Vers Limoges

05/09/2017 : jour n° 1, 276 km.

L'itinéraire.


Il est déjà 9h45 lorsque nous démarrons. Le temps est gris et maussade, et nous subirons quelques averses orageuses, mais rien de bien méchant. L'itinéraire est en place sur nos deux GPS. En effet, n'ayant pas de téléphone, je dois m'assurer que ma soeur ne me perdra pas : elle a mes bagages dans sa voiture, ce serait dommage, il me faudrait rentrer à la maison !



Je connais bien entendu par coeur les petites routes de Vendée, mais je les suis avec la "banane", car piloter Droopie est un vrai bonheur. Je passe juste à côté de chez ma fille, mais je sais que l'oiseau n'est pas au nid... Petit arrêt sur les rives du lac de Graon, encore en Vendée, pour constater à quel point l'eau manque ! Comme pour les lacs de barrage situés autour de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, l'eau s'est évaporée, laissant place à une immonde pâte verte, se nourrissant sans doute des nitrates se déversant depuis les terres agricoles entourant les retenues d'eau...

J'adore ces vieilles bornes Michelin. Il n'en reste plus beaucoup. J'ai décidé de contourner les villes les plus importantes. Du coup, au lieu de traverser Luçon, nous nous enfonçons dans le marais sud-vendéen. Ma soeur, qui n'était jamais passée ici, apprécie énormément. Il faut dire qu'en ce qui concerne la façon de voir les choses en voyageant, nous sommes vraiment très proches puisque, sans nous consulter, nous constatons que nous faisons pratiquement les mêmes arrêts, les mêmes photos, et que nous roulons aux mêmes vitesses, c'est-à-dire entre 60 et 80 km/h... Oui, je l'avoue, et vous pouvez le dire, nous nous traînons... et nous aimons ça !

Droopie, qui peut aller partout et passer dans un trou de souris (enfin, presque) était prête à rentrer dans le magasin... Il a fallu lui expliquer que ça ne se faisait pas. Petit arrêt pour petites courses : ce sera notre rituel quotidien dans la matinée. En effet, j'ai décidé de m'acheter un sandwich tous les midis, et de manger ce que j'appelle des "croquettes" (c'est-à-dire des céréales) le soir, ainsi qu'au petit-déjeuner. Ainsi, je m'évite toutes les corvées liées aux repas : préparation, vaisselle, nettoyage. Et je n'ai nul besoin de couverts, réchaud, et autres ustensibles nécessitant de la place et apportant avec eux leur lot de soucis (bouteilles de gaz à acheter, perte de temps)... Le seul fruit que je m'octroie régulièrement est la banane, puisqu'il ne nécessite aucun nettoyage, ni épluchage, pour être mangé ! Je me permets également les boîtes de maquereaux et de sardines : il suffit de les ouvrir et de manger, c'est toujours dans mes cordes ! Ma frangine, pour sa part, fait sa popotte, et profite donc de ces arrêts pour faire ses propres emplettes. Bien entendu, je peux déposer mes achats dans sa voiture, et j'avoue que c'est un véritable luxe que de rouler en moto de cette manière !

J'ai toujours aimé voir la route s'inscrire dans le paysage jusqu'à l'horizon, et ne saurais dire pourquoi. Or, invariablement, à chaque fois que le cas se présente à nouveau, je savoure à l'avance la longue ligne droite qui pénètre dans le paysage. Progresser sur cette ligne, c'est zoomer dans le paysage, c'est le voir de plus près, puis c'est le dépasser pour aller voir ce qu'il y a derrière, encore et encore. Quel bonheur !

C'est à Maillé que nous décidons la halte. Comment résister aux tables de pique-nique posées sur une pelouse parfaite surplombant le canal de la Jeune Autise. Nos haltes ne sont jamais préméditées, mais sont au contraire le fruit du hasard le plus total. Un lieu historique, un paysage, un bel ensemble architectural, tout est bon sur la route, et les lieux possibles sont "légion" !

Juste à côté du pont franchissant le canal se trouve cette pancarte. Comme d'habitude avec Droopie, lorsque je "loupe" la photo, nous faisons systématiquement demi-tour, ce que je faisais très rarement avec mes grosses motos précédentes. Avec elle, ce n'est même pas une formalité, c'est un plaisir de faire demi-tour ! J'affirme donc que, sans Droopie, vous n'auriez jamais su que nous étions déjà si prêts de Saint-Jacques de Compostelle !

A Damvix, nous traversons la Sèvre Niortaise, que nous suivons quelque temps : c'est le début de la fameuse Venise Verte, ou le Marais Poitevin. Nous quittons la Vendée pour le département des Deux-Sèvres, et changeons par la même occasion de région pour entrer dans l'ancienne région Poitou-Charentes, aujourd'hui Nouvelle Aquitaine. Autrefois, la Vendée était au Poitou... Il faut bien vivre avec son temps !

Qui dit "marais" sous-entend, en-dehors des nombreux canaux, un paysage plat utilisé par l'agriculture intensive.

Nous sommes ici à une dizaine de kilomètres au sud de Niort.

Le seul souci que m'apporte Droopy est son petit réservoir d'à peine 8 litres m'obligeant à refaire le plein à intervalles proches. Elle consomme exactement 3 litres aux 100 km en mode "voyage", à savoir en roulant sur les petites routes aux alentours de 70 km/h. Malheureusement, les stations d'essence se font bien rares sur ces petites routes, et je me dois de refaire l'appoint plus souvent que nécessaire par mesure de sécurité ! Je compte bien remédier à ce problème cet hiver, vraisemblablement en changeant son réservoir.

Fontenille. Petit arrêt photo, comme nous en faisons très souvent. Droopie sait se poser absolument n'importe où, ce qui n'est pas facile pour ma soeur avec son Jumpy, qui doit alors soit me dépasser, soit trouver un emplacement non gênant pour la circulation. Droopie ne gêne jamais personne, et c'est un confort immense que je savoure à chaque minute. En effet, avec elle, je peux m'arrêter absolument partout sans gêner, comme si j'étais à pied, ce qui est un privilège rare lorsqu'on voyage avec un véhicule motorisé ! Il ne m'est évidemment pas possible de vous présenter tout ce que je photographie... Pour vous situer, nous roulons grosso-modo parallèllement et au sud de la D948, la route principale reliant Niort à Limoges.

Château de Javarzay, à Chef-Boutonne. J'aperçois le site en passant, et comme nous ne sommes pas pressés, nous décidons de faire une petite pause. L'accueil est chaleureux, et nous pouvons visiter gratuitement une belle exposition sur l'architecture de la Renaissance. Dans une autre partie du parc se trouve une exposition de scènes de la vie du début du 20ème siècle, très bien faite. Je vous laisse admirer.

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Ah, magnifique plaque signalétique restée sur ce bâtiment à Chef-Boutonne. Notez la précision des renseignements donnés : le département, la ville, et les distances avec une précision de 100 mètres ! Il faut dire qu'à l'époque (fin du 19è), la plupart des voyageurs marchaient ou se déplaçaient à cheval, et la précision était d'importance.

Regardez la route sur laquelle nous évoluons. Nous sommes ici plus près des chemins vicinaux que des routes secondaires. C'est ce que j'appelle le réseau tertiaire. Il est merveilleux et souvent riche en découvertes forcément non documentées. Suivre ces routins représente une forme d'aventure que j'affectionne tout particulièrement. Ma soeur suit sans hésiter malgré l'étroitesse du ruban d'asphalte.

J'en connais une autre qui apprécie et s'éclate totalement, c'est Droopie !

Ambernac et sa petite église. Nous sommes désormais dans le département de la Charente, et Ambernac se situe géologiquement à cheval sur le Bassin Aquitain et le Massif Central. C'est une région bien méconnue, mais qui vaut son pesant d'or en circulant, justement, sur ses réseaux secondaire et tertiaire. Malheureusement, nous ne faisons que passer, mais ce cheminement à vitesse réduite est un plaisir partagé pareillement par ma soeur, même si elle roule en voiture.

Franchissement de la Vienne à la sortie de Manot. Privilège du motard, surtout avec une petite bécane comme Droopie : je peux me permettre le stationnement au milieu du pont, ce que n'a pas pu faire ma frangine.

"You know what ? I'm happy !".

Très belle église romane de Saulgond. Ce village se situe dans la Charente Limousine, et par conséquent sur le plateau du Limousin, partie occidentale du Massif Central. L'altitude moyenne dépasse 220 mètres sur ce vaste plateau ondulé. Toutes, absolument toutes les petites routes de ce secteur valent le déplacement, tout particulièrement avec une petite moto.

Jean-Louis et son épouse Monique m'attendent pour une soirée animée autour du thème du voyage. Merci pour votre accueil, les amis.

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