La grande marche

Lundi 23 Mai 2005 - Matinée

La grande marche

Depuis plusieurs années, j'ai envie de longer le littoral vendéen directement sur la plage, si possible.
Mais le temps passe, et je repousse toujours.
De plus, je ne crois pas être capable de marcher longtemps.
Or, depuis cette année, je vais souvent faire de longues marches le dimanche matin avec Volcane, une jeune chienne de race Golden Retriver, adorable et de très bonne compagnie. C'est d'ailleurs grâce à elle que je vais faire ces promenades, car c'est un plaisir que de la voir courrir comme une folle autour de moi.
C'est ainsi que je prends de plus en plus confiance en moi, car mes balades, de 3-4 kilomètres au départ, sont devenues longues de 10, 15 et même presque 20 km.

Alors c'est décidé. Je me lance donc ce lundi 23/05.
La marche doit se terminer à midi, car je travaille cet après-midi, et il n'est pas question d'être en retard.

Il est 6h10 du matin lorsque je démarre de l'Aiguillon-sur-Vie, dont voici l'église (déjà une photo!).
Le temps est nuageux, mais c'est bien, du moment qu'il ne pleut pas. Je pars du centre du village.
But final: Le Château d'Olonne, route de Talmont-St-Hilaire, où j'ai laissé mon scooter hier.

Je suis en pleine forme, bien qu'ayant assez mal dormi. J'avais mis le réveil à 5h30, je me suis réveillé à 5h25...
J'ai un petit sac à dos avec bouteille d'eau, casse-croûte et chocolats, mais je déjeûne avant de partir, car il ne m'est pas possible de commencer une journée le ventre vide, même si c'est pour conduire, peu importe!

Il n'y a pas un chat dans les rues du village, et c'est très bien comme ça, je n'aime pas me faire remarquer.

Une ancienne maison typique de ferme vendéenne encore en plein bourg, tout près de l'église.

Le bourg est vite traversé, et me voici déjà à pied d'oeuvre, si je puis m'exprimer ainsi. Le gazouillis incessant des oiseaux m'accompagne depuis quelques minutes. C'est merveilleux.
J'ai la route pour moi tout seul. L'appareil photo en bandouillère, je mitraille déjà pas mal, incorrigible de ce côté-là. Je casse donc mon rythme de marche à tout bout de champ, et c'est vraiment pénible. J'ai beau me dire de continuer, de ne pas m'arrêter, je ne m'obéis pas, rien à faire! J'ai toujours une bonne raison pour appuyer sur la gachette.

La petite route goudronnée conduisant aux fermes fait maintenant place à un beau chemin gravillonné qui me conduit dans le marais du Jaunay, zone incluse dans le réseau Natura 2000.
Le soleil est levé depuis un moment, mais apparaît soudainement au travers des nuages. C'est une énorme torche rose-rouge qui balaie instantanément l'espace à l'horizontale, et je saisis cet instant magique qui ne va pas durer.
Vers l'Ouest, le bois entourant le château de Beaumarchais, absolument invisible d'ici. Devant moi s'étalent les grandes prairies bordant le Jaunay, la rivière invisible qui serpente plus loin, au niveau de la rangée d'arbres. C'est beau!
Dans une trouée, au zoom maximum, voici La Cantinière, ferme située sur l'autre versant du Jaunay, que l'on peut deviner au second plan, devant les arbres.

Le voilà, le Jaunay qui donne son nom au marais doux d'environ 600 hectares qui se forme plus à l'Ouest, vers Givrand et la mer. Au premier plan, un des nombreux ponts jetés sur les nombreux affluents, permettant le passage des hommes, mais pas du bétail. J'ai eu du mal à faire passer la chienne alors qu'elle était encore jeune, et elle est tombée 2 ou 3 fois dans l'eau... Maintenant, ça va mieux, mais elle ne traîne jamais au milieu. Je dois dire qu'elle est presque aussi trouillarde que moi, mais c'est une brave bête. Moi aussi, d'ailleurs!

A noter: ces ponts sont de beaux ouvrages d'art, très souvent composés de deux anciens poteaux électriques en béton armé, parfois un seul; il faudra que je fasse une étude sur le sujet, un jour.

Voilà. Je suis sur la passerelle, et mon regard (et le vôtre) se porte vers l'Ouest et l'Océan, le soleil levant étant bien derrière nous, comme vous pouvez le constater. Le Jaunay sert de frontière entre la commune de l'Aiguillon-sur-Vie (à droite) et celle de La Chaize-Giraud (à gauche), où mes pas me conduisent.
Le chemin, après la passerelle, est très bucolique. Il longe un petit étier à gauche, dans lequel se trouvent beaucoup de grenouilles, et où j'ai souvent vu des hérons. Ce matin, je n'en vois pas un seul!
Cette photo se passe de commentaires, tellement c'est beau. Vous voyez, j'aimerais bien parcourir le monde à pied sur de tels chemins, c'est presque paradisiaque! Bien sûr, à condition que les haltes soient bonnes...
Pas très large, mais ça passe quand même.
Le chemin s'élève lentement. Je quitte les marais; arbres et champs cultivés vont très vite remplacer les prairies.
Tiens, qu'est-ce-que je vous disais, je savais bien.
La Cantinière.
La Cantinière, telle qu'elle apparaît de la route départementale D12, que je traverse. Je viens de parcourir 4,8 km en une heure très exactement, ce qui est un très bon rythme finalement, vu mes nombreux arrêts photo.
Je retrouve un beau chemin gravillonné fin de l'autre côté de la route, c'est ma foi fort agréable, qui serpente au milieu de toutes sortes de champs cultivés.
C'est très sympa d'avoir conservé ce petit bouquet d'arbres au milieu de ce grand champ, merci. J'apprécie beaucoup.
Immense champ de blé, avec les traces laissées par les roues des tracteurs, presque à perte de vue. C'est drôle, mais cette photo me fait penser, bizarement, aux champs de blé que l'on voit à la fin du film "Gladiator", avec cette musique envoutante et triste. Pourtant, je ne suis ni triste ni mélancolique, ce matin, bien au contraire.
Un peu menaçant, celui-là, vous ne trouvez pas? Il m'inquiète légèrement. Bah, on verra bien.
Le goudron de la civilisation refait son apparition. C'est encore humide, il a plu cette nuit ou ce matin de bonne heure!
Ah, c'est par là. Une belle trouée de ciel bleu, je crois que je n'ai pas à m'inquiéter. Quelques champs sont en friche.
Et une vigne sur ma gauche. Le goudron disparaît à nouveau, faisant carrément place à l'herbe. Génial.
L'herbe est de plus en plus haute, et bien humide. Elle monte largement au-dessus de mes genoux, et je suis trempé jusqu'aux cuisses en quelques minutes. Il ne passe pas grand monde ici, car je dois faire ma trace... ou alors, l'herbe repousse à une vitesse folle. C'est clair qu'Attila n'est jamais passé ici...
J'arrive dans le village de La Trévillière, pour ceux qui connaissent. Vous apercevez le clocher de Brétignolles.
Brétignolles-sur-mer et son église. Une partie de mes ancêtres a vécu dans cette petite ville.
J'ai traversé la ville, et je retrouve un beau chemin -une piste cyclabe- qui me conduit sur le littoral Brétignollais.
Vous ne les voyez pas, mais il y a plein de grosses limaces oranges qui traversent la route, telles que j'en voyais beaucoup étant petit. Curieux, mais ça me fait plaisir d'en revoir; je dois faire attention de ne pas les écraser.
Zone de loisirs et étang artificile de la Normandelière. La mer est très proche maintenant. Je sens déjà l'iode.
Base de loisirs de La Normandelière à Brétignolles-sur-mer.
Enfin, l'Océan Atlantique tel que je l'aime. L'immense plage des Dunes, de plus de 3 km de long. J'arrive.
 

Il est 8h10, et ça fait 2 heures juste que je marche. J'ai parcouru 9,8 km, ce qui fait que je maintiens parfaitement mon allure de pratiquement 5 km/h en prenant mes photos. Mais attention: je ne traîne pas non plus...
 

Les barrières m'empêchent de descendre sur la grèves, mais j'aperçois un passage qui va me le permettre.
Je suis sur le sable, enfin! Petit coup d'oeil vers l'arrière, donc vers le rivage de Brétignolles et le Marais-Girard.
Et ça, c'est ce qui m'attend, droit devant, direction plein Sud, vers Les Sables, pratiquement 10 km de sable...
Bon courage, mon pèpère...
Je ne suis pas seul, mais presque. En fait, il n'y aura pas de bagarre, il y a assez de place pour nous deux...
En fait, j'ai du mal à marcher à l'aise. C'est crevant, car le sable - ou les petits graviers, selon les endroits - n'est pas parfaitement dur. Je zigzage un peu histoire de trouver des endroits moins mous, mais ce n'est vraiment bien nulle part. Et bien sûr, je ne veux pas trop zigzaguer non plus, car alors je vais faire le double de kilomètres...

Regard vers l'arrière pour voir si je suis suivi... Vous voyez quand même mes petits zigzags; Brétignolles est déjà loin.
J'entrevois le bout de la grande plage des Dunes, qui fait partie de la commune de Brétignolles-sur-mer, alors qu'à ma gauche, derrière le cordon dunaire, c'est Brem-sur-mer, qui n'a pas un centimètre de plages...
Mais il y a du monde ici. Pas très polis, ils me tournent tous le dos, franchement, c'est pas sympa!
Bon alors, moi qui voulait vous parler 5 minutes, tout le monde s'en va.
Et à cette vitesse, je ne risque pas de vous rattraper.
Et le petit groupe se pose un peu plus loin. J'ai quand même de plus en plus l'impression que je sens mauvais, non?
Encore un regard vers le Nord. Côté droit, c'est Brétignolles, et côté gauche, c'est Saint-Gilles-Croix-de-Vie!
En ligne droite, ça fait quand même 13 km de mer jusqu'à la corniche de Croix-de-Vie.
Tiens, revoilà mes petits copains. Regardez leur ombre dans l'eau, c'est superbe.
Sur toute la longueur de la plage, le cordon dunaire protège l'arrière-pays des assauts de l'océan.
Derrière cette jetée se cache l'Auzance, qui se jette ici dans la mer, et qui sert de frontière avec la commune d'Olonne-sur-mer. C'est le Havre de la Gachère. J'arrive donc au bout de la plage des Dunes. On aperçoit à l'horizon les premières maisons de La Chaume. Il est 8h45. Il commence à faire chaud, surtout que je fatigue dans le sable!
Voici donc l'Auzance à son embouchure. Un petit barrage y est installé, qui me permet de traverser la rivière.
Il y a un bon courant, et c'est normal, car c'est la marée descendante, et les eaux coulent vers le large qui s'éloigne.
Le monsieur, là-bas, avec sa soucoupe au bout de son bâton: c'est un chercheur d'or. Je viens de le croiser et de discuter 5 minutes avec lui. Il est à la recherche de tout ce que les promeneurs du dimanche ont pu perdre...
Le havre de la Gachère, vu depuis la plage des Granges, que je foule maintenant.
Le sable est beaucoup plus mou ici, et la marche est pénible.
Je n'arrive vraiment pas à bien marcher sur cette plage, elle est difficile.
L'horizon est dans un très léger brouillard et je distingue très légèrement la corniche de La Chaume.
J'aime bien regarder de temps en temps vers l'arrière, pour évaluer le chemin parcouru. La digue est déjà loin...
Les gros galets relativement plats, très nombreux sur le haut de cette plage, servent de matériau pour élever des abris très utiles pour se protéger du vent. Ce sont les baigneurs du pays qui se les construisent.
Il y en a pas mal, mais seulement sur cette plage.
Comme vous pouvez le constater, c'est presque un pierrier ici. Je me demande d'ailleurs si c'est bien naturel, ou si ces galets n'ont pas tout simplement été vidés ici pour protéger la dune des assauts des vagues...? Si quelqu'un peut me renseigner sur cette question, qu'il le dise ou qu'il se taise à jamais... - non, je rigole...
Il manque le drapeau ici... Peut-être est-il mis lorsque ses constructeurs reviennent.

9h10, ce qui donne 3 heures de marche depuis le départ. J'en suis à 14,4 km parcourus, soit une excellente moyenne de 4,75 km/h, compte tenu de la marche dans le sable. Je suis au pied d'une dune un peu plus haute, et je décide d'y grimper, afin de vous offrir - vous êtes gâtés quand même - une vue d'ensemble. Mon altitude est de 8 mètres au-dessus du niveau de la mer... Oui, je sais, ce n'est pas très haut. Ici, vue vers le Nord, donc vers Saint-Gilles.
 

Et là, regard vers le Sud, vers Les Sables d'Olonne.
Encore une vue vers le Nord, en zoomant. On voit bien le havre de la Gachère. A l'horizon, les immeubles brillants du centre sont ceux de la plage de Saint Gilles, et à gauche ceux de Sion-sur-l'Océan.
Et à nouveau vers le Sud. On voit parfaitement bien le cordon dunaire: sur le sommet, le sable presque nu, car la végétation a vraiment beaucoup de mal à s'accrocher sur cette partie la plus offerte aux vents d'Ouest. Et aussitôt derrière la dune, un léger effondrement (naturel?) large d'une centaine de mètres, formant une cuvette dans laquelle l'herbe pousse beaucoup mieux, car elle se trouve à l'abri des vents dominants. Puis plus en arrière, la forêt.
La voilà donc, la forêt d'Olonne. La dune fait entre 1,5 et 2 km de large, et est donc couverte par cette forêt de pins.
Bon, ce n'est pas tout ça, mais je ne suis pas rendu, moi! Je viens de redescendre de mon perchoir. C'est haut, hein?
Les derniers restes préhistoriques de cette plage... Ils sont partis en courant, abandonnant leur foyer, fuyant devant ce trycératops adulte qui vient de les apercevoir...
Oh, ce vestige est beaucoup plus récent. Il date des années 1941-1942: c'est un des milliers de "blockhaus" érigés par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, et faisant partie du plan de protection décidé par Hitler appelé le "mur de l'Atlantique". En fait, ce sont les Français qui les ont construits... contraints et forcés par les armes des occupants. A l'origine, ils étaient tous en haut de la dune, et ils nous servent désormais de repère pour voir à quel point la mer a creusé le cordon dunaire, car nombreux sont les blockhaus désormais sur la plage... Regardez!
En 60 ans... La nature est toujours la plus forte, elle a le temps pour elle, alors que nous, nous ne faisons que passer...
Vous voyez bien sur cette vue la pente de la plage, avec la zone de galets de moins en moins gros à mesure que l'on descend vers la mer, pour se terminer un petit gravier, et du sable. Au fond, les maisons de La Chaume.
Comme d'habitude, je ne peux m'empêcher de faire un autre cliché vers l'arrière. On distingue les tas de galets élevés par les promeneurs-baigneurs-bronzeurs pour se protéger du vent, ou tout simplement pour s'amuser.
Allez, et encore une petite tournée, la faridondelle, et encore une petite tournée, la faridondé...
Il faut lever un peu les pieds, mais ici, je marche mieux, car le sol est un peu plus dur.
Encore une vers le Nord; à l'horizon, la corniche de Brétignolles. J'ai zoomé un maximum, et le premier plan se trouve donc au-delà des deux blockhaus dépassés précédemment.
J'ai oublié de vous dire: je marche depuis un moment sur la plage de Sauveterre. Une route arrive d'ailleurs à ce niveau de la plage. Au premier plan, les "Roches Noires", bonne zone de pêche à pied, et au large vers le Sud-Ouest, le phare des Barges, protégeant les bâteaux des récifs de La Chaume.
La dune est ici une falaise, qui surplombe la côte d'une hauteur de 19 mètres. Le cordon dunaire de la forêt d'Olonne culmine à environ 35 mètres, avec une moyenne aux environs de 25 mètres.

Il me reste un mince chemin sablonneux entre les rochers. J'enfonce pas mal, et je peine donc. Je fais ici ma première vraie pose, destinée à me ravitailler un peu. Ah le délicieux chocolat, pour prendre un peu de forces.
Bon, la pose dure exactement 12 minutes, et je repars à 10h05 exactement. J'en suis à 17,4 km, et ma moyenne a un peu chuté, puisqu'elle est descendue à 4,4 km/h.
Si je peux vous donner tous ces détails, c'est que j'avais mon GPS qui a enregistré ma trace. C'est génial, car on peut ensuite tout retrouver, même plusieurs semaines après, alors que la mémoire a commencé à en laisser tomber...
Vers Saint-Gilles, au maximum du zoom de l'appareil photo. A gauche, il s'agit de la corniche de Sion-sur-l'Océan, à près de 25 km de distance, ce qui est assez considérable.
Je reprends donc ma marche.
Je retrouve un peu de présence humaine ici. Après le pêcheur, un parachutiste ascentionnel.
Et ça marche: il s'élève lentement. C'est génial, et ce doit être fabuleux de voler comme ça, en silence.
Seul au monde... Non, mais il n'y a quand même que mes pas, ici, ce matin! Les roches noires au loin.
Il est assis, et en plus, il va beaucoup plus vite que moi. C'est un scandale!
Le phare des Barges, encore. Je me rapproche lentement, mais sûrement, de La Chaume.
Il m'a dépassé, et il fait maintenant demi-tour. Il me nargue? En tout cas, heureusement qu'il n'y a pas d'obstacles par ici, mais ça fait 10 minutes que je marche le nez en l'air!
J'ai l'impression que je n'avance plus beaucoup. Serais-je déjà fatigué? Je n'aurais pas dû faire de pose!
La présence humaine s'accentue. J'ai envie d'aller faire trempette, mais je n'en ai pas le temps, pas maintenant.


Encore un blockhaus! Il se trouve à hauteur du "chemin des grands chevaux", pour ceux qui connaissent. Ici, le sable est beaucoup plus mou, et j'enfonce vraiment de plus en plus. La marche est devenue difficile, et je peine énormément. Je rêve de retrouver une surface goudronnée, le comble!
Vous voyez comme j'enfonce, et c'est partout pareil. Ah, une autre trace: je ne suis pas le premier à marcher ici.
A l'horizon, la corniche de Sion, en face Saint-Gilles, et au premier plan, le pêcheur de tout-à-l'heure.
Encore un regard vers l'arrière, pour voir si j'avance. Pas vite en fait, je crois que je commence à me traîner...

La dernière partie, au niveau du camping des Dunes, a vraiment été dure, à cause d'un sable de plus en plus sec et dans lequel j'enfonçais de plus en plus profondément. Bon, ok, je n'enfonçais pas jusqu'aux genoux non plus, mais quand même, je peux vous assurer que j'ai peiné... Ben oui, je ne suis pas un grand sportif non plus, je voudrais vous voir à ma place, peut-être que certains auraient déjà abandonné, na! En tout cas, j'arrive sur le goudron! Bonheur.

La photo est prise depuis la route, au zoom. On voit bien la trace que j'ai laissée derrière moi.

Il est 11h10, ça fait 5 heures de marche, 22 km, moyenne 4,37 km/h. Pas mal.
Je me félicite, car sinon, personne ne le fera.

Je longe la plage de la Paracou, à La Chaume. Mon allure est meilleure, et c'est un plaisir de marcher sur un sol dur.

Arrivé sur le quai de La Chaume, je m'offre 25 minutes de pause dans un café face au chenal. Le bonheur: avachi dans une chaise, une grande bière à la main droite, un délicieux sandwich dans la main gauche. Envie de repartir? Pas vraiment. Je pourrais en rester là, et me faire conduire jusqu'au scooter, mais je n'ai pas atteint mon but, et je ne suis pas encore mort. Je me dis que je peux le faire.

Je décide de prendre le passeur; c'est un petit bateau qui vous fait traverser le chenal. Il navigue à vue: s'il voit des gens qui l'attendent, il vient les chercher. C'est génial. Autrefois, il y avait un pont.

Je suis sur la navette. En face, le port des Sables d'Olonne.

Dans le milieu du chenal, que tous les marins qui viennent aux Sables doivent emprunter. C'est de là que partent les hardis navigateurs du Vendée Globe. A droite, La Chaume, et la tour d'Arundel. A gauche, les quais des Sables.
Les bâteaux de pêche sablais.
Les quais de La Chaume à marée basse bien sûr, ce qui est beaucoup moins joli, j'en conviens volontiers.
La magnifique plage des Sables d'Olonne à marée basse, et le remblai. Bien que fatigué du sable, je suis encore plus fatigué de marcher. C'est pourquoi je prends la décision de descendre sur la plage, afin de "couper" au plus court. En effet, la plage forme un croissant que je serais obligé de suivre si je restais sur le remblai. Par la plage, je vais gagner quelques dizaines de mètres... Oui, je sais, c'est de la fainéantise. Mais on ne se refait pas!
Encore un coup d'oeil vers l'arrière pour voir si je progresse. Oui, ça avance. En face, le bâtiment rond, c'est le palais des congrès, qui fait aussi office de tourisme; autrefois se trouvait ici le casino des Sables d'Olonne.
Eh bien dis donc, ça y est, le remblai est passé, et voici la baie des Sables, avec la grande jetée et La Chaume.

L'abbaye Saint-Jean d'Orbestier, située à 200 mètres de la mer, en hauteur.

Je suis depuis un moment déjà sur la commune du Château d'Olonne.
Le sens interdit est là, alors je le laisse, désolé pour ceux qui auraient voulu que je l'enlève...

C'est la première fois que je prends le sens interdit - éh éh, je suis à pied, j'ai le droit.
En fait, je croyais couper au travers en le prenant, mais non, je me suis rallongé. Bien de ma faute.

Je dois bien vous l'avouer. Je suis CREVE. Oui, là, je commence à me traîner. Mon appareil photo pend lamentablement au bout de mon bras, le pas est saccadé, la démarche tremblante, la langue pendante...

L'aérodrome, enfin. Je suis presque arrivé.

 

Il est 14 heures lorsque j'arrive au terme de ma balade.

Je viens de parcourir exactement 34 km en 7h48', soit à une moyenne de 4,35 km/h, pauses comprises.


Je suis extrêmement satisfait de moi. C'est la plus grande marche que j'ai jamais faite d'affilée, et je sais désormais que je peux me lancer dans des treks. Bien sûr, l'après-midi au boulot a été difficile, et j'ai fait l'erreur de m'asseoir. Cette erreur, je vais la payer ce soir,et là, je crois bien que je ne pourrai pas me lever demain matin.

Eh bien, faux! Une bonne nuit là-dessus, et le lendemain, je serai vraiment en forme. Trop génial.

J'espère que ma balade vous a également bien plu.

Si c'est le cas, soyez sympas, mettez-moi un petit encouragement dans le livre d'or. A bientôt.

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