Autour de Rennes - 3ème jour

Dimanche 23 Octobre 2005

De couleur blanche, notre trajet campagne; en vert, mon trajet seul.


Pour accéder directement à une rubrique, promenez-vous sur les lieux écrits en blanc entouré de rouge: si une main s'affiche, cliquez, et hop!

 

Réveil vers 7h. J'ai du mal à m'extraire de mon duvet, tellement je suis bien, mais il faut y aller, j'ai du boulot. Direction les sanitaires, d'abord. Le temps est absolument splendide, un régal, le temps parfait. Je suis aussitôt de bonne humeur. Puis je commence à ranger mes affaires, ce qui est, comme toujours, la partie la plus longue. Lors de mon voyage en Espagne-Portugal, il m'avait fallu plusieurs jours pour trouver le rythme. En fait, le plus dur n'est pas tant de ranger les affaires, mais de savoir où les ranger; il s'agit ici d'organisation, et de rien d'autre; or, je suis venu à cette rando sans aucune organisation. C'est ainsi que je ne sais pas ce que je mets dans la sacoche droite, ce qui va sous la selle, ce qui va dans le top-case, etc. Et c'est bien ça qui prend du temps. A tel point que lorsque j'ai tout terminé, je constate qu'il est pratiquement 9 heures! Et j'ai juste avalé un pain au chocolat vite fait, qui me reste d'avant-hier soir!

Allez, je dois foncer vers l'hôtel à Chantepie. Le rendez-vous est à 9h30. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais à chaque fois que je dois prendre un périphérique autour d'une grande ville, j'ai toujours un problème avec la direction à prendre, Est, Ouest, Nord, Sud. Je préfère quand on a les noms des villes. Or, là, j'ai un doute. Normalement, c'est la direction de Nantes, mais évidemment, Nantes ne paraît pas sur les panneaux! Regardez bien la carte en haut, les tracés en vert. Je suis au camping, au Nord, et je dois aller à l'hôtel, plein Sud. Je commence bien, le périph' me conduit vers le Nord-Est, mais c'est normal. Et puis je me trompe. Je ne fais pas bien attention, et je me retrouve en direction de Caen. Et je me "paye" une rallonge de 24 km aller-retour, car la première sortie se trouve à Liffé, à 12 bons km... En plus, d'un seul coup, je me trouve dans une nappe de brouillard de 7-8 km, à couper au couteau, et je suis obligé de ralentir. Je vois l'heure qui passe, et j'en suis malade. Et je n'ai aucun moyen de prévenir, ayant encore une fois oublié de prendre le numéro d'Elizabeth. Cette fois, pas question de me tromper encore; je sors le GPS et me dirige en "go to" vers le waypoint de l'hôtel, le GPS dans la main gauche. En fait, c'est très facile. J'arrive finalement à l'heure, malgré tous mes déboires.

Mais ce n'est pas fini. Il faut faire le plein. Les gars me disent où je dois aller, à environ 500 m, plusieurs y sont déjà. Je les croise, je suis conscient que, cette fois, je suis bien le dernier. Et, horreur, il y a la queue à la station, un comble. Et ça n'avance pas; je dois bien attendre 10 minutes avant d'accéder à la pompe. Et là, c'est la douche froide: ma carte est refusée directement; j'essaye deux fois, même résultat. Plus question de chercher ailleurs. je fonce à l'hôtel. Tout le monde est rangé en file indienne sur le départ, moteur allumé: ils m'attendent. J'ai horreur de ça. Et en plus, je dois signaler à Elizabeth qu'il faudra faire un arrêt spécial essence pour moi. La honte! Bon, il en faut un, et cette fois c'est moi. Mais ça va me gâcher ma ballade, car je vais voir ma jauge descendre sans arrêt, et je ne vais pas rouler tranquille.

Cette fois, c'est bien parti. Et sous ce soleil, c'est du bonheur; les routes choisies sont absolument parfaites, étroites, loin des grands axes; nous sommes perdus dans la campagne. Tout est beau. Il fait juste un peu frais, mais c'est normal. C'est ainsi qu'on arrive tout tranquillement au site de la Roche aux Fées, sur la commune d'Essé, 35150.
De prime abord, le lieu semble abandonné des hommes. Les châtaignes recouvrent le sol, mais aussi les bancs et les tables.
Par contre, tout autour, la campagne est belle, et les couleurs de l'automne toujours sublimes.
A y regarder de plus près, et bien qu'abandonné, le site est majestueux. Les arbres entourant l'objet de la visite sont éblouissants; de plus, ils forment eux-mêmes une haie protégeant la haie de pierres... C'est beau, et j'aimerais presque être seul pour m'approcher de cet endroit!
 

Je m'approche doucement du site, et en même temps du monument, car c'est un monument!

Voici ce que dit la fiche placardée sur place.

Vous êtes en présence d'un des monuments mégalithiques parmi les plus importants de France et même d'Europe, "dolmen gigantesque" avec ses énormes blocs, dont certains atteignent près de 40 tonnes. Comme la plupart de ces monuments, sa destination semble avoir été d'ordre funéraire et sans doute aussi religieux. D'après les spécialistes de la préhistoire, ce monument remonte à environ 4000 ou 4500 ans, vers la fin de la période néolithique, au cours de laquelle l'homme avait appris à se nourrir, non plus seulement de chasse ou de pêche, mais des fruits ou des graines de la terre, en les ensemençant et les cultivant, grâce aussi à ses outils et aux animaux qu'il avait pu domestiquer.

"Admirez la puissance et l'harmonie de cette construction: son majestueux portique, son admirable linteau, son vestibule d'entrée plus bas, sa longue salle compartimentée à l'intérieur, couverte par des blocs impressionnants tenus en équilibre, avec parfois, trois points d'appui seulement. Un véritable plan architectural a guidé cette construction, "chef-d'oeuvre de technique humaine", déclare le directeur des Antiquités Préhistoriques de l'Université de Rennes".
Ces blocs proviennent de la forêt du Theil-de-Bretagne, située à environ 5 km. Comment a-t-on pu extraire de tels blocs, les amener ici et surtout les placer tels que nous les voyons présentement érigés ? Questions certes difficiles, même dans l'hypothèse d'avoir eu à utiliser des leviers, des troncs d'arbres, ou un système de traction animale ou humaine, et enfin le moyen du "tumulus" ou butte naturelle ou artificielle, comme cela se voit en Bretagne, en France ou à travers le monde.
Notre ami Britannique photographe contrôle la dernière photo prise. It's OK.
"Ce monument nous laisse supposer l'existence, dans les millénaires passés, d'une véritable civilisation, comme on peut le constater ailleurs... en particulier avec les pyramides d'Egypte, à peu près contemporaines de ce monument de la "Roche-aux-fées".

 

Le dolmen de La Roche-aux-Fées est un monument caractéristique d'un type d'architecture que l'on trouve principalement dans une région située entre Angers et Saumur: les "dolmens Angevins à portique". Il est formé d'une chambre funéraire où l'on accède par un vestibule. Cette chambre longue de 14 m et large de 4 m, comporte quatre compartiments. Les blocs qui le constituent proviennent d'affleurements rocheux situés à environ 5 km. La datation probable de ce mégalithe se place dans la seconde moitié du 3ème millénaire av. J.C.
Bienvenue dans le monde moderne, 4500 ans viennent de s'écouler. Retour aux machines.
Quel bel alignement des Burgman 650. Magnifiques machines.
Et mon bon vieux mulet, le X9 125, fidèle malgré ce que je lui fais subir...
Et le big Burgman de Barry, le BBB, entouré de chromes.
Avec tout ça, il est presque 11h30. Remarquez, vu l'heure de départ, ce n'est pas très étonnant.
La ballade continue sous un soleil radieux, et toujours sur des routes magnifiques, laissant libre cours à notre esprit de vagabondage. C'est merveilleux. Vraiment, je n'aurais jamais pensé hier que nous aurions un tel ciel bleu aujourd'hui.
Nous sommes sur le lieu de notre repas. Il s'agit d'une ferme rénovée dans ce but, située en hauteur au-dessus du barrage de la Valière, tout près du château des Rochers-Sévigné.

Le repas s'éternise terriblement. Nous faisons les frais de ce qui se passe dans la salle d'à côté, qui reçoit un mariage ou une suite de mariage. Et il semblerait que nous soyions les derniers à être servis. C'est bon, mais vraiment très long, et c'est dommage, car je commence à penser que je ne pourrai pas aller beaucoup plus loin dans la rando à cause de l'heure qui avance... En attendant, nous sortons souvent nous dégourdir un peu les jambes, et également nous réchauffer; en effet, il fait meilleur dehors au soleil qu'à l'intérieur du bâtiment!

J'en profite pour immortaliser une bretonne du coin, que je trouve très jolie.

 

C'est finalement bien tard que nous nous dirigeons vers Vitré, dont nous ne sommes qu'à environ 10 km. C'est là que nous pouvons faire le plein de nos machines. Ma CB ne fonctionnant pas, Laurent me propose gentiment de passer sa carte pour moi; je m'installe derrière lui, enlève mon sac photo -qui se trouve sur ma trappe à essence- le pose par terre, et attends derrière lui. Pour comble de malchance, sa carte ne passe pas non plus! Il demande à un autre de lui passer sa carte; de ce fait, je change de pompe et aperçoit Pirmil qui accepte lui aussi de passer sa carte pour moi. Je le rembourse aussitôt. Je suis vraiment soulagé d'avoir pu abreuver ma monture, faute de quoi il m'est impossible de rentrer dans ma Vendée natale!

C'est donc, vu l'heure tardive -environ 16 heures- le lieu de séparation pour plusieurs d'entre nous. Les Parisiens partent maintenant, les Nantais aussi, ainsi que les Bordelais. Je décide d'en faire autant. Pirmil me propose de rentrer avec eux sur Nantes, mais je décline, ne voulant pas les retarder; en effet, avec mon chargement, je ne roule pas très vite et, de plus, je me connais, je vais avoir envie de m'arrêter faire des photos...

Les au-revoir, c'est toujours bien triste. Je vais saluer tout le monde, discuter un petit peu, et c'est le départ. Au revoir les amis, à bientôt dans une prochaine virée: en effet, j'ai attrapé le virus, je le sens bien, et c'est triste et heureux à la fois que je prends la D178, direction La Guerche-de-Bretagne.

La route est très agréable, la circulation très faible. Le paysage est beau; je m'approche doucement de La Guerche, et je ressens l'envie de faire une photo. ma main penche naturellement vers l'anneau central devant moi et...

Et rien du tout. Quoi? Mais où est mon appareil photo? Non, ce n'est pas possible, je ne l'ai pas laissé à la station service? Mais si, je l'ai fait ! Je pile, et demi-tour immédiat. Stop. Laurent m'a donné son numéro de téléphone, il a peut-être celui d'Elizabeth, que je pourrai ensuite appeler. En effet, ils étaient encore tous là-bas, ils ont sûrement trouvé le sac, et ne sachant pas comment me joindre, ils l'auront conservé. Mais Laurent ne répond pas, il doit être sur la route. Alors, je n'ai pas le choix, demi-tour direction Vitré, et au galop s'il vous plait.

Là, très sincèrement, je suis heureux de n'avoir qu'un 125, car si j'avais eu une grosse cylindrée, je n'aurais certainement pas respecté les limitations... Au moins, je ne me casse pas la figure, c'est essentiel ! Bon, inutile de vous dire que ça chauffe dur dans le ciboulot, le long de cette route. j'avais déjà parcouru presque 20 bornes... C'est bien le moment de faire de la rallonge, surtout que je ne peux plus me ravitailler... Enfin, j'arrive à la station. Et c'est la déception: il n'y a pas de sac, évidemment. Pourtant, je suis toujours chanceux dans ce genre de situation, et je pensais bien le retrouver. Là, l'espoir vient de se prendre une claque.

Bon, maintenant, la visite de Vitré était prévue sur le planning, et je pense que le reste du groupe s'y trouve encore; je file au centre-ville, et avec un peu de chance, je devrais les trouver. Et en effet, je les trouve, c'est génial! Quand ils me voient, je les vois sourire aussitôt. Alors là, je pense instantanément: ils l'ont trouvé, super! Ma joie est de très courte durée. Non, ils n'ont rien vu. En fait, ils souriaient par gentillesse, contents et surpris de me revoir si tôt.

Cette fois, c'est un peu désespéré que je les quitte. J'ai soudain hâte de rentrer. Je retourne sur le parking de la station faire un dernier tour, je discute avec des jeunes qui font du skate, et qui n'ont rien remarqué. Puis je pars.

 

Tout le long de la route, je vois des tas de photos "à faire". Mais non, mon gars, tu n'as plus d'appareil photo... Dommage, mais c'est moins grave qu'un accident. Je me raisonne donc, et je dois avouer que je n'aurais jamais pensé être aussi "zen" après un tel événement qui, il y a quelques mois encore, m'aurait complètement "retourné". Bien sûr, je n'arrête pas d'y penser, mais je ne le prends pas sous la forme "catastrophe".

Le retour se passe bien. D'abord la D178 jusqu'à Châteaubriant, puis la N171, avec pas mal de circulation, et surtout un soleil couchant de face, qui m'a fait penser au casque de Laurent, avec son pare-soleil intérieur intégré -il va falloir que j'investisse (quoi, encore investir ?)- jusqu'à Nozay, et embranchement direct sur la grande route Rennes-Nantes, j'ai nommé la N137. Traversée de Nantes et retour en Vendée les yeux fermés, pilote automatique sur le x9 qui connaît la route par coeur!

Je constate, une fois rentré, que j'aurais dû rester sur la D178, qui m'aurait directement conduit à Nantes... Je me suis donc bien rallongé, en terme de km, mais peut-être pas en temps finalement. Le x9 a roulé, comme d'habitude, merveilleusement bien, mais il était quand même temps d'arriver, car la jauge est plutôt basse.

 

Le bilan de cette randonnée est, sur le plan humain, absolument excellent. Je suis heureux d'avoir fait la connaissance de tous ces scooteristes-motards très sympas, et je m'inscrirai sûrement à d'autres randos. Le bilan sur le plan touristique est également une réussite. Notre guide était parfaite, et elle nous avait vraiment tout bien préparé: un régal.

Sur le plan matériel, le camping m'a également fait très plaisir; cela m'a permis de revoir ce qui "cloche" encore: l'organisation. Il me reste à bien réfléchir sur ce point, et à préparer des automatismes qui me rendront la partie "dodo" extrêmement facile. L'étape suivante reste évidemment le bivouac, auquel j'aspire énormément, mais là, il s'agit de vaincre un autre problème, celui de la "trouille" de s'installer seul en rase campagne. Mon frangin n'arrête pas de me dire "mais que veux-tu qu'il t'arrive ?", mais je ne me suis pas encore "lancé".

Enfin, tout le "matos" a bien fonctionné. Seul le bonhomme a eu une panne -oubli du sac-, et là, il y a encore du boulot. Ce n'est pas gagné, car ça fait plus de 50 ans que je perds mes affaires, alors...

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