20190929-1009

Du 29 septembre au 9 octobre 2019

Sortie Belgique, et... France : Picardie, Normandie !

Carte du trajet et des balades du 29 septembre eu 9 octobre 2019

Respectivement 81, 34, 70, 79, 25, 103, 103, 15, 65, 94, et 14 km pour Rouletabille.

Ceux qui sont attentifs auront noté que nous avons finalement peu roulé !

Les balades à pied sont de couleur verte.



Dimanche 29 septembre 2019

Réveil en sursaut à 5 heures du matin... Quelqu'un cogne à la porte... Police ! Stressant, que nous veulent-ils ? Il fait nuit, mais des réverbères éclairent l'immense place. Des flics près de tous les camping-cars, en train de réveiller leurs occupants. Le gars qui me parle est un vrai robot. D'abord en flammand puis, constatant que je n'ai rien compris, il regarde mon immatriculation avec sa lampe de poche et me récite à nouveau tout son speech dans un anglais absolument parfait, comme j'aimerais le parler ! Don't worry... C'est juste qu'il y a aujourd'hui une grande manifestation de kayakistes, et ils vont avoir besoin du parking. Du coup, il s'excuse, mais il nous faut déplacer le véhicule. Oh, pas loin du tout, le long du canal, à deux pas, vous pourrez y rester la journée si vous voulez, et revenir ici dormir ce soir. En effet, la ville de Gent, ou Gand en français, a prévu plusieurs parkings totalement gratuits pour ses visiteurs camping-caristes. Je déplace Rouletabille d'un kilomètre, et... dodo ! Finalement, nous nous levons à 9h30.

Claudine... Pluie annoncée cet après-midi, je décide donc d'aller marcher après le petit-déjeuner. Je fais deux fois le tour du canal, plus une petite escapade dans les bois, soit 11 km en deux heures. Jef, qui a passé sa matinée sur le PC, s'endort et va faire une sieste. Nous mangeons à 14h30, puis décidons de bouger. Nous consultons les aires de bivouac pour Bruges. Comme tous les parkings sont payants, et chers, nous abandonnons ce projet et optons pour Lille, et la France. Quelques photos de ma balade.

Claudine... Pluie tout l'après-midi, une grosse averse sur l'autoroute. Et c'est à 2,5 km du centre de Lille que nous nous posons, au bord d'un canal (ci-dessous) sur lequel circulent des péniches. Il est 18 heures lorsque nous arrivons. Ce soir, nous dormons en France, ça sent la maison !!!



Lundi 30 septembre 2019

Claudine... Donc aujourd'hui, 14 km de circuit dans la belle ville de Martine Aubry. Que du pavé... Aïe les pieds !!! Nous avons donc cheminé de places en places, de façades de couleurs aux sculptures abondantes, nous avons marché pendant 7 heures (9h15 - 16h15) avec une pause déjeuner d'une heure dans un "estaminet" (comme ils disent là-haut). Repas bien français (saumon-risotto, tarte noisettes-pâte d'amandes) avec une bonne bière plus café, à un tarif bien français. Miam miam, ça fait du bien au palais, j'étais en manque... De plus, il fallait nous reposer, et de se restaurer dans un lieu calme et simple fut pour nous très récupérateur. En passant devant le beffroi, nous avons papoté avec un couple de Bouguenais (près de Nantes) que nous avons retrouvé deux heures plus tard à l'office de tourisme. Jef leur a fait la promotion de la Norvège, et ils ont envie d'y aller...

Nous avons pris beaucoup de photos. J'en ai pris plein les yeux. Je suis totalement impressionnée par la richesse du patrimoine de cette ville, que Jef n'avait jamais visitée lui non plus. Une journée ne suffit pas, mais nous avons eu une très belle vue d'ensemble, et sans pluie. Ce soir, nous sommes bien fatigués... Je vous laisse regarder les photos.

Itinéraire de la balade en ville, couleur violet. Départ et retour depuis le canal de la Deûle, en haut de la carte.

Cette plaque se trouve à l'intérieur de l'église Saint Etienne, reconstruite à partir de 1742 suite à un incendie. Curieusement, plus le temps passe et moins j'ai envie de visiter (et même de photographier) les édifices religieux, dont nous poussons de plus en plus rarement les portes...

Intérieur de la cathédrale de Lille, appelée Notre-Dame-de-la-Treille. J'ai poussé la porte par curiosité, et j'avoue avoir été bluffé, comme Claudine venue m'y rejoindre, par l'architecture gothique très épurée, et par la qualité et modernité des peintures et sculptures exposées, malgré ce sempiternel thème religieux que j'ai bien du mal à supporter maintenant. Bref, un beau monument et une belle surprise pour nous deux, pourtant lassés, comme je vous le disais plus haut, par les édifices religieux. Une belle exception, donc !

Petit extrait de gravures de scènes historiques entourant une fontaine. Il y avait douze tableaux. Ci-dessous, une péniche passe sur le canal de la Deûle, alors que nous approchons de Rouletabille. On aperçoit même un cormoran qui vient juste de sortir sa tête... Nous projetions de passer une seconde nuit ici, mais changeons finalement notre fusil d'épaule. En effet, il faut vidanger les toilettes, et c'est de nuit, vers 20 heures (une fois n'est pas coutume), que je reprends le volant pour aller nous poser sur une aire de service à 35 km d'ici, ce qui nous permet par la même occasion de quitter la grande métropole de Lille en dehors du trafic !



Mardi 1er octobre 2019

Claudine... Parking sur l'aire de service de Richebourg, très tranquille, sur lequel stationnaient déjà trois camping-cars étrangers. Jef s'occupe des vidanges avant manger, et termine sous pluie battante, pas de chance ! Nous partons après le petit déjeuner, vers 10h30, pour faire le tour des cimetières militaires, innombrables dans le secteur (particulièrement en raison de la première guerre mondiale), que Jef voudrait me faire voir. Il se trouve que nous avons autour de nous le seul cimetière militaire portugais de France. Tout près aussi, un cimetière militaire indien (des Indes), un cimetière anglais, un cimetière australien, un cimetière allemand... Ils sont très entretenus. Rencontre de deux jardiniers, dans deux cimetières différents : le premier totalement ignorant, et le second "un vrai livre d'histoire", qui nous livre un nombre impressionnant d'informations. Je vous laisse regarder.

Le cimetière portugais.

Le cimetière et mausolée des Indes.

Le cimetière australien. Tous tués lors de la bataille de Fromelles des 19 et 20 juillet 1916. Bataille horrible et totalement inutile, ils ont servi de chair à canons et à mitrailleuses ! Généraux incompétents, misère !

Le cimetière anglais, dans lequel sont enterrés des soldats de l'empire britannique d'alors. C'est dans celui-ci que nous avons rencontré l'historien. Il était avec un groupe en train de ramasser les fruits des nombreux arbres fruitiers présents dans l'enceinte du cimetière. Puis nous sommes partis en direction de la côté d'Opale par de toutes petites routes. Nous bivouaquons finalement à Arques, près de Saint Omer, au bord du canal de Neufossé, juste à côté de l'ascenseur à bateaux des Fontinettes, en cours de réhabilitation. Ce soir, une fois n'est pas coutume, nous regardons un film à la TV, grâce à notre antenne satellite : "la couleur de la victoire". Excellent film retraçant le parcours exceptionnel de Jesse Owens, l'athlète noir américain ayant gagné 4 médailles d'or aux jeux olympiques de Berlin en 1936, au grand désespoir d'un certain Adolf Hitler... A propos de notre antenne, il se trouve qu'à partir de la moitié nord de la Norvège, elle fonctionnait de moins en moins, au point que je la pensais défectueuse, et nous avions complètement arrêté de la mettre en route. Et ce n'est que dernièrement, en Belgique, voulant ré-essayer pour noter les chaînes ne fonctionnant plus, que nous avons constaté que tout fonctionnait. C'est alors que j'ai compris : ce n'est pas l'antenne qui était défectueuse, c'est la couverture du satellite Astra 19,2 ° Est sur lequel nous la pointons qui était en cause, puisqu'elle ne couvre pas le nord de la Scandinavie...



Mercredi 2 octobre 2019

Itinéraire des balades de la journée, en violet. Au total 12,2 km en 4 sorties.

2 au Cap Blanc Nez (1,7 km en tout), une sur la plage du Châtelet à Tardinghen (1,9 km), et la dernière de 8,6 km au Cap Gris Nez.

Départ à 9 heures en direction de la côte d'Opale et du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d'Opale. C'est au-dessus de la bourgade d'Escalles que se situe le Cap Blanc Nez, classé au niveau national sous le nom de Grand Site des Deux Caps, et premier but de cette belle journée qui s'annonce.

Paysage depuis le belvédère du Mont d'Hubert, 151 mètres d'altitude. Il y a là plusieurs camping-cars, c'est d'ailleurs le seul endroit gratuit à leur disposition sur cette côte particulièrement virulente envers nos véhicules... Un vent terrible et glacial nous accueille, nous ôtant tout désir de randonner comme nous en avions l'intention ! Du coup, nous reprenons Rouletabille pour rejoindre le deuxième point-de-vue du site du cap, situé à 158 m au-dessus du rivage. Avant de partir, sous nos pieds, le village d'Escalle que nous venons de traverser, avec la D940 et la côte vers le sud que nous allons visiter plus tard et, photo suivante, le paysage ondulé autour de nous.

Là se trouve un immense parking protégé par une barre à 2 mètres de haut. Aucune autre possibilité de stationnement pour Rouletabille, ce qui signifie que les adeptes du camping-car ne peuvent accéder au site qu'à pied à partir de... je ne sais où, puisque TOUT leur est interdit. Restons calme. Non non, ce n'est pas comme si c'était de la discrimination... Le parking, immense, est presque vide. Je me pose très difficilement sur un accotement délicat à raz de la départementale. Et nous partons, à pied, vers le parking, d'où partent les chemins de randonnée... Cette fois, au sommet, nous sommes au plus près de la falaise. Ci-dessus, nous apercevons en contrebas un autre parking, sur lequel nous avons l'intention d'aller pour descendre sur l'immense et superbe plage. Eh bien, vous savez quoi ? Il nous sera également refusé... Grrrrr, retenez-moi. Bienvenue dans mon cher pays, accueillant comme il se doit ! J'arrête de gémir maintenant, ce sera comme ça sur tout le littoral jusqu'en Normandie, et même au-delà... A part ça, la vue est grandiose.

A part ça, la vue est grandiose. Ce qui est le plus extraordinaire à voir, depuis ce belvédère, ce n'est pas tant le magnifique rivage qui s'étale sous nos pieds (photo ci-dessus). Non, ce qui est vraiment énorme et grandiose, c'est la vue sur les côtes anglaises, sur les magnifiques falaises blanches d'Angleterre, qui brillent au loin, à 35 km de nous ! Et aussi la vue sur le fameux "rail", nom donné à l'énorme trafic maritime se déroulant ici au Pas de Calais (Détroit de Douvres) : sous nos yeux passent, dans les deux sens, des bateaux de tout tonnage, longeant aussi bien parallèllement les côtes que transversalement. Avec le détroit de Malacca, il est l'un des détroits maritimes les plus fréquentés du Monde par la marine marchande, avec un trafic d'environ 500 navires par jour qui transitent entre Manche et mer du Nord. Le détroit est surtout connu comme la principale des deux voies maritimes d'accès aux grands ports du Nord de l'Europe comme Rotterdam, Anvers, Hambourg ou Dunkerque, lesquels génèrent un important et constant flux de marchandises vers l’intérieur du continent. Enfin, le trafic transmanche de passagers entre le port français de Calais et le port britannique de Douvres est un des plus intenses en Europe et dans le monde. Dans sa plus petite largeur, entre la ville de Douvres en Angleterre et le cap Gris-Nez en France, ce détroit mesure 33,3 km, mais le chenal navigable ne dépasse pas 28 km. Les conditions de navigation y cumulent plusieurs facteurs de dangerosité : vents (196 bulletins météorologiques spéciaux signalant des vents supérieurs à 7 Beaufort ont été émis par Météo France en 2007), courants forts et régime des marées plus vif en raison du goulot que crée le détroit. Ces trois facteurs influent sur la manœuvrabilité des navires en avarie ou en action de pêche ou ceux que le tirant d'eau expose au courant ou au vent. De plus, le détroit abrite aussi un réseau de dunes sous-marines (ou « dunes hydrauliques ») qui se déplacent (de 40 à 70 m par an) et se modifient sous l'effet des courants et des marées. C'est pourquoi les flux de grands navires doivent s'insérer dans un dispositif de séparation du trafic (DST) qui organise le trafic longitudinal du détroit sur plus de 120 milles de long, avec une voie montante côté français et une voie descendante côté anglais, des bancs naturels de sable servent de séparateurs. Des zones de moins de 12 mètres de profondeur sont localement signalées sur les cartes marines (banc de Bassurelle dans la voie N-E) afin que les navires à grand tirant d’eau (jusqu'à 22,60 m) les évitent.

Ci-dessus les falaises de Douvres et des côtes britanniques, à 35 km de nous. Franchement, la visibilité est aujourd'hui exceptionnelle, et j'ai du mal à croire qu'il y a cette distance entre nous et le rivage opposé ! J'aimerais beaucoup avoir de puissantes jumelles pour regarder ces navires de plus près, et je trouve ce spectacle vraiment captivant. Claudine, gelée, partage un peu moins mon enthousiasme...

Nous voici arrivés sur la plage du Châtelet. Là encore, le parking nous est interdit, et nous sommes chanceux d'avoir réussi à "caser" Rouletabille au bord du mur d'une ferme, à deux ou trois cent mètres en retrait. En été, ce doit être absolument impossible ! La plage est immense. Au loin, ci-dessus, la falaise du Cap Blanc Nez et le pylone du belvédère où nous étions tout-à-l'heure.

Nous avons la chance de découvrir l'épave du Lord Grey, chalutier transformé en dragueur de mines en 1915, qui a fait nauvrage et coulé lors d'une forte tempête le 2 décembre 1917, alors qu'il patrouillait dans le détroit, sa mission étant d'empêcher le passage de tout bâtiment allemand dans la Manche. Ci-dessus, au loin, le Cap Gris Nez et son phare, notre prochaine étape.

Ci-dessus, zoom maxi sur un cargo, et les falaises de Douvres en Angleterre, vus depuis la Cap Gris Nez.

Ouf, il y a un parking autorisé aux camping-cars près du phare du Cap Gris Nez. Après y avoir mangé, bien au chaud et, surtout, à l'abri du vent froid, nous décidons d'aller randonner sur le GR120, sentier du littoral, au-delà du cap et du phare, vers le sud. Nous y faisons 8,6 km (aller-retour sur la falaise), notre point le plus au sud étant le lieu-dit nommé "Cran Poulet". On nomme ainsi l’entaille faite dans la falaise par de petits ruisseaux. Certains d’entre eux n’ont pas réussi à creuser la roche et tombent à la mer en petites cascades. Ces vallons suspendus sont appelés "cran" ou "cren". On en dénombre sept du nord vers le sud, du cap à Audreselles (voir ici).

De nombreux blockhaus de la seconde guerre mondiale dominent encore les pentes en arrière de la falaise, vers l'intérieur, et les stigmates des chapelets de bombes déversées à l'époque par les bombardiers alliés sont encore bien visibles. Ci-dessous, vue arrière sur le phare du Cap gris Nez. On distingue à l'oeil nu les falaises de Grande-Bretagne et le trafic maritime.

En bas, et invisible encore, se trouve le Cran Poulet (photo suivante), plage marquant la fin de notre balade, et où se trouve une statue de la vierge de Lourdes, autrefois très vénérée, et faisant encore l'objet d'une procession au 15 août... On la distingue plus loin sur la dernière photo de la journée, prise en regardant vers l'arrière lors du retour. Au loin, le village d'Audreselles, près duquel nous allons dormir ce soir. Nous y poserons Rouletabille sur un petit parking près de la plage de la Pointe du Nid de Corbet.

Détail de certaines roches tombées de la falaise, curieux amas de toutes sortes de formes emprisonnées. Etonnant !



Jeudi 3 octobre 2019

Claudine... Nuit calme... lever à 8h30, découverte de la plage devant nous. Une merveille à marée basse : rochers de toute beauté, gris, arrondis, avec des formes très particulières. J'ai crapahuté dessus comme sur un dédale de bosses... Une couche de galets impressionnante avec trois niveaux très marqués. La puissance des vagues pour déplacer une telle masse... Nous avons marché à la découverte d'une épave (encore !). Les zones de sable étaient occupées par les mouettes, bel envol provoqué par Jef pour une petite vidéo. Photos...

Balade de 5 km (en bleu) sur la belle plage reliant Ambleteuse à Wimereux, depuis le site de la Pointe aux Oies, face aux Dunes de la Slack.

Nous reprenons Rouletabille pour quelques km seulement : traversée d'Audreselles, puis d'Ambleteuse, et arrêt sur le site de la Pointe aux Oies, au nord de Wimereux. Nous suivons d'abord le sentier douanier vers le sud sur quelques centaines de mètres pour le point-de-vue sur la Pointe aux Oies (ci-dessus à gauche avec, sur l'horizon, les côtes anglaises et un énorme porte-container...), puis retournons vers la grande plage sise au pied des Dunes de la Slack. Ci-dessous, vue sur cette magnifique plage avec, au loin, les deux villages que nous venons de passer. A Ambleteuse, l'ancien Fort Mahon s'avance sur la plage (regardez bien la photo), et nous marchons sur la grève presque jusqu'au fort, avant de faire demi-tour, toujours par la plage.

On voit mieux le Fort Mahon sur cette photo, ainsi que les falaise de Douvres en Angleterre. Ci-dessous, Claudine avance sur la grève avec, au loin, le littotal d'Angleterre, et le trafic maritime du "rail"...

Ci-dessus les dunes de la Slack. Ci-dessous, très belle photo de Claudine : les volutes de sable laissées par les vers sur la plage...

Nous restons manger sur le parking de la Pointe aux Oies, appelé "parking des allemands" (je n'ai pas découvert pourquoi !). Nous décidons ensuite de descendre directement vers Le Touquet-Paris-Plage sans nous arrêter ni à Boulognes-sur-mer, ni sur les plages intermédiaires. Nous essuyons de fortes averses sur la route.

Balade de 5 km (en rouge) depuis l'hippodrome jusqu'à la plage du Touquet-Paris-Plage.

Claudine... Nous posons Rouletabille près de l'hippodrome, les parkings dans cette ville étant interdits pour nous. Nous trouverons d'ailleurs au retour un petit mot sur le pare-brise nous demandant de ne pas rester là cette nuit (ce que nous avions l'intention de faire), mais d'aller sur le parking réservé aux camping-cars, moyennnant quelques espèces sonnantes et trébuchantes (ben voyons...). Nous partons donc randonner dans la ville pour admirer les villas de la belle époque. On croise une charmante dame qui nous fait l'éloge du Touquet avant la guerre (elle a 91 ans, et se porte on ne peut mieux !). En fait, la plage et le front de mer sont particulièrement décevants, mais la balade dans les bois pour y aller était très belle.

Nous installons finalement notre bivouac quelques km plus au sud, dans la commune de Cucq, sur une très grande place étonnamment autorisée (ou du moins, non interdite !), et particulièrement calme. Il faut dire qu'une grande partie des maisons sont des résidences secondaires, et la plupart d'entre elles sont fermées, ce qui me rappelle une chanson de Francis Cabrel, "hors-saison", dont j'adore les paroles, parce qu'elles me font à chaque fois penser à Saint-Jean-de-Monts en hiver !



Vendredi 4 octobre 2019

But de la matinée : la visite de Berck-sur-mer, sa magnifique plage, et ses phoques...

Carte de la balade de 5,4 km dans la baie d'Authie (en bleu), près de la base nautique de Berck

Claudine... Impossible de poser Rouletabille sur ou près du front de mer. Du coup, nous abandonnons l'idée d'aller marcher sur la plage, et nous rendons directement aux alentours de la base nautique de Berck-sur-mer, où nous trouvons finalement un parking. Des trombes d'eau et un ciel d'orage bien noir nous accueillent à Berck, et nous devons attendre dans le camion avant de pouvoir enfin sortir. Un magnifique point-de-vue sur la Baie d'Authie s'offre à nos yeux alors que nous arrivons sur la jetée principale. Les phoques sont bien là (sur les bancs de sable rive gauche de l'Authie) à se prélasser au soleil, entre les averses violentes... Un vent terrible balaie le sable à nos pieds. Lumières d'une grande beauté sur l'eau, bleues, vertes. On observe le jeu, les plongeons, les déplacements, la baignade, la position en banane sur le sable, de ces animaux. On prolonge ensuite la promenade sur le sable de la baie. Nous aurions amé aller beaucoup plus loin, mais la violence du vent et les tourbillons de sable, sans parler des averses, nous obligent malheureusement à faire demi-tour. Place aux photos.

Un croquis, réalisé par Francis Tattegrain vers 1890, témoigne de l'ancienneté de l'installation des phoques dans la Baie d'Authie. Aujourd'hui, les phoques sont encore plus nombreux. Certains mois de l'année, on peut en observer jusqu'à une centaine ! 2 espèces de phoques sont reconnaissables : le veau marin et le phoque gris. Le phoque veau marin a une tête ronde, un décrochement bien marqué entre le front et le museau, des narines en forme de V ainsi qu’une fourrure parsemée de marques plus claires et très fines. Le phoque gris (ci-dessus) a un museau allongé, des narines parallèles et une fourrure marbrée avec de grosses tâches plus claires. Il est deux fois plus gros que le veau marin (ci-dessous, le groupe est bien plus loin sur le sable, et beaucoup plus compact).

Un bon repas dans Rouletabille, bien au chaud et à l'abri du vent, nous font le plus grand bien. Après la corvée du ravitaillement (nous détestons, autant l'un que l'autre, faire les courses...), c'est à Conchil-le-Temple, un peu plus au sud, que nous bivouaquons, au bord d'un étang, au bout d'une mauvaise piste. Au moins, nous sommes de nouveau dans la nature. Il est 15h30, juste parfait. Après-midi farniente et lecture pour Claudine, traitement photos pour moi. Nous sommes bien au chaud dans Rouletabille, à l'abri des violentes averses, et apprécions au plus haut point le confort de notre maison roulante !



Samedi 5 octobre 2019

Itinéraire de la journée en bleu, balades en rouge (Pointe du Hourdel, Le Tréport)

Après avoir de nouveau vidé/rempli notre camion (eaux, vidanges...) à Fort Mahon, nous nous sommes dirigés vers Le Crotoy, point de départ de la baie de Somme. Malheureusement, les sempiternelles interdictions pour camping-cars nous ont rapidement chassés de la jolie cité du Crotoy, nous avons rapidement fait le tour de la baie et nous sommes installés à la Pointe du Hourdel pour manger (photo ci-dessus). Regardez plutôt ces quelques photos de la Baie de Somme faites lors d'un précédent voyage. J'y ai même mis mon kayak à l'eau. Malheureusement, je n'ai pas encore pris le temps de raconter ce voyage sur le site ! Nous reviendrons en vélo lorsque nous aurons plus de temps, en posant Rouletabille dans l'arrière-pays. Du coup, nous poursuivons jusqu'à Ault, où nous faisons une petite halte pour admirer l'extraordinaire point-de-vue sur, vers le nord, l'immense plaine et baie de la Somme et, vers le sud, les extraordinaires falaises que nous retrouvons avec bonheur (ci-dessous), paysage que Victor Hugo a tant aimé.

Claudine... Mers-les-Bains (ci-dessus au premier plan à gauche, Le Tréport en face). Visite du front de mer où sont implantées toutes les villas Belle Epoque et Art Nouveau, très bien préservées et classées secteur sauvegardé. Magnifique, surprenant de variétés, couleurs, styles...

Surprenante borne en plein milieu de l'esplanade : changement de région, de département, de ville ! Nous sommes maintenant en Normandie. A noter que la Picardie, que nous quittons, a fusionné avec la Champagne-Ardenne, devenant la région Hauts-de-France.

Claudine... Puis nous reprenons Rouletabille pour traverser Le Tréport et nous arrêter au sommet de la falaise afin d'admirer le superbe point-de-vue plongeant sur la plage du Tréport. Eau verte, ciel noir, falaise blanche... Là encore, splendide. Nuit à Criel-sur-mer, près d'un petit ruisseau, sous les arbres. Il pleut, et la vie est belle.



Dimanche 6 octobre 2019

Claudine... Criel-sur-mer. Pluie sur le matin, mais le soleil parvient à s'imposer. On décide de déplacer le véhicule d'un kilomètre pour quitter le couvert des arbres et profiter des rayons de notre étoile préférée. Le parking que nous trouvons, proche de la côte, m'incite à aller marcher pendant deux heures, laissant Jef bosser sur son site dans Rouletabille. Plage, falaise, chemins creux, retour par le bourg, belle balade diversifiée. Anecdote : il m'a été impossible de monter jusqu'au point-de-vue au sommet de la falaise, un vent épouvantable me déportait vers le vide, m'obligeant à faire demi-tour !

Claudine... Retour de rando, on déjeune, puis route vers Etretat où nous prévoyons une belle balade pour demain. Nous traversons une région connue et découverte l'an dernier lors du Festival de la photo et du voyage à Saint-Valéry-en-Caux. Traversée aussi de Fécamp, puis installation du bivouac dans le petit hameau de Vattetot-sur-mer, parking en haut de la falaise, en plein vent, au bout d'un chemin fort étroit. Autour de nous, champ de colza jaune, prairie verte, mer bleue, ciel gris. C'est l'immensité, et nous au milieu de tout cela bien à l'abri dans Rouletabille. Si ce n'est pas du bonheur !!!



Lundi 7 octobre 2019

Carte de la balade de 14 km (en rouge). Rouletabille, de son côté, ne fera que 15 bornes aujourd'hui...

Claudine... Etretat nous attend !! On s'en approche de quelques km pour n'avoir à faire qu'une petite boucle. Mais finalement, de fil en aiguille, nous marcherons sur 14 km... On accède aux falaises depuis le centre du village et la plage. C'est grandiose !! Je suis émerveillée par le panorama. Mer bleue-verte, plage de galets gris, ciel couvert mais pas de pluie. On découvre d'abord les falaises vers l'ouest, la Porte d'Aval, le chemin des douaniers, jusqu'aux Pisseuses de Valaine. Très belle marche sur les hauteurs. Assez nombreux touristes pour la saison, surtout étrangers. Retour dans le centre d'Etretat où nous décidons d'acheter des sandwiches que nous dégustons assis sur un banc face à la plage avant de poursuivre, cette fois, vers les falaises à l'est.

Claudine... Nous grimpons jusqu'à l'église sur la Falaise d'Amont (ci-dessus). Vue arrière sur la Porte d'Aval vue ce matin (photo suivante).

Claudine... Panorama sur les falaises vers le nord. Ouah ! Jef propose de rentrer par la côte, nous descendons donc sur la "Porte d'Amont" par des escaliers. Nous découvrons en bas un tunnel creusé dans la craie, que nous traversons pour atteindre via une échelle le bout de la grande plage de galets. Quelles beautés ! Photos...

Claudine... Nouvelle traversée du tunnel pour passer de l'autre côté, et descendre sur le littoral rocheux par cette échelle rouillée. La mer commence à monter, mais elle est encore assez loin. Nous nous engageons sur cette longue côte, avec réticence pour ma part. Mais au bout de plus d'une heure de marche, nous ne voyons pas la sortie espérée par Jef : la falaise se poursuit inexorablement, mur infranchissable de plus de 100 mètres de haut. Là-bas, la mer semble bien proche de la falaise, la marée monte inexorablement, il faut faire demi-tour, car il n'y a ni refuge ni échappatoire... Nous rebroussons chemin au pas de course. Ouf, enfin nous arrivons à l'échelle salvatrice !!! Je me voyais déjà devoir marcher les pieds dans l'eau, sur ces rochers glissants, sans voir les trous. Ah ce Jef, totalement inconscient des difficultés et des risques que nous a confirmés un local lorsque nous lui avons demandé de traverser sa propriété pour faire au plus court. Il nous a dit que l'hélicoptère venait souvent récupérer des gens bloqués en bas par la marée, et qu'il fallait absolument faire ce demi-tour. Belle rencontre près de l'échelle avec deux jeunes filles venues des USA. Photos.

Photo faite par les deux américaines. Il faut bien admettre que nous sommes enchantés d'être ici, à l'abri des assauts maritimes, soulagés d'avoir réussi le retour. Claudine rit encore un peu jaune, mais nous en garderons un souvenir inoubliable, comme toujours lorsque l'adrénaline a monté ! Nous reprenons Rouletabille pour aller dormir au pied du phare d'Antifer. Ce soir, pluie et vent, nous avons eu de la chance !



Mardi 8 octobre 2019

Carte de l'itinéraire de la journée. Balade de 5 km à Honfleur (en rouge). Puis Claudine fera seule une grande promenade à Deauville en fin de journée.

Claudine... Nous traversons la Seine par le grand Pont de Normandie. Premier arrêt à Honfleur, après avoir pris de petites routes dans la campagne : pommiers, maisons de briques, collines et vallées, avec souvent la plage ou la falaise sur notre droite. Parking en bordure de route à 1,5 km du centre de Honfleur. Pas de regret, c'était super. Vieille ville devant son port. On a parcouru de jolies petites ruelles pavées. Déjeuner au parking, puis route pour Deauville. Photos.

Claudine... Rouletabille est posé pour la nuit sur les berges de la Touques à Deauville. Je laisse Jef bosser et je fais une sortie de 2h30 sur la plage et dans la ville. Il fait beau et bon, et c'est avec plaisir que je découvre ce site mythique "d'un homme, d'une femme". Presque personne... Les parasols de couleur, les villas somptueuses, la mer bleue, les mouettes... Retour par le centre : nombreuses boutiques de luxe, les grandes marques, une boutique de déco mais rien qui ne m'inspire. Retour à l'appart' à 19 heures.



Mercredi 9 octobre 2019

Carte de l'itinéraire du jour (bleu très fin). Rando de 4,5 km à Bayeux (en rouge).

Sur le front de mer près de Deauville.

Vue sur l'embouchure de la Dives depuis les hauts de Houlgate. Nous essuyons à plusieurs reprises de très violents orages, le ciel passant de bleu à noir, et vice-versa, en l'espace de très peu de temps, ce qui était magnifique, mais incompatible avec toute promenade, dommage ! Ci-dessous, embouchure de l'Orne à Merville-Franceville.

Nous réussissons à poser Rouletabille sur la plage de Courseulles-sur-mer, où nous déjeunons sous les averses et les alternances de couleurs du ciel, toujours du plus bel effet ! Nous allons marcher un peu sur la plage de débarquement de Juno Beach...

Puis nous filons à Bayeux pour aller admirer la très belle tapisserie de 87 mètres de long créée par les Irlandais, et prêtée à la ville de Bayeux pour quelques semaines, relatant l'histoire de Game of Thrones, cette incroyable saga fantastique écrite par Georges R. R. Martin et mise en scène dans la série éponyme devenue culte en très peu de temps. Qui ne connaît pas l'expression "winter is coming", ou le "you know nothing, Jon Snow"... Quelques images...

Bien entendu, si cette tapisserie a été prêtée à la ville de Bayeux, ce n'est pas un hasard. Bayeux détient dans son musée le chef d'oeuvre historique de la très fameuse tapisserie connue sous le nom de tapisserie de Bayeux, inscrite à l'Unesco, et brodée au... XIème siècle !!!

Nous retournons à Rouletabille entre les averses, et allons bivouaquer sur l'immense parking de l'abbaye de Juaye-Mondaye, en pleine campagne. Calme garanti. Et voilà, amis lecteurs et lectrices, merci de votre attention, pardon pour l'immense retard pris par votre serviteur... Encouragez-moi comme vous savez si bien le faire, afin de m'aider à terminer le récit de ce merveilleux voyage. Ciao ciao.

Page précédente: 20190916-28
Page suivante: 20191010-16


Depuis le 06/06/2005 Visites:1248526 Aujourd'hui :160 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)