20190625-28

Du 25 au 28 juin 2019 : la côte puis la E6

Carte du trajet effectué du 25 au 28 juin 2019. Respectivement 67, 197, 155 puis 148 km pour Rouletabille.



Mardi 25 juin 2019 : Route 17, Austra et Kvaloya.

Tempête de ciel bleu, comme prévu. Nous avions décidé hier soir de sortir les VTT pour fêter ça, et avons repéré sur nos cartes une petite route ou piste (on verra bien) longeant un fjord étroit tout au sud de la petite île Austra que l'on atteint par un pont, et qui devrait être parfaite. En attendant, nous savourons de rouler avec le soleil dans des paysages toujours aussi incroyables.

Carte de la sortie VTT, en rouge : il s'agit d'un aller-retour au fourgon posé au nord, à Sorhorsfjord. 38 km de bonheur, ou presque... La majorité de la sortie se fait le long du Arsetfjorden, et se termine par la traversée du sud de la petite île pour rejoindre la côte sud du Lekafjorden, un coin perdu au bout du monde, une plage battue par les vents. Vent contre nous au retour, nous utiliserons alors les batteries comme il se doit, ainsi que dans les côtes les plus difficiles. Je vous laisse admirer.

Peu après le pont par lequel nous sommes arrivés avec Rouletabille, la route devient piste. Une belle piste comme on aime, c'est parfait pour les VTT. Mais soudain... je laisse la parole à Claudine.

Dans un virage, la piste devient très humide... brune... Non, ce n'est pas de l'eau comme nous l'avons d'abord cru, mais un jus de goudron... aïe aïe aïe, horreur... Plein les cheveux pour Jef, le blouson, idem pour moi ! Mais Jef a décidé de continuer, le mal est fait ! 4 km dans cette galère avant de trouver une piste sèche. On roule jusqu'à l'autre côté de l'île. Nous apercevons une belle biche dans un pré près de la forêt. Arrêt papotage avec un local qui répare sa grange. Charles, 70 ans, qui doucement ralentit le travail, il n'a plus de vaches. Très belle rencontre. On poursuit jusqu'en bas du chemin, aucune possibilité de traverser la montagne pour rejoindre la route située plus au nord, ni de bateau pour y aller. Courage ! On en remet une deuxième couche (de goudron), mais cette fois en roulant très prudemment dans les parties sèches. Nettoyage vélo et veste à la lessive, douche pour nous. Il est déjà 15 heures quand on peut enfin se mettre à table...

Ces montagnes extraordinaires que j'aime tant, je les retrouve enfin, très souvent deux monts séparés par un col, ce qui donne à l'ensemble une allure de type "tête de chat", si si, je vous assure, c'est très courant au nord. Comme il est tard, après toutes ces péripéties de nettoyage, nous décidons de nous poser sur l'île suivante, Kvaloya. Nous "fonçons" pour attraper le ferry (sinon, une heure d'attente) et, ouf, ça marche.

Nous nous engageons sur Kvaloya, la petite presqu'île, sur une piste qui nous conduit ici, au bord d'une plage. Toilettes, douche, plage privée, paysage digne d'une île des Caraïbes, encore un fantastique bivouac !



Mercredi 26 juin 2019 : vers la E6

Nous avions prévu de faire le tour de la presqu'île à pied, un sentier de 11 km le permettait. Sauf que, malheureusement, le ciel est gris, la pluie revient et, après la journée ensoleillée d'hier, c'est un peu déprimant. Du coup, vu les prévisions de mauvais temps pour les prochains jours, nous décidons de quitter la route 17 (ce serait dommage de louper les paysages des îles) et de retourner sur la E6, par la route 76 qui nous tend les bras, pour ensuite attaquer le nord. Claudine a écrit...

De ce fait, on part pour nous rendre au plus vite au grand nord, le cercle polaire, le grand plateau, les troupeaux de rennes... enfin, tout ce qui représente le froid... la neige... le Grand Nord !!! Ce que Jef aime tant et que j'ai aussi envie de partager, de découvrir grâce à lui. Seule, probablement jamais fait, trop de route pour s'y rendre, trop froid aussi... Donc, on trace. Rien de particulier : toujours la suite de fjords, de lacs, etc...

Nous arrêtons manger juste avant un tunnel. Il fait très gris, mais il ne pleut pas. L'ancienne route contournant le tunnel, devenue piste, nous tend les bras pour une opération "détente" : nous allons marcher jusqu'à un lac, environ 4 km en tout, ce qui nous fait le plus grand bien. La nature est belle, comme toujours et partout dans ce pays.

Après manger, nous terminons la route 76 et rejoignons la E6 un peu au sud de Trofors. Nous retrouvons la circulation, forcément, mais vu la météo...

C'est finalement à Mosjoen que nous posons Rouletabille, près du port, devant une petite plage du fjord. Finalement, nous compterons une dizaine de camping-cars qui viendront se poser autour de nous, mais l'espace est immense, et ils ne nous gênent en aucune manière. Claudine a écrit :

Arrêt pour la nuit à côté du port marchand de Mosjoen : cargos, grues, chargement de bois... petite plage de sable blanc. Je vais faire un tour pendant que Jef bosse sur son site. Attaque d'oiseaux qui défendent leurs nids : huîtrier (mère et bébé dans les rochers), mouette sur la digue en bois, celà m'est arrivé plusieurs fois, vol rasant de la part des mouettes. Ce matin, arrêt à un musée-ferme, une dame nous a accueillis avec un râteau à la main, afin de se défendre des mouettes aggressives, nous a-t-elle dit !



Jeudi 27 juin 2019 : E6, glacier Svartisen.

Ciel bas, gris et triste. Peu importe, puisqu'on a décidé de rouler sur la grande voie qui mène au nord, à savoir la très fameuse E6. Sauf que, finalement, on opte d'abord par un tronçon qui passe par une petite vallée oubliée, puis des travaux (sans doute la construction d'un nouveau tunnel) nous font passer par un col à... 300 mètres d'altitude...

Ici au col. Il reste encore des névés au col, et la température est de... 6 degrés, et comme il y a du vent, c'est absolument glacial, un ressenti que nous estimons à 2 ou3 degrés. Il va nous falloir ressortir les gants, Claudine n'en revient pas ! Elle regarde la carte (c'est en fait un atlas de toute la Norvège que j'ai acheté voilà plusieurs années, et sur lequel j'ai passé au stabilo-boss la plupart des routes sur lesquelles je suis passé), et voit une route que j'ai prise, un aller-retour, peu après la grande ville de Mo I Rana. Je me souviens : il y a un glacier, mais je ne l'ai pas vu. On décide de tenter notre chance, car la météo indique une amélioration cet après-midi. Ci-dessous cette fameuse route, au nord de Mo I Rana. Merveilleuse, et en plus avec le soleil qui revient en force !

Carte de la balade. 3 km en bateau pour traverser le lac (le sentier de 4 km est fermé pour danger), puis 3 bons km de montée avant d'atteindre le second lac puis le glacier. Le bateau part à 14h, dernier de la journée, et revient prendre les randonneurs à 16h40, ce qui nous laisse 2h20 pour monter et redescendre... Un peu juste, mais comme il fait beau, on y va. On mange dans Rouletabille, bien au chaud, et on part. Le bateau coûte 40 € pour nous deux, ça les vaut, surtout si on le prend le matin pour revenir le soir. Ce glacier, le Svartisen, est le deuxième plus grand glacier de Norvège, et compte une soixantaine de langues. La langue que nous allons voir est le Langabreen, qui se jette dans le Svartisvatnet, à seulement 200 mètres du niveau de la mer ! Du coup, même s'il ne se jette pas directement en mer, il est classé dans la catégorie des glaciers côtiers, le seul de l'Europe continentale. Assez discuté, place aux photos. Ci-dessous, le bateau qui revient, et dans lequel nous montons.

Photo garantie sans aucun trucage. J'ai sauté et Claudine a "bombardé" et a réussi à me prendre au sommet de mon saut, mais je vous rassure, ça ne représente en fait que quelques centimètres, je ne suis pas si sportif que ça !

Le bateau qui revient, nous allons arriver sur le quai en même temps que lui, pile poil à l'heure ! Alors, comme je vous l'ai dit, si nous avions pu prendre le bateau de midi, nous aurions eu le temps de nous approcher du glacier jusqu'à le toucher. Il nous restait environ 200 ou 300 mètres, mais sur un terrain délicat, il nous fallait bien une vingtaine de minutes pour l'atteindre, 40 aller-retour, c'était trop juste, c'est mon seul regret. Mais c'était vraiment fantastique, et nous avons adoré cette sortie. Ce soir, nous nous posons dans la forêt, sur une piste, à moins de dix km du glacier, en pleine nature : que du bonheur, une fois de plus ! Nous entendons les gouttes de pluie sur la tôle de Rouletabille, mais ça nous est égal : nous sommes heureux !



Vendredi 28 juin 2019 : sur la E6, direction plein nord.

A peine dix degrés ce matin, temps gris et humide. Un petit écureuil traverse puis longe tra,nquillement la piste pendant que nous déjeunons. Nous retournons sur la E6 et mettons naturellement le cap au nord. Ci-dessous, les eaux chargées de limon qui proviennent directement du glacier...

Claudine parle... A 11 heures, nous arrivons à la latitude 66°33', ligne virtuelle du cercle polaire arctique. A partir d'ici, vers le nord, le soleil ne descend plus sous l'horizon pendant plusieurs semaines. A nous le jour, adieu la nuit !

Claudine est gelée, et il faut dire que c'est normal : 6 degrés, et avec le vent qui souffle, c'est glacial. Nous ne nous attardons pas, et sommes heureux de retrouver la chaleur régnant au sein de notre fidèle compagnon Rouletabille. Je regarde les nombreux motards d'un oeil attendri, et si je ne regrette pas mes passages ici-même en moto, je n'ai vraiment plus envie de le refaire...

Quelques km plus loin, je reconnais une passerelle que je suis déjà venu voir. En regardant sur nos cartes, il y a une piste de scooter des neiges qui longe un peu la puissante rivière avant de partir dans la montagne. Nous avons besoin de prendre l'air malgré tout. Allez hop, les bâtons de marche, et c'est parti pour à peine 4 km hors piste, juste une marque pour les scooters dont on devine la trace de leurs skis. Le terrain est spongieux, comme partout en Norvège, couvert de mousses et de lichens, mais c'est génial.

Nous déjeunons un peu plus loin, puis repartons sous la pluie. Nous roulons jusqu'à Rognan (mauvais souvenir pour moi, recherchez sur le site...). Courses, puis bivouac près du fond du fjord. C'est très joli, mais la pluie se met à tomber sans discontinuer, empêchant Claudine d'aller se promener comme elle aime le faire en soirée. Du coup, fatiguée, elle va dormir pendant que je me mets au travail sur mon PC. Nous sommes obligés de mettre le chauffage ce soir avant de nous mettre à table. Heureusement, la chaleur arrive vite. Voilà ami(e)s lecteurs. A la prochaine, ciao ciao !

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