Traversée de Niort à Mondragon - 1er jour

Randonnée en scooter x9 en Provence
Jeudi 19 octobre 2006 inclus - 1er jour de voyage
Niort - Mondragon (Vaucluse)
620 km - 48 photos Temps variable avec gros grains

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Je pars de Niort, où j'ai fait étape hier soir. En effet, ça me fait gagner 100 km sur mon trajet d'aujourd'hui, et ça m'a permis de passer un peu de temps avec ma famille. Par contre, la soirée a été courte, et la nuit aussi...

 

Comme d'habitude, je suis réveillé deux minutes avant la sonnerie du réveil. Il est 3h45... C'est tôt quand même, mais j'ai l'habitude des longs trajets, et je sais qu'on met toujours plus longtemps que prévu. La route va être longue, et je préfère avoir une belle marge de sécurité. Petit déjeuner rapide, très silencieusement pour ne réveiller personne, et c'est parti.

 

Le réservoir est plein, je peux donc faire en gros 300 bornes avec mon chargement. Il fera jour quand j'en aurai besoin.

Il fait nuit noire, tout le monde dort. C'est génial. Rien que le "ronron" du moteur, et le faisceau lumineux qui perce l'obscurité. A la sortie de Niort, des travaux importants, et la pluie qui arrive déjà. Heureusement que j'ai mis tout l'équipement. Et ça ne m'inquiète pas le moins du monde, puisque la météo est très défavorable aujourd'hui, mais excellente pour le weed-end. Quand même, la visibilité est assez limite par endroits, mais à cette heure, il n'y a pratiquement personne, et je peux rester en "plein phare", enfin, en "feux de route" comme ces messieurs disent dans le code...

Je connais bien cet itinéraire qui traverse la France est sud-est, pour l'avoir pratiqué plusieurs fois. La traversée de Confolens me rappelle les bons souvenirs de mon trajet aller vers Brive et cette belle randonnée de fin avril, qui marquait en même temps mon départ vers la Norvège. Je récupère la N141 qui passe près d'Oradour-sur-Glane, de si triste réputation, et c'est déjà Limoges. Il est 6h45 et j'ai fait 160 kilomètres. Si je continue à ce rythme, je vais être en avance... Je continue sur la N141 qui remonte un peu vers le nord pour traverser Bourganeuf, puis...

Aubusson, dans la Creuse, région Limousin. Il fait bien jour maintenant. Il est 8h30. 250 km passés, je fais le plein ici, histoire de ne pas stresser inutilement. Et j'en profite pour faire ma première photo. Comme la station n'a pas un profil très photogénique, je choisis "JJ".

 

J'en profite pour casser une petite graine. Hum, délicieux. Bon, mais je ne suis pas ici pour m'amuser, allez JJ, on repart. Je ne tarde pas à pénétrer en Auvergne, plus précisément dans le département du Puy-de-Dôme.

Et justement, à propos du Puy-de-Dôme, c'est la deuxième fois que mon chemin croise celui d'un parc que j'aimerais bien visiter, j'ai nommé "Vulcania". Mais ce ne sera pas encore pour cette fois-ci, c'est fermé en basse saison, et de toute façon, il faut lui consacrer quelques heures, que je n'ai pas maintenant. Dommage!

Près de l'entrée de Vulcania. On distingue un "puy" en arrière-plan.

Je roule maintenant avec le Puy-de-Dôme (la montagne, pas le département) bien visible sur ma droite. Malheureusement, je ne trouve aucun angle satisfaisant pour le photographier, et ce n'est pas non plus le but de cette journée. J'ai déjà pas mal de photos du coin, je vous ferai un sujet spécial quand j'aurai un moment. Pour l'heure, le x9 se charge du col des Goules.

De l'autre côté du col des Goules.

Et voici la capitale de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, que l'on découvre depuis un beau point de vue situé dans une superbe "épingle à cheveux" pendant la descente vers la ville.
Ce qui est étonnant lorsqu'on voit une vue générale de cette ville, c'est sa cathédrale.

Pourquoi, me direz-vous? Parce qu'elle est noire, très noire! Cette couleur est due à la lave de Volvic.

Et zoom maxi sur le plus grand bâtiment de la ville.

Clermont-Ferrand s'étend sur les monts alentour, qui se "couvrent" d'immeubles.

JJ admire aussi le paysage. La sacoche "nourriture" est ouverte. Ben oui, il faut bien se restaurer aussi, et boire un coup!
Je traverse Clermont-Ferrand sans m'arrêter. La signalétique est excellente.

Le ciel est bien menaçant... Je ne pouvais pas louper cette photo, mon premier rayon de soleil de la journée, avec la cathédrale vue cette fois de l'autre côté, et au fond, les monts sur lesquels je roulais tout à l'heure. Alors que je suis stationné sur la bande d'arrêt d'urgence, mais presque encore en ville, je vois dans mon rétro deux motards s'approcher très doucement de moi, l'un avec une surveste réfléchissante, pour s'arrêter devant moi. Ma première pensée: les motards de la police qui veulent me verbaliser, ou au moins me faire la morale...

Mais... mais c'est Jim, -au second plan- notre stooteriste anglais, présent à presque toutes les randonnées du groupe x9. Il est accompagné de Dave, en Honda. C'est incroyable de se rencontrer ici, sans aucun rendez-vous! Bon, par contre, comme vous le savez tous, les Britanniques sont des gens peu démonstratifs. Une poignée de mains de Jim, à peine un salut de Dave, et ils repartent vers la même destination que moi! Nous nous reverrons demain. Si la même rencontre avait eu lieu entre français, les congratulations auraient été beaucoup plus... gauloises.

En sortie de Clermont-Ferrand, l'autoroute gratuite A75, que je vais prendre pendant un peu plus de 50 km, histoire de rattraper la N102 conduisant vers Brioude et Le-Puy-en-Velay, bref vers le sud-est. L'asphalte est encore humide.
JJ a du mal dans certaines grosses grimpettes, et sa vitesse descend à 50-60 km/h. Je ressens vraiment le besoin, dans un tel cas, d'avoir un scooter plus puissant! Mais bon, pour le moment, je dois faire avec ce que j'ai. Et les kilomètres défilent quand même. Je quitte donc l'autoroute un peu avant Brioude. La N102 contourne la ville, mais je loupe l'embranchement, pas très clair, et je suis contraint de traverser la ville, très animée. Je vois ma moyenne chuter, et j'ai hâte de retrouver la nationale.

 

Et finalement, le hasard fait bien les choses! En loupant le contournement, je passe par Vieille-Brioude, qu'il aurait été très dommage de ne pas voir! Encore un magnifique village de France, et c'est ici, sur le pont enjambant l'Allier.

Vue arrière vers l'entrée du village. Pour ma part, je viens d'en sortir.

Vieille-Brioude, ou Véïa-Bride en patois local. Zoom sur les maisons.

Vieille publicité, que j'essaie d'immortaliser quand j'en trouve. En effet, elles disparaissent lentement mais sûrement!

Vue depuis mon restaurant particulier! En effet, il est midi, et la décision est vite prise. C'est ici, sur le pont, que je vais me restaurer. 420 km parcourus depuis ce matin, c'est déjà pas mal, finalement.

Je suis toujours admiratif devant des constructions en pierres, enfin, avec des matériaux naturels!

Quelques gouttes de pluie se mettent à tomber pendant mon pique-nique, et un superbe arc-en-ciel apparaît dans le... ciel,

...au-dessus de l'Allier qui coule paisiblement sous les arches du pont.

Bon, comme ça, le ciel s'est nettoyé, et l'image est bien nette maintenant!

Vue plongeante sur les jardins en terrasses (ou pailhas).

Vous savez ce qui serait bien? C'est de descendre sur les bords de la rivière, il doit y avoir de magnifiques images à "mettre en boite"... Mais, comme toujours, il est temps de partir!

Vue générale de mon "restau"... que je quitte à regret. J'ai passé un bon moment ici.

Soudain, un avion sur la route! Quelle surprise! Le temps de m'arrêter, et je suis passé. Coup d'oeil en arrière. Je suis près de Loudes, à 10 km à l'ouest du Puy-en-Velay, et c'est l'aéroport de la capitale de la Haute-Loire.

Ah, ce zoom, c'est formidable.

 

J'ai quitté la N102 pour contourner Le Puy-en-Velay par la D906, puis la N88 qui "plonge" plein sud vers l'Ardèche. Dans mon itinéraire, j'ai prévu de "faire" les gorges de l'Ardèche, mais, mais... le temps se dégrade à nouveau, je sens la pluie venir, et, de plus, ma vitesse baisse de façon très sensible. Non, ce n'est pas sérieux, je suis avec JJ, les côtes sont raides, je n'avance plus, et je dois abandonner mon programme initial. Je vais récupérer la N102 et foncer est sud-est vers Montélimar, pour ensuite récupérer la N7 et descendre la vallée du Rhône.

Le plan est excellent malgré tout, et je ne devrais pas manquer de beaux paysages, vu les nombreux virages dessinés sur la carte. Oui, mais ça, c'est sur le papier. La réalité est toute autre! Les nuages crèvent au-dessus de ma tête, alors que je suis en plein coeur des montagnes, et des seaux d'eau se déversent sur moi. Des seaux! Je devrais dire un déluge. Je ne tarde pas, malgré mon pantalon de pluie, à me sentir trempé. L'eau s'infiltre par mes poignets et remonte le long de mes bras par capillarité. Pour compliquer le tout, le vent se met de la partie, et la vitesse de mon x9 "tombe" littéralement. Je roule à 30, voire 40 km/h maximum. En plus, la route n'est pas "que" sinueuse, la route est une succession ininterrompue de virages, surtout une descente fabuleuse d'une quinzaine de kilomètres d'épingles à cheveux très impressionnantes, car ça glisse avec les ruisseaux qui dévalent la pente asphaltée. Bref, ce n'est pas du tourisme, ce n'est plus du tourisme. Et pour arranger le tout, il n'y a pas une seule station d'essence dans le coin, et je vois ma jauge dangereusement basse...

Ouf, une station perdue dans la descente. Sauvé! Je laisse une très grosse flaque derrière moi, près du comptoir. La pluie a baissé, elle est toujours soutenue, mais moins dense, les gouttes sont beaucoup plus fines. Le gars me dit que je vais avoir du beau temps, c'est très local, il pleut toujours ici. Mais en bas, dans la vallée, ce sera terminé.

Bon, alors je retrouve le sourire! Mais qu'est-ce que j'ai pris sur la tronche!

Effectivement, la pluie cesse bientôt, et je vois même le soleil qui perce la couche nuageuse. Génial! Je traverse Aubenas, puis Villeneuve-de-Berg, et j'approche de Montélimar. Mais le temps passe vite, je reprends mon atlas pour vérifier mon trajet. Ah oui, il y a une petite départementale, la D107, qui va me permettre de contourner la ville du nougat et de récupérer l'autoroute A7 près de Donzère. Aussitôt dit, aussitôt fait.

Tout va bien, je sais que je suis dans les temps maintenant, et je devrais arriver avant la nuit au camping de La Cigalière, au Cannet-des-Maures, conseillé par Didier. Je n'aurais pas du me réjouir si vite! Je viens de parcourir à peine 5 km sur la D107, peu après Alba-la-Romaine, que j'ai la soudaine impression de rouler dans des rainures. Mais non, la route est plate, et il ne faut pas longtemps à mon petit cerveau pour analyser le phénomène et me donner la réponse. Crevaison, mon bonhomme, c'est une crevaison en cours. Oui, oui, tu connais bien, ce n'est que la troisième en quelques mois...

J'arrête de suite et... et oui, il faut bien se rendre à l'évidence, je suis crevé! Bon, il n'y a pas mort d'homme, mais c'est clair, ce sera dur d'arriver avant la nuit maintenant. Il est 15 heures. Et 580 km, c'est la distance parcourue depuis ce matin. Quand je pense qu'il ne me reste plus que 270 km environ, c'était vraiment dans la poche. Les boules...

Bon, ce n'est pas le moment de penser à tout ça. Je n'ai plus de téléphone portable, il faut donc que j'arrête un automobiliste.

En pleine ligne droite. On ne le voit pas très bien, mais le pneu est ici très dégonflé!

Heureusement qu'il fait beau maintenant!

La jeune fille qui s'est arrêtée a accepté de téléphoner à Mondial Assurance, qui nous rappelle aussitôt sur le portable. Le temps d'expliquer le lieu exact de la panne, le temps qu'ils contactent un dépanneur -ce sera de Montélimar, où je ne voulais pas aller....- et ils raccrochent. Ils arrivent environ 40 minutes plus tard. La route est étroite, et de gros camions circulent. Je trouve une bande cartonnée orange dans le fossé, que je place une vingtaine de mètres derrière le scooter, avec mon casque dessus. Et aussitôt, tout s'arrange, les voitures freinent, les camions ralentissent énormément, bref, c'est beaucoup plus sécurisant pour moi et pour JJ. Je ne sais pas si c'est la couleur du carton ou le casque -un casque par terre, ça jette un froid aussi-, mais ça marche très bien.

La galère pour installer JJ sur le plateau, comme toujours. Puis la route jusqu'à Montélimar. Le deuxième concessionnaire -Aprilia- est le bon: il a bien un pneu. Car je veux le changer. En effet, le pneu qui vient de crever a une chambre à air, installée lors de ma crevaison en Suisse, et le pneu est celui qui a été mis en place en Finlande. Il a vécu, je mets -enfin, je fais mettre- un pneu neuf. Finalement, il est 19 heures 30 lorsque je quitte le garage, bien fatigué, et n'ayant pas vraiment le courage de me taper les 270 km restants, d'autant plus que la nuit tombe déjà.

 

Ma décision est vite prise. Je cherche un camping maintenant, et je ferai le reste de la route demain matin, car le rendez-vous, finalement, c'est demain midi, et je suis encore dans les temps!

Mais allez trouver un terrain de camping, de nuit, fin octobre, sur la fameuse nationale 7. Je passe Pierrelatte, là où je comptais prendre l'autoroute, puis Lapalud. Je décide de rentrer dans la prochaine ville. C'est Mondragon. Et je vois une pancarte "camping" dans le faisceau de mes phares. Je me retrouve de suite sur le réseau secondaire, et j'espère ne pas m'enfoncer trop loin dans les terres, car le terrain est peut-être fermé...

Très vite, j'arrive au camping. Il est ouvert, mais il est fermé. Je m'explique. Le camping est ouvert à l'année, mais la barrière est fermée, la réception est fermée. Bon, il fait maintenant nuit noire, je n'ai pas envie d'aller plus loin. Je peux passer sur le trottoir avec JJ, alors je rentre dans le camping. Il y a une maison à l'entrée, et de la lumière. Je sonne, et le jeune homme qui m'ouvre la porte me dit que le responsable ne sera pas là avant demain à 10 heures. Il est 20h15. Je décide de m'installer, près de l'entrée.

Le plaisir de m'allonger dans le duvet, et de manger, bien à l'abri sous la tente! A peine une demi-heure plus tard, j'entends la pluie tomber sur la toile. Il était temps, finalement... Je mets le réveil à 5 heures. Inutile de vous dire que je ne mets pas longtemps à m'endormir ce soir, et que je n'ai aucun besoin de berceuse... La pluie la remplace!

Quelle journée! 620 km en scooter et environ 25 km sur une camionnette...

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