Traversée de la Normandie - 4ème jour

Randonnée en scooter dans le Cotentin
Lundi 14 mai 2007
4 ème jour de voyage
Saint Lô-Bacilly
222 km - 78 photos - Pluie, soleil et pluie et vent...

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Vacances.... C'est génial, pas d'horaires à respecter, pas de rendez-vous. Rien.

Ah si, une pure coïncidence, Béa apprend que sa fille est en vacances en Normandie, et qu'ils ont prévu d'aller sur les plages du débarquement aujourd'hui. Bon, alors c'est parti, et ça tombe bien, nous avions l'intention d'y passer. Direction Bayeux, la rencontre se fera au pied de la cathédrale, très réputée.

La météo n'est pas très bonne, pluie, vent, éclaircies. Un temps bien normand, quoi!

De Saint-Lô à Bayeux, il n'y a que 35 kilomètres, une mini balade...

La voici, la cathédrale Notre-Dame de Bayeux.

Dédicacée en 1077, incendiée en 1107, reconstruite au XIIème dans le style gothique.

C'est un édifice très imposant.

Cette photo me rappèle l'Angleterre et l'Ecosse, où les cathédrales sont entourées d'une magnifique pelouse. Et il est vrai que le vert d'une herbe bien rase contraste particulièrement bien avec les tons de pierre de ces immenses bâtiments, ainsi qu'avec les ciselures des sculptures!

Ce n'est pas la façade, mais une entrée sur le côté, une porte de service, quoi... Quelle richesse!

La même porte, vue en descendant vers le bas... oui, en fait, si on descend, ce ne peut être que vers le bas!

Petite ressemblance avec Notre-Dame de Paris, non?

Me croyez-vous si je vous dit qu'on vient d'essuyer une autre averse?
Vue générale de la cathédrale, du bas de la rue, la façade étant à l'opposé. On décide d'aller boire un café pour se réchauffer, dans un petit bistrot, là, juste derrière moi, faisant aussi bibeloterie et autres gadgets pour touristes. Son nom? Le "Normandises", de mémoire. Eh bien, je ne le vous recommande pas du tout. En plus d'être à peine aimable, le tôlier fait payer 10 euros les quatre cafés! Oui, oui, vous avez bien lu. C'est vrai que c'est rempli de touristes, ici, surtout anglo-saxons, et que chez eux, c'est plutôt cher, alors il en profite... La prochaine fois, je regarderai les prix avant! Franchement, je veux bien payer cher dans un lieu touristique, mais il y a des limites! Quatre cafés, le prix d'une nuitée en terrain de camping comme je les affectionne. Si on compare...

Nous remontons la rue vers la façade de la cathédrale.

La même porte que précédemment....

Même si ce n'est pas la façade, c'est tout de même très imposant.

Tiens, mais je les connais, ces deux-là!

Détail sur les arcades sculptées. Toujours aussi impressionnant, le gothique.

Détail sur quelques têtes.

C'est la place se trouvant devant la façade. Elle est vraiment petite, et n'offre que peu de recul pour les photographes!

Le portail central.

Le parvis de la cathédrale est bien étroit. Une superbe maison, à gauche, celle du sesn interdit.

Au-dessus du portail.

Je pénètre à l'intérieur. Et c'est à nouveau le choc des envolées gothiques. Grandiose.

Plus haute que large. Pour moi, c'est toujours l'admiration du travail accompli par les milliers d'artistes anonymes!

Sans commentaire.... Ou plutôt si. Un million de morts, c'est un chiffre qui dépasse notre imagination. Enfin, essayons d'imaginer quand même. Si ce million de soldats défilait devant moi, en ligne, sans s'arrêter, à raison d'un homme à la seconde, eh bien, le défilé durerait 11 jours et demi -à raison de 24 heures par jour, bien sûr! Et si chaque gars prenait 50 cm de long dans la file, eh bien nous aurions un cortège de... 500 kilomètres de long... Je vous laisse méditer!

La lumière joue avec la pierre, et se faufile entre les piliers.

Mais pourquoi l'homme moderne ne fabrique-t-il plus de telles merveilles?

Je ne suis pas le seul à être émerveillé!

Je ne sais pas quoi dire, je reste sans voix.

Ce qui est frappant, c'est la pureté de l'ensemble. Je veux dire par là que, quel que soit votre goût, et même si vous n'aimez pas le style gothique, on a beau chercher des erreurs, on n'en trouve pas.

Je dirais tout simplement qu'il s'agit d'une très belle pièce d'orfèvrerie. Je donnerais 20 sur 20. Pas vous?

Je ressors. Aïe. Le ciel bleu a déjà disparu...

Hum, mais des gouttes d'eau recommencent à tomber.... Comme c'est surprenant!

A nouveau un coup d'oeil vers le bas de la rue, côté pelouse. Pour les gouttes d'eau, vous comprenez, maintenant?

Une petite dernière avant de repartir. Elle vous donne un peu le vertige, non?

C'est donc sous la pluie que nous reprenons la route en direction des plages du débarquement. En fait, c'est Omaha Beach que nous voulons voir, et plus particulièrement le cimetière américain, à Colleville-sur-Mer, à moins de 30 km.

Territoire américain, bien sûr, puisqu'il appartient, comme tous les cimetières militaires, selon les conventions internationales, à la nationalité des soldats morts et enterrés en terre étrangère. Le cimetière américain d'Omaha Beach, situé sur une falaise dominant la tristement fameuse plage du débarquement du 6 juin 1944, contient les restes de 9.387 américains tués principalement pendant les opérations de débarquement et la constitution de la tête de pont en Normandie.

Silence, propreté, ordre. Emotion. Respect envers ces hommes, quels qu'ils furent dans leur vie antérieure.

Le drapeau de leur pays flotte au-dessus de leurs têtes.

Les Etats-Unis d'Amérique,
fiers des exploits de leurs fils, humbles devant leurs sacrifices, ont érigé ce monument à leur mémoire.

Une grande esplanade centrale, un bassin, de grandes pelouses, des ifs taillés, et tout autour, les milliers de tombes.

Et entre temps, la pluie a cessé, le soleil revient... Ah, Normandie, si tu n'existais pas... il faudrait t'inventer!

Souvenez-vous, n'oubliez jamais, pour toujours....

Et ça recommence toujours, et ça continue partout.... malheureusement!

Au loin, au-delà des silhouettes de ces visiteurs, la Manche.

D'immenses gravures et peintures sur les murs du monument expliquent les manoeuvres militaires.

Ce mausolée est en arc de cercle, arc qui s'ouvre devant....

l'immense allée centrale, les tombes étant de chaque côté.

Opérations militaires en Europe de l'Ouest du 6 juin 1944 au 8 mai 1945.

Vers la mer. En bas, cachée par la falaise, l'immense plage d'Omaha Beach.

Un coup de zoom sur ce lieu, où nous reviendrons plus tard.

Toutes ces tombes alignées au cordeau, quel que soit la direction où porte le regard, c'est très impressionnant.

Les deux ifs, de chaque côté, semblent immenses, surtout celui de gauche, qui donne l'impression de se trouver au loin, derrière les arbustes! En réalité, ils sont au tout premier plan...

Je me dirige maintenant vers les tombes. Je suis très surpris de voir que marcher sur la pelouse est autorisé.

Je vous laisse déambuler avec moi parmi tous ces hommes tués sur cette terre Normande qu'ils ne connaissaient pas!

Quelqu'un a déposé une rose...

De temps en temps, une étoile apparaît à la place de la croix. Un soldat juif, très certainement!

William T. Veil Pennsylvana 23 Juin 1944

Une tombe en étoile.

Petit essai artistique...

Je me mets au niveau du sol...

Et ici aussi. Changement total de perspective.

Cet arbre tourmenté a attiré mon attention.

Tellement triste...

On dirait qu'ils sont au garde-à-vous!

Des gars passent avec des tondeuses spéciales.

Avec la mer en toile de fond.

On distingue au loin l'allée des ifs taillés, en entrée du cimetière, le bâtiment en demi-cercle, et la grande bannière étoilée.

Quel magnifique bouquet de fleurs sur cette tombe!

L'autre partie du cimetière. Un banc, très sobre.

Le beau bouquet, pour Billie D. Harris, tombé le 17 juillet 1944.

Marcel H. Gendreau, un nom de famille bien connu en Vendée. Pourtant, c'est un soldat du Massachusetts. Ses ancêtres sont peut-être des Français expatriés vers les Amériques...?

De l'autre côté de l'allée, les tombes continuent de s'aligner.

Regard vers la mer.

Champ de vision plus large, aspect différent.

Au plafond du mausolée situé de l'autre côté... Une très belle mosaïque. Très beau travail d'artistes modernes.

Paroles de la bible. "Je leur donne la vie éternelle; et ils ne périront jamais"...

Vue d'ensemble, avec les drapeaux.

Je suppose que cette statue représente la France -compte tenu de la présence du coq....

Et celle-ci pour l'Amérique -les étoiles. L'aigle, ça fait un peu empire, non? Je n'aime pas trop ces deux statues. Je les trouve presque choquantes ici. Les nazis ont fait les mêmes...

Vue de profil.

Jeux d'ombres et de lumières.

Je ne suis pas le seul à faire des photos.

Tranquillino Pasqua, de Pennsylvania, décédé le 2 décembre 1945... plusieurs mois après la guerre!

J'arrive maintenant sur le front de mer. Les tombes sont à ma gauche, et c'est le bout du cimetière.

Je retourne sur mes pas.

On reconnait les drapeaux vus précédemment.

L'immense plage d'Omaha Beach est là, sous nos yeux.

Carte des opérations qui se sont déroulées le fameux jour J.

C'est la dernière photo que je fais, juste avant de quitter ce cimetière.

Il est 12h45, déjà. Le temps passe toujours tellement vite, quand on fait ce qu'on veut!
Il est temps de manger. Nous partons vers la plage d'Omaha. Un restaurant se trouve là, juste à côté, qui va nous fournir les calories nécessaires à la poursuite de notre périple.

 

Omaha Beach. Qui ne connait pas?

J'ai du mal à imaginer ce qui s'est passé ici. De plus, un vent très violent souffle sur la plage, m'empêchant de photographier comme je le voudrais, car des milliers de minuscules grains de sable volent, piquants, et dangereux pour l'appareil photo.

La plage est très grande. 8 km de long, c'est énorme.
Elle se trouve sur les communes de Vierville-sur-Mer, Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville-sur-Mer.
J'aurais aimé m'asseoir ici, sur le sable, et essayer de m'immerger dans l'histoire.
Mais le vent est trop violent, et les circonstances ne s'y prêtent pas vraiment. Pour ça, il faut que je sois seul!

Le monument élevé à la mémoire des hommes tombés ici.

34.000 soldats ont débarqué à Omaha le jour J.

Une grande polémique est en cours au sujet de ce monument.

Un livre entier est en ligne sur cette plage.

Photos du jour J.

A lire...

Vers la Pointe du Hoc.

Sur les 34.000 hommes débarqués les Américains enregistraient environ 4.720 pertes sur cette bande de plage dont le nom allait devenir " Bloody Omaha ", "Omaha la sanglante". C'est tout simplement énorme!

Voilà. Vous avez vu ce que j'ai vu de cette plage. En fait, je suis un peu déçu, parce que je pense que cette plage doit se visiter après avoir visité le musée consacré à cet événement historique si proche de nous. Je pense que ces lieux doivent se visiter après la lecture de bouqins sur le sujet, après s'être imprégné de l'histoire, pour mieux la ressentir!

Devant la violence des rafales de vent, et compte tenu d'une météo à venir plutôt mauvaise, nous décidons de rentrer vers la Vendée au lieu de poursuivre plus au Nord comme initialement prévu! Dommage.
C'est ici que nous quittons les jeunes, et nous retournons d'abord sur Saint-Lô, puis nous rejoignons l'autoroute gratuite A84 Caen-Avranches, où nous arrivons peu après 17 heures.

 

Avranches, ici devant l'Office de Tourisme.

En fait, nous sommes très surpris par la situation de cette ville. En effet, celle-ci se situe sur une colline à près de 100 mètres d'altitude au-dessus de la baie, et je ne voudrais pas grimper la côte en vélo... Mais avec Bonnie et Pégase, c'est du gâteau!

Voilà. On a presque l'impression d'une vue aérienne, mais vous le savez, je monte Pégase...

En bas, les infrastructures humaines dénaturent le paysage!

Le serpent autoroutier.

Pégase et Bonnie.

Le Scriptorial d'Avranches, Musée des manuscrits du Mont-Saint-Michel.

L'église Notre-Dame-des-Champs, vaste édifice néogothique, aux volumes imposants, domine le plateau du Palet.
Des sculpteurs à l'imagination débordante l'ont enjolivée de gargouilles fantastiques, animaux divers et personnages pittoresques que j'ai aperçu en roulant. Malheureusement, nous n'avons pas le temps d'aller voir de plus près!

Reflets de l'église dans les vitrines d'un restaurant.

L'église, vue de face.

En regardant la carte, j'ai pensé qu'on devait avoir une jolie vue sur le Mont-Saint-Michel depuis le Jardin des Plantes.

Je ne m'étais pas trompé! On l'aperçoit au loin, ainsi que l'estuaire de la Sée.

Voilà. C'est ma dernière photo d'Avranches. Cette ville mérite quelques heures de visite. A l'Office de Tourisme, nous avons obtenu une liste des hôtels et chambres d'hôtes du coin, qui nous a été fort utile. En effet, nous en trouvons une très rapidement, que nous choisissons par son prix. En effet, elle est au tarif de 25 euros, petits déjeûners compris!

Ce logement se trouve à Bacilly, petit village à quelques kilomètres au Nord-Ouest d'Avranches. La propriétaire nous ayant dit de prendre notre temps, nous décidons de faire une petite crochet afin de longer cette partie de la côte.

Nous prenons donc la direction de Granville, une grande ligne droite comme un "i" de plus de 20 km, que nous suivons jusqu'à Sartilly. La route est une succession de longues montées et descentes, le genre de route usante pour un cycliste, mais qui se déroule sans aucun problème avec nos deux merveilleuses montures! Seul le vent est toujours puissant, et nous oblige à une grande vigilance. A Sartilly, nous quittons la D973 et obliquons plein Ouest, direction Carolles et la mer.

Et à Carolles, nouveau changement de direction. Direction le Sud, en longeant la mer.

A un moment, une minuscule route à droite attire mon attention. Je prends. Béa me suit à contre-coeur. Elle est fatiguée, les rafales de vent l'obligeant à plus d'efforts que moi pour maintenir la Triumph en ligne. Et aussi le manque d'habitude... En fait, la route, bien qu'adorable -de par son étroitesse- mène à un petit parking. Il faut ensuite marcher pour rejoindre la côte.

Je me contente donc de cette photo.

Retour sur la route principale, la D911, qui s'élève progressivement. Soudain, nous apercevons le littoral, et je dois dire que je ne suis pas déçu. C'est superbe. D'ailleurs, sur les cartes, cette route s'appèle la "Route des Falaises". Malheureusement, nous prenons une fois de plus de fortes rafales de travers, et il fait presque froid. A un moment donné, j'aperçois à nouveau une toute petite route descendant vers le rivage, avec des pancartes "stationnement strictement interdit" et "interdit sauf riverains". Je suis immédiatement attiré. C'est la route du Sol Roc. Béa déclare forfait, et décide de m'attendre en haut.

Le bout de la Route du Sol Roc. Une merveille, cette descente, très impressionnante. Je ne regrette pas d'y être venu.

Quelques photos vite fait. J'aperçois -et vous aussi- le Mont Saint Michel. Dommage, je n'ai pas mon gros zoom...

Je déplace Pégase pour l'immortaliser face à la mer.

Gros plan sur Pégase. Il est vraiment très sale sur le côté gauche, on ne voit même plus sa couleur!

Bon, il est temps de remonter maintenant. Nous ne sommes plus qu'à 10 km de Bacilly désormais.

 

Il est quand même 19h15 lorsque nous arrivons dans l'ancienne ferme où nous allons passer la nuit. Les propriétaires sont des retraités, et nous accueillent chaleureusement. Le pépé nous envoie chercher des victuailles dans la minuscule épicerie du village, qui est encore ouverte. Nous pouvons manger sur la grande table de bois, dans le séjour. Il nous apporte une bouteille de cidre, puis son épouse vient nous servir un café et une tisane.
De plus, nous pouvons ranger nos deux montures sous le toît de la grange.

Elle est pas belle, la vie?

Ci-dessus une vue de nos deux bécanes devant la ferme, avant d'aller les mettre à l'abri.

Une petite dernière. Promis, c'est la dernière....


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