20190907-15

Du 7 au 15 septembre 2019

Route 17 vers le sud, puis la route 6 jusqu'àprès Trondheim

Carte du trajet et des balades du 7 au 13 septembre 2019. Respectivement 132, 38, 97, 124, 39 et 29 km pour Rouletabille.

Carte du trajet et des balades du 14 au 15 septembre 2019. 257 et 310 km pour Rouletabille.

Plus 3 randos à pied (8 et 9 septembre, sur le même site). Taches vertes sur la carte.



Samedi 7 septembre 2019

Nous avions prévu de descendre la route 17 vers le sud jusqu'au premier ferry, puis de faire demi-tour pour repartir plein sud via la route 6. Mais Claudine aimerait finalement rester sur la 17 et prendre les ferries, c'est donc ce que nous allons faire.

Formes incroyables, effets d'optique magiques, eaux ruisselantes sur les dalles, belles rivières, reflets inouïs... Norvège surnaturelle, comme si souvent...

Claudine... Peu après le merveilleux panorama ci-dessus situé en bout de route (cul-de-sac), nous arrêtons faire quelques courses dans un petit village. Devant le magasin, 3 tables occupées par des représentantes de 3 partis politiques pour les élections communales et régionales qui vont avoir lieu demain. La première représentante, parti de droite, nous offre 2 tours de cou, 2 sirops de cassis en poudre, et deux cafés. La seconde, parti vert, nous offre une part de gâteau au chocolat (divin !), et la troisième, parti rouge, nous offre trois roses... rouges. On a papoté un bon moment, elles étaient adorables.

Les formes des montagnes sont impensables. Nous allons faire une petite marche autour du lac ci-dessous, devant lequel se mire une dalle d'une beauté époustouflante. Malheureusement, contre-jour et nuages gris-noir éteignent lumière et couleur, dommage. Honnêtement, c'était beaucoup plus beau "en vrai" !

Nous venons de casser la croûte. Quelques averses fort violentes s'abattent sur nous de temps à autre, générant de très belles lumières, difficiles à capturer car très éphémères. C'est splendide.

A Glomfjord, nous quittons la 17 pour aller randonner dans le Parc de Saltfjellet-Svartisen. Pour aller au bout de la route, il faut traverser deux tunnels quelque peu délabrés...

Ci-dessus, vue depuis notre bivouac... Ci-dessous, au zoom maxi, vue sur le grand glacier de Svartisen, au-delà du barrage (premier plan) retenant le Storglomvatnet (3,5 km3 de capacité en eau), et au loin, les montagnes recouvertes de la première neige : winter is coming. Demain, il devrait faire beau temps pour la randonnée.



Dimanche 8 septembre 2019

Ci-dessus, carte des randonnées effectuées dans le parc. Aujourd'hui, ce sera celle de 17 km, jusqu'au canyon de Corbel, découvert par un français. Ce matin, 3°C dehors au réveil, mais le soleil est là, et réchauffe rapidement l'atmosphère.

Notre randonnée se passe entièrement dans le Parc national de Lahko, créé en 2012. Son intérêt majeur réside dans les formations géologiques uniques, issues de la plus grande zone de karst et de grottes de Norvège. Je vous laisse admirer ces roches incroyables. Pour ma part, si j'étais seul, je crois que je ferais plusieurs milliers de photos, je suis totalement émerveillé. Heureusement, Claudine me "tire" un peu, car je me demande si je n'y serais pas encore... Je vous laisse admirer, pas vraiment besoin de commentaires, les photos parlant d'elles-mêmes !

Les gros "T" rouges sont les sigles utilisés en Norvège comme jalons pour les chemins de randonnée. Nous suivons donc ces cairns, mais j'ai toujours la carte sur le smartphone, et je vérifie régulièrement notre position. La silhouette que vous voyez en haut à gauche de la photo ci-dessus est celle d'un jeune norvégien venu passer 3 jours dans le bush, avec ses cannes à pêche et son canot sur le dos ! Il nous a dit être parti vendredi après le boulot, et il est ici sur le chemin du retour, pour aller bosser demain. Il marche, traverse les lacs avec son bateau, et pêche pour se nourrir... Ci-dessous, au loin, les montagnes sont recouvertes d'une épaisse couche de neiges éternelles.

Nous voici arrivés au canyon de Corbell, découvert par un français, tel que nous l'expliquera un couple de norvégiens locaux rencontrés au cours de notre balade.

C'est ici que nous mangeons nos sandwichs, émerveillés par ces beautés naturelles. Le sentier se poursuit beaucoup plus loin, mais c'est également là que nous faisons demi-tour. Loin derrière, la nouvelle neige est bien visible (photos suivantes).

Après 6 heures passées dans le "bush", nous retrouvons Rouletabille avec plaisir. Nous restons ici cette nuit encore, au coeur de Dame Nature, dans un silence absolu.



Lundi 9 septembre 2019

Claudine a écrit... Curieux de voir l'autre barrage construit sur le même lac, nous faisons quelques kilomètres avec Rouletabille et assouvons notre curiosité. Une fois au pied du mur, nous crapahutons jusqu'au sommet et là, sous nos yeux, un lac bleu et plusieurs langues de glacier s'écoulant du grand Svartisen. Un ciel lumineux et le papotage avec un danois monté 5 minutes avant nous nous pousse à aller voir une des langues située juste après le barrage, au sommet de la vallée située à droite sur la photo ci-dessous.

Nous nous lançons donc sans hésitation sur un sentier à peine visible, non balisé. 3 heures et 5,5 km de marche nous ont permis d'atteindre cette langue glaciaire.Nous l'avons abordée par le haut dans des roches multicolores : rouges, ocres, beiges, paillettes d'argent et d'or, veines de fer, du noir aussi (belles dalles au sol). La suite devient périlleuse, nous préférons alors descendre dans le lit du glacier, nous marchons dans les méandres, sur un limon gris.... c'est fabuleux.

La neige recouvre une partie du torrent sur le chemin du retour, nous osons marcher dessus, des traces de pas récentes nous y incitant. Nous aurons une petite frayeur rétrospectivement en découvrant après notre passage le pont de neige au-dessus duquel nous avons cheminé...

On aperçoit Rouletabille au pied du barrage. Nous discutons un bon moment avec un couple de suisses arrivés sur le parking et se préparant à monter faire de la vidéo de très haute définition (8k).

Nous avons appris l'existence d'un escalier de 1.129 marches se trouvant juste après le deuxième tunnel emprunté hier, et que Jef veut absolument faire (petit trait bleu). Montée vertigineuse...

Retour sur la route 17, nous poursuivons vers le sud. La route longe les hautes montagnes, les langues glaciaires sont visibles sur les sommets, c'est toujours aussi grandiose. Le mauvais temps s'annonçant pour demain, nous allons photographier le glacier Svartisen se jetant dans le fjord un peu plus bas, avant de revenir bivouaquer un peu plus haut face à ce paysage.



Mardi 10 septembre 2019

La pluie est là comme prévu. Nous repassons devant le Svartisen, éteint... Au zoom, cependant, la splendide coloration bleue caractéristique des glaciers se révèle bien malgré tout !

En attente du premier ferry... Montagnes toujours aussi belles, même sous la grisaille. Comme il nous faut attendre plus de deux heures le deuxième ferry, nous allons explorer une piste jusqu'au bout du bout : paysages d'une très grande sauvagerie, fermes posées au bout du monde, incroyable Norvège, toujours surprenante, jamais en manque d'imagination !

Claudine... Un cultivateur coupait du blé ou des céréales à la faux et confectionnait des gerbes artisanales. Belle scène paysanne, à l'ancienne... Nous sommes restés sur le pont pendant la longue traversée, malgré les fortes averses. Nous avons reconnu les montagnes au pied desquelles nous sommes allés manger le long de la piste, et avons pu voir, entre les gouttes, la mappemonde indiquant le cercle polaire arctique, que franchissons cette fois par mer...

Nous quittons la 17 et prenons la 439 vers Tonnes, à la recherche d'un bivouac, que nous trouvons finalement sur un rocher lisse et rond, face au fjord ! Plus tard, à la nuit tombante, nous assiterons à de beaux effets de lumière sur les îles du large aux formes fantasmagoriques. La pluie tombera une grande partie de la nuit.



Mercredi 11 septembre 2019

Ouf, après la pluie, nous retrouvons une journée de soleil. Après avoir poussé jusqu'à Tonnes, demi-tour pour retrouver la 17 et ses paysages grandioses. Ce matin, j'ai la joie de faire découvrir à Claudine l'île Aldra, qui m'avait littéralement subjugué lorsque je l'avaie vue en 2012. Je vous laisse l'admirer.

Aldra...

Nous contournons ensuite un long fjord dans sa totalité, fjord situé au pied d'une immense montagne couverte de dalles complètement rabotées par d'immenses glaciers disparus. Malgré leur nombre, absolument aucune photo ne parvient à rendre la majesté de ce bloc rocheux inouï. Ci-dessus, on aperçoit la route 17 à son pied, et on distingue parfaitement l'emplacement du parking sur lequel nous avons mangé, après avoir effectué les vidanges. Nous y avons discuté un long moment avec un français amoureux de ces terres nordiques, et qui a notamment passé un hiver en Suède. Expérience passionnante qui nous ferait -presque- envie... Ce soir, la pluie revient. Passage de notre dernier ferry sur la 17, nous bivouaquons au fond d'un fjord.



Jeudi 12 septembre 2019

Vu la météo annoncée, nous allons nous installer à Sandnessjoen, dans les locaux du Clubhouse de la capitainerie du port, où nous savons y trouver machine à laver, sèche-linge, longue douche chaude, ainsi qu'un bureau douillet et chauffé, le tout pour 15 euros. J'en profite pour travailler sur mes photos. Claudine se lance pour sa part dans une rando humide d'une dizaine de km.

Ce soir, nous allons coucher au pied des "sept soeurs" : ce sont sept superbes sommets qui dominent la ville de Sandnessjoen, et sont très réputées pour leur beauté et leurs superbes sentiers de randonnée. Malheureusement, ce ne sera pas pour nous : les cieux se déversent sur notre tête... et nous ne verrons que sporadiquement les sommets de quelques-unes des "frangines"...



Vendredi 13 septembre 2019

Nous décidons de suivre la route jusqu'au ferry (que nous n'avons pas l'intention de prendre), mais nous nous posons finalement sur un joli site avant d'atteindre le bout de la péninsule. Je reprends mon travail sur le PC, Claudine se met à crayonner quand, soudain, le ciel s'éclaircit. Claudine ne peut résister à l'appel de la marche, ce sont ses photos que vous trouverez ci-après.

Après manger, nous reprenons la route de Sandnessjoen, en longeant les fameuses 7 soeurs qui se dévoilent enfin. Quelles beautés, que j'aimerais tant pouvoir escalader, mais la météo ne nous permet pas de prendre des risques sur ces immenses dalles lisses...

Et c'est au bord du fjord, à Sandnessjoen, que nous bivouaquons ce soir. Un rayon de soleil réchauffe l'habitacle, mais nous devrons remettre le chauffage en soirée avec toute cette humidité. Nous savourons une fois de plus le bonheur d'être bien au chaud dans notre camion !



Samedi 14 septembre 2019

Nous prenons soudain conscience de la date... Pas de doute, il nous faut entamer sérieusement le chemin du retour. Nous consultons nos cartes pour définir la route à suivre, et c'est parti... La pluie nous accompagne, ce qui facilite notre décision. Après un long tunnel de 12 km, nous arrivons à Mosjoen où nous retrouvons la très fameuse E6. Les rivières sont en crue, l'eau jaune dévale les pentes, c'est grandiose !

Un peu de ciel bleu nous permet d'admirer la neige tombée ces derniers jours là-haut sur les sommets. Winter is coming... Nous poursuivons notre chemin, les arrêts et les photos sont rares...



Dimanche 15 septembre 2019

Ce matin, je me mets à la recherche d'un ferry. En effet, après étude de la carte, nous décidons de rentrer par la Suède, de passer en ferry de Suède au Danemark à Helsingborg (petite traversée que j'ai déjà prise plusieurs fois, et qu'il n'est pas nécessaire de réserver), puis du Danemark en Allemagne via le ferry Rodby-Puttgarten, que je n'ai jamais pris. Nous décidons de réserver cette traversée, ce que nous faisons ce matin : ce sera pour lundi 23 septembre... Il pleut toujours, nous reprenons la E6 sous pluie battante. Soudain, j'aperçois une grosse bêbête sur la route et freine fort : c'est un élan, que Claudine a le bonheur de voir s'enfoncer dans la forêt. Instant fugitif et magique. Sinon, pluie, pluie, pluie, nous traversons Trondheim sans nous y arrêter. Journée de route, donc, pratiquement sans photo.

Bivouac en forêt au bord d'une rivière, éclaircie : Claudine en profite pour aller se dégourdir les jambes, et se fait 7,2 km en 1h10. Elle est revenue enchantée.

Claudine écrit... Ce soir, un chevreuil dans les bois lors de ma promenade proche de notre bivouac, et un mouton dans la forêt... Il est 18h40, il pleut à nouveau, la fraîcheur s'installe, le chauffage est nécessaire...

Et voilà, chers lecteurs et chères lectrices. Merci encore pour les messages reçus sur le livre d'or. J'espère que cette nouvelle page vous aura fait plaisir. Profitez-en, car ça sent la fin de la Norvège... Ciao ciao.

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