte tout près du but. Nous sommes épuisés par une circulation infernale, après avoir passé près de deux heures au pas sous un soleil de plomb au milieu des pots d'échappement et des klaxons incessants ! La pancarte "Sultanahmet" prouve que nous sommes tout près de la Mosquée Bleue, dans le quartier historique de la rive européenne d'Istanbul.

Peu après, à cent mètres de l'hôtel : enfin, nous y sommes, au coeur de ce quartier si chargé d'histoire ! Anoukis va pouvoir se reposer pendant les deux journées que nous allons passer ici, à pied !






8 mai 2017 : Visite d'Istanbul à pied.

Votre serviteur, ici au coeur de la magnifique basilique Sainte Sophie de Constantinople. Quelques photos...

Puis voici la non moins magnifique Mosquée Bleue, vue depuis l'esplanade Sultanahmed. J'adore cette place immense, ses jardins, ses monuments. Je vous laisse admirer la fameuse mosquée et la place en question : des merveilles.

Après une collation nécessaire pour nous remettre de nos émotions, nous partons visiter le très fameux Grand Bazar. Franchement, une ville dans la ville, avec ses rues, ses numéros, c'est absolument incroyable, et ça valait le déplacement ! Quelques photos parmi les dizaines et les dizaines....

Nous y trouvons enfin un bar : il était temps, nous commençons à fatiguer. Après nous être reposés à l'hôtel, nous sortirons manger, mais l'appareil-photo restera dans la chambre. Un énorme orage s'abattra sur la ville pendant le repas : heureusement, nous étions à deux pas de l'hôtel. Il fallait s'y attendre : la chaleur torride de la journée a fait craquer le ciel... Il en sera de même le lendemain !






9 mai 2017 : Istanbul toujours ; balade sur le Bosphore.

Nous décidons de nous offrir une petite croisière de deux heures en bateau sur le Bosphore et, très franchement, ça en valait la peine, pour un prix dérisoire ! Sans commentaires, je vous laisse regarder quelques clichés parmi les centaines (oui oui !) pris au cours de cette balade.

Ci-dessus le fameux quartier de Galata, un des plus anciens d'Istanbul, et sa jolie tour. C'est là que nous irons marcher après le tour en bateau. Dur dur, ça grimpe vraiment fort, mais ça valait le déplacement. Quelques photos à suivre.

Les pêcheurs sur le pont de Galata. Nous irons déguster les poissons fraîchement pêchés sous le tablier du pont. J'adore venir manger ici, et si je reviens un jour à Istanbul, je reviendrai m'y régaler, c'est sûr.

Vous le savez bien, tout a une fin...

Ces quelques lignes ont été écrites ce 21 mai depuis ma chambre d'hôtel à Tbilissi, la capitale de la Géorgie... La suite prochainement, si vous êtes sages !






Du 24 avril au 2 mai 2017 : De Lisbonne au Portugal à Zadar en Croatie

L'itinéraire





24 avril 2017 : Vers Madrid

La journée du 23 avril, magnifique, très chaude, a été consacrée à la visite de Lisbonne, en bus et à pied. Et j'ai eu la bonne idée de laisser mon appareil-photo au camping !!! Mes camarades ont fait des photos, ils m'en donneront sûrement quelques unes ! Du coup, je commence donc ce petit récit par le 25 avril, jour où nous avons repris la route. Nous ne sommes plus que quatre !

Magnifique petite ville entourée de remparts et perchée au sommet d'une butte, où la reine Isabelle du Portugal a laissé son empreinte : nous allons y prendre de quoi nous désaltérer !

Pique-nique en pleine nature, sous une chaleur étouffante : nous avons cherché l'ombre !

530 km plus tard, quelque part en Espagne, nous ferons halte dans un petit camping.





25 avril 2017 : Vers le nord-est et la France, Madrid, Saragosse... 545 km

Nous terminons sur les bords de l'Ebre, le grand fleuve espagnol se jetant à Barcelone. Nous décidons de prendre une journée de repos : lessive, Internet, études des itinéraires. Le temps se gâte, et se rafraîchit...





27 avril 2017 : Retour en France, 460 km

Heureusement que nous avons regardé la météo des prochains jours, qui va bouleverser le trajet initial ! Nous devions rejoindre la Slovénie en traversant les Alpes, mais nous apprenons qu'il neige là-haut à gros flocons... Le froid nous rattrape plus vite que prévu, car nous roulons sous la neige en Espagne, dans le passage du col entre Vic et Olot ! Nous nous réchauffons très difficilement dans un bistrot.

Le sud de la France nous accueille avec le soleil, et nous roulons vers la chaleur avec bonheur. Camping près de Béziers, après m'être acheté une nouvelle paire de chaussures, enfin étanches ! Je laisse mes bottes BMW sans regret, et mes petits pieds reprennent vie, ouf !





28 avril 2017 : Le sud de la France, vers l'est.

Et le mistral gagnant !!! Didier nous fait un crochet aller-retour aux Saintes-Maries-de-la-mer.

Le vent est très violent, mais au moins il fait chaud, et il n'est pas question de remonter vers le nord.

Fin de journée dans un petit camping près de Brignoles..





29 avril 2017 : Passage en Italie.

Oups, les embouteillages de la Côte d'Azur sous une chaleur torride... Heureusement, la moyenne corniche.... Echappée sur Monaco.

La plage de Menton...

Puis on quitte le littoral pour passer par le col de Tende... Oups, pas de neige, très long tunnel.

Oups, nous avons franchi les Alpes. Après Cuneo, nous retrouvons les plaines du nord de l'Italie. Peu de circulation, une Italie inconnue, petits villages, très sympa. Une bien belle journée, et un souci en moins. Pendant ce temps, il neige à Briançon !!!






30 avril 2017 : Toujours en Italie, vers le nord-est et l'Adriatique.

Les petits villages italiens endormis.

Camping sur les rives du lac de Garde.






1er mai 2017 : Italie, Slovénie, entrée en Croatie. Longue étape de près de 500 bornes.

Encore les petits villages italiens endormis.

Dernières petites routes italiennes, après la côte vénitienne.

La côte adriatique, en Croatie : à chaque fois un émerveillement !

Miam miam, la fricassée de petites sardines dans ce petit port au pied du camping !






2 mai 2017 : une journée le long des magnifiques rives de l'Adriatique en Croatie.

Une journée de rêve, se terminant dans un camping de rêve à Zadar. Que du bonheur !






Du 16 au 23 avril 2017 : Le Portugal

L'itinéraire





16 avril 2017 : longue traversée de l'Espagne d'ouest en est !

Une journée d'autoroute, fastidieuse mais nécessaire pour rejoindre Braga au plus vite. Le soleil est là, la chaleur aussi, et c'est bon de rouler ensemble, même si c'est un peu monotone. Au premier plan, la belle de Didier, Kunigonde. Derrière, la "G" de Bonnie. Au fond, Anoukis la merveilleuse, que je commence doucement à prendre en mains.

Camping super sympa dans un très beau cadre : nous sommes dans un parc national, les vacances commencent réellement. L'accueil portuguais est adorable, nous retrouvons nos deux derniers camarades, Richard le hollandais et Jérôme le français madrilène. Nous sommes désormais au complet : huit !!!





17 avril 2017 : fantastique journée dans la sierra de Estrella.

Premier arrêt photo panorama du voyage. La météo nous a été très favorable, les paysages sublimes. Impossible de compter le nombre de virages : tout ce dont je me souviens, c'est qu'il n'y a pas eu une seule ligne droite ! J'ai du mal à manoeuvrer Anoukis, parce que je suis perché sur la pointe des pieds, et je suis à la limite de la perte d'équilibre lors des arrêts/départs. Je finirai par définitivement retirer le "AirHawk" emporté pour protéger mon auguste derrière, et je me suis soumis à l'implacable attitude de Richard le hollandais : c'est le derrière qui doit se faire à la selle, et non l'inverse ! Dont acte. Bref, ce fut une journée absolument parfaite, et riche en apprentissage du pilotage de nos bécanes. J'ai beaucoup progressé, surtout grâce à l'ami Olivier, notre champion du zigzag.





18 avril 2017 : Portugal-Espagne-Portugal. Guarda. La côte atlantique. Porto.

Guarda..............





19 avril 2017 : Le long des méandres de la vallée du Douro.

Le Douro





20 avril 2017 : De nouveau dans les montagnes, autour de la Zézerre et de la sierra de Estrella..

Départ du camping.





21 avril 2017 : Montagnes de l'intérieur, puis bord de mer. Nazare.

Départ du petit camping municipal.





22 avril 2017 : La côte atlantique. Vers Lisboa.

Embouchures et plages...






15 avril 2017 : longue descente vers le Pays Basque...

Arrivée au bivouac à Ascain, dans un petit camping au pied de la Rhune.

Nous montons au coeur du village pour un excellent repas avec tous les copains. Coucher bien tardif, mais il fallait bien marquer cette première journée d'une pierre blanche !






14 avril 2017 : je voulais jeter un dernier coup d'oeil sur l'Océan Atlantique...

Quoi de mieux que de passer par le remblai des Sables d'Olonne ?

Il fait lourd, et j'ai évidemment encore la doublure de ma tenue de moto. Bien qu'en T-shirt à manches courtes en-dessous, j'ai vraiment chaud ! Du coup, comment vais-je supporter les hautes températures iraniennes, je me le demande bien. Bon, je voulais passer au centre ville des Sables, histoire de manoeuvrer un peu mon char d'assaut, voir si ça va bien. Ma foi, ça le fait, comme on dit, et avec les kilomètres qui vont suivre, je vais finir par oublier le poids de ces valises qui m'emporte un peu quand je suis à l'arrêt : s'agit de ne pas trop pencher...

Arrivée au bivouac. Anoukis peut se reposer, c'était juste une mise en bouche. Demain, ce sera la première vraie journée de route, mais c'était bien de commencer doucement. Bonne soirée à tous.

Chargement pour 3 mois et demi

Total : 14 + 3,5 + 6 + 5,5 = 29 kgs. Au moins 10 kgs de plus que l'an dernier, sans compter le poids des valises, non négligeable ! Ceci dit, ça va : la moitié du poids d'une passagère, sans bagages, c'est bien peu pour la miss Anoukis, qui a pris la sage décision de ne pas se plaindre... J'aime mieux ça !

1 - le grand sac bleu. 14 kgs. Il contient le plus volumineux et le plus lourd (matériel de camping, matériel de lessive, chaussures, plaquettes de frein, deux filtres à huile, deux bougies), trousse de toilette complète (j'en ai enfin acheté une neuve, très pratique, dont je suis enchanté), plus 1,5 litre d'huile de tronçonneuse pour la chaîne, grosses prises bleues pour électricité camping.

2 - Top-Case : 3,5 kgs. Contient 2 litres d'eau. Très peu de nourriture, de la place pour en mettre d'autre. J'ajouterai certainement du riz, quelques boîtes de maquereaux, céréales, donc sans doute 2 ou 3 kilos supplémentaires, mais même pas sûr !

3 - valise gauche, étroite à cause du pot d'échappement : 6 kgs. J'y mets les vêtements, plus le PC (très lourd) et les disques durs (entre les vêtements, pour protection contre les chocs). Finalement, plus de vêtements que l'an passé, ce qui, je pense, est ridicule...

4 - valise droite : 5,5 kgs. Comme ça, mes deux valises sont bien équilibrées. Réchaud, bonbonnes de gaz, couverts, ustensiles divers, chargeurs (piles et APN), huiles essentielles, piles rechargeables, câbles informatiques, prise multiple, deux-trois outils, divers vrac...



Anoukis fait sa crâneuse pendant les tests...



Mise en place de deux pneus Michelin Anakee 3.

Mise en place de deux pneus Michelin Anakee 3.



J'avais été très agréablement surpris par l'excellente tenue des pneus Michelin Anakee 3 que j'avais mis sur ma Dakar. Loin d'être neufs avant le départ pour la virée scandinavo-italienne 2016 (14.500 km), je pensais être obligé de les changer avant la fin du voyage. Eh bien que nenni, ils étaient encore bons lorsque j'en suis revenu ! Par conséquent, j'ai décidé de retirer les deux Michelin Anakee 2 actuellement en place sur Anoukis (l'avant est de toute façon presque "rincé") pour y mettre deux Michelin Anakee 3 flambant neufs à la place. Retour sous une belle pluie battante de giboulée martienne, avec le pneu usagé sur le porte-bagage, et que je remettrai au retour.



De plus, pour la première fois depuis que je voyage, j'ai décidé d'emporter quelques pièces qu'il faudra mettre en place le long de la route : deux filtres à huile, et un jeu complet de plaquettes avant et arrière. J'espère que ça ne me portera pas malheur, vu que je ne le fais habituellement jamais ! Je ne sais vraiment pas pourquoi je réagis comme ça cette fois-ci, d'autant plus que je ne pense pas que mes camarades de route suivent mon avis. Je compte sur mon frangin pour changer les bougies avant de partir. Rien d'autre : la révision des 10.000 km avait été faite par la concession BMW lorsque j'ai acheté la moto, et n'ayant parcouru qu'environ 2.500 km seulement depuis, je pars comme ça.







Carte de l'itinéraire. Environ 24.000 km. Environ 14 semaines.

Iti Iran 2017

Carte de l'itinéraire. Environ 24.000 km. Environ 14 semaines.



Départ à la mi-avril. Toute la troupe de l'année dernière en Italie, plus deux nouveaux compagnons, se retrouvera à Biarritz. Nous serons donc 8 (oui, je sais, c'est vraiment beaucoup) pour visiter le... Portugal !


Quoi ? Le Portugal ? Pour aller en Iran ? Un peu curieux, comme itinéraire, non ? Ah oui, c'est bien vrai. Mais il se trouve que l'un d'entre nous a évoqué cette destination, alors que nous étions encore en Italie, l'an dernier. Et tous ont répondu : YES". Le problème était ailleurs : sur les huit, nous serons trois, voire quatre, à partir pour l'Iran. Retraités. Les autres bossent ! Nous leur avons donc fort logiquement laissé choisir les dates. Et ils ont choisi la mi-avril... Du coup, nous nous sommes dit que, une fois partis, eh bien ma foi, comme nous serons déjà... sur la route, nous la poursuivrons !



C'est à Lisbonne que les travailleurs vont reprendre la route du boulot, les pauvres. Et nous serons alors plus que quatre à prendre la route de l'Est. Le but du voyage étant l'Iran, nous avons décidé de rouler sans traîner. Le but n'est pas de rouler comme des malades, mais d'avancer sérieusement. C'est ainsi que nous devrions traverser les Alpes (France -via Briançon-, Italie -via Milan-) les 26 et 27 avril, puis longer la côte Adriatique fin avril



Monténégro, Albanie, Grèce seront traversés début mai. Après une courte pause de deux ou trois jours à Istanbul, nous traverserons la Turquie par le littoral de la Mer Noire et devrions arriver en Géorgie à la mi-mai. Il est possible que notre quatrième camarade nous quitte par ici. Nous serons donc trois pour la suite du voyage. Le plan est de demander nos visas pour l'Iran en Géorgie. Puis nous traverserons l'Arménie et rentrerons en Iran par la frontière Arménienne. Ce trajet nous est imposé en raison de la méthode d'obtention du Carnet de Passage en Douane, qui nous sera délivré par un correspondant iranien.



Si tout va bien, nous devrions donc entrer en Iran fin mai. Le visa étant de 30 jours, nous aurons alors un mois pour en faire le tour : environ 8.000 kilomètres, selon le trajet préparé. Ah, la Perse qui nous fait rêver, la Mer Caspienne, les déserts, Ispahan, Chiraz, le tombeau de Darius, le Golfe Persique... Bref, un plongeon dans une autre culture, des rencontres humaines sans doute inoubliables...



Retour en Turquie fin juin, que nous traverserons cette fois par l'Anatolie centrale. Le Mont Ararat, le lac de Van, les immenses steppes, la Cappadoce, pour finalement retrouver la Grèce à Alexandropouli via la péninsule de Gallipoli et le fameux détroit des Dardanelles.



Thessalonique, les Météores, Igoumenitsa. Là, nous traverserons la Mer Adriatique pour débarquer en Italie à Ancona. Nous retrouverons les Apennins visités l'an dernier, la Toscane et Florence, puis les Alpes et l'Oisans, bref, la France.



La traversée de notre beau pays sur les petites routes du Massif Central sera la cerise sur le gâteau, l'idée étant de retrouver les côtes atlantiques vers la fin du mois de juillet. Un magnifique programme d'environ 24.000 km, essentiellement en camping, sauf en Géorgie, Arménie et Iran, où nous serons sans doute contraints de coucher à l'hôtel.



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