Tour moto 2017 : Vers la Perse antique

Voyage moto 2017 : IRAN, la Perse antique.

Du 15 avril au 22 juillet 2017 inclus.

24.226 km.




L'itinéraire réel réalisé.







Dernière ligne droite : l'Europe de l'ouest, 3.623 km. Attention : ordre séquentiel de... droite à gauche et... de bas en haut !




























Turquie : le retour vers l'ouest. 2.976 km. Attention : ordre séquentiel de... droite à gauche et... de bas en haut !




























Iran : Les quatre grandes étapes. 6.863 km. Attention : ordre séquentiel de... droite à gauche !










Voyage aller, du Portugal à l'Arménie incluse : que de contrastes ! 10.763 km. Attention : ordre séquentiel de... droite à gauche !












Préparation. Attention : ordre séquentiel de... droite à gauche !
















22 juillet : 480 km, deuxième partie de la traversée de la France d'est en ouest. Arrivée sur l'Océan Atlantique. End of Job !

L'itinéraire



Si vous avez bien suivi, je suis resté sur le camping hier 21 juillet, journée OFF, 0 km de moto ! Hier soir, alors que j'étais dans ma tente, j'entends une moto s'approcher puis finalement s'arrêter juste à côté. Je sors la tête pour voir et dire bonjour, et c'est ainsi que je fais la connaissance de Philippe. Un belge. Et un sacré motard ! En fait, il a fait du circuit, et maintenant du trail, et c'est un casse-cou qui ne recherche que le risque. Il a fait l'Afrique du nord avec deux copains, le désert sans GPS, les sentiers de randonnée italiens de haute montagne -ils vont jusqu'à porter leurs motos !-, les descentes de skis en bécane. Bref, juste incroyable. Et ce matin, samedi 22 juillet, je pense l'avoir réveillé, et nous avons bien discuté encore une demi-heure, ce qui fait que je ne pars finalement qu'à 8h15.

Il fait tellement bon que je n'ai mis que mon T-shirt sous la veste, avec les manches entièrement ouvertes à l'air. Les 40 premiers kilomètres se font sur des petites routes de campagne, et c'est merveilleux. Ensuite, une grosse centaine de kilomètres sur la 4 voies Montluçon-Guéret. La température chute lentement mais sûrement, et je regrette de ne pas avoir mis un sous-pull, ou au moins d'avoir fermé les manches. Le froid s'insinue doucement en moi, je roule entre 110 et 120, mais pour autant, je ne m'arrête pas. Du coup, j'avance vite !

Puis, ensuite, la pluie arrive, forte. L'arrêt est obligatoire, mais je ne fais que fermer les manches. Pourtant, ça va descendre entre 15 et 17 °C, et l'image ci-dessus est celle que je conserverai de cette journée finalement bien maussade. Et pourtant, je roule vraiment bien, la moyenne est excellente malgré la circulation (fort trafic vacancier en ce samedi estival) et les averses récurrentes.

Juste après la sortie de Niort. La température est remontée à 20 °C, ça sent déjà bon la Vendée. Petite pause pour me dégourdir les jambes, et manger un peu. Je pète la forme !

Et c'est l'entrée en Vendée. Ici dans la plaine de Fontenay-le-Comte. Le soleil revient, il fait maintenant 22°C, le top du top. Par contre, un fort vent s'est levé, dommage, mais il me fait penser à la mer qui approche...

Oups ! Dernière ligne droite de ce grand voyage, sans doute : je sens qu'il faut la prendre en photo.

Et voilà, la boucle est bien bouclée. J'arrive en tout début d'après-midi à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, et je revois avec bonheur la puissance de l'Océan Atlantique que j'adore. La mer est forte, le vent pousse hardiment, je vais maintenant amener la voilure et rentrer au bercail. Anoukis a été absolument formidable, et je n'ai vraiment aucun reproche à lui faire. Bien mieux, elle s'est jouée de ces 500 derniers kilomètres comme d'une petite rigolade, et je dois dire que son cow-boy de pilote aussi. Je rentre sans aucune fatigue, et j'ai adoré chevaucher aujourd'hui mon très fidèle cheval. Au total, nous avons parcouru 24.226 km en 99 jours... Pas mal, je trouve, non ?



Ecrit et mis en ligne au soir de ce même jour, depuis mon domicile. Je reviendrai plus tard avec de très belles photos, car vous n'avez eu qu'un aperçu de ce que je voyais sur mon "laptop" avec son mauvais petit écran... Autant dire que mes choix de photos étaient quelque peu... aléatoires, parfois ! Mais ça vous donne quand même déjà une idée !




20 juillet : 400 km, première partie de la traversée de la France d'est en ouest.

L'itinéraire



Ah, déambuler sans bruit dans un camping encore endormi au lever du jour, quel bonheur ! Il a plu pratiquement toute la nuit et, miracle, une accalmie pile poil au moment du lever. Dommage, je perds quelques minutes, et l'averse reprend au moment de plier mais peu importe, le moral est bon ! Nous quittons le camping aussi discrètement que possible, je retiens les rênes de mon canasson autant que faire se peut. La pluie redouble de violence sur les 30 ou 40 premiers kilomètres, puis le ciel s'éclaircit jusqu'à devenir totalement bleu en arrivant dans le Jura : inespéré ! Pause café/croissants dans un bistrot à Nantua. Ah, la France a du bon, quel plaisir de déguster ces croissants encore chauds !

Franchissement de l'Ain. La route est merveilleuse, pleine de virolos faciles à prendre et donc sans danger, du pur bonheur de motard, et j'en profite.

Bonnie suit, mais toujours à la traîne. Sauf lorsque je m'arrête prendre des photos. Elle me suit jusqu'à Mâcon. Roulant trop loin de moi, surtout en ville, et elle connaît pourtant très bien la musique, elle se prend un feu rouge. Je continue, car il n'y avait pas moyen de se tromper, et je m'arrête peu avant le premier carrefour nécessitant un changement de direction. Comme à chaque fois. Je l'attends 15 minutes, mais je sais par expérience qu'au-delà de 5 minutes, ce n'est pas normal, et force m'est de constater que je l'ai perdue. Curieux, car elle connaît l'itinéraire, elle a un GPS qu'elle pouvait mettre en route en deux-trois minutes, elle ne pouvait pas louper cet axe obligatoire. N'ayant pas de téléphone, je reprends la route, quelque peu dubitatif. Je pense qu'elle m'a volontairement laissé partir, car elle n'a plus besoin de moi, maintenant que je l'ai ramenée en France. Une petite phrase entendue hier m'avait mis la puce à l'oreille. Curieusement, elle s'est bien gardée de me perdre à l'étranger. Maintenant, avec un GPS, dans son pays où elle peut enfin s'exprimer dans sa langue, avec des sous et pas très loin de chez elle, je ne lui suis plus d'aucune utilité... Didier m'avait dit à plusieurs reprises que je me servais des autres (pas de téléphone, pas de pièces de rechange sur la moto, et bien d'autres exemples tous aussi débiles les uns que les autres; il a bien été obligé de constater à quel point il est normal de demander de l'aide aux autres sur la route, cf l'épisode iranien...). Pour le coup, je dois dire que j'ai ici rendu largement la pareille, puisque j'ai reconduit ma compagne de route dans son pays, alors que je n'avais absolument pas besoin d'elle pour me débrouiller là-bas, bien au contraire ! Et, en plus, je lui ai permis de faire le voyage dont elle rêvait depuis plus de 40 ans : un grand itinéraire en moto, et surtout pas seule. Je peux dire qu'en l'invitant dans ce périple, j'ai largement contribué à lui faire accomplir ce rêve inassouvi. Tant mieux, j'aurai au moins servi à quelque chose... Bref, je prends soudain pleinement conscience que je roule de nouveau en solitaire, et ma joie éclate violemment. Enfin, je peux faire comme bon me semble, enfin je peux choisir ce que je veux quand je le veux, sans devoir faire continuellement des concessions ! Bref, une nouvelle soupape vient de sauter et de me libérer car, pour le coup, je suis libre de mes actions. Et à mon âge, il faut bien admettre que c'est vital. Ce voyage m'aura appris mes limites dans l'acceptation de l'autre, et bien qu'il ne faille jamais dire "ô fontaine, je ne boirai plus de ton eau", j'avoue que, présentement, l'envie de voyager en solitaire m'est revenue avec une force invraisemblable. Nous nous étions mis Montluçon comme but de la journée, mais voilà, de nouvelles perspectives s'offrent à moi. Etant libre, et donc non pressé, j'ai envie d'aller me poser dans un petit camping. Je consulte Titi le GPS en roulant, et il m'en propose plusieurs. J'ai faim, je me laisse guider vers le camping municipal d'une petite ville à priori charmante. Le camping est bien là mais, curieux et assez invraisemblable pour un municipal, il est fermé entre midi et 14h30, barrière mise ! Je vais dans le village, vois un bistrot de restauration rapide : la patronne est sur le trottoir -excusez l'expression- et me confirme qu'il y a du WiFi. C'est ce que je veux. Je plie tout mon matos, retire mon casque, etc, et... ah non, pas de restauration ce midi, exceptionnellement ! Oups, deuxième déconvenue, ce village ne voudrait-il point de moi ? Elle me conseille un petit restau à deux pas : pas de WiFi !!! Décidément... J'avais vu une pizzeria en faisant le tour du village, j'y vais. Je suis obligé de prendre le menu. OK. Je m'assoie à une place repérée en entrant, car elle propose une prise de courant pour mon laptop. Je m'installe et... Oh non, cette prise ne fonctionne pas ! OK, trop c'est trop, je ne coucherai pas ici ce soir. On m'installe dans une autre salle disposant du fameux contact. Je peux enfin manger et... bosser. Un mail de Bonnie me confirme qu'elle va bien -ce dont je n'avais jamais douté une seconde- et me donne RDV à l'hôtel "Premiere Classe" de Montluçon... Pfff... ce sera sans moi, non merci ! Je viens à peine de goûter à ma liberté retrouvée, je ne risque pas de la lâcher maintenant. Etude des campings du coin, il y en a un dont le site Internet me plait énormément, situé à 40 bornes, sur les berges de l'Allier. Yesssss, c'est exactement ce que je voulais.

Et effectivement, il est parfait. Petit, calme, un accueil merveilleux, pas cher, confort parfait, emplacement génial. Bref, un grand bonheur m'envahit, très difficilement descriptible ici, mais que je ne peux passer sous silence. Je décide aussitôt de rester ici deux nuits, histoire de me ressourcer un peu, de digérer tout ça, de me poser 5 minutes au calme, de réfléchir à ce grand voyage et à ses enseignements.

Une fois bien installé, et mon grand bol de café avalé, j'ai envie d'aller faire quelques courses pour ce soir et demain. J'en profite pour me balader, cool, comme j'aime à le faire. Un petit point-de-vue sur la vallée de l'Allier, les paysages rencontrés. Je vais à Saint-Pourçain-sur-Sioule remplir mon panier, car les villages n'offrent aucun commerce. Puis je rentre par de petites routes. J'aperçois des pancartes vantant les mérites d'un village ancestral resté dans son jus : allons-y. Il s'agit de Verneuil-en-Bourbonnais. Je vous laisse découvrir les images de ce hameau. Rencontre avec un vieux monsieur me présentant les oeuvres de quelques artistes locaux -magnifiques tableaux, entre autres-, et émerveillement devant la campagne et ses multiples couleurs. J'aspire à plein poumons ma liberté retrouvée. Dieu, que c'est bon !

Une fois n'est pas coutume, je prends l'électricité, et j'ai demandé à la patronne si elle pouvait me prêter une rallonge. Aujourd'hui vendredi 21 juillet, je passe la journée sur le camping. Un vieux banc et une table jouxtent mon emplacement, j'y suis comme un coq en pâte. Le camping est d'un calme olympien, la patronne m'a fait ce midi -exceptionnellement, car elle ne fait de restauration que le soir- une ratatouille, c'était délicieux au possible ! Il fait beau, pas de vent, quelques nuages, une température parfaite. Je passe une journée incroyablement bonne ici. Ce qui me permet de mettre à jour ces pages que vous êtes en train de lire. Je vais "surfer" un peu cet après-midi, et sans doute rentrer demain à la maison, où ma famille m'attend, avec, déjà, de nouveaux rêves en tête...






19 juillet : 380 km de très haute montagne. Traversée transversale de la Suisse, plusieurs hauts cols routiers, entrée en France, bivouac à Chamonix au pied du glacier des Bossons.

L'itinéraire



Ah, rouler tôt le matin, quel bonheur ! Il fait frais, et les touristes sont encore au lit. Par contre, les cantoniers suisses sont déjà au boulot, et nous devons supporter quelques attentes, malgré l'heure matinale, aux feux de circulation sur les zones de travaux avec passages en voies uniques, comme il se doit ici en Suisse ! Mais quand rapidement la route s'élève pour le franchissement de l'Albulapass, un de mes cols alpins favoris, c'est juste merveilleux. Très très belle journée de "ride", avec trois grands cols splendides, et une météo sublime. Bien sûr, la fin est moins intéressante : 36 °C dans la vallée de Sion, interminable, puis, soudainement, une violente montée du vent, nous obligeant parfois à rouler à 60 tellement ça nous bousculait ! Il faut dire que sur les sommets nous entourant, on voyait bien les orages se former. Puis, enfin, Martigny, la belle montée du col de la Forclaz -dommage, du trafic- et, cerise sur le gâteau, l'entrée en France. C'est pour moi toujours de l'émotion de retrouver mon beau pays après quelques mois d'absence !

Pour terminer en apothéose une journée passée au coeur d'une des plus belles cartes postales d'Europe, après avoir vu les sources du Rhin, et du Rhône, quoi de plus beau qu'un bivouac dans un joli petit camping situé au pied du glacier des Bossons et de l'Aiguille du Midi, que j'avais expérimenté avec mon frangin voici une dizaine d'années, calme et sympa. Belle rencontre avec un motard, marin de métier : on a refait le monde, c'était fort chaleureux. Et le spectacle du soir ! Une petite averse juste avant de monter la tente, rien de méchant. Par contre, plus du tout de vent, il fait très lourd... Mais... non, je ne me plains pas du tout !



Récit écrit et mis en ligne le 21 juillet 2017 depuis Châtel-de-Neuvre, dans l'Allier, France.






18 juillet : 400 km de haute montagne. Traversée d'un bout du sud de l'Autriche et d'un bout du nord de l'Italie, plusieurs hauts cols routiers, entrée en Suisse.

L'itinéraire



9 °C seulement ce matin ! Il faut dire qu'il est tôt (7h10), et que nous sommes dans le massif alpin, quand même ! On attaque fort, par une superbe petite route qui grimpe à un minuscule poste-frontière : le garde autrichien, à moitié endormi, ne daigne même pas se lever de sa chaise et nous fait signe de passer. La descente est vertigineuse. Et nous voici donc en Autriche. J'ai un peu l'impression de rentrer à la maison. L'Autriche, c'est la porte à côté, et nous revenons de si loin ! L'Autriche, c'est aussi la pureté des paysages, la propreté des habitations. Tout est ici nickel, juste peint, même les scènes naturelles. On a l'impression de rouler dans une carte postale, dans un tableau. Rien ne fait tache, ici. Je suis bluffé à chaque fois. C'est trop beau, c'est presqu'irréel tellement c'est magnifique. Je pourrais faire des milliers et des milliers de photos toutes plus belles les unes que les autres. Des clichés ? Des images d'Epinal ? Eh bien non, c'est vraiment comme ça en vrai ! Je ne vais pas épiloguer et raconter chaque photo. La journée a été extrêmement riche en beautés naturelles et architecturales. Je parle de l'Autriche, mais attention. Nous sommes ensuite entrés en Italie du nord, au nord des Dolomites, cette Italie parlant allemand, et très franchement, il n'y a pas de différence notable entre l'Autriche et l'Italie, par ici. Tout ce que je viens d'écrire est également vrai pour ce que nous avons traversé d'Italie aujourd'hui. Puis nous sommes entrés en Suisse. Pareil ! Mêmes remarques ! Donc, paysages sublimes, virages et virages et virages, épingles à cheveux, cols (je les avais déjà passés en moto et en kangoo, mais c'est toujours aussi délicieux et tu y prends toujours ta petite dose d'adrénaline quand tu flirtes avec le vide)... Par contre, nous avons aussi eu droit aux embouteillages, aux vitesses pénibles à supporter, derrière des camping-caristes en vacances, pas pressés, et impossibles à doubler, même en moto, à moins de faire fi du code de la route élémentaire, à moins de prendre des risques, ce que nous ne faisons pas. Donc, pour tout vous dire, une très très grosse journée.

Halte du soir dans un camping, à environ 35 km de Saint Moritz, lieu de villégiature de la haute bourgeoisie suisse et européenne, canton des Grisons. D'où le camping... car ici, ami lecteur, tout est cher, très cher. Ceci dit, tout petit camping, mais très propre, comme il se doit, et à l'équipement complet. On ne va pas se plaindre ! Quelques gouttes de pluie, l'orage est passé au large : il faut dire que la température est montée à plus de 35 degrés dans les vallées, et de gros cumulonimbus se sont développés sur les hauteurs, nous apportant une peu d'averses dans le dernier col, mais très franchement, vraiment rien de méchant, pas de quoi fouetter un chat. Les températures sont bien plus agréables, il fait presque frais sous la tente, le duvet sera nécessaire, et c'est tant mieux comme ça !



Récit écrit et mis en ligne le 21 juillet 2017 depuis Châtel-de-Neuvre, dans l'Allier, France.






17 juillet : 340km, de la Bosnie à la Slovénie en traversant la Croatie. Arrivée dans les Alpes, ici Juliennes, à Kranjska Gora, à deux pas de l'Autriche et de l'Italie.

L'itinéraire



Quelques degrés de plus, ça se connait tout de suite ! Grand beau temps. La première difficulté de la journée, c'est l'entrée en Croatie. Ou plus précisément, la sortie de la Bosnie-Herzégovine. Nous y arrivons très vite, car Bihac est juste à côté de la frontière. Et ma foi, heureusement que nous étions en moto. Trois longues files de voitures, caravanes et camping-cars, déjà ! Nous doublons tout, heureusement. Le passage s'est fait cordialement, mais il faut bien admettre que les gars prennent tout leur temps ! Côté croate, c'est simple, il n'y a rien ! Les routes croates de l'intérieur montagneux sont très difficiles, car extrêmement étroites et encaissées, avec un revêtement très inégal, contrairement à la belle route côtière ! Il faut se méfier de chaque virage, très resseré, dans un maquis de végétation incroyablement dense : la peur, c'est qu'une voiture "coupe" la courbe ! Partout des maisons détruites, mais ici, contrairement à la Bosnie, elles sont presqu'invisibles, car la végétation les a déjà plus ou moins phagocytées ! On suit une vallée très profonde, apparemment réputée pour le kayak.

Les romains sont déjà passés ici, forcément... Et moi aussi, le 11 septembre... 2014 ! Je reconnais ce pont instantanément, et il faisait beaucoup moins beau ! C'est le pont de Tounj. Puis, imperceptiblement, lentement, le paysage change. La montagne se fait plus visible, et l'architecture culturelle se précise, avec les églises aux clochers caractéristiques. Pour être clair, il faut bien le reconnaître, ça sent déjà la Slovénie, ça sent déjà l'Autriche !

Je ne voulais pas traverser Ljubljiana, la capitale slovène, comme le GPS me le suggérait. Nous l'avons contournée par de petites routes. Nous apercevons au loin de hauts sommets : à nous les Alpes. En effet, le but des prochains jours est de rejoindre la France par le plus grand massif montagneux d'Europe de l'Ouest, plutôt que de devoir se "payer" la plaine du Po italienne, industrielle et moche au possible !

Halte du soir à Granjska Gora, au pied de magnifiques barrières minérales naturelles. Bien entendu, le secteur mériterait à lui seul quelques jours de balades, mais bon, nous ne sommes pas dans le même périple non plus. Une remarque importante : les prix en Slovénie sont incroyablement élevés, et sont pratiquement du même niveau qu'en France, ce qui m'a réellement surpris. On dirait que ce petit pays a vu son niveau de vie monter à une vitesse fulgurante !



Récit écrit et mis en ligne le 21 juillet 2017 depuis Châtel-de-Neuvre, dans l'Allier, France.






16 juillet : 230 km en longeant la frontière bosniaco-croate, côté Bosnie-Herzégovine. Le froid revient...

L'itinéraire



12°C seulement lorsque nous quittons le motel. Le thermomètre va descendre à 10 °C au passage d'un col à environ 1.200 mètres seulement. Le vent est violent et glacial. Quel changement ! J'avoue avoir eu froid une grande partie de la matinée !

Sinon, c'est superbe. Les montagnes bosniaques sont très agréables, la vue porte loin, les vallées sont larges et jolies, parsemées de maisons. La route est belle, au niveau du goudron : rien à redire, excepté quelques virages dont l'asphalte a été volontairement creusé de multiples sillons plus ou moins larges pour faire ralentir les véhicules : ça ne ralentit ni les voitures ni les camions, et c'est extrêmement dangereux pour les motos. Les pneus suivent les rides à leur guise, ce qui n'est pas forcément du goût du pilote ! Je vous laisse regarder les paysages.

Par contre, les stigmates de la récente guerre yougoslave sont bien là : il y a énormément de maisons détruites, quelle misère de voir ça ! J'aurais pu en photographier quelques centaines, c'est certain. Mais outre le fait que je n'aime pas ce côté "voyeur" de la misère des autres lorsque je dirige mon objectif vers ces ruines, je ne suis pas en train de faire un reportage sur le sujet. C'est juste qu'il est impossible de ne pas le voir, et je voulais juste en témoigner. Il est également étonnant de voir les églises et les mosquées à quelques centaines de mètres les unes des autres, ainsi que les cimetières musulmans et chrétiens.

Les rivières sont splendides. Ici, à l'approche de Bihac où nous faisons la halte ce jour, à deux pas de la Croatie. Suivent quelques photos de Bihac, où nous sommes allés manger du maquereau grillé, accompagné, pour ma part, d'une demie "pinte de Bar" de bière brune locale excellente : hum, délicieux !



Ecrit et publié à Bihac, Bosnie-Herzégovine, le 16 juillet 2017.






15 juillet : 90 km seulement. Bosnie-Herzégovine. On the road again.

L'itinéraire



BMW nous avait donné RDV à 11 h à la concession. Notre hôtelier nous y conduit avec sa voiture, et nous demande 10 euros pour la course. Prix taxi normal 5 €, on aurait mieux fait de ne rien lui demander ! Mais l'essentiel est ailleurs. Les deux motos sont devant la façade, prêtes à partir, ce qui signifie que le boulot a été fait. Je vois la chaîne neuve ainsi que le pignon externe. Les vidanges ont été faites. C'est parfait, et je vous recommande chaudement cette concession BMW, son accueil irréprochable, et la prise en compte de notre besoin. Ils ont ouvert ce samedi matin pour terminer le travail, la concession étant habituellement fermée ce jour-là ! Un grand merci donc à BMW Mostar.

C'est un grand bonheur de rouler de nouveau dans un silence total : plus aucun bruit de chaîne, ni claquement, tout se déplace de nouveau harmonieusement. Je sens Anoukis enchantée, elle peut l'être, je le suis tout autant ! D'ailleurs, je mesure une fois de plus ma chance. La chaîne est d'origine, et a donc un peu plus de 33.000 km. J'avais l'intention de la changer dès mon retour, c'est chose faite, sans perte de temps excessive, dans une concession BMW qui était pile-poil sur notre route, et qui en plus nous a fait les vidanges et mis à jour les messages de service à faire sur l'ordinateur. C'est donc parfait ! Ci-dessous, la ville de Mostar et le feu qui brûle dans la montagne, alimenté par un vent assez violent !

Nous avions repéré un motel dans une station-service à environ 90 km au nord-ouest de Mostar, et avons décidé d'y faire notre pause du jour, compte tenu d'un départ très tardif. Je m'attendais à rouler sur des routes désertes en pleine nature mais, à ma grande surprise, la montagne est habitée, et ce furent au moins 70 km de villes et de villages, et donc de limitations de vitesses et de contrôles radar. C'est mieux que sur la côte, mais moins bien que je l'escomptais. Espérons que la suite apportera plus de paysages et moins de cités !



Ecrit et mis en ligne ce samedi 15 juillet depuis Tomislavgrad, Bosnie-Herzégovine.






14 juillet : Journée "off" à pied à Mostar. Forte chaleur.



Un taxi devait nous conduire chez BMW à 9 h. Au lieu de ça, le frère du proprio vient nous dire que nous devons changer d'appartement et aller dans une de ses locations pour la nuit prochaine. Du coup, il nous conduit chez BMW, nous attend, puis nous transporte dans sa location. OK. Chez BMW, il s'agissait de me présenter le devis, que j'accepte pour qu'ils fassent le boulot : mon kit chaîne à remplacer, plus les vidanges de nos deux bécanes. On récupèrera les motos demain à 11 heures, et on devra payer en cash : la concession est en effet fermée le samedi, un mécano viendra bosser poour nous exceptionnellement, pour nous dépanner. Je vous dirai demain soir si tout s'est bien passé, mais ça semble ok ! Ensuite, quartier libre, visite de la vieille ville et du fameux Stari Most, le pont de Mostar, inscrit au patrimoine de l'humanité. Quelques photos en vrac. Il a fait très chaud, nous sommes rentrés dès 14 heures, car avec une telle chaleur, la visite d'une vieille cité est épuisante. Et pour les photos, ce n'est pas top non plus !



Ecrit et mis en ligne ce 14 juillet 2017 à Mostar, Bosnie-Herzégovine.






13 juillet : 220 km seulement. Entrée en Bosnie-Herzégovine. Arrivée à Mostar. Forte chaleur.

L'itinéraire



Départ avant 8 heures ! Ci-dessus vue sur la baie depuis l'appartement juste avant de partir, et ci-dessous depuis le ferry pour atteindre justement l'autre rive. Très court, deux euros seulement, six ferries en continue 24/24 en été ! On l'avait pris à l'aller aussi. On longe ensuite un peu la rive avant de prendre de la hauteur. En effet, échaudés par la lenteur et l'intense trafic côtier, nous avons décidé de passer par la montagne et l'arrière-pays croate : ce qui signifie que nous allons rouler en Bosnie-Herzégovine !

Ci-dessus l'arrière-pays monténégrin, calme et plus frais. Ci-dessous, première photo en Bosnie-Herzégovine. Entre les deux, deux péripéties. Un, fatigué de sentir Anoukis souffrir -la chaîne est très détendue-, je demande de l'aide dans la dernière station du Monténégro. Le patron appelle des ouvriers sur un chantier voisin, qui viennent avec outils, pleins de bonne volonté. Je repars, et... bruit infernal, claquement sec et violent à chaque tour de roue ! Et, deux, très vite, on arrive à la frontière. Une queue d'une quinzaine de véhicules, on double très lentement, je me mets en deuxième position, derrière un camion. J'attends que le policier termine et lui présente mes documents : il me regarde, me fait un dessin pour me faire comprendre qu'il nous a vus doubler la file, qu'il n'apprécie pas, et nous fait attendre... Ceci dit, il a un peu raison, hein ! Dix minutes plus tard, notre gars n'a traité que trois véhicules, quand arrive un autre policier qui nous demande nos documents, puis nous fait passer à contre-sens en arrêtant les autres voitures en face ! Je pense que c'était le boss... Ceci dit, j'ai toujours mon bruit infernal, et je m'arrête dans la première ville bosniaque : Bileca. Deux mécanos se penchent sur Anoukis avec sérieux. Verdict : il faut changer la chaîne, pas d'autre solution -je m'en doutais, elle a 33.000 km, c'est normal-, et ils m'envoient à Trebinje, de l'autre côté du lac que vous voyez ci-dessous, à 30 bornes, rencontrer le responsable d'un club de motards. Virages continus, c'est beau, mais je ne profite guère, l'esprit tourné vers ma pauvre Anoukis qui semble bien souffrir le martyre !

Trebinje s'étale sous nos yeux, magnifique. J'arrête à une station, demande où je peux trouver le gars en question, coups de fils : il va venir ! On prend un verre, il arrive une bonne heure plus tard, regarde la chaîne, et me dit que je ne peux gagner que 2 mm au plus, qu'il faut changer la chaîne, qu'il n'a pas la pièce ! Mais Bonnie a trouvé une concession BMW à Mostard, 115 km. Le gars nous confirme que c'est bien une concession auto ET MOTO. On envoie un mail. Réponse : venez. Et c'est comme ça que nous nous trouvons ce soir à Mostar. La dernière fois que je suis venu ici, c'était en 2014 en kangoo... Bref, arrêt chez BMW. Ils ont un kit, ils feront ça demain matin si j'accepte leur devis, et ils sont d'accord pour, en même temps, faire nos vidanges ! La chance ! Et pour clôre le tout, la fille nous trouve un apart'hôtel, et nous y conduit dans une BMW dernier cri ! Je ne crie pas victoire, nous verrons demain, mais je crois que je tiens le bon bout pour soulager la miss Anoukis !

Vue depuis le balcon. Aïe, la mosquée est juste là, je vais devoir supporter le muezzin.... Bon, si c'est le prix à payer !



Ecrit et publié le 13 juillet 2017 à Mostar, Bosnie-Herzégovine.






12 juillet : 220 km seulement. Entrée au Montenegro. Arrivée dans la baie de Kotor. Forte chaleur.

L'itinéraire



Départ à 8h30, après un petit déjeuner royal. Il fait déjà 29 degrés ! Juste parti, je vois ce monsieur manger copieusement une belle grappe de raisin tout en dirigant son petit âne. Je lui demande l'autorisation de le photographier, ce qu'il m'accorde avec un gracieux sourire. J'ai bien vu qu'il ne vivait pas sur la même planète que moi, et je l'ai senti heureux, ce qui m'a sincèrement rempli de joie. Ensuite... que vous dire ? La route a été dure, inégale, parfois horrible, parfois belle, toujours difficile. Circulation dense, et nécessitant une attention totale. Bref, j'étais heureux en revoyant ce panneau à l'entrée de Shkoder, que j'ai déjà photographié et mis en ligne, tout simplement parce que je savais qu'il restait moins de 50 km à parcourir en Albanie.

Dernière photo d'Albanie, de ce pays aux grands contrastes humains. Le passage de frontière a été long en raison d'un seul fonctionnaire pointilleux, sans doute un de ceux qui se prennent pour de grands hommes, très importants, qui sentent qu'ils ont quelque pouvoir, et qui l'utilisent à leur maximum. Il faut être patient, avec de tels personnages. S'énerver ne sert à rien. Passons, ils ne servent à rien d'autre qu'à rendre la vie de leurs congénères plus difficile. Je ne les aime pas. Pour ce qui est du Montenegro, et j'avais complètement omis ce détail : aucun contrôle, rien, on rentre comme dans du beurre !

Après une trentaine de km sur une toute petite route dangereuse, mais belle en paysages, nous atteignons le rivage de la Mer Adriatique. La suite sera longue et difficile : imaginez la Côte d'Azur en plein été, c'est exactement la même chose. Côte superbe, panoramas splendides, circulation énorme, épuisante, pénible au possible. Arrêt dans un petit restaurant en bord de route pour se reposer. Belle rencontre avec un couple de polonais dont la femme parle un excellent français. Beaux échanges sur le voyage. Les 50 derniers kilomètres seront terriblement longs. Heureusement, le spectacle de la Baie de Kotor me charme toujours autant, c'est un de mes coins préférés d'Europe, je m'y sens bien, j'aimerais y passer un mois ou deux, seul, à écrire et méditer, je trouve que le lieu s'y prête à merveille. Un jour, peut-être ? Nous sommes dans un appartement en face du petit ferry que nous prendrons demain matin.



Ecrit et mis en ligne ce 12 juillet sur la baie de Kotor, Monténégro.






11 juillet : 266 km, dont 200 en Albanie. Forte chaleur.

L'itinéraire



Départ du camping vers 8h. Ciel bleu et pur, et qui le restera toute la journée. La température va monter à 37 degrés, une belle et forte chaleur, nette, sans aucun soupçon d'orage. Bref, une brûlante journée estivale. Ci-dessus, dernière photo de Grèce. Après une cinquantaine de km dans les montagnes grecques totalement désertes, sur une route où nous sommes pratiquement seuls, le passage de la frontière se fait en deux minutes côté albanais !

Le route est très belle, les paysages sont magnifiques. Seule ombre au tableau : les vitesses autorisées sont anormalement basses, limitation à 50 km/h au moindre croisement ou à la moindre courbe, avec une forte présence policière avec radars. Un peu pénible, quand ce n'est pas justifié.

Belle pause coca-fanta devant ce merveilleux tableau naturel. Un couple de motards polonais vivant en Angleterre et se rendant en vacances en Grèce est venu discuter avec nous, c'était très sympa.

Un des... 750.000 (oui oui) bunkers d'Albanie, construits sous la dictature d'Enver Hoxha, qui ont épuisé l'économie du pays. Quand un malade mental est aux commandes de ses compatriotes... Misère de misère !

Puis c'est la fin de la montagne. Après une traversée très pénible de la ville de Fier, la fin de la partie se jouera en plaine sur une quatre voies au fort trafic, sous une chaleur infernale.

Dürres, terminus, tout le monde descend. Hôtel super sympa et bon marché. Malheureusement, la plage se trouve de l'autre côté de la 4 voies et de la voie de chemin de fer qui traversent la ville de part en part, et il faut utiliser des passerelles pour accéder au sable surchargé de monde. C'est une plage comme on en voit en Italie, noire de monde, les immeubles jusque sur le sable, les parasols touche-à-touche. J'avoue que ça ne vaut pas les immenses plages vendéennes de l'Océan Atlantique. A leur avantage, bien entendu : la température de l'eau, forcément !



Récit écrit et mis en ligne le 11 juiller 2017 à Dürres, Albanie.






10 juillet : 286 km sur le réseau secondaire grec, en montagne. Les Météores. Le lac de Ioannina.

L'itinéraire



Départ vers 8h30. Après avoir traversé Katerini, nous prenons plein ouest vers l'intérieur de la Grèce. De suite, nous sommes sur les petites routes, au pied du mont Olympe, la demeure des dieux grecs antiques, qui nous domine de sa masse à main gauche, ci-dessus, vers le sud. L'asphalte est mauvais, les suprises nombreuses -trous, terre, éboulements-, mais ça va, je m'attendais à pire ! Je vous laisse regarder.

Soudain, au détour d'un virage, j'aperçois au loin, dans la brume de chaleur, ce qui ne peut être que les Météores, si faciles à reconnaître !

Ce berger, super sympathique mais ne parlant pas un seul mot d'anglais, m'a proposé de monter sur son cheval pour faire une photo. J'ai décliné, bêtement, et je le regrette !

Anoukis, devant les monastères des Météores, est restée totalement impassible. Pour ma part, et bien que ce soit mon troisième passage ici, j'admire toujours autant le travail de la nature, et celui des hommes. Regardez.

Kalabaka sitôt dépassée, nous poursuivons plein ouest sur les hauteurs dominant une longue vallée. Le ciel s'assombrit, l'orage menace mais, à part quelques gouttes, nous retrouvons très vite les rayons ardents du soleil. La route n'est qu'une succession ininterrompue de virages. Nous faisons halte dans une taverne pour reprendre des forces, mais sitôt repartis, la chaleur nous épuise. Nous terminons les 50 derniers kilomètres par une autoroute, histoire de parvenir plus vite au bercail.

Et c'est finalement au camping, au bord du lac de Ioannina, que nous élirons domicile.



Récit écrit et mis en ligne le 11 juiller 2017 à Dürres, Albanie.






9 juillet : 320 km, majoritairement sur autoroute. Forte chaleur.

L'itinéraire



Départ vers 8h. Il fait déjà 25 °C, la journée promet d'être chaude. On commence par longer le lac Vistonida, entre terre et mer. Des paroles s'échappent des murs de l'église orthodoxe (ci-dessous), mais on est loin de l'agression des muezzins iraniens et surtout turcs, franchement difficiles à supporter. M'énervent, toutes ces religions, lorsqu'elles perturbent l'ordre public : premières à prôner l'amour de leur prochain, elles obligent ceux qui n'ont rien demandé et aspirent au repos à les écouter de force. Le pire, ce fut dans l'hôtel d'Elazig : des hurlements de sauvage à 4 heures du matin, quelle claque monumentale ! Franchement, je ne suis pas fâché de ne plus avoir ça à supporter ! Ne vous méprenez pas, hein ! Je ne crie pas sur les croyants que je respecte, je leur demande seulement de ME respecter aussi : échange pacifique de point de vue.

Cigognes dans le village. Jusqu'à 5 par nid. Ce sont des monstres, la quantité d'excréments au pied de leurs perchoirs en témoigne !

Puis très vite, on rejoint l'autoroute, totalement gratuite dans cette partie de la Grèce. Les pieds calés sur les carénages de protection de la miss Anoukis, la main gauche reposant sur le carénage frontal, l'air chaud caressant mon cou, les pensées traversant la tête sans s'y attarder, je suis bien. La route défile, comme les paysages : montagnes à droite, mer à gauche, parfois une grande plaine, c'est la route sereine, apaisante, celle qui ne te prend pas la tête, celle qui te laisse rêvasser. Tes pensées cheminent elles aussi, au gré des neurones. Tout va bien. Parfois, une rafale te secoue, te rappelant que tu n'es pas dans ton lit en train de dormir, mais c'est bon.

Je voulais quand même alterner les plaisirs. Sur la carte, une route longe la mer entre Kavala et le Golfe Strymonique. Sympa, ça change de l'autoroute, mais ce n'est pas ce que je pensais : pas de villages, pas de bord de mer visible, ou si peu. C'est une zone de falaise, et la route surplombe un littoral presqu'invisible. A gauche, donc, une zone escarpée plongeant dans la Mer Egée -que l'on devine transparente, et à droite le maquis méditerranéen. Le bruit des cigales est ici... assourdissant ! Vous croyez sans doute que j'affabule : allez-y, vous verrez ! Anoukis (ci-dessous) m'a supplié de redémarrer, pour vous dire !

Du coup, on reprend l'autoroute nous permettant de contourner l'immense cité de Thessaloniki. Elle longe les grands lacs Volvi et Lagkada, mais le spectacle est un peu terni par une forte brume de chaleur : il faut dire que le thermomètre monte à 37 °C.... Chaud, chaud, chaud, même sur l'autoroute ! A un moment, Titi le GPS me demandait de la quitter. J'ai cru qu'il se trompait, comme ça lui arrive parfois, mais il avait raison : il y a eu un péage ! Bon, 1,70 €, ça va, j'ai bien fait de poursuivre...

Puis nous prenons les petites routes pour finir à Methoni, sur le golfe Thermaïque aux eaux chaudes. Et effectivement, elle ne doit pas être bien loin de 30 °C, la belle bleue, je m'y suis enfoncé sans sourciller ! Ah, la Grèce, merveilleuse, chaude, accueillante !



Récit écrit et mis en ligne le 9 juiller 2017 à Methoni, Grèce.






8 juillet : 140 derniers km de Turquie, puis autant en Grèce. Retour en Europe.

L'itinéraire



Départ vers 9 heures. La route longe le détroit des Dardanelles. Nous roulons vers le... nord-est, alors que nous voulons aller à l'ouest, en raison de l'orientation NE-SO de la péninsule de Gallipoli. D'où le contre-jour sur les cargos dans le détroit.

Dernier coup d'oeil sur le détroit des Dardanelles situé sur notre droite, avant de voir la fin de la mer Egée sur notre gauche : c'est le golfe de Saros, que je n'ai pas photographié. C'est justement au niveau de cette grande baie que la route reprend sa direction vers le nord, puis le nord-ouest. Sur la photo suivante, le golfe de Saros est exactement sur ma gauche.

Beaucoup de monde à la frontière, une longue file de voitures, que... nous doublons joyeusement par trois fois, correspondant aux trois contrôles côté turc. Tout se passe à merveille. Nouvelle file de voiture côté grec, même punition, même motif. Merci à la moto qui nous fait gagner plusieurs heures ! Et c'est fini, une nouvelle grosse étape de ce grand voyage se termine. Nous pénétrons en terre européenne de l'ouest, nous retrouvons notre bonne monnaie... Bonjour la Grèce. Au-revoir à la Turquie qui, une fois de plus, m'a apporté beaucoup de joie. Ce grand pays vaut son pesant d'or, et je serais bien heureux s'il parvenait à entrer dans notre communauté politique et commerciale, mais ceci est une bien autre histoire ! Car l'histoire vaut d'être étudiée... souvenez-vous de Constantinople, un temps capitale de l'Empire Romain... Oui oui, quelle histoire ! Bref, j'espère bien pour ma part revenir un jour en Turquie.

Repas dans une taverne grecque à la sortie de l'autoroute à Komotini. Nous nous jetons d'un commun accord sur un plat de porc (dont nous sommes privés depuis un sacré bout de temps) et de frites. Comme c'est bon !

Nous filons alors vers la côte et le lac Vistonida, pour finalement atteindre Fanari et négocier un hôtel presqu'au bord de l'eau. Ah, j'adore la Grèce et son magnifique bord de mer !

Quoi ? Pas vous ? Hi hi hi....

Et quand vient le soir, pour qu'un ciel flamboie, le rouge et le noir... ne s'épousent-ils pas ?



Ecrit et mis en ligne depuis Finari, Grèce, le 8/7/17.






7 juillet : Après 250 km, dont une centaine de type "Massif Central français", arrivée à Canakkale et traversée du Détroit des Dardanelles, reliant la Mer de Marmara à la Méditerranée.

L'itinéraire



Départ vers 9 heures. Il fait 22 °C, mais la température va rapidement monter et se stabiliser autour de 32 °C jusqu'à la côte. La belle route ne va pas durer. Juste un kilomètre après avoir fait cette photo, nous prenons une route secondaire qui va s'enfoncer au cours d'un massif forestier dense et absolument magnifique, me faisant énormément penser à bien des coins du Massif Central. Le seul problème : l'état du revêtement, minable, défoncé, dur et/ou fondant, avec de forts dévers dans les courbes, chargé de bosses de toute taille. Bref, souvent difficile de dépasser les 30 km/h. Regardez ce que ça donne en terme de paysage.

C'est quelque part dans ce secteur que vous avez bien failli me perdre pour de bon. Une descente sur une route défoncée; au fond, de la végétation plus dense, et je devine un virage d'où surgit un engin agricole. Je commence à freiner, sans plus, mais, surpris par la largeur de l'engin, je pile. Bien m'en a pris, je me glisse d'extrême justesse sur la droite. La voie se rétrécissait pour franchir un pont absolument invisible, et la moissonneuse prenait la totalité de la route. Si j'avais eu 100 ou 150 mètres d'avance, je ne pouvais absolument pas l'éviter ! Ce n'était pas mon jour, sans doute...

Puis les espaces s'élargissent, on sort du labyrinthe tournicotant pour les derniers 70 km. Le vent se met à souffler très fort, la route permet de nouveau des vitesses normales -bien que jamais vraiment belle-, mais le spectacle reste toujours aussi prenant. La diversité est de mise, pour ma plus grande joie.

Nous entrons dans Canakkale vers 13 heures. La circulation y est très dense, il faut dire que les Dardanelles sont une destination très prisée par les agences de voyages turques. En effet, ici s'est déroulée une longue bataille, en 1915, gagnée par l'Empire Ottoman contre les forces britanniques et françaises : c'est un peu leur "Verdun" national. Mais qu'à cela ne tienne. Nous trouvons rapidement le ferry qui va bien, avec l'aide d'un policier qui nous fait passer en contre-sens de la circulation. Prix de la traversée : 10 TL, soit 2,50 €, chacun. Puis nous roulons jusqu'à Eceabat, point d'arrivée choisi, et hôtel déjà réservé hier soir.

Anoukis avec, en arrière-plan, le détroit que nous venons de traverser et la ville de Canakkale que nous venons de quitter !

Dernière photo prise depuis la fenêtre de la chambre : ça va ! Ce soir, nous allons aller flâner sur les quais, et très certainement manger une grillade de poissons. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureux de revoir la mer, les belles eaux transparentes de la Méditerranée. Que du bonheur.



Ecrit et mis en ligne depuis Eceabat, Turquie, le 7/7/17.






6 juillet : Magnifique ride de 250 bornes dans la Turquie de l'ouest. Petite route secondaire. Paysages grecs.

L'itinéraire



Départ comme hier, vers 8h30, quand les températures sont agréables, et elles le sont : 20 °C, juste parfait ! Et heureusement, car le goudron est plutôt exécrable là encore, et nous serons confrontés avec ce souci sur une grande partie du trajet.

Nous avons aussi eu droit à la route recouverte d'une bonne couche de gros graviers... très instable, comme revêtement, pour les motos !

Votre patrie reconnaissante...

Les paysages prennent une allure presque française, Vosges, Massif Central... Sauf les clochers, quand même !

Régulièrement le long de la route, des sources d'eau sont à disposition des voyageurs. La chaleur monte doucement, jusqu'à 27 degrés. Nombreux sont les gens courbés dans les champs, hommes et femmes. J'avais préparé cet itinéraire en cherchant naturellement des routes que je ne connaissais pas. J'avoue être enchanté de celle-ci, loin des grandes artères, au coeur d'une Turquie campagnarde. Nous musardons littéralement, que du bonheur. Le goudron fondant lui-même ne ternit pas notre joie.

Puis nous longeons un lac de barrage avant de changer complètement de végétation. J'ai l'impression de rouler en Grèce.

Et voici Bigadiç, notre ville d'arrivée. Nous arrêtons manger dans un "büfe", comme hier, avant d'investir notre hôtel. Le gars de la réception, né et élevé en Allemagne, parle bien entendu la langue de Göthe à la perfection, ce qui me permet de discuter facilement avec un turc.



Ecrit et mis en ligne à Bigadiç, Turquie, en fin de journée ! Si ce n'est pas du "temps réel", ça...






5 juillet : Magnifique ride de 300 bornes dans la Turquie de l'ouest. Paysages méditerranéens. Lac d'Egirdir.

L'itinéraire



Départ à la fraîche : il fait 20 °C, et j'ai presque froid ! Normal, toutes les ouvertures de la veste sont... dépliées au maximum ! Heureusement qu'il fait frais, car les 100 premiers km de route sont recouverts d'un bitume affreux qui fond comme neige au soleil : ça pue et c'est hyper glissant. A 20 degrés, ça passe encore, à 35, ce doit être terrifiant et terriblement dangereux en deux roues ! Ci-dessous, dernière vue sur le lac de Beysehir.

Une vue assez réaliste du goudron rencontré dans le secteur. Les turcs font des travaux immenses et sont en train de refaire leurs routes. En attendant... les paysages sont, quant à eux, vraiment superbes, et c'est un vrai plaisir pour les yeux.

L'arrivée sur les rives du lac d'Egirdir est un véritable enchantement. Sur ses rives, les arbres fruitiers pullulent, et les vendeurs de fruits squattent les deux bords de la route : leurs étals regorgent de pêches, cerises, abricots...

Coup d'oeil arrière : le lac et la ville d'Egirdir sont derrière cette montagne. 40 bornes plus loin, à Isparta, nous faisons la pause dans un "bufë" pour un traditionnel kebab absolument délicieux.

Nous quittons ensuite les 4 voies traditionnelles pour une route secondaire qui s'avèrera plutôt belle. Les paysages sont carrément de type "provençal" ! Nous en avons bien fini avec l'Anatolie et ses immenses espaces plus ou moins vides, place aux montagnes, aux forêts, aux jolis petits villages, à l'agriculture à taille humaine.

Il fait chaud, nous avons retrouvé les 30 degrés. Rivières, marécages, petits lacs, cigognes... Que du bonheur.

Nous arrêtons vers 14h30, car il fait maintenant trop chaud, prendre des photos demande trop d'énergie, et les couleurs ne sont plus bonnes. Après-midi relaxe, quartier-libre !

Ecrit et mis en ligne ce 5 juillet à Civril, Turquie.






4 juillet : Une matinée de route, Anatolie centrale, de Sultanhani à Beysehir.

L'itinéraire



Départ du camping de Rasim, vide et triste. Dommage, car le site est très beau. Je n'y reviendrai pas !

Entre 24 et 25 °C, avec un peu d'air, que du bonheur de rouler. Dommage, le paysage est triste à mourrir, la plaine à l'infini, villages sans âme et agriculture intensive... Petite traversée d'une petite zone légèrement vallonnée, ça fait plaisir, avant de devoir rentrer dans la très populeuse Konya, surchauffée avec déjà 32 °C.

Ouf, dès la sortie de la ville, la route sélève, on se retrouve à 26 °C, et de beaux paysages, dont ce superbe volcan, au cône presque parfait.

J'étais en train de prendre quelques photos quand ce jeune motard turc, Erhan de son prénom, s'est arrêté pour discuter. Extrêmement sympathique, il m'a expliqué habiter Izmir, et être parti faire un trip d'environ 1.400 km avec sa petite moto indienne de 200 cm3. Il est allé à un grand festival motard à Antalya (5.000 motards), et s'en va maintenant à celui d'Egridir, qui commence jeudi. Dommage, on sera passés, sinon j'aurais aimé y aller. Entre ces festivals, il rend visite à sa famille dans la région. Désireux de me faire un cadeau, il m'a donné l'insigne de son club de moto !

Puis c'est l'arrivée à Beysehir, lovée au bord de son joli lac. Dommage, la visibilité est faible, et on voit à peine les hautes montagnes encore légèrement enneigées l'entourant ! Plus bas, la vue depuis la chambre de l'hôtel, de très bonne qualité. Un must ! Après-midi relaxe...

Ecrit à Beysehir le 4 juillet, et mis en ligne dans la foulée.






3 juillet : Reprise de la route, Anatolie centrale, Sultanhani.

L'itinéraire






Dernières photos depuis le camping.

Uchisar, que j'avais l'intention de visiter ce matin. Que s'est-il passé pour que nous reprenions la route ? Des voisins de camping turcs extrêmement bruyants, la hausse des températures avec la chute du vent (38 °C et plus un seul souffle d'air), ont eu raison de notre envie de continuer les visites. Mais il faut bien reconnaître que par ces chaleurs, mieux vaut encore rouler ! Reprise en douceur, juste 140 bornes, histoire de se remettre dans le bain.

Bienvenue en Anatolie centrale, où l'on netrouve les immensités, à perte de vue. Le goudron de mauvaise qualité fond et... pue, pendant environ 70 km !

Sultanhani, et son joli caravansérail. Je retrouve Rasim et son camping, où j'étais resté plusieurs jours en 2010. Le tourisme disparaît depuis les attentats, c'est la catastrophe, me dit-il. Nous l'avons largement constaté en Cappadoce, où les étrangers y sont extrêmement rares. Restent les touristes turcs, naturellement, et heureusement pour eux. Mais pour Rasim, loin de la Cappadoce et d'une zone touristique, c'est vraiment la cata, le pauvre ! Lui qui a tant investi pour accueillir les campeurs, ça fait pitié ! Soirée dans son jardin avec apéritif, barbecue poulet, salade, dessert et bières, un régal. Tard le soir -il faisait nuit depuis longtemps-, il a fait venir deux gars de sa famille pour tenter de vendre un tapis à Bonnie, mais il n'a pas réussi ! C'était intéressant de voir les gars allonger les tapis sur la terrasse à la lumière de l'électricité. Dommage, je n'ai pas pensé à faire quelques photos...



Récit écrit à Sultanhani le 3 juillet, et publié le 4 juillet depuis Beysehir.






Du 1er au 2 juillet : farniente en Cappadoce.






Ah qu'il est doux de se laisser caresser par un vent matinal d'été, sous un ciel bleu, devant un paysage de rêve. Sur la table, la tasse de café, les gâteaux fourrés au chocolat, le PC connecté au WiFi... Franchement, le bonheur absolu. Ce n'est que vers 11 heures que nous nous disons que, peut-être, on pourrait aller faire un tour.... Sous nos pieds, les sentiers partent vers les vallées de la Cappadoce, il n'y a plus qu'à ! Oups, il fait très chaud, le soleil approche du zénith et écrase toute couleur, le blanc éclatant recouvre toutes les photos, grillant les détails. Mais c'est beau, rien à y redire ! Quelques morceaux au hasard...

Arrivée au petit village de Cavusin, après environ 5 km de marche. Nous sommes bien fatigués, chaleur écrasante oblige ! Je retrouve avec plaisir le petit restautant dans lequel j'avais mangé en 2010 avec mes amis français et suisses. Nous avons le bonheur d'y déguster une délicieuse bière, et des frites en provenance directe du potager du propriétaire : délicieux ! Trop fatigués, nous rentrons en taxi... honteux et confus ! Soirée relaxe, bien entendu.

Je vais me reposer sous la tente en fin de soirée, et m'endors avec gourmandise, comme si j'étais fatigué. Réveillé en sursaut, j'ai beaucoup de mal à émerger mais, sortant la tête dehors, j'aperçois ce spectacle qui me réveille prestement !

Dimanche 2 juillet. Un bruit bizarre m'extirpe promptement des rêves au fond desquels je surnageais, mais je sais immédiatement de quoi il s'agit : le bruit caractéristique d'une montgolfière dont le pilote actionne la manette enflammant du même coup le gaz qui s'échappe... Eh oui, ce matin, les montgolfières emplissent de nouveau le ciel de la Cappadoce, et c'est beau !

Pas question d'aller marcher aujourd'hui. Nous avons des bécanes qui ne demandent qu'à aller se promener, profitons-en. Ici, dans l'épingle descendant à Göreme.

Pas marcher ?? Heu, si, en fait, dans les rues de Göreme, nous n'avons pas le choix. Alors, suivez-moi dans le dédale pris absolument au hasard des rues de cette superbe petite ville, coeur de la Cappadoce et mondialement -oui, oui- réputée. Elle vaut le déplacement mais, bon sang, qu'il fait chaud, déjà, à 8 heures !

C'est extrêmement varié, on y trouve tous les styles, toutes les époques, tous les états... Même un berger et son troupeau de chêvres, c'est vous dire !

Après une halte obligée et revigorante dans un bistrot, nous reprenons les bécanes pour rentrer à la maison... tranquilou, via Cavucin -où nous sommes venus hier à pied-, et une petite piste, histoire de changer un peu.

Sur la route, un très joli site appelé Pasabag dans la vallée de la Zelve. Très courageux, je m'engage dans une grimpette glissante sur les sommets, et, comme je le soupçonnais, le "jeu" en valait bien la chandelle : admirez...

Nous y faisons la pause du repas de midi, préparé sous nos yeux, accompagné de deux grands verres de jus d'oranges pressées aussi sur place. Délicieux et revigorant. En mangeant, j'aperçois une... mariée (oui oui, tout de blanc vêtue, en ce dimanche, et par cette chaleur) ! En effet, le thermomètre est déjà monté à 35 °C, et inutile de vous dire que nous ne ferons pas de vieux os ici. Si certains se marient, d'autres se promènent à dos de chameau, ce qui est, ma foi, bien moins dangereux !

Par contre, sur le dos de celui-ci, il faudra être très très patient !





30 juin 2017 : 300 km d'Anatolie orientale, toujours vers l'ouest. Mont Erciyes. Nouvelle arrivée en Cappadoce, 7 ans après la première fois, et en venant de l'autre côté.

L'itinéraire





Une fois de plus, la région est parsemée de magnifiques montagnes au relief fort tourmenté et où l'érosion a énormément travaillé, creusant dans les parties tendres, ne laissant parfois que l'os, qui finira bien un jour ou l'autre à la casserole lui aussi. ce qui m'énerve dans tout ça, c'est qu'en principe, je ne serai pas là pour le voir ! Par contre, le bitume par ici est mauvais, bien noir, à l'aspect fondant ou fondu. Délicat, en moto, on ne sait pas sur quel pied -pardon, sur quelle roue- danser ! Au niveau températures, c'est le bonheur : la matinée se passera entre 19 et 24 °C, et ce pour deux raisons : d'une part, un vent à décorner des boeufs -nous faisant parfois peur !-, et d'autre part parce que nous passons plusieurs cols entre 1.800 et 1.900 mètres, et la route reste sur les hauts plateaux battus par les vents. J'avais presque froid, et je ne plaisante pas ! Bon, place aux photos...

Les voici, les hauts plateaux... Les étendues à perte de vue, jusqu'à plus soif, et parfois plus loin encore ! C'est lété, les fleurs envahissent l'espace elles aussi, et on les comprend. L'agriculture intensive s'est également invitée ici, elle a de la place, on la comprend. Mais... à quel prix ?

Le mont Erciyes, 3.917 m, point culminant d'Anatolie centrale, volcan endormi depuis le Miocène, domine majestueusement le territoire. La première fois que tu le vois, tu te demandes s'il ne s'agit pas d'un mirage. En effet, tu aperçois, en plein ciel, loin, très très loin, une couronne blanche, comme un diadème. Une montagne ? De la neige ? Franchement, ça te paraît hautement improbable. Puis, tu roules, tu roules, les kilomètres défilent, et le mirage s'efface, faisant lentement place à la réalité que tu soupçonnais sans vraiment y croire. Oui, c'est bien une montagne. Et il va dominer l'espace pendant environ 120 km, imaginez un peu... D'abord au loin, comme je le disais, puis de plus en plus proche et centré dans le cadre et au-dessus de la route, puis il passe lentement sur notre gauche, plus grand et plus proche, avant de disparaître derrière les centaines de buildings de Kayseri la grande ville. Puis, soudain, tu le retrouves, toujours aussi majestueux, mais dans tes rétroviseurs. Et une fois que tu as monté ta tente, au milieu de la Cappadoce, si tu regardes bien, tu le retrouves : il est encore là, seul, dominateur, toujours blanc malgré les 35 °C que tu sens et qui te collent à la peau. Oui, Erciyes, c'est bien le roi de toute cette région, celui qui a donné naissance à tout ce qui nous entoure, le maître incontesté des lieux, calme, serein, endormi. Mais méfies-toi, passant, car peut-être ne dort-il que d'un oeil, qui peut le dire ?

Je le sais parce qu'elle me l'a dit, rien qu'à moi : Anoukis se moque bien d'Erciyes. Elle, son truc, c'est le ruban d'asphalte. Oui, lui, elle l'aime vraiment, elle en bouffe jusqu'à plus soif, et quand tu la poses, elle ne demande qu'une chose : "open", mec, "open"... Quand elle dit ça, Anoukis, elle parle systématiquement de la poignée des gaz ! Je l'aime bien, Anoukis. Mais contrairement à elle, j'adore aussi ce qui entoure le ruban. Du moins, tant qu'il s'agit de nature.

Et la Cappadoce surgit du sous-sol. Ou plutôt, dame érosion a creusé la Cappadoce, pour notre plus grand plaisir. Ci-après, dans les rues de Ortahisar. Dernière photo : sur le mur du restaurant, un arc et son carquois...

Enfin ! Depuis le temps qu'elle était confinée dans son sac, ma toile de tente a retrouvé le grand air. Quel bonheur ! Décidément, le camping apporte une touche supplémentaire à l'itinérance, une touche de nature, sans les inconvénients du bivouac : j'apprécie la douche et les toilettes, ainsi que la sérénité de la sécurité. J'apprécie d'avoir la moto près de la tente, la caresse de l'air en mangeant dehors. Bref, quand il fait beau, c'est parfait !

Récit écrit le 30 juin à Ortahisar/Cappadoce,Turquie.






29 juin 2017 : petite journée de 212 km en Anatolie orientale, toujours route vers l'ouest.

L'itinéraire





Elazig, vue depuis le 5ème étage de l'hôtel, lieu du petit déjeuner. Peu désireux de revivre l'expérience d'hier (recherche d'hôtel dans une grande ville au fort trafic en plein cagnard), nous avons anticipé le travail sur internet, et en avons trouvé un dans une petite ville située à un peu plus de 200 km à l'ouest d'Elazig. Ce sera donc une petite journée de route, donc cool, photos, etc.

Belles montagnes, toujours sur de grandes routes qui s'étirent à l'infini.

Il faisait déjà 31 °C à 8h30 à Elazig mais, heureusement, nous prendrons de l'altitude et pourrons profiter d'une fraîcheur autour de 29°C... après le passage de la grande ville de Malatya. Désormais, un mélande de paysage méditerranéen et de grand ouest américain, ce qui donne... je vous le donne en mille... l'Espagne !

Arrivés à Darende vers 13 h, nous réservons de suite notre hôtel et partons à la découverte du château avant de nous installer. En fait, nous ne trouverons pas le château, mais un magnifique canyon aménagé et manifestement très réputé, vu l'affluence. Du coup, la faim aidant, nous restons manger dans un des nombreux restaurants jalonnant le parcours. Le patron de celui que nous avons choisi au hasard nous dit "only fish", et ça tombait bien, puisque c'était justement ce que nous voulions ! Cet intermède imprévu m'a rappelé à Nicolas bouvier, qui écrivait ceci : "En route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence." Je pense que je ne m'égare pas assez souvent, en fait !

Puis repos bien mérité à l'hôtel : farniente, sieste, prépa itinéraire du lendemain... La vie du routard est belle !

Récit écrit le 29 juin à Darende/Turquie.






28 juin 2017 : 334 km en Anatolie orientale, plein ouest. Chaud : entre 32 et 39 °C.

L'itinéraire





Quelques paysages... Après les steppes de la première partie, une végétation de type absolument méditerranéen sous de fortes températures. Pour finir le long de grands barrages. De très nombreux animaux sur la route, vaches, chevaux, et beaucoup d'ânes, il faut toujours rester prudent. Quelques cigognes. Repas de midi dans un petit restau ne payant pas de mine, mais quel délice. J'ai mangé un pot au feu avec des pommes de terres bouillies, un truc que je n'avais pas eu l'occasion de manger une seule fois depuis le départ. La viande fondait dans la bouche. Mais c'est normal en Turquie, tant ils savent cuisiner !

Les 100 derniers kilomètres se sont déroulés sous une température comprise entre 36 et 39 °C. La recherche d'un hôtel dans le centre ville d'Elazig a été une punition sévère, le trafic y est intense, il faisait 39, et les hôtels n'ont pas de parking. Comme tout le monde semble nous dire que c'est dangereux de laisser la moto la nuit sur le trottoir avec sac et valises, Bonnie ne voulait pas en entendre parler. Il a donc fallu prendre un hôtel plus cher, avec son parking souterrain minable car dangereux à négocier (forte pente se terminant en virage en dévers, tout ce que je déteste...). Le bon côté : un peu de luxe ne nuit pas....

Récit écrit le 28 juin à Elazig/Turquie.






27 juin 2017 : 50 km. Balade au coeur d'un grand volcan au-dessus du lac de Van.

L'itinéraire





Petit déj' tranquilou vers 7h45. Très bon. Nous prenons notre temps, nous ne sommes pas pressés. Le but est d'aller voir ce cratère sur lequel j'ai lu de beaux récits et vu de belles photos. C'est à 25 km du centre-ville de Tatvan. L'idée, c'était d'y aller en taxi ou en mini-bus, mais c'est assez cher, on n'est pas libre, et le personnel de l'hôtel comme les turcs prenant le "tchaï" devant l'hôtel m'ont tous dit que c'était goudronné, et même que la route était neuve. Alors, on y va avec nos bécanes et nos sacs, mais les valises sont pratiquement vides. Ecoutez, les photos parlent d'elles-mêmes. J'en ai pris 350, je ne me suis pas privé, comme dans mes grandes journées de "ride" en solo. C'était d'accord avec Bonnie, elle a roulé bien devant, mais on avait tout notre temps, et... je l'ai pris. Nous avions emmené de quoi manger là-bas au bord du lac du cratère, mais finalement, nous n'avions pas faim, il faisait très chaud, et nous avions vu ce que nous étions venus chercher. Donc retour à l'hôtel vers 13 heures, et après-midi tranquille.

Rencontre avec une tortue ! Les six premiers kilomètres sont, en effet, très beaux : le goudron est parfait. Mais ça se dégrade d'un seul coup, avec un mauvais passage, et tout le reste est en pavés, entretenus moyennement, avec des portions plus ou moins belles. Globalement, c'est quand même sans souci !

Le lac de Van en arrière-plan.

Très vite, nous sommes en vue du grand cratère et de son lac. En fait, il y a plusieurs lacs de cratère, et nous en verrons trois. Il y en a un dont l'eau est à 60 °C, sources thermales obligent...

Deuxième lac de cratère, plutôt petit. Il y a des pistes qui partent dans l'immense caldeira, nous n'en prendrons aucune.

Troisième et dernier lac que nous verrons, de couleur fort caractéristique. Est-ce celui dont les eaux sont chaudes ?

Et voici le grand lec, celui que je vous ai montré le premier. C'est la fin de la route. Nous restons un bon moment ici à admirer cette nature, à discuter aussi avec les turcs qui, comme les iraniens, sont heureux de faire des selfies avec nous.

Il y avait ici plusieurs dizaines de papillons qui s'agglutinaient sur de la boue. Dommage, mais les couleurs sont écrasées par le soleil de midi, au zénith !

Des femmes kurdes.

La ville de Tatvan où nous logeons, logée dans la partie finale du lac de Van, à l'ouest.

Tatvan encore. Et ci-dessous, les remontées mécaniques conduisant les skieurs sur les immenses pistes de ski en hiver.

Au retour, devant l'hôtel, tout le monde nous demande si nous sommes contents de notre virée. Le traditionnel "tchaïe" nous est servi. Je demande à l'hôtelier s'il sait où je peux faire retendre ma chaîne, qui pend de plus en plus. Il prend son téléphone, je m'assieds boire mon thé. Deux ou trois minutes seulement s'écoulent, quand cette belle petite moto arrive (ci-dessus) et s'arrête juste devant l'hôtel. Je dis à Bonnie, en riant : tiens, mon mécano qui arrive ! Et je vois le gars se diriger directement vers ma moto, et s'accroupir près de la roue arrière ! Non, pas possible ! mais si ! Il me demande si j'ai les outils, je réponds non, il repart et revient deux minutes plus tard avec les bonnes clés. Il fait le boulot. Le prix : 20 liras, soit 5 euros. Juste incroyable, le mécano est venu à moi en moins de 5 minutes, et dix minutes plus tard, tout était réglé ! Quand je vous dis que j'adore la Turquie !

Après-midi de repos. Ce soir, je demande à la réception où l'on peut manger du poisson. Coup de fil immédiat, réponse : là, au sommet de cet immeuble, en face de celui de l'hôtel. Effectivement, un restau au 7ème étage. Nous avons mangé un beau plat de poisson, pour 5 euros, avec vue sur le lac illuminé. Oui, je le répète, j'adore la Turquie.



Récit écrit et publié le mardi 27 juin au soir depuis Tatvan en Turquie.






26 juin 2017 : 357 km. A la recherche du Mont Ararat. Retour vers le lac de Van, par la rive nord.

L'itinéraire





Départ de bonne heure, puisqu'il fallait aller sortir les motos du passage commercial juste ouvert. Un iranien parlant très bien l'anglais me réveille l'hôtelier qui dormait du sommeil du juste. Cet iranien, jeune journaliste, et fort sympathique, a proposé son aide pour sortir les deux motos. Nous arrêtons acheter quelques victuailles dans une petite épicerie.. Le grand-père est attablé avec une partie de sa famille, et vient nous offrir trois oeufs à la coque encore bien chauds. C'est absolument incroyable, quelle gentillesse exquise, j'en ai presque les larmes aux yeux devant une telle générosité, une humanité aussi belle, et je ne plaisante pas du tout. Une fois de plus, je le redis ici, j'adore le peuple turc, profondément. Nous les mangerons un peu plus loin, avant de poursuivre notre route.

Laquelle route qui, après s'être éloignée du grand lac de Van, s'en rapproche de nouveau. Quelques photos.

Mais... je ne vous ai pas expliqué. Vous devez être surpris -du moins, ceux qui suivent les itinéraires- par le fait que nous montions au nord, non ? En effet, notre direction générale désormais, après avoir visité l'Iran, c'est l'ouest, naturellement, le retour vers l'Europe. Alors ? Souvenez-vous... Nous devions franchir la frontière au nord, près du mont Ararat, turc, mais situé juste à côté de l'Iran et de l'Arménie. Et pour moi, rater le mont Ararat, dont nous sommes si près (environ 200 km) n'était pas possible. D'où cette remontée, ce retour vers l'Iran. Le but, c'est la ville de Dogübayazit, regardez sur la carte du jour. C'est exactement sur cette route que nous roulons maintenant, au nord-est du lac de Van, après la ville de Muradiye. Les paysages sont magnifiques, il y a des dizaines de petits villages kurdes disséminés dans la steppe au pied des montagnes, les espaces sont immenses, des bergers et leurs troupeaux de moutons, chèvres, vaches se distinguent à peine dans ces grands paysages. Seule la route est de qualité inégale, mais ça va, on a vu bien pire !

Vous les voyez, les moutons ? Et encore, je suis au zoom maxi de l'appareil-photo !

Soudain, mon regard est attiré par une particularité nouvelle dans l'espace. Mais oui, on dirait... de la lave solidifiée. Oui oui, un champ de lave, c'est clair; comme en Islande, comme au pied de l'Etna. Fantastique. Immense. L'éruption a dû être absolument incroyable, terrifiante, pour générer des champs d'une telle ampleur ! C'est le mont Tendürek. Regardez.

Malheureusement, c'est ici que s'arrêtent mes rêves de voir le mont Ararat en Arménien, Agri en turc, point culminant de Turquie, et dont le sommet "est" le lieu où se serait posée l'arche de Noé, dans la bible des catholiques... Pourquoi ça ? Parce que, à 40 km du but, de Dugübayazit, il y a un contrôle militaire, une automitrailleuse, une barrière, et des grosses pierres sont disséminées sur la chaussée sur une centaine de mètres au-delà de la barrière. Vous avez compris ? Eh oui, la route, qui frôle la frontière iranienne sur une trentaine de km, est fermée, impossible de passer ! Demi-tour absolument obligatoire. Seule alternative, redescendre sur Muradiye, puis remonter vers Agri, pour atteindre mon but vers l'est. Soit une rallonge d'environ 250 km. Je suis prêt à le faire, mais pas Bonnie ! Le problème de ne pas être seul, c'est de devoir faire des compromis, d'accepter de perdre des trucs. OK, demi-tour, et abandon de cette cible. On décide donc, forcément, de retourner sur le lac de Van (pas d'autre choix, c'est la route de la Capadocce), mais du coup, on va passer par la rive nord, et on se donne comme nouvelle cible Tatvan, à l'autre extrémité du lac.

Les villages kurdes, disséminés un peu partout dans l'espace.

Où l'on retrouve le lac de Van !

Arrêt casse-croûte absolument délicieux, servi par des gars super sympas, à Ercis ! Sortie de la ville sur la photo suivante, où l'on peut lire "Güle güle", le au-revoir turc. Je vous laisse regarder les photos prises en suivant le grand lac.

Dernière photo peu avant d'arriver à Tatvan. Le premier hôtel est un 4 étoiles, trop cher pour nous, mais le gars me dirige sur celui qui est situé juste à côté, et en effet, ce sera le bon. Génial, et sacrée journée de "ride" une fois de plus. Dommage pour Ararat, faudra que je revienne encore une fois en Turquie !!!



Récit écrit et publié le mardi 27 juin au soir depuis Tatvan en Turquie.






25 juin 2017 : 292 km. Au revoir l'Iran. Re-bonjour la Turquie : Anatolie orientale.

L'itinéraire





Derniers paysages, dernières montagnes d'Iran. On devait partir à 9 heures, mais en fait, nous partirons à près de dix heures ! J'ai entendu Hossein rentrer tard dans la nuit, nous dormons en fait dans sa chambre, il dort sur un canapé dans la cuisine à côté. Il n'est pas de très bonne humeur, et le petit déjeuner commence dans un silence glacial. Une fois n'est pas coutume, c'est moi qui lance les débats, et petit à petit, Hossein va devenir sympa. Il a deux belles motos dans la cour, et nous apprenons qu'il les a fait venir illégalement, morceau par morceau, via des bateaux et Dubaï. Ici en Iran, on n'a le droit de rouler en moto que le vendredi. De plus, la cylindrée maximale autorisée est de 200 cm3 ! Vous savez pourquoi ? Pour cause de terrorisme : en moto, on peut tuer quelqu'un facilement et se sauver très vite... Du grand n'importe quoi ! Comme ses motos (de sport) ont été importées illégalement (pour éviter les taxes d'importation de 100 %), il roule aussi illégalement, sans assurance... Séances photos avant de partir, Hossein est un garçon très organisé. Les motos sont toujours placées au même endroit dans sa cour, son APN sur le trépied, retardateur, tout est bien rôdé. Puis il nous dit de le suivre. Il roule vite, très vite, trop vite pour moi, file de gauche, au-dessus des limitations... Je supporte difficilement. Heureusement, il fait bon et frais. Arrêt prévu ici, nouvelle séance de photos... Il faut dire que les paysages sont sublimes, et ça fait plaisir de voir de la verdure comme ça en Iran.

Arrivée à la frontière à Selo côté iranien, Esendere côté turc, à 10h50 heure iranienne, 9h20 heure turque (une heure de décalage seulement avec la France). Nous sommes de suite assaillis par les changeurs. Je dois dire qu'Hossein nous a bien aidés. Nous avons donc changé nos derniers rials contre des Lira turques... Ils ont dédaigné mon billet de 5.000 rials.... Je ne leur en voudrai pas, ça équivaut à 12 centimes... Finalement, pour 29 jours d'Iran, j'ai dépensé en tout et pour tout 625 €, essence, nourriture, hébergement, billets d'entrée des sites culturels, cartes postales, timbres, etc. Franchement, pas grand chose ! Hossein prend nos passeports et nos documents de carnets de passage en douane reçus à l'entrée dans le pays, et disparaît de notre vue. Commence une longue attente, à discuter avec des chauffeurs de bus, avec des militaires, avec des policiers, avec nous-mêmes... Il fait chaud, ici, et le décor est franchement laid : bâtiments administratifs, murs surélevés de réseaux de barbelés, miradors... Nous en avons marre, seul le plaisir de quitter l'Iran et d'entrer en Turquie nous permet de garder le sourire. Un policier tente de me faire admettre à quel point le ramadan est génial pour garder la ligne... Arguments bien maigres pour me faire accepter de telles privations ! Sacrées religions, qui s'emploient à brimer l'humain... pour bien le contrôler... Que de tampons, que de signatures... enfin, Hossein nous confirme que tout est ok, nous quittons l'Iran, il est... 12h30 en Iran ! 50 mètres plus loin, arrêt chez les turcs. Il est 11 heures... C'est plus cool, les sourires sont plus francs. Avec les iraniens, il y a toujours des sourires, mais nous avons appris à ne pas s'en contenter ! Une demi-heure plus tard, nous quittons enfin la frontière, nous sommes de nouveau libres. Plus de visa à la patte, plus de souci. Les contrôles de bagages, oui, mais seulement parce que nous sommes en zone kurde, pas parce que nous sommes des touristes à surveiller, là est toute la différence.

Nous sommes toujours en zone montagneuse, c'est superbe, il fait beau et chaud, que du bonheur !

Nous mangeons là, au-dessus d'une belle rivière au puissant débit, ce qui nous fait bien plaisir, après ces semaines de sécheresse. Puis les paysages changent doucement, l'espace s'aggrandit, les immenses steppes apparaissent, je pense à nouveau à la Mongolie, à l'Arménie aussi. Notre joie est juste freinée par les nombreux contrôles, faits avec un franc sourire, parfois avec un bonbon pour compenser le désagrément. Le summum a été atteint à Yüksekova, 4 ou 5 arrêts et fouilles de bagages dans la même ville truffée de militaires, d'abris bétonnés, je dirais aussi d'une cinquantaine d'automitrailleuses... Pauvres kurdes, ils sont bien gardés !

Nous mangeons là, au-dessus d'une belle rivière au puissant débit, ce qui nous fait bien plaisir, après ces semaines de sécheresse. Puis les paysages changent doucement, l'espace s'aggrandit, les immenses steppes apparaissent, je pense à nouveau à la Mongolie, à l'Arménie aussi. Notre joie est juste freinée par les nombreux contrôles, faits avec un franc sourire, parfois avec un bonbon pour compenser le désagrément. Le summum a été atteint à Yüksekova, 4 ou 5 arrêts et fouilles de bagages dans la même ville truffée de militaires, d'abris bétonnés, je dirais aussi d'une cinquantaine d'automitrailleuses... Pauvres kurdes, ils sont bien gardés !

Après un aller-retour inutile à Gürpinar, petite ville située 25 km avant Van, pour aller voir l'hôtel (il était bien là, et ouvert, mais il n'y avait personne !), nous entrons dans la grande ville de Van, située au bord du grand lac de Van, le plus grand lac de Turquie. Le premier hôtel trouvé sera le bon. Pas cher, sympa, en plein centre-ville, le gars nous fait entrer les motos dans un passage commercial fermé à clef la nuit. Il faudra juste les sortir demain matin à 7 heures. Dommage, j'ai oublié de faire une photo !

C'est dimanche soir, les rues sont bondées de monde, et notre première impression est : bonjour l'Europe ! En effet, c'est un changement considérable par rapport à l'Iran. Cafés et restaurants sont bondés, commerces extrêmement bien achalandés, c'est le bonheur, et nous allons déguster un repas enfin différent : ni riz ni poulet ! On se sent libres, les tenues vestimentaires sont totalement disparates, les femmes sont libres, que du bonheur ! Et j'avoue que Van m'a surpris très agréablement. Ville très moderne, je n'en reviens pas, et ça m'a fait très plaisir à voir.



Récit écrit et publié le lundi 26 juin au soir depuis Tatvan en Turquie.






Du 19 au 24 juin 2017 : 1.595 km vers le nord, de Kazerun (Iran) à Orumieh (ou Urmia), près de la frontière turque.

L'itinéraire





19 juin 2017 : Superbe remontée de 315 km plein nord, jusqu'à Semirom, via Yasuj.

Des montagnes sous toutes les formes, de la verdure qui revient, une température qui baisse (nous roulons maintenant dans la dizaine des 30 degrés, fini celle des 40), que du bonheur !

On voit même de la neige ! Après les épisodes à 50 °C, c'est un peu surréaliste. Malheureusement, sur un parking depuis lequel on savourait paysage et pause en paix, une voiture arrive, deux types en sortent. "How are you ?", "Welcome in Iran", phrases entendues des centaines de fois, avec de grands sourires. Puis, juste après, "passeport, SVP"... Ils sont allés jusqu'à regarder dans nos top-cases. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Bonnie et moi prenons immédiatement la décision : retour rapide, via autoroutes, abandon définitif de toute possibilité de rejoindre l'itinéraire officiel, envie de quitter le pays. Comment ne pas voir des flics dans toutes les voitures qui nous suivent, attendent sur le bord de la route...? On devient doucement parano, mais il y a de quoi !

A l'approche de Semirom, les paysages deviennent carrément sublimes. La route grimpe sur les hauts plateaux, l'espace s'aggrandit, l'air devient presque frais, c'est pour moi le bonheur. Je pense à l'Arménie, un peu.

C'est en arrivant à Semirom qu'a lieu le clash final entre Didier et moi, qui couvait depuis un bon moment déjà. Je lui dis de partir, je ne veux plus continuer avec lui. Le voyage se poursuit en compagnie de Bonnie. J'ai lu de tels récits de séparations lors de grands voyages, ce sont des choses qui arrivent, les caractères se dévoilent. Ceci écrit, ce n'est pas comme un divorce, il n'y a pas de gosses sur le carreau, ni mort d'homme. C'est la vie, ma pauvre Lucette. Heu, mon pauvre Didier ! Fallait pas m'parler comme ça...



Récit écrit et publié le dimanche 25 juin au petit matin depuis Orumieh/Iran.





20 juin 2017 : Belle journée de "ride" : 390 km vers le nord-nord-ouest.

Ici, à Semirom, première photo de la journée, au petit matin. Il fait frais, quel bonheur. Je n'ai pas fait de photo sur cette voie de contournement de la ville, mais je me souviens particulièrement bien à quel point c'était beau !

Beaucoup de diversité dans les paysages. Ici, des rizières venant lécher les avenues de la petite ville.

Hier, au restaurant de l'hôtel de Semirom, un client iranien, ayant entendu que Bonnie se renseignait pour faire du change, lui a dit qu'il pouvait aller chercher de l'argent au distributeur, et prendre ses euros, au taux que nous voulons. Et il l'a fait ! Plus tard, un jeune iranien type cadre supérieur branché est venu me saluer. Il avait entendu que j'étais français. Il travaille pour une entreprise française internationale, et est allé cet hiver à Paris et à Marseille. Il adore la France, et me demande si j'ai besoin de quoi que ce soit. Il me dit aussi que le taux de change dans les banques est de 42.000 Rials pour 1 euro. Fort de cette info, nous entrons pour la première fois dans une banque iranienne pour changer des euros. Après discussions, un des cadres accepte de changer -avec ses propres deniers- à 42.000 !!! Pour la première fois, je vois des billets de 1.000.000 de rials, soit environ 25 €.

Hôtel plutôt cossu, ce soir, et trouvé très facilement grâce à la base de données du GPS. Motos à l'abri dans un grand parking à deux pas de l'hôtel. Par contre, comme tous les jours depuis que nous sommes en Iran, le sempiternel brochettes de poulet et riz, je commence à le rejeter par les yeux. Et la soupe, me direz-vous ? C'est juste incroyable, mais en Iran, il n'y a qu'une seule soupe, c'est exactement précisément la même absolument partout ! Et elle n'est pas formidable, en plus ! Sincèrement, question nourriture, ce n'est pas follichon du tout. Ah, pour ça, la Turquie, c'est autre chose !



Récit écrit et publié le dimanche 25 juin au soir depuis Van en Turquie.





21 juin 2017 : Belle journée de "ride" : 352 km toujours vers le nord-nord-ouest.

Depuis plusieurs jours, les routes traversent des zones semblables à l'Ouest Américain sur des centaines de km, avec des montagnes incroyables, des volcans éteints, des massifs attaqués par l'érosion, des canyons et des fleuves à sec par dizaines, c'est absolument grandiose. Je rajoute aussi le vent, des mini-tornades qui se déplacent dans les grands espaces, les herbes piquantes vertes et/ou déssechées qui traversent les routes et les espaces façon "il était une fois dans l'ouest", bref, c'est quelque chose de très très beau ! Pour parler d'autre chose. Nous sommes repérés à grande distance, et nos passages dans les villages et les villes nous ramènent généralement des nuées de petites motos et de voitures qui veulent faire des selfies, qui touchent les motos, qui veulent savoir combien ça coûte, etc. A tel point que le soir, devant les hôtels, très vite les hôteliers cherchent un moyen pour mettre nos engins à l'abri des regards, voire sous clé !!! Ce soir, c'était le pompom ! Nous sommes dans un appartement-hôtel, mais pas de parking. En dessous, un restaurant turc. Le gars me propose de mettre les motos dans sa cuisine. Pas facile, au milieu de ses affaires, sans compter les difficultés pour rentrer ces gros engins par une marche souvent haute, après avoir passé un caniveau très profond, et un trottoir haut comme un tabouret !!! Dans l'après-midi, la tenancière, ne sachant pas que j'avais trouvé cette solution pour les motos, vient me dire qu'il n'est pas possible de les laisser dans la rue, trop dangereux, "not safe", ce qui ne me surprend pas, vu les attroupements générés ! Et vous savez quoi ? Elle a appelé les flics, qui cherchent une solution. Le gars du restau est venu me voir tout-à-l'heure, et m'a emmené 20 mètres plus loin dans la rue, au garage Toyota. Là, un gars vient me saluer, me montre son garage, me montre la place à côté de ses voitures, et me dit de mettre les motos là. Il va donner les clés à son pote le restaurateur, qui viendra m'ouvrir demain matin quand je voudrai partir. Et vous savez quoi ? Une voiture de police est venue, un carnet, un texte d'une page, qu'il a fait signer aux deux gars, tout ça pour me prouver que je peux dormir tranquille, que tout est sous contrôle, que les motos sont bien à l'abri, qu'il y a eu un contrat de signé ! Ces iraniens !!!! L'Asie, c'est quelque chose, quand même, d'assez extraordinaire !



Récit écrit et publié le lundi 26 juin au matin depuis Van en Turquie.





22 juin 2017 : De Abhar à Mianeh, 234 km. On incurve de plus en plus vers l'ouest.

De temps à autre, un nid de verdure, on ne sait pas pourquoi, dans ce monde de sécheresse !

Et de nouveau ces fantastiques paysages de type ouest-américain ! J'adore !

Une fois n'est pas coutume, nous mangeons nos paquets de chips au-dessus d'un pont sous lequel coule -plus pour très longtemps sans doute- encore une rivière.

La route traverse un magnifique petit massif montagneux peu avant Mianeh. Nous passons près du fameux pont Dokhtar, détruit pour rien en 1946 par les forces communistes attaquant les armées du Shah.

Encore de bien jolis mélanges de couleurs.

Puis c'est l'arrivée à Mianeh, où nous prenons l'hôtel indiqué par le GPS, merci à lui. Nous sommes déjà passés dans cette ville à l'aller, le jour où nous avions quitté Tabriz. De l'eau a coulé sous les ponts depuis !



Récit écrit et publié le lundi 26 juin au soir depuis Tatvan en Turquie.





23 juin 2017 : Journée "off" à Mianeh.

Notre correspondant Hossein, avec lequel nous avons négocié le Certificat de Passage en Douane, nous a informé que nous ne pourrions pas retourner en Turquie par le poste frontière de Bazargan, au nord, ce qui modifie notre itinéraire. Décidément, cette fin d'Iran ne se passe pas comme prévu ! Je le soupçonne de nous imposer le point de passage via Esendere/Turquie tout simplement parce qu'il se situe près de chez lui, et qu'il n'a aucune envie de faire les 350 bornes vers Bazargan comme initialement prévu. En effet, sa présence est nécessaire, ou celle d'un des gars avec qui il travaille (ce fut le cas lors de notre entrée). Or, si ce n'est lui, il doit certainement devoir payer quelqu'un ! Bref, nous faisons les frais de sa petite entreprise. Par ailleurs, il ne pourra s'occuper de nous que dimanche matin : conclusion, nous irons chez lui à Urmia samedi. D'où cette journée d'attente à Mianeh, où il n'y a rien à visiter !

Ah, voici l'explication expliquant le soin avec lequel les hôteliers iraniens ont toujours traité nos motos ! Elle est encadrée sur un des murs de l'hôtel.

Peu désireux de passer la journée dans la chambre de l'hôtel, nous décidons d'aller faire un tour en ville, à pied naturellement. Il n'y a pratiquement personne dans les rues, vendredi oblige ! Ces photos pour vous montrer la hauteur des bordures de trottoir ou autres : pas possible de les escalader avec les roues des véhicules ! Et la profondeur des caniveaux partout à ciel ouvert, il n'y a pas de canalisations souterraines en Iran. Attention en s'approchant du bord de ne pas y mettre une roue !

C'est triste et sans vie, car presque tous les commerces sont fermés. Or l'Iran, et l'Asie, sont passionnants quand ça grouille de vie.

Et voici la photo qui a déclenché la dernière aggression policière iranienne. C'était juste à côté de la place centrale de Mianeh, un grand rond-point. Là, il y avait des flics partout, militaires, policiers, toutes sortes de "costumes". On se demandait bien pourquoi une telle débauche de personnel, et de véhicules. Soudain, un gars en civil s'approche de moi, légèrement aggressif, et me demande mon passeport. Comme il n'a pas d'uniforme, je lui fais comprendre que je n'en ai pas envie : il hèle alors un gars en moto, aussi en civil, puis des policiers en uniforme s'approchent, dont un gradé. OK, police secrète en plus ! Nous n'avons pas nos passeports sur nous, ils sont à l'hôtel. Aussitôt, les téléphones portables sortent des poches, tout le monde y va de sa contribution, un autre me demande de voir mes photos, et là, je comprends : juste à côté se trouve une caserne bourrée de flicaille.... Vous pensez bien que je n'en ai rien à cirer de leurs casernes, et que je ne risquais pas de la photographier. Comme il m'énerve, je lui passe mon appareil-photo au cou et le laisse se débrouiller à faire défiler mes photos en plein cagnard, sur un écran où l'on ne voit rien du tout. Il n'a pas même l'idée de se mettre à l'ombre ! Pendant ce temps, une voiture en civil s'approche et nous demande de monter, comme on s'en doutait : ils nous emmènent à l'hôtel ! Bonnie s'énerve et rouspète, le gradé, qui voulait monter, hésite et finalement ne vient pas. Le chauffeur de "taxi" nous parle très bien en anglais -encore un espion !- et nous dit qu'il y a un "protest" aujourd'hui en ville (je traduis : une manif'), et qu'il est préférable que nous ne sortions pas. Nous sommes libres, mais là, c'est spécial, ce serait pareil en France pour lui... Il essaye de me dire que c'est normal, ils font leur boulot, et je lui dis que non, ils le font mal, ils en rajoutent beaucoup trop. Je suis très remonté, il le voit bien. A l'hôtel, ils sont déjà là, nos passeports dans leurs sales pattes, en train de les photographier dans tous les sens, le grand cinéma complètement débile et inutile. Asseyez-vous, ne vous inquiétez pas... Ben voyons ! Sympa, la promenade dominicale... Au bout d'un moment, je me lève et vais faire mon speech au comptoir, je sais qu'ils comprennent très bien. Nous, on aime l'Iran et ses habitants, mais vos contrôles, on en a raz-le-bol, et vous savez quoi ? Nous sommes heureux de quitter votre grand pays, où on ne peut même pas se promener en paix ! Interloqués, ils rendent les passeports, et la nuée de corbeaux s'égaille dans la nature. Et, oui, c'est indéniable, nous sommes contents de partir ! Reste de la journée à l'hôtel mise à jour du site, repos...



Récit écrit et publié le lundi 26 juin au soir depuis Tatvan en Turquie.



24 juin 2017 : 303 km de beautés naturelles vers Urmia et son lac, vers l'ouest.

La première partie, entre Mianeh et Tabriz, est la route que nous avions faite à l'aller. Ce jour-là, j'avais perdu toutes les photos faites au cours de la matinée. Les paysages y sont très beaux, la route suivant une très belle vallée, et je reconnais parfaitement les différents endroits où nous avions fait halte ! Une chance, donc, de pouvoir refaire quelques photos de ces belles montagnes.

Après le contournement sud de la grande Tabriz, nous entrons presque directement sur le domaine du grand lac d'Urmia. Enfin, du grand lac... en cours d'assèchement. Allez voir sur Internet la catastrophe écologique en cours ! En gros, des barrages ont été construits sur les rivières l'alimentant, l'agriculture intensive se développe et pompe et pompe l'eau comme les Shadocks pompaient, le réchauffement climatique -il a bon dos- serait responsable du reste. La teneur en sel y est devenue énorme, des tempêtes de sel (oui oui, ça existe) commencent à se produire (dont l'une très récemment) sur la ville d'Urmia (conséquence médicales dramatiques à venir), etc, etc. Bref, c'est l'horreur. Ses eaux ont changé de couleur en très peu de temps et deviennent roses, voire rouges. Je vous laisse regarder tout ça, car la route... traverse littéralement le lac. C'est gratuit pour les motos, comme tous les péages autoroutiers d'ailleurs, tous gratuits pour nous, avec à chaque péage un accueil de bienvenue de la part des contrôleurs.

Belle montagne entre le lac et Urmia la ville. Nous faisons notre dernier plein d'essence iranienne en entrant dans la ville, histoire de profiter une dernière fois du fabuleux tarif de 0,25 € le litre, puis nous allons chez Hossein, et sa guesthouse. 25 € par personne, pour une chambre minable, avec des lits superposés, pas de climatisation... Bref, vous l'avez compris, nous ne sommes pas très satisfaits, et j'avais d'ailleurs initialement décidé de ne pas y aller, ayant bien flairé l'affaire ! Malheureusement, les circonstances ont fait que je n'ai pas osé lui dire que nous allions à l'hôtel, alors que c'est lui qui nous conduit demain matin à la frontière ! De plus, Hossein n'est pas très sympa, nous plante le soir sans nous prévenir -je pensais que le repas du soir était inclus dans le prix- et nous envoie son petit frère qui nous conduit à 21 heures (de nuit, donc) à travers des ruelles au restaurant. Heureusement, le frérot, très jeune, se débrouille déjà fort bien en anglais, et est absolument adorable. Ne sachant comment retrouver notre chemin à travers le dédale de rues, il nous attend sur un siège au restau, en pianotant sur son smartphone. Je râlais au départ, mais nous passons finalement une bonne soirée au restau car, pour la première fois depuis notre arrivée dans ce pays, nous vivons de l'animation avec toutes les familles venues manger, c'était super sympa. Seul point négatif : la même soupe, le même chicken-rice... Demain, nous allons quitter ce fabuleux (cet bien l'adjectif qui lui convient) pays, et nous nous endormons avec des rêves mitigés, heureux de partir, tristes de ne pas en avoir vu assez... Mais c'est le voyage, il faut toujours avancer, c'est l'itinérance qui me plait par-dessus tout, et c'est bien ainsi !



Récit écrit et publié le mardi 27 juin depuis Tatvan en Turquie.






Du 14 au 18 juin 2017 : 1.320 km, de Shiraz (Iran) à Kazerun (Iran) via Bandar Charak, sur le Golfe Persique.

L'itinéraire





14 juin 2017 : De Shiraz à Jahrom, 282 km en route vers le sud-est.

Vieux pont sur une rivière presque à sec, ce qui est rare, car elles sont généralement complètement à sec ! Les paysages sont époustouflants, voyez plutôt !

Marchandes -assez rare- de cette petite boutique en bordure de route, qui acceptent gentiment de se laisser photographier.

Extraordinaire montagne plongeant dans un lac de barrage. C'est magnifique !

Plus aucune goutte d'eau dans le torrent !

La chaleur est absolument énorme et, à notre grande surprise, grimpe pratiquement aux niveaux vécus dans le désert du Lut : nous roulons cet après-midi entre 44 et 47 °C, inimaginable !

Dans ces décors somptueux, nous sommes de nouveau arrêtés à un contrôle de police, heureusement rapidement réglé. Quand même, ça nous pèse de plus en plus, la chaleur à supporter nous rendant peut-être plus irascibles. En effet, devoir attendre avec nos tenues sous ce cagnard pour de telles futilités est dur à encaisser !

Nous pensions vraiment trouver un hôtel dans la ville de Ghir. Malheureusement, il n'y en avait pas. Un pompier nous invite à nous reposer, nous offre à boire, nous propose une douche, et dit qu'ils vont nous trouver une solution. Un gars arrive, semblant gentil, puis deux gars nous disent d'attendre 5 minutes, la police va venir nous aider. Nous comprenons immédiatement que l'un entre eux a appelé les flics. Nous décidons de ne pas attendre et de partir, malgré leurs pressions de plus en plus fortes nous enjoignant d'attendre. Rapidement, un véhicule avec girophare nous dépasse et nous bloque. Passeports, photos, palabres, je me mets en colère : les gars nous demandent nos papiers alors qu'ils sont en civil, et ils circulent dans des voitures banalisées. Finalement, ils nous laissent partir après avoir clairement demandé à Didier où nous allons. Nous choisissons de nous détourner de notre itinéraire initial pour rejoindre Jahrom où nous savons que nous trouverons un hôtel. La route fut longue, bien que splendide, à cause de la chaleur extrême, de notre fatigue, et de notre colère vis-à-vis du comportement des policiers. Nous trouvons bien un hôtel, et tout eut été parfait, sans une nouvelle visite inopinée des flics, cette fois à l'hôtel : ils sont venus interroger Didier dans sa chambre. Lentement, l'Iran commence à nous agacer...



Récit écrit et publié le vendredi 23 juin depuis Mianeh/Iran.





15 juin 2017 : De Jahrom à Bastak, plongeon de 295 km presque plein sud.

Chaleur terrible, paysages fantastiques.

Nous décidons de nous réfugier sous un de ces dômes que nous voyons fleurir partout, pour nous protéger du soleil ardent en mangeant. Malheureusement, ce sont des réserves d'eau potable, et celui que nous avons choisi est vide d'eau, mais profond ! Nous restons dans l'ombre étroite d'une des entrées.

Notre plaisir de voyager a une fois de plus été gâché par la police. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'Iran est truffé de postes de police de contrôle, toujours bien signalés, avec des ralentisseurs qu'il vaut mieux respecter si on ne désire pas péter ses amortisseurs. Tous les véhicules passent donc au pas devant un policier//militaire (nous ne savons pas vraiment) toujours armé, et plusieurs hommes et véhicules prêts à démarrer. A l'un d'entre eux, j'étais le dernier de la meute, j'entends bien le gars m'appeler de loin, mais je fais le sourd et poursuis, très doucement bien entendu. Il ne s'est pas passé 30 secondes qu'une voiture nous rattrape avec sirène et nous bloque façon cow-boys. Des malades. Demi-tour, au poste. Là, devant nos tronches de colère et nos protestations, ils consentent à nous faire pénétrer dans leur cahute, ma foi bien isolée, avec clim. Ils nous apportent des chaises, nous offrent à boire. Mais prennent les passeports, téléphonent, palabrent, et finalement nous font comprendre de les suivre ! Vous savez quoi ? 50 bornes, jusqu'à Bastak, derrière leur caisse. Donc, stress, pas de photo, pas de paysages réellement admirés. Le tout sous 48 degrés. A Bastak, direction un poste de police en dehors de la ville, comme à Damghan, mais plus sympathique. Interrogation légère, puis escorte jusqu'à l'hôtel, aux prix très élevés, que nous avons refusés. Nous avons écrit le prix maxi que nous consentions à payer, le commissaire principal était avec nous, l'hôtel a accepté. Un excellent hôtel soit dit en passant, mais journée encore gâchée ! Et vous savez quoi : demain matin, ils doivent nous conduire hors de la ville. Fait .... Ben oui, quoi ! Pour l'anecdote : Les valises en alu sont intouchables sans les gants. Il n'est pas possible non plus de piloter la moto sans gants, on se brûle les mains sur les poignées !!! L'hôtelier voulait qu'on range bien les motos sur le trottoir, j'ai voulu la déplacer comme ça (je n'avais plus la tenue de moto) : j'ai été obligé de mettre mes gants, c'est fou, non ? Tu sors de l'hôtel climatisé, et tu te retrouves littéralement à l'intérieur d'un four, absolument incroyable ! J'apprends que nous sommes dans une zone sismique, il y a eu un tremblement de terre ici à Bastak en janvier 2014.



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.





16 juin 2017 : 275 km entre 45 et 50 °C, arrivée sur le Golfe Persique.

Chaleur terrible, paysages lunaires, martiens, surréalistes, comme vous voulez, regardez. C'est absolument inouï, mais pour nous pauvres motards, il fait vraiment trop chaud ! La journée a bien commencé par l'arrivée d'une voiture de police qui nous a accompagnés jusqu'à une route bien précise à la sortie de la ville. A mon sens, ils ont des choses à cacher dans le secteur, c'est du moins mon interprétation. Je conclus aussi la même chose pour les autres lieux où ils nous ont harcelés. Là, sur un ralentisseur énorme, Bonnie, roulant trop près de Didier, a une nouvelle fois mordu le goudron, et s'est fait mal aux côtes, elle aussi. Mais bon, à part de nouveau la valise, la moto n'a rien. Des flics passant là nous aident à redresser le montant. Vous savez quoi ? En fait, ces flics nous précèdent, et nous attendent, et nous accompagnent dans la station-service, tout ça pendant une cinquantaine de bornes. Comme c'est pénible ! Ils voulaient absolument s'assurer que nous passions là où ils avaient prévu ! Bref...

Nous approchons du rivage, ça sent la mer à plein nez.

Nous voici arrivés au point le plus au sud de notre voyage. C'est ici que nous entamons le voyage de retour. Nous allons remonter le long du Golfe Persique. Nous faisons une belle pause ici au bord de la mer, sous une de ces cahutes. Nous sommes à Bandar Charak, et Dubaï se trouve juste à une centaine de km de là, de l'autre côté ! L'air est "frais" : la température est descendue à 35 °C, c'est le grand bonheur. Malheureusement, la route que j'avais repérée, qui longe le rivage, n'est pas bitumée tout du long, et je refuse de faire de la piste par cette chaleur. Nous retournons donc sur une voie parallèle et suivrons la côte jsute de l'autre côté de l'étroit massif montagneux.

La punition est immédiate, nous prenons 10 degrés en 10 km... Puis, lentement mais sûrement, ça va continuer à monter. Le feu tombe du ciel, et nous voyons nos thermomètres monter à 49,5, pour ne pas dire 50 °C. Didier, devant, ne faiblit pas, et nous roulons imperturbablement. Plus personne ne fait de photos...

Mais au bout de plus d'une heure de ce régime infernal, Bonnie s'arrête, épuisée. Obligée d'aller s'allonger sous un arbre à 20 mètres en contrebas de la route, elle a du mal à respirer, nous n'avons plus beaucoup d'eau, je retourne dans le village que nous venons de dépasser. Pour comble de malchance, c'est aujourd'hui vendredi, donc dimanche, et les petites boutiques sont toutes fermées ! Un homme en voiture, me voyant chercher, s'arrête à ma hauteur. Je lui fais comprendre mon besoin d'acheter de l'eau fraîche, il me fait signe de le suivre dans les rues non goudronnées du village. J'arrive épuisé à sa maison, il me fait entrer dans la cour, asseoir, et va me chercher de l'eau fraîche, puis deux cannettes de jus de fruit, puis remplit ma grande gourde d'un liquide de type jus de cerise absolument délicieux, dont il m'oblige à boire deux verres avant de repartir. J'ai voulu le payer, il m'a répondu "Allah"... Merci à lui. Ci-dessus ma belle en train de m'attendre, à cet endroit précis, en plein cagnard, imperturbable ! Bonnie a doucement récupéré, l'homme m'a dit qu'il y a une grande station-service à 9 km : nous y allons. 9 kilomètres de moto, couverts, par 50 degrés, croyez-moi, c'est dur. Effectivement, il y a là tout ce qu'il faut. Nous achetons à boire, à manger, je prends des brochettes de poulet cuites sous mes yeux au barbecue, délicieux. Après une longue phase de repos, nous décidons de reprendre la route pour la ville de Parsyan, distante d'environ 50 km. Bonnie prend la tête, nous trouvons très vite l'hôtel, mais là, elle s'arrête et ne peut plus bouger. Nous rentrons sa moto, elle est obligée d'aller s'allonger, et il lui faudra plus d'une heure pour reprendre vie ! Dur dur la vie de biker dans le Golfe Persique ! Nous rions : le désert du Lut, à côté, c'était de la rigolade....



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.





17 juin 2017 : 275 km entre 45 et 50 °C, en remontant le Golfe Persique.

Pas question de se faire avoir encore une fois. Pour combattre la chaleur, il existe une solution : rouler très tôt le matin. Nous partons à 6 heures, car il a bien fallu attendre le jour ! Et ça commence plutôt bien, 27 degrés à 6 heures, ça va. On se dit que ça va le faire. Mais pas de bol. 40 km plus tard, arrivée en zone pétrolifère, des turbines qui crachent le feu partout, une forte odeur de gaz, et d'un seul coup d'un seul, la température est passé de 28/29 à 44 °C, pour ne plus baisser, et il n'est même pas encore 7 heures du mat' !!!!! Le soleil passe juste la montagne, mais la chaleur déboule des vallées, et semble aussi sortir du sol. Il faut le vivre pour y croire, hallucinant. Ceux qui roulent avec leurs petites motos ont la tête complètement recouverte, seuls les yeux sont visibles, mais ils sont en vêtements souples et aérés, alors que nous, avec nos tenues de cosmonautes pour la protection.... Nous roulons dans un four, nous cuisons à petit feu.

Mais nous avançons. Une belle pause au bout de 50 bornes, encore une autre, on se dit que ça va le faire, c'est gagné, il ne nous reste plus que 80 km. Nous venons de dépasser d'environ 10 km la ville de Khormooj, quand Bonnie réclame une nouvelle pause, seulement 35 km après la précédente. Elle est épuisée. Conseil de guerre. Il y a des hôtels à Bouchehr, au bord de la mer, nous le savons : 65 km d'ici. Peut-elle le faire ? Elle ne sait pas. Décision : demi-tour sur Khormooj, il doit y avoir un hôtel. Bingo !

Il y avait un seul hôtel, mais... plus une seule chambre disponible. Là, un garagiste Peugeot, juste à côté, après avoir compris la situation, a téléphoné à son père, qui est venu et nous a fait rentrer nos trois motos dans son garage, mis nos bagages dans le coffre de sa voiture, et nous a emmenés dans sa résidence secondaire, à deux kilomètres d'ici environ. Il nous a laissés dans une grande pièce dont le sol était couvert de tapis, une énorme climatisation, une TV, des WC et une douche dans la cour, et a dit qu'il reviendrait nous chercher demain matin à 7 heures pour qu'on reparte. Tout ça gratuitement. C'est une sacrée hospitalité, il n'y en a pas beaucoup en France qui feraient ça pour des inconnus qui passent. Sans son aide, on était mal.... Inutile de vous dire qu'on s'est tous allongés sur les tapis, et on s'est endormis instantanément, tellement on était épuisés. Ce n'est que près de trois heures plus tard qu'on a recommencé à avoir envie ne serait-ce que de bouger. Dehors, c'était du feu. Ceci pour dire que nous étions tous les trois, sans le savoir, très affaiblis. Et pourtant, nous buvions ! Sans doute pas assez, car un gars m'a dit hier soir qu'il buvait 6 bouteilles de 1,5 litre par jour ! Un autochtone ! L'après-midi, la soirée, la nuit s'écouleront paisiblement. Heureusement que nous avions quelques victuailles avec nous !



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.





18 juin 2017 : 195 km de Khormooj à Kazerun. Vers le nord-est, nous nous éloignons du Golfe Persique et de la fournaise.

Notre garagiste, pas peu fier devant la devanture de son garage, peu après avoir sorti nos motos. Comme convenu, il est bien venu nous chercher à l'heure convenue, 7 heures pile ! Quel homme sympathique, nous lui devons beaucoup. Nous ne ferons pratiquement aucune photo, malgré la traversée d'une zone montagneuse d'une beauté époustouflante, aux canyons profonds et étroits -et sans eau. Tout simplement parce que cette zone est surmilitarisée, nous apercevons au loin des tuyères révélant une nouvelle zone de pétrole, il y a des tas de contrôles. Heureusement, ils sont intéressés par les camionnettes, qu'ils arrêtent, et ne s'occupent pas de nous. Ouf, pour une fois, nous ne sommes pas concernés. Les températures, bien qu'atteignant les 42 ou 43 °C, sont quand même supportables. La recherche de l'hôtel sera pénible sous le feu, mais nous y serons de bonne heure. L'après-midi se passera en chambre, à la fraîcheur des climatiseurs, à se reposer et à préparer la route pour le lendemain. En effet, il faut se décider à abandonner le trajet initial, nous voulons fuir les fortes températures, et les options ne sont pas nombreuses : retour vers Shiraz, et les autoroutes... Ou bien prendre le risque de poursuivre sur le trajet initail, et de succomber à la chaleur ?



Récit écrit et publié le samedi 24 juin depuis Orumieh/Iran.






Du 3 au 13 juin 2017 : 2.790 km, de Damghan (Iran) à Shiraz (Iran).

L'itinéraire





3 juin 2017 : Journée de 300 km, Désert Dasht-e Kavir, marche arrière vers le sud-ouest.

Nous avions 450 km de désert à franchir. Ce désert qui me fait rêver depuis des mois, la journée qui, à mon sens, sera la plus extraordinaire de ce voyage ! On part à 7 heures, on fait le plein, et on roule. Partir à 7 heures, ça signifie un lever à 5 heures, dans la nuit finissante. Mais nous sommes excités comme des puces, et nous ne voudrions céder notre place à personne d'autre ! A peine partis, on s'arrête, photos de vieilles forteresses, on s'approche de l'une d'elles en quittant la route pour faire des photos des remparts de terre séchée et, juste après avoir rejoint la voie principale, on est arrêtés par la police, avec kalachnikoff en bandoulière. Vous avez pris des photos, faites voir, etc. En fait, il y avait une enceinte militaire juste à côté, ce fut notre "pas de chance". Cette petite affaire nous a coûté 5 heures de pourparlers, dont 3 heures sous le soleil cuisant à essayer de palabrer en vain, avec discussions au téléphone, flics en civil venant prendre nos passeports, revenant en nous interrogeant de nouveau, pour finalement être obligés de les suivre, direction retour dans la ville de Damghan (30 bornes) derrière la voiture des flics du renseignement, passeports et appareils-photos dans leur voiture, interrogatoire, effacement des photos, interdiction de traverser ce désert, obligés de prendre une autre route !!! Ils en sont encore au feuilles de carbone et aux épingles servant de trombones.... Bref, grosse expérience curieuse, intéressante maintenant, mais sur le coup, on ne rigolait pas. Du coup, amis lecteurs, je n'ai absolument aucune photo à vous proposer sur cette première partie de la journée !

Aussitôt sortis des griffes de la police, une fois l'enceinte militaire entourée de barbelés franchie, nous respirons de soulagement ! Dehors, les iraniens nous font des bonjours, veulent faire des photos, etc. Mais le coeur n'y est pas, nous répondons à peine, nous quittons cette ville au plus vite, direction le sud-ouest, obligés que nous sommes de nous conformer aux ordres : allez où vous voulez, mais contournez le désert, passez par Qom, cette ville ultra-religieuse que je ne voulais pas voir... Nous nous arrêtons manger sous des arbres, ça nous fait du bien, ça nous permet de "digérer" cette matinée perdue et ces espaces que nous ne verrons jamais ! Il nous a fallu un petit moment avant de recommencer à rigoler avec les Iraniens ! Heureusement, les paysages ressemblent à ce que nous imaginions, la route est belle et longe les montagnes de l'Elbourz traversées hier sur leur versant sud. A droite les montagnes, à gauche le grand désert. C'est beau, et nous reprenons vite goût à la route, au voyage, à l'Iran !

Nous roulons en bordure de cet immense plateau central désertique, aux espaces infinis. La température dépasse les 30 degrés, nous sommes pourtant à plus de 1.200 mètres d'altitude ! C'est beau, je suis heureux, je savoure à pleines dents.

Halte obligatoire près d'un caravansérail ouvert à tous les vents, ce qui nous permet d'y pénétrer. Que d'émotions en pensant aux milliers de caravanes de chameaux chargées de marchandises précieuses qui ont fait halte en ce lieu, protégées des pilleurs grâce aux hautes murailles !

Depuis le haut du mur d'enceinte, j'aperçois les restes encore bien conservées d'une ancienne mosquée que nous allons également visiter, curieux que nous sommes !

Comme je savoure cette route et ces espaces sans fin, où la vue s'étire aisément au-delà de 30 km...!!! C'est fantastique, je suis heureux, Anoukis ronronne comme une chatte comblée, elle aussi. Finalement, tout va bien dans le meilleur des mondes. Au loin, dans l'immensité, des mini-tornades se font et se défont au gré des violentes bourrasques parcourant ces espaces illimités que ma monture traverse sans sourciller, comme une promenade de santé. Et tout compte fait, en fin de journée, des policiers nous escorteront, avec girophare, pour nous conduire dans un hôtel, nous faisant oublier leurs méchants collègues du matin ! Pour finir sur une bonne note, le boulanger faisant son pain près de l'hôtel nous en offre trois, délicieux, qu'il n'était pas question que l'on paye ! Comment peut-on rester fâchés ?

Récit de cette mémorable journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





4 juin 2017 : 290 km en bordure des grands déserts de l'est, virage vers le sud-est. Kashan.

Départ de Garmsar au petit matin : on retrouve le désert au bout de quelques minutes, et ça me plait énormément !

A main gauche, encore et toujours, le massif montagneux de l'Elbourz, et la longue ligne de la voie ferrée. A un moment, je vois un train passer, minuscule dans l'espace quasiment infini qui nous entoure, vision presque surréaliste d'une machine humaine pourtant bien réelle.

Soudain, énorme surprise : des chameaux sauvages paissant sereinement à une centaine de mètres en bordure de l'autoroute. Choc émotionnel, bonheur total. Je suis aux anges ! Une pensée m'envahit, terriblement évidente : comme la terre est belle !

Plus loin, un immense lac asséché ne laisse apparaître que le résidu solidifié de ce qu'il contenait, un temps dissous dans ses eaux : le sel, couleur neige - seulement la couleur, la température extérieure enlève tout doute sur ce point-, recouvre le désert !

De nouveau, quelques chameaux : je m'arrête, de nouveau aussi, forcément ! Mes compagnons sont loin, et je me fais encore une fois arrêter par la police. Pas d'inquiétude, c'était juste pour discuter, et me prendre en photo. Mais toujours un petit stress, quand même... Ah oui, j'oubliais : l'autoroute est interdite aux motards... iraniens, ou plutôt, soyons corrects, aux motos iraniennes, jugées pas assez puissantes pour rouler aux allures minimum obligatoires sur le grand ruban noir! Par contre, non seulement elles nous sont autorisées, mais nous passons tous les péages gratuitement : le motard étranger est "welcome", et l'accès à la grande artère rapide lui est offert gracieusement.

De temps à autre, des vestiges humains fantômes semblent surgir de terre. Mais ne vous y trompez surtout pas, car c'est bien de l'opération inverse dont il s'agit : ils y retournent, lentement mais sûrement, à la terre natale dont ils sont issus.

Arrêt à Qom uniquement pour y faire boire nos montures. Les très rares points d'ombre sont pris d'assaut ! Nous nous empressons de rejoindre le long ruban d'asphalte.

Ici, une plus longue halte, pour faire quelques emplettes, boire un jus de fruit bien frais, manger une glace. Nous faisons des rencontres incroyables avec les iraniens. Tout le monde veut nous photographier dès qu'on s'arrête quelque part, les jeunes avec des petites motos nous suivent en ville pour faire des selfies (à Qom), des familles viennent nous saluer, certains nous offrent des présents. Ici, une famille dont le père parle français vient respectueusement nous demander l'autorisation de faire des photos. Ils nous avaient accompagnés tout un moment en voiture sur l'autoroute, nous faisant de grands signes en nous dépassant, puis en se laissant dépasser, afin de nous filmer. Peu après, alors que je retournais vers ma moto, le monsieur m'appelle : il vient d'acheter une très belle boîte de confiseries pour nous l'offrir (ci-dessous)! Franchement, les mots nous manquent devant tant de gentillesse !

Montagnes aux allures de dorsales de sauriens antédiluviens...

Kashan, vue depuis la chambre de l'hôtel, aux portes du désert et au pied des montagnes. 34 °C en ville, inutile de vous dire que la recherche de l'hôtel, épique, a été source de perte de pas mal de liquide sous forme de sueur ! En effet, nous avons refusé cet hôtel à cause de son prix, et sommes allés au centre ville chercher chaussure à notre pied. Malheureusement, rien ne nous a convenu. Et ce ne fut pas faute d'avoir été aidés ! Une fois par un gentil père de famille qui nous a conduits à une guesthouse jugée pas assez confortable. Puis de là, par l'adorable chauffeur d'un mini-bus complètement déglingué, qui nous a laissés près d'une autre guesthouse, dont l'accès en moto, par des ruelles minuscules, fut un calvaire inutile, en raison d'une trop grosse difficulté pour parquer nos bécanes, sans compter un confort tout spartiate pour un prix plutôt fort. Pour, finalement, retourner à l'hôtel que nous avions précédemment refusé ! Pas de chance, perte de temps inutile, mais si on savait tout à l'avance, où serait le plaisir ?

Récit de cette mémorable journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





5 juin 2017 : 263 km plus loin vers le sud-sud-est. Abyaneh. Ispahan.

Et ça continue... Sur l'autoroute, ceux qui nous doublent klaxonnent, restent à notre hauteur, nous filment, nous offrent de la nourriture à travers leurs vitres ! Il y en a un qui m'a tendu une pomme, à 110 km/h....!!! Un autre, une petite pastèque !!!!!! Le comble a été détenu par un qui m'a tendu une tasse de thé, le tout à environ 100 km/h !!! Ils sont incroyables, rien ne les arrête ! Et quand on leur dit qu'on adore l'Iran, alors là, ils craquent, c'est un immense bonheur pour eux ! En fait, ils ont soif de reconnaissance, c'est extrêmement clair ! Quand on est arrêtés, on créée l'attroupement, c'est à qui fera une photo ! Mais certains n'osent pas nous demander, ils sont d'une correction inimaginable, et plutôt timides et discrets. Mais si jamais on lève la main avec un sourire, alors là, ils se lâchent ! Ce matin, on s'arrête faire le plein à une station sur l'autoroute, et on se pose à l'ombre, histoire de boire un coup. Un gars installé sur un tapis, sur le trottoir, devant sa voiture, avec sa femme et ses deux enfants, comme ils ont l'habitude de le faire, vient aussitôt vers nous, et nous offre le thé. Didier met ses gosses sur sa moto pour qu'ils fassent une photo. Du coup, tellement reconnaissant et ému, il voulait qu'on prenne un repas, puis il nous a forcés à manger du gâteau, reprendre du thé, puis finalement a tenu à ce qu'on garde les verres !!!

Nous quittons ensuite l'autoroute pour faire un crochet vers un joli village préservé, en montagne, qui a pour nom "Abyaneh".

Famille iranienne rencontrée sur la route, que nous reverrons à Abyaneh un peu plus tard.

Dans le village, un peu comme nos "plus beaux villages de France". Notre visite sera très rapide, car le temps nous est compté, malheureusement, car ce village aurait mérité une demi-journée. Très vite, nous reprenons la route d'Ispahan, car nous désirons aller marcher dans le centre-ville cet après-midi.

C'est en taxi que nous irons visiter la grande ville. D'abord la grande place centrale, aussi belle que ce que j'en avais lu. Malheureusement, nous "tombons" juste le jour de l'anniversaire de la mort de Khomeyni, deux jours fériés pour cause de deuil national. Tous les commerces, ou presque, sont fermés. Alors, ça plus le Ramadan, pas de chance ! Nous visitons quand même la magnifique Mosquée Bleue, que j'ai trouvée incroyablement belle, beaucoup plus jolie que celle de Tabriz. Je n'ai malheureusement pas pu tout voir, ils ont fermé plus tôt en raison du jour férié ! Puis nous allons en taxi voir un des fameux ponts : splendide aussi ! Ce sera tout pour aujourd'hui.

Récit de cette mémorable journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





6 juin 2017 : Une longue journée de "ride" de 425 km, toujours plus loin vers le sud-est et les hauts-plateaux désertiques. Yazd. Sar Yazd. Zein-O-Din caravansérail.

De grandes étendues désertiques à perte de vue, une très forte chaleur malgré l'altitude élevée (plus de 35 °C à plus de 2.000 mètres !). J'aurais aimé faire plus de photos, mais il faut bien avancer, non ?

Le village de Sar Yazd, après la grande ville de Yazd, aurait mérité une demi-journée de visite, tant le nombre de vestiges y est énorme ! Une fois de plus, la chaleur sera la principale responsable de notre manque de courage. Le port de nos lourdes tenues étouffantes y est pour beaucoup, c'est évident, mais mieux vaut souffrir de la chaleur que d'être écorché vif en cas de chute, non ? C'est du moins notre conviction intime, et nous supportons nos fardeaux en silence...

Heureusement, nous arrivons au terme de cette longue journée de route une quinzaine de kilomètres plus loin : il s'agit d'un caravansérail entièrement rénové, et transformé en hôtel. Perdu au milieu de nulle part, c'est un lieu magique qui, malheureusement à mon goût, se trouve trop près de la grande voie. L'hébergement y est très onéreux mais, une fois n'est pas coutume, nous accepterons le prix trop élevé. La vue depuis le chemin de ronde est époustouflante, le repas est délicieux.

Très dommage : pour des raisons de sécurité, nous sommes enfermés la nuit et, malgré une promesse d'ouverture à 7 heures, il aura fallu attendre presqu'une heure l'ouverture des portes, m'empêchant d'aller me promener sur la piste avec une Anoukis libérée de ses bagages. Ce sera mon grand regret !

Récit de cette journée écrit et publié ce jeudi 22 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





7 juin 2017 : encore plus loin vers l'est, 303 km dans la province et jusqu'à la ville de Kerman.

Ah oui, pendant que j'y pense, parlons-en aussi... de l'argent. 1 euro = 41.000 rials. Jusqu'à 42.000. On compte avec 40.000, ce qui rend les calculs bien plus simples. Donc, avec des montants pareils, ça fait peur ! Alors, quand on se doit de l'argent entre nous, ça peut donner ceci : au fait, tu me dois 5.000 rials. Alors l'autre cherche un billet de 5.000, puis on se rend compte que, en fait, on se prend la tête pour... un peu plus de dix centimes !!! Donc les porte-monnaies sont pleins à craquer de billets de 50.000, 100.000, etc.... Le plus gros que j'ai vu est un billet de 1.000.000 de rials, soit 25 euros. C'est rigolo ! Et tout se paye en liquide pour nous, car il n'y a aucune carte bancaire étrangère reconnue!!! Donc le Rial, nom officiel de la monnaie. Mais les iraniens parlent et commercent en Tomans (prononcez "tomane"). Un toman égale dix rials, ceci pour faire des nombres plus faciles à maîtriser. Facile... pour eux, mais pas pour nous, il nous faut sans cesse réfléchir. Puis, pour simplifier le tout, ils ont inventé ce que j'appelle le "kilo-toman". Un kilo-toman, c'est mille tomans, soit 10.000 rials : vous me suivez toujours. Donc, par exemple, tu achètes une grande bouteilles d'eau dans une des innombrables petites boutiques fleurissant au bord des routes, le gars lève l'index, ce qui veut dire "un". On sait alors qu'il parle en kilo-toman, avec un si petit chiffre, ce qui fait donc 1.000 tomans, ou 10.000 rials, soit... 0,25 centime d'euro ! Ah oui, au fait, autre sujet agréable, le plein d'essence, quel bonheur ! Lorsque l'essence coule dans ton réservoir, tu vois sur le compteur de la pompe les chiffres du montant à payer défiler au même rythme que ceux des litres. 1 litre, 10.000 rials, 2 litres, 20.000 rials, etc... Au final, t'as mis 12 litres, tu dois 120.000 rials, ou 12.000 tomans. Donc, le gars te dit 12 (en kilo-tomans). Donc, tu dois donner, par exemple, un billet de 100.000 et 1 billet de 20.000 rials... Ah oui, mais ça fait combien, tout ça ? Quoi ? 3 euros ? Ben oui, parce que 1 litre = 10.000 rials = 1.000 toman = 1 kilo-toman =....... 0,25 centime d'euro !! Oui oui, vous avez bien lu, 0,25 € le litron !!!! Hé hé hé....

Les photos qui suivent reflètent plutôt bien l'environnement d'une journée normale de route dans ces régions des grands déserts de l'est. Je ne me lasse pas des paysages qui, pourtant, pourraient sembler monotones à certains. C'est tellement hors-norme, tellement différent de ce que nous connaissons en Europe, que je savoure chaque kilomètre. Ce qui est beaucoup plus difficile, c'est de supporter la chaleur. Non pas à cause de son niveau élevé, mais à cause de notre statut de motard européen, roulant casqué et protégé par des tenues aussi lourdes qu'épaisses et inconfortables sous de telles latitudes ! J'envie parfois les autochtones avec leurs petites motos Honda -ou autre- de 125 à 200 cm3, au son "pof pof pof" si caractéristique : ils roulent en T-shirt et amples pantalons bouffants, les pieds nus dans des sandales. Seul inconvénient : il ne faut pas tomber ! Je n'en ai jamais vu un seul à terre.

Il y a en Iran des dizaines de milliers de boutiques telles que celle-ci. L'inconvénient, c'est qu'on y retrouve partout pratiquement excatement les mêmes choses. Notre erreur a été de ne pas prendre garde au ramadan : il ne fallait pas venir à cette période, c'est trop triste, ni cafés ni restaurants ouverts. Mauvais choix, pensez-y lorsque vous préparerez votre voyage. Le pire, c'est que nous sommes pile-poil dans les mauvaises dates, puisque le ramadan a commencé le jour de notre arrivée, et se terminera le jour de notre sortie, et nous ne pourrons donc pas même vivre une seule journée de vie "normale".

J'aurais aimé prendre le temps de visiter un de ces villages construits en terre, si différents des nôtres, où les gens vivent presque "terrés", pour se protéger des rayons acérés envoyés par notre étoile préférée.

L'architecture étonamment futuriste de cette station a attiré mon appareil-photo mieux qu'un aimant l'aurait fait ! Avouez qu'elle a de la gueule !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





8 juin 2017 : 262 km. Incursion dans le Dasht-e Lut, le désert le plus chaud du monde.

Les choses sérieuses ont commencé peu après avoir quitté Kerman. Nous abandonnons en effet la route principale filant sud-est pour traverser un petit massif montagneux et accéder au grand désert, dans lequel nous nous enfoncerons en remontant au nord-est. En attendant, les montagnes nous offrent un spectacle inouï. Une fois de plus, je suis submergé par l'émotion comme à chaque fois que la nature explose dans toute sa splendeur. J'ai pris beaucoup de photos au cours de cette extraordinaire journée, et malgré tout bien moins que je ne l'aurais voulu. Je ne vous en offre ici qu'un timide aperçu, vous en aurez bien d'autres plus tard.

Cette très longue descente restera longtemps gravée dans ma mémoire. En bas, nous entrons sur les terres du grand Dasht-e Lut. En bas, les températures vont monter de dix degrés en quelques kilomètres. En bas, c'est un autre monde ! Nous ferons le plein dans la petite cité de Shahdad, porte d'entrée du désert, où la température est déjà de 43 °C !!! J'ai l'impression d'avoir changé de planète, d'avoir été téléporté, tant le changement a été rapide et brutal. L'air brûle, je dois fermer le casque, c'est la première fois que je ressens à ce point son efficacité thermique, c'est absolument flagrant. Je me laisse prendre à l'envie de l'ouvrir, mais à chaque fois, l'air brûlant me fait refermer le heaume en vitesse !

L'eau a manifestement coulé ici voici peu... Le sol est gorgé de sel. S'arrêter, descendre de moto, faire une photo, remonter et repartir sont des efforts coûteux en sueur : notre eau interne s'évapore à grande vitesse, boire devient vital. Je suis de type "chameau", je bois généralement peu, voire même très peu. Je me croyais bien protégé sur ce plan-là, je me suis trompé. Nous sommes ici à deux pas de Desert Camp, une sorte de terrain de camping aménagé et installé là en bordure du désert, pour les touristes.

C'est ici que nous passerons la nuit. Des huttes spartiates, mais protégeant fort bien des rayons mortels, sont disséminées sur un vaste espace. Toilettes et douches. Il y a même quelques bungalows avec climatisation : Didier négociera la location de l'un d'entre eux, merci à lui, ce fut tellement plus confortable. Il est midi, nous mettons les motos à l'abri, mangeons, buvons. Pas question de s'enfoncer maintenant dans le désert, nous attendrons 16 heures, que le soleil décline un peu. Malgré tout, la température sera encore de 44 °C lorsque nous déciderons de partir afin de rentrer avant que la nuit ne tombe.

Nous venons de partir. Bonnie, qui a du mal à respirer, décide de rester là se reposer. Le thermomètre d'Anoukis affiche 46,5 °C, regardez au-dessus du "N" à droite. Didier me dira qu'il a vu 48 °C, c'est possible, je n'avais pas les yeux rivés dessus. Il est 13h50 à Paris, ajoutez 2h30 pour avoir l'heure locale.

Une vieille forteresse en terre se trouve dans le petit village dont dépend Desert Camp, à une quinzaine de km du camp, juste avant la route principale que nous rejoignons et suivons en direction du nord-nord-est. Nous nous enfoncerons d'environ 60 km dans le désert. Quelques photos ci-dessous. A un moment, j'entends Didier m'appeler : je l'avais dépassé alors qu'il prenait quelques photos, et m'étais arrêté un peu plus loin. Sans son appel, je serais sans doute reparti sans me retourner. A son tour, il a mordu la poussière, et ne parvient pas à relever sa lourde monture. La remettre debout nous a pompé une grosse partie de notre énergie. Didier s'est fait mal aux côtes, mais la moto n'a rien. Nous décidons de ne pas poursuivre trop loin maintenant.

Ne croyez pas que les paysages soient monotones, loin s'en faut. Ils sont au contraire d'une très grande diversité, et j'espère revenir ici un jour pour aller plus loin dans cette immensité, pour l'explorer et la photographier bien davantage. Mais si je reviens, ce sera en voiture ! La traversée complète représente une virée d'environ 450 km, aller seulement, c'est vous dire la démesure de ce désert.

Je vois des pancartes annonçant ce que je pense être une aire de repos. Malheureusement, tout est abandonné, et dans un piteux état de délabrement. Heureusement, nous apercevons quelqu'un près d'un vieux bâtiment sans attrait : il s'agit en fait d'un poste du croissant rouge, la croix rouge iranienne. Nous y sommes reçus avec une immense gentillesse, le patron nous sert à boire, nous restons nous reposer et désaltérer environ une demi-heure, et ils nous donneront une grande bouteille d'eau fraîche en partant, qu'il ne nous a pas été permis de payer. Merci à ces hommes qui vivent terrés ici dans des conditions bien spartiates. Ils nous apprennent que les plus fortes températures sévissent en juillet, et oscillent entre 60 et 70 °C !!!

Nous venons juste de quitter nos secouristes, dont le poste est situé sur un point élevé. Voici la vue de la route plongeant vers Shahdad. Je ne ferai pas d'autre photo au cours du retour. Je roule devant, et vais progressivement accélérer le rythme : 100, 120, 130, 150, pour finir à 180 km/h sur ces immenses et longues lignes droites. Jamais je n'avais roulé aussi vite avec Anoukis, qui gardera une attitude absolument royale. J'adore ma moto, elle est impériale en toute circonstance, et ce fut une grande expérience de rouler à une telle vitesse dans cet environnement aussi hostile que beau, aussi inoubliable que je l'avais imaginé. Regardez bien cette photo. Vous apercevez nettement, sur l'horizon, une chaîne montagneuse, n'est-ce-pas ? Il s'agit de ces montagnes que nous avons traversées ce matin. Savez-vous à quelle distance nous en sommes ? Tenez-vous bien, car c'est absolument incroyable, mais elles se situent exactement à une centaine de kilomètres du point où la photo a été faite. Oui, je dis bien, CENT kilomètres. Hallucinant, non ?

C'est bon, je viens de quitter la grande route et m'enfonce sur la voie secondaire conduisant à Desert Camp. Route défoncée sur environ 15 km. Mais je décide de faire quelques photos sous le soleil couchant. Comme c'est beau !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





9 juin 2017 : 315 km. Vers le sud-ouest. Traversée de l'imposant massif du Hazaran.

Départ de Desert Camp au petit matin. Le soleil chauffe déjà bien fort.

Traversée de Shahdad. Nous attendrons Didier un moment à la station-service (ci-dessous), car il retourne à Desert Camp où il pense avoir oublié sa carte, qu'il ne retrouvera malheureusement pas. Et, comble de malchance, je perdrai ma propre carte, la seule qu'il nous restait, le lendemain !

Nous roulons entre différents massifs montagneux du plateau central iranien en suivant les vallées. Les montagnes sont belles, les espaces sont démesurés. La région entière est un livre de géologie absolument incroyable, et les étudiants en cette matière feraient bien d'aller visiter ce secteur ! Je vous laisse admirer quelques paysages.

Petit arrêt dans une boulangerie. Une voiture de police nous croise, et nous l'observons distinctement dans nos rétroviseurs faire demi-tour pour nous rattraper et nous arrêter pour voir qui nous sommes de plus près. Enervant !

Nabid, entre les deux chaînes montagneuses tarversées ce jour, est un hameau au croisement de plusieurs routes doté d'une jolie mosquée. Au loin s'élèvent les hauts sommets enneigés du Hazaran, culminant aux environs de 4.500 mètres d'altitude. C'est magnifique. Nous trouvons de l'ombre sous un chapiteau en construction afin de nous alimenter.

Descente vers Rayen et sa très fameuse forteresse (ci-dessous). Courte balade au pied des remparts sous le déluge du feu tombant du ciel. Quelle chaleur !

Je suis heureux de rouler de nouveau ! Une fois de plus, les paysages sont grandioses, et l'altitude nous permet de trouver un peu de fraîcheur (toute relative, car les températures demeurent supérieures à 30 °C). Les photos parlent d'elles-mêmes et se passent de commentaires ! Arrêt final dans la ville de Baft, où nous logeons dans le seul hôtel existant. Les motos seront parquées à l'arrière de l'hôtel, loin des regards des passants : en effet, un attroupement se forme en quelques minutes devant l'hôtel, ce que le patron ne supportait pas, et j'avoue qu'il avait bien raison !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





10 juin 2017 : 256 km vers le nord-ouest.

Toujours sur le haut-plateau central, nous nous éloignons toutefois des montagnes et les paysages se font plus désertiques et monotones.

A l'approche de Shahr-e Babak, nous faisons un crochet vers la montagne pour visiter un très ancien village troglodyte. De nouveau, je suis émerveillé par ces paysages peu courants, et les beaux arbres solitaires qui parsèment la steppe donnent au site un étonnant cachet. Je suis sous le charme, malgré l'étouffante chaleur !

Meymand est supposé être la première occupation humaine du plateau central iranien, datant de plus de 12.000 ans ! Le village est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous mangeons à l'ombre des arbres sur le parking. Un artisan iranien est lui-même en train de grignoter des graines. Il nous en offre, ainsi que du thé, et nous montre plusieurs plantes. Rencontre fort sympathique. Après manger, nous déambulons un peu dans le village, mais pas longtemps, en raison de la très forte chaleur ambiante : nos tenues motardes sont incompatibles avec une visite !

Nous sommes heureux de rapidement trouver gîte et couvert à Shahr-e Babak. Nos motos sont rentrés dans la cour de la cuisine, bien à l'abri des convoitises qu'elles suscitent systématiquement. Ci-dessus, un calendrier de Mickey sur le mur de la chambre !



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





11 juin 2017 : 253 km vers l'ouest. L'empire perse. Pasargades.

Nous les voyons très souvent dans la steppe, mais souvent loin, difficiles à photographier. Ce sont majoritairement des troupeaux de chèvres. Les bergers sont souvent à pied, de temps à autre sur un âne, comme ici. Les chiens ne sont jamais loin.

Un nouveau désert ? Non, il s'agit d'un grand lac asséché.

Des nuées de jeunes comme ceux-ci, sur leurs petites motos, affluent dès que nous nous arrêtons faire quelques emplettes dans une boutique en bord de route, dans les villes ou villages.

La région que nous traversons ensuite est absolument magnifique. De hautes barrières montagneuses au pied desquelles poussent de multiples cultures. Nombreux travailleurs dans les champs sous un soleil de plomb ! Une fois de plus, je me fais arrêter par une voiture de police qui a fait demi-tour pour me rattraper. Soi-disant un excès de vitesse, j'ai toutes les peines du monde à m'en débarrasser. Contrôle du passeport, etc. Heureusement, un type vient et m'invite à manger. Je dénigre son invitation en parlant de la visite de Pasargades que nous devons faire cet après-midi, ce qui plait aux flics. Oups, je suis libre. Mes deux compagnons attendaient devant, à distance respectable...

Pasargades, première capitale historique de l'empire perse. Vous voyez ici la tombe-mausolée de Cyrus II le Grand, 550 avant JC. J'ai toutefois été déçu par le site, qui ne contient pas grand chose de plus. Nous n'avons pas le courage de visiter les autres immeubles situés sur une distance importante, et marcher dans nos tenues sous cette chaleur écrasante s'avère toujours être une corvée !

Grâce à la base de données incluse dans la cartographie OMS de l'Iran installée dans nos GPS, nous trouvons asile dans une très belle gueshouse iranienne, dans la petite cité sise quelques kilomètres après Pasargades. Accueil parfait, motos parquées dans la cour de la maison des grands-parents (notre hôte nous ramènera dans sa voiture avec nos bagages), repas en compagnie de la famille, maison entière à notre disposition, WiFi, c'était vraiment un très bel hâvre de paix.



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





12 juin 2017 : 123 km. L'empire perse. Visite de Persépolis. Arrivée à Shiraz.

Vers Persépolis. Les paysages sont grandioses, les montagnes particulièrement belles, mais Didier ne semble pas les voir : il fonce ! Heureusement, j'en réussis quelques unes en roulant, ce qui est loin d'être facile !

Nous arrivons rapidement sur le site de Persépolis, grandiose. Il n'y a presque personne. Cette ville a été construite en 518 avant JC par Darius 1er. Je confirme que ce lieu est un incontournable culturel, et j'y passerais volontiers une journée entière. C'est difficile avec nos tenues, mais nous avons pu laisser nos vestes sur les motos, le parking étant gardé. Je vous laisse regarder les quelques photos sélectionnées parmi les centaines présentes sur ma carte mémoire. Inutile de commenter, ce lieu est suffisamment décrit sur Internet pour satisfaire votre curiosité. Les sculptures sont remarquables de précision, c'est monumental, et si d'aventure je revenais en Iran, je reviendrais sans doute ici en tenue plus légère pour y passer plus de temps. Bref, vous l'avez compris, j'ai adoré !

Après cette visite, nous filons vers Shiraz. La recherche d'un hôtel sous la chaleur accablante est pénible, mais nous en trouvons finalement un fort bien situé dans la ville, et nous y réservons deux nuits.



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.





13 juin 2017 : Visite de Shiraz.

Une des nombreuses cours à l'intérieur de l'hôtel. J'avoue avoir beaucoup aimé cette hotellerie, et je pense que j'y reviendrais avec plaisir si l'occasion s'y prête !

Je vous laisse découvrir Shiraz telle que je l'ai photographiée, à travers quelques clichés sélectionnés au hasar parmi des centaines. J'ai bien aimé cette ville.

Première visite pour la citadelle de Karim Khan. J'y ai particulièrement apprécié les bains. Pas de taxi, j'ai tout fait à pied, l'hôtel était très bien placé.

Les vendeuses à qui j'ai acheté des cartes postales, à l'intérieur de la citadelle. Nous avons discuté un moment, elles parlaient bien anglais.

Les bains dans la citadelle, somptueux. Belle conversation avec une dame raffinée.

Aperçu de la façade extérieure de la mosquée du Vakil, juste avant d'entrer dans le bazar du Vakil, comprenant quatre grands bazars couverts sous des voûtes de briques, et considéré comme l'un des plus grands du pays (comme les autres !). Déambulez avec mon appareil-photo...

Mosquée Nasir Al-Molk. Discussions intéressantes et non religieuses avec deux immams parlant particulièrement bien l'anglais. Elle est superbe.

Mosquée du Vakil. J'ai beaucoup aimé les cloîtres aux multiples colonnes ornées.

Dans les rues de Shiraz.

J'ai profité de cette visite pour faire du change au taux de 41.000 Rials pour un euro. Puis retour et repos à l'hôtel vers 14 heures. Une bien belle journée.



Récit de cette journée écrit et publié le vendredi 23 juin 2017, depuis la ville de Mianeh, Iran.






Du 28 mai au 2 juin 2017 : 1156 km, De Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne, à Damghan (Iran).

L'itinéraire





28 mai 2017 : Entrée en Iran. Tabriz.

Levés de bonne heure ce matin, car nous voulons être à la frontière avant dix heures. L'Arménie nous fait quelques siennes et n'est pas très sympathique, mais qu'à celà ne tienne ! Le premier contact avec les iraniens est très correct, les contrôles se succèdent, puis notre correspondant -nous utilisons les services d'un iranien pour le Certificat de Passage en Douane, je vous en dirai davantage lorsque j'écrirai le récit complet de ce voyage- vient chercher nos passeports. Quatre heures d'attente au total, c'est fatiguant, d'autant plus qu'il fait chaud. Il est finalement 14 heures (heure iranienne, + 2h30 avec la France) lorque nous franchissons la dernière barrière. Quelle émotion !

Nous évoluons sur une petite route surchauffée par les puissants rayons du soleil iranien et, comme vous pouvez le voir, le paysage est grandiose ! Je vous laisse un aperçu de quelques scènes choisies.

Nous arrivons en fin d'après-midi dans la grande ville de Tabriz. C'est toujours une corvée de pénétrer en moto avec nos lourdes tenues de protection dans une grande ville sous un soleil de plomb. Impossible de circuler plus vite que le flot des voitures, nos valises nous empêchant de nous faufiler ! La recherche d'un hôtel est fastidieuse et nous nous dirigeons finalement vers "le" camping de Tabriz, une zone où il est permis de planter la tente, il y a des toilettes et des douches. C'est dans un parc, que nous atteignons avec difficulté. Heureusement, nous tombons sur un professeur de français qui nous apporte son aide efficace. Nous réservons pour deux nuits, car nous avons besoin d'une journée pour visiter un peu la ville et, surtout, nous mettre dans l'ambiance iranienne. Elle commencera avec ce petit repas. Nous apprenons que nous arrivons pile poil au début du fameux ramadan et que, par conséquent, nous aurons du mal à trouver bistrots et restaurants ouverts ! La guigne !





29 mai 2017 : Visite de Tabriz.

Nous prenons le taxi (indispensable, car le parc est loin du centre-ville) et lui demandons de nous déposer près du Grand Bazar, connu pour être le plus grand d'Iran. Quelques chiffres : il couvre 75 ha, et un réseau de 36 km de ruelles ! Avant toute chose, nous faisons du change dans une boutique au taux de 41.000 rials pour 1 euro, alors que les banques changent à 37.000... Cherchez l'erreur ! Ensuite, nous déambulons dans les ruelles, un peu -beaucoup- au hasard. J'y passerais ma journée, j'adore photographier les gens et les étals, mais mes compagnons ne goûtent pas ça autant que moi, dommage ! Quelques photos...

Comme le temps passe vite ! Nous rencontrons deux frères à l'Office du Tourisme, dont l'un, qui parle parfaitement le français, est noté dans le "petit futé". Comme je lui montre le mien -version "mini" offerte par mes enfants, il le regarde très vite et me le redonne en faisant la moue : on ne parle pas de lui... Il est déjà midi lorsque nous nous accroupissons à l'ombre de ce qui reste de l'imposante citadelle de Tabriz datant du 14ème siècle. Un iranien parlant parfaitement l'allemand nous fait connaître les spécialités du Ramadan en patisseries, que nous dégustons là, en faisant connaissance et en rangeant nos "millions" à l'abri des regards...

Puis nous marchons jusqu'à la fameuse mosquée Bleue de Tabriz, qui ne m'a pas emballé plus que ça !

Il fait vraiment très chaud, et nous nous entêtons malheureusement à marcher jusqu'à la Grande Poste pour y acheter des timbres pour nos cartes postales. Que d'efforts pour rien. Nous assisterons là à une scène absolument ubuesque dans cette immense poste. Plein de guichets, de nombreuses demoiselles derrière les comptoirs. Quoi ? Des timbres ? Mais pour quoi faire ? Ah non, pas possible. Demain matin. Puis nous sommes trimballés de guichet en guichet, espérant à chaque fois que quelqu'un va enfin comprendre notre demande. On se croirait dans Astérix et la Maison du Fou ! Au final, personne n'a voulu nous vendre des timbres; une des employées se propose de nous les poster et nous demande d'écrire les adresses. Nous essayons de faire comprendre qu'on ne peut pas les envoyer sans écrire un peu de texte, mais... c'est l'Asie, et malgré l'anglais parlé par quelques jeunes femmes, on ressent une nette différence culturelle entre nous. Des cartes postales, en Iran... c'est complètement dépassé, désuet, c'est ce que j'apprendrai plus tard ! Bref, c'est finalement "épuisés" que nous regagnons notre camping, affalés dans les sièges déglingués d'un vieux taxi menaçant de s'effondrer sur lui-même à chaque virage... Quelle journée ! Nous la finirons en préparant notre itinéraire du lendemain.

Récit de cette journée écrit à Khormooj le 17 juin 2017, et mis en ligne à Kazerun le lendemain 18 juin.





30 mai 2017 : 270 km vers l'est et la Mer Caspienne.

Une magnifique journée de "ride", comme je les aime. Sauf que, malheureusement, j'ai perdu toutes les photos faites ce matin, sur la route et, aussi, au bord d'une petite rivière. Il y avait des grenouilles, j'en avais pris une juste avant qu'elle ne plonge. Et des petits poissons dans l'eau. C'est ici, où nous avons mangé, au bord de cette rizière, que s'est produit l'incident. L'appareil-photo ne voulait pas enregistrer et, machinalement, j'ai retiré et remis la carte mémoire. Et... hop, les photos du matin envolées... C'estbien dommage, car les souvenirs me reviennent en mémoire lorsque je regarde les photos. Donc pas de photos, pas de souvenirs... Enfin, si, je me souviens de la rivière, mais ça vous fait de belles jambes, n'est-ce-pas ?

Le soleil darde ses puissants rayons, les températures passent gaiement au-dessus de 30°C. Nous sommes pourtant en montagne, mais la chaleur devient suffocante dès que nous descendons dans les cuvettes. Les rizières bordent la route, dans des paysages magnifiques propices à l'imagination : nous venons de reculer de plusieurs siècles dans le temps.

Voici pourquoi. Je vois des hommes semant le riz à la volée, comme j'ai pu le lire dans des récits historiques, ou voir dans certains films. Mais l'action se passe sous mes yeux, le geste est beau, et je n'ai pas réussi à le saisir comme je l'aurais désiré. J'ai fait un geste fraternel depuis la moto, donc d'assez loin, mais le semeur l'a bien vu, m'a répondu amicalement et, dans la foulée, m'a fait comprendre qu'il m'offrait une tasse de thé ! C'est dommage de toujours courir comme nous le faisons, nous autres occidentaux. J'aurais aimé prendre le temps de descendre sur la berge, et de passer un moment à échanger avec ces hommes, mais je ne l'ai pas fait, mes camarades avançaient au loin, sur la route...

Dans ce hameau écrasé de soleil, cet homme nous a ouvert sa minuscule boutique. Quel bonheur de pouvoir se rafraîchir d'un jus de fruit bien frais ! S'en suit la traditionnelle séance de photos-souvenirs. Tous ceux qui passent veulent aussi leur cliché et, bien souvent, j'en oublie de les photographier, eux, alors que l'occasion est pourtant rêvée, puisque j'accepte moi-même de l'être.

La route plonge littéralement dans la grande ville de Khalkhal, où nous ne trouverons pas le type d'hôtel que nous recherchons, à savoir relativement bon marché. CC'est dans une petite ville un peu plus loin que nous trouverons par hasard notre bonheur.

Ecrit et mis en ligne ce 18 juin à Kazerun, Iran.





31 mai 2017 : petite étape de 122 km, dont une bonne trentaine sur de la piste.

Au départ, la route est goudronnée, mais nous ne savons pas jusqu'où.

Les montagnes plissées par l'érosion semblent avoir été froissées comme du papier par une main colossale.

Puis arrive la piste, attendue aussi bien que redoutée. Vous savez bien que deux roues ne sont pas suffisantes pour empêcher une chute ! Les photos parlent d'elles-mêmes : les paysages sont grandioses, la piste confirme ce qu'on attendait d'elle. Seul bémol : des travaux en cours nous ont rendu certains passages très délicats, et la sueur a rapidement trempé nos tenues de motards, mais c'est le jeu ! Bonnie goûtera à son tour le dur sol rocailleux, avec pour seule conséquence un support de valise déformé, qu'il faudra redresser le soir à l'étape. Pas de bobo, c'est le principal.

La piste se termine à l'arrivée dans le joli village montagnard et réputé appelé Massuleh. La chaleur y est intense, je n'aurai pas le courage de le visiter. Un aperçu...

Repas en ville, et en cachette -ramadan oblige. Le restaurateur, qui nous a repérés dans la rue, était fort sympathique. Nous avons commandé sans sourciller, la note fut salée... On doit toujours demander les prix AVANT, c'est la règle, sauf quand on est riche, bien entendu ! Bref, peu importe, ce fut une journée magnifique, et c'est bien la seule chose qui compte !

Ecrit et mis en ligne ce mercredi 21 juin depuis la ville iranienne de Abhar.





1er juin 2017 : la Mer Caspienne, belle étape de 328 km.

Trafic intense, circulation difficile : il faut être attentif à tout, ça roule littéralement dans tous les sens, les dos d'âne pour obliger les véhicules à ralentir sont de rigueur absolument partout -souvent vicieux, rarement signalés. Ajoutez à cela la chaleur, les odeurs pestilentielles des gaz d'échappement, multipliez le tout par 25, et vous aurez une vague idée de l'ensemble... Mais qu'à cela ne tienne, c'est le voyage, la découverte de l'inconnu, le suspense continu. Ici, une jolie mosquée sise au milieu des voies, qu'une pause bien méritée m'a permis d'immortaliser. Heu, enfin, plutôt, de capturer !

Enfin, nous pouvons voir le rivage de cette Mer Caspienne. Car, ici, le bord de mer n'est pas du tout mis en valeur, et ne semble pas intéresser les iraniens le moins du monde. Déjà, l'accès à la plage est difficile. Les routes en Iran sont très souvent des deux fois deux voies, sans rond-point (ou si peu...). Ils ont prévu ce qu'ils appellent des "U-Turn", permettant de passer sur la voie opposée. Comme nous roulons vers l'est, la mer est sur notre gauche, et donc inaccessible. Il nous faut un U-Turn, plus une route allant sur le rivage. Deux conditions rares, pour ne pas dire rarrissimes. Généralement, ce sont des chemins, peu engageants, et n'offrant aucune certitude d'accès à la plage ! Ici, c'était inespéré : un rond-point, une large avenue goudronnée, un parking : le rêve, quoi ! Première constatation : c'est sale, très sale, les sacs plastique, les détritus, se mêlent aux eaux grisâtres : peu incitatif au bain, peu engageant pour le baigneur ! Quelques rares touristes. Mais enfin, quoi, c'est beau : j'aime la mer, malgré tout !

Le femme peut aller à l'eau, mais doit rester couverte. Cette dame est une touriste très gentille, venue spontanément nous parler, pleine de joie de vivre et de bonne humeur.

J'ai omis de m'arrêter -et je le regrette amèrement- photographier les gens travaillant dans les rizières bordant la route, leurs larges chapeaux sur la tête, avec les montagnes en toile de fond : visions éphémères d'Asie du sud-est entraperçues à travers les arbres, les murs, rapidement, au rythme de notre déplacement dans l'espace. Dommage ! Ci-dessus, longtemps, bien longtemps plus tard, en fin d'après-midi, à Mahmoud Abad exactement, -ville pour le coup semblant bien tournée vers le tourisme côtier- nous avons cru pouvoir dormir à l'hôtel, magnifique. Mais les tarifs étaient d'un niveau très élevé, hors de notre budget, et réservés à la haute bourgeoisie iranienne ! Nous trouverons notre bonheur plus loin, après avoir quitté cette mer que je voulais voir. Nos motos dormiront dans un couloir, près des cuisines de l'hôtel, hors de portée -et de vue- de quiconque. L'extérieur, la nuit, ne semble pas être très sûr, loin s'en faut !

Ecrit jeudi 22 juin au petit matin, depuis la ville iranienne de Abhar.





2 juin 2017 : vers l'est et les déserts, 260 km à travers les monts Elbourz.

Ouf, nous longeons de nouveau une zone de rizières, malheureusement sans le décor montagneux à l'horizon. Le travail sous ce puissant soleil doit être harassant !

C'est ce boulanger qui a fait le pain le plus exquis que j'ai mangé en Iran, appréciation partagée par mes deux camarades.

Nouvelle zone de rizières dans un décor montagneux somptueux ! Lors de l'une de nos pauses, deux jeunes en voiture ont fait demi-tour pour venir nous voir, discuter et, surtout, faire des photos de nos motos. Sans omettre de nous faire cadeau de quelque nourriture avant de repartir !

L'espace s'étire et prend de l'ampleur, les yeux se perdent dans les immensités grandissantes. Au bout de cette longue ligne droite que vous apercevez en haut à gauche (et d'où nous venons), je me suis fait arrêter par la police ! Contrôle radar, excès de vitesse, je le reconnais, j'étais en train d'accélérer pour rattraper mes deux compagnons. Le flic me salue, demande mon passeport, me montre la vitesse à laquelle je roulais et me dit qu'il faut faire attention. Puis il sort son téléphone, me demande la permission de faire un selfie avec moi, des gens s'arrêtent, courbettes, photos, etc. Bref, incroyable. Juste après, on se pose dans la nature -au sommet de ce col, devant ce paysage grandiose- pour manger à l'abri des regards -ramadan oblige-, mais nos motos restaient bien visibles. Et comme vendredi -aujourd'hui- c'est pour eux dimanche, ils venaient nous voir derrière les rochers, nous apportant des sacs -oui oui- de fraises, de cerises, d'amandes, des gâteaux, etc, etc, c'est difficile à imaginer ! Plus loin, une des familles donatrices.

Lentement mais sûrement, la végétation se fait plus rare, la chaleur monte, la circulation diminue : nous approchons des déserts de l'est, et je dois vous dire que je suis émerveillé !

Sans le GPS, il est parfois bien difficile de comprendre les pancartes.... Rassurez-vous, elles sont presque toujours précédées -ou suivies- de pancartes écrites dans notre alphabet !

Damghan, le but de cette journée. Ces 60 km ont été extraordinaires, et resteront longtemps -du moins je l'espère- gravés dans ma mémoire ! Je vous laisse admirer ces photos qui ne sont qu'un très pâle reflet des merveilles naturelles offertes par la route. N'ayez crainte, je vous donnerai les plus belles en plus grande taille lorsque je serai rentré.

Nous trouvons heureusement facilement et, surtout, rapidement, un hôtel dans lequel nous nous réfugions avec délice. Dehors, c'est du feu, accompagné d'un vent très violent dont la force grandit de façon inquiétante dans la soirée. La tenancière nous rassure : demain, ce sera de nouveau le calme ! Je m'endors difficilement, essayant d'imaginer notre journée du lendemain, qui prévoit 450 km au coeur du désert Dacht-e Kavir.

Ecrit et mis en ligne ce jeudi 22 juin en soirée, depuis la ville iranienne de Mianeh.






Du 19 au 27 mai 2017 : 1.153 km, de Batumi en Géorgie à Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne.

L'itinéraire






Du 19 au 27 mai 2017 : 1.153 km, de Batumi en Géorgie à Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne.

L'itinéraire





19 mai 2017 : De Batumi à Gori, 300 km plein est à travers la Géorgie...

Dernière photo de la Mer Noire, que nous quittons dès le début de la journée. La pluie commence ici même, et on peut dire que la journée sera bien humide !

Tout est délabré, partout. Les maisons, les anciens "kolkhozes", les villages, les routes. Tout, presque tout est dans un état pitoyable, le pays semble être en dépôt de bilan ! Ci-dessus, dans un magasin, les femmes vérifient le résultat de la calculatrice sur un boulier ! Un retour en arrière d'un siècle, c'est juste incroyable. Je trouve que c'est pire que lorsque j'étais allé la première fois dans les Pays Baltes, il y a une dizaine d'années. Bien entendu, les gens sont sympas, nous questionnent, sont curieux, viennent voir les motos quand on s'arrête.

La nature, les paysages sont très étonnants. Je n'avais pas encore vu ça en Europe. J'ai parfois l'impression de me retrouver au-dessus d'une immense savane africaine (que je ne connais pas). La route domine en effet des zones immenses dans lesquelles paissent des centaines de vaches ressemblant à des zébus (de très loin). Quelques arbres, des fleuves et rivières partout, des zones de marécages à perte de vue et, au loin, des montagnes. Pluie, pluie, pluie, mais pas froide, c'est même plutôt une atmosphère d'orage, mais ce sont quand même des trombes d'eau qui nous tombent sur la tronche ! Ci-dessus, une accalmie. Paysages superbes, je vous le disais. Ah oui, la conduite des Georgiens : klakson systématique, partout, au moindre retard. Etat des voitures : de vieilles Lada complètement déglinguées... Bien sûr, quelques grosses berlines noires....

Ce soir, arrêt à Gori dans une chambre d'hôtes. Accueil parfait. Les vêtements vont directement sur une plateforme couverte mais ouverte au grand air. Nous décidons de rester la journée complète de demain. Gori est la ville natale d'un certain... Staline ! Allez voir sur Internet, il a même son musée. Ce soir, arrivée d'un groupe de motards polonais : discussion sympa, ils me donnent le mail du loueur de leurs motos, un hollandais installé à Tbilissi, je passerai le voir pour mes soucis de freins : en effet, j'ai constaté un bruit anormal dans ma roue avant, me semble-t-il, mais pas continu. On verra bien ! Journée écrite le 01/06 depuis la Mer Caspienne, en Iran ! A suivre...





20 mai 2017 : Journée de repos à Gori.

Toujours cette extrême humidité. Il a plu à verse une partie de la nuit, il pleut encore au lever. Notre hôtesse nous a préparé un copieux petit-déjeuner. Chance, le ciel s'éclaircit : notre hôte, qui fait aussi office de taxi, nous propose de nous conduire à Ouplistsikhé, l'un des plus anciens établissements humains du Caucase, située à une dizaine de kilomètres de Gori. Nous acceptons, le prix est ridiculeusement bas (moins de 5 euros pour nous trois !), et il nous attend pendant que nous faisons la visite ! Et ça valait vraiment le déplacement.

La chance nous a souri : il n'est pas tombé une seule goutte durant notre visite, qui a bien duré une heure trente, alors que l'orage menaçait d'éclater à tout moment !

La ville a été creusée dans la roche, c'est très impressionnant. Dommage, ces piliers de béton pour soutenir les voutes...

En bas, près du fleuve contournant le site, on aperçoit nettement les superstructures de la ville basse.

Dans une des grottes; dommage, la photo est mal choisie. Je vous mettrai les meilleures plus tard, au cours de l'hiver...

Sur le site, les époques se mélangent. Ici, les restes d'une église orthodoxe, sur un des points culminants de la vieille cité.

Nous devions ensuite aller visiter le monastère perché sur un pic au-dessus de Gori. Malheureusement, des trombes d'eau se sont alors abattues sur la ville, et il ne nous a pas été possible de quitter le taxi : il pleuvait des hallebardes !!! Pendant qu'il faisait son demi-tour, j'ai assisté à une scène biblique. Au pied du monastère, un homme égorgeait des moutons, et je voyais plusieurs hommes en train d'en tirer vers le sommet : les pauvres bêtes devaient sentir ce qui les attendaient, car elles freinaient de leurs quatre pattes. Notre hôte nous a expliqué qu'aujourd'hui était une grande fête religieuse... Il nous a ensuite conduits devant le musée de Staline, mais nous n'avons pas voulu y aller.

Nous sommes alors allés faire des courses, et je dois dire que c'est bien la première fois de ma vie que je vais faire mes courses en taxi, le chauffeur nous attendant patiemment près de la porte ! Les pièces de monnaie géorgienne sont plus légères que les répliques de monnaie des jeux de société qui sont en plastique...

Le reste de la journée a été passé dans notre guesthouse à préparer la suite du trajet, et à nous reposer. Ben oui, quoi, on a bien le droit de faire une pause, non ?

Récit de cette journée écrit à Kashan en Iran le 4 juin 2017.





21 mai 2017 : Vers Tbilissi, capitale de la Géorgie.

Première trace bien visible de notre destination, ce panneau m'a fait vibrer !

Au loin, une fois de plus, un des nombreux monastères georgiens, perché sur le point le plus élevé. La chance est avec nous, car la pluie, cette fois, nous épargnera. Finalement, nous arrivons à l'hôtel vers 11 heures, et allons repérer la situation de l'ambassade d'Iran, afin de ne perdre aucune minute demain, dès l'ouverture. NNous allons ensuite nous balader dans notre quartier avant d'aller nous taper la cloche dans une brasserie sise à deux pas de l'hôtel.





Du 22 au 24 mai 2017 : A Tbilissi, capitale de la Géorgie. Demande du visa iranien.

Partis en taxi à l'ambassade d'Iran pour y être à l'ouverture (8 heures), nous découvrons qu'en fait, ça ouvre à... 10 heures ! Heureusement, le soleil brille ! Le dépôt de notre demande n'a pas manqué d'être folklorique. Le gars qui nous a reçus m'a demandé d'aller faire un virement de 50 € dans une banque dont il ne nous donnait pas même l'adresse (!!!), et nous dit de revenir à 13 heures avec la preuve du virement, plus deux billets de 50 € en liquide pour mes deux camarades !!! Ce que nous avons fait. Réponse : revenez mercredi matin. Un hollandais faisant sa demande en même temps nous a dit que la partie en espèces correspondait au backchich....

N'ayant rien d'autre à faire, nous partons visiter la ville, vraiment très belle, pendant deux jours. Entre temps, je suis allé voir un mécano pour mes problèmes de frein : pas de souci, tout fonctionne parfaitement bien ! OK. J'emmène aussi mes deux camarades chez le mécano pour effectuer leur vidange.

Vous pensez bien que c'est le coeur battant que nous nous sommes présentés de nouveau à l'ambassade le mercredi matin vers 10h15. Et c'est avec une joie énorme que nous récupérons nos passeports, dont une page est remplie par le fameux sésame qui nous fait chaud au coeur ! Reste de la journée à savourer cette belle capitale et... notre joie ! Demain, nous reprendrons la route, yeeeeeeessssssssssssss !!!!!!!!!!!!!!!

Cette page a été écrite en Iran et mise en ligne le 11 juin 2017, depuis Pasargades, première capitale de l'empire perse, tout près du tombeau de Cyrus le Grand...





25 mai 2017 : Arménie, quelle merveilleuse surprise.

Après le passage de la frontière, et la constitution du dossier d'assurance nous permettant d'être couverts dans ce nouveau pays, nous découvrons une Arménie pauvre, très pauvre, encore plus délabrée que la Géorgie ! Les routes sont complètement défoncées, la plupart des maisons dans un état déplorable, les bâtiments industriels ou agricoles sont en délabrement inimaginable... Mais par contre, comme c'est beau ! Et chaud, très chaud.

Il y a des canyons immenses tant en largeur qu'en longueur, lesquels obligent à faire plus de 100 km rien que pour les contourner ! Je suis complètement subjugué par cette nature incroyable, et je reviendrai visiter ce pays plus en profondeur si l'occasion m'en est donnée.

L'altitude monte et, soudain, je vois des paysages de type Mongolie. OK, je ne suis jamais allé en Mongolie, mais cest flagrant. Un haut-plateau à 2.000 mètres, du vent violent, le regard se perd au-delà de l'horizon, et... nous arrivons sur un de ces grands lacs. Ici, en hiver, j'en suis certain, c'est comme en Sibérie du côté du Baïkal. Mon dieu, comme j'adore ces lieux, c'est juste merveilleux.

Cette page a été écrite en Iran et mise en ligne le 11 juin 2017, depuis Pasargades, première capitale de l'empire perse, tout près du tombeau de Cyrus le Grand...





26 mai 2017 : Arménie, toujours aussi belle.

Je vous le disais bien hier, des steppes à perte de vue, de puissantes montagnes encore enneigées sur l'horizon, des villages non pas de yourtes, mais qui y ressemblent fort. Etonnant, déroutant, mais succulent !

De jeunes gardiens de vaches et/ou de moutons et/ou de chèvres, portant de grands chapeaux à la manière des paysans boliviens... Mais, dans quel pays sommes-nous donc ?

Je vous laisse découvrir ces immensités sans vous distraires par des commentaires qui ne sauraient rendre leur juste valeur à ces paysages.

Ma dernière remarque sera d'ordre technique : Anoukis a mordu la poussière arménienne. C'est en m'arrêtant sur des gravillons -pour vous faire une photo !- qu'un petit coup de frein mal coordonné m'a fait perdre l'équilibre, côté droit. Pas de bobo, mes camarades sont venus m'aider à relever la bête. Tout va bien, plus de peur que de mal, mais bon sang, que la kangoo est plus sécurisante avec ses 4 roues, et que fais-je encore à poursuivre mes voyages en deux-roues ??? !!!





27 mai 2017 : Arménie, dernier jour.

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais le beau temps nous accompagne désormais depuis Tbilissi.. Grand ciel bleu et températures atteignant les 30 degrés sont désormais notre lot quotidien. Une recherche sur la météo en Iran pour les prochains jours nous apprend qu'il en sera de même là-bas, aussi ai-je définitivement remisé toutes mes sur et sous-couches dans le grand sac avec les affaires de camping... ça, c'est fait ! Bien entendu, ça ne change rien à la qualité des paysages, toujours sublimes, mais de type bien différent. Nous avons quitté les hauts-plateaux et les steppes pour revenir dans un paysage montagneux plus classique.

La prudence reste toujours de mise, bien évidemment. Là, j'étais bien seul, mes camarades étaient passés, et cette dame ne voulait pas m'ouvrir un passage ! Un automobiliste moins sourcilleux que moi m'aura ouvert la voie !

Notre route longe pendant longtemps la frontière avec l'Azerbaïdjan, là tout près, à portée de fusil... Ha ha, lorsque je croise de tels engins, moi qui ai pourtant l'habitude de rouler casque ouvert, je referme les écoutilles et retiens ma respiration, vous pouvez me croire, car ce que ces camions crachent n'est pas très recommandé pour mes poumons !

Une fois de plus, je vous laisse admirer, ça se passe de commentaires !

Petit à petit, pourtant, le paysage change, devient plus aride, la chaleur se fait plus lourde, les montagnes respirent moins. Nous avons réservé une guesthouse à deux pas de la frontière iranienne. Pour pénétrer dans le jardin de notre hôtesse, il faut tourner à angle droit sur une route dont la pente est d'au moins 30 %. Au moment où je m'exécute, j'aperçois une voiture dans mon rétroviseur qui s'apprête à me couper la route. La peur me fait redresser le guidon trop vite, et je m'affale très lourdement devant le portail. Je ne la sentais pas, cette entrée, mais le chauffeur de taxi responsable s'est pris une volée de mots que je taierai volontairement. Il s'en est fallu de très très peu que je n'aille passer ma colère avec mes grosses chaussures sur sa carrosserie ! Car ce n'est pas la poussière que je mords cette fois, mais bien le goudron, très ferme et imperturbable ! Une fois de plus, mes camarades m'aident à relever la pauvre Anoukis, dont le derrière s'est légèrement déformé. Heureusement, Didier, avec ses outils, m'aidera à redresser tout ça, plus de peur que de mal, donc. Seule ma fierté en a pris un coup : deux gamelles en deux jours, l'Arménie ne m'aime pas, mais je l'aime quand même ! Demain, nous rentrons en... Iran, but de ce voyage, et nous sommes excités comme des gamins de dix ans à la veille de Noël !

Journée décrite et mise en ligne le 12 juin 2017, depuis un hôtel sis à Shiraz, Iran.






Du 10 au 18 mai 2017 : 2.200 km, d'Istanbul en Turquie à Batumi en Géorgie.

L'itinéraire





10 mai 2017 : Au-delà du Bosphore, premiers tours de roue en Asie...

C'était prévu, mais ce n'est pas rigolo : il pleut ce matin. Nous partons de bonne heure afin de prendre nos billets pour le ferry. En effet, nous quittons Istanbul par la mer de Marmara, histoire d'éviter l'énorme ciculation de la grande ville. Après 75 minutes de bateau, nous débarquons à Yalova et roulerons la matinée entière sous les averses. Heureusement, la proverbiale gentillesse des turcs est bien là et atténue considérablement les désagréments dûs à la pluie. Repas dans un petit parc sur les tables d'un bistrot. Bien entendu, nous pouvons étaler notre boustifalle sur les tables et y manger. En Asie, on ne se prend pas la tête comme en Europe, et l'expression "à la bonne franquette" y prend tout son sens : c'est même un art de vivre, et j'aime ça. Nous prenons aussi l'habitude de boire les traditionnelles tasses de "tchaï" (prononciation du mot "thé" en turc) que nous apprécions bien. OOn nous en offre partout, à toute occasion, même dans les stations-service. Tout simplement génial.

La route turque, par temps sec, n'est pas forcément facile, mais quand elle est trempée, ça glisse. Il faut être très vigilant, mais la récompense est bien là !

Finalement, les nuages se dissipent, nous permettant d'apprécier à leur juste valeur ce qui m'a toujours subjugué : les immensités des paysages, la route qui part au bout de l'horizon, à perte de vue. Je suis ici dans mon élément préféré : la route, celle qui fait que je voyage, celle qui toujours m'attire, celle qui me donne envie de rouler encore et encore, sans que jamais ça ne s'arrête. Pour ça aussi, j'adore la Turquie, comme je l'avais écrit lors de ma première visite en 2010.

Les paysages de cette région sont saisissants de beauté, les villages toujours surprenants. C'est une région très agricole, nous suivons une vallée tortueuse pendant quelques dizaines de kilomètres. Chaleur et humidité sont de rigueur, on comprend que tout pousse ici aisément. C'est merveilleux !

Plus tard dans la soirée, dans un minuscule village perdu au milieu de nulle part, mais annoncé par un portique improbable et complètement disproportionné, une merveilleuse rencontre comme seule la route peut procurer : un groupe de petits vieux sur la place du hameau. L'un d'entre eux, qui a travaillé en France, parle français, un autre allemand. Nous sommes reçus comme des princes, on nous apporte le tchaï et les galettes, on nous en remplit un sac qui nous servira de repas le lendemain. Bref, le voyage entre dans une nouvelle dimension, l'Asie y est bien pour quelque chose, assurément ! Ils nous assurent que nous trouverons un hôtel à Nallihan, petite ville sise une cinquantaine de kilomètres remplis de virages plus loin, sur laquelle je prendrai mon pied, quel régal ! L'hôtel est merveilleux, un gendarme, puis une jeune femme, ont successivement pris leurs véhicules pour nous aider à le trouver : c'est beau, l'humanité, comme ça ! Bref, vous l'avez compris, ce fut une journée fabuleuse, de celles qu'on n'oublie pas !





11 mai 2017 : Autour d'Ankara la capitale...

Je vous parlais hier des grands espaces, de ces rubans d'asphalte s'étirant à l'infini, au bout du bout de l'horizon. Les voici vraiment aujourd'hui, tels que je les adore, disparaissant derrière les premières collines, revenant au-delà des suivantes pour finalement s'évanouir au sommet des monts plus lointains derrière lesquels ils disparaissent ! La suite se passe dans la tête : on imagine, on subodore, on devine.... Que c'est beau !

Quelques essais en roulant, pas très facile, il faut lâcher le guidon pour ouvrir l'appareil-photo, puis le mettre en route avec les gros gants sur un bouton minuscule, puis le diriger vers le paysage, puis attendre la mise au point, puis déclencher.... Pendant ce temps, les rafales de vent, les trous et bosses de la route entraînant du guidonage très dangereux, la circulation.... et Anoukis qui perd de la vitesse inexorablement, parce que je n'ai pas de régulateur de vitesse... Mais ça va, j'y arrive quand même !

Je me suis arrêté en 2010 à cet endroit précis, sur ma route du retour, et je me souviens exactement de ce lieu magique. Des groupes de canards passent sans cesse sous nos yeux émerveillés. C'est magique !

Je vous laisse regarder la route comme je l'ai vue en roulant....

J'avais mal positionné une étape sur le GPS; et nous nous retrouvons en train de traverser Ankara, la capitale ! Nous nous décidons à y manger, dans la banlieue, sous un kiosque posé en face d'immeubles très propres. Insolite, mais ça restera un grand souvenir !

Et nous renouons ce soir avec le camping, pour notre plus grand bonheur. Pourtant, je n'y ccroyais vraiment pas... NNous y rencontrons un couple de médecins d'Ankara, habitués du lieu, et avec lesquels nous avons mangé. Une grande soirée, un repas excellent (ah, la cuisine turque qui mijote, mijote.... ça fond dans la bouche !).





12 mai 2017 : Montée vers la Mer Noire

Un joli lac de barrage. Si nous avions eu le temps, nous serions descendus sur ses rives, mais le devoir nous appelle !

La route, encore la route, toujours la route : elle nous pousse sans cesse, car elle ne finit jamais, et c'est bien ce qui nous plait !

Pause pique-nique au bord de la route. Il fait beau et chaud, la nature est belle, la route aussi : nous sommes heureux.

Amasra, sur la Mer Noire : la voici donc, et elle est toute bleue !

C'est une très jolie petite ville, dans laquelle nous aurions aimé rester. Mais nous nous contenterons d'un traditionnel "tchaï" sur le port, et reprenons très vite la route. Un gars venu discuter nous a avertis : faites très attention, la route est très dangereuse, virages délicats et travaux. Nous n'allons en effet pas être déçus, et nous loupons des photos et paysages extraordinaires, car il a fallu s'accrocher au guidon ! Route vertigineuse, défoncée, aux virages incessants : ce fut très difficile, je vous livre ce que j'ai pu faire. Sans commentaires !

Et nous voici enfin arrivés à Cide (prononcez "Djidé"), 12.100 habitants comme nous l'indique la pancarte. Nous y trouverons un hôtel, après quelques demandes aux prix trop élevés. Encore une magnifique journée de "ride" !





13 mai 2017 : Toujours vers l'est; dans les montagnes de l'arrière pays.

Echaudés par l'état de la route côtière, nous décidons de prendre par l'arrière-pays. Bien nous en a pris. Très beaux paysages, et bon état de la route, nous sommes comblés.

Du coup, je fais de plus en plus d'arrêts photo. Finalement, nous nous séparons, chacun roulant à son rythme, histoire de se laisser un peu de liberté.

Le paysage change. Nous sommes désormais sur un haut-plateau et, malgré des altitudes comprises entre 1.200 et 1.400 mètres, la température est au-dessus des 20 °C. C'est délicieusement agréable !

Le GPS nous entraîne sur une petite route secondaire merveilleuse.

C'est finalement sous les sapins d'une jolie forêt, au-dessus de ce lac, que nous faisons la pause du midi. Encore un sacré souvenir !

Nous redescendons finalement du plateau pour reprendre la route du nord et remonter vers la côte.

Nous retrouvons alors les montagnes et roulons dans un décor de rêve. Nous ferons un arrêt dans une des nombreuses échoppes bordant la route, dans lesquelles les turcs vendent essentiellement du miel. Pour nous, ce sera du "tchaï" pour nous désaltérer !

Et nous finissons par atteindre comme prévu la Mer Noire.

Il fait très lourd, nous sommes en nage. Pourtant, nous ne sommes pas encore arrivés à l'étape. En effet, la route D010 sur laquelle nous arrivons ici à Catalzeytin longe le rivage sur une dizaine de km avant de faire un gros détour par la montagne pour finalement atteindre Ayancik, notre but.

Nous pensions qu'il ne s'agissait que d'une formalité, mais il ne faut jamais compter l'oeuf dans le cul de la poule, la route détenant toujours le dernier mot et, ce soir, elle nous réservait une bien... mauvaise surprise. La dizaine de bornes longeant le littoral est en travaux, et quand je dis travaux.... Trous, camions, engins de toute sorte, poussière énorme, nous avons souffert, debout sur les cale-pieds de nos bécanes pour mieux apprécier les passages, et tout ça sous nos lourdes vestes et un soleil cuisant. Bref, une punition qui, soit dit en passant, n'était pas méritée puisque, vous le savez bien, nous sommes sages comme des images !!! Je dois dire que Didier prend ça très philosophiquement et nous déclare que c'est un très bon exercice pour l'Iran... C'est vrai qu'il a sans doute raison. Au fait, cette photo vous montre la fin, rien à voir avec ce qui précédait !

Enfin, Ayancik. Un turc professeur d'anglais, puis un jeune turc baragouinant l'allemand mais me passant sa mère au téléphone qui, elle, parle un allemand parfait, nous aident à trouver place dans un hôtel posé au bord de l'eau.

Coucher de soleil en allant chercher un petit restaurant, dans lequel nous savourerons une fois de plus la bonne cuisine turque et bon marché. Ci-dessous, une des centaines de Renault 12 circulant encore en Turquie !









14 mai 2017 : Vers Samsun par les montagnes de l'arrière pays.

Deux éléments vont nous faire modifier l'itinéraire initial : pas question de poursuivre le long de la côte avec ces mauvaises routes dangereuses et ces travaux, et il va pleuvoir toute la journée sur le littoral alors qu'il fera beau dans les montagnes ! La décision est vite prise, et nous nous en féliciterons, car ce fut superbe. Je vous laisse admirer !

Travaux dans les champs... Image d'un autre temps ! Nous avons vu de nombreux tableaux comme celui-ci, ou du même genre, mais il est très délicat de sortir l'appareil-photo pour les immortaliser. Ces gens ne sont pas des animaux, et nous ne sommes pas dans un zoo. Du coup, j'en ai fait très peu, par respect pour eux, mais c'est dommage, car je pense que tout ceci est en train de disparaître.

Arrêt à Boyabat, magnifique cité dans laquelle il faudrait prendre le temps de flâner, mais comme d'habitude, nous ne faisons que passer. Nous y faisons quand même nos courses, en y achetant un poulet que nous nous partagerons.

Les turcs, toujours souriants et accueillants !

Après Boyabat, la vallée que nous suivons ressemble terriblement à des terres de rizières, actuellement en préparation, car nous voyons des gens travailler autour des plans d'eau.

Cigognes....

Nous longeons ensuite une très large et longue vallée, que je pense fermée par un barrage. En même temps, l'orage gronde, les éclairs fusent, et mes deux acamarades accélèrent pour passer avant la pluie qui menace sérieusement. Il se trouve que je traînasse comme souvent, j'ai bien du mal à les rattraper, pour constater qu'ils sont déjà bien mouillés (pas moi !!!) et se sont équipés pour la pluie. Remarquant donc qu'ils sont plus mouillés que moi, et que le ciel reste serein là où je suis, je me dis qu'il est idiot de courir, et qu'il vaut mieux profiter de cet arrêt en cassant la croûte, ce que je fais. Bref, je reste prudemment en arrière des gros nuages noirs. En attendant, admirez les paysages !

Enfin je réussis à en admirer une de près. J'en ai déjà vu deux sur le bord de la route, mais nous ne nous étions pas arrêtés. Je l'ai prise dans mes mains (un beau spécimen) et l'ai relâchée dans l'herbe loin de la route. Une belle rencontre.

J'assiste à de merveilleux jeux de lumière sur la surface de l'eau au gré des rayons lumineux. Puis je retrouve enfin mes deux compagnons trempés comme des soupes (je suis entièrement sec !) et m'attendant à la terrasse d'un bistrot, essayant de se réchauffer avec un bon "tchaï". Les pauvres, ils ont douillé, et la température a chuté de dix degrés !

Nous mangeons notre poulet dans une station-service. Le chien du patron n'est pas très accueillant, et, pour ma part, je ne lui donnerais pas le bon dieu sans confession ! Le collier entourant son cou est courant en Turquie pour les chiens de bergers, les gros Kangals, pour les protéger des attaques des loups, qui ne peuvent plus les prendre à la gorge !

La température remonte doucement. Nous retrouvons alors les grands espaces et les routes infinies. C'est de nouveau sur la Mer Noire, dans la grande ville de Samsun, que nous poserons finalement nos valises, dans le camping municipal de la grande ville. Nous n'en garderons pas un souvenir inoubliable, car situé entre la voie ferrée, la quatre-voie, les minarets, le bruit y est épouvantable ! Nous y ferons cependant de belles rencontres, notemment celle d'un jeune qui écrira en turc ce que nous voulons faire faire au mécanicien qui s'occupera denos motos, ce qui s'avèrera très utile par la suite ! La pluie revient dans la soirée, et doit se poursuivre sur la côte pour les prochains jours...









15 mai 2017 : Le long de la Mer Noire.

Nous avons encore le sourire, car il ne pleut toujours pas. Pliage de la tente juste avant deux-trois gouttes, c'est déjà bien. Ici, un bon "tchaï" dans une station-service.

Finalement, elle arrive comme prévu, gâchant tout : les paysages, le plaisir... Quelques photos arrachées entre deux averses.

La mer est forte et houleuse.

A Tirebolu, sous la pluie battante, j'ai envie d'arrêter, malgré l'heure : il est 13h30. Mes deux compagnons, questionnés, sont d'accord. Je discute le prix de l'hôtel assez luxueux et ça marche, on peut entrer. Ci-dessus, paysage depuis l'hôtel : végétation luxuriante, on distingue à peine les montagnes sous la bruine ininterrompue... Après-midi relaxe à l'hôtel, restaurant du soir délicieux aussi à l'hôtel. Nous y préparons le trajet du lendemain : direction l'arrière-pays et la montagne, on décide de quitter le littoral qui doit rester sous la pluie.







16 mai 2017 : Toujours plus vers l'est, en retrait du littoral, dans les montagnes, via Bayburt.

D'abord bien nuageux, le ciel, comme prévu, se dégage progressivement, pour nous découvrir des pans de plus en plus larges de couleur bleu. C'est le grand bonheur, avec des paysages de toute beauté, toute la journée.

Nous devions initialement rejoindre la Mer Noire en fin de journée. Mais nous avons pris notre temps, et nous décidons finalement de passer la nuit dans un hôtel très modeste au pied de la montagne. La douche n'est pas très chaude, c'est un peu spartiate, mais ce n'est pas cher, et la cuisine y fut, une fois de plus, extraordinaire ! De plus, au conseil du soir, nous décidons de ne pas retourner sur la Mer Noire mais, au contraire, de poursuivre dans les montagnes, car la météo est toujours aussi mauvaise sur la côte ! Bien nous en a pris, comme vous allez voir !







17 mai 2017 : Toujours plus vers l'est, fin de la boucle montagneuse, retour sur la côte.

Peu après le départ, j'aperçois des motos devant une échoppe, dans un village. Le gars nous conduit dans un autre garage, où un mécano -et sacré pilote, qui a manipulé Anoukis comme s'il s'agissait d'un vélo....- s'occupe de ma vidange et de la tension de la chaîne. Après 12.000 km, il était temps, quoi que, vu la vitesse à laquelle on roule, nos GS sont loin de se fatiguer...

Ensuite, que vous dire ? Les photos sont suffisamment éloquentes, je vous laisse admirer. Lacs de barrages de taille gigantesques, travaux pharaoniques, paysages incroyables : il était difficile de se forcer à rouler, tellement c'était beau ! Et avec ça, une météo parfaite !

Nous arrivons sur la Mer Noire à Hopa, sous une chaleur torride et lourde. Hôtel en bord de mer, très bruyant, mais nous étions heureux. Petit restau sympa. Demain, on change de pays !







18 mai 2017 : Entrée en Géorgie, arrêt à Batumi.

Passage de frontière : on quitte la Turquie.

Arrivée rapide à Batumi, située juste à côté.

Lourd et orageux, nous visitons à pied le centre-ville, un peu par obligation. La souscription de trois contrats d'assurance nous aura coûté une bonne partie de la journée.

Nous sommes également allés à l'ambassade d'Iran, qui nous a définitivement aiguillés vers TTbilissi, la capitale georgienne. Dont acte !

Finalement, nous prenons une grosse douche à cause de cette bureaucratie incroyable, et posons nos valises dans un petit hôtel indiqué par un iranien rencontré à l'ambassade : parfait pour nous, car nous ne sommes pas bien difficiles !

Fait et écrit en grande partie à Tbilissi, et cette dernière étape a été écrite à Goris, en Arménie. Bonne lecture !






Du 3 au 9 mai 2017 : De Zadar en Croatie à Istanbul en Turquie

L'itinéraire





3 mai 2017 : Toujours le long des côtes de Croatie

Pause repas du midi inoubliable, sur les rochers bordant cette magnifique petite plage.

Les kilomètres s'égrènent dans la joie le long de ce merveilleux rivage, la route s'étirant entre mer et montagne. Que du bonheur pour le motard.

Je me risque à prendre quelques photos en roulant pour vous le prouver, malgré un vent parfois violent.

Avouez que ça vaut le déplacement, non ?

320 km de côtes plus tard, nous faisons halte dans un camping de rêve face à une baie magnifique, peu après la traversée de l'enclave de Bosnie-Herzégovine (pour lui concéder un accès à la mer). Des camping-caristes allemands nous offriront une bonne bière avant d'aller casser la croute.





4 mai 2017 : Visite éclair de Dubrovnik - Entrée au Monténégro.

Encore une petite photo de cette jolie baie avant de reprendre la route...

... qui s'élève et nous dévoile une autre vue d'ensemble qui me donne envie de partir en kayak sur ces eaux transparentes. Je garderai en mémoire un autre panorama plus beau qu'un tableau de maître : dommage, impossible de s'arrêter pour l'immortaliser, il faudra encore une fois revenir !!!

Et voici le pont franchissant le grand fjord précédant la belle ville de Dubrovnik, et les grands bateaux de croisière toujours ancrés au port, lesquels déversent par centaines leurs passagers dans la belle cité-forteresse !

Le plan prévoyait une descente au coeur de la vieille cité, également dénommée Kingslanding dans la fameuse série culte Game of Thrones, ou GOT pour les initiés...

Nous y voici donc. Il fait une chaleur torride, et je crève de chaud sous mon armure...

Nous ne nous attardons pas, car contrairement à ce que certains pensent, nous bossons !

Dernier coup d'oeil sur la belle avant de rouler vers de nouveaux horizons.

Eh oui, nouvelle frontière : bienvenue dans le Monténégro, petit pays couvert de paysages extraordinaires. Nous ne longerons que sa façade maritime, mais je vous garantis que l'intérieur vaut son pesant d'or ! Cherchez sur mon site, vous devriez trouver quelques belles photos accompagnés de commentaires très enthousiastes. En tout cas, c'est devant ce paysage que nous dégusterons notre repas de midi.

La chance nous sourit : le petit ferry traversant la très fameuse baie de Kotor part sitôt notre embarquement. Cette baie est un de mes lieux préférés d'Europe, et j'envisage d'aller m'y installer quelques jours pour le plaisir d'écrire et/ou juste de savourer cette merveille naturelle.

Les routes en corniche se succèdent, et les paysages demeurent somptueux.

Nous nous posons en fin de journée dans un merveilleux petit camping situé au bord de cette plage. La pelouse est entourée par des oliviers sûrement centenaires, en tout cas fort majestueux. Le lieu est si magique que mon ami Richard le note dans ses favoris absolus, et dieu sait s'il a visité des campings dans sa vie de baroudeur !!!





5 mai 2017 : Albanie, le pays des forts contrastes !

Dernière photo prise au Montenegro, peu avant de rentrer en Albanie.

Le choc de civilisation est brutal : les années 1900 et 2000 se mélangent curieusement. Des femmes bèchent leurs misérables carrés de terre, les hommes coupent le foin à la faux, les grosses berlines noires allemandes aux vitres teintées et les téléphones portables sont là aussi... Ce pays, depuis ma première visite, me fascine. Malheureusement, la route est longue, la traversée de Tirana, la capitale, est un enfer, et nous ne faisons que très peu de photos, car l'étape est longue. Les paysages de montagne sont magnifiques.

Soudain, le grand lac Ohrid s'étale sous nos yeux émerveillés. Nous ne sommes plus très loin du bivouac.

Et quel bivouac fantastique, avec une pelouse plus anglaise qu'une vraie, sur les rives du lac. Une bien belle récompense !





6 mai 2017 : Albanie, puis entrée en Grèce.

J'avais depuis longtemps envie d'entrer en Grèce par ces montagnes du sud de l'Albanie et servant de frontière avec la Macédoine, la Grèce et la Bulgarie ! Je n'ai pas été déçu, elle sont merveilleuses. Dans les villages albanais, c'est un déplacement, avec la machine à remonter le temps, d'environ une centaine d'années en arrière. J'aimerais m'y attarder, mais il faut bien avancer ! Mon camarade Didier me le rappelle sans cesse en disant : "Jef, je te rappelle que le but, c'est l'Iran..." !!!

La frontière grecque est vite atteinte, et cette région aux environs de Kastoria est un régal. Nous voyons des panneaux signalétiques "attention : ours !". Ces montagnes sont très sauvages, et vaudraient quelques jours de route et photos. Une autre fois....

Quelques photos prises en roulant, avec une mise au point parfois ratée. Je vous laisse quand même voir pour vous faire une idée.

Ce n'est qu'en fin de journée que nous atteignons de nouveau le rivage méditerranéen, en l'occurence avec la Mer Egée, ici près de l'île de Thasos, au sud de Kavala.

Les montagnes de l'île de Thasos sont vaguement visibles au large. Le camping que nous découvrons est à l'abandon, dans un bien pauvre état, mais nous pourrons quand même nous y installer pour la modique somme de 5 €. Ceci dit, ça ne valait pas davantage, et il n'y en a pas un seul à 100 km à la ronde ! Je suis triste de voir à quel point les infrastructures grecques se détériorent, quelle misère, pour un pays si magnifique !






7 mai 2017 : Longue journée de ride, arrivée à Bizance la magnifique, alias Constantinople, alias Istanbul.

Kavala est une ville interminable. Heureusement que nous sommes partis de bonne heure, ce doit être infernal en pleine circulation. Par contre, regardez comme c'est beau !

UUne des dernières photos de Grèce.

Nous franchissons ensuite facilement la frontière turque. Et je retrouve avec joie les immenses paysages de ce beau pays, le ruban d'asphalte s'étirant à l'infini. J'adore ça, et ça me fait toujours le même effet : je trouve que le début de l'Asie se fait sentir ici, au pied de ces grandes steppes.

Istanbul. Je prends cette photo alors que nous faisons une halte tout près du but. Nous sommes épuisés par une circulation infernale, après avoir passé près de deux heures au pas sous un soleil de plomb au milieu des pots d'échappement et des klaxons incessants ! La pancarte "Sultanahmet" prouve que nous sommes tout près de la Mosquée Bleue, dans le quartier historique de la rive européenne d'Istanbul.

Peu après, à cent mètres de l'hôtel : enfin, nous y sommes, au coeur de ce quartier si chargé d'histoire ! Anoukis va pouvoir se reposer pendant les deux journées que nous allons passer ici, à pied !






8 mai 2017 : Visite d'Istanbul à pied.

Votre serviteur, ici au coeur de la magnifique basilique Sainte Sophie de Constantinople. Quelques photos...

Puis voici la non moins magnifique Mosquée Bleue, vue depuis l'esplanade Sultanahmed. J'adore cette place immense, ses jardins, ses monuments. Je vous laisse admirer la fameuse mosquée et la place en question : des merveilles.

Après une collation nécessaire pour nous remettre de nos émotions, nous partons visiter le très fameux Grand Bazar. Franchement, une ville dans la ville, avec ses rues, ses numéros, c'est absolument incroyable, et ça valait le déplacement ! Quelques photos parmi les dizaines et les dizaines....

Nous y trouvons enfin un bar : il était temps, nous commençons à fatiguer. Après nous être reposés à l'hôtel, nous sortirons manger, mais l'appareil-photo restera dans la chambre. Un énorme orage s'abattra sur la ville pendant le repas : heureusement, nous étions à deux pas de l'hôtel. Il fallait s'y attendre : la chaleur torride de la journée a fait craquer le ciel... Il en sera de même le lendemain !






9 mai 2017 : Istanbul toujours ; balade sur le Bosphore.

Nous décidons de nous offrir une petite croisière de deux heures en bateau sur le Bosphore et, très franchement, ça en valait la peine, pour un prix dérisoire ! Sans commentaires, je vous laisse regarder quelques clichés parmi les centaines (oui oui !) pris au cours de cette balade.

Ci-dessus le fameux quartier de Galata, un des plus anciens d'Istanbul, et sa jolie tour. C'est là que nous irons marcher après le tour en bateau. Dur dur, ça grimpe vraiment fort, mais ça valait le déplacement. Quelques photos à suivre.

Les pêcheurs sur le pont de Galata. Nous irons déguster les poissons fraîchement pêchés sous le tablier du pont. J'adore venir manger ici, et si je reviens un jour à Istanbul, je reviendrai m'y régaler, c'est sûr.

Vous le savez bien, tout a une fin...

Ces quelques lignes ont été écrites ce 21 mai depuis ma chambre d'hôtel à Tbilissi, la capitale de la Géorgie... La suite prochainement, si vous êtes sages !






Du 24 avril au 2 mai 2017 : De Lisbonne au Portugal à Zadar en Croatie

L'itinéraire





24 avril 2017 : Vers Madrid

La journée du 23 avril, magnifique, très chaude, a été consacrée à la visite de Lisbonne, en bus et à pied. Et j'ai eu la bonne idée de laisser mon appareil-photo au camping !!! Mes camarades ont fait des photos, ils m'en donneront sûrement quelques unes ! Du coup, je commence donc ce petit récit par le 25 avril, jour où nous avons repris la route. Nous ne sommes plus que quatre !

Magnifique petite ville entourée de remparts et perchée au sommet d'une butte, où la reine Isabelle du Portugal a laissé son empreinte : nous allons y prendre de quoi nous désaltérer !

Pique-nique en pleine nature, sous une chaleur étouffante : nous avons cherché l'ombre !

530 km plus tard, quelque part en Espagne, nous ferons halte dans un petit camping.





25 avril 2017 : Vers le nord-est et la France, Madrid, Saragosse... 545 km

Nous terminons sur les bords de l'Ebre, le grand fleuve espagnol se jetant à Barcelone. Nous décidons de prendre une journée de repos : lessive, Internet, études des itinéraires. Le temps se gâte, et se rafraîchit...





27 avril 2017 : Retour en France, 460 km

Heureusement que nous avons regardé la météo des prochains jours, qui va bouleverser le trajet initial ! Nous devions rejoindre la Slovénie en traversant les Alpes, mais nous apprenons qu'il neige là-haut à gros flocons... Le froid nous rattrape plus vite que prévu, car nous roulons sous la neige en Espagne, dans le passage du col entre Vic et Olot ! Nous nous réchauffons très difficilement dans un bistrot.

Le sud de la France nous accueille avec le soleil, et nous roulons vers la chaleur avec bonheur. Camping près de Béziers, après m'être acheté une nouvelle paire de chaussures, enfin étanches ! Je laisse mes bottes BMW sans regret, et mes petits pieds reprennent vie, ouf !





28 avril 2017 : Le sud de la France, vers l'est.

Et le mistral gagnant !!! Didier nous fait un crochet aller-retour aux Saintes-Maries-de-la-mer.

Le vent est très violent, mais au moins il fait chaud, et il n'est pas question de remonter vers le nord.

Fin de journée dans un petit camping près de Brignoles..





29 avril 2017 : Passage en Italie.

Oups, les embouteillages de la Côte d'Azur sous une chaleur torride... Heureusement, la moyenne corniche.... Echappée sur Monaco.

La plage de Menton...

Puis on quitte le littoral pour passer par le col de Tende... Oups, pas de neige, très long tunnel.

Oups, nous avons franchi les Alpes. Après Cuneo, nous retrouvons les plaines du nord de l'Italie. Peu de circulation, une Italie inconnue, petits villages, très sympa. Une bien belle journée, et un souci en moins. Pendant ce temps, il neige à Briançon !!!






30 avril 2017 : Toujours en Italie, vers le nord-est et l'Adriatique.

Les petits villages italiens endormis.

Camping sur les rives du lac de Garde.






1er mai 2017 : Italie, Slovénie, entrée en Croatie. Longue étape de près de 500 bornes.

Encore les petits villages italiens endormis.

Dernières petites routes italiennes, après la côte vénitienne.

La côte adriatique, en Croatie : à chaque fois un émerveillement !

Miam miam, la fricassée de petites sardines dans ce petit port au pied du camping !






2 mai 2017 : une journée le long des magnifiques rives de l'Adriatique en Croatie.

Une journée de rêve, se terminant dans un camping de rêve à Zadar. Que du bonheur !






Du 16 au 23 avril 2017 : Le Portugal

L'itinéraire





16 avril 2017 : longue traversée de l'Espagne d'ouest en est !

Une journée d'autoroute, fastidieuse mais nécessaire pour rejoindre Braga au plus vite. Le soleil est là, la chaleur aussi, et c'est bon de rouler ensemble, même si c'est un peu monotone. Au premier plan, la belle de Didier, Kunigonde. Derrière, la "G" de Bonnie. Au fond, Anoukis la merveilleuse, que je commence doucement à prendre en mains.

Camping super sympa dans un très beau cadre : nous sommes dans un parc national, les vacances commencent réellement. L'accueil portuguais est adorable, nous retrouvons nos deux derniers camarades, Richard le hollandais et Jérôme le français madrilène. Nous sommes désormais au complet : huit !!!





17 avril 2017 : fantastique journée dans la sierra de Estrella.

Premier arrêt photo panorama du voyage. La météo nous a été très favorable, les paysages sublimes. Impossible de compter le nombre de virages : tout ce dont je me souviens, c'est qu'il n'y a pas eu une seule ligne droite ! J'ai du mal à manoeuvrer Anoukis, parce que je suis perché sur la pointe des pieds, et je suis à la limite de la perte d'équilibre lors des arrêts/départs. Je finirai par définitivement retirer le "AirHawk" emporté pour protéger mon auguste derrière, et je me suis soumis à l'implacable attitude de Richard le hollandais : c'est le derrière qui doit se faire à la selle, et non l'inverse ! Dont acte. Bref, ce fut une journée absolument parfaite, et riche en apprentissage du pilotage de nos bécanes. J'ai beaucoup progressé, surtout grâce à l'ami Olivier, notre champion du zigzag.





18 avril 2017 : Portugal-Espagne-Portugal. Guarda. La côte atlantique. Porto.

Guarda..............





19 avril 2017 : Le long des méandres de la vallée du Douro.

Le Douro





20 avril 2017 : De nouveau dans les montagnes, autour de la Zézerre et de la sierra de Estrella..

Départ du camping.





21 avril 2017 : Montagnes de l'intérieur, puis bord de mer. Nazare.

Départ du petit camping municipal.





22 avril 2017 : La côte atlantique. Vers Lisboa.

Embouchures et plages...






15 avril 2017 : longue descente vers le Pays Basque...

Arrivée au bivouac à Ascain, dans un petit camping au pied de la Rhune.

Nous montons au coeur du village pour un excellent repas avec tous les copains. Coucher bien tardif, mais il fallait bien marquer cette première journée d'une pierre blanche !






14 avril 2017 : je voulais jeter un dernier coup d'oeil sur l'Océan Atlantique...

Quoi de mieux que de passer par le remblai des Sables d'Olonne ?

Il fait lourd, et j'ai évidemment encore la doublure de ma tenue de moto. Bien qu'en T-shirt à manches courtes en-dessous, j'ai vraiment chaud ! Du coup, comment vais-je supporter les hautes températures iraniennes, je me le demande bien. Bon, je voulais passer au centre ville des Sables, histoire de manoeuvrer un peu mon char d'assaut, voir si ça va bien. Ma foi, ça le fait, comme on dit, et avec les kilomètres qui vont suivre, je vais finir par oublier le poids de ces valises qui m'emporte un peu quand je suis à l'arrêt : s'agit de ne pas trop pencher...

Arrivée au bivouac. Anoukis peut se reposer, c'était juste une mise en bouche. Demain, ce sera la première vraie journée de route, mais c'était bien de commencer doucement. Bonne soirée à tous.

Chargement pour 3 mois et demi

Total : 14 + 3,5 + 6 + 5,5 = 29 kgs. Au moins 10 kgs de plus que l'an dernier, sans compter le poids des valises, non négligeable ! Ceci dit, ça va : la moitié du poids d'une passagère, sans bagages, c'est bien peu pour la miss Anoukis, qui a pris la sage décision de ne pas se plaindre... J'aime mieux ça !

1 - le grand sac bleu. 14 kgs. Il contient le plus volumineux et le plus lourd (matériel de camping, matériel de lessive, chaussures, plaquettes de frein, deux filtres à huile, deux bougies), trousse de toilette complète (j'en ai enfin acheté une neuve, très pratique, dont je suis enchanté), plus 1,5 litre d'huile de tronçonneuse pour la chaîne, grosses prises bleues pour électricité camping.

2 - Top-Case : 3,5 kgs. Contient 2 litres d'eau. Très peu de nourriture, de la place pour en mettre d'autre. J'ajouterai certainement du riz, quelques boîtes de maquereaux, céréales, donc sans doute 2 ou 3 kilos supplémentaires, mais même pas sûr !

3 - valise gauche, étroite à cause du pot d'échappement : 6 kgs. J'y mets les vêtements, plus le PC (très lourd) et les disques durs (entre les vêtements, pour protection contre les chocs). Finalement, plus de vêtements que l'an passé, ce qui, je pense, est ridicule...

4 - valise droite : 5,5 kgs. Comme ça, mes deux valises sont bien équilibrées. Réchaud, bonbonnes de gaz, couverts, ustensiles divers, chargeurs (piles et APN), huiles essentielles, piles rechargeables, câbles informatiques, prise multiple, deux-trois outils, divers vrac...



Anoukis fait sa crâneuse pendant les tests...



Mise en place de deux pneus Michelin Anakee 3.

Mise en place de deux pneus Michelin Anakee 3.



J'avais été très agréablement surpris par l'excellente tenue des pneus Michelin Anakee 3 que j'avais mis sur ma Dakar. Loin d'être neufs avant le départ pour la virée scandinavo-italienne 2016 (14.500 km), je pensais être obligé de les changer avant la fin du voyage. Eh bien que nenni, ils étaient encore bons lorsque j'en suis revenu ! Par conséquent, j'ai décidé de retirer les deux Michelin Anakee 2 actuellement en place sur Anoukis (l'avant est de toute façon presque "rincé") pour y mettre deux Michelin Anakee 3 flambant neufs à la place. Retour sous une belle pluie battante de giboulée martienne, avec le pneu usagé sur le porte-bagage, et que je remettrai au retour.



De plus, pour la première fois depuis que je voyage, j'ai décidé d'emporter quelques pièces qu'il faudra mettre en place le long de la route : deux filtres à huile, et un jeu complet de plaquettes avant et arrière. J'espère que ça ne me portera pas malheur, vu que je ne le fais habituellement jamais ! Je ne sais vraiment pas pourquoi je réagis comme ça cette fois-ci, d'autant plus que je ne pense pas que mes camarades de route suivent mon avis. Je compte sur mon frangin pour changer les bougies avant de partir. Rien d'autre : la révision des 10.000 km avait été faite par la concession BMW lorsque j'ai acheté la moto, et n'ayant parcouru qu'environ 2.500 km seulement depuis, je pars comme ça.







Carte de l'itinéraire. Environ 24.000 km. Environ 14 semaines.

Iti Iran 2017

Carte de l'itinéraire. Environ 24.000 km. Environ 14 semaines.



Départ à la mi-avril. Toute la troupe de l'année dernière en Italie, plus deux nouveaux compagnons, se retrouvera à Biarritz. Nous serons donc 8 (oui, je sais, c'est vraiment beaucoup) pour visiter le... Portugal !


Quoi ? Le Portugal ? Pour aller en Iran ? Un peu curieux, comme itinéraire, non ? Ah oui, c'est bien vrai. Mais il se trouve que l'un d'entre nous a évoqué cette destination, alors que nous étions encore en Italie, l'an dernier. Et tous ont répondu : YES". Le problème était ailleurs : sur les huit, nous serons trois, voire quatre, à partir pour l'Iran. Retraités. Les autres bossent ! Nous leur avons donc fort logiquement laissé choisir les dates. Et ils ont choisi la mi-avril... Du coup, nous nous sommes dit que, une fois partis, eh bien ma foi, comme nous serons déjà... sur la route, nous la poursuivrons !



C'est à Lisbonne que les travailleurs vont reprendre la route du boulot, les pauvres. Et nous serons alors plus que quatre à prendre la route de l'Est. Le but du voyage étant l'Iran, nous avons décidé de rouler sans traîner. Le but n'est pas de rouler comme des malades, mais d'avancer sérieusement. C'est ainsi que nous devrions traverser les Alpes (France -via Briançon-, Italie -via Milan-) les 26 et 27 avril, puis longer la côte Adriatique fin avril



Monténégro, Albanie, Grèce seront traversés début mai. Après une courte pause de deux ou trois jours à Istanbul, nous traverserons la Turquie par le littoral de la Mer Noire et devrions arriver en Géorgie à la mi-mai. Il est possible que notre quatrième camarade nous quitte par ici. Nous serons donc trois pour la suite du voyage. Le plan est de demander nos visas pour l'Iran en Géorgie. Puis nous traverserons l'Arménie et rentrerons en Iran par la frontière Arménienne. Ce trajet nous est imposé en raison de la méthode d'obtention du Carnet de Passage en Douane, qui nous sera délivré par un correspondant iranien.



Si tout va bien, nous devrions donc entrer en Iran fin mai. Le visa étant de 30 jours, nous aurons alors un mois pour en faire le tour : environ 8.000 kilomètres, selon le trajet préparé. Ah, la Perse qui nous fait rêver, la Mer Caspienne, les déserts, Ispahan, Chiraz, le tombeau de Darius, le Golfe Persique... Bref, un plongeon dans une autre culture, des rencontres humaines sans doute inoubliables...



Retour en Turquie fin juin, que nous traverserons cette fois par l'Anatolie centrale. Le Mont Ararat, le lac de Van, les immenses steppes, la Cappadoce, pour finalement retrouver la Grèce à Alexandropouli via la péninsule de Gallipoli et le fameux détroit des Dardanelles.



Thessalonique, les Météores, Igoumenitsa. Là, nous traverserons la Mer Adriatique pour débarquer en Italie à Ancona. Nous retrouverons les Apennins visités l'an dernier, la Toscane et Florence, puis les Alpes et l'Oisans, bref, la France.



La traversée de notre beau pays sur les petites routes du Massif Central sera la cerise sur le gâteau, l'idée étant de retrouver les côtes atlantiques vers la fin du mois de juillet. Un magnifique programme d'environ 24.000 km, essentiellement en camping, sauf en Géorgie, Arménie et Iran, où nous serons sans doute contraints de coucher à l'hôtel.




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