La route du Rhum - Saint-Malo

Visite éclair sur Saint-Malo - la route du Rhum
Dimanche 29 octobre 2006
Saint-Gilles-Croix-de-Vie à Saint-Malo et retour
520 km - 142 photos - 97 sélectionnées pour le site!

A trois heures ce matin, il est deux heures. Vous l'avez tous compris, c'est la nuit du changement d'horaire, heure d'été, heure d'hiver. Et je dois dire que ça tombe vraiment très bien pour moi, car je me lève à 3h45, et pendant que j'avale mon bol de café, l'heure recule, et je pars finalement à 3h15... Ah, les hommes et leurs idées bizarres...

Bref, il fait nuit quand même, une nuit d'autant plus noire et inquiétante, car le brouillard est là, dense, et très humide. Pour dire, la route jusqu'à Nantes, je la connais par coeur, pour l'avoir effectuée des centaines de fois, vous pouvez me croire! Eh bien, ça ne me sert pas à grand chose, car par moments, je suis obligé de rouler à 40 km/h pour suivre les traits blancs dessinés, heureusement, sur le bitume. Dur, dur, que de rouler dans ces conditions. Et je croise les noctambules, les fêtards, ceux qui rentrent chez eux, pas toujours "tout seuls". Je suis donc très prudent, car leurs phares, dans cette atmosphère constituée de milliards de gouttelettes d'eau créent un halo lumineux tellement gênant que je dois actionner les freins à chaque fois! C'est donc dans une atmosphère très particulière que je "fonce", toutes voiles dehors, vers Saint-Malo.

Julien, alias 103ginette, avec qui je partage entièrement mes goûts pour le voyage, m'avait informé voici quelsques jours de son désir d'aller assister au départ de cette extraordinaire course de vitesse qu'est la "route du Rhum". Or, pour des raisons qui lui sont personnelles, il a dû abandonner son projet. Et d'un seul coup, samedi matin, allez savoir pourquoi, j'ai eu envie d'aller y voir moi-même de plus près. Sans doute à cause de mon admiration pour ces marins solitaires. Sans doute aussi par ma position géographique aux Sables d'Olonne, laquelle m'a permis de vivre de près les départs et arrivées des derniers "Vendée-Globe", la plus prestigieuse des courses d'endurance! J'ai d'ailleurs de nombreuses photos à vous proposer sur la dernière course... quand j'aurai cinq minutes!

 

Donc, samedi matin, L'envie d'y aller voir me prend. Je lance mon navigateur-calculateur d'itinéraires -Autoroute-Express. Il m'annonce la couleur: 260 km, dont 180 sur de belles "deux fois deux-voies". Faisable, très faisable pour JJ, d'autant plus que ce sera un parcours sans sacs ni sacoches, juste l'appareil photo et le gros zoom. Je lance un petit appel sur le groupe des scootards x9, et je reçois presque aussitôt une réponse positive. Franck, basé à Dinan, donc tout près de Saint-Malo, est d'accord pour me rejoindre. Il me propose un rendez-vous à 7 heures à l'entrée de la ville. 7 heures, mais c'est l'aube! Mais nous n'avons pas le choix. Des 74 concurrents de la course, la plupart sont déjà sortis des bassins dans la journée de samedi. Les gros monocoques de 60 pieds sortiront dimanche matin, et seront visibles lors de l'éclusage entre 8 et 9 heures. Et ceux-là, je les connais un peu, et serai content de les revoir. Franck a raison, on y va pour ça, alors allons-y...

 

Et comme je déteste faire attendre les gens qui me donnent un rendez-vous, j'avais décidé de me donner presque 4 heures de route, alors que normalement trois devaient suffire... Et effectivement, trois heures m'ont suffi. Et je suis à la fameuse station à 6h15, soit 45 minutes avant l'heure. Il bruine légèrement. Je suis assez trempé, et je n'ai pas très chaud. En effet, il a fait entre 11 et 14 degrés tout le long de la route, et, ajouté au fort degré d'humidité, et aussi au manque de sommeil... j'ai froid. Je refais le plein -4 litres de conso pour JJ, qui a roulé comme un charme, le brouillard étant nettement moins dense au nord-Loire- et je m'offre un délicieux chocolat chaud à la station. Hum, quel bonheur. Et sous la selle de JJ, j'avais prévu quelques denrées, que je déguste sous le crachin breton. Oui, je suis dans l'ambiance!

Franck arrive, à l'heure lui aussi, on trouve un bon parking pour sa voiture, et il m'accompagne, porté par JJ.

 

Il est 7h17 heure d'hiver. Nous venons de laisser JJ à l'ombre -enfin, vu le soleil, je dirais plutôt au pied- des remparts et nous dirigeons vers le bassin où se trouvent les gros monocoques, près du village.

Les couleurs sont quelque peu irréelles, car je suis obligé de "pousser" les ISO à leur maximum.

VM pour "Vendée Matériaux", un voilier que j'ai déjà vu quelque part...

Beaucoup de "grain" sur les images, mais c'est ça ou rien du tout...
Roxy, avec Anne Liardet, 11ème au dernier Vendée Globe en 2004. Une "sacrée bonne femme"...

Les dernières vérifications, les derniers conciliabules, pour le nouveau PRB de Vincent Riou, dernier vainqueur du Vendée-Globe.

Un peu de monde sur les pontons, mais bien moins que nous l'aurions cru, Franck et moi.

Et ça s'affaire, dans ces derniers instants avant le grand départ.

Partout des caméras, partout des journalistes essayent de capter les derniers "scoops", les utimes images.

C'est quand même animé, et j'aime beaucoup cette ambiance qui règne peu avant l'événement!

Autour de chaque bateau, c'est l'effervescence. Derniers préparatifs? Changements de dernière minute?

La pub, encore et toujours dans notre société de consommation...

Tous ces bateaux vont quitter leurs emplacements dans les prochaines minutes, pour aller se placer dans l'écluse.

On commence à larguer les amarres...

Les cordes se déroulent. Franck se demande s'ils vont tous "écluser" en même temps.

De nombreuses petites embarcations sillonnent les bassins autour des "gros".

Au premier plan, le village de la course, sous les tentes. Au loin, Les bâtiments de Saint-Malo intra-muros.

Le jour se lève maintenant. Il est 7h35. Nous décidons d'aller à l'écluse pour voir.... l'éclusage.
Je ne connaissais pas le mot, mais sa signification ne fait aucun doute.

Sortie du Sill et Véolia de Bilou (alias Roland Jourdain, encore un ancien du vendée-Globe, 3ème en 2001).

L'Artemis, de Brian Thompson, dont c'est la première participation à la Route du Rhum.

Le PRB de Vincent Riou quitte aussi le bassin.

Le voici, Vincent Riou (cheveux blancs), le dernier vainqueur du Vendée-Globe.
Il est très concentré, comme toujours. C'est un grand professionnel de la mer.

Voilà. Nous arrivons à l'écluse. Saint-Malo, c'est très particulier. Pour sortir des bassins, il faut en passer par les écluses, car ces derniers ne sont pas au niveau de la mer. Il y a plus de monde ici, les gens savent bien qu'ils ne verront plus les bateaux d'aussi près qu'ici, à moins de sortir en mer avec eux...

Voilà les bateaux qui se positionnent dans la longue écluse, et de chaque côté.
Ils vont tous y pénétrer, malgré leur taille! Au loin, un navire "ferry" France-Angleterre.

Ils entrent dans l'écluse. Au fond, de chaque côté de l'écluse, là ou se trouve du monde, c'est la route qui s'est retirée, pour laisser la place à l'eau. Les automobilistes sont donc bloqués de chaque côté, à moins de faire le grand tour complet du bassin.

Vendée Matériaux, encore un du Vendée-Globe, et pas n'importe lequel! Jean Le Cam était deuxième en 2004, juste derrière Vincent Riou, qu'il a longtemps talonné, parfois dépassé. Le "roi Jean", tel est son surnom.

Les "grands" officiels, parmi lesquels, le ministre des sports.
Je n'ai aucun mérite: c'est Franck qui me l'a dit, je ne les connais pas...

De nombreux amoureux de la mer sont là et aident au placement des bateaux.

L'étrave du Brit Air, skippé par Armel Le Cléac'h, première participation à la Route du Rhum.

Mais que font-ils donc ici? Tout est calme, seuls les amoureux de la mer et de ces grands événements se lèvent à une heure si matinale, un dimanche matin. Peut-être pour le ministre?

Tout le monde veut voir, mais ça va, on peut voir sans trop de difficulté. Ce n'est pas la cohue, comme nous le craignions!

Les sportifs ou équilibristes ont un avantage. Pour ma part, si j'y monte, je suis sûr de me casser la figure...

Il y en a qui bossent...

Le ferry, c'est le Pont-Aven, celui sur lequel j'étais parti de Roscoff vers l'Ecosse (voir ici).
Il était tout neuf à l'époque. C'est un magnifique bateau.

En face, c'est Dinard. La pleine mer, c'est à droite, derrière la jetée.
Franck suggère d'aller là-bas pour mieux les voir quitter l'écluse. Il a raison.

En allant vers la jetée, vue de Saint-Malo intra-muros.

Revoici le Sill et Véolia de Bilou, premier à entrer dans l'écluse, premier à en sortir.
Il est minuscule devant l'immense ferry, et pourtant, son bateau fait 18,28 m quand même...

Alors que nous marchons vers le bout de la jetée, il la dépasse déjà. Il semble pressé d'en découdre...

C'est là qu'ils passent tous pour sortir de l'écluse.
Nous ne savons pas où sont ceux sortis hier. Je crois savoir qu'ils ont mouillé à Dinard.

Le ferry pour Jersey, à seulement une heure d'ici, me signale Franck.

Les gros monocoques paraissent à peine en passant devant le grand navire... Il me faut zoomer.

Ici, Artemis qui "double" PRB.

Où PRB repasse devant Artemis... Serait-ce déjà la course?

C'est là-bas, derrière le navire militaire, que sont les autres. On distingue à peine les mats dans le crachin.
Nous arrivons presque au bout de la jetée. Nous restons ici, c'est suffisant.
Mon objectif est trempé, et je dois l'essuyer régulièrement.

Anne Liardet et son Roxy passent à leur tour devant le Pont-Aven.

Sill s'envole vers... le large, ou la victoire!

PRB le suit aussi, beaucoup plus accompagné.

VM et Delta Dore quittent l'écluse à leur tour.

Roxy et Maisonneuve passent à leur tour devant le Pont Aven.

et s'apprêtent à passer la grande jetée.

Sill et PRB, déjà loin, suivis par Adriana (avec Philippe Fiston, le guadeloupéen), Temenos (skippé par Dominique Wavre, le Suisse arrivé 4ème au dernier Vendée-Globe -encore un), et Artemis.

Le bout de la jetée. Après coup, je regrette un peu de ne pas avoir marché un peu plus vite, pour mieux les prendre au passage au près du phare, mais bon, c'est déjà bien.

Non seulement il aurait du mal à les rattraper, mais en plus, il ne va pas dans le bon sens...

Dommage quand même, ce temps vraiment bouché. Nous aurions aimé aller rouler sur la côte, et les prendre au gros télé-objectif, mais il faut bien se rendre à l'évidence, ce serait totalement inutile!

Le télé-objectif restera bien au chaud dans le sac-à-dos...

A gauche, les lettres sur le grand mât, c'est Artemis.

Des dizaines et des dizaines d'embarcations de toutes sortes vont suivre le départ "au plus près".

VM croise entre Saint-Malo et Dinard, et se lance à la poursuite des autres.

Delda Dore (Jérémie Beyou), Virbac-Paprec (Jean-Pierre Dick, encore un du Vendée-Globe, arrivé 6ème lors de l'édition 2004) et Safran (Marc Guillemot, 3ème participation à la Route du Rhum).

Artemis, très reconnaissable avec sa banderolle le long du mât.

Zoom sur Delta Dore et Safran.

Virbac-Paprec.

Gros zoom sur le groupe dans lequel se trouve Artemis, toujours si facilement identifiable.

Et Roxy, qu'on ne peut pas louper non plus...

Belle villa sur la côte de Dinard, en face de la jetée.

C'est fini, j'ai pris ma dernière photo de ce départ de la Route du Rhum.

Nous décidons d'un commun accord d'aller "arroser" ça derrière les remparts, vers lesquels nous nous dirigeons maintenant.

Un peu de monde sur cette corniche, derrière le gros ferry, peu visible dans la brume.

Voilà Saint-Malo, la vieille ville fortifiée, derrière ses remparts.

Détail sur la petite plage. Pas un seul promeneur!

Nous arrivons au pied des remparts.

Regardez à gauche de la tourelle, en haut des remparts, les gens qui se sont installés pour le spectacle de la sortie.

Vous ne voyez pas? OK, alors je vous fais un gros plan.

La petite plage est sur ma gauche.

Le ciel est d'un gris uniforme, mais ça semble vouloir se lever quand même un peu...

Gros plan sur la tourelle.

Saint-Malo rend hommage à un grand navigateur disparu pendant la Route du Rhum.
Franck m'apprend que cette plaque vient juste d'être mise en place.

Voilà, nous sommes à l'intérieur de la vieille cité.
Je suis de suite frappé par le calme qui règne ici, et une extraordinaire ambiance de "village". C'est dimanche, et on voit les gens aux terrasses de café, quelques promeneurs matinaux, les boulangeries aux portes ouvertes nous laissant sentir les bonnes effluves de la farine et du pain, les belles devantures peintes, les librairies, les vieilles pierres.

On reconnait ici Ellen Mac Arthur, fantastique deuxième au Vendée-Globe de 2000.

 

C'est superbe. J'aimerais flaner dans cette ville, et j'y reviendrai, c'est sûr.

Je croyais que la ville était piétonne, et c'est bien dommage qu'elle ne le soit pas...

Partout des vitrines avec des peintures et autres oeuvres d'art.
Franck me dit que c'est plutôt chic et cher, ici, ce qui ne me surprend pas. Mais c'est très joli.

Ah, on voit même le photographe en reflet...

Un petit patio. Tout respire le bien-être, ici. Au coin, un groupe de joyeux lurons, devant un bistrot, en train de chanter "Partons, la mer est belle..." qui me rappelle tant de bons souvenirs de fêtes. Cette chanson, c'est celle des marins des Sables d'Olonne, et le groupe, sûrement des supporters de PRB ou de VM. C'est vraiment chouette, ici.

Je vous le disais: beaucoup de peintures sur les devantures. J'adore ça.

Au bout de cette rue, on aperçoit la muraille d'enceinte.

Une niche dans ma muraille.

Et encore une autre.

La même que plus haut, sous un autre angle.

Décidément, j'aime beaucoup l'ambiance dégagée ici.

Finalement, les terrasses ouvertes étant bondées, nous nous décidons pour une bonne bière à la réception d'un petit hôtel. C'est rigolo d'assister, sur grand écran, aux images en direct des bateaux dans la baie, se préparant au départ. Et nous avons la surprise d'y voir une luminosité stupéfiante, très loin de refléter la réelle couleur ambiante, tellement plus "bretonne"... Ah, cette technologie, qui ne peut malgré tout heureusement pas nous plonger dans l'ambiance réelle de l'événement.

 

Voilà, nous en resterons donc là. Nous retrouvons ce bon vieux JJ qui nous attendait sous le crachin qui, contrairement à ce qu'on avait cru, a redoublé d'ampleur. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas trois gouttes d'eau qui vont arrêter des gars de l'ouest, et scooteristes de surcroît! L'écluse est toujours fermée pour nous, nous en sommes quittes pour faire le grand tour.

Franck récupère sa voiture et me reconduit gentiment sur la N137. Merci l'ami, pour m'avoir accompagné dans ton beau pays, et pour m'avoir aidé à trouver ces magnifiques bateaux de course. A bientôt dans une prochaine rando.

Et c'est reparti pour 250 km que JJ va s'offrir à bride abattue. Plus j'approche de Rennes, et plus le temps s'éclaircit, et c'est finalement sous un soleil radieux que j'arrive sur la côte vendéenne. J'ai eu bien du mal entre Rennes et Nantes, car, il faut bien l'avouer, je tombais de fatigue. Mais JJ le vaillant n'a pas failli. J'avais emporté mon petit GPS Gecko, qui me sert à prendre les traces de mes routes. En récupérant la trace de cette petite tournée, je constate que ma moyenne au retour a été de 95,96 km/h, avec une pointe à 119,26 km/h et le tout sur une distance de 250 km. Bravo JJ, je suis enchanté.

 

Parti à 10h10 de la station sur la N137 en sortie de Saint Malo, j'étais à 12h44 à la maison, et j'ai pu assister au départ en direct sur mon écran de TV avec d'autant plus de plaisir que je venais de voir en vrai une partie de la flottille.

520 km dans la matinée, c'est aussi un bel exploit. Une petite sieste s'imposera quand même...

Page précédente: Retour en Vendée - 5ème jour
Page suivante: La Somme sur 5 jours


Depuis le 06/06/2005 Visites:920715 Aujourd'hui :58 Maintenant:7 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)