Bivouac

Vendredi 2 Septembre- Samedi 3 Septembre 2005

Vous pouvez accéder directement aux lieux écrits en blanc en mettant votre curseur dessus, puis en cliquant.

 

Cette fois, c'est un grand test. Peut-être en vue de futurs voyages, plus longs?

Vous allez voir pourquoi plus loin dans le récit....

Le but de cette petite sortie: la grande brocante de Marsac en Charente.
C'est à peine à 200 km des Sables d'Olonne, donc un petit saut de scooter.
J'y suis déjà allé deux fois, en voiture (!) car j'aime bien chiner les bouquins, c'est mon dada.
Seulement, à force, mon grenier est plein, je n'ai plus de place.
En scooter, au moins, je ne pourrai pas emmener grand chose. Quoi que...

Il est presque 20h. Je suis prêt à partir. Vous remarquerez que j'ai remis les sacoches!
Ce qui me permettra d'acheter quelques bouquins, peut-être?

Le temps est exceptionnellement beau. La température extérieure est de 30 degrés, un rêve pour rouler.

 

Je fais cette ballade à nouveau avec mon frangin.
Il aime beaucoup chiner lui aussi, mais encore plus se ballader en scooter. Moi aussi, d'ailleurs.
Je vous l'avais bien dit, le bric-à-brac, c'est le prétexte.

Mais quand même, Marsac, c'est une brocante à faire absolument.
Très grande, très nombreux exposants, et surtout, surtout, c'est réservé aux particuliers, et seulement aux particuliers. Et c'est justement ce côté-là qu'on aime!

Le choc des photos!

Ben oui, au départ, nous avions décidé de rouler le vendredi soir jusqu'aux alentours de Marsac, et de passer la nuit dans un camping. Puis nous avons décidé de partir à 5 heures du matin le samedi pour se rendre directement là-bas, sans passer par la case "camping". Puis une nouvelle idée nous est venue: et si on se faisait un "bivouac"? Personnellement, depuis mon voyage en Espagne pendant lequel j'ai parfaitement testé l'option "camping", j'ai de plus en plus envie de faire du "bivouac", entrecoupé de passages -de temps en temps- dans les campings, ceci afin de diminuer le coût du voyage. Donc c'est décidé, ce sera un bivouac. Puis mon frangin m'appelle et me dit qu'il veut faire un bivouac SANS TENTE, directement dans le sac de couchage, à la belle étoile. Là, je suis moins "chaud", mais son enthousiasme est communicatif, et une expérience, c'est toujours bon à prendre. OK, ce sera un vrai bivouac, sans toît. J'avais acheté l'an dernier un duvet "tout temps", donc pas de problème. De son côté, mon frangin fait sa petite étude de marché sur le duvet, puis va s'en acheter un dans la semaine, finalement très proche du mien.

 

C'est également lui qui est chargé de l'itinéraire, et surtout de la recherche approximative du lieu du bivouac. Finalement, il a prévu cet événement aux environs du Gué d'Alleré, en Charente. Rendez-vous pris à Luçon, lieu où se retrouvent nos itinéraires respectifs, vers 20h45.

 

Et c'est là que nous nous retrouvons devant une évidence: la nuit tombe, le soleil vient de se coucher à 20h30! Il ne nous est donc pas possible de poursuivre notre route: la recherche du bivouac doit se faire maintenant, avant la nuit! Nous ne sommes pas trop fiers de nous quand même, de ne pas avoir pensé à cet événement assez courant, qui a quand même lieu toutes les 24 heures...

Qu'à celà ne tienne, 1/4 d'heure plus tard, nous étions en plein champ, à l'orée d'un bois, avec vue privilégiée sur la cathédrale éclairée de Luçon, que je n'ai pas pu phtographier correctement sans bouger, honte à moi! Pour un gars qui se dit photographe à ses heures, c'est un peu misérable! Par contre, vous avez une superbe photo du bivouac. Mon frère avait emmené une toile de plage juste pour protéger notre tête de l'humidité; mais finalement, ce sont nos chaussures qui sont allées sous ce petit habitable, les têtes sous la voute céleste, avec ce temps de rêve.

Bon, ce qui a manqué? Un petit matelas gonflable, pour moins sentir les cailloux. Et des boules "quiès" pour mon frangin, mais je l'avais prévenu: je ronfle! Il m'a dit qu'avec un tel bruit, aucun animal ne viendrait me déranger par inadvertance, c'est sûr qu'ils éviteront le coin où je suis! Génial... J'ai très bien dormi, c'était une excellente expérience. Nous avons toutefois subi la pollution lumineuse de Luçon, c'est un peu dommage de ne pas avoir été dans une nuit noire, ce qui aurait dû être le cas...

Voilà donc, au zoom, la cathédrale de Luçon, vue de notre "fenêtre"... Grandiose en "vrai"!
Et au petit matin, la même en couleurs... L'évêché le plus crotté de France, disait Richelieu...
Un petit souvenir avant de remballer.
On est quand même bien "planqués"... mais c'est nécessaire pour être tranquilles.
Evidemment, le ramassage du matin se fait en 5 minutes... C'est plus rapide qu'avec une tente!

 

Le premier "boulot", ce matin, c'est bien sûr le petit déjeuner. On aurait pû emmener un réchaud et le café, et c'est vrai qu'on l'a regretté, le café, hier soir, en discutant sous les étoiles, à refaire le monde... Il est 7h30. Donc direction un bon bistrot, avec le grand café et les croissants. Hum, délicieux! On ne sera pas en avance sur place, mais ce n'est pas grave, on n'a pas de rendez-vous à respecter!

 

C'est l'estomac bien calé, et en pleine forme, que nous démarrons, à 8h20, direction Marans par la N137. Ensuite, nous prenons la départementale D114 direction Saint-Jean-de-Liversay, à l'Est; le soleil levant nous gêne un peu, mais c'est toujours mieux que la pluie, quoi que... Juste avant cette petite ville, il faut prendre la D114, direction plein Sud cette fois, vers Surgères. On traverse le Gué d'Alleré, où la route biburque cette fois plein Sud-Est -direction qui ne changera plus du tout, comme si on tirait un trait droit sur Marsac- puis Vouhé. La route est petite et très agréable, du vrai bonheur. A Surgères, on récupère la D939, que nous ne quitterons plus d'ici l'arrivée.

Puis ce sera Puyrolland, et Landes, avant de parvenir à Saint-Jean-d'Angély, que nous contournons. Ensuite, ce sera Matha, puis Siecq et la traversée d'une partie du grand vignoble de Cognac, dont nous ne sommes qu'à 18 km, alors que nous passons à deux pas de Neuvicq-le-Château, et de son superbe château, que l'on voit très bien de la route. Je regrette de ne pas lui avoir tiré le portrait! La route est sinueuse à souhait, très agréable, et le paysage est superbe, valloné, et couvert de vignes.

Rouillac. Et son clocher. Très jolie petite ville. Petit arrêt pour la photo, et pour jeter un coup d'oeil sur la carte.
Finalement, il ne reste que 10 km. Vous voyez l'herbe sur le côté de la route: elle est complètement grillée.
Il fait déjà près de 30 degrés, et il est tout juste 10h15. Aujourd'hui, ça va chauffer dur!

Nous y sommes donc. Il y a assurément plusieurs centaines d'exposants, 7 grands champs au total.
L'entrée est à 3 euros par jour - deux jours de brocante.
Je me souviens avoir eu un tank comme celui-ci à un de mes Noël, offert par ma marraine! Souvenirs, souvenirs...
Les acheteurs sont déjà là. Tout le monde commence par "faire son petit tour", bien qu'ici, le petit tour est déjà un très grand tour! L'ouverture a eu lieu à 5 heures ce matin! A cette heure là, ce sont les professionnels qui viennent acheter, et les collectionneurs, les vrais, à la recherche de la pièce rare, du trésor. Sûrement beaucoup d'argent va changer de mains aujourd'hui et demain dans ces champs. C'est amusant et instructif.

Le cadre est très agréable. Entre les champs, nous traversons des bras de la Charente qui déambule ici en courbes très serrées, et qui fait bien 10 fois plus de km qu'elle ne devrait, tant elle fait de tours et détours. Mais c'est bien ce qui fait tout son charme, et on ne s'en plaindra pas. Midi approche, et les lieux de vente de saucisses, frites, sandwichs et autres boissons commencent à se charger en clients! Nous décidons de manger maintenant, d'autant plus que la route, ça creuse, que l'odeur des saucisses nous chatouille les narines et aiguise notre appétit, et nos gosiers déssèchés rêvent de boissons fraiches telles que bières... Quel bonheur! Plaisir simple mais tellement agréable. L'occasion aussi de se reposer, car la chaleur, et le fait de piétiner ainsi, sont très fatigants.

Comme dans toutes ces manifestations, les restaurateurs sont bien souvent ceux qui font les meilleures affaires...

Plantes aquatiques flottant sur le bord de la rivière. Et une furieuse envie de bain commence à nous prendre...
Après manger, on le sait tous, c'est dur de retourner bosser! Ben oui, tout le monde croit qu'on s'amuse... Les exposants qui sont en plein soleil, franchement, ils sont mal! Les livres se gondolent, ça me fait mal au coeur. Finalement, je ne suis pas acheteur, aujourd'hui, il fait trop chaud. Je n'ai pas envie de trimballer quoi que ce soit jusqu'au scooter à travers toutes ces prairies! J'ai également toujours rêvé d'avoir une épée; j'en ai vu deux ou trois, que j'ai essayées. Le métal était brûlant. Et mon frère qui me dit: comment veux-tu transporter ça sur ton scooter? Si tu tombes, tu pourrais t'embrocher! Sympathique, le frangin. Mais finalement, avec de tels arguments, je n'ai rien acheté du tout. Je regrette un peu une épée, quand même, avec un poignée en cuir!
Un peu plus loin, on a vu un magnifique fusil datant du début du siècle dernier, ou de la fin du 19ème, un fusil arabe, très long, plaqué de gravures sur la crosse et sur le canon. Un très bel objet, ma foi; à 400 euros quand même. Nous n'avons aucune idée des prix, mais c'était assurément le plus beau du bric-à-brac.

 

Nous commençons à ne plus aller en plein soleil, et à ne "faire" que les stands situés à l'ombre. Le soleil est au zénith, et il fait sûrement plus de 40 degrés. Aucun bouquin n'a attiré mon attention, sauf un atlas du début du siècle dernier, à 15 euros. Tous les stands se ressemblant, j'ai envie de partir; mon frangin est d'accord, nous décidons d'aller rouler sur les bords de la Charente. Aussitôt dit, aussitôt fait. A 14h30, nous avons déjà enfourché nos montures, qui nous attendaient impatiemment, c'est évident!

 

 

Vars, petite ville au bord de la Charente, écrasée par le soleil. Pas un chat dans les rues!
Vars toujours. Maisons typiques de cette région, avec ces pierres blanches. J'aime bien ces constructions.

Ah ils sont heureux, là, nos deux loustics! A l'ombre, au bord de l'eau. Le rêve de tout scooter qui se respecte.
Nous sommes arrivés là après quelques centaines de mètres sur un chemin de terre, c'est super!

C'est là que nous allons piquer une tête. Sans mon frangin, je n'y serais pas allé. L'eau est tout compte fait bien fraîche malgré la chaleur écrasante. Mon frère, grand pêcheur et grand connaisseur des rivières de l'ouest, me dit que la Charente est alimentée par une très grande quantité de sources, et que ceci pourrait bien expliquer celà. Donc, la mise à l'eau a été un peu difficile, mais en fait, quel bien-être une fois dedans.

Ensuite, petite sieste pour le frangin qui a si mal dormi cette nuit; petite lecture pour moi. Un pêcheur arrive en voiture et met ses lignes à l'eau un peu plus loin; je l'entends appâter. Il y a plein d'alevins dans la rivière, qui me chatouillaient les orteils le temps que j'ai passé à mouiller ma nuque, mon dos et mon ventre avant de rentrer complètement!

Nous avions remarqué sur la carte la présence d'un site gallo-romain tout près de là, entre Génac et Rouillac. C'est pratiquement sur le chemin du retour, pas question de passer à côté. Et très franchement, ça vaut le détour!

Les points blancs, dessinés sur les cartes explicatives du site, sont en fait du plus mauvais effet, puisqu'ils nuisent à la bonne lisibilité du texte! Je ne comprends vraiment pas de tels choix...

Le théâtre est vraiment très impressionnant, et c'est toujours avec émotion que nous foulons de tels sites, en pensant aux hommes et aux femmes qui sont venus écouter et regarder des représentations il y tant de siècles!

Nous sommes ici au sommet de la colline.
Je suis toujours admiratif de la nature qui, elle, reprend toujours ses droits. Il faut dire qu'elle a tout son temps.
Le village était là.
Magnifique. Dommage que ce soit si blanc, toutes les photos sont "brûlées" à cause de l'éclat du soleil sur ce blanc!
Ah si l'on pouvait voyager dans le temps, que j'aimerais visiter ce lieu!
Nous sommes sur une butte, et la vue porte très loin. Le site était certainement un excellent observatoire.
Voilà, dans la partie haute des gradins! Et l'acoustique est excellente. Et l'on voit à plusieurs km à la ronde.
Dernière photo de cette belle journée, du même endroit: la campagne charentaise, complètement brûlée par le soleil!

 

Entre temps, notre soif est revenue! Il est déjà 17h. Nous décidons d'un commun accord d'aller boire un coup à Rouillac, où nous avons fait une halte ce matin. Par la même occasion, il nous faut aussi donner à boire à nos montures, qui ont le gosier presque sec! Bien rassasiés, nous enfourchons nos canassons pour rouler d'une traite jusqu'à Luçon.

Le thermomètre du Piaggio oscille entre 36 et 38 degrés tout le long de la route; nous traversons par moments des masses d'air brûlant sur 20-30 mètres, c'est impressionnant. Il est 19h40 lorsque nous arrivons à Luçon.

 

C'est là que nos chemins se séparent. Pas question de partir sans boire un dernier coup, commenter notre journée, conclure en un bilan extrêmement positif malgré mes ronflements, et rêver à de prochaines ballades, plus longues...?

 

J'arrive aux Sables d'Olonne à 20h40, et il fait encore 31 degrés!

En ce qui me concerne, le kilométrage total est de 392 km et le nombre total de photos est de 80.

C'est mon seul regret: ne pas m'être arrêté plus souvent pour prendre d'autres photos.

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