Du bocage à la mer - 2ème jour

Randonnée en scooter en Vendée
Samedi 9 juin 2007
2ème jour de voyage


Vendée. Du bocage à la mer...
215 km - 145 photos - Très beau temps


Ci-dessus, retour au sommaire
Ci-dessous, le parcours

Sur la carte ci-dessus, il y a des points rouges vous permettant d'accéder directement aux photos et au récit attaché à cette région. Allez sur le point qui vous intéresse, et si une main apparaît, cliquez.
Attendez un petit moment avant de cliquer, si vous arrivez juste sur cette page, que les photos se chargent.
En attendant un peu, vous pouvez commencer à lire le début, ce qui vous permettra de patienter.
Lorsque vous voudrez revenir à la carte, utilisez la flèche "précédent" de votre navigateur. Bonne lecture.

Quoi? Déjà le réveil? Mais, on est juste couchés....

Ah, nous sommes en rando, je me souviens. Mais c'est génial, ça. Instantanément, je retrouve toutes mes capacités, plus aucune fatigue, la grande grande forme. Pourtant, la nuit a été courte, mais je n'ai pas perdu une seule minute de sommeil. J'espère que mes voisins de chambrée n'ont pas trop entendu mon moteur, les pauvres...

Un coup d'oeil par la fenêtre, et j'aperçois ces trois là, qui ont passé la nuit ensemble. Vu leur état, tout semble s'être très bien passé. Ils ont du dormir aussi, le SW-400 et le Honda n'ayant pas chômé hier! Pégase n'était même pas fatigué...

Côté météo, ça m'a l'air tout bon. Le soleil commence à percer la brume matinale, je sens qu'il va faire chaud!

J'avais demandé le petit déjeûner à 8 heures. Annie et Jean-Claude sont déjà attablés, toujours les premiers! Puis les autres descendent petit à petit, Babeth, Didier, Tof et Mimi... Nous avons la joie de voir Bruno Le Corrézien et Kriss le Charentais d'adoption qui viennent d'arriver. Ils sont à l'heure au rendez-vous fixé à 9 heures à l'hôtel, bravo les gars. Pirmil arrive à son tour. Puis David, avec Twicky et Mam'Soleil. Super, tout le monde est là, on va même partir à l'heure! Quoi, que se passe-t-il? Djédjé a un problème? Ah, quelle guigne. Où, à onze kilomètres d'ici?

Je décide d'envoyer tout le monde faire le plein à la station, à un kilomètre d'ici. On décidera là-bas. je vais saluer le propriétaire et voir si tout est OK pour lui, ce qui est bien le cas. A la station, Pirmil décide de partir donner un coup de mains à Djédjé. David, le roi de la mécanique scooter, l'accompagne. Je les remercie chaleureusement pour leur aide spontanée, permettant ainsi au groupe de poursuivre la randonnée. Chapeau bas, messieurs!

A peine sortis de Chantonnay, nous prenons une toute petite route qui longe le Lay, puis remonte le coteau pour en suivre la vallée. C'est superbe. Les pêcheurs du samedi sont déjà à pied d'oeuvre, vous pensez bien!

Après la courbe, je jette en coup d'oeil en arrière, et j'ai admiré la longue file de scooters et motos qui serpentait le long des berges, mais un court instant seulement, sous peine de me retrouver dans le mur... Celui qui est en queue de peloton a cet avantage de voir onduler ce serpent de bécanes, et Béa, qui fait la moto "balai", m'a confirmé trouver cela très joli.

Cinq minutes plus tard, nous parvenons ici, endroit nommé "Assemblée des Deux-Lay".

Le Lay est le principal fleuve côtier de la Vendée. Il traverse successivement le massif cristallin du bocage et les formations sédimentaires de la plaine et du Marais poitevin, pour se jeter dans l’Océan Atlantique entre les deux flèches sableuses de L’Aiguillon-sur-Mer et de la Pointe d’Arçay (commune de La Faute-sur-Mer).
Sa partie amont se décompose en deux branches :
· Le Grand Lay se développe sur une longueur d’environ 60 km.
· Le Petit Lay prend sa source à Saint-Michel-Mont-Mercure (altitude : 200 m).
La confluence du Grand et du Petit Lay intervient au lieu-dit L’Assemblée des Deux-Lays, dans la commune de Chantonnay (altitude : 20 m). C'est ici. Le fleuve ainsi formé parcourt environ 80 km jusqu’à son débouché dans l’Océan Atlantique, dans la baie de l'Aiguillon-sur-mer, où nous passerons ce soir.

La rive du Lay, que nous venons de traverser, est ici bordée de très beaux arbres. La route est très étroite, et les scooters et motos se posent plus ou moins sur la route, le bas-côté étant assez meuble. Nous descendons de nos bécanes, et comme d'habitude, tout le monde se lance dans des conversations, tout en se dirigeant vers le gué que nous venons de traverser, sur lequel se trouve un pêcheur avec force matériel. Soudain, nous apercevons un tracteur, avec une herse plutôt large à l'arrière, et se dirigeant vers le gué, et donc vers nous. Après avoir un moment espéré qu'il s'arrête à la ferme, il faut bien se rendre à l'évidence! Le gars vient droit sur nous, et si nous ne bougeons pas nos fesses d'ici, il va pouvoir emporter toutes nos machines en passant, vu son imposante largeur! De plus, pas très souriant, le chauffeur nous fait clairement comprendre que nous devons dégager. C'est le branle-bas de combat! Quand je pense que je n'ai jamais vu personne ici, je trouve que nous n'avons vraiment pas de chance. Nous partons tous un peu n'importe comment. Il n'est pas possible de s'arrêter sur le bas-côté, et nous sommes obligés de continuer jusqu'au bout. Je prends la tête, étant le seul à connaître la direction à prendre.

Deux panneaux "stop" à suivre, droite, puis gauche, et je fais aligner toute la petite troupe sur la route, mais ici beaucoup plus large. Jim, passé devant, est radieux, il trouve cette petite mésaventure rigolote.

Didier monte sur le x9 500 de Jim pour faire une photo de la troupe. Entretemps, les deux derniers, qui avaient laissé passé le tracteur, arrivent au premier stop. Annie les voit qui choisissent la mauvaise direction! J'envoie Didier à leur poursuite, mais il revient bredouille! Il faut bien se rendre à l'évidence, Tof, Mimi et Béa sont perdus. Heureusement, Tof a chargé l'itinéraire sur son GPS avant de partir, ce qui lui permet d'atteindre la pause suivante. Tout est bien qui finit bien.

Voici l'église de Saint-Juire, au pied de laquelle je récupère nos deux motos manquantes...

Ce village, loin des grands axes, est magnifique. Il a conservé un aspect de début de vingtième siècle, je m'attends presque à voir traverser des charettes tirées par des chevaux.

Regardez les vieilles pancartes...

Comme le temps est beau, je peux entraîner la troupe sur le chemin que j'avais prévu, et que je n'aurais pas emprunté si la météo nous était défavorable. En effet, le petit ruban d'asphalte se transforme petit à petit en un serpentin caillouteux, avec force trous, pour finir en un petit routin de terre, en sous-bois. Je les vois dans mon rétroviseur. Ils suivent, et doivent bien se demander où diable je les conduis, mais ils n'abandonnent pas, et ils ont raison.

Le chemin en sous-bois, près du hameau de La Jousselinière.

Les deux photos ci-dessus ont été prises lors d'un repérage le 28 mai dernier.

Béa se dit qu'ils sont gentils, mais avance tout doucement la main, on ne sait jamais.

Didier, Mychèle, Christian, Kriss, Babeth.

Les machines le long du chemin. Cette fois, aucun tracteur ne vient nous déranger.

Jim est mort de rire, mais je ne sais pas pourquoi. Le MP3 semble tout content, comme Alain, son proprio.

Le regard du petit âne poilu ne me semble pas très franc...

En même temps, cent mètres plus loin, nous assistons à un rodéo moins sympathique. Quelques agriculteurs sont en train de pousser des vaches dans une remorque dix fois trop petite pour elles, et tout se monde s'écrase dans la remorque avec force hurlements des hommes et beuglements des animaux atterés. Image d'un autre siècle...

Le temps poursuivant sa course sans jamais s'arrêter, il nous faut bien repartir. L'étape est beaucoup plus longue, 22 kilomètres sans s'arrêter, sauf aux "stop" jalonnant le parcours.... Campagne, campagne et encore campagne. Routes minuscules, mais comportant bien des virages, ce qui les rend évidemment fort attrayantes pour les motards-scootards que nous sommes, et ce malgré une moyenne assez lente. En effet, je ne veux perdre personne; de plus, de nombreuses zones sont remplies de gravillons, et la prudence est de rigueur. Nous traversons les petits villages de La Chapelle-Thémer, Saint-Laurent-de-la-Salle, Saint-Cyr-des-Gâts, La Rardière, Cézay, avant d'arriver à Vouvant.

Survolant le bocage, les profondes forêts et les lacs, la Fée Mélusine aurait sorti de son tablier donjons, murailles, logis raffinés et superbes églises. Et Mélusine s’est montrée particulièrement généreuse envers Vouvant. De son château féodal du XIIe siècle, subsiste essentiellement le donjon, dit tour Mélusine, par référence à la fée dont la légende faisait l’ancêtre de la famille des Lusignan, les seigneurs du lieu.     

Les remparts entourant Vouvant, vus depuis les berges de la Mère.

Le charme de cette petite cité, enserrée dans ses remparts, nichée au creux d’un anneau de rivière vient tout autant de ses vestiges moyen-âgeux, de son église magnifique dont le portail est un exemple en terme d’architecture romane, que des ses étroites ruelles délicieusement fleuries. Se dressant sur un promontoire qui domine un méandre de la Mère, à une vingtaine de kilomètres au nord de Fontenay le Comte, ce paisible bourg vendéen conserve une partie de ses anciens remparts. Son église romane, édifiée au cours des XIe et XIIe siècles, est abondamment ornée de motifs sculptés, dont les plus intéressants sont ceux qui figurent sur son portail nord, avec en particulier des scènes bibliques.  

En l’an 1000, Vouvant n’est qu’une colline boisée entourée d’eau, au cœur de la forêt. C’est en y chassant que Guillaume V Le Grand, Duc d’Aquitaine, découvre ce site et décide d’y faire bâtir une église et un monastère. Pour cela, il fait appel aux moines de Maillezais qui viennent de terminer la célèbre abbaye sur son ordre. Mis, par manque de fonds, ils ne peuvent édifier qu’une chapelle provisoire.    

La construction du château, dont il ne reste aujourd’hui que le donjon la Tour Mélusine et les remparts- est dûe aux Lusignan, barons de Vouvant. De cette grande famille, l’histoire semble avoir tout particulièrement retenu le nom de Geoffroy La Grand’dent, farouche guerrier, avide de puissance, qui n’hésita pas à s’attaquer aux abbayes et monastères pour accroître sa fortune. Selon la légende, il serait le fils de la féee Mélusine, mi-femme mi-serpent, qui aurait construit le château, et le donjon qui porte son nom, en 1242, en une nuit, « d’une dornée de pierre et d’une goulée d’Eve ». Beaucoup plus tard, Vouvant eut à subir les désastres des guerres de religion. L’église fut mutilée, incendiée, à-demi démolie par les Huguenots. A la Poterne, une bataille entre assiégés et assiégeants fit plus de 200 morts dans les rangs Huguenots.

Le château, quant à lui devenu inhabitable, fut laissé à l’abandon. Les goûts de l’époque n’étant plus aux châteaux fortifiés, celui-ci tombait en ruines et le XIXè siècle acheva de le raser, afin d’obtenir un champ de foire bien net.

J'ai pris les photos ci-dessus, et quelques unes plus loin, lors d'un précédent repérage.

On peut, avec nos machines, longer les remparts en bas des murailles. Malheureusement, la place disponible pour poser les bécanes est en forte pente. Par sécurité, je choisis donc de laisser les motos sur un petit parking, et de descendre à pied sur les rives de la rivière, en passant sous la muraille.

Sur le parking, derrière Bonnie -la Triumph de Béa-, sur le petit muret, Mimi et Béa sont au téléphone.

Il fait maintenant très chaud, et nous supportons difficilement nos vestes.

Nous ne sommes pas les seuls à prendre des photos. J'en tiens un! Position parfaite.

C'est par cette porte que l'on descend au bord de l'eau. Tous ne descendent pas en bas, mais nous faisons tous halte dans ce magnifique petit jardin en haut des murailles. On distingue en bas Pégase, prouvant que cette photo a été prise lors de mes balades réalisées pendant la préparation de la randonnée. Aujourd'hui, Pégase est évidemment sur le parking!

La vue d'ici est superbe. On aperçoit la tour Mélusine qui dépasse tout au fond à droite. Et Pégase en bas....

Un vieux canon gît sur l'herbe.

Le parking sur lequel nous sommes est plus haut derrière ces maisons. Voici le chemin qui descend vers l'eau.

Jim s'essaye au portrait sur Patrick et Amy.

Mais que regardent-ils donc?

Mais il faut faire attention, car nous sommes ici sur les remparts du château qui surplombait la Mère.

Tout le monde fait des photos.

Bruno et Mimi.

Jim est en grande forme.

Tof et Mimi.

Jean-Claude, Annie et Béa.

 

Il est midi maintenant, et il est temps d'aller rejoindre le restaurant dans la forêt de Mervent. Nous allons poursuivre la descente dans Vouvant jusqu'en bas du village, pour passer sur un joli pont enjambant la rivière, puis remonter vers la Tour Mélusine en passant cette fois devant le superbe portail de l'église romane. Comme j'ai déjà fait des photos, je vous les place ici, mais elles ne datent pas de la randonnée. Elles ont été prises fin mai.

En fait, il y a deux ponts. Nous passons d'abord sur celui-ci, puis nous tournons à gauche et arrivons sur le deuxième pont, duquel j'ai pris cette photo, pour remonter vers le haut du bourg. Les remparts se trouvent derrière cette maison vers la droite, suivant les rives de la rivière.

Cette photo est prise depuis le premier pont.
On aperçoit le deuxième, et les jardins à la française entre les deux, ainsi que le clocher de l'église.

L’église ne sera achevée qu’à la fin du XIè siècle, et sera remaniée au XIIè pour répondre au goût du siècle qui voyait fleurir l’art roman. C’est donc du XIIè siècle que date la crypte, les trois absides et le portail nord dont l’ornementation force l’admiration.
A l’origine, le clocher devait se terminer par une flèche, et une gravure de 1850 nous montre l’église avec cette flèche, comme elle était avant les travaux de restauration entrepris en 1881. Un clocher octogonal, qui devait lui aussi se terminer par une flèche, fut édifié, mais il ne fut couvert que par un toît de tuiles, ce qui asseoit définitivement l’édifice et lui donne ce caractère imposant et particulier. De la nef, trois travées seulement furent restaurées, ce qui nous laisse heureusement, ; par les vieux murs, une idée de ce qu’était cette nef à l’origine

 

Je poursuis maintenant vers la forêt de Mervent, qui commence juste au Sud de Vouvant. Occupant presque tout l’espace situé entre Vouvant et Fontenay le Comte, soit une trentaine de kilomètres, la forêt de Mervent s’étend sur quelque 5.000 hectares... Véritable poumon de la région, Mervent s’inscrit aussi comme un lieu historiquement chargé ; une partie de la forêt était constituée d’un ancien domaine des Templiers, devenu Domaine Royal et par le force des choses, Domaine National.
Egalement lieu de légende avec la très belle et puissante fée Mélusine (mère Lusigne) que l’incontournable famille Lusignan adopta comme fondatrice de leur lignée... L’un des fils de Mélusine, Geoffroy, a prêté ses traits au Pantagruel de Rabelais...
Paysage vallonné planté de chênes sessiles remarquables pour le travail d’ébénisterie, peuplé d’espèces d’animaux diversifiées parmi lesquels de nombreux cerfs, parcouru de cours d’eau enjambés par des ponts plus ou moins anciens, de cascades aboutissant à la retenue d’eau et à son barrage, la forêt de Mervent offre tous les ingrédients d’une extraordinaire balade...

Le magnifique massif forestier de Mervent abritait une imposante forteresse féodale, tombée peu à peu en désuétude, et dont il ne reste hélas plus rien. Les bâtiments les plus anciens ne manquent cependant pas pour autant d’intérêt : il s’agit du Château de la Citardière et du Logis de la Cornelière.

Les ponts ont leur importance à Mervent. Le plus ancien date du XIIIè siècle. Il est de style gothique mais immergé dans les eaux du barrage, on ne le voit malheureusement qu’une fois tous les dix ans, lorsqu’on assèche ce dernier pour le nettoyer. Par ailleurs vous pouvez découvrir de très beaux ouvrages du XIXè siècle : le Pont du Déluge et le pont de Diet.


On ne peut pas parler de Mervent sans évoquer le grand personnage qui y vécut, laissant derrière lui une trace indélébile : le Père Louis-Marie Grignon de Monfort. La grotte dans laquelle il s’est retiré en ermite en 1715 reste aujourd’hui un lieu de pèlerinage.Je n'ai malheureusement pas le temps d'y conduire les randonneurs.

L’exploitation judicieuse du site offre de nombreuses possibilités d’activités sportives et de détente : randonnées et promenades pédestres, équestres et en VTT, escalade... mais aussi voile et baignade grâce aux différents plans d’eau qui ont été aménagés sur les rivières. J'ai bien sûr pris cette photo et la précédente lors de mes précédents passages.

Vous trouverez ici quelques photos de cette belle forêt.

Notre restaurant est situé de l'autre côté du lac de barrage, à moins de 500 mètres de Pégase.

Les bécanes au milieu des bateaux. Nous sommes arrivés au restaurant routier "Au fil de l'eau", au bord du lac de Mervent.

On aperçoit la superbe Yam' de Kriss.

Evidemment, la première chose à faire en descendant de bécane, c'est de commencer une discussion!

Ou de prendre des photos, comme ici Bruno le Corrézien devant son superbe Burgman 650.

La tablée, dans l'immense salle.

Dommage que mes photos soient floues!

Pendant le repas, nous avons la joie de voir apparaître Djédjé et Pascale, en compagnie de David et Pirmil, qui étaient partis dépanner le x9 125. Pirmil est même allé chercher une pièce chez Piaggio à Nantes. Chapeau, les gars!

Ici, au fond, Djédjé et David près de lui.

Et Pirmil, toujours souriant, près de Pascale, la femme de Djédjé.

Vue d'ensemble de la table, devant les très belles armoures anciennes.

Encore une photo floue... Béa, il ne faut pas bouger comme ça....

Le patron du restaurant, qui sait accueillir les motards. Malheureusement, le service est un peu lent, en tout cas nettement plus lent que prévu. Et c'est avec bien du retard sur mon planning initial que nous reprenons la route.

Kriss nous quitte peu après la sortie du restaurant. Il doit retourner à Royan. Merci d'être venu, Kriss.

Je décide de ne pas faire de halte à Luçon de façon à me recadrer sur mon programme, mais Christian me demande s'il est possible d'y aller quand même, car il a déjà donné rendez-vous à Josette, son épouse, juste devant la cathédrale. Comment refuser? Je me débrouillerai pour enlever une autre étape. Pour réveiller tout le monde, il n'y aura pas de pause jusqu'à Luçon. Soit 39 km d'affilée. Je roule le plus vite possible, mais toujours en-deça des limites autorisées. La traversée de Fontenay-Le-Comte se passe sans anicroche. Ensuite, ce sont les grandes lignes droites de la grande plaine.

Il fait une très forte chaleur lorsque nous arrivons à Luçon, et plusieurs ont la bonne idée de poser leurs montures à l'ombre des grands arbres entourant le grand parking de la cathédrale de Luçon. Tout le monde s'empresse de "tomber" la veste!
Il est 15h30, alors que je prévoyais une arrivée ici vers 14h15...

Les trois photos ci-dessus ont été prises du parking de la cathédrale lors d'un précédent passage.

La voici aujourd'hui, avec sa belle flèche élancée dans le ciel d'azur. On reconnait Pirmil à gauche, ainsi que Christian. Béa est au centre, Bruno un peu plus loin, et Mychèle encore plus loin, occupée à faire des photos du bâtiment.

Une partie des motos est ici en plein soleil.
Mychèle ne se laisse pas impressionner par l'astre du jour, et poursuit sa séance de photos.

Détail sur la flèche de la cathédrale.

Un monastère est fondé ici par saint Philbert au VIIe siècle. En 853, le chef viking Hasting prend la ville et la pille. Un autre chef viking, recruté par le comte de Poitiers, arrive avant qu’il n’ait quitté la place, et l’assiège dans la ville. Hasting réussit néanmoins à négocier et à quitter la ville, qu’il laisse incendiée. Devenue évêché par la volonté du pape Jean XXII, la cité est la capitale spirituelle du Bas-Poitou. Avant de devenir ministre de Louis XIII, le grand maître de la diplomatie française et le héros ténébreux d’Alexandre Dumas, le cardinal de Richelieu fut l’évêque réformateur et attentif de Luçon. Il s’appliqua avec passion à rebâtir la ville détruite par les guerres de religion. Il redressa son diocèse en écrivant un catéchisme. Il y organisa aussi des visites pastorales. On lui attribue d’avoir qualifié Luçon « d’évêché le plus crotté de France ».

Annie aussi se met à prendre des photos. Babeth est occupée à ranger ses affaires.

Béa en profite pour enlever ses bottes. Bruno, appuyé sur son beau destrier, passe ses coups de téléphone.

Jim, qui ne voit jamais le soleil à Londres, se met à l'aise, sous l'oeil admiratif d'Amy.

Olé, braves gens, ça, c'est de la rando, ou je ne m'y connais pas!

Alors, ils ne sont pas mignons, nos Corréziens?

Tu ne peux pas savoir le bien que ça me fait....

Bonnie, en plein soleil, toujours seule, le casque de sa cavalière au guidon.

Les gants et le casque gisent sur la selle... Il fait vraiment trop chaud!

La cathédrale s’élève à l’emplacement de l’église du premier monastère bénédictin fondé, au milieu du VII siècle, par saint Philbert, abbé de Noirmoutier. De la première construction, ravagée par les Normands en 853 et 877; incendiée par le comte de Poitou en 1068, il ne reste évidemment rien. Excommunié pour son forfait par le pape Alexandre Il, le comte obtient rémission de sa peine à la condition, imposée par le pape, de reconstruire à ses frais l’édifice. Commencés seulement en 1091, les travaux seront achevés avant l’année 1121, date de la consécration de la nouvelle abbatiale.
Seul vestige de cet édifice roman : une partie du transept nord dont on peut découvrir l’intéressante façade.
Du XIIIè au XVè siècle, l’abbatiale, devenue cathédrale en 1317, fut très largement transformée, mais aucune source historique ne permet de situer ces travaux dans le temps et d’en attribuer l’initiative à tel ou tel des abbés ou des évêques de Luçon. Entre 1530 et 1550, l’évêque Miles d’Illiers construit les cinq chapelles du bas-côté sud, du côté du cloître,
On y voyait autrefois ses armes associées à celles du pape Paul II et du roi François 1er.
Quelques années plus tard surviennent les guerres dites de religion et les dévastations systématiques commises par des bandes se réclamant du parti Huguenot.
À quatre reprises, en 1562, 1568, 1570 et en 1622, la dernière année de l’épiscopat du cardinal de Richelieu,la cathédrale est saccagée de fond en comble : elle y perd la presque totalité de son mobilier.
En 1665, sous l’épiscopat de Nicolas Colbert, frère du ministre de Louis XIV, le clocher qui surmontait la façade s’écroule, écrasant la première travée de la nef. La façade tout entière est reprise, dans le style classique, au cours des dernières années du XVIIe siècle par François Le Duc, dit Toscane. En 1722, dans un souci de symétrie ou pour donner à sa cathédrale plus d’importance en y multipliant les autels, l’évêque Jean-François Lescure fait construire les chapelles du bas-côté nord.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le bras sud du transept reçoit une décoration en stuc de style rocaille et le chœur est pourvu d’un nouveau maître-autel à baldaquin et de stalles et boiseries.
Pendant la Révolution française, la cathédrale est affectée au culte constitutionnel, de juin 1791 à décembre 1793, puis elle se voit successivement transformée en caserne, en écurie et en arsenal.
En 1811, le siège épiscopal de Luçon ayant été supprimé par le Concordat de 1801, le bâtiment est encore inutilisé. Les travaux de remise en état des couvertures, de la flèche, des piliers, des fenêtres, du dallage et du mobilier ne commenceront qu’en 1825, quatre années après l’arrivée du premier évêque concordataire.

Terminés en 1840, les travaux auront coûté au gouvernement de Sa Majesté la coquette somme d’un demi-million de francs.

Et une petite dernière... Ok, j'arrête, c'est promis! Mais j'adore ce zoom!

Bon, les amis. Oui, je sais, vous êtes bien ici, mais si vous voulez avoir l'apéro... Le mot magique! Les morts vivants se redressent, montent sur leurs bécanes, les phares s'allument, les monstres démarrent, tous sont là.

Tous? Non, il nous en manque un. Mais c'est l'Anglais, parti on ne sait où.... Ah, le voilà qui arrive.

Jiiiiiiiiiim.... On n'attend plus que toi!

12 petits kilomètres après Luçon, sur la route des Sables d'Olonne, se trouve le hameau de Curzon, au lieu-dit Port-La-Claye, en bordure des immenses marais issus de l'assèchement de l'ancien golfe des Pictons.

Et nous retrouvons notre ami le Lay... que nous avons quitté à Chantonnay.

Deux superbes ponts se suivent sur cette ancienne route Luçon-Les Sables d'Olonne.

Ces deux ponts (le suivant est à 200 mètres de celui-ci) sont classés "monuments historiques" depuis le 20/11/1985.

Les photos ci-dessus ont été faites lors d'un précédent passage.

 

Quelle chaleur! Et il nous arrête en plein "cagna"...

Mais elle baille encore! Je pense qu'elle n'a pas assez dormi la nuit dernière!

Tout le monde se déshabille... Plus rien à voir avec des motards, excepté les machines!

Christian vérifie si ça ne chauffe pas trop sur le sommet de son crâne!

Du côté droit de la route.

Et du côté gauche. Djédjé s'est également mis à l'aise.

Tout le monde est de bonne humeur.

Alors, Babeth, t'as pas chaud avec ta grosse veste de moto?

Jim en profite pour se griller une petite cigarette.

STOP. Ceci est une manifestation.
Cette route est réquisitionnée pour la randonnée de Vendée.

Décidément, j'ai vraiment envie de dormir.

Quoi, il faut déjà repartir? On était bien, ici! On ne pourrait pas rester là? On va où maintenant?

Pas loin, à 500 mètres d'ici, en fait.

Au "communal" de Lairoux.

Un pâturage communautaire dans une prairie inondable...
Les communaux occupent une vaste portion de la vallée du Lay, au sud de la route Luçon - Les Sables d’Olonne.

D’une surface supérieure à 500 hectares, cette immense prairie inondable, dominée à l’est par le clocher de Lairoux et à l’ouest par celui de Curzon est vouée depuis toujours au pâturage communautaire. Il y a une dizaine d’années, on pouvait encore rencontrer dans le village de Curzon un immense troupeau de vaches normandes qui, le soir, à l’heure de la traite, remontaient du communal pour regagner chacune leurs étables respectives. Les marais communaux sont maintenant affectés à l’élevage des bêtes à viande. Les éleveurs viennent parfois de loin pour y faire pâturer leur bétail

Une étude menée par le Parc Interrégional du Marais Poitevin sur la croissance des bovins et la gestion du nombre d’animaux en fonction de la productivité des prairies, a permis de conclure à la rentabilité d’un tel mode d’élevage. L’ouverture des communaux a lieu à la fin d’avril, et les derniers troupeaux quittent ce marais dans les derniers jours de décembre.

Zoom sur la petite route longeant le communal. Une merveille pour nos machines!

Les randonneurs, sur le petit parking aménagé juste pour nous!

David, au gauche, tire fortement la langue, tant il a soif!

Les couleurs sont mauvaises, comme écrasées par les rayons de notre étoile, qui "donnent" bien maintenant!

Twicky sur l'Aprilia et M'am Soleil sur le Satelis n'ont même pas le courage de descendre de leurs machines!

Je roule au pas le long du communal, afin que chacun puisse apercevoir les animaux et les nombreux oiseaux.

L’hiver, suite au débordement du Lay, les prairies laissent la place à un immense lac où volent de belles troupes de cygnes tuberculés. Les passages de limicoles se succèdent dès la fin de l’hiver. Les troupes de vanneaux et de pluviers dorés précèdent celles des combattants variés et des barges à queue noire. Celles-ci sont particulièrement abondantes, avec, certaines années, des stationnements de plus de 15 000 oiseaux.

Le passage des courlis corlieux à la fin d’avril est également spectaculaire.

Plusieurs de ces photos ont été faites à la fin du mois de mai.

Ici, ce sont des cygnes sauvages!

De nombreux canards séjournent sur la prairie inondée dès la fermeture de la chasse. Le Canard pilet, le Canard souchet et la Sarcelle d’hiver sont les plus communs. Quelques sarcelles d’été, très discrètes, se mêlent parfois à la troupe. Le Héron cendré, les Grands cormorans et la Cigogne blanche, hôtes réguliers du marais, peuvent facilement être observés, parfois en compagnie d’une grande aigrette ou de spatules blanches.
Les vanneaux huppés et les chevaliers gambettes s’y reproduisent chaque année. Depuis deux ans, les Cigognes blanches élèvent leurs poussins sur une plateforme installée à leur intention. Les rapaces chassent en nombre sur le communal, parmi lesquels le Faucon pélerin, les Busards, les Milans noir et royal. La Cigogne noire et le Circaète Jean-le-Blanc font également partie des visiteurs de la fin de l’été.

Dans le marais Poitevin où les niveaux d’eau sont gérés au plus bas pour favoriser les cultures, le communal de Lairoux-Curzon témoigne de l’intérêt majeur que présente une zone humide aussi bien pour la survie des espèces que pour la rentabilité des prairies.

Ici, la route fait un coude et s'éloigne du communal que nous ne verrons plus. Encore une photo faite lors d'un précédent passage. Nous filons maintenant plein Sud, vers la baie de l'Aiguillon-sur-mer. Nous roulons sur la D44, puis sur la D60, et trraversons successivement les villages de Lairoux, Saint-Denis-du-Payré puis finalement Saint-Michel-en-l'Herm.Nous sommes dans la partie Vendéenne du Parc du marais Poitevin. Nous poursuivons encore un peu vers le Sud, vers l'immense baie de l'Aiguillon-sur-mer, qui apparteint pour moitié à la Vendée, et pour l'autre moitié à la Charente-Maritime, laquelle fait partie de la région Poitou-Charentes.

Comme vous pouvez le constater, le paysage est totalement et uniformément plat, traversé de ci de là par quelques canaux d'irrigation. Mais vous voyez que l'agriculture intensive est bien parvenue à s'implanter ici aussi...

Soudain, nous apercevons une butte dans cette immensité, et une petite route nous permet d'y monter.

C'est le rocher de la Dive, et c'est ce que je suis venu montrer à nos randonneurs.

Le Rocher de la Dive est un fantastique observatoire de la contrée où bon nombre de promeneurs aiment
venir goûter le calme, la sérénité du décor et la lumière du littoral. Situé sur la commune de St Michel en l’Herm
dont il est éloigné de 7 kms, le rocher n’était encore qu’une île au XIIe siècle. Ce lieu recelle encore aujourd’hui
histoires et légendes qui lui confèrent charme et prestige. Mais c’est surtout son implantation exceptionnelle
qui lui permet de bénéficier d’un atout incontestable sur le plan touristique...

Il y a quelques siècles, la mer léchait la falaise. En imagination, remplacez les champs par l'océan...

Nous avons parcouru 20 km depuis le communal de Lairoux.

Une table d'orientation, bien cachée, se trouve sur le rocher.

D'ici, on aperçoit beaucoup mieux l'immense plaine. Mais on peut également voir très facilement le pont conduisant à l'île de Ré, ainsi que la ville de La Rochelle, et son port de commerce.

Sur le rocher de la Dive, une typique petite maison vendéenne.

Commentaire général :

Cette butte témoin de calcaire jurassique offre un relief de falaise, forgé par un passé maritime récent, tandis que les carrières de calcaire ont laissé des terrasses. Pelouses rases sur les flancs et les terrases, secteurs embroussaillés, prairies et cultures sur la butte. Intérêt botanique majeur avec plus de 15 espèces déterminantes dont l’Odontite de jaubert (protégée), la Salsepareille, en limite d’aire de répartition vers le nord (dernière station connue), l’Orchis abeille, la Germandrée petit chène, l’Absinthe... Intérêt herpétologique : reproduction du Titon crêté, en limite d’aire de répartition vers le sud-ouest. Intérêt ornithologique : reproduction de rapaces cavernicoles (Chevèche d’Europe...) Intérêt entomologique : présence du Criquet italien et du Criquet tricolor... Des mesures de gestion seraient nécessaire pour conserver la station de Salsepareille (débroussaillage) et les espèces qui témoignent du passé maritime (Criste marine, Immortelle des dunes). La conservation du point d’eau semble essentiel au maintien de la population du Triton crêté.

Djédjé en gros plan sur le petit parking aménagé pour le point de vue.

Alain commence à être fatigué. Il faut dire qu'il n'a pas trop l'habitude d'un soleil si resplendissant...

Pirmil semble avoir un caillou dans la chaussure.

Djédjé en pleine explication pour Alain et Mychèle.

David semble préoccupé.

Annie, incapable de rester à ne rien faire, se lance dans un tour de parking.

Les mitrailleurs sont là-haut, sur le promontoire.

C'est là-haut que se trouve la table d'orientation.

Pirmil réfléchit, près de son Burgman 650.

Mais... on dirait qu'un petit oiseau se trouve sur la pancarte...

Eh oui, c'est bien ça!

Cette fois, je suis monté sur la butte, et je tourne maintenant mon appareil photo vers le parking où je me trouvais.

Les conversations vont bon train, comme d'habitude.

Babeth cherche une nouvelle cible pour son appareil photo.

Annie et Jean-Claude forment un beau duo, un ensemble que je qualifierais de très homogène.

Fais gaffe quand même, Annie, car quand Jean-Claude va tourner la poignée des gaz....

 

Et d'ailleurs, nous repartons déjà, tout simplement parce que nous avons un rendez-vous à respecter à 17h30 avec un guide se déplaçant tout spécialement pour nous. Un kilomètre seulement nous sépare de la prochaine halte, ce n'est tout de même pas grand chose! C'est en effet à un kilomètre du rocher que se trouve désormais le rivage de l'Océan Atlantique. Et ce kilomètre m'a paru très long, j'ai même failli m'arrêter avant de le parcourir entièrement! Mais pourquoi donc? Tout simplement parce que j'ai mis mon casque sur mes oreilles alors qu'une petite mouche s'y trouvait déjà, et je la sens qui me chatouille au creux de mon oreille droite, et cest insupportable, j'ai envie d'enlever mon casque.... Allez, encore 500 mètres, 300, 100.... Je stoppe enfin, et, avant même de couper mon moteur, j'arrache mon casque et me libère de cette petite bête, qui, je pense, doit être aussi contente que moi... Ouf, quel soulagement!

Nous y voici donc. Pour se protéger des assauts de l'océan, les hommes ont construit une digue de plusieurs kilomètres de long. La route longe cette digue vers le Sud jusqu'à la pointe de l'Aiguillon, où je voulais initialement conduire le groupe. Mais le temps qui m'est imparti a fondu comme neige au soleil... Ce n'est pas trop grave, l'essentiel est de voir le paysage qui s'offre à nos yeux, l'immense Baie de l'Aiguillon. Or, longer la digue signifie que l'on ne voit pas la mer!

Heureusement, des escaliers ont été prévus à intervalles réguliers, permettant à tout un chacun de voir ce qui se cache derrière ce haut mur... Nous sommes tous tellement curieux! Ici, vers le Nord, et donc vers l'Aiguillon-sur-mer.

Entre terre et mer, entre eau douce et eau salée, entre homme et nature, les interactions sont nombreuses dans la baie de l’Aiguillon, gracieuse transition du continent à l’océan. Au rythme quotidien des marées, le paysage évolue, d’une baie dominée par de gigantesques vasières ou ne laissant apparaître que de vastes prés salés, jusqu’à l’immersion quasi totale de la baie cantonnée par des digues érigées par l’homme.

L’aspect actuel de la baie de l’Aiguillon résulte des endigages successifs qui, du Moyen-âge à 1965, ont isolé près de 100 000 hectares de l’ancien Golfe des Pictons pour créer le Marais Poitevin. Au rythme lent des aménagements hydro-agricoles, s’est mis en place une couronne de polders agricoles ceinturant l’anse. Ainsi, l’ensemble des canaux et des rivières drainant le Marais Poitevin aboutit dans la baie.

Et ici, vue vers le Sud, vers La Rochelle, vers l'île de Ré, vers la pointe. Ces photos ont été prises lors d'un précédent passage. Ici, c'est la "vasière". La vasière est une zone constituée de vase molle dont la plus grande partie est inondée à chaque marée. Formée à partir de sédiments fins apportés par la mer et les fleuves, la vasière est dépourvue de végétation. Elle abrite cependant une intense production d'algues microscopiques (phytoplancton), ressource alimentaire de base pour tout un réseau trophique constitué de mollusques, de crustacés et de vers marins, eux-mêmes source de nourriture abondante pour les oiseaux d'eau à marée basse ou pour les poissons à marée haute.

Dommage, la marée est basse, et le paysage est évidemment moins attrayant...

Pirmil, déçu, retourne vers son scooter.

Car ils sont tous restés là, nos jolis coursiers, l'accès à la mer leur étant interdit!

Bonnie, en dernière position, puisque c'est elle qui ferme la marche....

Béa, qui connait bien le pays, va rejoindre Pirmil.

Mimi veut immortaliser son chéri. Attention en reculant, vous pouvez vous faire mal....

Comme ça, c'est bien. Vas-y, chérie. Surtout, ne recules plus!

La chaleur est écrasante. Mais qui s'en plaindrait?

Allez, les gars et les filles, on repart....

Au loin, cette butte, sur laquelle se trouvent des maison, c'est le fameux rocher de la Dive. Il est facile d'imaginer que, si la digue n'était pas là, la mer reprendrait rapidement ses droits lors de ses assauts d'hiver.

C'est très lentement que tout le monde descend. Il est vrai que l'escalier d'accès est étroit et difficile.

 

Nous longeons donc la digue vers le Nord, et parvenons à l'Aiguillon-sur-mer assez rapidement. C'est ici que le Lay se jette dans la mer, et j'en profite pour faire passer tout le groupe au-dessus de la ricière, très jolie à marée basse, avec les quelques bateaux échoués dans la vase. De l'autre côté du pont, c'est La Faute-sur-mer, le Lay servant de limite territoriale aux deux communes. Mais nous revenons aussitôt sur le pont, pour reprendre la route des marais, vers le Nord.

Il est évident que deux journées ne seraient pas de trop pour faire le tour du site, et bien comprendre le pays actuel.

Ainsi, le hameau de La Faute s'est implanté il y a moins de 400 ans, sur des terrains occupés autrefois par un vaste marais de 3.000 Ha d’où émergeait 16 îlots: La Dive, St Michel-en-L’Herm, La Dune, Triaize, Le Vignaud, St Denis du Payré, L’Ile de la Bretonniére, Champagné, Puyravault, Ste Radégonde, Moreilles, Chaillé, Le Sableau, Vouillé, Maillezais, L’Ile d’Elle. Ces îlots étaient habités par des Gaulois, puis des Gallo-Romains. On a retrouvé dans leur sol de nombreux vestiges de cette époque, alors que le sous-sol de La FAUTE n’en possède aucun. La presqu’île de La FAUTE a été conquise par assèchement dans sa partie Nord bordant La Tranche et Angles, alors que la Pointe D’Arçay est une flèche littorale oeuvre de la mer et du vent. Ces îlots émergeaient sur le pourtour d’un vaste marais complètement envasé et nauséabond par où s’écoulaient les différents cours d’eau. Des seigneurs habitaient les plus importants et les plus hospitaliers de ces îlots; les autres avaient à leur tête un prieur ou un abbé ( vassal du seigneur). Ils vivaient là assez pauvrement à la manière des marins. Bien vite et par intérêt, ils eurent l’idée d’assécher ce vaste territoire. Les premiers travaux remontent jusqu’au 12ème siècle par l’établissement du canal de Luçon et en 1217, le canal des 5 Abbés. Les premiers dessèchements importants furent réalisés par Siette et Filatre, ingénieurs de la Flandre Hollandaise. Bien conçus et bien conduits, ils servirent de modèles à tous les autres entrepreneurs. Les premières lois sur assèchement parurent en 1595 approuvées plus tard par Henri IV. La compagnie de dessèchement de Moricq fût créée en 1724. Ce fût un travail de géant qui dura plusieurs siècles. Il fallut supprimer les différentes branches de la rivière pour n’en conserver qu’une seule qui se déversait dans la rivière de St Benoît et qui petit à petit devint notre Lay actuel. Les moines de St Michel, le Seigneur de Talmont (Savary de Mauléon ) furent très actifs à cette époque et donnèrent exemple et courage. Ils rencontrèrent beaucoup d’obstacles: digues détruites par les tempêtes, les raz de marée, les guerres, mais sans se décourager, il y eut toujours quelqu’un pour relancer les travaux.
Tout le Sud-Vendéen en bordure de l’Océan a été ainsi conquis sur les éléments à partir du XI ème siècle sous l’impulsion des abbayes de St Michel en l’Herm et de Maillezais. Conquête fragile qu’il a toujours fallu préserver en raison de l’action des vents et des courants qui tantôt charriaient des milliers de tonnes de sable, dressant des dunes, tantôt, et parfois en quelques marées, détruisaient tout l’acquis de plusieurs décades de calme.

Le marais regorge de petites routes, mais la plupart sont des "cul-de-sac", et se termine au bord des étiers ou du Lay. Pour rejoindre Moricq, notre prochaine étape, il nous faut donc suivre la D44 et passer par le village de Grues, également une ancienne île du Golfe des Pictons. En effet, tous les villages sont construits sur les rares poins élevés.

Peu après Grues, la route passe au-dessus du Lay, que nous retrouvons une fois encore. Malheureusement, David arrive en trombe pour me signaler que Djédjé vient de retomber en panne à Grues. La décision est prise de poursuivre vers Moricq avec une partie du groupe, les autres restant avec Djédjé pour recommencer le démontage de son x9.

Entre petites venelles et pierres calcaires, le petit village de Moricq, hameau de la commune d’Angles, possède indéniablement un caractère propre, de par son architecture, son histoire et son patrimoine. En effet, Moricq était autrefois un port très actif pour le commerce des grains, lorsque la mer venait encore lécher les proches rivages du bourg. Mais, au fil du temps, l’océan s’est retiré laissant à l’homme le soin de façonner l’un des plus beaux paysages qui soit. De cette époque, vous ne retrouverez que peu de traces, si ce n’est le lieu-dit «  le Port de Moricq «  et surtout une tour féodale qui domine encore majestueusement toute la partie occidentale du Marais Poitevin : la Tour de Moricq.

Je remercie ici chaleureusement monsieur Bernard Chevat, guide bénévole à l'Office de Tourisme, qui, malgré notre retard, a patiemment attendu notre arrivée, ainsi que la mairie de la commune d'Angles, dont dépend actuellement Moricq, qui a répondu à ma demande avec diligence et efficacité.

La vision de cette tout, perdue en plein champ, à peine visible de la route, est étonnante.

Apèrs nous avoir présenté la partie extérieure, M. Chevat nous ouvre enfin cette porte, fermée depuis plusieurs années. J'étais venu ici alors que la tour était encore ouverte à tous les vents, et j'avoue que c'est avec émotion que je pénètre à nouveau dans les lieux. M. Chevat est très bavard, et il connaît très bien les lieux. De plus, il ne nous abreuve pas de termes techniques et incompréhensibles, bien au contraire, et nous fait vivre cette tour à sa façon. C'est un plaisir de l'écouter.

Malheureusement, les deux batteries de mon appareil photo ont déclaré forfait, et je ne peux rien vous en dévoiler. Par contre, plusieurs participants à la randonnée en ont fait, et vous pourrez sans doute les voir si vous suivez les liens mis au début du compte-rendu de ce merveilleux week-end.

Une dernière remarque. Parmi les raisons pour lesquelles je voulais vous montrer cette tour, c'est que mes ancêtres l'ont peut-être habitée. En effet, en faisant mon arbre généalogique voici plus de 20 ans, j'ai eu la surprise de constater que mon nom de famille était autrefois De Moricq. De là à penser que mes pépés soient originaires d'ici, il y a un pas relativement facile à franchir... Ils n'en étaient éloignés, après tout, que d'une quarantaine de km à vol d'oiseau, ce qui est très peu! Et je vous parle ici d'une période allant du milieu du XVIIè jusqu'à la fin du XVIIIème siècle...

 

Nous ne devions rester qu'une demi-heure avec notre guide, mais la panne de Djédjé bouleverse tous les plans initiaux, et nous permet d'avoir une visite complète. Par l'intermédiare des téléphones portables -merci à Annie et à Didier- nous apprenons que le x9 de Djédjé ne repartira pas aujourd'hui. D'ailleurs, Pascale nous dira se méfier définitivement des noms d'oiseaux. En effet, la première panne a eu lieu à l'Oie, et celle-ci à Grues... Etonnant, non?

Djédjé, Pascale et leurs bagages sont répartis sur les scooters du groupe, et nous nous rejoignons tous à l'Hôtel du Commerce à Talmont-Saint-Hilaire. Tout le monde prend possession de sa chambre. En attendant, Annie et Jean-Claude m'offrent une délicieuse bière, merci les amis. Malgré le retard, je décide de maintenir l'apéritif initialement prévu chez Béa. Malheureusement, Tof et Mimi ne peuvent pas venir, la chaleur ayant eu raison de Mimi, qui décide de se reposer une heure avant de rejoindre directement le restaurant.

C'est un grand plaisir que de partager le verre de l'amitié avec vous tous, et nous passons donc un très bon moment dans la cour de Béa, nos verres à la main. Les discussions vont bon train, et c'est bien normal. Djédjé et Pascale ne goûtent pas si bien que nous ces bons moments. Ils sont pendus au téléphone, essayant de trouver des solutions à leur problème.

Le restaurant, averti, accepte que nous arrivions vers 21h15, ce qui nous permet d'apprécier sereinement cette étape. Ensuite, c'est par la route de la corniche que nous nous dirigeons vers Bleu marine, nom du restaurant où nous allons manger, qui se trouve situé sur le quai de La Chaume. Nous passons par le remblai, que nous sommes obligés de quitter et de contourner par les ruelles, une partie étant fermée à la circulation.

Le repas est délicieux. Tout le monde est satisfait de la qualité. Tof et Mimi n'ont pu terminer leur énorme plateau de fruits de mer. Jim n'en a fait qu'une bouchée... Finalement, il est 23h30 lorsque nous quittons le lieu de nos agapes. J'avoue être assez fatigué, mais, excepté la panne de Djédjé, enchanté de cette merveilleuse journée. Nous laissons le groupe rejoindre seul l'hôtel, et rentrons au Château d'Olonne avec Jean-Claude et Annie.

Inutile de vous dire que le voyage s'est poursuivi dans le pays des rêves, que j'ai atteint à une vitesse étonnante!


Depuis le 06/06/2005 Visites:882846 Aujourd'hui :90 Maintenant:11 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)