Le Var - 2ème jour

Randonnée en scooter x9 en Provence
Vendredi 20 octobre 2006
2ème jour de voyage
Mondragon (Vaucluse) - Le Cannet-des-Maures
342 km - 119 photos - Temps couvert

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Très très performant ce matin. En moins d'une heure, je suis démarre le scoot. Il est 6 heures pile lorsque je franchis la barrière du camping. Il n'y a pas un bruit, pas un chat. Il fait nuit noire, mais il ne pleut plus, ce qui est une bonne nouvelle. Je retrouve très facilement "mes petits". Cinq minutes plus tard, j'ai retrouvé la N7, et à 6h15, je roule sur l'autoroute du soleil, la A7. Alors là, sans ennuis mécaniques, je serai arrivé de bonne heure...

En regardant mes traces GPS, je constate que je roule en gros à 85 km/h vitesse réelle avec tout mon chargement. A 6h40, je passe au large d'Avignon, la cité des papes. Salon-de-Provence est passé à 7 heures. Je me colle dans le sillage d'un camion, et je tourne alors à 90 km/h, en étant beaucoup moins gêné par les grandes côtes, car il me protège du vent. Aix-en-Provence à 6h35. Cette fois, la descente vers le sud est terminée, et la route file plein est. Tiens, Saint-Maximin-la-Sainte-Beaume, à 7h10, ça me dit quelque chose. Mais oui, c'est au programme de la rando, pour dimanche. Mais alors, je ne suis plus très loin du but. J'aurais pu dormir une heure de plus...

Et c'est finalement à 8h45 que je parviens au camping du Cannet-des-Maures.

Trempé, le sol est trempé, et la patronne me prévient de faire attention car le chemin est "gadouilleux". Il n'y a pas que le chemin. La pelouse est presque symbolique, et quelques blocs de glaise se collent rapidement sur mes chaussures.

Comme vous le voyez, mon premier boulot, c'est de monter la tente. Et je souris intérieurement, car je vais passer ici trois nuits. C'est le grand luxe, trois nuits sans devoir démonter et remonter la maison! J'enlève les sacoches de JJ, il va pouvoir faire la rando en mode allégé, ce qui me permettra de suivre, je pense, le rythme.

Bon, mais la grande joie de ce matin, en arrivant ici, c'est de retrouver les amis. Jean-Claude et Annie sont installés avec leur camping-car, et leur x9 prêt à partir. C'est avec joie que je les retrouve. La dernière fois, c'était lors de la rando en Corrèze. Bien entendu, Annie s'empresse de m'inviter au petit-déjeuner, et c'est un grand moment de bonheur que d'être choyé, au chaud, dans un fauteuil, avec de délicieuses tartines de confitures faites "maison". Hum, un grand moment.

Sinon, Annie est inquiète, à cause de la météo. Il a plu toute la nuit, et ils ont mal dormi, assommés par le concert de batterie -gratuit- que les averses leur ont offert en rebondissant sur le toit du camping-car. Allez, je suis optimiste, la météo nationale était très bonne pour ce coin de France.

A 11h45, nous prenons la route vers Le Luc, à quelques km, et lieu de notre rendez-vous avec la troupe des premiers arrivés.

Nous y sommes, c'est la rando qui commence. Et ça commence par le restaurant, excellente mise en bouche, finalement, dans une ambiance très conviviale, style restau routier.

On a bien mangé, on se prépare pour la rando. Didier, notre hôte, au premier plan, en profite pour se griller une petite cigarette. On aperçoit Kriss, cigarette au bec lui aussi. Derrière, René, notre doyen, déjà prêt sur son Atlantic, impatient d'en découdre! Au fond, Jean-Claude et Annie s'apprêtent à enfourcher leur monture.

Ah, ça y est, ils m'ont vu, ils sourient... Salut les amis.

Christian, lui, ne rigole pas du tout! Il n'a pas l'air satisfait de son cliché.

Bon, Didier, en organisateur, contrôle déjà la montre. Il explique à Annie le déroulement du programme ou, du moins, comment le programme doit se dérouler, car nos amis anglais sont partis faire le plein...

Et la situation échappe à Didier, ce qui commence à l'agacer... Alors, où sont-ils, que font-ils?
En tout cas, ça n'empêche pas Kriss, imperturbable, de se curer les dents, ce sera toujours ça de fait...
René attend patiemment. Jean-Claude est comme Didier, déjà prêt à foncer, jamais en retard. Et Annie attend aussi...

René n'a pas bougé d'un centimètre... Kriss fait la conversation avec Jean-Claude.
Et Christian, du coup, se rapproche lui aussi.
Finalement, ils arrivent, et c'est parti. Direction sud-est, une petite route bien "viroleuse"...

Comme vous pouvez le constater, le ciel n'est pas vraiment bleu bleu, ni trop méditerranéen, mais bon, le principal, c'est qu'il ne pleut pas. On a ici une vue très étendue. En face, dans la vallée, on aperçoit une tache plus claire: c'est le terrain d'aviation, le lieu de travail de Didier, sa piste d'envol.

Nous sommes sur la colline du Fort-Freinet. Délaissant ce piton protecteur mais inhospitalier (entre la fin du XIIè et la fin du XVIè siècle), la population a profité de l'abondance des sources et la proximité de la route qui traverse le massif du nord au sud pour se blottir au pied de la colline de Fort-Freinet.

Nos machines posées "en vrac" sur le petit parking. On aperçoit David près de sa moto.

La croix des Maures (altitude 437 m). Dressée en 1900 par l'abbé Mathieu, elle rappelait la présence de Dieu aux bourgeois récalcitrants. La première croix fut fabriquée par des artisans locaux. Commandé à un fondeur spécialisé, le Christ pesait 175 kilos. On dit qu'il aurait été monté sur les épaules d'un seul homme à la force herculéenne. Elle fut restaurée en 1978 par l'association qui porte son nom...

Invitation à la contemplation. Si vous voulez vous promener à pied dans la région, allez voir ce site.

La Garde-Freinet. Vue panoramique. Nous sommes ici à l'emplacement du vieux village. Didier nous explique que très souvent, à leur origine, les villages étaient en hauteur, et que depuis quelques siècles, ils sont "redescendus" plus bas.

A gauche les Français. Et à droite nos deux amis Anglais, Jim et David, vus hier à Clermont-Ferrand.
Ils m'ont dit avoir essuyé des trombes d'eau du côté de Millau.

Annie, qui est la seule à avoir gardé son casque, semble en extase devant le paysage. Didier, de son côté, qui est une véritable encyclopédie, répond à toutes les questions avec force détails. Il a tout appris par coeur, c'est impressionnant!

Jean-Claude, Annie, Didier et Christian. Il ne fait pas chaud, ici.

Kriss qui fait le pitre. David au premier plan, et Jim à droite.

Et l'ami René, qui garde les scooters et la moto.

Nous reprenons nos scoots pour aller sur la presqu'île de Saint-Tropez, direction sud-est. Didier nous fait "crapahuter" sur une route minuscule truffée de virages. C'est le début d'une longue, longue série de "gauche-droite" tous plus accentués les uns que les autres. Le rythme est soutenu, voire même très soutenu, presque une cadence infernale. En fait, pour tout le monde, l'allure est normale, mais pour moi, elle est rapide, voire très rapide. C'est le genre de route que j'ai l'habitude de prendre au ralenti, pour ne pas dire au pas, et le long desquelles je m'arrête plusieurs fois par kilomètre. Mais ici, je suis avec le groupe, et ce n'est pas moi qui mène le troupeau. Didier nous dira plus tard: tant que je vois tout le monde dans mon rétro, c'est que tout va bien... Il a raison. Je m'accroche, je m'accroche, ne voulant pas gêner les autres, mais c'est limite!

Après une bonne trentaine de kilomètres, c'est la pause que j'attendais.

Ramatuelle. Village extrêmement réputé, de la grande époque de Brigitte Bardot dans les années soixante.

Je vous laisse déambuler en notre compagnie dans le bourg.

Je suis toujours le dernier, bien entendu. Les voilà, descendant la colline.

Didier fait une pause devant le panorama. On distingue les vignobles en bas.

Notre hôte, incollable, distille ses informations. Tout le monde est attentif, sauf Dave, qui ne comprend pas un mot de français.

Les derniers contreforts avant la mer.

Des fleurs, c'est toujours un rayon de soleil, même s'il est toujours absent!

Les vignobles dans la vallée, vers la mer. Au loin, on aperçoit la Méditerranée.

Photo de groupe. Merci les amis. Dave se balade avec son casque.

Nous retournons vers nos machines par les petites rues de Ramatuelle.

Non, on ne passe pas en scooter ici, et on n'a pas non plus envie de le faire. Le plaisir, dans ces ruelles, c'est bien de marcher, lentement, en regardant et tout en bavardant entre nous. Sauf que moi, je bavarde seul, vu que je suis encore "à la bourre"...

En levant la tête, je tombe sur cet "ancien" qui médite devant ces jolies fleurs.

Les copains sont déjà loin, il faut que j'accélère un peu!

Nous reprenons la route sans trop tarder. C'est génial de se laisser "porter" comme ça pendant les randonnées, ce luxe de ne rien avoir d'autre à gérer que de suivre le mouvement fait aussi partie de l'agrément de la balade organisée. C'est Didier qui dirige le groupe, et il le fait bien, car les haltes sont relativement longues, et c'est bien ainsi.

Il ne nous faut pas longtemps pour atteindre Saint-Tropez dont nous ne sommes qu'à une dizaine de kilomètres.

Et voilà. Jusqu'à l'eau, Didier nous conduit vraiment jusqu'au bout de Saint-Tropez.

Nous sommes ici à l'extrémité nord du port de Saint-Tropez, près de la Tour Suffren.
La plaque apposée ici l'est en l'honneur du débarquement des commandos de France le 17 août 1944 ici même.

Devant nous s'étale le golfe de Saint-Tropez.

De l'autre côté du golfe, au zoom, on aperçoit Sainte-Maxime. C'est superbe.

Christian, René, Kriss et Annie, toujours souriante, notre rayon de soleil.

Christian, Didier, René, Jean-Claude, Kriss et Annie.

Mais que fait donc Jim dans cette position? Sa prière, tourné vers Sainte-Maxime?

Ah bon, Jim, tu prenais des photos?

Zoom vers la sortie du port.

Meurtrière dans la Tour Suffren.

Intrigué par ce qui est écrit sur le panneau au fond de la meurtrière, je risque un zoom. Et voici le texte:

Si texturé soit-il, ton texte
Doit expliquer le contexte de ton cortex,
Car sans sens le son n'est que sensation,
Et sans son le sens est sans action.

Signé Loco Locas, Québec!

Et voilà. Etonnant, non? En cherchant sur la toile, j'ai trouvé qu'il s'agissait sans doute du groupe de rap québecois Loco Locass, que je ne connais pas, dont voici un lien ici et un autre là et des paroles là. Vu les paroles, trop ressemblantes, je suis presque certain qu'il s'agit bien d'eux. Mais c'est rigolo, je trouve!

Didier nous fait contourner la Tour pour pénétrer dans la vieille ville.
Si vous voulez voir quelques photos prises d'hélicoptère, venez par ici.

Coup d'oeil arrière vers la Tour. Nos scoots sont derrière.

Dans la vieille ville.

Comment a-t-il passé son scoot de l'autre côté des chaînes?

Ah, les voilà, là-bas, au bout de la rue. Mais ça va, René est juste devant moi, et il marche à ma vitesse!

Enfin, je les ai tous, avec Dave et David. Très sympa cette petite balade dans les rues de Saint-Trop'.

Et dire que je croyais que c'est moi qu'ils regardaient tous! Ben non, c'était lui, dans mon dos...

Vue globale de la rue, avec la statue que vous reconnaissez sûrement!

Finalement, nous débouchons sur le port, que nous longeons tranquillement.

Le temps est plus agréable maintenant, et il fait moins froid. Je vous laisse regarder avec moi.

Evidemment, Saint-Trop' ne serait pas Saint-Trop' sans quelques bateaux de luxe.

Notre groupe s'étire en longueur. Jim et Dave ferment la marche. Enfin, non, c'est moi qui ferme la marche!

 

Pour les voitures, ici, c'est très très difficile. Mieux vaut venir en deux-roues, ou alors à pied, tout simplement.

Ici, on tourne un film, ou une émission TV.

Statue de Pierre-André de Suffren (1729-1788), une des grandes figures de l'histoire maritime française.

J'avais promis d'arroser mon succès au code de la route, que j'ai repassé la semaine dernière avec succès, première étape vers l'accession au permis "A", le permis moto que j'aimerais bien avoir... Gloups, ça fait du bien.

Quelques vues de Saint-Tropez et de sa région...

Vue sur les promeneurs du... vendredi.

Et nous nous dirigeons à nouveau vers nos machines, au pied de la Tour Suffren que l'on aperçoit au fond.

Près des yachts, il y a encore quelques barques de pêcheurs.

Vue globale de la Tour Suffren.

Dernier coup d'oeil sur le golfe de Saint-Tropez.

Nous sommes restés presque une heure ici, il est temps de repartir. Nous allons donc contourner le golfe de Saint-Tropez, ce qui, en plein été, représente plusieurs heures de circulation, comme nous l'indique Didier. Nous traversons donc Sainte-Maxime sans nous y arrêter, puis nous prenons plein nord vers Le Muy, et retour vers Le Luc via...

Les Arcs sur Argens.
Nos scooters sont stationnés au point le plus haut du village. Nous descendons faire le tour à pied maintenant.

Le donjon du XIIIème siècle, 19 mètres de hauteur.

Le gros matou se prélasse sur la fenêtre.
Il recherche les premiers rayons de soleil de la journée, qui seront en même temps les derniers...

C'est vraiment encore un magnifique village.

La tour médiévale s'élance dans le ciel.

Curieuse statue vue sur un petit muret.

Très bel hôtel restaurant, une situation parfaite!

Ancienne entrée du château fort, datant du XIème siècle!

Le village actuel des Arcs-sur-Argens s'est déplacé et est situé plus bas, comme d'habitude.

L'église Saint-Jean-Baptiste, construite en 1850.

Vue sur le village et la vallée de l'Argens.

Du même endroit, vue générale.

Je laisse mon appareil photo se détendre et bombarder un peu, zoomer et dézoomer.
Et comme ça, vous pouvez en profiter un peu, comme si vous y étiez.

Détail sur les toits de la vieille ville. En plein été, alors que le soleil cogne sur toute la région, les habitants doivent être bien ici, au fond des ruelles. Mais en hiver, ce doit être l'inverse, froid et sombre... un peu comme au Moyen-Âge.

Nous sommes ici au pied du donjon.

La cour du château, le vieux puits. C'est splendide.

Ah, je n'avais pas remarqué que j'étais observé depuis le début!

Cette fontaine est superbe. Le puits est derrière moi maintenant.

Une autre vue du donjon. La fontaine est juste en dessous, il me faudrait un très grand-angle pour pouvoir prendre l'ensemble.

Et ça, c'est le symbole de la coquille Saint-Jacques. Ce château était donc sur un des chemins de Compostelle!

Nous nous promenons maintenant dans les rues de la vieille cité. Suivez-moi, c'est somptueux.

Je repasse près de l'entrée du vieux château.

Nous sommes passés sous ce porche avec nos scooters.

Le chemin entièrement pavé descend la colline.

C'est incroyable. La totalité de l'éperon rocheux a été utilisée et bâtie!

C'est tout simplement admirable. Je croise Christian, qui remonte déjà, alors que je commence juste à descendre!

Je suis sous le charme. Quel dommage qu'il soit si tard, et que la lumière soit si faible.

Comment rester insensible devant des constructions si homogènes, et qui se marient si justement avec leur environnement.

Bon, c'est vrai, la barrière est moche, ici, mais bon, je décide de la garder quand même!

Je marche trop vite, mes camarades vont trop vite, le temps passe trop vite pour moi. Ici, le temps ne devrait pas compter, et il ne compte pas. Tout semble immuable. Pourquoi courir alors?

Mes compagnons, que je viens de croiser, me disent d'aller photographier une superbe porte. La voici.
Ils ont raison, elle est joliment ouvragée. Le bois, la pierre... Rien n'est plus beau, rien n'est plus noble!

Quel bel ouvrage que ce linteau de fenêtre!

Ah, c'est ce qu'ils m'ont dit! Quel dommage! Je ne peux pas passer. Nos scooters sont là-bas, tout en haut, et c'est le chemin normal, mais je suis bien contraint, comme les autres, au demi-tour! Dommage.

Toutes les demeures de ce village sont belles et admirablement bien rénovées.

Place du micocoulier. Je ne savais pas qu'il s'agissait d'un arbre originaire d'Amérique du Nord.

Que dire de ce lieu, si ce n'est que je le trouve... parfaitement... harmonieux, voilà, c'est le mot juste. Admirez, je me tais.

La pierre, symbole de solidité, symbole de durée, symbole d'éternité. Elle en a vu passer, des générations d'hommes qui se sont succédés ici, et elle en verra encore bien d'autres!

J'aimerais prendre un grand col de café au lait avec des tartines grillées et du beurre, ici, sur une table en bois...

Cet endroit est plein de charme.

Envoûtant.

C'est bien d'avoir gardé quelques arbres ici, ils ajoutent encore à la quiétude des lieux.

Une petite heure, à peine, c'est le temps que nous avons passé ici. Curieusement, j'ai l'impression d'être resté plusieurs heures, et en même temps, je n'ai évidemment pas vu le temps passer. C'est très étonnant comme sensation, mais c'était très bien!

Nous sommes à une quinzaine de km de chez Didier, qui nous invite à prendre un apéritif chez lui. La montée vers sa demeure se fait sur un chemin non goudronné, en forte pente, avec virages, gravillons, plaques de ciment. Délicate!
Mais ça vaut le déplacement! L'accueil est fort sympathique, et l'ambiance très chaleureuse.

Et nous voici autour de la grande table, devant un excellent remontant!

Kriss est toujours en train de parler. Dave se restaure.
René est bien triste. Serait-ce parce qu'il n'est pas encore servi? Ou parce qu'il a déjà tout bu?

Jean-Claude, Jim, Annie et moi-même.

Près de 50 minutes plus tard, nous reprenons nos scooters.
La nuit est maintenant tombée, les phares sont de rigueur. La descente est dangereuse.

Je suis l'avant-dernier, Jim ferme la marche, comme il le fait très très souvent lors des randonnées. Il est 20h10.

A 20h12, JJ s'affale lourdement sur le côté gauche. Petite chute sans gravité. Je me relève aussitôt, un peu furieux. Je ne vois pas grand chose, et je sens que ça glisse, mais bon, j'y vais sans appréhension aucune. 20h14. Et JJ s'affale maintenant du côté droit. Cette fois, c'est une belle gamelle. C'est la première fois que je passe par-dessus le scooter. Je suis tombé sur le casque, je revois très bien la chute. Bien abîmé, le côté droit, que je vois dans les phares de Jim, lequel a bien du mal à poser son propre scooter, vu la pente. Il me faudra 5 minutes pour relever JJ, et reprendre un peu mes esprits. Le top-case est ouvert, et tout son contenu est éparpillé sur le chemin. C'est à la lueur des phares que nous ramassons les morceaux. Mon PC portable est au milieu du sentier, dans sa mallette, heureusement. Le top-case ne ferme plus, je dois le fixer avec des tendeurs que j'ai toujours sous ma selle. C'est extrêmement utile! Mon pantalon est déchiré, le genou est en sang, j'ai très mal au poignet! Didier est revenu voir ce qui se passe, inquiet. Tout le monde nous attend en bas, et personne ne s'est rendu compte de quoi que ce soit! Bon, nous sommes rapidement rendus au restaurant, où je reçois la trousse à pharmacie du patron, ce qui me permet de nettoyer la plaie. Ouille ouille, ça pique. La soirée se poursuit dans la bonne humeur, bien sûr. Le repas est très copieux, et très bon.

Lorsque nous repartons, la pluie est là, et tombe doucement. Il est 22h30. Heureusement, nous ne sommes pas loin du camping. Je roule derrière Jean-Claude et Annie. Jean-Claude a une pommade pour les foulures et petites entorses, et me la prête, ainsi que quelques cachets. Merci à toi, Jean-Claude, ça m'a réellement fait beaucoup de bien. Et c'est bien fâché contre moi que je vais finir par m'endormir, en cherchant à trouver une bonne position pour ce poignet qui me fait bien souffrir.

La pluie tombe à torrents, et j'aime beaucoup cette ambiance sous la tente. Quel dommage, cette chute. Je suis réveillé plusieurs fois pendant la nuit, soit à cause des douleurs dans le poignet, soit à cause des trombes d'eau qui s'abattent sur la toile. Pendant un moment, l'idée d'avoir monté la tente près d'un mur de pierre m'a inquiété. En effet, j'ai pensé que de fortes infiltrations d'eau pouvaient faire écrouler le mur! Jean-Claude me dira lui aussi, le lendemain matin, y avoir songé!

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Finalement, JJ aura parcouru 342 km aujourd'hui, qui se départagent ainsi: 197 km pour rejoindre le lieu du bivouac, et 145 km de randonnée. Ce fut une journée formidable, un peu gâchée par mes deux chutes, et plus particulièrement par la dernière.

Avec le recul, je sais exactement pourquoi je suis tombé. J'ai freiné, aux deux fois, alors que mon scooter n'était pas en position verticale. Et ça ne pardonne pas. Cette connaissance, je l'ai acquise depuis en apprenant les fiches moto nécessaires pour l'obtention du permis. En courbe, et surtout sur un terrain caillouteux, l'adhérence est très faible, et ce n'est pas le moment d'appuyer sur les freins, le dérapage et/ou le blocage des roues ne pardonneront pas le pilote!


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