20190805-08

Du 5 au 8 août 2019 : de Senja à Kvaloya

Carte du trajet et des balades du 5 au 8 août 2019. Respectivement 115, 3, 188 et 43 km pour Rouletabille.

Plus deux randos à pied (bleu clair). Et 2 nuits passées au même endroit (5 et 6 août).



Lundi 5 août 2019

Nous quittons aujourd'hui l'île de Senja. Ci-dessus et photo suivante, un dernier petit aller-retour de quelques km sur le dernier doigt, sur une piste qui nous fait traverser la petite péninsule, de Botnhamn à Selvag. De l'autre côté, on voit bien la mer comme il se doit, mais la piste s'arrête sur des pistes privées, demi-tour obligatoire, aucun accès à l'océan !

Notre but est l'île de Kvaloya, près de Tromso. Pour l'atteindre sans prendre le ferry, nous repassons obligatoirement Finnsness et devons contourner le Malangen, distributeur de plusieurs fjords, dont le grand Nordfjorden. Du coup, nous avons recherché des randonnées à faire sur les péninsules à traverser, et j'ai personnellement été attiré par un grand sommet culminant à 1.203 m. Claudine, peu encline à effectuer un tel dénivelé, accepte malgré tout de le tenter pour me faire plaisir. Il est situé au-dessus d'un lac, le Tarnvatnet, que l'on atteint par une piste payante (5 €). C'est le lac que vous verrez sur toutes les photos qui suivent. Ci-dessus, photographié depuis notre lieu de pique-nique le midi, sans que nous sachions qu'il s'agissait de lui, il est là. Son sommet est la pointe gauche au-dessus des névés. Au premier plan le Rossfjordvatnet, grand lac se jetant dans le Rossfjord avant de rejoindre le grand Nordfjorden, et que nous devons contourner avant de rejoindre notre plus petit lac Tarnvatnet, invisible ici, car caché derrière la grande colline couverte de forêts de bouleaux.

Zoom sur le Vassbrunntinden, que nous tenterons de "faire" demain matin. Nous sommes sur la piste forestière, superbe, et nous trouvons un bivouac au bord de notre lac, sur lequel nous resterons deux nuits. Le départ de la rando est à un peu plus d'un kilomètre, que nous ferons avec Rouletabille avant de retrouver notre bel emplacement au retour. Pendant que je m'installe avec mon PC, Claudine part se promener sur la piste, puis sur la plage du lac.



Mardi 6 août 2019

Temps absolument parfait pour notre rando. Une brume de chaleur recouvre le petit mont situé en face de notre bivouac, c'est superbe. Départ 10h15, retour 15h15, avec déjeuner là-haut à 1.203 mètres, 9 km de marche, montée continue à travers les superbes bouleaux (forte pente, délicate à la descente), puis belle pente sur les premiers rochers, traversée de deux petits névés, dernière partie en forte pente sur de grands pierriers surtout composés de petites pierres friables, donc terrain glissant et un peu dangereux sur les derniers 200 mètres de dénivelé avant d'atteindre la crête sommitale, large et confortable. Dénivelé réel de 1.100 mètres, fantastique randonnée pour moi, un peu moins bonne pour Claudine qui a peiné au cours de la descente. J'étais pour ma part sur un nuage, le bonheur d'avoir réussi.

Derrière Claudine, le lac sur lequel nous bivouaquons, au deuxième plan le lac au-delà duquel nous avons pique-niqué hier, et au loin les montagnes de Senja... Nous reconnaissons avec émotion Segla et Hesten, notre plus belle rando de Senja, en zoom sur la photo suivante. Grandiose !

Premier névé, deuxième un peu plus loin avec moi. Photo suivante, le sommet, partie gauche en haut, sur laquelle on distingue le cairn sommital (petit point noir), au-dessus du petit névé de gauche. Contrairement aux apparences, c'est ici que se trouve le point culminant.

Enfin, nous voyons l'autre côté... Le très grand Nordfjorden est là, aux pieds de Claudine. Au loin à gauche, ce sont les sommets de Kvaloya, notre prochaine destination. Photo suivante, Claudine arrive sur la crête pour effectuer les derniers mètres avant le sommet. Loin derrière elle, les Vesteralen, les Lofoten, Senja sur la droite, la Suède sur la gauche. Le vent est froid : forcément, rien pour le freiner, nous sommes sur le point le plus élevé de tout le secteur, vision à 360 ° sans aucune entrave !

Sur notre droite, vers l'est, l'embouchure de la splendide rivière Malselv dans le Nordfjorden que nous remonterons demain avec Rouletabille. Plus vers le nord, les sommets enneigés des Alpes de Lyngen, notre destination ultérieure... Cette embouchure restera dans nos mémoires comme le clou de cette ascension : admirez le mélange des eaux de la rivière dans celles, salées, du fjord, et la remontée, en bleu foncé, de la marée. Quel spectacle, les amis, quel magnifique spectacle ! J'ai sans doute mis encore trop de photos, et une fois de plus avec du contre-jour, mais ça me fait plaisir de pouvoir revoir ça plus tard très facilement...

Vers l'ouest, au-delà du Blafjell (1.032 m) encore très enneigé, avec en son sein un lac encore bien gelé, nous apercevons très nettement la péninsule, et presque la plage, où nous sommes restés ces derniers jours, et les derniers "doigts" de Senja (zoom photo suivante) !

Claudine marque un arrêt contemplatif avant d'entamer la longue descente, ce qui, généralement, la fatigue le plus. Pour ma part, je suis tellement heureux que je survole tout ça presqu'en chantant. Nous rencontrons quelques randonneurs locaux (ils sont tous du secteur) très charmants, petits arrêts fort agréables.

Un dernier regard vers les "hauts" qui, ce matin, étaient en contre-jour total et pratiquement impossibles à photographier, avant d'entamer la dure traversée des bois (très forte pente), mais d'une beauté remarquable.



Mecredi 7 août 2019

Journée de route vers l'île de Kvaloya (la baleine), près de la plus grande ville septentrionale du monde, Tromso. Nous avons décidé de longer les côtes au maximum, donc le Aursfjorden, le Nordfjorden, puis le Straumsfjorden que nous franchissons par un tunnel sous-marin pour fouler, enfin, le sol de l'île de Kvaloya, que je voulais voir depuis bien des années ! Nous profitons de toute cette route pour effecteur les services de Rouletabille lors de notre court passage sur la E6 (les stations de service pour camping-cars ne sont pas très nombreuses dans le nord, et notre autonomie est de 5 à 6 jours seulement en ce qui concerne les toilettes, et pratiquement une semaine pour l'eau. Nous sommes complètement autonomes en électricité, et notre autonomie en gaz est d'environ 3 à 4 semaines, selon nos besoins en chauffage.

Franchissement du point de péage de la piste, merci à Claudine et son beau sourire pour l'ouverture de la barrière. Ce péage de 5 € pour les deux nuits passées au bord de ce splendide lac est fort modique, et nous ne regretterons pas ce passage obligé !

Ah ha ! Ce grand mont avec ses deux oreilles de chat, oui oui, je vous le certifie, c'est notre fameux Vassbruntinden, celui que nous avons gravi hier ! Nous étions bien sur la pointe la plus élevée de cette montagne, et la belle rivière se jette derrière cette île au premier plan, et au pied de la montagne comme vous avez pu le constater sur les photos d'hier.

Nous voici maintenant le long du Straumsfjorden, et en face de nous se trouve lîle de Kvaloya et ses belles montagnes, notre destination. Nous trouvons un superbe bivouac près d'un joli petit lac de montagne, sur la partie nord de Kvaloya. Une petite balade dans le magnifique bois longeant le lac avant de clôre cette belle journée de route par des boulettes de poisson confectionnées par Claudine avec une partie des poissons donnés par Pierre, notre voisin allemand du week-end dernier. Excellent !



Jeudi 8 août 2019

Nous sommes donc sur une presqu'île dans la partie nord de Kvaloya, au bout de laquelle j'ai trouvé une belle randonnée sur un sommet qui devrait être à notre portée, bien que le récit de l'ascension indique la nécessité de devoir y mettre les mains pour atteindre le sommet. Il n'y a qu'une seule route qui contourne la "main" par le nord, le long de fjords étroits entourés de montagnes encore bien enneigées qui tombent par endroits sur des plages incroyables. Le spectacle est absolument grandiose, et nous marquons bien des arrêts avant d'atteindre la piste au bout de laquelle se trouve notre village terminal : Rekvik.

Voici Tromvik, fin de la route goudronnée (route 57). Il nous faut maintenant traverser la presqu'île via une piste en assez mauvais état, pour enfin atteindre notre destination au bout d'une très belle descente !

Ici dans la descente finale, juste avant Rekvik. En face, l'île de Sessoya. Dans l'épingle à cheveux précédente, Claudine a vu son premier renne, apparition furtive et rapide, à tel point que nous n'avons pas pu le photographier. Dommage, mais belle émotion pour ma compagne, et pour moi aussi, car les animaux, même semi-sauvages, sont plutôt rares en Norvège, ou bien se font très discrets.

Claudine en plein effort. Nous venons de passer le premier contrefort, un magnifique bois de bouleaux, et la grimpette fut forte mais très agréable. Le paysage se dévoile, j'aime ces moments dans nos ascensions. Au loin à gauche, la piste par laquelle nous sommes venus et, photo suivante, le hameau de Rekvik à nos pieds, et le parking marquant la fin de la piste sur laquelle nous attend notre fidèle Rouletabille. Au-delà de la piste, le Vengsoyfjorden, par lequel nous sommes venus, se dévoile à son tour ! Magique !

Le Ersfjorden pénètre à gauche, et, au loin, les doigts de Senja ! A droite, l'île de Sessoya dont je vous parlais, vue au zoom sur la photo suivante. Au premier plan, bien entendu, la pente dans laquelle nous évoluons, qui commence à m'inquiéter de plus en plus. Non pas la pente en elle-même, mais le terrain sur lequel nous marchons : petites pierres rondes et très friables, à tel point que les endroits où poser pied sur un sol ferme sont rares. Du coup, je me sens en danger, j'en fais part à Claudine qui n'est pas vraiment dérangée, mais qui comprend mon angoisse montante. Finalement, à ma demande, et avec beaucoup de regret, nous faisons demi-tour. Je déteste monter avec la peur, ce n'est pas sain, autant abandonner : en montagne, il est bon de connaître ses limites.

Une photo vers le haut au cours de la descente, pour vous montrer sur quoi nous évoluons. Pour moi, c'est très psychologique. Je grimpe aisément là-dessus quand il s'agit d'une colline, mais quand le vide m'entoure, ça ne marche plus aussi bien... Comme quoi le "mental" compte pour beaucoup dans l'aisance, en montagne, en tout cas pour moi. Claudine, non sujette au vertige, n'a pas ces problèmes.

Nous restons manger au bord de cette magnifique plage, dans le hameau de Rekvik. Au-dessus de nos yeux, l'ascension abandonnée, dommage... D'un autre côté, nous sommes revenus entiers sur le plancher des vaches, et c'est bien ça l'essentiel ! Nous avons fait demi-tour alors que nous évoluions dans le premier tiers de l'éperon rocheux situé à droite au-dessus du bois, sur la photo suivante.

Une grosse surprise nous attendait en arrivant au village de Tromvik, à l'autre bout de la piste : nous avons rencontré le seigneur des rennes, portant sur la tête, qu'il n'a pas daigné relever en passant près de nous, une ramure absolument imposante ! Nous reprenons la route le long de l'extraordinaire Grotfjorden, que je vous laisse admirer, les photos se passant de tout commentaire. Et là, au fond du fjord, nous rencontrons un autre groupe de rennes. Arrêt sur le bord de la route, Claudine descend faire des photos, s'approchant autant que faire se peut, enchantée. Du coup, nous décidons de bivouaquer au-dessus d'une petite plage un peu plus loin. Incroyable spot, une fois de plus, un vrai rêve !

Bien plus tard dans la soirée, nous apercevons soudain des rennes redescendant par la route. Ci-dessus photographiés depuis notre habitacle, ils vont réussir à pénétrer dans les champs de la propriété de droite. Claudine part aussitôt avec les appareils-photos et nous rapporte ces belles images. Merci à elle pour ce beau cadeau de fin de récit. Quelle belle journée encore. Je vous laisse là-dessus, ciao ciao !

Page précédente: 20190801-04
Page suivante: 20190809-14


Depuis le 06/06/2005 Visites:1258113 Aujourd'hui :179 Maintenant:13 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)