Sur les bords du Jaunay

Dimanche 16 Octobre 2005 - Soirée
--- Un petit tour au bord du Jaunay

L'été est passé, une fois de plus, à une vitesse extraordinaire, et nous voici déjà bien installés dans l'automne. Cependant, hormis le fait que la nuit tombe désormais bien plus vite, il faut bien admettre qu'au niveau des températures, l'on se croirait encore en été!

C'est pourquoi je n'ai pas encore repris le rythme de mes promenades matinales dominicales, entamées en 2004 à la suite de l'arrivée de la chienne, et qui, je dois bien le reconnaître, me faisaient beaucoup de bien. Cependant, marcher en plein été avec la chaleur est une excuse facile que je me suis trouvée pour rester traînasser le dimanche matin, et ce nouveau rythme de fainéantise estivale pris, je n'ai pas encore réussi à le briser!
Alors c'est décidé, ce dimanche 16 octobre va sonner la reprise de la marche, et le glas du farniente... Oui mais voilà, une prise de décision est une chose, et son application en est une autre. Il se trouve que je me couche très tard ce samedi soir, ou plutôt très tôt ce dimanche matin, et le gars, au lieu de se réveiller vers 7h30 comme il se devrait, se réveille vers les 9H15-9h30... Et ma fille qui est venue me voir, et ma petite fille qui s'éveille toute souriante, ont vite fait de me décider à rester à la maison. Fainéant!
La journée s'écoule donc, nonchalante, agréable, mais j'ai toujours cette petite pensée en arrière-plan: "et ta ballade, mec, et la chienne qui est ici et qui attend patiemment que tu daignes bien la sortir...". Mes enfants partent, il est encore temps (environ 17h), c'est décidé, j'y vais. Au même moment, une visite impromptue. Décidément, il est écrit que ce ne sera pas pour aujourd'hui. Mais finalement, ils partent vers 18h15. Que faire maintenant? Pas possible d'aller où j'avais prévu, la nuit tombe maintenant vers 19h30, et pas question de me ballader sans prendre quelques photos, vous le savez bien...

Eh bien voilà, je vais faire un tour vite fait dans le marais du Jaunay. J'y suis allé bien des fois, mais jamais à cet endroit précis, c'est-à-dire à Givrand, à quelques "encablures" de la route D38 reliant Saint-Gilles-Croix-de-Vie aux Sables d'Olonne. Il est exactement 18h30 lorsque je descends de ma voiture et libère Volcane. Je suis tout près du bourg, et déjà en pleine nature. Que c'est bon! Il a plu hier, comme vous pouvez le constater sur le large chemin menant au marais. Mais ce n'est rien, c'est "sec de chez sec" tout autour.

Quelques arbres légers comme des peupliers, quelques feuilles encore accrochées, mais plus pour bien longtemps. C'est curieux d'ailleurs, que les arbres se découvrent à l'approche de l'hiver, alors que tous les autres êtres vivants se couvrent... Au premier plan, de hautes rangées de roseaux bruissent au rythme du petit zéphir vespéral. Bon, le bruissement, vous ne l'entendez pas, faut quand même pas exagérer non plus. Dans le ciel, un long nuage s'offre les derniers rayons de soleil de la journée, qui commencent à peine à rosir. Mais ça, vous allez le voir très vite...

 

Lui, il est seul, c'est pourquoi il attire mon regard, et celui de tous ceux qui passent ici, c'est évident! Derrière lui, un rang de roseaux cache un petit canal, un étier, qui va se jeter dans la rivière, juste un peu plus loin. Ce sont ces canaux qui ont permis l'assèchement de ce marais.
Soudain, le Jaunay apparaît dans une trouée de roseaux, sans doute faite par des pêcheurs, ou des chasseurs? De très légères rides sont visibles sur la surface, trahissant la présence du petit souffle de vent dont je vous parlais tout-à-l'heure. Au loin, les petites taches claires apparaissant dans la prairie sont des vaches. Nous sommes ici sur des terres d'élevage, nourrissant bovins et aussi moutons.
Petit coup d'oeil deriière moi, et voici les arbres baignant dans la lumière. Au loin, on distingue les dernières maisons du village, situées en bout de lotissement.
Je m'approche du bord pour jeter un coup d'oeil sur le Jaunay, cette fois. La chienne me bouscule, et j'évite de justesse le plongeon... Je l'ai échappé belle! Non pas pour moi, j'aurais nagé sans problème, même avec mes chaussures de marche, mais pour l'appareil photo, ç'uarait été la catastrophe! Ouf, de justesse. Mais cette photo valait bien cette petite montée d'adrénaline, n'est-ce-pas? C'est magnifique, comme toujours avec la nature. Je me suis accroupi pour me mettre au niveau des prés.
Mon chemin a été bloqué par un canal, qui n'est pas traversable ici. Dans le marais de l'Aiguillon, un peu plus à l'Est, il y a souvent une passerelle - enfin, un poteau électrique renversé - permettant de passer dans le pré suivant. Ici, à Givrand, il faut contourner l'étier. Je tombe plus haut sur un canal à sec, bien caché derrière une rangée d'arbuste. Je longe sur environ 300 à 400 mètres un canal parallèle au Jaunay. En fait, il est là, derrière ce rand de roseaux. Plus loin, les arbustes; derrière, une sapinière, au travers de laquelle vous apercevez une construction: c'est le clocher de l'église de Givrand.
Un gros plan sur Volcane, adorable chienne d'une gentillesse extrême. Elle est heureuse elle aussi de pouvoir gambader dans ces prés, tout comme moi.

Les couleurs deviennent de plus en plus chaudes, les ombres s'allongent démesurément.

Me voici revenu au bord du Jaunay, un peu plus loin à l'Est. Ici, il n'y a plus de roseaux le long de la rivière. Un arbuste a pris racine pratiquement dans l'eau, on en voit un autre un peu plus loin. Très très loin, un château d'eau.
Un gros plan sur les derniers chardons encore en fleurs profitant des derniers rayons de lumière dispensés par notre astre préféré, car c'est le seul que nous ayions dans le coin!
Vue générale vers Givrand; vous voyez encore le clocher, plus visible ici. Les prés, et les rangs de roseaux trahissant la présence des étiers. Voilà à quoi ressemble ce marais.
Sur l'autre rive, la commune de Brétignolles. A quelques centaines de mètres à peine se situe la ferme dans laquelle sont nées et ont vécu deux générations de mes ancêtres paternels. Mon père m'a raconté avoir failli se noyer un jour dans ce marais, car il ne sait pas nager. Si ç'avait été le cas, eh bien ma foi, vous ne liriez pas ces lignes. Comme quoi, la chance que vous avez, ça tient à peu de choses...
Le bout du roseau, penché au-dessus de l'eau, se prend le soleil couchant. Magnifique.
Vue sur le marais du Jaunay, zone incluse dans le réseau Natura 2000. Nous sommes ici au confluent de 3 communes, presque de 4. Il s'agit là d'une vue vers l'Est, vers l'Aiguillon-sur-Vie, sur cette rive droite de la rivière. En face, sur la rive gauche, c'est la commune de Brétignolles-sur-mer, et moins de 3 km derrière moi, vers le Sud-Ouest, commence celle de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
En fait, il ne fait pas encore si nuit que ça, j'ai simplement fermé l'ouverture.
La même, mais en zoomant un max... C'est superbe comme ça. Le vent est maintenant presque complètement tombé, comme le soleil. Le silence total.
Vue vers la mer, plein Ouest. Le soleil est couché maintenant.
Et vue vers l'Est, où je vois la pleine Lune qui monte, et qui prend le relais du soleil.
Elle est splendide. C'est tellement irréel de voir ainsi notre satellite, si proche et en même temps si lointain.
Et voilà, ma ballade se termine comme la nuit commence. Un dernier coup d'oeil vers le marais qui s'endort. En traversant un grand champ, un jeune m'appelle et me fait sursauter; j'étais tellement plongé dans mes rêves que je ne l'avais pas vu. Il me crie d'attacher mon chien, ce que je fais aussitôt; en effet, il semble retenir un molosse à grand peine, qui ne ferait qu'une bouchée de Volcane. Arrivé à ma hauteur, je découvre une barraque d'au moins 1,90 mètre, en tenue kaki militaire, avec donc son gros chien noir, un ceinturon bardé de divers ustensiles, dont un poignard large et long et pointu... Mais sur qui suis-je tombé? C'est la guerre ou quoi? Il me demande si j'ai photographié des faisans - il vient juste d'en voir. Il a l'air gentil, mais avec un je ne sais quoi d'inquiétant dans sa voix, pas menaçant du tout, mais très bizarre. Je n'ai pas envie de m'attarder, Je le salue et m'éloigne rapidement vers ma voiture. Et moi qui, en arrivant, me disait que si j'étais en voyage avec le scoot, je pourrais bien dresser ma tente dans un tel endroit bien calme! Un tel individu se présentant de nuit près de ma tente me ferait peur... Quel trouillard!

Alors, bon, au final, ce petit tour était génial. La distance parcourue est certainement très faible; comme un idiot, dans ma précipitation du départ, j'ai oublié d'emmener le GPS, si utile pour voir en détail la ballade de façon exacte. Mais je dirais que j'ai fait, grosso-modo, deux à trois kilomètres, pas plus. Je ne suis donc pas fatigué. Mais heureux.

Et c'est bien là l'essentiel. J'ai demandé à la chienne ce qu'elle en pensait: elle était très contente de sa sortie, mais espère qu'elle sera plus longue dimanche prochain. Pas de chance, dimanche prochain, la sortie sera mécanique: en scooter et en camping!

Page précédente: Vers Vitré
Page suivante: La grande marche


Depuis le 06/06/2005 Visites:920165 Aujourd'hui :367 Maintenant:10 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)