Brocéliande - 2ème jour

Samedi 22 Octobre 2005

De couleur crème, notre trajet campagne; en vert, le trajet retour, plus direct.


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Réveil à 6h30. En fait, je suis réveillé quelques minutes avant la sonnerie, comme à chaque fois que j'ai quelque chose d'important à faire. L'horloge biologique est véritablement impressionnante! C'est dur, car je suis bien au chaud, et je me souviens bien des trombes d'eau de la nuit: ce doit être très humide dehors! Les sanitaires ne sont pas loin, et l'aménagement du camping, très correct, me permet d'y aller sans lampe frontale.

 

Privilégiant l'avance au retard, je décide de ne pas traîner pour partir. Le ciel semble menaçant, et je reçois même quelques gouttes au moment de quitter la tente. Je décide donc de mettre le pantalon de pluie de suite; par contre, pour les surbottes, achetées hier, je les mettrai au point de rendez-vous si nécessaire. Mauvais calcul! J'ai parcouru tout juste 100 mètres, et je suis encore dans l'enceinte du camping, alors que des gouttes énormes se mettent à tomber, sans aucun avertissement de petite pluie fine... Vraiment, j'aurais du mettre les surbottes, car ce sont des trombes d'eau qui m'accompagnent jusqu'au centre-ville de Rennes. J'arrive sur la place de la mairie, et je distingue un motard qui agite frénétiquement les bras: c'est Elizabeth, qui m'attendait stoïquement sous la pluie battante. Après les salutations-présentations, elle me fait part du fait que je suis le seul à ce rendez-vous! Si je l'avais su, je lui aurais épargné cette attente ici, et je serais allé directement au B&B, l'autre rendez-vous où se trouvent tous les autres! Nous partons donc sous la pluie vers l'hôtel à Chantepie; nous roulons très prudemment, car les pavés et les bandes blanches sont légion en ville, et ce n'est vraiment pas le moment de s'allonger par terre!

Là, il y a du beau monde. Les scooters sont alignés sur le parking, ils sont magnifiques, et de toutes les couleurs, ce que je trouve très agréable. En effet, le mien, en gris, fait un peu triste mine. Les scooters des Anglais sont les plus colorés. Oui, j'ai oublié de vous dire, cette rando comprend un groupe d'anglais du club XXXXX, un belge, un du Nord, plusieurs Parisiens (c'est normal, ce sont les plus nompbreux, hein?), des Bordelais, des Nantais et un Tourangeau, sans parler des Bretons eux-mêmes, bien sûr. Au total, une vingtaine de scooters (en fait, il y a 3 motos parmi les scoots). Pour ce qui est des machines, parlons-en un peu: des Piaggio X9 (125, 250 et 500 cm3), des Burgman 650 cm3, un Atlantis, 2 Honda et une 125. Les scooters des Anglais sont sur-équipés: casques avec prises pour lecteurs MP3, radios, GPS, et je n'ai pas tout vu, et je le regrette maintenant. J'en ai même vu un équipé d'un gonfleur de pneus, à brancher sur la batterie: impressionnant et efficace. Donc des machines assez disparates, mais qui vont parfaitement ensemble pour le genre de ballade que nous allons faire, où la vitesse n'est vraiment pas de mise!

Après avoir salué ceux qui restent à l'hôtel - une anglaise a eu un accident sur la route hier et se trouve dans l'incapacité de piloter, et certains restent auprès d'elle pour l'aider à traverser cette épreuve - le signal du départ est donné par un grand coup de sifflet envoyé par la patronne de la journée, j'ai nommé Elizabeth. Le plein de carburant a été fait avant le départ, car nous allons emprunter les routes de campagne, traditionnellement sous-équipées en stations-service, heureusement!

C'est la première halte. Admirez cet alignement de scooters, comme c'est beau. Car il faut vous dire que lorsqu'on s'arrête, on range les machines les unes à côté des autres, chacun venant "stationner" près de son voisin. C'est superbe. Avant le départ, Elizabeth a donné un petit livret à chaque participant, lequel nous détaille en premier les règles de conduite en groupe, que je découvre, et le programme des deux journées de tourisme. Rouler en groupe est intéressant: on ne se dépasse pas, on roule en quinconce, et si on ne voit plus le suivant, on s'arrête, et ainsi tout le monde s'arrête.
La Vilaine, puisque c'est bien d'elle qu'il s'agit, a ici creusé son lit dans la roche. Nous avons donc fait une petite marche-grimpette à travers bois, sur le GR39 -qui est superbe, soit dit en passant, et que j'aimerais bien "faire" un jour- pour accéder à ce superbe panorama La couleur verte de l'eau est dûe aux engrais-pesticides et autres polluants fort utilisés en Bretagne pour l'agriculture intensive: c'est un grave problème écologique!
Attention sur cet extrait de carte, le Nord est à droite et le Sud à gauche. Le soleil représente l'endroit d'où je prends les photos. Donc, une vers l'écluse, et l'autre vers le pont de la voie ferrée.
Nous commençons à peine à photographier que la pluie revient, relativement fort. L'un des scooteristes a même son parapluie: la grande classe! Nous reprenons la route.

L'impressionnante église de Maxent. Je vous livre ici les indications prises sur place.

En 858, devant la menace des raids normands, les moines de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon se réfugièrent dans la résidence du roi breton Salomon et y fondèrent un monastère. Son église, après le retour des moines à redon au milieu du Xème siècle, devient le chef-lieu de la paroisse de Maxent.

Les fouilles archéologiques menées en 1991 et 1992 ont mis au jour les vestiges de l'édifice carolingien, transformé entre le XVè et le XVIIè siècle puis remplacé par l'église actuelle.
Sous haute protection...
Le plan de l'édifice fouillé s'apparente, malgré une taille plus modeste, aux grandes constructions de l'empire carolingien des années 860-870.

De l'autre côté de la route, en face de l'église, nos amis anglais font aussi des photos.
Un coup de sifflet nous rappelle tous à l'ordre: c'est l'heure de repartir. Au trot...

Evidemment, Elizabeth nous promène par les plus petites routes possibles, et c'est un régal de tous les instants que de se laisser glisser parmi les champs, les vaches, les chevaux, les odeurs de la campagne. La longue file des scooters s'étire dans le paysage, et je regrette qu'à cause de la pluie -de plus en plus rare maintenant-, mon appareil photo soit dans le top-case, car j'aurais tenté des photos en roulant. En effet, c'est aussi un plaisir de se trouver au milieu de ce groupe de passionnés, à partager notre amour de la route, de la petite route, et de les voir se pencher les uns après les autres, un coup à droite, puis un coup à gauche... Nous contournons le bois de Maxent par le Sud, traversons Plélan-le-Grand et pénétrons dans la merveilleuse forêt de Paimpont. Mais c'est la fameuse forêt de Brocéliande, forêt majoritairement privée comme de nombreux panneaux l'attestent. Alors, sommes-nous tous en train de penser aux valeureux chevaliers de la table ronde du roi Arthur alors que nous chevauchons aussi nos fiers destriers?

Un petit arrêt pour remplir le petit réservoir de la 125 du fils de Francis. L'occasion de discuter un peu. Pire que des nanas... Après le passage à Paimpont, la route nous mène aux Forges de Paimpont; là, sous la Renaissance, des forges brûlaient par milliers les arbres de Brocéliande pour extraire le fer de son sous-sol. C'est là que nous mangeons, près de l'étang des Forges.
Au cours du repas, nous recevons tous une fiole d'eau de vie bretonne de la part d'Elizabeth, ce que nous avons tous beaucoup apprécié; de leur côté, nos amis Anglais nous offrent des rétroviseurs "tueurs" d'angle mort à fixer sur nos pare-brise. Merci à tous. Bien entendu, le repas se déroule dans une excellente humeur, avec les chants de l'ami Belge, et me permet de faire connaissance avec les membres du groupe, tous très sympathiques.
Le château de Trécesson, propriété privée, construite en shiste rouge du XIVème siècle. Magnifique demeure, n'est-ce-pas?
Et le groupe des scooters. Le rangement est, cette fois, assez mauvais. Serait-ce dû au fait que nous venons juste de déjeuner, et que nous sommes en fait en pleine digestion...
Toujours de très beaux arbres dans cette belle campagne bretonne.
Les appareils photo crépitent, les jambes se détendent un peu. Dommage que le soleil ne soit pas de la partie, il manque de la lumière dans le paysage.
Comme d'habitude, je penche encore! Il me faudrait un niveau sur l'appareil photo pour m'obliger à prendre droit. Je pourrais la redresser, mais un jour peut-être, des gens discuteront sur la volonté du photographe de prendre cette photo légèrement inclinée, pour montrer, en ce début du 21è siècle, le début de l'effondrement de la noblesse...
Je vous l'avais bien dit, c'est très mal rangé. Je reconnais le mien, avec ses sacoches.
 

Laurent nettoie la portion de son pare-brise qui va recevoir le rétro donné par nos amis Britanniques. C'est un méticuleux: il adore faire briller sa splendide monture, et il est toujours à la recherche d'une excuse pour assouvir cette passion...
Derrière lui, le châtelain, tout souriant, est venu voir qui étaient ces envahisseurs.

Mais non, je rigole, ce n'est pas le châtelain breton,
mais notre chanteur Belge, toujours en pleine forme, toujours souriant!

Et c'est reparti pour de nouvelles aventures... Cette fois, Elizabeth nous conduit, toujours par de petites routes, vers le chêne à Guillotin. Le long de la route, je vois des dizaines de photos à faire, mais ce n'est pas possible: je suis dans un groupe, et l'arrêt est impossible. Heureusement, sinon la ballade serait impossible. Mais l'inconvénient, c'est que nous allons tous prendre les mêmes photos... On ne peut pas tout avoir, n'est-ce-pas?
Cette fois, le rangement est nettement meilleur. Mon canasson, que je trouvais gros d'habitude, fait ici un peu pitié, le pauvre. Il est là, au milieu, avec ses pauvres petites sacoches!
 

Pas toute jeune, celle-là, mais tellement belle, hein Laurent? Je trouve qu'ils savaient construire de belles maisons, autrefois. Mais tout est question de goût, finalement!
Le chêne Eon, ou chêne à Guillotin. Age : mille ans.
Chêne (Quercus Robur) ou Pédoncule. Hauteur 20 m, Circonférence 9,65 m.
"J'ai vu le jour en l'an de grâce 1144 par une belle journée de printemps alors que dans le ciel breton passait la comète de Halley. En ce temps-là régnait sur le royaume de France Louis VII, époux de la duchesse Aliénor d'Aquitaine..."

"...Bien des siècles après, toi Guillotin, curé de Concoret, tu vins te réfugier au coeur de mes entrailles... traqué par l'armée républicaine... tu es au creux de mon tronc... dont une énorme toile d'araignée obstrue le passage, te rendant ainsi invisible. On dit que Notre-Dame de Paimpont se serait transformée en araignée pour te sauver".

Extraits du texte affiché près de l'arbre, et signé Marc Benredjem.

Le paysage autour du chêne Eon: d'autres chênes, beaucoup plus jeunes. Celui du milieu a attiré mon attention. Il semblerait que la foudre l'ait choisi...
Le chêne Eon: Eon de l'Etoile, un moine réfractaire du milieu du XIIème siècle, sorte de Robin des bois local, qui aurait enterré un trésor non loin du chêne.
Notre petite troupe retourne vers ses montures. Depuis combien de temps ces maisons entourent-t-elles le chêne Eon?
Mais il est déjà 17 heures. Nous enfourchons nos fidèles coursiers et reprenons le chemin de Paimpont, où nous sommes passés rapidement ce matin. Cette fois, il s'agit d'y faire halte.
Paimpont, devant l'avenue conduisant à l'hôtel de ville, face au jardin public. Là, les scooters et les motos sont parfaitement alignés le long des piquets. Le ciel est magnifique, et un rayon de soleil arrive à trouver un passage parmi les gros nuages noirs. Place au spectacle...
Oh merveilleuse lumière naturelle, quand tu parais, tout s'illumine. Et c'est magique.
Paimpont doit son origine à cette ancienne abbaye, dont il reste ce grand bâtiment du XVIIè désormais occupé par la mairie...
Ce rayon de soleil est vraiment providentiel. J'ai aperçu un lac près de la mairie, et je m'y dirige aussitôt, car cette lumière ne va pas durer, et je sens la belle photo.
Le voilà, l'étang de Paimpont, qui entoure l'ancienne abbaye. Je le tiens, et c'est superbe.
Ah ces lumières de l'automne. C'est irrésistible. Comment voulez-vous ne pas déclencher?
Je pourrais aussi bien dire: Canada, ou aussi Ecosse. Je vous laisse rêver.
Et derrière moi, les murs restaurés de l'abbaye. Ah ce travail de nos anciens...
Allez, je n'y résiste pas, encore une petite pour la route, pour emmener dans les souvenirs.
La façade arrière de l'abbaye. Quel calme. L'envie soudaine de m'asseoir et de rêver...
Nos amis Anglais sont là aussi, admiratifs du spectacle.
J'aime beaucoup les plantes de rocaille.
Et je ne suis pas le seul. J'ai remarqué que, depuis ce matin, notre ami Anglais ici présent prend encore plus de photos que moi; ouf, je ne suis donc pas le plus "Japonais" du groupe...
Vous voyez, ça n'a vraiment pas été long; la lumière descend maintenant, c'est fini!
Dans les jardins de l'hôtel de ville, près de nos scooters.
L'ancienne église abbatiale du XIIIè siècle témoigne de la prospérité du monastère qui disposait de ressources en bois, eau et minerai de fer.
(Extrait de la notice que nous a donnée Elizabeth).
Dans la rue principale de Paimpont, toutes les maisons sont en grès.

 

17h30. Il est trop tard pour visiter le tombeau de Merlin comme c'était prévu. Ce n'est pas grave, Elizabeth, il ne te reste plus qu'à nous en concocter une autre, de ballade, et nous reviendrons, c'est sûr.

C'est le retour à l'hôtel, cette fois par la route la plus directe. La vitesse s'en ressent nettement. En effet, cette fois, nous roulons à 90 km/h, la route est bien humide, il bruine à moitié, il y a de la circulation, la nuit tombe. C'est ainsi que le peloton s'étire au fil des croisements et traversées de route; je ne vois presque plus mes précédents, et à peine mes suivants. Je ne me rappelle plus des consignes, j'ai peur de perdre ceux qui sont devant, mais je ne peux me résoudre à abandonner les copains qui sont derrière. Je fais une erreur: je continue au lieu de m'arrêter, car c'était ça, la technique, on s'arrête. Ceux qui sont devant, ne nous voyant plus, s'arrêteront aussi. Mais en fait, on arrive dans la grosse circulation, il y a de nombreux rond-points, et je ne suis pas sûr de bien voir où a tourné celui qui me précède. Je maintiens donc coûte que coûte le lien entre les deux, à vue maximum, à l'extrême limite. C'est stressant, mais ça suit. Enfin, on arrive; j'ai bien failli les perdre.

Le moteur à peine arrêté, l'ami anglais qui était dans mon rétro me remercie d'avoir attendu; il me fait comprendre qu'ils ont eu beaucoup de mal à suivre, car en plus, pour eux, il y a le problème de rouler à droite, ce qui ajoutait à leur stress. Il est fâché, et je reconnais qu'il a raison. Enfin, ils ont pu suivre, et tout le monde est rentré sain et sauf, c'est le principal. Mais la prochaine fois, je m'arrêterai, c'est promis, les amis.

Je reste donc pendant une petite heure devant l'hôtel, à attendre ceux qui sont partis prendre une douche, ranger leurs affaires, s'allonger un peu, bref à attendre ceux qui dorment ici. Pas question pour moi d'aller à mon hôtel, à l'autre bout de la ville. Et puis, que vais-je faire, dans le camping? Je n'ai pas envie d'y aller. Je reste donc discuter avec ceux qui sont sur le parking, comme moi. Puis c'est le départ en convoi en ville cette fois, vers le restaurant. Il fait bien nuit maintenant. On range tous les scooters le long d'une avenue, sous les arbres. Heureusement que nous ne sommes pas en voiture, ce serait infernal pour le stationnement!

Nous passons une bonne soirée à rire, et à chanter pour certains, et accessoirement à boire -modérément- et manger. Certains se plaignent de la chaleur qui règne ici, pas moi; je suis fatigué, et j'avais froid en arrivant. par conséquent, maintenant, je suis bien, et j'appréhende le départ dans le froid tout-à-l'heure.

Lorsque je sors du restaurant, je n'ai aucune envie de continuer la fête ailleurs, je suis trop fatigué; de plus, demain matin, il faudra que je me lève assez tôt, car j'aurai la tente à plier... Mon GPS n'a pas fonctionné de la journée, ou juste par bribes: en effet, mes piles rechargeables ne fonctionnent que 10 minutes... J'en avais 8, bien chargées pourtant, je ne comprends vraiment pas. Au sortir du restaurant, je suis inquiet, car je ne sais absolument pas où nous sommes dans Rennes, et je n'ai aucune envie de passer une heure à chercher mon chemin. Je réussis à trouver 2 piles qui fonctionnent encore, et je lance un "go to" vers le waypoint du camping: GENIAL. 15 minutes plus tard, j'arrête le moteur près de ma tente! Vite dans le duvet: c'est chaud, il fait bon, c'est super. Allez, un peu de courage, je dois encore restaurer les photos sur le PC, et j'ai envie de les regarder. C'est parti; elles sont belles, ce sera un bon souvenir pour plus tard. En effet, j'adore regarder mes photos quelques mois après les événements, les souvenirs affluent, et je revis les bons moments passés.

J'ai dit à Elizabeth que j'irai demain au rendez-vous à l'hôtel directement, afin de lui éviter de venir me prendre à la mairie. Mise en place du réveil en conséquence, puis un peu de lecture, et dodo.

Enfin, je croyais... Je suis réveillé plusieurs fois par des chants, des cris, des conversations à voix très haute. Bref, ce n'est pas le grand calme que j'escomptais! Heureusement que je suis fatigué. Bonne nuit à tous.

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